cgt-goodyear-nord

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 27 février 2015

Ils continuent de se goinfrer !!!

Après les 35€ une prime de 500 euros ....

En laissant traîner les oreilles dans certains endroits on apprend de belles choses, alors que nous avons dénoncé, lors du dernier CCE, la honte d'une prime de 35€ versée à ceux qui démantèlent le site ou qui ne démantèlent rien mais qui sont amis avec certains décideurs .....

Nous venons d'apprendre qu'à amiens Nord, à la SODIE, ceux qui ont déjà 35€ par jour pour faire moins qu'avant viennent d'avoir une prime de 500€ appelée prime extra de démantèlement .....

Ce n'est même plus de la provocation à ce niveau là, la RH Amiens Nord, lors des DP de ce matin ne savait même pas quoi répondre, elle a juste demandé comment avions nous eu cette information !!!!!!

Résumons, ces gens là ne sont pas licenciés et donc retardent leurs droits, ils ont 35€ par jour plus 17.40€ de repas, ce qui fait plus de 800 € mois en plus de la paye et là une prime de 500€ !!!!!

La direction du groupe qui se permet de dire que sur notre blog nous sommes insultants alors que jamais nous n'avons insulté qui que ce soit mais juste dit la vérité, cette même direction qui ne sait pas quoi dire en CCE devant notre démonstration de cette prime de 35€ par jour en rajoute une couche !!!!

L'injustice sociale est énorme, y a plus de 1000 personnes virées , plus de 800 se rapprochent de la misère sociale et en interne ça arrose grave, des primes à gogo, du dirlo à la RH aux secrétaires .....

Goodyear a multiplié par 400 sa rentabilité, plus de 2 milliards de profits, tout roule pour le groupe mais alors ça roule beaucoup moins pour les pauvres salariés virés et pour corser le tout, des plaintes maintenues histoire de bien nous démontrer que Goodyear ne lâche rien, deux plaintes individuelles mais sur ordre de GDTF, une stratégie qui vise à faire passer des messages et pendant ce temps ceux qui s'arrosent copieusement continuent à harceler les élus CGT , mails de menaces, de propos diffamants, de propositions malhonnêtes ....

Il y a donc ceux qui se protègent entre amis et qui retardent au maximum leur licenciement et qui au passage se mettent un paquet de blé dans la poche et pendant ce temps il y a les autres une très large majorité qui crève, mais chut il ne faut rien dire, rien dénoncer sinon les menaces tombent, le harcèlement se fait quotidien, on cherche à retirer 25€ à un élu pour des frais liés à son mandat et on se met au passage 700€ par mois mini et une tite prime de 500€ ....

Alors ceux qui pensent que nous allons fermer les yeux sur de telles méthodes rêvent debout bien au contraire nous les dénoncerons comme toujours, honte à ceux qui agissent ainsi, honte à ceux qui les laissent faire .....

Ils continuent de se goinfrer !!!

Après les 35€ une prime de 500 .....

En laissant traîner les oreilles dans certains endroits on apprend de belles choses, alors que nous avons dénoncé, lors du dernier CCE, la honte d'une prime de 35€ versée à ceux qui démantèlent le site ou qui ne démantèlent rien mais qui sont amis avec certains décideurs .....

Nous venons d'apprendre qu'à amiens Nord, à la SODIE, ceux qui ont déjà 35€ par jour pour faire moins qu'avant viennent d'avoir une prime de 500€ appelée prime extra de démantèlement .....

Ce n'est même plus de la provocation à ce niveau là, la RH Amiens Nord, lors des DP de ce matin ne savait même pas quoi répondre, elle a juste demandé comment avions nous eu cette information !!!!!!

Résumons, ces gens là ne sont pas licenciés et donc retardent leurs droits, ils ont 35€ par jour plus 17.40€ de repas, ce qui fait plus de 800 € mois en plus de la paye et là une prime de 500€ !!!!!

La direction du groupe qui se permet de dire que sur notre blog nous sommes insultants alors que jamais nous n'avons insulté qui que ce soit mais juste dit la vérité, cette même direction qui ne sait pas quoi dire en CCE devant notre démonstration de cette prime de 35€ par jour en rajoute une couche !!!!

L'injustice sociale est énorme, y a plus de 1000 personnes virées , plus de 800 se rapprochent de la misère sociale et en interne ça arrose grave, des primes à gogo, du dirlo à la RH aux secrétaires .....

Goodyear a multiplié par 400 sa rentabilité, plus de 2 milliards de profits, tout roule pour le groupe mais alors ça roule beaucoup moins pour les pauvres salariés virés et pour corser le tout, des plaintes maintenues histoire de bien nous démontrer que Goodyear ne lâche rien, deux plaintes individuelles mais sur ordre de GDTF, une stratégie qui vise à faire passer des messages et pendant ce temps ceux qui s'arrosent copieusement continuent à harceler les élus CGT , mails de menaces, de propos diffamants, de propositions malhonnêtes ....

Il y a donc ceux qui se protègent entre amis et qui retardent au maximum leur licenciement et qui au passage se mettent un paquet de blé dans la poche et pendant ce temps il y a les autres une très large majorité qui crève, mais chut il ne faut rien dire, rien dénoncer sinon les menaces tombent, le harcèlement se fait quotidien, on cherche à retirer 25€ à un élu pour des frais liés à son mandat et on se met au passage 700€ par mois mini et une tite prime de 500€ ....

Alors ceux qui pensent que nous allons fermer les yeux sur de telles méthodes rêvent debout bien au contraire nous les dénoncerons comme toujours, honte à ceux qui agissent ainsi, honte à ceux qui les laissent faire .....

COURRIER DIRECTION ET INSPECTION DU TRAVAIL

Messieurs,

Je reprend le travail lundi 2 mars 2015, contre avis de mon médecin apres près de 3 semaines d'arrêt de travail qui font suite à un harcèlement non stop mis en œuvre par Goodyear à l'encontre de la CGT amiens Nord et plus particulièrement ma personne depuis des années.

Je suis sous traitement mais les salariés ont besoin de ma présence dans les instances car il y a encore d'énormes problèmes à régler.

J'ai reçu durant mon arrêt de travail des mails plus que limites notamment un de monsieur guichard qui c'est permis de remettre en question mon arrêt de travail parlant de situation inventée de ma part.....

Je vous demande de bien vouloir m'indiquer quelles sont les mesures que vous avez prises afin de m'assurer mon intégrité mentale au sein des instances représentatives du personnel

Je sais que la direction du moins une large partie doit être satisfaite de ma situation puisque c'est le but recherché .

Je vous demande donc de programmer une réunion afin de nous exposer les mesures prises pour que le harcèlement à mon encontre cesse conformément à vos obligations légales .

Vous devez me permettre d'exercer mes mandats sans que je sois exposé à des méthodes de harcèlement qui n'ont que le seul but de me mettre hors circuit .

Comptant sur une position claire et une reunion rapide, veuillez agréer mes salutations distinguées.

Wamen Mickael

mardi 24 février 2015

Déclaration de l'UD CGT Somme et de l'UL CGT Amiens Zone Industrielle

Goodyear Amiens

Halte à la répression

Oui à une solution

Il y a moins d'une semaine, des salariés et des élus CGT de Goodyear Amiens étaient en garde à vue dans le cadre d'une enquête judiciaire en lien direct avec l'occupation du site en janvier 2014.

Cette deuxième garde à vue illégitime, car la direction dans l'accord de fin de conflit s'était engagée à renoncer à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l'encontre des salariés, est le symbole de l'acharnement répressif d'un patronat sous le protectorat d'un gouvernement voué à la défense des plus fortunés comme le démontre l'utilisation du 49-3 pour la loi Macron.

Au delà de l'émotion suscitée par cette procédure que l'on croyait réservée aux grands délinquants, il y a lieu de s'interroger sur les raisons de cet entêtement.

Il ne peux s'agir uniquement d'une vengeance exercée par un groupe se croyant tout puissant. Cela va au delà.

Dans un contexte marqué par la recrudescence des luttes (VALEO, UNITHER, Service de Nettoiement de la Mairie d'Amiens...), il faut y voir la volonté de faire taire toute contestation qui ne cesse de s'exprimer.

De plus, celle qui espérait que la signature de l'accord de fin de conflit puisse enterrer définitivement Goodyear Amiens n'admet pas la poursuite des actions pour obtenir justice et la possibilité de la reprise de l'activité sous la forme d'une Scop.

Les salariés et la CGT refusent de tourner la page et l'inefficacité des mesures d'accompagnement alors que dans le même temps les bénéfices de cette multinationale sont en forte croissance.

Pour la CGT, cet acharnement doit cesser immédiatement. Le gouvernement et la direction doivent utiliser leur énergie à créer les conditions d'une négociation pour : ~ une relance de l'activité industrielle sur le site, ~ une reclassement pérenne des salariés.

Pour la CGT, cela est possible. L'argent existe. Il manque la volonté politique.

L'action déterminée des salariés avec la CGT dans les prochaines semaines doit permettre la prise en compte de ces choix indispensables au développement la zone industrielle nord d'Amiens et de notre département.

Amiens, le 23 février 2015

mercredi 18 février 2015

GOODYEAR SE GOINFRE !!!

Pendant que Goodyear lynche les élus CGT du site amiens Nord les actionnaires continuent à se goinfrer et la justification économique au massacre d'Amiens n'a jamais été et n'est pas prête d'exister, plus 48% à la Bourse en une journée !!!!

Voici un extrait d'un journal économique d'aujourd'hui :

"Goodyear gonfle ses bénéfices. En 2014, le fabricant de pneumatiques américain voit ses bénéfices s’envoler à 2,45 milliards de dollars, soit quatre fois plus que l’année précédente, où ils s’établissaient à 600 millions de dollars.."

2ème COURRIER ENVOYÉ AU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES

Destinataire: Hervé Guichard

Objet: Rép : Comportement madame seprez

Re monsieur,

J'ai pris le temps d'analyser votre réponse, elle n'est qu'une provocation dans son intégralité ...

Je suis plus que navré de constater que vous ne traiter absolument pas du harcèlement dont je suis victime, le code du travail pourtant vous oblige à veiller à l'intégrité mentale et physique du personnel.

J'ai été victime d'une agression verbale sur le site amiens Nord et en réponse vous ne faites qu'accentuer le harcèlement.

Qui êtes vous pour vous permettre de terminer vos propos en me parlant de projet personnel ???

Dois je vous rappeler que je ne suis pas allé a la rencontre de monsieur Glesser qui a falt des propositions aux autres élus !!!!

Je n'ai aucun projet personnel, le seul projet que j'ai est celui de pouvoir mener à bien la mission que m'ont confié plus de 85% des salariés, ni plus ni moins !!!!!

De plus qui êtes vous pour inventer sur ma situation personnelle ???

Le seul problème dans ma vie, vient du harcèlement que je subit en ma qualité de sécrétaire de la CGT Goodyear et ce depuis des années, faut il que je vous éduque à ce niveau là ??

Vous n'avez semble t'il pas pris connaissance du dossier, j'ai été mis en examen après 5 mensonges énormes et la justice m'a déclaré innocent à 5 reprises ....

Le nombre de mises à pieds est hallucinant et démontre lui aussi l'acharnement de la part de GDTF, jai des témoignages très nombreux de salariés qui ont été interpellé par un ancien RH qui demandait aux salariés de témoigner contre moi contre des faveurs .... Une mise à pied à titre conservatoire avec refus de la DIRECCTE de me licencier .....

Vous parlez ensuite de la reunion de la commission nationale ou seuls les élus CGT auraient quitté la salle, c'est une fois encore un mensonge de plus, toutes les organisations syndicales ont attesté de leur solidarité au vu de ma situation en signant la délibération et en quittant la salle, il serait donc utile pour vous d'avoir les bonnes informations ....

Votre courrier est une insulte de plus, vous me provoquez, comme l'ont fait pendant des années vos prédécesseurs....

Je ne suis pas du genre a me suicider, si c'est votre objectif vous n'y arriverez pas, par contre il y a un moment ou à force de harcèlement, menaces et courriers dans ce genre je dois me protéger pour pouvoir continuer à œuvrer dans l'intérêt unique des salariés que je représente.

Je suis non pas déçu, mais plutôt écœuré de votre réponse qui démontre totalement votre mépris et votre acharnement envers un syndicat et à travers ce syndicat son secrétaire.

Je reconnais que vos méthodes pourraient pousser au suicide certaines personnes, mais c'est justement parce que à titre personnel, tout va très bien que j'écarte cette possibilité ....

Je vais donc me rétablir de cette nouvelle épreuve très difficile à vivre, je vais continuer à trouver des solutions pour les salariés, mais sachez que rien ne sera laissé sans réponse sociale ou juridique.

Vous trouvez plaisir à vous acharner, vous êtes une poignée à travailler non stop pour avoir la tête du secrétaire de la CGT, je suis au regret de vous annoncer que je ne suis pas mort, juste atteint pas un harcèlement et des propos honteux.

Wamen mickael

DÉCLARATION DE LA CGT MONTLUÇON

Une fois encore nos camarades d’Amiens GOODYEAR sont victime d’acharnement judiciaire. Il s’agit d’une exécution sociale. Ces hommes et ces femmes se sont battu pour l’emploi pendant 7 ans. Pendant 7 ans, rien ne leur a été épargné. L’accord de fin de conflit a été appliqué par la CGT, toute la CGT.

Nous nous opposons à la criminalisation du mouvement syndical dans notre pays. La CGT, la FNIC, notre fédération, les syndicats CGT du groupe réaffirme avec force leurs soutiens et solidarités envers nos camarades d’Amiens.

En conséquence la CGT exige le respect de l’accord de fin de conflit et ne participera pas au groupe de négociation.

La coordination CGT du groupe exige la tenue d’une table ronde tripartite (Etat, direction et syndicat). Nos camarades ne sont pas des délinquants mais des syndicalistes courageux qui doivent vivre sans crainte du lendemain et appréhender leur futur.

DÉCLARATION DE LA CGT MONTLUÇON

Une fois encore nos camarades d’Amiens GOODYEAR sont victime d’acharnement judiciaire. Il s’agit d’une exécution sociale. Ces hommes et ces femmes se sont battu pour l’emploi pendant 7 ans. Pendant 7 ans, rien ne leur a été épargné. L’accord de fin de conflit a été appliqué par la CGT, toute la CGT.

Nous nous opposons à la criminalisation du mouvement syndical dans notre pays. La CGT, la FNIC, notre fédération, les syndicats CGT du groupe réaffirme avec force leurs soutiens et solidarités envers nos camarades d’Amiens.

En conséquence la CGT exige le respect de l’accord de fin de conflit et ne participera pas au groupe de négociation.

La coordination CGT du groupe exige la tenue d’une table ronde tripartite (Etat, direction et syndicat). Nos camarades ne sont pas des délinquants mais des syndicalistes courageux qui doivent vivre sans crainte du lendemain et appréhender leur futur.

RÉPONSE DU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES DU 11 FÉVRIER À MICKAEL WAMEN

Objet: Rép : Comportement madame seprez

Bonjour Monsieur Wamen,

Nous ne pouvons vous laisser écrire de telles affirmations concernant notre responsable Ressources Humaines du site d'Amiens Nord, Madame Seprez.

En aucun cas, nous ne pouvons accepter vos propos insinuant un quelconque harcèlement de Madame Seprez envers vous, ce d’autant plus que cette déclaration intervient après la mise en cause publique de Madame Seprez, au cours de la suspension de séance intervenue en marge de la réunion de CHSCT de l'établissement d'Amiens Nord du 9 février.

La violence des propos tenus à son encontre est d’ailleurs illustrée par la publication sur le blog de la CGT Amiens Nord de propos insultants la concernant et encore confirmée dans la déclaration de la délégation CGT à la réunion de la Commission centrale de suivi du 10 février 2015, qui se permet d’utiliser des termes dégradants concernant Madame Seprez, au-delà de la licence tolérée dans le cadre de l’action syndicale.

En tout état de cause, en aucun cas les propos prêtés à Madame Seprez et rapportés par un tiers, ne justifient le flot de menaces et d’insultes que vous avez proférées à son égard.

Une telle violence verbale s’est déjà cependant produite dans différentes réunions soit du Comité central d'entreprise, soit du Comité d’établissement ou encore du CHSCT, à plusieurs reprises, à l’égard de différents membres de la Direction de GDTF, ou encore d’autres représentants du personnel qui manifestaient leur désaccord avec vos positions, et a déjà fait l’objet de nombreux rappels à l’ordre de notre part.

Nous ne pouvons donc qu’à nouveau déplorer ces incidents répétés car, contrairement à la tentative de harcèlement que vous osez systématiquement invoquer dans ces circonstances, croyant ainsi pouvoir renverser la réalité des faits, le respect mutuel doit s’instaurer peu important les divergences d’opinion, dans l’esprit de l’accord de fin de conflit du 22 janvier 2014 que la déclaration de la délégation CGT à la Commission centrale de suivi n’a pas craint de citer.

Nous souhaitons en tout état de cause que les prochaines réunions de nos instances représentatives du personnel ou de négociation puissent se dérouler dans un climat apaisé et respectueux des personnes.

Concernant à cet égard les réunions prévues le 12 février 2015, nous regrettons que vous envisagiez de ne pas y participer, alors même que ces réunions ont pour objectif d'affirmer notre volonté de travailler ensemble. Nous maintenons néanmoins la programmation de ces réunions. Nous regrettons également que vous ayez choisi de ne pas participer à la réunion de la Commission centrale de suivi du plan de sauvegarde de l'emploi du 10 février, ce qui a, semble-t-il, incité les autres membres de la délégation CGT à quitter cette réunion pourtant particulièrement importante pour les salariés d’Amiens Nord actuellement en congé de reclassement.

En ce qui vous concerne plus personnellement, nous entendons les difficultés que vous vivez actuellement et vous rappelons qu’un dispositif spécifique d’assistance des salariés d’Amiens Nord a été mis en place. Il vous est naturellement ouvert. Nous sommes également ouverts aux discussions concernant vos projets.

Cordialement,

Hervé Guichard HR Director Manufacturing &Social Relations France

COURRIER DU 9 FÉVRIER DE MICKAEL WAMEN ÀU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES

Monsieur,

Çe jour lors d'une suspension de séance j'ai demandé à madame seprez de venir s'expliquer sur le fait qu'elle colporte et le fait porter des propos envers un élu de la CGC dans l'unique but de créer une situation de conflit .

Je trouve déjà çe comportement indigne de la part d'une RH et de plus elle n'assume pas ces propos les faisant porter à une autre personne .

L'élu CGC a bien confirmé que c'est madame seprez qui lui a indiqué.

Tout cela démontre un manque total de professionnalisme de la part de madame seprez et démontre si besoin en est son harcèlement non stop me concernant !!!!

Pourquoi madame seprez passe t'elle son temps à vouloir coûte que coûte me déstabiliser professionnellement comme personnellement ???

Elle indique à certaines personnes avoir des ordres venant de sa hiérarchie !!!!

Je ne peu tolérer plus longtemps un tel acharnement contre ma personne ...

Je ne suis pas du genre à démontrer des faiblesses morales mais cela commence a faire beaucoup ....

Malgré mes nombreux mails d'alerte à mon sujet la direction n'a pris aucune mesure, pire encore madame seprez qui est RH agit en tout impunité çe qui démontre bien le caractère délibéré de ces actions et des ordres pour agir ainsi .

Je suis délégué CGT est je n'accepte plus çe harcèlement, madame seprez aujourd'hui devant témoins m'a indiqué que je n'avais aucun avenir et que pour elle y en été tout autre !!!

Comment dois je interpréter cette énième attaque???

Je sais pertinemment que mon avenir professionnel n'est pas mirobolant mais pas besoin de me l'entendre dire devant plus de 10 personnes .

Çe courrier par a l'inspection du travail çe jour a qui je demande Audience .

Je sais que je suis actif dans le syndicat et que je fait le maximum pour le droits des salariés mais pour autant je mérite réspect, les agissements répètes de harcèlement dont je suis victime, commence largement à agir sur ma santé mentale.

Madame seprez et le groupe Goodyear seront sûrement ravis de me Voir atteint mentalement mais me harceler ne regèlera en rien la situation des ex Goodyear bien au contraire .

C'est pour cela que j'ai indiqué lors de la réunion de çe jour que je ne serai pas présent à la réunion de Jeudi 12 février car me voir attaquer sans cesse de la part de la RH amiens Nord ne me permet plus de tenir des réunions dans les conditions réunies par la loi.

Je suis victime d'un harcèlement constat qui a débuté il y a plusieurs années et la cette fois ci entendre la RH me dire devant plusieurs salariés que mon avenir personnel est très sombre, je ne peu supporter plus d'atteintes à ma santé morale .

J'espère que la direction GDTF aura bien conscience que meme si je ne suis pas de son bord pour autant je ne mérite pas d'être traité comme de la mèrde !!!

Je pense meme consulter mon médecin traitant pour pouvoir être assisté dans cette épreuve qui n'ai que la continuité d'un travail démarré depuis plusieurs années .

Wamen mickael

RÉPONSE DE MICKAEL WAMEN AU DIRECTEUR RH FRANCE

Monsieur Je prend juste une minute pour vous indiquer que vos propos sont totalement une fois encore une provocation, GDTF pouvait, car il en a les moyens démander aux deux plaignants de retirer leurs plaintes, au lieu de cela vous avez au contraire insister pour qu'ils les maintiennent .

La parade est malhonnête et de plus grossière.

Wamen mickael

LETTRE DU DIRECTEUR RH FRANCE A MICKAEL WAMEN

Monsieur,

Je vous confirme que GDTF s'est effectivement désistée l'année dernière des plaintes déposées en lien avec l'occupation de l'usine, conformément au protocole de fin de conflit. Comme la CGT ne pouvait renoncer à toute action des salariés à l'encontre de Goodyear, GDTF ne pouvait évidemment s'engager à un désistement des victimes, personnes physiques. De même, GDTF n'est pas maître de la décision d'enquêter que peut prendre le Procureur de la République indépendamment des plaintes déposées.

Comme d'ordinaire, je resterai à votre disposition pour échanger plus largement avec vous lors de votre retour.

Cordialement,

Jean-Philippe CAVAILLE HR Director France

mardi 17 février 2015

GARDE À VUE SALARIÉS ET ÉLUS GOODYEAR

Depuis ce matin des salariés et des élus Goodyear sont en garde à vue au commissariat central dans le cadre d'une enquête judiciaire en lien direct avec " l'occupation de l'usine avant le 22 janvier 2014".

L'accord de fin de conflit prévoit dans son article 8 que GDTF renonce à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l' encontre des salariés Amiens nord du fait des actes commis en lien avec la restructuration et à se désister auprès de Monsieur le procureur de ses plaintes déposées suite à l'occupation de l'usine. Nous avons un accord qui indique que toutes les actions juridiques liées à la restructuration et la période d'occupation faisaient l'objet d'un désistement. Cette façon de maintenir la pression et de plus une démonstration de plus du fait que Goodyear ne respecte pas ses engagements.

Nous devons dénoncer cet acharnement fait à la CGT goodyear.

lundi 16 février 2015

Goodyear veut maintenir la pression

Demain, le 17 février 2015, des salariés Goodyear sont convoqués par la Police, dans le cadre des besoins d'une enquête judiciaire.

Cette convocation a un lien direct avec " l'occupation de l'usine avant le 22 janvier 2014", un accord de fin de conflit prévoit dans son article 8 que GDTF renonce à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l' encontre des salariés Amiens nord du fait des actes commis en lien avec la restructuration et à se désister auprès de Monsieur le procureur de ses plaintes déposées en lien avec l'occupation de l'usine.

Nous avons un accord qui indique que toutes les actions juridiques liées à la restructuration et la période d'occupation faisaient l'objet d'un désistement.

Cette façon de maintenir la pression et de plus une démonstration de plus du fait que Goodyear ne respecte pas ses engagements.

À suivre

La CGT

vendredi 13 février 2015

DÉCLARATION DE LA CGT LORS DE LA RÉUNION DU 12-02

Déclaration de la CGT GOODYEAR - Le 12 février 2015

Lors de la réunion de commission centrale qui s'est tenue le 10 février à Rueil, une déclaration a été lue par la CGT Goodyear et tous les élus toutes organisations syndicales confondues, ont quitté la réunion suite au harcèlement dont est victime le secrétaire de la CGT, dans cette déclaration la CGT a demandé à la direction de se positionner suite aux agissements répétés de Mme Seprez envers Mickael Wamen.

La direction a rapidement pris position en affirmant que la seule responsabilité venait de Mickael Wamen prétextant des insultes sur le blog CGT à l'encontre de la RH d'Amiens nord, ce qui est totalement faux et facilement vérifiable sur le blog.

Ce que ne dit pas la direction dans sa réponse adressée à Mickael Wamen c'est la violence des propos de cette RH : "J'ai un avenir professionnel alors que vous n'en avez aucun" et d'ailleurs la direction aurait beaucoup de mal à s'expliquer sur un tel comportement.

Cette même direction qui dit ne pouvoir accepter un quelconque harcèlement de Madame Seprez envers Mickael Wamen dit "la déclaration de la RH intervient au cours de la suspension de séance intervenue en marge de la réunion de CHSCT de l'établissement d'Amiens Nord du 9 février", doit-on comprendre que le fait de harceler un élu ne peut s'opérer que lors de réunions et pas devant plusieurs élus dans un couloir ?

Pour rappel, le code du travail est clair (L1152-1) "Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel."

En l'occurrence, plusieurs salariés élus CGT ont eu à subir du harcèlement moral de la part de la direction Goodyear et notamment Mickael Wamen, absent aujourd'hui en raison d'atteintes répétées et ce depuis de nombreuses années, quant à compromettre son avenir professionnel, non seulement il l'est mais Mme Seprez le rappelle à Mickael Wamen de manière violente et ce devant plusieurs élus.

Dans la première déclaration, la CGT demandait à la direction si les façons de faire de la RH du site faisaient partie d'une stratégie de la direction toute entière en vue de déstabiliser la CGT ou s'il s'agissait d'un excès de zèle de la part de Mme Seprez. Nous avons la réponse aujourd'hui avec le courrier envoyé à Monsieur Wamen.

La CGT décide donc de ne plus participer aux réunions tant que les conditions respectueuses de l'intégrité morale de tous ne seront pas respectées car à travers le harcèlement subit par Mickael Wamen, ce sont tous les élus qui sont visés.

DÉCLARATION DE LA CGT LORS DE LA RÉUNION DE COMMISSION CENTRALE DU 10-02-2015

Voici la déclaration de la CGT suite aux multiples attaques et harcèlement dont est victime la CGT, toutes les organisations syndicales (Cfdt - Cfe Cgc) l'ont signé et ont quitté la réunion.

Déclaration de la CGT GY le 10 février 2015

Je tiens a dénoncer l'acharnement moral que le petit personnel RH continue d'exercer sur les syndicalistes CGT.

Alors que la haute direction du groupe, à travers la signature d'un accord de fin de conflit a renoncé en partie à ses provocations, les petits sbires locaux s'accrochent à leur misérable petite parcelle de pouvoir.

L'absence de Mickael Wamen à notre réunion de ce jour en est le résultat directe puisqu'il m'a informé dés hier qu'il n'était pas en état d'assumer son mandat suite au harcèlement moral qu'il subit depuis un certain temps.

Qui peut supporter le mépris d'une soi-disant responsable des ressources humaines qui pavoise et affirme qu'elle a un avenir professionnel contrairement à notre délégué syndical ?

Propos d'autant plus humiliants qu'ils ont été tenus en public.

A travers Mickael c'est bien l'ensemble des élus qui est visé.

Si cette dame ne dispose pas de suffisamment de vocabulaire pour répondre à nos questions ça ne l'autorise pas à user d'une telle violence morale.

La CGT interroge officiellement la direction de Goodyear pour savoir s'il s'agit d'une stratégie pour nous déstabiliser ou s'il s'agit d'un excès de zèle d'une personne isolée qui se veut plus qu'elle n'est ; à savoir rien de plus ni de moins qu'une salariée comme nous.

Nous restons solidaires et sommes convaincus que nous ne valons pas moins que ces petits chefs auto-proclamés toujours empressés de ressembler pour plaire à cette direction qui a décidé de sacrifier notre avenir.

Dans l'immédiat, cette réunion est déclarée nulle et non avenue et doit être reportée à une date ultérieure et seulement après que nous ayons l'assurance qu'elle puisse se tenir dans des conditions respectueuses de l'intégrité morale de tous.

Petite victoire de la RH Amiens Nord (comptable en chef d'elle même) : cela va lui faire économiser des frais de déplacement concernant Mickael Wamen.

mercredi 11 février 2015

DÉCLARATION DE LA CGT GOODYEAR - SIGNÉE PAR TOUTES LES ORGANISATIONS SYNDICALES

Déclaration de la CGT GY le 10 février 2015

Je tiens a dénoncer l'acharnement moral que le petit personnel RH continue d'exercer sur les syndicalistes CGT.

Alors que la haute direction du groupe, à travers la signature d'un accord de fin de conflit a renoncé en partie à ses provocations, les petits sbires locaux s'accrochent à leur misérable petite parcelle de pouvoir.

L'absence de Mickael Wamen à notre réunion de ce jour en est le résultat directe puisqu'il m'a informé dés hier qu'il n'était pas en état d'assumer son mandat suite au harcèlement moral qu'il subit depuis un certain temps.

Qui peut supporter le mépris d'une soi-disant responsable des ressources humaines qui pavoise et affirme qu'elle a un avenir professionnel contrairement à notre délégué syndical ?

Propos d'autant plus humiliants qu'ils ont été tenus en public.

A travers Mickael c'est bien l'ensemble des élus qui est visé.

Si cette dame ne dispose pas de suffisamment de vocabulaire pour répondre à nos questions ça ne l'autorise pas à user d'une telle violence morale.

La CGT interroge officiellement la direction de Goodyear pour savoir s'il s'agit d'une stratégie pour nous déstabiliser ou s'il s'agit d'un excès de zèle d'une personne isolée qui se veut plus qu'elle n'est ; à savoir rien de plus ni de moins qu'une salariée comme nous.

Nous restons solidaires et sommes convaincus que nous ne valons pas moins que ces petits chefs auto-proclamés toujours empressés de ressembler pour plaire à cette direction qui a décidé de sacrifier notre avenir.

Dans l'immédiat, cette réunion est déclarée nulle et non avenue et doit être reportée à une date ultérieure et seulement après que nous ayons l'assurance qu'elle puisse se tenir dans des conditions respectueuses de l'intégrité morale de tous et il en ira de même pour toutes les réunions à venir.

Petite victoire de la RH Amiens Nord (comptable en chef d'elle même) : cela va lui faire économiser des frais de déplacement concernant Mickael Wamen.

mercredi 4 février 2015

A VOIR DEMAIN SUR FRANCE 2 - COMPLÉMENT D'ENQUÊTE

Demain jeudi 5 février 2015 à partir de 22h20, complément d'enquête

vendredi 30 janvier 2015

CHOIX DANS LA DATE !!!

On arrête plus le progrès ....

En décembre vous aviez été des centaines à avoir reçu des courriers de la SODIE en AR qui coûtent une fortune et ces courriers vous invitaient à des réunions pour 4 jours avant l'envoi .....

Jusque là rien d'anormal la SODIE est au top,on met le paquet pour dénoncer une erreur aussi grosse la SODIE accuse le coup enfin fait semblant et elle dit que cela ne se reproduira plus jamais ......

Hier, des salariés reçoivent un nouveau courrier de convocation à une réunion qui indique qu'ils sont conviés à une réunion qui se tiendra le ..................

SODIE innove, ils viennent d'inventer la convocation à choix multiples, les gars décident de la date !!!!!

Cette même SODIE qui a touché plus de 6.5 millions d'euros en 2014 et en plus une location de bureau pour 650.000 € !!!!!

Putain ca tape, ils sont une tripotée de pour envoyer des courriers même pas foutus d'indiquer les dates et c'est à eux que les salariés doivent confier leur avenir

Ca fout grave les boules de voir de telles anomalies.....

Les gars qui attendent l'allocation temporaire dégressive depuis des mois, la DIRRECTE qui n'en branle pas une, Goodyear qui traine au maximum les dossiers .....

La nouvelle du jour, un mec nous appelle " j'ai eu ma paye il me manque 400€" il se renseigne, nous aussi, résultat : la paye a rueil lui a retiré une saisie sur salaire sauf qu'ils ce sont juste trompé de salarié.....

Ah, c'est vrai la paye a rueil est débordée, celui qui tutoie tout le monde qui dit tout le temps " je m'en occupe " met un bordel monstre dans les dossier s!!!

Il n'a pas accepté que lors d'une réunion, la CGT ait dit qu'il était incompétent, depuis il boude, plus de bonjour, nous sommes très tristes qu'il ne nous parle plus.... C'est une blague nous nous en tapons royalement de son bonjour, qu'il fasse son Taff, il multiplie les conneries, c'est une photocopieuse a erreurs ce mec !!!!

On est bien lotis avec de pareille vedettes, entre la SODIE qui n'est même pas capable envoyer un courrier avec la bonne date et l'autre artiste qui fait n'importe quoi, il est clair que la CGT a encore du Taff pour un sacré moment !!!!!

A bientôt pour une prochaine reunion, nous, nous vous communiquerons une date lol

La CGT GOODYEAR

mercredi 28 janvier 2015

ACHARNEMENT CONTRE LES ÉLUS CGT QUI NE VEULENT PAS TUTOYER LA RH DU SITE

Copie mail envoyé ce jour à

Mme Seprez M. Crussy

Madame,

Je reviens vers vous concernant les notes des élus CGT que vous traitez plus que lentement.

Madame Lepretre est venue me voir pour m'indiquer que je devais lui fournir les notes de frais à l'avance car les virements avaient lieu une fois par semaine : le jeudi, ce que nous savions déjà car cela fait des années que le service finance fonctionne ainsi mais je ne m'attendais pas à ce que cela vous occasionne tant de travail car auparavant la secrétaire chargée des notes de frais (entre autres) acceptait qu'on lui fournisse le jeudi matin pour un virement le jeudi même !!! Et je ne pense pas qu'elle était surhumaine. Il est vrai que depuis la fermeture vous avez beaucoup de travail : entre choisir et effectuer vos commandes de repas payés par Goodyear et l'épluchage de notes de frais pour en retirer quelques centimes.

C'est pourquoi je vous indique que je viendrai vous déposer les notes de frais des derniers déplacements des élus CGT et que j'espère qu'entre 2 commandes de salades et de fromage blanc, vous aurez le temps de les traiter pour le virement de demain.

Je vous rappelle également que vous ne pouvez de manière unilatérale effectuer des corrections de votre propre chef, le fonctionnement des notes de frais étant régit par un accord.

Alors que la situation des salariés que vous avez licenciés est catastrophique et que nous faisons tout pour l'améliorer, nous sommes obligés lors de réunions importantes au siège de nous réunir avec Monsieur Crussy (afin de ne pas être pénalisés lors de l'exécution de nos mandats) pour empêcher votre diktat sur le paiement des frais que nous avançons : nous avons d'autres sujets importants à régler et vous également, notamment répondre aux demandes de certains salariés a qui vous avez refusé des demandes que vous avez accepté pour d'autres !!!

Salutations

Evelyne Becker-Quignion

LA PRIME DE LA HONTE

Il y a des choses, des principes qui donnent la nausée, des mesures prises incompréhensibles qui donnent envie de péter un plomb, comme cela fut encore le cas lors du CCE du 27 janvier.....

Alors que nous avions depuis le matin entendus des données économiques qui démontrent que Goodyear n'avait pas et n'aura jamais de justification économique au massacre d'Amiens Nord, nous avons indiqué à la direction qu'il fallait en plus ajouter à cette honte une autre honte qui venait ajouter à une sensation amère un dégoût total....

Ce dégoût s'appelle prime de démantèlement, la direction a décidé unilatéralement de verser en plus des 17.40€ par jour de frais de repas une prime de 35 euros par jour pour ceux qui ne sont pas licenciés....

Non seulement ils ne sont pas notifiés et en plus ils bénéficient de 52.40 € par jour, si Goodyear veut ajouter encore plus de colère il y arrive !!!!

Cette prime est versée depuis près d'un an à tous les salariés non notifiés, sauf aux élus CGT !!!!! : tous les jours ils perçoivent 35 euros en récompense d'avoir accepté de ne pas être licenciés et concernant leurs repas ils sont offerts par Goodyear.

Nous n'aurions de toute façon jamais accepté cette prime de la honte, car c'est une honte....

Car déjà celle-ci est versée à des salariés dans le cadre du démantèlement et que cela n'a aucune justification, nous apprenons que cette prime est versée à tous les salariés soi-disant dédiés au démantèlement même ceux qui sont occupés à l'administratif, sur le site, à la SODIE, chez GDTF .....

Mais comment la direction peut-elle justifier une telle différence de traitement, car non seulement plus de 900 salariés sont sans emploi mais de plus, ils apprennent que Goodyear octroie une prime à ceux qui ont encore leur Taff (sauf les élus CGT).

Nous avons calculé et les chiffres sont encore plus hallucinants et honteux, par an cela représente un total de 12000€ par salarié en incluant les avantages en nature, sans compter que ces salariés reculent d'autant leur date de licenciement !!!

Devant une telle infamie, on ne peut qu'être choqué et la CGT ne laissera pas faire une telle injustice.

Prenons l'exemple de la RH amiens Nord, embauchée pour fermer l'usine, elle n'a plus rien ou peu à gérer (surtout faire chier la CGT), il reste 50 personnes a gérer, cette RH n'est absolument pas concernée par le démantèlement, pas plus que d'autres, comme la secrétaire intérimaire celle du dirlo amiens Nord qui bénéficie également de 52,40 euros par jour, ces gens là ont encore moins de Taff qu'avant.

Ils ne sont pas notifiés et en plus ils touchent 12000€ de plus par an, c'est vraiment beau le protectionisme ..... Leur plus gros travail de la journée est de commander leur repas et pour ça il n'y a pas de retard, ils ont créée des tableaux pour que ça aille plus vite et quand on arrive dans leurs bureaux pour des sujets importants : des cas graves où les salariés qui ont été licenciés se retrouvent dans la merde à cause de leur incompétence, ils se demandent s'ils vont prendre un fromage ou dessert ou les deux !!! Ça pourrait faire rire mais lorsque l'on voit comment ils traitent le dossier de plusieurs salariés, on ne peut que hurler de colère !!!

Cette prime est à ajouter au partage de divers petits cadeaux, distribution de iphone 5 pour tous juste après la fermeture....alors que pour certains salariés qui n'avaient pas eu droit à leur cadeau anniversaire il avait fallu se battre comme des chiens pour récupérer un stylo.

Cette même RH qui s'amuse à faire chier des pauvres salariés pour leur droit au pneus gratuits car elle n'a plus que cela à faire et c'est en plus avec plaisir qu'elle le fait....

12000 € par an pour ceux qui n'ont pas été notifiés : un cadeau royal entre amis : UNE HONTE, UN SCANDALE....

Ce fric est le nôtre, nous devons exiger la même chose pour tous les salariés et pas seulement pour une poignée dont des cadres qui en brassent encore moins qu'avant....

C'est cette même équipe qui s'est organisée un petit repas de noël à la cantine avant les fêtes, nous avons là aussi péter un plomb pour dire que nous trouvions cela plus qu'indécent ....

Et après ils se permettent de donner des leçons, les magouilles sont encore plus importantes qu'avant, ils sont en petite bande de copains/copines, ils se protègent, se servent un maximum, s'octroient des primes sur le dos des licenciés.....

Le dirlo qui se prend pour le plus grand patron de tous les temps, il est dirlo d'une friche, le résultat de son acharnement, lui qui passait sont temps a critiquer SMITH pour le dézinguer et prendre sa place, il joue au caïd, tel un coq dans une basse-cour !!!

Leur plus gros Taff est de s'organiser pour que chaque jour, ils arrivent ensemble à la cantine prendre leur repas payés : La prime de la honte ....

OUI nous dénoncerons toutes les magouilles, OUI cela nous file la gerbe, certains chez Goodyear continuent à être aussi irrespectueux et c'est eux qui se disent offusqués quand nous leur disons qu'ils sont nuls et qu'ils profitent à mort de la situation, ils n'ont pas fini de nous entendre et nous ferons tout pour que cette prime soit versée à tous les salariés.....

A bon entendeur.....

LA CGT GOODYEAR

mardi 27 janvier 2015

DONNÉES ÉCONOMIQUES CCE

Données économiques CCE Goodyear va très très bien ....

Le cash flow (liquidité) est de 8.2 milliards de $, soit 3,4 FOIS LA DETTE !!!!

Goodyear peut quand il le veut rembourser la dette, qui comme l'expert l'indique n'est pas un surendettement mais juste une dette entretenue.....

La redistribution de l'enveloppe servira pour :

1. Financement restructuration 600 millions d'euros (pour info la restructuration amiens nord c'est 160 millions euros), reste à savoir pour qelles usines et quels pays

2.les actionnaires vont se répartir la petite bagatelle de 900 millions de $ pour 450 millions de rachats de dividendes...

La revitalisation a été de 1.911.000 € pour Goodyear, ou sont les 6 millions annoncés ? et de plus Goodyear a touché plus de 1.900.000 € de CICE !!!

Au total le coût de la fermeture c'est 161.469.000 € en 2013, ce chiffre est scandaleux mais démontre à lui seul l'excellente santé financière du groupe Goodyear qui met près de 200 millions d'euros à détruire des emplois et une Région, avec à peine la moitié nous aurions eu du travail pour plus de 20 ans !!!!

Pour votre information :

En 2009 richard J KRAMER président du groupe monde avait en 2009 : 5.553 millions de dollars de rémunération et en 2013 : sa rémunération est de 19.191 millions de dollars !!!!!

Le groupe va très bien car une telle augmentation démontre que Goodyear a énormément de moyens, mais comme toujours pour les plus hauts gradés !!!!

Et dire que certains qui ne connaissent rien au dossier parlent de tout et de rien, la réalité n'est même pas interprétable Goodyear se porte à merveille et il ne cesse d'augmenter ses capacités de production dans les pays à bas coûts au détriment des autres pays, la question réelle est la suivante :

Après amiens Nord a qui le tour

Quand une multinationale provisionne pour restructuration en Europe plus de 600 millions d'euros c'est qu'elle a bien une stratégie de délocalisation qui va se poursuivre et ce n'est pas une invention de notre part mais juste un constat alarmant, d'autres diront tout va bien, nous, nous affirmons que des Millers d'emplois vont encore disparaître en Europe de l'ouest et notamment en France .....

La CGT GOODYEAR

dimanche 25 janvier 2015

ET SI ON CHANGEAIT TOUT ?

Nous sommes en lutte et à vrai dire un peu seuls....mais l'espoir est à notre porte !!!!

Alors que la situation de notre Pays est plus que jamais propice à un énorme rassemblement des salariés, privés d'emplois, jamais nous n'avons été aussi peu actifs ....

Ce paradoxe est bien orchestré par tous ceux qui devraient justement être à l'appel d'un énorme mouvement, les confédérations syndicales toutes autant qu'elles sont ne jouent absolument pas leur rôle, la CGT en premier, engluer dans des problèmes à sa tête, elle est plus préoccupée à se soucier de son nombril que de l'avenir de millions de français ....

Il y a bien quelques mouvements à gauche et droite mais rien qui mette un terme aux attaques menées par le MEDEF et un gouvernement qui mènent la pire guerre contre le monde du travail, la loi MACRON est sûrement la loi la plus agressive contre nos droits et tout se passe sans qu'une réaction soit mise en œuvre, réaction à la hauteur de l'attaque, les médias annoncent tranquillement que 1% des plus riches de cette planète détiennent plus que le reste du monde et là aussi aucune réaction, chacune et chacun n'acceptent sûrement pas cette situation mais pour le moment aucune réaction d'ampleur pour enrayer d'urgence cette situation honteuse !!!!

MACRON et sa bande au service de la finance n'est en réalité que la continuité d'un programme qui vise à culpabiliser les plus démunis au profit des plus puissants.

Que restera t'il des épreuves que notre démocratie a dû affronter en ce début d'année ???

Moins de liberté, plus de contrôles, d'obligations, est ce cela la seule réponse que des millions de français attendaient

Bien évidement que non, entendre le premier ministre parler de ghettos, d'apartheid, c'est surtout attendre une vraie politique du changement, redonner au peuple les vrais valeurs du mot avenir, mais comment avancer alors que jamais les associations qui sont la pour justement aider au mieux les quartiers n'ont jamais connues autant de coupes sombres dans leurs financements, certaines ont même purement et simplement disparues....

Tout cela n'est que de la démagogie, savoir si le président va mieux sans les sondages les français s'en tapent, nous, ce que nous voulons c'est que ce monde change et aucune annonce faite depuis quelques semaines n'est de nature à nous laisser croire à cela ....

La banque européenne va faire tourner la planche à billets, 60 milliards d'euros par mois d'effacement de dette mais uniquement pour les banquiers et on continue de marcher sur la tête, ces millions de milliards, les millions de chômeurs ne savent même pas à quoi cela correspond, mais ils savent qu'ils seront encore pour un long moment chômeurs parce que les entreprises qui ont bénéficié, elles aussi, de milliards d'allègements n'ont aucune contrepartie obligatoire et elles continuent à délocaliser, à externaliser leurs bénéfices dans des paradis fiscaux, rien ne change ou si tout change et cela s'accélère, la France sous un gouvernement socialiste donne plus de pouvoir à ceux qui détruisent notre pays .....

La politique d'austérité va dans ce sens, des peuples entiers sont sacrifiés et quand certains sont au bord d'un changement de cap, l'Europe se met en marche, celle du fric pour faire peur, il serait dangereux pour ces milliardaires au pouvoir de voir apparaître une nouvelle politique, une politique qui dise non à la misère et l'exclusion de millions d'européens. Les élections en Grèce font peur à ceux qui depuis des années n'ont cessé de mener une politique au service de la finance, les grecs ont été massacré pour et par le fric, une poignée de professionnels de la politique qui continuent de produire la même situation dans d'autres Pays et qui ont comme contrat celui de satisfaire les plus Riches quitte à faire crever des millions de personnes !!!!

Nous avons chez Goodyear un goût très amer de çe que nous subissons, si il y avait eu une réaction syndicale nationale et de même une réaction politique à la hauteur nous aurions encore un emploi, mais il est plus facile de se cacher derrière certains médias et même appuyer pour trouver comme unique coupable un syndicat de boîte et des salariés ....

Goodyear depuis plus de 15 ans a délocaliser toute sa finance nous n'avons cesse de le dénoncer, cette pratique lui permet de fermer là ou il le veut les usines, mais le pire encore c'est que les politiciens de notre pays l'ont aidé à fermer notre usine, entre magouilles et mensonges ....

Magouilles quand l'ancien ministre du redressement productif indique que l'état a permis à Goodyear de faire table rase sur Amiens nord et mensonge quand ce même gouvernement laisse croire à une reprise et fait tout le contraire ....

Des Goodyear il y en a beaucoup en France, mais nous sommes très peu à nous lever pour dénoncer la situation actuelle ....

Les confédérations syndicales sont sûrement plus occupées à gérer les soucis du financement de leurs structures plutôt que de venir soutenir ceux que la finance achève, en plus de 7 ans pas un seul responsable confédéral n'est venu sur notre site, les confédérations ont totalement oublié leur rôle, elle accompagne la déchéance du monde du travail et font semblant d'être à l'offensive ...

Jamais le MEDEF n'a été aussi arrogant, jamais il n'a obtenu autant mais jamais il n'a été aussi peu inquiété !!!!

Pendant que la lutte de la CGT est une lutte interne et que dans les autres confédérations c'est se planquer pour éviter d'être éclaboussé, le patronat avance à l'allure d'un TGV ( transformation générale victorieuse).

Combien reste t'il de médias libres et indépendants

Car il est plus que difficile de pouvoir obtenir des informations qui ne soient pas éditées par le pouvoir, une large partie des médias sont à la solde du pouvoir sous toutes ses formes.

Bref, nous ne souhaitons pas pleurer sur cette situation mais juste la dénoncer, il nous faudra tôt ou tard regarder l'avenir, car au delà de la situation actuelle il nous faudra dans quelques années expliquer à nos enfants que ce qu'ils subiront viendra du fait de notre laxisme à laisser une poignée de nantis détruire leur avenir....

Nous avons décidé de continuer à nous battre, nous continuerons à dénoncer non seulement notre situation mais au delà la situation de notre pays et au delà de tout un continent.

Ce que nous voyons et entendons nous donne la gerbe, mais nous ne sommes pas résignés bien au contraire ....

Des signes démontrent que des peuples veulent un Monde meilleur, cela nous encourage, il faudra qu'un jour et le plus tôt possible, ceux qui font de la politique un métier quittent leurs postes et laissent le pouvoir à ceux qui veulent une politique pour les peuples et non la Finance.

Tous ceux qui actuellement occupent des responsabilités sont coupables et responsables, y compris ceux qui ont des discours très engagés et qui accueillent à la fête de l'humanité un trader qui est l'exemple meme de la déréglementation du tout fric contre l'humain ....

À suivre .....

La CGT GOODYEAR

samedi 24 janvier 2015

UNE PREMIÈRE JOURNÉE QUI EN APPELLE D.AUTRES ...

Contrairement à ce qu'écrit le courrier Picard hier nous n'avons pas mis en œuvre la dernière action des Goodyear mais une première d'une longue série à venir, nous l'avions pourtant bien dit et répété !!!!

De même, comment un journaliste peut il dire qu'il n'y avait que 200 salariés à 9 heures au rdv alors que d'autres ont comptabilisé le double !!!!

Faut il voir dans ces écrits totalement inventés une réaction du fait que lors de la dernière réunion nous les avons invité à sortir de la salle, ils ne changeront décidément jamais de comportement....

Bref, nous savons bien qu'une partie des médias, une large partie même, ne fait plus depuis longtemps du journalisme mais du clientélisme.

Nous étions il est vrai pas 800 mais 400 sur le parking pour ce premier et non dernier rdv !!!

Nous avons ensuite décidé de partir en cortège plus de 150 véhicules vers la cellule de reclassement SODIE, nous avons été reçu et des engagements ont été pris, une première reunion se tiendra le 29 janvier 2015 matin dans les locaux de la SODIE en présence de salariés, nous souhaitons lever un à un les points importants qui ne permettent pas aux salariés, après plus de 11 mois de congé de reclassement, de pouvoir bénéficier de leurs droits. Il y a encore énormément de problèmes qui génèrent des troubles importants pour les salariés, des formations inadaptées, des conseillers qui ne connaissent pas leurs sujets, des courriers inutiles, la SODIE a reconnue qu'il y avait de gros problèmes maintenant elle doit agir ....

Nous allons très bientôt vous convoquer de nouveau pour une réunion et arrêter une date du prochain mouvement.

Beaucoup d'entre vous nous on appelé pour nous dire qu'ils ne pouvaient pas venir cette fois ci, nous comptons donc sur votre présence au prochain rdv pour être plus de 400 et nous sommes fiers d'avoir été si nombreux un an après la fermeture du site et si certains journalistes locaux se font plaisir à minimiser les chiffres nous allons leur démontrer qu'ils sont dans le faux une fois encore !!!!!

A très bientôt

La CGT GOODYEAR

jeudi 22 janvier 2015

JOURNÉE D'ACTION DU 23/01/2015

Rendez-Vous à 9.00 h Parking Goodyear Première journée d'actions

TOUS ENSEMBLE

mercredi 21 janvier 2015

COURRIER À LA DIRECTION

​​​​​​M CAVAILLE J PHILIPPE DRH GDTF COPIE A M TYS MARC DG GDTF

Monsieur,

Le 19 janvier 2015, la CGT Goodyear après avoir échangé avec de très nombreux salaries lors d’une réunion collective à Amiens le 15 janvier 2015, vous a adressé une lettre afin de vous demander une période de 6 mois de moratoire dans le but de ne pas maintenir un processus de réunions information /consultation en vue du démantèlement de l’activité agricole à Amiens nord.

Mois de 24 heures après la direction GDTF indique qu’elle refuse cette demande, car aucun projet ne permet une reprise du site, et vous indiquez que vous préférez maintenir les efforts aux reclassements des ex salariés…..

Nous constatons une fois encore que vous avez une sacrée conception du dialogue social, vous agissez toujours de la même façon, vous communiquez par les médias, jamais vous n’adressez de réponses aux IRP mais seulement par médias interposés, voilà qui en dit long sur votre respect des élus qui représentent le personnel.

Maintenant, nous tenons à vous indiquer que notre demande de moratoire est et elle restera, l’activité agricole sur le site de Goodyear Amiens nord a un avenir, nous en sommes convaincus et donc nous voulons du temps pour étudier toutes les possibilités pour sauver du chômage des centaines de salariés, car seuls vous représentants du groupe GDTF êtes satisfaits du taux de reclassement, faut-il vous rappeler qu’un an après la fermeture du site il reste plus de 80% de salariés sans aucune solution !!!!

Et vous vous permettez d’indiquer que vous préférez concentrer vos efforts sur le reclassement et la revitalisation

Si la cellule de reclassement s’avère être plus qu’un échec, en ce qui concerne la revitalisation dont plus de 85% des fonds proviennent du PSE et pour les 15% restants du CICE 2014 (1.900.000 euros de CICE pour GDTF en 2014) , vous ne pouvez quand même pas dire que la revitalisation est une source d’avenir, car depuis septembre il n‘y a qu’une vingtaine d’emplois prévus et pour les 3 années à venir !!!!

Nous parlons de 800 personnes qui à ce jour n’ont aucun avenir social sauf le chômage, vous, vous parlez de solutions qui n’ont même pas permis de trouver des solutions pour 100 personnes , vous êtes loin de la réalité, même en maquillant au mieux celle-ci.

La CGT Goodyear croit en une solution pour permettre à plusieurs centaines d’ex salariés de retrouver un emploi, VOUS, vous préférez croire à une friche industrielle, nous ne pouvons pas comprendre un tel comportement, sauf si bien sûr il y a beaucoup de choses qui nous ont été caché pendant les dernières années, nous les découvrirons surement bientôt !

Nous maintenons notre demande de moratoire et c’est en ce sens que nous avons formulé une demande de réunion au ministère de l’économie et pour laquelle nous sommes en attente d’une réponse.

Nous croyons aux pneus agricoles made in France à Amiens et de plus lors d’une réunion le 7 janvier le représentant de la direction GDTF à Amiens nord a indiqué que ce projet de démantèlement n’était pas urgent, donc il n’y a pas de raison à ne pas accepter notre demande qui peut permettre de trouver une solution afin de créer des centaines d’emplois….

De plus, nous vous indiquons qu’aucun accord ne vous permet de mettre en œuvre le démantèlement d’une activité viable et profitable, de retirer du site d’Amiens des outils performants et modernes pour les transférer, le protocole de fin de conflit du 23 janvier 2014 ne prévoit pas cette possibilité bien au contraire.

Nous espérons que vous reveniez à la raison, que vous acceptiez notre demande, que vous nous laissiez le temps de travailler à une reprise du site Amiens nord et du redémarrage de l’activité agricole et ainsi créer plusieurs centaines d’emplois là ou vous en avez détruit plus de mille !!!!

Sachez enfin, que les salariés n’accepteront jamais de voir leur usine finir en friche, de voir des outils performants partir sur d’autres sites, d’être sacrifiés alors qu’une solution existe, aucun accord ne permet cela, des promesses ont été faites par GDTF, pendant des mois nous avons sans cesse posé la question du devenir du FARM, jamais Goodyear n’a indiqué qu’il y avait une obligation légale de reprendre 672 salariés de ce fait des centaines de salariés ont attendu cette reprise évoquée par Goodyear et titan, le ministre de l’économie indiquant lui même en septembre 2014 que des discussions étaient en cours entre les deux groupes….

Cette obligation selon vos allégations existait depuis des années, cet article du code du travail selon vos propos était une obligation depuis le début, inventer cela en novembre 2014 pour opérer à un démantèlement et non seulement scandaleux mais est un énorme mensonge de plus…..

Et ce chiffre de 672 que Titan aurait indiqué, chiffre qui ne sort de nulle part, nous rappelons que la dernière annonce de Titan était une reprise à 333 salariés dans un premier temps après signature d’un accord mettant un terme aux conflits collectifs.

Alors, non seulement les annonces sur l’obligation d’appliquer le L1224.1 du code du travail sont un énorme mensonge mais de plus le chiffre de 672 n’a jamais été évoqué avec qui que ce soit, sauf chez les dirigeants Goodyear pour mettre en place une énième stratégie pour continuer dans un mensonge démarré il y a 7 ans !!!!

Nous allons travailler à un projet pour un redémarrage de cette usine à Amiens nord, faire des pneus agricole made in France, les vendre, puis payer des impôts en France contrairement à Goodyear qui n’en paye plus depuis des années et qui en plus veut faire supporter à la collectivité Française un drame social et humain, car la cellule de reclassement n’a pas réussi à reclasser plus de 10% d’ex Goodyear en 1 an et que la revitalisation ne fera aucun miracle, vous n’avez pas le droit de nous empêcher de travailler à trouver une solution.

Les salariés sont très motivés et vont donc dès cette semaine se mobiliser, nous sommes au regret de constater que vous ne respectez aucun engagement, 1 an après l’accord de fin de conflit nous allons devoir y entrer de nouveau !!!!

L’activité et l’outil de travail agricole à Amiens nord est et elle restera, voici ce que les ex Goodyear ont décidé le 15 janvier 2015.

A suivre….

LA CGT GOODYEAR

DEMANDE DE TABLE RONDE AUPRÈS DU MINISTRE DE L'ÉCONOMIE ET DE L'INDUSTRIE

​​​​​​​​ M MACRON EMMANUEL MINISTRE DE L’ECONOMIE DE L’INDUSTRIE ET DU NUMERIQUE

Monsieur le Ministre,

Le 19 janvier 2015, la CGT Goodyear demandait à la direction la mise en place d’un moratoire pour la mise en place d’un processus permettant d’étudier et travailler à tous les projets d’un redémarrage de l’outil industriel du site Goodyear Amiens nord.

Moins de 24 heures après cette demande la direction via les médias répond par la négative, peu importe, nous la maintenons et nous la confirmons, car nous sommes persuadés qu’il existe un projet permettant de produire des pneus agricoles made in France à Amiens, la direction préfère tout mettre en œuvre pour démanteler un outil performant et créer ainsi une nouvelle friche industrielle dans notre pays et dans une région déjà très touchée par des méthodes similaires par d’autres groupes….

La direction de Goodyear indique dans sa réponse qu’elle va poursuivre les efforts de reclassements des salariés, vous connaissez surement la situation des ex salariés Goodyear un an après la fermeture du site d’Amiens.

Il n’y a que 55 salariés qui ont retrouvé un CDI et 46 ont trouvé un emploi précaire !!!!

Le nombre de solutions identifiées en y ajoutant les départs en retraites est inférieur à 21%, c’est-à-dire qu’il reste près de 80% des salariés sans aucune solution d’avenir.

La direction de Goodyear a comme seul et unique projet de laisser sur le carreau des centaines de salariés, allez-vous la laisser faire sans réagir

Ou alors allez-vous nous aider à la mise en œuvre d’un projet permettant le redémarrage de l’outil de production, permettant à plusieurs centaines de d’ex salariés de retrouver un emploi

Nous vous demandons la mise en œuvre d’une table ronde avec les acteurs principaux de ce dossier, vous êtes un ministre important dans un gouvernement qui ne cesse de dire qu’il fait de la lutte contre le chômage sa priorité, nous vous demandons donc de nous convoquer au plus vite afin que nous puissiez échanger avec vous des possibilités de sauvetage de l’activité agricole a Amiens.

La direction veut aller vite pour opérer au démantèlement du site, nous devons donc aller aussi vite à la mise en œuvre d’une proposition lui interdisant de mettre en friche une usine qui a un potentiel d’avenir. Nous vous remercions à l’avance pour l’attention que vous allez porter à notre demande et nous sommes bien sûr en attente d’une réunion dans les jours à venir.

POUR LA CGT WAMEN Mickael

mardi 20 janvier 2015

DEMANDE DE MORATOIRE DE LA CGT GOODYEAR

La CGT a décidé de tout mettre en œuvre pour trouver une solution au redémarrage de l'activité agricole sur le site Amiens nord.

Cette démarche va dans l'intérêt de tous y compris de GOODYEAR, elle exige un climat apaisé. Pour cela il est nécessaire que le démantèlement de l'outil de travail soit provisoirement suspendu jusqu'à ce que toutes les voies de continuation de l'activité agraire aient pu être explorées.

C'est pourquoi nous proposons un moratoire de 6 mois.

Pendant ce moratoire nous souhaitons tout faire pour lever les points de blocages qui n'ont soit disant pas permis au groupe titan de reprendre le site.

Ensuite si cette solution s'avère réellement caduque nous avons décidé de réexaminer avec les salariés la possibilité d'une SCOOP, que GOODYEAR avait refusé en 2012 en indiquant qu'il ne pouvait pas nous céder ce qu'il avait déjà prévu de céder au groupe titan.

D'après GOODYEAR ce problème justement ne se pose plus.

Tous ces efforts ne peuvent être accomplis tant que la direction cherche à multiplier les réunions sur le démantèlement de l'outil agricole.

C'est pourquoi nous demandons aux multinationales concernées, aux pouvoirs publics et aux collectivités territoriales de prendre toutes leurs responsabilité afin que ce moratoire permettent de sauver le site d'Amiens nord.

Fait à Amiens le 19 janvier 2015.

POUR LA CGT WAMEN Mickael

lundi 19 janvier 2015

Compte-rendu commission centrale de suivi du 10 décembre 2014 - Rueil Malmaison

Commission Centrale de Suivi Goodyear Dunlop Tires France Plan de Sauvegarde de l’Emploi relatif à la fermeture de l’établissement d’Amiens Nord Compte-rendu de la 9 ème réunion de la Commission de suivi centrale du 10 décembre 2014 Étaient présents : Jean-Philippe CAVAILLE, DRH France Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Mickael WAMEN Pour la CFDT : Franck ALVES Jean-Pierre BOBKO Olivier MULLER Pour la CFE-CGC : Peter FROST Jean-Claude JUDLIN Jacques MARTIN Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie Commission Centrale de Suivi Goodyear Dunlop Tires France

Ordre du jour I. Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) consécutif à la fermeture de l'établissement d'Amiens Nord 3Commission Centrale de Suivi Goodyear Dunlop Tires France

La séance est ouverte à 10 heures 15. I. Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) consécutif à la fermeture de l'établissement d'Amiens Nord Madame BOQUET Je rappelle que nous devons nous retrouver le 17 décembre. Depuis le 12 novembre 2014, le nombre de notification n’a pas évolué, soit 1 008 adhésions au congé de reclassement et 1 044 salariés notifiés. Différentes observations avaient été formulées, notamment sur les créations d’entreprise. Il avait en outre été convenu de faire en sorte de consacrer une partie du budget liée à la convention de revitalisation pour s’assurer du niveau de financement requis pour ces créateurs d’entreprise. Ce dispositif n’évoluera pas. 11 salariés sont concernés par cette disposition, comme cela est confirmé dans le document qui vous est diffusé. La procédure changera quelque peu pour ces personnes, puisque le projet devrait être présenté en Comité d’engagement. Si nécessaire, je participerai à ces réunions organisées avec Monsieur CAZORLA pour m’assurer du respect des engagements pris. Certains salariés bénéficient d’opportunités d’emploi et hésitent à les accepter en raison de la période d’essai. Jusqu’à présent, la rupture était acquise lorsque le salarié retrouvait un emploi. S’il en fait la demande, le salarié pourra suspendre son congé de reclassement pendant la période d’essai initiale. Si cette dernière trouve une issue favorable, le versement des primes et la rupture du congé seront mis en œuvre. Sinon, le salarié retrouvera le bénéfice de la mesure de congé de reclassement. Monsieur MARTIN Qu’en est-il du renouvellement de la période d’essai ? Madame BOQUET Généralement, nous savons ce qu’il en est au terme de la période d’essai initiale. Au cas par cas, nous pourrions étudier les éventuelles situations spécifiques. Monsieur GLESSER Ces deux dispositions font partie des assouplissements que nous pouvons apporter au PSE pour favoriser et sécuriser le retour à l’emploi des salariés. Des améliorations pratiques seront apportées autant que possible. Le PSE doit coller aux réalités des salariés. Madame BOQUET Depuis mi-février 2014, date du démarrage de l’EMF, 7 428 entretiens ont été réalisés, alors que l’on a dénombré 5 449 participations aux ateliers. Depuis le 12 novembre, 455 entretiens individuels supplémentaires ont été réalisés, ainsi que 145 participations aux ateliers. Les ateliers réalisés au mois de novembre portent notamment sur le parcours de dynamisation de la recherche d’emploi. Cette session, organisée en quatre séances, avait pour objectif d’apprendre aux salariés à cibler et à identifier les entreprises qui les intéressent, à savoir se présenter en trois minutes, à se préparer aux entretiens de recrutement, à adapter leur CV, à utiliser SAP (sachant que la majorité des entreprises à proximité d’Amiens travaillent avec ce logiciel) et à utiliser les réseaux sociaux dans le cadre de la recherche d’emploi. Madame BECKER Cet atelier ne concerne pas les agents de production. Madame BOQUET Non, une telle disposition concerne essentiellement les agents de logistique et les cadres. Des modules de production, des modules RH et des modules de comptabilité sont proposés, en fonction du métier du salarié. Un atelier sur l’utilisation des réseaux sociaux est proposé dans le cadre de la recherche d’emploi. Les salariés concernés peuvent en effet être exposés à un risque en termes d’image. Monsieur WAMEN Je suis bien placé pour le savoir. J’ai passé plusieurs heures en garde à vue. Madame BOQUET Désormais, il existe des moyens permettant à la personne de faire disparaître certains éléments, afin de nettoyer son image. Il s’agit également d’aider les salariés à postuler aux offres d’emplois détectées par l’EMF. Madame BECKER De nombreux salariés m’ont affirmé que les propositions de postes qui leur ont été faites n’étaient pas cohérentes avec leur diplôme. Par exemple, des agents de dépôt se sont vu proposer des postes de niveau bac + 4, alors que des offres de postes d’électricien ont été transmises à des ouvriers de production. Monsieur WAMEN Ces offres ont été transmises sans formation. Madame BOQUET Je vous explique pourquoi. Monsieur WAMEN On sait pourquoi. Madame BOQUET Des offres d’emploi sont collectées par Sodie tant au niveau d’Amiens qu’au niveau national. Lorsqu’un salarié est enregistré dans la base Sodie, il l’est avec un projet professionnel, qui retranscrit ce qu’il sait faire. Il dispose ainsi d’un code ROM. Or des codes ROM sont également associés aux offres d’emploi. A partir de ce code, une comparaison est effectuée, ce qui permet d’envoyer sur la boîte mail les offres d’emploi correspondantes. Cependant, les codes ROM englobent des familles de postes très élargies. Il en résulte que certains postes ne correspondent pas aux compétences ou aux projets du salarié. Madame BECKER La solution consiste à ne pas faire signer au salarié le refus du poste. Madame BOQUET Les salariés sont appelés pour leur proposer les postes correspondant à leur projet professionnel et à leurs qualifications. Ils peuvent alors donner une réponse de vive voix. Je rappelle qu’il faut que le poste proposé corresponde à l’aire géographique définie dans le PSE et que le contrat corresponde à un CDI ou à un CDD d’au moins six mois. Ce sont les offres valables d’emploi, qui sont nécessairement soumises aux salariés. Les propositions ne répondant pas à ces critères n’ont pas de conséquences sur les salariés. Nous avons fait le choix de proposer le plus grand nombre de postes à chacun, ce qui n’est pas discriminant à nos yeux. Madame BECKER Ce n’est pas perçu comme ça. C’est plutôt perçu comme un foutage de gueule, car le salarié ne dispose d’aucun diplôme. Monsieur WAMEN J’ai demandé aux gens de m’envoyer des mails. Le Président de la Société Alpha Conseil, Monsieur FERRACCI, voulait me voir. Je l’ai envoyé chier. J’ai demandé aux salariés recevant des offres d’emploi de me les transmettre. Bizarrement, j’ai constaté qu’un poste avait été proposé à tout le monde, un poste de magasinier à Abbeville dans les espaces verts. Ce poste a été proposé à de nombreux salariés. Je comprends bien la stratégie appliquée. En tout cas, on ne va pas parler 107 ans. On va passer à l’action. Je n’ai plus rien à vous dire. Les salariés viendront ici, comme prévu. Les 7 429 entretiens réalisés ne veulent rien dire, puisque le résultat est catastrophique. Je ne vois pas ce que signifient les 5 449 participations aux ateliers. On pourrait rajouter des zéros au bout, ça ne changerait. Au final, seuls 94 emplois ont été créés, dont 52 emplois en CDI et 42 emplois en CDD. Pour ce qui est des 40 créations d’entreprises, dont acte. Nous voulons bien intégrer les 91 départs à la retraite, mais il est hors de question de prendre en compte les 254 personnes en formation. C’est hors de question. Ce ne sont pas 500 personnes pour lesquelles une solution a été identifiée. Il ne faut pas se foutre de notre gueule. Madame BOQUET Les personnes en formation ne sont pas prises en compte. Monsieur WAMEN La réalité est que nous sommes confrontés à une catastrophe sans nom. Pour les créateurs d’entreprise, le financement de 20 000 euros pour les gens en formation dans le but de créer une entreprise était déjà acté la dernière fois. Lorsque les gens sont venus chercher leur cadeau au CE, ils ont exprimé des craintes sur leur avenir. Je souhaite revenir sur quelques cas individuels. Monsieur Sébastien HERISSON a un problème pour créer sa structure. A la date du 14 janvier, il n’aura pas trouvé son local et son aménagement. Il n’a pas pu créer son entreprise, ce qui pose un problème. Monsieur Cédric FRUITIER demande une aide car il a perdu sa maman. Il a appelé trois fois la SODIE, mais n’a pas eu de retour. Monsieur GLESSER J’ai répondu positivement à Monsieur FRUITIER. Monsieur WAMEN La réponse donnée par Agnès n’était peut-être pas la bonne. Monsieur GLESSER Agnès recueille les dossiers, dès qu’ils sont constitués, puis me les communiquent. Monsieur FRUITIER a demandé à me rencontrer, car il demande une avance, suite au décès de sa maman. J’ai répondu positivement à sa demande. J’ai transmis le dossier au siège, sachant que les virements sont réalisés tous les jeudis. Monsieur WAMEN Ca c’est du concret. Sur le reste, que vous voulez que je vous dise ? L’usine est fermée depuis un an. Depuis, 94 personnes ont retrouvé un emploi, dont 52 en CDI. Il faut y ajouter une quarantaine de créations d’entreprises. La Direction de Goodyear attend peut-être un bras de fer. Nous ne céderons pas. Une assignation est partie au tribunal de Nanterre. Pour les salariés, il y aura soit un allongement du congé de reclassement, soit un allongement du congé de reclassement. La situation actuelle est une catastrophe. Partant de là, que voulez-vous dire ? Si vous aviez présenté des chiffres indiquant que près de 500 personnes bénéficiaient d’une solution identifiée, je l’aurais accepté. Ce n’est pas le cas. C’est une catastrophe. Monsieur GLESSER Si vous ne comptez pas les personnes en formation de longue durée, nombre d’entre eux trouveront un emploi à la sortie de ce congé de formation. J’en veux pour preuve que 22 des 28 personnes récemment sorties ont trouvé un emploi, dont la moitié en CDI. Monsieur WAMEN Toutes ne trouveront pas un emploi. Ce n’est pas vrai. Monsieur GLESSER Une soixantaine de personnes sortiront bientôt de cette période de formation. Monsieur WAMEN Depuis que la Direction a décidé de violer l’article 11 de l’accord du 23 janvier 2014, 330 personnes pouvaient espérer un retour à l’emploi sur le site, mais Goodyear a anéanti leurs chances. Ces personnes n’auront pas la possibilité de retrouver un emploi, contrairement à ce que prévoyait l’article 11. Démanteler une usine, c’est bien. Envoyer les machines à la ferraille, c’est bien. Je vous assure cependant que l’année 2015 ne sera pas l’année 2014. Madame BOQUET 264 personnes se sont engagées dans une période de formation, dans le but d’une reconversion. Nous poursuivons la présentation aux salariés des métiers porteurs, par le biais d’entreprises et d’organismes de formation, de sorte que les salariés puissent se projeter et augmentent leur employabilité. Cette démarche est essentiellement nécessaire pour les métiers techniques (chaudronnier,soudeur, chimie…). La difficulté du secteur de la chimie est que la majorité des entreprises sont implantées à 70 kilomètres d’Amiens, ce qui peut poser un problème en termes de mobilité aux salariés. Il faudra envisager les modalités liées à la mobilité professionnelle. Il faut ajouter les formations proposées dans le secteur des métiers de bouche (pâtisserie,boucherie). Monsieur WAMEN Effectivement, c’est une boucherie, un carnage même. L’ambiance au CE n’est certainement pas à la rigolade. Nous sommes passés à un stade de colère supérieur à 2013. Monsieur JUREK Les gens anticipent ce qu’il va se passer dans quelques mois. Monsieur WAMEN Nous n’allons pas leur mentir. Le chômage entraîne une baisse de rémunérations. Il va en résulter des difficultés financières pour les familles concernées. Monsieur JUREK Je connais les rémunérations proposées dans les métiers de bouche. Ce n’est pas mirobolant. Madame BOQUET Les salariés ont choisi ces formations en toute connaissance de cause. On ne leur a pas menti sur les rémunérations et sur le rythme de travail qui est difficile dans ces métiers. Monsieur CARON Le rythme de travail est tout aussi difficile en usine. Madame BOQUET L’objectif est aussi de permettre aux salariés de supporter progressivement les baisses de rémunération. Monsieur CARON Je m’aperçois que les documents ne sont pas communiqués avant la réunion, comme nous l’avions demandé. Ce n’est pas normal. Par ailleurs, les représentants de pôle Emploi et de la DIRECCTE ne sont pas présents. Ils ne sont jamais là. Monsieur GLESSER Je ne peux pas les contraindre à venir, mais je vous assure que nous les invitons et que nous leur avons envoyé la convocation. Monsieur CARON Trouvez-vous normal par rapport à la situation du site d’Amiens ? Vous devez les faire venir. Monsieur GLESSER J’ai rappelé à Monsieur BESSIER qu’il était invité. Il m’a dit qu’il viendrait, mais il n’est pas là. Monsieur CARON Il n’en a rien à faire. Monsieur WAMEN Ne t’emmerde pas Cyril. Il sera présent le 17 décembre. Monsieur GLESSER Les représentants de Pôle Emploi sont cependant invités. Madame BOQUET Je les ai invités à nous rencontrer pour évoquer les conséquences de la nouvelle convention UNEDIC sur les salariés. En effet, certains messages ne sont pas rassurants, s’agissant notamment du délai de carence. Après la notification de licenciement, le salarié est soumis à un délai de carence, qui est passé de 75 à 180 jours. L’augmentation du délai de carence ne concerne pas les licenciements pour motif économique. Cela signifie que les salariés impactés par le PSE seront toujours concernés par un délai de carence de 75 jours. Tout salarié doit ouvrir des droits et s’inscrire à Pôle Emploi, même s’il crée une entreprise ou obtient un CDD, afin de préserver les droits acquis. Un tableau de suivi sera communiqué à Pôle Emploi, de sorte que les personnes soient orientées et que l’information soit bien transmise sur les modalités d’indemnisation. L’objectif est de veiller à ce que la législation et les modalités de la convention soient bien connues. Pour les invalides de deuxième catégorie, nous avons demandé à Pôle Emploi des précisions sur le fonctionnement pratique de l’institution sur ce sujet. Comment faire pour inscrire le salarié ? Le salarié est reçu et doit répondre à des questions, afin d’évaluer sa capacité à rechercher un emploi. Si le salarié, dans le cadre de l’entrevue, explique qu’il ne peut plus travailler en raison de son état de santé, Pôle Emploi n’est pas en mesure de prendre en compte l’inscription du salarié, qui perd le bénéfice de la portabilité des droits. Monsieur CARON Je crois que la question portait plutôt sur la portabilité de l’APGIS. Madame BOQUET Non. Nous avons convenu que ces salariés bénéficieront de cette inscription et de la portabilité des droits, y compris auprès de l’APGIS par ricochet. Monsieur GLESSER Toutes les populations particulières (invalides de deuxième catégorie, créateurs d’entreprise), dont nous transmettrons la liste à Pôle Emploi, bénéficieront d’un accueil spécifique. Monsieur CARON Ces salariés devront en quelque sorte passer devant le tribunal de Pôle Emploi. On leur dira que s’ils ne peuvent pas travailler, ils n’auront rien. Un avis sera donné pour faire perdre à ces salariés ce à quoi ils ont droit, dont la portabilité des droits et la retraite. Madame BOQUET Le dispositif proposé dans le cadre du congé de reclassement constitue potentiellement un avantage pour les salariés. Monsieur WAMEN Il devrait être valable pour tous les gens, pendant les 24 mois de chômage. Cela pourrait être une avancée importante. Madame BOQUET L’objectif est de permettre à ces gens de conserver leur statut social. Monsieur CARON J’ai une question sur les impôts. Des primes ont été versées aux personnes de Montluçon. De votre côté, avez-vous reçu un courrier des impôts pour les salariés d’Amiens ? Monsieur WAMEN La question a été posée pour tout le monde, y compris pour les salariés partis à Amiens Sud, dans le cadre d’une mutation interne. Monsieur GLESSER Nous avons interrogé le centre des impôts, dont la réponse s’applique partout en France, y compris à Amiens. Les dispositions prévues s’appliquent partout en France. Vous nous prêtez des pouvoirs que nous n’avons pas. Nous n’avons pas la possibilité de modifier les règles de Pôle Emploi concernant les invalides, les règles fiscales, les salaires dans le secteur de la boucherie ou de faire venir quelqu’un qui ne le souhaite pas. Monsieur CAVAILLE La réponse nous a été transmise par le centre des impôts de Montluçon. Monsieur CARON Que se passera-t-il pour ces salariés ? La somme de 10 000 euros sera-t-elle imposable ? Monsieur GLESSER Cette somme est effectivement imposable. Monsieur CARON Elle est imposable, mais ces salariés ne changent pas de tranche. Ils doivent en être informés. Le courrier communiqué par les impôts est très complexe. Le salarié qui le recevra ne saura pas quoi faire. Votre réponse, telle qu’elle est écrite, posera problème. Monsieur GLESSER On peut demander à Marjorie de transcrire cette réponse dans un français correct. Monsieur CAVAILLE Une réponse compréhensible par chaque salarié sera rédigée. Monsieur CARON Vous inscrivez sur la convocation des personnes qui ne sont pas présentes. Or nous payons des impôts. Monsieur GLESSER Nous n’avons pas ce pouvoir. Monsieur CARON Votre rôle est de faire avancer les choses. C’est à vous d’intervenir, considérant le nombre d’emplois que vous foutez par terre. Monsieur GLESSER Je le fais tous les jours. Un élu Ce n’est pas Batman non plus. Monsieur JUREK Prenez vos responsabilités. Monsieur WAMEN C’est honteux. Je ne vais pas péter un plomb pour rien. C’est à vous, Monsieur CAVAILLE, que je n’ai plus rien à dire. Nous avons atteint à un seuil de malhonnêteté que je n’avais jamais vu. Je n’ai plus rien à vous dire en Commission de Suivi. La seule solution repose sur la mobilisation des salariés. Monsieur CAVAILLE Je considère que j’agis pour les salariés. Monsieur WAMEN Vous n’avez rien à considérer. C’est un fiasco sans nom, dont vous êtes les seuls et uniques responsables. Tous les mois, nous vous avons posé la question sur le projet Titan. Vous avez répondu que la loi l’obligeait à reprendre les 632 salariés. C’est un mensonge sans nom. Je ne vais pas passer 107 ans à vous expliquer des choses que vous ne comprenez pas. Arrêtez de nous dire que nous sommes des partenaires. Vous essayez de nous enculer à tour de bras. Madame BOQUET Une présentation de formations par l’AFPA de l’Oise a été réalisée sur les métiers de la chimie, ainsi qu’une présentation de formations par l’AFPOLS sur les métiers de gardiens d’immeuble (18 participants). Des forums sont programmés en janvier. Monsieur WAMEN Pour faire le métier de gardien d’immeuble, il faut passer une ceinture noire de karaté. Ce métier présente des risques élevés dans les quartiers populaires. Madame BOQUET Des résidences privées peuvent également recruter, mais à court terme, ce sont les bailleurs sociaux qui recrutent. Le principe est que le gardien d’immeuble réside dans l’immeuble. Je peux comprendre que cela pose problème. Monsieur WAMEN Je ne vais pas perdre mon temps à expliquer certaines choses à des gens qui ne comprennent pas un dixième de ce qui est dit. Vous allez voir comment la colère va s’exprimer. La situation des salariés est claire. La misère sociale les attend. Les responsables de la SODIE essaient de se protéger, de la CGT selon ce qui m’a été dit. Monsieur CAVAILLE C’est ridicule. Monsieur WAMEN Arrêtez avec votre air. Vous êtes de menteurs. En 2012, vous avez dit que l’échec des négociations était lié à la CGT. Monsieur CAVAILLE Oui. Monsieur WAMEN Pour ma part, je n’ai pas de problème. Vous pouvez penser ce que vous voulez de moi. J’ai pris rendez-vous avec des gens pour agir comme il faut. Monsieur CAVAILLE Laissez Sophie BOQUET continuer son propos. Monsieur WAMEN Je n’ai rien contre elle, mais globalement, c’est un fiasco. Nous ne sommes pas satisfaits, mais écoeurés. Tout est entrepris pour vous aider, mais ce sont les salariés qui paient les pots cassés. Seule la réponse de ces derniers sera efficace. Vous n’avez pas fait plus que ce vous pouviez faire. Madame BOQUET 94 salariés ont retrouvé un emploi, dont 52 en CDI et 42 en CDD. Il faut y ajouter 40 créations d’entreprises, 264 formations longues et 91 retraites à date, soit 489 solutions identifiées (22,5 % des salariés). Monsieur CARON Ces résultats intègrent-ils les salariés du site de Montluçon ? Madame BOQUET Les chiffres représentent les résultats en interne. Monsieur CARON Qu’en est-il de l’accompagnement des conjoints ? Madame BOQUET Je ne vois pas d’inconvénient à évoquer ce point, mais cela ne m’avait pas été demandé. Monsieur CARON Le cabinet SODIE n’intervient jamais en local. Le représentant de la SODIE ne participe pas aux réunions en local. Dans le cadre du plan social, des démarches doivent se faire. Une personne de la SODIE doit intervenir au niveau local. Ce n’est pas le cas. Madame BOQUET Le lui avez-vous signalé ? Monsieur CARON Bien sûr. Nous lui avons versé de l’argent. Il doit donc être présent. Monsieur WAMEN Ce n’est pas Géo Trouvetout, mais « Géo Je Découvre Tout ». A mon avis, un point devrait être fait chaque mois en CE. Madame BOQUET La diapositive suivante porte sur le détail des créations d’entreprise. Je vais vous présenter la mise en œuvre de l’action de revitalisation. Les projets devaient être présentés lors d’une réunion le 18 décembre, mais la Préfète ne pouvait pas être présente. Le premier projet concerne une PME de 25 salariés dans le secteur de l’agroalimentaire, qui va mener un projet de développement de ses activités afin de satisfaire les demandes de la Grande et moyenne Distribution. Ce projet porte en partie sur la production et la vente de produits bio. Il va en résulter la création de 20 emplois, dont 14 postes de manutentionnaires et d’un poste d’électromécanicien. Le montant de l’intervention de Sémaphore pourrait être de 200 000 euros, sous réserve de la décision in fine du Comité d’engagement de la convention. Le deuxième projet consiste également en un investissement de 200 000 euros, dans une PME du secteur médical. L’effectif de la société sera porté de 7 à 15 CDI en trois ans. Le montant de l’intervention pourrait être de 80 000 euros pour le projet de développement de cette PME. Le troisième projet concerne une PME de 30 salariés, spécialisée dans la fabrication de produits à ossature en aluminium. L’intervention de Sémaphore pourrait représenter un montant de 50 000 euros. Monsieur WAMEN 80 000 euros pour créer 7 à 15 CDI en trois ans : c’est fort. C’est impressionnant. Je n’en reviens pas. La revitalisation, ce sera la même merde que le reste. Monsieur MARTIN Il faudra a minima bénéficier d’une formation médicale ou scientifique pour pouvoir être recruté à ces postes. Madame BOQUET L’antenne emploi et la revitalisation se déroulent concomitamment, pour renforcer l’efficacité de la convention de revitalisation. Les démarches doivent se superposer pour favoriser la formation des salariés et leur donner accès aux emplois créés via la convention de revitalisation. Monsieur WAMEN Ce n’est pas la démarche de revitalisation qui va donner du boulot aux gens. Monsieur GLESSER Vous avez demandé qu’on fasse un point sur la revitalisation. Monsieur WAMEN J’ai dit qu’il ne fallait pas se focaliser là-dessus. Cette enveloppe est si réduite qu’elle ne servira à rien. Monsieur CAVAILLE Son montant est de six millions d’euros. Monsieur WAMEN Ce montant sera prélevé sur le PSE. Monsieur CAVAILLE On peut tout voir en noir, si vous voulez. Avez-vous d’autres questions ? Monsieur WAMEN J’ai une déclaration à faire. Il reste 800 personnes sur le carreau à la date d’aujourd’hui, pour lesquelles aucune solution n’a été trouvée. Elles se rapprochent dangereusement d’une situation personnelle et familiale dramatique. Selon nous, c’est inadmissible. La seule solution est de réunir les salariés et de faire énormément de bruit. La SODIE n’a pas fait son boulot. Elle ne pouvait pas faire mieux. On nous a menti depuis le début. On nous a affirmé que nous avions été débiles de ne pas accepter le PSE depuis des années. La revitalisation est également un fiasco sans nom et un mensonge supplémentaire. Vous pouvez dire que nous voyons tout en noir, mais il n’y a pas de raison de le voir autrement. La situation est catastrophique. J’ai la responsabilité de représenter au mieux les salariés. J’ai fait le maximum pour améliorer un certain nombre de processus individuels. Nous sommes arrivés au maximum de ce que nous pouvions obtenir dans l’amélioration du processus collectif. La seule solution reste la mobilisation des salariés. Vous aurez l’obligation de prendre en considération la détermination et la force de frappe de cette mobilisation. Ce n’est pas Goodyear qui fait la loi en France. Monsieur CAVAILLE Je ne suis pas d’accord avec votre constat. Monsieur WAMEN Tout est mauvais. Vous ne savez pas comment vivent les gens. Vous ne les avez jamais rencontrés. Pourquoi ne pas réunir les gens pour leur parler ? Monsieur CAVAILLE Le taux de solution des cas individuels atteint en trois mois ne me semble pas mauvais (25 %). Il faut voir d’où nous venons. Monsieur WAMEN Pourquoi parlez-vous de trois mois ? Sommes-nous au mois de mars ? Ou au mois de décembre ? Monsieur CAVAILLE Laissez-nous travailler. Votre constat est que cela ne va pas. Monsieur WAMEN Apportez-moi la preuve du contraire. Je ne demande qu’à être convaincu par votre action. Je rappelle qu’il a fallu six mois aux salariés pour faire le deuil de leur poste. Vos propos se retrouvent dans les procès-verbaux. Monsieur CAVAILLE Les recherches d’emploi et les formations longues ne se font pas du jour au lendemain. Je ne m’attendais pas à une explosion des résultats en trois mois. Monsieur GLESSER Les démarches mises en œuvre commencent à payer. Monsieur WAMEN Dans deux mois, cela fera un an. Nous avons largement dépassé les trois mois évoqués. Monsieur GLESSER Le processus a réellement commencé en avril/mai, puisqu’il fallait tenir compte des deux mois de préavis. Monsieur CAVAILLE Vous n’arrêtez pas de tout peindre en noir. Monsieur WAMEN Vous faîtes semblant de vous fâcher, mais je rappelle que depuis dix mois, les salariés sont au chômage. Monsieur CAVAILLE Je vais finir par me fâcher. Monsieur WAMEN Vous ne me faîtes pas peur. Il est anormal qu’une multinationale comme Goodyear laisse 800 personnes sur le carreau. Monsieur CAVAILLE Je suis en désaccord avec vos propos. Monsieur WAMEN Vous dressez un tableau merveilleux, mais c’est du pipeau. L’avenir des salariés s’assombrit de jour en jour. Ils vont subir une perte de rémunération significative. Mon rôle est de défendre ces gens. Je prendrai donc les risques nécessaires pour eux, car leur situation est dramatique. Le PSE est un fiasco sans nom. Vous brisez les gens mentalement. De plus, vous avez violé l’article 11 de l’accord de 2014. Nous irons dès lors au tribunal et ne vous laisserons pas reprendre les machines. Nous allons faire une nouvelle proposition de SCOP dans les prochains jours. Vous allez comprendre que si la CGT ne s’est pas exprimée pendant cette réunion, c’est qu’elle a autre chose à faire. Monsieur CAVAILLE Vous en parlerez en local. Monsieur WAMEN Je n’ai pas fini. Votre gestion du dossier est une catastrophe sans nom, sur le plan social et humain. C’est l’un des dossiers les plus dramatiques sur le plan social pour la région Picardie, après celui de Continental. On leur avait promis monts et merveilles, mais au final, ces salariés n’auront rien, puisque Continental va en cassation. Vous êtes motivés uniquement par la soif du fric. Votre comportement est odieux. Monsieur CAVAILLE L’information a été donnée à tous les représentants du personnel au même moment. Monsieur WAMEN C’est le Courrier Picard qui m’a contacté. Monsieur CAVAILLE Le courrier a été envoyé directement. Monsieur WAMEN C’est Madame CHARRIER qui nous l’a envoyé. Vous continuez à faire tout et n’importe quoi. Madame BECKER Il aurait été plus simple de nous en informer lors de la réunion. Monsieur BOBKO Pourquoi Titan ne reprend pas le site ? Il en va de l’avenir des emplois. Monsieur CAVAILLE Je n’ai rien de plus à dire que ce que j’ai dit dans la presse. Monsieur BOBKO La presse raconte ce qu’elle veut. Monsieur WAMEN Taylor a affirmé que la loi française l’aurait contraint à reprendre 672 postes, mais ce n’est pas vrai. C’est un mensonge. Ne vous inquiétez pas. Nous allons les baiser. Ce sont des exécutants. Monsieur CAVAILLE Il y a des exécutants à tous les niveaux. Monsieur WAMEN De votre côté. Monsieur BOBKO Je ne comprends pas que l’information ait été communiquée par la presse. Monsieur CAVAILLE Nous avions envoyé un courrier à ce sujet. Monsieur WAMEN C’est faux ! Vous avez monté un buzz pour nous « casser ». Monsieur CAVAILLE Je n’ai pas dit ça. Vous le savez très bien. Monsieur WAMEN Vous êtes responsables de la situation. Je ne laisserai pas 800 salariés dans la merde. On plantera des tentes Quechua devant le siège, avec les femmes et les enfants, qui ne boufferont pas. Vous ferez moins les malins. Vous allez voir comment je vais écorner votre image. On vous prépare une action dont vous vous souviendrez. A mon avis, vous commettez une erreur fondamentale. Monsieur CAVAILLE Merci. Bon retour à tous. Monsieur WAMEN A très bientôt, au tribunal de Nanterre. Nous allons nous retrouver au tribunal. Nous allons nous expliquer. Vous n’imaginez pas la détermination des gens. La séance est levée à 11 heures 25.

vendredi 16 janvier 2015

Procès-verbal de la réunion ordinaire du CHSCT GOODYEAR du 7 janvier 2015

Etaient présents :

Pour la Direction

Michel DHEILLY Michèle SEPREZ Membres du CHSCT

Gérard GACQUIERE Philippe DUFAUX Sébastien LUPO Christian HAREUX Hervé MARCHAL Richard JOUHANNET Jean-François QUANDALLE

Mickael WAMEN, Représentant Syndical CGT Patrice SZYROKI, Représentant Syndical CFE-CGC Invités

Damien DEBRIL, responsable maintenance Etaient absents :

Michaël SEMEDO Nicolas LANOY Ludovic LEROY, Représentant Syndical SUD Chimie

Ordre du jour

I.​Information et consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité​3

La séance est ouverte à 10 heures 40, sous la présidence de Michel Michel DHEILLYEILLY.

. Information et consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité Michel DHEILLY

Bonjour à tous et merci d’être là. Monsieur le Secrétaire, pouvons-nous commencer la réunion ?

Richard JOUHANNET

L’inspection du travail n’est pas là ? C’est important. Ils ne seront pas de trop.

Michel DHEILLY

L’inspection du travail n’est pas là et ce n’est pas moi qui gère son agenda, mais elle a été prévenue et a eu la même documentation que vous.

Nous tenons aujourd’hui notre première réunion dans le cadre du processus d’information et de consultation sur le projet de démantèlement des équipements agricoles mixtes d’Amiens Nord et ses conséquences sur les conditions de travail, la santé et la sécurité. Nous avons donc adressé à chacun d’entre vous avec la convocation à cette réunion l’ensemble de la documentation, un dossier complet précisant les conditions dans lesquelles nous envisageons les opérations de démantèlement des équipements sur le site ainsi qu’une analyse précise des risques envisagés établie sur le même modèle que celle que nous avions pratiqué dans le cadre du processus d’information/consultation sur le projet de démantèlement des équipements passagers. La méthodologie suivie au sein de l’établissement d’Amiens Nord pour l’évaluation du risque et la mise en œuvre des mesures de prévention est donc strictement la même. Comme nous l’avons écrit en juin dernier, les informations qui en sont issues permettent de caractériser l’ensemble des risques, qui sont des risques chimiques auxquels les salariés pourraient être exposés durant les opérations de démantèlement sur la base du référentiel connu et scientifique. La règlementation est une règlementation précise. Cela correspond, je crois, à l’annexe 7 qui a été joint à la note de consultation.

Mickaël WAMEN

Si vous permettez, en ce qui nous concerne, nous allons demander une suspension de séance parce que nous avons des délibérations à sortir, que nous soumettrons au vote. J’ai reçu les documents. J’ai regardé. Je n’ai rien compris, comme d’habitude.

Michel DHEILLY

Le but de la réunion, M. WAMEN, est d’expliquer l’ensemble des informations.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas parce que vous allez expliquer que je vais comprendre. Vous savez, je suis assez bête.

Michel DHEILLY

Non, je ne pense pas.

Mickaël WAMEN

Cela étant, nous allons demander une suspension de séance parce que nous avons des délibérations à sortir et à faire voter.

Richard JOUHANNET

De toute façon, expliquer… Quand on voit le document, il n’y a rien dedans.

Michel DHEILLY

Attendez, avant de dire qu’il n’y a rien dedans, je pense que nous pouvons…

Mickaël WAMEN

Une assignation va partir aujourd’hui en ce qui concerne le projet de démantèlement. Je pense que vous ne pouvez pas omettre le fait que la situation actuelle du site d’Amiens Nord met les salariés dans une situation de précarité encore plus extrême, puisque pendant maintenant plus de dix mois, depuis le mois de janvier, nous posons la question du repreneur et on nous a laissé croire qu’il y aurait éventuellement des discussions off mais qu’il était trop tôt pour en parler. Vous arrivez avec des déclarations fracassantes à grands coups de renforts médiatiques pour dire que cette fois c’est terminé, que le Code du travail selon un article qui de toute façon serait arrivé au moins de novembre si j’ai bien compris et qui n’était pas connu par GOODYEAR depuis des années et qui était l’ancienne L122-12, obligeait le repreneur à prendre non pas 537 personnes, non pas 333, mais – coup de baguette magique – 672. Vous nous avez expliqué en long, en large et en travers que c’était les demandes faites par la demande du marché, qu’il y avait des perspectives de croissance importantes qui faisaient qu’il fallait aller au-delà des 537 salariés qui avaient été arrêtés par GOODYEAR et par TITAN en 2012.

Michel DHEILLY

Non, non…

Mickaël WAMEN

En 2012, nous ne cessions de dire : « cela ne peut pas être 537, cela ne sera pas suffisant. » Vous nous disiez : « cela sera 537 maximum ».

Michel DHEILLY

M. WAMEN, je pense que nous avons fait une réunion de CE le 11 décembre. J’ai apporté un grand nombre d’éléments à ce sujet, d’accord ?

Mickaël WAMEN

D’un seul coup, c’est 672. Aujourd’hui, la problématique n’est pas de savoir dans quelles conditions va se dérouler le démantèlement parce que, pour nous, il ne peut pas y avoir de démantèlement. La problématique est simple à comprendre : nous n’allons pas entrer aujourd’hui dans un débat avec vous sur comment cela va être démantelé, où est-ce que vont aller les machines, est-ce qu’il y a un risque chimique ou pas. Tout cela, on s’en fout royalement parce que pour nous, la problématique ne se pose pas en ces termes. Pour nous, avant tout, il faut sauvegarder l’outil de travail industriel sur Amiens Nord.

Il y avait des projets qui avaient été mis sur la table. Il y avait le projet de TITAN. Il y avait d’autres projets. Il y avait par exemple le projet d’une Scop, que vous avez refusé à l’époque en disant qu’il y avait un repreneur. Aujourd’hui, le projet de Scop a peut-être tout à fait sa place. On ne sait pas. On verra bien, on en reparlera. La loi Florange existe dès lors que des salariés ont un projet viable, intéressant, permettant la reprise d’un outil industriel – cela a été le cas par exemple chez FRALIB et dans d’autres entreprises en France qui fonctionnent très bien aujourd’hui au travers de Scops. Vous ne pouvez pas savoir ce qui va se passer dans les semaines ou les mois à venir. L’assignation dont nous avions fait part fin décembre – nous avions dit qu’elle partirait début janvier – est partie. Enfin, elle part du moins aujourd’hui, pour avoir une date en référé heure par heure, au tribunal d’Amiens il me semble.

Partant de là, je ne vois pas en quoi je vais tenir aujourd’hui une réunion de CHSCT pour développer avec vous des arguments ou des éléments pour savoir comment va se dérouler le démantèlement de l’activité agricole. Pour moi, il est hors de question que nous parlions du démantèlement de l’activité agricole. C’est en ce sens que je vous demande une suspension de séance le temps nécessaire à ce que nous puissions travailler à l’élaboration et à la mise en place des deux délibérations que nous devons voter aujourd’hui. Mais je vais être très clair avec vous : nous n’allons pas palabrer 107 ans dans une réunion qui, j’estime, n’a pas lieu d’être parce que pour le moment toutes les pistes éventuelles à la reprise de l’activité agricole n’ont pas été étudiées et n’ont pas été mises en œuvre. Il y a la piste Taylor qui semble-t-il de votre côté est tombée à l’eau. Ce n’est pas ce que sembleraient dire des membres du gouvernement actuel. Ce n’est pas ce que semblerait dire le cabinet d’avocats nouveaux du groupe TITAN. Il semblerait qu’il y ait des discussions qui seraient encore sur la table. Et nous ne permettrons pas à GOODYEAR de ne pas laisser leur chance à un certain nombre de salariés de retrouver un emploi ici-même.

Il existe donc diverses façons de faire redémarrer une activité industrielle. L’outil industriel d’Amiens en FARM est un outil performant. Vous l’avez suffisamment dit et redit dans les PV des derniers CE, CCE et CHSCT durant ces longues années où nous nous sommes battus et dans lesquels vous disiez qu’il fallait absolument sauvegarder l’outil de travail agricole puisque c’est un outil sur lequel on a investi massivement. Jeffrey Smith le disait de longue date. Et comme le disait Richard toute à l’heure, et il a tout à fait raison, je me souviens des propos de Jeffrey Smith qui disait : « nous on la prendra », « GOODYEAR gardera l’activité ». Il y a tous ces éléments sur la table. Maintenant, la justice va être saisie dans les jours ou les semaines à venir. Cela étant, tant que la justice n’aura pas pris une position claire, nous n’avancerons pas dans le débat. Et même si la justice venait à dire que vous ne violez pas l’article 7 – parce que pour nous, l’objectif premier est de dire que vous violez l’article 7 de l’accord de fin de conflit –, même si la justice ne nous donnait pas raison là-dessus, ce n’est pas pour autant que nous ne pourrions pas envisager avec un groupe de salariés que nous allons réunir le 15 janvier 2014 salle Valentin Haüy à Amiens à 17 heures la possibilité éventuelle de reprendre cette usine sous forme de Scop. Vous ne pouvez pas nous en empêcher.

Michel DHEILLY

C’est une invitation ?

Mickaël WAMEN

Vous ne pouvez pas nous empêcher de déposer un projet auprès du tribunal administratif d’Amiens et de proposer un projet de reprise de l’outil industriel et de redémarrage de l’outil industriel. Tout cela va être mis sur la table. J’estime qu’aujourd’hui, comme je vous l’ai dit en réunion de CE et je ne change pas mes propos – et au moins vous ne pourrez pas me contredire là-dessus par rapport au 11 décembre –, vous avez essayé en long, en large et en travers de nous expliquer pourquoi nous en étions arrivés là et pourquoi la discussion entre les deux groupes GOODYEAR et TITAN, qui pour moi aujourd’hui font partie de la même société, qu’on le veuille ou pas – il y a deux numéros de série différents, mais cela étant, ce sont quand même deux sociétés qui travaillent dans le même sens puisqu’un verser des royalties à l’autre parce qu’on lui pète son outil de travail, son process, ses salariés pour produire des pneumatiques et l’autre les vend, les mets sur un marché et en contrepartie des ventes verse des royalties à l’autre groupe, donc qu’on le veuille ou pas il y a quand même une forte alliance entre les deux groupes – et vous dîtes aujourd’hui que ce qui a fait achoppé les discussions et les négociations entre GOODYEAR et TITAN, ça serait que vous vous seriez aperçus au mois de novembre qu’il y avait une obligation du Code du travail de reprendre 672 salariés parce que le Code du travail vous l’imposez.

Or, en 2012, cet article qui existait déjà dans le Code du travail, n’imposait pas la reprise de 672 personnes mais de 537. En 2013, nous n’étions plus du tout dans cette optique-là puisque le gouvernement, TAYLOR et GOODYEAR disaient : « faisons table rase de toutes les négociations en cours, de toutes les batailles juridiques. Trouvons un accord de fin de conflit le plus rapidement possible pour permettre de licencier tous les salariés. TAYLOR viendra ensuite et prendra 333 salariés. »

Nous avons été plus que surpris, et agréablement surpris, parce que je vais vous dire une chose : si vous voulez un allié de poids aujourd’hui pour défendre les 672, nous sommes ok. Nous n’avons aucun problème pour venir dire : « s’il en faut 672, d’accord, nous allons nous battre avec vous pour qu’il y ait 672 embauches. » Par contre, il va falloir quand même nous expliquer à un moment ou à un autre comment vous faîtes la différence entre les 672 et les 537 de l’époque, parce que je me souviens pertinemment – je ne suis pas le seul ici et je pense que la CFE-CGC tenait les mêmes propos le 11 décembre – qu’à aucun moment donné il n’a été fait état de plus de 537 personnes. On nous avait dit que c’était 537 personnes parce qu’on avait estimé que l’activité mixte et l’activité FARM représentaient 537 salariés tous services confondus, et ne parlez pas uniquement des salariés de production parce que nous avons encore aujourd’hui l’organigramme dans les documents officiels qui avaient été donnés par GOODYEAR à l’époque des CHSCT, des CE et des CCE et nous nous apercevons bien qu’un travail avait été fait. C’était Vincent SMOLDERS qui était le RH du site d’Amiens nord à l’époque mais il n’empêche qu’il parlait au nom de la Direction GOODYEAR. Quand j’allais en CCE, c’était Henry DUMORTIER qui parlait au nom de GOODYEAR. Qand j’allais au Comité de groupe européen, c’était Olivier ROUSSEAU qui parlait au nom de GOODYEAR et quand j’allais en CHSCT c’était Jean LEBON au nom de GOODYEAR. Cela n’empêche que chaque fois que j’avais un intervenant au nom de GOODYEAR, on me disait clairement que toutes les études qui avaient été faites démontraient très clairement qu’il ne fallait pas plus de 537 personnes. On s’en était arrêté à ça.

Nous n’étions pas spécialement d’accord mais nous nous étions dit que bon, allez, il faut 537 personnes, peut-être qu’ils s’apercevront qu’ils font une connerie. Jamais nous n’avons parlé de 672 personne et comme l’a dit la CFE-CGC la dernière fois, et j’abonde dans ce sens, si nous avions accepté en 2012 le deal qui nous avait été proposé – et nous savons tous pourquoi il a capoté mais je tiens à le rappeler parce qu’il est important que cela soit dans les PV. Je rappellerai donc quand même que le PDV et le projet TITAN ont capoté sur un seul et unique point : lors de la dernière réunion de discussion que nous avons eu avec la Direction de GOODYEAR et les avocats, j’ai posé les conditions telles quelles au groupe GOODYEAR, dans ces termes : puisqu’il nous disait qu’il n’y avait pas de risque au-delà des deux ans, j’ai demandé à Henry DUMORTIER de nous signer un document et de s’engager à ce que GOODYEAR prenne en charge les frais de licenciement des salariés, c’est-à-dire à la poursuite du PSE dans les mêmes conditions de licenciement que les salariés du tourisme, si les salariés étaient licenciés par TITAN au bout de deux ans et un jour. On n’a jamais voulu nous signer ce document, ce qui nous a poussés à dire qu’il y avait quand même un risque énorme. On nous disait : « c’est n’importe quoi. TITAN ne veut pas s’engager au-delà de deux ans mais vous savez pertinemment qu’il ne va pas mettre des billes dans un établissement pour se barrer demain. » Cela n’empêche que le jour où c’est parti en sucette, TAYLOR a pété un plomb. Il est venu dire que son intérêt n’était certainement pas de rester en France, parce qu’il pouvait avoir des usines en Inde, notamment, pour faire travailler des gens à moins de un euro par jour. Ça, c’est la réalité. Voilà ce qu’il a dit. Il y a eu ensuite les épisodes que nous connaissons tous. Le 31 décembre 2012, Henry DUMORTIER dit : « les négociations continuent avec Maury TAYLOR. » Et Maury TAYLOR, le 1er janvier 2013, dit au journal Le Monde : « Non, ce n’est pas vrai, nous avons rompu toutes discussions avec le groupe GOODYEAR ». Nous ne savions plus qui disait vrai, qui disait faux. Il y a eu tout l’épisode de 2013 avec ce qu’on connait : un coup je t’aime, un coup je t’aime plus, la lettre honteuse qui a été envoyée au gouvernement français en disant « vous êtes tous des faignants, un pays de merde, rétrograde, communiste. Il faut foutre ces syndicalistes-là en prison, etc., etc. » Effectivement, cela ne donnait pas envie aux gens de travailler pour lui. Cela étant, ce dont on a envie et les obligations que l’on a dans la vie sont deux choses.

Je me suis quand même rendu compte tout de suite que dès que les licenciements ont eu lieu, un certain nombre de volumes de salariés et effectivement bien au-delà des 333, ont attendu bien sagement, qui se rendaient mensuellement au niveau de la SODIE pour pointer pour pouvoir bénéficier des indemnités qui leur sont dues, mais cela étant – et c’est dans les PV des commissions nationales et locales –, que ce soit Jean-Philippe CAVAILLE, que ce soit Sophie BOCQUET, que ce soit à l’époque Mme LE COUEDIC ou Laurent DUSSUCHALES, tout le monde s’est accordé à dire qu’un volume de salariés a attendu, malheureusement en vain, qu’un repreneur vienne, et ils n’ont pas fait d’effort de formation, d’effort de recherche d’emploi, d’efforts divers parce qu’ils étaient persuadés d’une chose, c’est qu’il allait y avoir une reprise. Et nous en étions persuadés aussi, parce je suis assez bête et discipliné : quand j’ai devant moi une multinationale représentée certes par des gens pas toujours cohérents et très intelligents – cela n’empêche que la multinationale est représentée –, et quand je pose la question en janvier, février, mars, avril, juin, juillet, août, septembre, octobre, et qu’on me dit « M. WAMEN, de toute façon il est trop tôt pour vous dire ce qui va se passer ». Je dis : « j’ai besoin de le savoir », parce que j’ai besoin de dire aux salariés que je reçois régulièrement dans une salle avec mes collègues de la CGT quelle est la situation de la reprise de l’agricole d’Amiens Nord et on ne vient pas…

Michel DHEILLY

C’est bien pour cela que nous avons clarifié la position au mois de novembre.

Mickaël WAMEN

On ne vient pas nous dire, à nous, au mois de novembre, ce qui se passe. On vient dire aux médias : « ça a capoté parce que le Code de travail français exige de la part du repreneur qu’il reprenne 672 salariés selon l’article L. 1224-1 du Code du travail. Or…

Michel DHEILLY

Nous avons répondu clairement…

Mickaël WAMEN

Je termine. Or, l’article L. 1224-1 du Code du travail n’est pas arrivé au mois de novembre. Il est arrivé bien avant et même avant cet article-là, il y avait le L. 122-12. Ce Code du travail-là n’explique rien du tout pour la simple et bonne raison que sur l’intégralité des salariés qui éventuellement pourraient être repris, vous auriez peut-être effectivement eu un petit problème pour ceux qui ne sont pas encore notifiés. Tous les salariés ont été notifiés et en plus ont fini leur préavis.

Michel DHEILLY

M. Mickaël WAMEN, nous vous avons laissé un temps de parole qui est très copieux.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas indigeste. Ce n’est pas parce que c’est copieux que c’est indigeste.

Michel DHEILLY

J’aimerais quand même pouvoir mentionner le fait que si à un moment donné ça a capoté comme vous dîtes, c’est qu’à un moment donné, le fait d’annoncer qu’il n’y a pas de repreneur est issu du fait que nous n’avons pas d’offre de l’activité agraire. Après, que vous disiez aujourd’hui que c’est à cause de l’article L. 1224-1, cela n’engage que vous.

Mickaël WAMEN

C’est vous qui dîtes ça ! C’est vous qui avez dit ça en CE toute la matinée. Vous parliez même d’une entité économique autonome.

Michel DHEILLY

Attendez. Je tiens à préciser quand même que l’ensemble des discussions que nous avons aujourd’hui, en tout cas depuis le début de la réunion, émanent non pas d’une instance CHSCT mais plutôt d’une instance CE. Pour autant, comme un certain nombre de personnes n’étaient pas là dans l’instance CE, je tiens à rappeler brièvement…

Christian HAREUX

90 % des gens étaient en CE.

Michel DHEILLY

… que le 1224-1 nous amène à dire qu’il y a un risque et que les salariés et les 672…

Mickaël WAMEN

Maintenant, ce n’est plus une obligation, c’est un risque.

Michel DHEILLY

C’est exactement les propos que j’ai tenu lors de la réunion de CE.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas vrai.

Michel DHEILLY

Les avocats de TITAN, tout comme les nôtres, considèrent qu’il y a un risque de pouvoir utiliser cet article de loi pour les 672 salariés – et je réexplique la différence entre les 537 et les 672 : les 672 sont les salariés ayant travaillé totalement ou partiellement pour l’activité agraire dans la structure que nous connaissions.

Mickaël WAMEN

D’accord. Et en 2012, c’était 537. Arrêtez, vous dîtes n’importe quoi. Il n’y a aucune cohérence et aucun suivi dans vos explications.

Michel DHEILLY

Et les 537 correspondaient à une organisation pour produire un nombre de pneus qui était de l’ordre de 450 pneus si vous vous rappelez bien.

Mickaël WAMEN

C’était beaucoup plus dans l’offre que nous faisions.

Michel DHEILLY

Non, ce n’était pas beaucoup plus.

Mickaël WAMEN

Bien sûr que si, d’après ce que vous avez dit lors de la dernière réunion de CE du 11 décembre. Je vous ai bien entendu. J’ai relu le PV avec attention.

Michel DHEILLY

Nous nous devons de donner l’ensemble des informations relatives aux salariéx pour que puisse faire sa décision un éventuel repreneur et en particulier TITAN.

Mickaël WAMEN

Nous avons une différence fondamentale, M. DHEILLY. Entre les représentants du personnel en CHSCT et la Direction, nous avons deux vues complètement différentes. Vous avez acté le fait qu’il n’y aura pas de reprise de l’activité agricole et qu’il faut maintenant procéder à des réunions d’information en vue de la consultation du CHSCT pour un démantèlement qui devrait se faire dans les meilleures conditions possibles. Ça, c’est votre point de vue. En ce qui nous concerne, dans notre organisation syndicale dans cette instance du CHSCT, nous avons bien entendu ce que le CE a dit. Le CE n’a pas voulu discuter du document parce que pour le CE, comme pour le CHSCT, il y a encore des possibilités de reprise de l’activité agricole, parce que tout n’a pas été mis en œuvre, parce que l’article L. 1224-1 du Code du travail n’est pas une obligation en soi et que vous parlez d’un risque et non plus d’une obligation, et là effectivement nous sommes dans deux points de vue différents : le risque est une chose, l’obligation en est une autre.

Après, vous avez un risque qui peut être réduit à néant par des accords avec des organisations syndicales majoritaires qui disent que les salariés non-repris ne pourront pas exiger un emploi de la part du repreneur, etc. Tout cela peut être compris dans des accords.

Michel DHEILLY

M. WAMEN, aujourd’hui c’est TITAN qui décide de faire une offre ou pas.

Mickaël WAMEN

De toute façon, les efforts convenus aujourd’hui par GOODYEAR sont simples : c’est d’arriver au final au démantèlement d’un outil de travail alors que cet outil de travail est performant, que le marché est demandeur et qu’il y a des perspectives de croissance intéressantes. Quand je vois que dans les plus grandes entreprises de la région, celle qui arrive numéro un est une entreprise située à Beauvais et qui s’appelle AGCO, qui fabrique des tracteurs, qui se targue d’avoir un carnet de commandes qui explose et c’est tant mieux pour les salariés de la région, mais à ce que je sache, on ne met pas des roues de brouette sur des tracteurs.

Michel DHEILLY

A ce que je sache, il n’y a pas de tracteurs qui restent sans roues.

Mickaël WAMEN

Il y a une demande forte de pneumatiques agricoles. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu’il y a des perspectives positives. Vous savez, la stratégie du groupe UNILEVER pour fermer le site des camarades à Marseille qui s’appelait FRALIB a été exactement la même : aller expliquer à des gens avec des mots qui ne veulent généralement rien dire que le marché n’était pas bon alors que dans le même temps, le groupe UNILEVER, au niveau du monde, informait les salariés du monde et les salariés économiques, que sa santé financière était mirobolante parce que le marché se portait très bien.

Michel DHEILLY

Nous avons évoqué en 2013 le taux d’endettement du groupe.

Mickaël WAMEN

Nous sommes exactement dans la même situation.

Michel DHEILLY

Le groupe a annoncé son taux d’endettement.

Mickaël WAMEN

Attendez, vous avez regardé le cours en bourse de GOODYEAR, encore hier soir ? Toutes les bourses dans le monde s’effondrent par rapport au problème de la Grèce – un problème qui est davantage pour les Grecs, à mon avis – et le groupe GOODYEAR annonce aujourd’hui qu’il se porte encore très bien et que même PIRELLI et même BRIDGESTONE aimeraient bien avoir le taux de croissance que GOODYEAR va annoncer. Les annonces vont être faîtes dans les jours à venir.

Michel DHEILLY

Mais probablement !

Mickaël WAMEN

L’année 2014 a été la meilleure année de profitabilité du groupe GOODYEAR monde. Jamais autant l’action avait vécu un tel rebond.

Michel DHEILLY

Cela n’explique pas que son taux d’endettement est loin d’être comparable aux autres.

Mickaël WAMEN

Je vais vous dire quelque chose. Quand vous avez sept milliards de liquidités avec une dette de quatre milliards et que vous pouvez rembourser la dette en une seule fois et que vous ne le faites pas, c’est pour une simple et bonne raison : c’est que ça vous arrange.

Michel DHEILLY

La décision a été discutée.

Mickaël WAMEN

Le taux d’endettement du groupe GOODYEAR a été mis en œuvre volontairement pour obtenir des taux de remboursement.

Michel DHEILLY

Dans les différences instances de 2013, vous vous rappelez bien quand même…

Mickaël WAMEN

Quelle entreprise peut rembourser presque deux millions et demi d’euros par jour de dette ? Quelle entreprise ? Et encore verser des dividendes aux actionnaires. Aucune, sauf une entreprise qui se porte très bien. Maintenant, le problème n’est plus de savoir ce que GOODYEAR fait ou ne fait pas. Le problème est de savoir quelle est la possibilité d’une reprise. Je ne parle même pas du groupe GOODYEAR, je n’en ai plus rien à foutre.

Michel DHEILLY

M. MWAMEN, je voudrais que nous fassions une distinction entre les instances. Aujourd’hui, vous êtes en train d’évoquer un sujet et un problème…

Mickaël WAMEN

Le problème aujourd’hui n’est pas de savoir ce que GOODYEAR va faire ou pas. Nous disons simplement que l’activité agricole redémarrera, que ce soit avec un repreneur qui s’appelle TITAN, avec des salariés qui s’appellent Scop, peu importe, nous verrons bien.

Michel DHEILLY

Oui, M. WAMEN, je vous entends bien. Sauf qu’à aujourd’hui…

Mickaël WAMEN

En tout état de cause, l’activité agricole a un devenir sur notre site.

Michel DHEILLY

Ce que je vous dis c’est qu’aujourd’hui GOODYEAR n’a aucune offre.

Mickaël WAMEN

Il est hors de question dans ces conditions que j’analyse avec vous et mes camarades un document, un document qui est d’ailleurs truffé de conneries, en plus.

Michel DHEILLY

Attendez ! Vous dîtes qu’elle va redémarrer, mais le groupe GOODYEAR n’a pas eu une seule offre durant toute l’année 2014, d’accord ? Aujourd’hui, nous ne pouvons pas dire qu’elle va redémarrer. C’est la raison qui nous pousse à consulter.

Mickaël WAMEN

Le groupe GOODYEAR a tout fait pour ne pas que ça se passe.

Michel DHEILLY

Non.

Mickaël WAMEN

Vous avez violé l’article du Code…

Michel DHEILLY

C’est ce que vous pensez.

Mickaël WAMEN

Vous violez tous les articles du Code du travail.

Michel DHEILLY

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’engager l’information et la consultation sur le démantèlement des équipements FARM et mixtes.

Mickaël WAMEN

L’article L. 1224-1 du Code du travail n’existe pas que depuis 2014. Expliquez-moi comment il se fait qu’en 2012 vous n’avez pas évoqué cet article.

Patrice SZYROKI

La seule chose que je tiens à dire, que cela soit en 2012 ou en 2014, c’est qu’en 2012, c’était 537 personnes, et donc s’il y avait eu reprise, il y aurait eu 135 personnes qui auraient été lésées. C’est la première chose. La deuxième chose, c’est qu’en 2014, peut-être qu’il n’y a pas eu de demande de reprise ou autre…

Mickaël WAMEN

C’est faux.

Patrice SZYROKI

… mais on a laissé croire à des gens qui sont à la SODIE qu’il y avait reprise et ces personnes sont restées en stand-by. Tout ça pour quoi ? Pour être repris par TITAN dans cette entreprise.

Michel DHEILLY

Je ne peux pas approuver. La Direction n’a pas laissé croire.

Richard JOUHANNET

Elle n’a toujours pas démenti.

Michel DHEILLY

La Direction a dit qu’elle laissait la possibilité à un repreneur de faire une offre. D’accord ?

Richard JOUHANNET

Elle a même dit qu’il y avait une négociation.

Michel DHEILLY

Sauf que nous n’avons pas eu d’offre et en novembre, en absence d’une offre formelle, nous avons décidé d’engager la procédure d’information/consultation sur le démantèlement.

Mickaël WAMEN

M. DHEILLY, vous avez bien un service de communication ?

Michel DHEILLY

Nous avons étudié et communiqué l’ensemble des informations qui nous étaient demandées. Aujourd’hui, elles se sont limitées à un seul repreneur potentiel qui était TITAN. Que vous considériez aujourd’hui qu’il va y avoir une multitude d’offres dans les jours et les semaines à venir…

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas ce que nous avons dit. Ne dites pas tout et n’importe quoi. Je n’ai pas parlé d’une multitude d’offres.

Michel DHEILLY

Vous me dites qu’aujourd’hui, il y a plein d’autres solutions.

Mickaël WAMEN

Je vous dis simplement qu’aujourd’hui GOODYEAR a sciemment fait capoter les négociations avec un repreneur qui s’appelle TAYLOR pour la simple et bonne raison que vous ne voulez pas que cette usine redémarre.

Michel DHEILLY

Nous n’avons rien fait capoter.

Mickaël WAMEN

L’article L. 1224-1 du Code du travail existait depuis longue date. Maintenant, je vais vous expliquer autre chose, Monsieur. Je suis terre-à-terre. Quand M. MACRON, début septembre 2014, a annoncé qu’il y avait des reprises de discussions entre le groupe GOODYEAR et le groupe TITAN, j’étais le premier à dire « ok, dont acte ». Dont acte. Pas de problème. C’était dans des réunions ici, c’était en CCE, c’était partout.

Michel DHEILLY

Nous n’avions pas de problèmes non plus.

Mickaël WAMEN

Il y a un service de communication du groupe GOODYEAR. J’ai demandé à la Direction par mail à M. Jean-Philippe CAVAILLE de répondre si oui ou non il avait des informations concomitantes avec le fait qu’il y avait des reprises de discussions entre l’Etat, TITAN et GOODYEAR. Il m’a répondu que pour le moment, il y avait des discussions en off, et qu’il reviendrait vers nous. La dernière fois qu’il est revenu vers nous, c’était au travers des médias pour dire qu’il n’y avait plus de discussion possible. Vous dîtes qu’en 2014 il n’y a pas eu de discussion sur des reprises.

Michel DHEILLY

En 2014, nous n’avons pas eu d’offre de reprise.

Mickaël WAMEN

Attendez, à moins que je sois complètement con, quand en novembre Taylor ressort du bois, que dit-il ? L’offre de GOODYEAR était valable jusqu’à ce que GOODYEAR me dise que le Code du travail français exigeait que je reprenne 672 personnes. Il a bien dit que son offre était valable jusqu’à tant qu’on lui dise cela. C’est lui qui le dit. Il dit bien qu’il y avait des discussions et un projet de reprise. Quand vous dîtes qu’il n’y avait pas d’offre, c’est faux.

Michel DHEILLY

Il y avait un projet de reprise, sauf qu’à l’analyse…

Mickaël WAMEN

Il y avait une offre de Taylor qui disait : « vous fermez la lourde. Vous licenciez tout le monde. Moi, j’arrive et j’en reprends 333. »

Michel DHEILLY

Je ne vais pas parler à la place des avocats de Taylor.

Mickaël WAMEN

Il a repris les négociations – et M. DHEILLY nous allons être très clairs – à partir du moment où la CGT et la Direction se sont entendus, au travers des cabinets d’avocats, sur le fait de faire abstraction de toutes les actions juridiques en cours qui concernait des collectifs de salariés à travers le CE, le CCE et le CHSCT. La dernière en date était un litige que nous avions avec le cabinet CIDECOS, qui se passait à Lyon. Le cabinet CIDECOS, la CGT, GOODYEAR et leurs avocats ont décidé d’un commun accord de laisser tomber ce litige qui tombait non plus sur l’expertise mais sur le fait que GOODYEAR demande 20 000 euros de dommages et intérêt au cabinet CIDECOS. Ça, ça s’est arrêté juste avant la période de congés.

A partir du moment où ce dernier litige est tombé, des discussions se sont remises autour d’une table, sur un projet de reprise avec effectivement le seul et unique qui s’était fait connaître, c’est-à-dire TAYLOR. A partir du moment où TAYLOR s’est remis dans la boucle et vient en disant : « la première partie du job a été réalisée, nous sommes zéro en effectif. Maintenant je vais reprendre l’usine et je vais en reprendre 333 avec ma façon de voir les choses. » Et là, qu’est-ce qu’on lui a dit ? « Il y a un risque. » « Ah bon, c’est quoi le risque ? » « Le risque, c’est que l’article L. 1224-1 du Code du travail t’oblige à reprendre 672 personnes. » Je peux le comprendre : « comment ça se fait, 672, alors qu’en 2012 vous me disiez 537 maximum ? J’avais été clair : je ne reprendrais qu’à la condition sine qua non où cela sera dans un premier temps 333. » Quand vous dîtes qu’il n’y avait pas de projet de reprise, c’est faux. Bien sûr qu’il y a toujours eu ce projet de reprise. Là où effectivement il n’y a plus eu de projet de reprise, c’est à partir du mois de novembre, quand la Direction de GOODYEAR et TAYLOR ont dit : « nous ne sommes pas tombés d’accord ».

Michel DHEILLY

Vous confondez une organisation de travail à 537 ou 333 pour faire un nombre de pneus défini avec une liste de personnes qui ont travaillé partiellement ou totalement qui correspond à 672 salariés.

Mickaël WAMEN

Non. Vous savez, si jamais on prend la liste des gens qui ont travaillé au FARM, on était 3 000. On peut aussi remonter 40 ans en arrière et prendre les retraités dans l’effectif. Ne dîtes pas tout et n’importe quoi.

Michel DHEILLY

Vous confondez une offre que nous n’avons pas avec une étude de marché.

Mickaël WAMEN

Allons, M. DHEILLY, vous savez mieux que moi que pendant ces deux dernières années, vous avez, sans même consulter et valider avec le CHSCT, rationnalisé les deux activités tourisme et FARM pour faire en sorte que l’usine continue à fonctionner avec un effectif de 350 salariés en moins que ce qui était initialement prévu. C’est une réalité. N’allez pas me dire qu’aujourd’hui, il y avait un mec autour de la table, et qu’il y avait un risque majeur de voir des gens venir dire « moi, je veux que ça soit 672 ». C’est du pipeau, tout ça. On peut toujours trouver des allégations. On peut toujours faire dire tout et n’importe quoi à des articles du Code de travail, surtout quand on ne les maîtrise pas, ce qui est vraiment votre cas.

Michel DHEILLY

Autant que le vôtre.

Mickaël WAMEN

Je peux vous dire que le Code du travail est bien plus clair que cela. Vous n’avez pas aujourd’hui d’obligation de reprendre qui que ce soit. Cela vouvdrait dire que demain – on va faire très clair –, un projet de Scop, quel qu’il soit, aura pour obligation de reprendre 672 personnes, ce qui est complètement faux, vous le savez pertinemment. Aujourd’hui, la réalité est que tant que les salariés étaient en préavis et qu’ils étaient encore dans l’effectif inscrit de GOODYEAR, il y avait effectivement des obligations légales à hauteur de 537 personnes parce que le chiffre arrêté, qui a été validé par GOODYEAR, par des experts et par TITAN, c’était 537.

Michel DHEILLY

A un moment donné, je crois que nous sommes en train de refaire le débat dans une instance CHSCT qui a été fait en réunion de CE.

Mickaël WAMEN

Non, non. C’est hyper important. Nous sommes en début d’année. Nous devons nous entendre sur le climat dans lequel nous allons travailler en 2015. Ce que je veux dire par là, c’est que je ne suis pas complètement con et dénué de bon sens. Si vous aviez dit depuis le début que c’était 672, j’aurais effectivement pu comprendre. Mais je trouve que, dans l’intérêt des salariés et de ce que je représente dans la CGT, le chiffre de 672 est exceptionnel car il va falloir que votre avocat vienne se débattre à la barre pour bien expliquer ces 672. J’espère – et en tout état de cause je les y invite –l’organisation CFE-CGC à se joindre à nous au tribunal pour venir dire que dans les réunions et dans les instances – et nous avons tous les PV puisque depuis quinze jours ou trois semaines le cabinet d’avocats travaille à fond, quasiment à 100 %, sur ce dossier, et que l’assignation est prête – mais cela étant, quand vous allez voir que votre avocat devra expliquer que c’était 672, il faudra qu’il explique pourquoi. Ou bien dans les 537, il y avait des gens qui étaient dans des activités et vous ne vouliez pas les embaucher en 2012 et là effectivement, ce qu’a dit Patrick SZIROCKI est très grave parce que quand vous avez 537 et 672, c’est grave.

Michel DHEILLY

537 correspondaient à un nombre de personnes dans une organisation. C’est la même chose que 333. Vous pouvez faire une organisation à 333 mais vous ne faîtes pas le même nombre de pneus. Arrêtez de faire exprès de ne pas comprendre.

Mickaël WAMEN

C’était même pire que cela, parce que je me souviens que c’était Jérémie PIERI qui tenait la baraque et il disait « M. WAMEN, 537 postes ».

Michel DHEILLY

Arrêtez de faire exprès de ne pas comprendre.

Mickaël WAMEN

Demandez aux camarades qui étaient en négociations avec moi quand M. PIERI a annoncé 537. J’ai dit : « 537 postes, c’est cinq équipes. ».

Michel DHEILLY

537 postes correspondaient à une organisation pour sortir un nombre de pneus défini.

Mickaël WAMEN

Cela fait plus de 2 500 personnes. Il est donc revenu en disant : « nous allons réinscrire dans les documents que c’est 537 salariés ». Ce n’est pas la même chose. On ne peut pas d’un coup de baguette magique essayer de trouver un nouvel artifice.

Michel DHEILLY

Nous ne trouvons pas de nouvel artifice. Nous aurions préféré trouver une offre. Ça, c’est clair, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

C’est un artifice supplémentaire qui me donne plus que raison. Je vais vous dire pourquoi cela me donne plus que raison. Si, en 2012, nous avions validé le projet de Taylor, l’usine serait aujourd’hui définitivement fermée.

Michel DHEILLY

Est-ce que nous pouvons revenir sur le projet qui nous intéresse ?

Mickaël WAMEN

Je termine ce que je suis en train de dire parce que c’est dans le prolongement des discussions.

Michel DHEILLY

Cela fait trois quarts d’heures que nous sommes en train de discuter. C’est un débat…

Mickaël WAMEN

C’est très intéressant. C’est pour vous expliquer pourquoi nous ne tiendrons pas la réunion aujourd’hui sur le fond du document. Je vais vous expliquer.

Michel DHEILLY

Attendez, vous me l’avez déjà expliqué le 11 décembre.

Mickaël WAMEN

Mais je m’en fous, je continuerai à expliquer autant qu’il le faudra, ou tout du moins jusqu’à tant que vous compreniez.

Michel DHEILLY

Je ne peux pas vous comprendre parce que nous ne parlons pas de la même chose. Vous confondez les mots et les termes.

Mickaël WAMEN

Ce que je voulais vous dire, c’est que ce qui se serait passé en 2012 si nous avions accepté le PDV et l’arrivée de TITAN, c’est qu’aujourd’hui les 537 personne qui seraient restés au FARM auraient été licenciés début 2014 ou dans l’année 2014-2015.

Michel DHEILLY

C’est vous qui le dîtes !

Mickaël WAMEN

Ces gens-là auraient eu qui pour les représenter ? Personne ou tout du moins pas nous parce qu’ils ne voulaient pas de nous.

Michel DHEILLY

M. WAMEN, nous avons assez de soucis pour traiter des sujets concrets pour débattre sur des projets qui n’ont pas abouti.

Mickaël WAMEN

Deuxièmement, quelles indemnités auraient-ils perçus d’un groupe qui n’avaient ni de fonds propres en France, ni de fonds propres en Europe, et qui ne voulaient pas surtout pas créer…

Michel DHEILLY

Attendez, ils n’ont pas abouti, ils n’ont pas abouti. Nous n’allons pas refaire le passé. Vous aviez de bonnes réponses qui ont été actées à l’époque.

Mickaël WAMEN

Vous allez me laisser terminer ? Vous allez me respecter deux secondes ?

Michel DHEILLY

Je vous respecte, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Je vous demande de me laisser terminer.

Michel DHEILLY

Vous êtes en train de ressasser des sujets…

Mickaël WAMEN

Vous n’avez pas le droit de faire entrave à mon droit de parole. Laissez-moi terminer.

Michel DHEILLY

Je vous laisse parler depuis tout à l’heure. Le PV va retraduire tout ce que vous dîtes, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Le cheminement du fait que nous soyons aujourd’hui dans une réunion de CHSCT sur un démantèlement remonte à une date largement avant 2012. Je pourrais même remonter à 2005 lorsque le groupe GOODYEAR Taylor Dunlop Monde a décidé de vendre son activité agricole à un groupe qui s’appelle TITAN.

Michel DHEILLY

M. WAMEN, vous pouvez reprendre tout le passé. Aujourd’hui, objectivement, il n’y a plus d’activité et il n’y a pas d’offre de reprise. C’est ça que vous ne voulez pas entendre.

Mickaël WAMEN

Laissez-moi terminer. J’ai des choses à dire et je vais les dire.

Richard JOUHANNET

Nous avons fait une offre.

Michel DHEILLY

Si vous venez avec une offre…

Mickaël WAMEN

Vous ne pouvez pas m’interdire de dire ce que j’ai à dire dans une réunion.

Michel DHEILLY

Je ne vous interdis pas.

Mickaël WAMEN

Même si vous ne voulez pas m’entendre, c’est comme ça. Je vais dire ce que j’ai à dire.

Michel DHEILLY

Ce n’est pas que je ne veux pas vous entendre…

Mickaël WAMEN

Je le redirai autant de fois qu’il le faut parce que c’est hyper important pour la suite des événements. Je pense – vous m’avez mis la puce à l’oreille – que ce n’est pas en 2012 qu’il faut que j’aille, c’est en 2005. En 2005, le groupe GOODYEAR Taylor Dunlop Monde décide d’un commun accord de vendre sa branche d’activité agricole pour se concentrer essentiellement sur deux marchés : le tourisme et le camion. Il a cédé depuis un certain nombre d’années, bien avant que vous n’arriviez dans le groupe GOODYEAR Dunlop, toutes les activités annexes, avec notamment pour la partie Dunlop les balles de tennis, les matelas, j’en passe et des meilleures, et pour la partie GOODYEAR, notamment sa branche chimie, GOODYEAR Chemical. Nous avions notamment une usine au Havre qui a été vendue pour une bouchée de pain une fois encore pour éviter une dette ou je ne sais quoi. Cela étant, la poursuite de tout ça a été la fusion-absorption du groupe Dunlop à travers la joint venture. Derrière arrive 2005.

Michel DHEILLY

C’est la vie d’un groupe, tout cela. Se recentrer sur son activité, c’est la vie d’un groupe.

Richard JOUHANNET

C’est une belle connerie.

Michel DHEILLY

Attendez, vous pouvez juger que c’est une connerie. Pour autant, c’est la vie d’un groupe que de restructurer ses activités et de recentrer ses investissements sur une activité. Cela met en avant ses capacités limitées en termes de financement.

Mickaël WAMEN

En 2005, le groupe décide donc de vendre. Il cherche un repreneur et il trouve le groupe TITAN. Or, en réalité, cela n’a pas d’effet en 2005 puisque cela commence en 2007 par les USA, où il n’y a un accord de vente mais un accord de cession entre les deux groupes.

Michel DHEILLY

C’est bien, parce que vous êtes en train de démontrer que GOODYEAR avait des problèmes financiers qu’il a essayé de résoudre en restructurant non pas sur Amiens Nord mais sur l’ensemble du groupe.

Mickaël WAMEN

Ne parlez pas pour moi. Laissez-moi finir.

Michel DHEILLY

Attendez, je commente vos propos comme vous commentez les miens.

Mickaël WAMEN

C’est bien, c’est bien. Laissez-moi finir. En 2007, le groupe GOODYEAR arrive à vendre non pas son activité mais ses parts de marché au groupe TITAN. Un accord est signé entre les deux grands groupes qui dit qu’en Amérique du Sud et en Amérique du Nord des accords de partenariats feront que GOODYEAR continuera de détenir son activité agricole mais en cèdera une partie à travers la commercialisation, le process, l’engineering et la fabrication puis la distribution et reversera des royalties au groupe GOODYEAR à hauteur de tant de pourcents par pneu fabriqué et vendu sur le marché.

Michel DHEILLY

Il cède son activité mais la marque subsiste.

Mickaël WAMEN

On s’arrête à cela. J’interpelle Olivier ROUSSEAU en 2008 ou 2009 et je lui demande si le projet est le même pour l’Europe. Il me dit très clairement : « Non, M. WAMEN, ce n’est pas absolument pas prévu. Nous avons une activité qui est très profitable. Le groupe GOODYEAR a un taux de profitabilité important sur son marché. »

Michel DHEILLY

C’est quelle année ça ?

Richard JOUHANNET

Il est dissipé.

Mickaël WAMEN

Il essaye de jouer un jeu malsain parce qu’on lui a dit de faire ça, sauf que ça ne marchera pas avec moi. Je dirai ce que j’ai à dire.

Michel DHEILLY

Pas du tout, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Si vous continuez à entraver mon droit de parole, Monsieur, je le ferai valoir là où il le faut. Je vous demande d’arrêter immédiatement votre jeu malsain.

Michel DHEILLY

Je ne joue pas un jeu malsain, je vous demande de repréciser à quel moment…

Mickaël WAMEN

Je vous demande de me laisser audience, notamment pour que cela soit dans le PV, et d’arrêter de me couper systématiquement.

Michel DHEILLY

Je sais bien que vous êtes en train de refaire l’histoire.

Mickaël WAMEN

Vous savez, parfois il faut refaire l’histoire.

Michel DHEILLY

On la connaît, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Vous savez, dans le monde actuel, et notamment en France, si on ne refaisait pas l’histoire tous les jours, et si on ne réexpliquait pas aux gens ce qui s’est passé dans notre monde, je vous garantis qu’il y aurait de sérieux problèmes.

Michel DHEILLY

Attendez, si vous pensez qu’aujourd’hui l’histoire GOODYEAR n’est pas connue…

Mickaël WAMEN

Comment ?

Michel DHEILLY

Si vous pensez que l’histoire GOODYEAR n’est pas connue… excusez-moi.

Mickaël WAMEN

Apparemment non, puisqu’il faut que je vous la réexplique.

Michel DHEILLY

Non, je vous demande juste de repréciser une date.

Mickaël WAMEN

Cela n’empêche que vous ne m’empêcherez pas de parler. Moi, je suis nostalgique, d’accord ? Je suis nostalgique d’une époque et c’est comme ça, d’accord ? Cela ne m’empêche pas d’avancer. Au contraire, j’avance parce que je suis justement nostalgique. Vous feriez mieux d’en faire autant. Je rappellerai que l’an dernier, à la même époque, vous n’étiez pas dans la même situation non plus.

Michel DHEILLY

J’étais à la même place.

Mickaël WAMEN

Mais pas dans la même situation.

Michel DHEILLY

Mais pas dans la même situation.

Mickaël WAMEN

Vous n’en êtes pas nostalgique par contre. Pourtant vous devriez.

Michel DHEILLY

Je vous laisse juger la situation.

Richard JOUHANNET

Et puis bien accompagné.

Mickaël WAMEN

Cela étant, ce que je voulais dire par là, c’est que nous sommes en 2007 dans une situation où GOODYEAR cède ses parts de marché au groupe TITAN en Amérique du Nord. Nous posons la question en 2009. On nous dit que ce n’est pas à l’ordre du jour. Fin 2009, cela vient à l’ordre du jour. En Comité de groupe européen, on nous dit que GOODYEAR va aller plus loin et veut céder l’intégralité de son marché en Europe. TITAN dit que grâce à cela, il va devenir leader mondial. On regarde un petit peu l’échiquier international des pneumaticiens FARM qui mettent en vente leurs activités. Il y a deux-trois produits à mettre en vente. TAYLOR fait d’ailleurs l’acquisition de deux ou trois autres usines d’un autre grand groupe mais cela ne lui permet pas d’acquérir suffisamment de puissance pour devenir leader mondial pour autant. Pour devenir leader mondial c’est simple, il faut prendre la part de marché du premier, à savoir MICHELIN, et faire un point de croissance de plus que lui. Le seul qui est en capacité de permettre à TITAN de devenir leader mondial, à travers ses unités de production, c’est GOODYEAR – parce que nous savons tous que, et c’est là la différence entre TITAN et un autre repreneur, TITAN n’a pas pour vocation de créer des usines neuves et de redémarrer des productions neuves. C’est-à-dire que TITAN reprend des usines qui ont déjà existé avec un groupe qui s’est fait une belle image de marque. Il surfe sur cette image de marque pour se faire des parts de croissance supplémentaires. TITAN a toujours travaillé comme cela. Il n’a jamais créé de structure neuve, il n’a jamais démarré de produit neuf, il n’est jamais intervenu sur un marché nouveau. Il a toujours été sur les anciens produits, des anciennes usines et des marchés à forte valeur ajoutée qui existaient déjà, ce qui est le cas de l’agricole.

Les négociations démarrent donc. Nous nous apercevons tout de suite qu’il n’y a pas de garanties de pérennité d’avenir pour les salariés qui restent, parce que lorsque vous êtes syndicaliste – et ça vous ne pouvez pas comprendre, c’est là la différence entre vous et moi…

Michel DHEILLY

Probablement.

Mickaël WAMEN

Oui, vous ne pouvez pas comprendre.

Michel DHEILLY

A quel moment intervient l’assignation de TITAN ?

Mickaël WAMEN

Attendez deux minutes. Nous arrivons dans une situation où nous nous apercevons rapidement qu’il ne faut pas laisser entrer le loup dans la bergerie. A deux reprises, Maury TAYLOR veut venir sur le site et il en est empêché par un certain nombre de salariés parce que nous estimons qu’il y a un danger réel, jusqu’à tant que nous ayons des explications franches et directes avec ce monsieur. Ces discussions franches et directes interviennent. Nous le rencontrons à plusieurs reprises. Je l’ai rencontré. Je l’ai rencontré avec Jean-François QUANDALLE une fois à Paris. Je l’ai rencontré à Amiens avec d’autres de mes collègues. Je l’ai rencontré avec Jérémie PIERI. Je l’ai rencontré plein de fois. Je l’ai même rencontré en Comité de Groupe européen. C’est quelqu’un qui est certes farfelu, mais dont on sent qu’il a le sens du business quand il parle et qu’il sait un petit peu de quoi il parle. Son projet, si on regarde dans un premier plan, n’est pas un projet qui peut être refusé parce qu’il consiste à développer un outil industriel, à maintenir des actions au moins pendant un certain nombre d’années, et à accroitre ses parts de croissance et ses parts de marché. Effectivement, à moins d’être complètement débile, on ne peut pas refuser cela.

Sauf que quand on gratte un petit peu plus loin, on s’aperçoit que son business plan ne prévoit pas d’augmentation significative des parts de marché, pas d’augmentation significative du volume de production, et donc un risque à court terme. C’est pourquoi on peut comprendre que Maury TAYLOR, dans ces conditions-là, ne peut pas faire un business plan supérieur à deux ans. Nous essayons de discuter avec lui et la direction de GOODYEAR, et nous arrivons dans une situation un peu en forme de queue de billard où nous apercevons très vite que de toute façon, cela ne pourra pas le faire. Dans le cadre des assignations contre la fermeture du site, nous décidons donc d’assigner le groupe de Maury TAYLOR, TITAN, au tribunal de grande instance de Rueil-Malmaison. Que dit la justice ? Elle dit très clairement : « en ce qui concerne GOODYEAR, je vous demande de stopper immédiatement votre PSE parce que vous faites tout et n’importe quoi. » Je vous rappellerai quand même que nous avons tenus quand même sept ans uniquement sur des vices de forme, pour dire quand même le niveau d’intelligence intellectuelle que vous avez et le niveau de compétences. Peut-être pas vous, parce que vous êtes arrivé après. Peut-être que vous êtes la matière grise éminente qui manquait à l’époque. Cela étant, vous trouverez rarement dans le monde un groupe qui s’est fait tenir par les couilles pendant sept ans par une équipe CGTiste quelle qu’elle soit uniquement parce qu’il y a eu des vices de procédure. Nous n’avons jamais attaqué sur le fond, nous avons attaqué sur la forme et systématiquement nous avons gagné. Vous pouvez ensuite dire ce que vous voulez mais ça, c’est la réalité.

Et que dit la justice en ce qui concerne le groupe TITAN ? Elle dit : « effectivement, il y a un projet de reprise. J’ai bien vu le business plan. Cela me va très bien. Mais puisque le business plan prévoit des investissements massifs, etc., je demande au groupe Maury TAYLOR de faire, non pas un plan squelettique, mais un plan d’avenir, donc sur minimum cinq ans. » Ce n’est pas WAMEN, ce n’est LUPO, ce n’est pas QUANDALLE, ce n’est pas HAREUX, ce n’est pas JOUHANNET, c’est la justice française qui dit : « je n’autorise pas la présence du groupe TITAN sur une reprise tant qu’il ne garantira pas au moins cinq ans les emplois. » Dont acte, pas de problème. Dans ces conditions, TAYLOR dit : « je retire mes billes et je me casse ».

Je vais les voir et je dis : « pourquoi tu veux te barrer puisque tu dis que c’est un plan d’avenir ? »

« Ouais, pas question ».

Je dis : « Ne vous inquiétez pas, M. TAYLOR, j’ai une autre solution. Puisque vous ne voulez pas supporter le coût éventuel d’une fermeture d’usine, ce que je peux comprendre. »

Mais il me dit : « Moi, M. WAMEN, je n’en suis pas là, ce n’est pas mon usine ».

Je dis : « Ok, ok, ne vous inquiétez pas. Nous allons demander au groupe GOODYEAR – puisque GOODYEAR nous dit que nous sommes complètement cons et qu’il faut arrêter de faire capoter les négociations pour un avenir industriel pour de longues années sur un site –, d’écrire, puisqu’il n’y a pas de risque, tout simplement un truc qui dit que si Taylor ferme le site dans la durée de cinq ans, c’est nous qui raquons. »

GOODYEAR dit : « mais ça ne va pas la tête ! Vous ne croyez tout de même pas que je vais prendre un risque ».

« Je croyais qu’il n’y avait pas de risque. »

Voilà. On en arrive à quoi ? A de nouveaux épisodes, à une bataille un petit peu stérile. D’un côté GOODYEAR dit que les négociations continuent. Taylor dit que c’est hors de question et écrit cette fameuse lettre où il insulte la France dans son ensemble et d’ailleurs je pense que vous auriez dû lui répondre que c’était une lettre un peu monstrueuse parce que c’est un peu trop raccourci d’entendre la Direction GOODYEAR dire « les gens travaillent trois heures par jour, ils sont payés huit heures ». C’est un peu raccourci. Je rappelle que les gens ne venaient pas pour travailler trois heures par jour. Les gens venaient travailler huit heures par jour. S’ils n’avaient que trois heures de boulot, ce n’était quand même pas de leur fait. Cela aussi, il faut quand même le rappeler. Il faut mettre cela au crédit de la Direction GOODYEAR encore une fois, parce que cela aussi est très important. Dans le déroulé de tout cela, que dit-on ?

Michel DHEILLY

Je pense qu’ils ne travaillent pas forcément huit heures mais que le niveau d’activité était bien différent selon les postes.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas de notre faute non plus.

Michel DHEILLY

Non, non.

Mickaël WAMEN

Pourtant, à une époque, on disait que c’était de notre faute parce que le CHSCT avait demandé de baisser le volume de production. C’était nous qui faisions le business plan !

Richard JOUHANNET

Je ne savais pas qu’on avait autant d’importance, d’ailleurs.

Mickaël WAMEN

Bon, peu importe. Cela étant, je continue mon cheminement – vous allez voir, c’est intéressant. Un certain nombre d’actions juridiques arrivent jusqu’au jour où on nous dit : « c’est fini, il n’y a pas discussions, il n’y a plus rien. » Boum ! Voilà Arnaud Montebourg qui nous convoque à trois reprises dans son cabinet, là-haut à Bercy, et qui me dit : « c’est simple, pour tes camarades et pour l’avenir industriel du site, j’ai un document – marqué TAYLOR dessus. Tu vois, cela va être simple. Je vais pas passer par trois chemins. Qu’est-ce qu’ils veulent, les gars, maintenant, tout de suite ? »

Je dis qu’ils en ont tellement plein le cul que je pense qu’à un moment donné un virage va être pris vers des indemnités.

« Ah ouais, tu crois ? »

« Oui. » Mais ça, c’était en octobre 2013. Il me dit donc : « ça va être simple. Nous allons faire en sorte qu’il y ait un maximum d’indemnités pour les salariés, ou tout du moins ce que nous pouvons, et à partir de ce moment-là, moi ce dont j’ai besoin parce que TAYLOR me le dit, il faut faire table rase de cette usine et TAYLOR la reprendra avec 333 personnes. Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Moi, je suis ouvert à toute discussion. » D’ailleurs, les déclarations que j’ai faites en sortant de Bercy ce jour-là sont très claires : « la CGT ne fera obstacle à une reprise de l’outil industriel d’Amiens nord dès lors qu’on s’entend sur le nombre de salariés, les conditions, etc. Tout reste à négocier. » Voilà les propos que nous avons tenus. S’engagent donc les discussions. L’épisode du mois de janvier se passe. Suivent la poursuite, la négociation en Préfecture, l’accord de fin de conflit de fin janvier 2014 qui disent très clairement que les salariés vont être licenciés dans les mesures et les conditions prévues à l’article machin de l’accord de fin de conflit plus le PSE. Au mois de janvier, au cours de la première réunion de la Commission de suivi, je pose la question tout naturellement : « vous avez notifié x salariés, 400 dans un premier temps pour en arriver aujourd’hui à 90 % voire 95 % des salariés, qu’en est-il des salariés qui éventuellement pourraient retrouver un avenir industriel sur un site qu’ils connaissent déjà et qui n’ont pas spécialement envie d’aller se faire chier à faire autre chose ? ». On me dit : « ne vous inquiétez pas, des discussions sont en cours mais il est encore trop tôt pour vous en parler. » A chaque fois, on nous dit ça. Le mois de juin arrive finalement. Au mois de juin, Jean-Philippe CAVAILLE, Laurent DUSSUCHALE, Sophie BOCQUET, en Commission de suivi nationale – et c’est sur notre blog – disent dans le PV : « vous avez raison M. WAMEN. Il y a des gens qui ont mis non seulement six mois à faire le deuil de la perte de leur boulot mais il y a aussi des gens qui attendent depuis six mois. » M. Bernard GLESSER dit même dans cette instance : « vous avez raison, M. WAMEN. A un moment donné, nous allons devoir clarifier la situation. » C’est oui ou c’est non, et c’est ce que je demande. D’ailleurs, je ne suis pas le seul parce que la CFE-CGC commençait à revenir vers nous à l’époque en disant : « oui, effectivement, nous avons fait beaucoup de conneries mais en attendant ils avaient raison. » Ils nous donnent donc raison à ce moment-là. Arrivent juin, juillet, août. Au mois de septembre, nouveau virage : dans le Courrier picard, dans le journal Le Monde, dans tous les endroits où on peut l’entendre – il me semble que c’était une interview nationale puisqu’il venait rendre visite aux salariés de l’aérospatiale à Méaulte –, le Ministre aujourd’hui de l’économie qui remplace tout le monde et personne vient dire : « j’ai bon espoir pour le site d’Amiens Nord puisque des contacts ont été renoués entre la direction de GOODYEAR Monde et la direction de TITAN. Effectivement, des discussions sont en cours et je pense qu’il devrait concrètement se passer quelque chose. » Je demande donc par mail à la direction de GOODYEAR ce qu’il en est. « Laissez faire, M. WAMEN. Pour le moment, il est trop tôt pour en parler. Qu’est-ce qui se passe ? Cette lettre du mois de novembre qui vient tout mettre à terre. Je vais vous dire un truc : nous ne sommes pas d’accord. Nous, représentants des salariés, ne sommes pas d’accord. Nous ne laisserons pas faire. Quand vous me dîtes « M. WAMEN, vous refaites l’historique », c’est hyper important de refaire l’historique. Nous ne sommes pas arrivés là, ce jour, le 7 janvier 2015, à une réunion de ce type, par hasard. Il y a quand même un historique. Vous ne pouvez pas faire fi de l’historique sans penser à l’avenir. Il faut d’abord s’imprégner de l’histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs.

Sauf que vous faites pire que ça : nous seulement vous répétez les mêmes erreurs, mais en plus vous nous donnez des éléments nouveaux, dans un dossier dont on pensait qu’il était définitivement clos. Je vais vous expliquer comment je voyais les choses : GOODYEAR et TITAN ne s’entendent pas.

Michel DHEILLY

Vous pensez que j’aurai le droit de faire quelques commentaires ?

Mickaël WAMEN

Oui, je vous ai dit après. GOODYEAR et TITAN ne s’entendent pas. C’est tout à fait possible. Il n’y a aucune obligation légale à ce que deux grands groupes se serrent la main en disant qu’ils vont continuer l’échange qui s’est fait entre eux au Brésil, aux Etats-Unis, etc. Il n’y a pas d’obligation, et je comprends bien cela. Il n’empêche quand même que l’intention numéro une du groupe TITAN est de devenir leader mondial. Il y a eu quelques déconvenues, notamment Maury TAYLOR qui n’a plus une part prépondérante dans le groupe – c’est une évidence, il s’est fait quasiment jeté du Conseil d’administration depuis par rapport à un certain nombre de problématiques, notamment la problématique liée à la France et ses sorties de route qui n’ont pas été en faveur de cette industrie là-bas aux Etats-Unis. J’ai eu aussi un événement important dans ma vie, même si pour vous cela ne paraît pas important : j’étais en congé, et on m’a interpelé pour aller sur le plateau de Canal + dans une grande émission qui s’appelle Le Supplément, dans laquelle on mettait en parallèle la situation du site d’Amiens Nord et la vie de M. Maury TAYLOR. Maury TAYLOR a répété tout au long de ce documentaire qui ne date pas d’il y a si longtemps que cela – quelque mois – qu’il était toujours très intéressé par l’usine d’Amiens Nord mais qu’en aucun cas il ne voudrait d’un Mickaël WAMEN dans son établissement. Le dernier événement en date était que Maury TAYLOR dise : « moi, je prendrais bien l’usine mais que l’on soit très clair : je ne la prendrai pas avec les élus CGT ». Qu’est-ce qu’on fait ? Pour éviter d’être les seuls et uniques responsables du fait qu’ils ne reprennent pas l’usine, nous faisons une lettre dans lequel nous disons : « puisque la problématique – puisqu’il y a une nouvelle problématique, un nouvel obstacle – est que les élus CGT seraient gênants parce qu’il serait peut-être obligé de nous reprendre, nous allons faire une lettre – et nous irons même plus loin en allant faire signer un accord chez les notaires et nous ferons tout ce qu’il faut pour ne pas que cela se passe pas –, qui dit que chaque représentant de la CGT dit clairement qu’il ne voudra pas travailler pour Maury TAYLOR. En tout état de cause, nous ne voudrons pas être ceux qui empêchent que 333 salariés puissent avoir un boulot – parce que nous parlions de 333 à l’époque. » Moi je m’attendais à ce que vous disiez : « malgré tout cela, ce n’est pas possible, puisqu’il ne peut pas prendre les 333 parce que le marché s’est effondré, etc. » Cela aurait été plus cohérent. Sauf que j’entends la Direction qui dit que ce n’est pas possible avec Maury TAYLOR mais c’est tout. Vous arrêtez là de votre côté. Qui vient remettre de l’huile sur le feu ? Qui vient dire de nouvelles choses ? C’est pas GOODYEAR, parce que dans la presse et dans le communiqué de presse de GOODYEAR – qui est d’ailleurs dans les mains de notre avocat –, à aucun moment donné vous ne faites référence au fait que les négociations ont échoué parce que l’article L. 1224-1 du Code du travail vous obligeait à reprendre 672 personnes. Jamais vous ne marquez cela. Vous marquez que, malgré les efforts depuis des années pour trouver un repreneur, vous constatez que cela n’est pas possible et que vous actez un démantèlement du site.

Michel DHEILLY

Mais…

Mickaël WAMEN

Je termine et après vous pourrez parler autant que vous voulez.

Michel DHEILLY

Merci.

Mickaël WAMEN

Qui vient dire à la presse « c’est parce qu’on a imposé 672 personnes » ? Et heureusement qu’il est là ! C’est le futur peut-être patron du site d’Amiens Nord dans les mois ou les années à venir, Maury TAYLOR, qui dit : « je ne suis pas content, parce que la CGT c’est des communistes, ils sont timbrés, parce que le Code du travail français et la CGT c’est la même chose, et que si je viens ils vont m’obliger, parce que GOODYEAR me dit qu’ils vont m’obliger à le faire, à prendre 672 personnes. » Là je me dis, Eureka !, ca y est, nous avons trouvé. Ils ont encore fait n’importe quoi. A la limite, vous auriez dit – une boulette de plus mais moins grave – 537, j’aurais dit : « ok, c’est cohérent, c’est ce qu’ils disent depuis le début. 672, vous pouvez dire tout ce que vous voulez. Vous pouvez le retourner dans tous les sens, le mélanger avec ce que vous voulez, mettre de la dorure dedans, des truffes, je m’en branle, c’est un chiffre qui ne veut rien dire, tout comme le code L. 1224-1 du Code du travail et le fait que vous avez répété pendant de longues minutes à la réunion du 11 décembre qu’il y avait une entité économique autonome à part qui était le FARM et que je vous ai dit que ce n’était pas vrai – et je continue à dire que ce n’est pas vrai et j’apporterai la preuve que ce n’est pas vrai. Voilà. Que voulez-vous que je vienne faire aujourd’hui, M. DHEILLY ? Que je vienne dans votre réunion, que je vous démonte votre document qui n’a le sens de rien, en long, en large et en travers ?

Je vais vous faire une promesse – et je tiens mes promesses. Je vous promets que, si un jour, tout ce que nous tentons échoue et que nous sommes dans l’obligation de discuter avec vous du démantèlement du FARM, nous rentrerons dans la discussion avec vous. Je ne dis pas que nous voterons pour, ni qu’on ne sera favorables. Nous amenderons un certain nombre de choses parce qu’il y a effectivement des coquilles énormes là-dedans – on ne sait même pas ce que cela veut dire – mais c’est normal, c’est un premier document sur lequel il va falloir travailler. Mais je vais vous dire un truc : ne comptez pas sur la CGT aujourd’hui en ce qui vous concerne très clairement pour discuter d’un projet de démantèlement alors qui pour nous, aujourd’hui, n’a pas lieu d’exister. Il y a eu tout un tas d’erreurs qui ont été commises par GOODYEAR et certainement par le groupe TITAN. L’Etat a certainement aussi une grande partie de responsabilités dans tout ce qui se passe. Nous n’avons qu’une seule et unique responsabilité. Peu importe le taux d’endettement de GOODYEAR – qu’il existe ou qu’il n’existe pas –, ce qui s’est passé avec TITAN, que vous inventiez des chiffres. A la limite, nous avons dépassé ce stade-là. C’est la justice qui va trancher. Notre seul et unique objectif, c’est l’intérêt des salariés. L’intérêt des salariés est double aujourd’hui. Il est d’abord que l’on fasse abstraction de tout ce qui a pu nous emmerder pendant des années parce qu’il y a le congé de reclassement qui se termine pour un bon nombre de salariés et nous ferons le nécessaire pour que vous soyez dans l’obligation d’améliorer le quotidien des salariés, parce qu’il est hors de question que dans un mois ou deux, il y en a ait 800 d’entre eux qui se retrouvent dans leur ménage avec une perte de revenus de 20 à 25 %. Ce n’est même pas la peine d’y penser.

C’est d’ailleurs pour cela que nous multiplions les demandes de réunion et que cette après-midi, d’abord, nous avons une première réunion avec l’inspection du travail, la préfecture la semaine prochaine, la DIRECCTE la semaine d’après et certainement au ministère ensuite. Mais ne croyez tout de même pas que nous allons rester les bras croisés à attendre. Ce n’est pas parce que l’usine a été fermée il y a bientôt un an que pour autant nous sommes morts. Nous allons continuer à nous battre.

Michel DHEILLY

Cela fait partie des sujets des Commissions de suivi.

Mickaël WAMEN

Il y a la lutte sociale et maintenant il y a la lutte humaine. La lutte humaine, pour moi, est simple : vous avez fait une promesse. GOODYEAR et TITAN ne l’ont pas respectée. Il y a des gens qui ont attendus chez eux pendant des semaines, des mois, à se dire : « je reviendrai ». J’ai toujours dit aux gens : « il n’y en aura pas 600. Il n’y en aura pas 500. Dans un premier temps il en prendra 333. Quoi, quoi, comment, je n’en sais rien. C’était d’ailleurs ce qui me faisait le plus peur : comment il va choisir ces 333 mecs. Il va bien en avoir un qui va venir dire : « pourquoi pas moi ? ».

Michel DHEILLY

Voilà. Puisqu’il y en avait 672 qui étaient impliqués de près ou de loin dans les activités agraires.

Mickaël WAMEN

Oui, c’est ça, mon cul. Enfin bref, c’est ma manière de vous répondre.

Michel DHEILLY

Vous aviez tout à fait raison de vous inquiéter. Et c’est la même raison pour laquelle aujourd’hui un certain nombre de personnes et d’avocats qui accompagnent…

Mickaël WAMEN

Même à 672, la problématique reste entière. Quand vous avez 800 personnes sur le carreau, vous en avez 800 qui veulent revenir. Il faudra bien trier, que cela soit 333 ou 672. Vous voyez, vous répondez à quelque chose tout en oubliant que le problème n’est pas de savoir si c’est 672 ou 333.

Michel DHEILLY

Je dis que la reprise est axée sur l’activité agraire.

Mickaël WAMEN

Le problème, pour moi, est de savoir pourquoi ça ne s’est pas fait alors que c’est faisable. Aujourd’hui, il reste des possibilités de reprise de cette activité. Tant qu’il restera des possibilités, quelles qu’elles soient, je ne participerai pas avec mes camarades de la CGT sur un projet de démantèlement.

Michel DHEILLY

Je regrette, M. WAMEN, je regrette.

Mickaël WAMEN

Vous pouvez regretter tout ce que vous voulez.

Michel DHEILLY

Je voudrais quand même mentionner deux ou trois points par rapport au document.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas très gênant. La vie est souvent faite ou de remords ou de regrets. Je préfère certainement avoir des regrets mais pas de remords. Vous voyez ce que je veux dire ? Les regrets, cela se gère. Les remords, c’est différent parce que cela nous concerne directement.

Michel DHEILLY

Attendez, ce que je veux dire c’est que les actions que vous faîtes empêchent que nous puissions discuter aujourd’hui sur une documentation.

Mickaël WAMEN

Mais bien sûr que non. C’est comme si demain, je venais chez vous – vous avez une super baraque – et je vous disais : « tiens tu es en train de faire des travaux, tu vas la vendre. » Vous allez me dire : « mais tu es malade WAMEN, je ne vends pas ma maison. » Je dis : « si, on va se mettre au tour d’une table et on va discuter du nombre de mètres carrés, de ceci… » Vous allez me dire : « mais non, M. WAMEN, ma maison n’est pas à vendre ». Et je vais vous dire : « si, si, je te dis qu’on va discuter du prix de ta maison. Tu vas dégager de là-dedans puis moi je vais la prendre. » Non, Monsieur ! Vous allez me dire : « mais M. WAMEN, ce n’est pas parce que je fais des travaux d’embellissements de ma maison que je veux vendre. » Vous allez me dire : « ce n’est pas un luxe avec les petits moyens que j’avais pendant des années, là j’ai profité d’être licencié pour faire des travaux ». Parce que vous serez licencié un jour ou l’autre ou en tout cas je l’espère. Vous allez toucher vos indemnités, très conséquentes par rapport à nous, c’est une évidence. Ou alors vous resterez peut-être dans le circuit du groupe GOODYEAR s’il y a encore d’autres usines à fermer. Je pense que vous allez traverser la route d’ici peu de temps parce que le prochain boulot sera fait là-bas, ou peut-être à Riom. Cela sera plus simple, il n’y a plus que 100 personnes. Cela étant, effectivement, il y a des choses qui vont se passer dans le groupe GOODYEAR Dunlop Tires France.

Michel DHEILLY

Merci de vous inquiéter de ma carrière.

Mickaël WAMEN

Mais je me suis toujours inquiété de votre carrière. Quand je vous ai mis en évidence devant tous les médias de France, c’était pour montrer que vous étiez un martyr. Rien de mieux qu’un martyr pour lui faire profiter sa carrière. Vous pensiez qu’on voulait vous nuire ? Moi, j’ai toujours voulu vous faire grandir dans l’Entreprise, parce que je vous rappellerai quand même – et c’est dans les PV de CE – que je suis le premier qui s’est lancé dans ça en disant que le prochain directeur qui serait bien, c’est Michel DHEILLY. Cela a été fait. Le premier qui s’est levé en disant « il est hors de question qu’on supprime un business team dans le centre A. Il faudrait mettre BEAUVISAGE. Cela a été fait. Ce sont les deux paroles que j’ai le plus regretté ensuite, parce que BEAUVISAGE et vous, franchement, c’est une catastrophe. Et d’ailleurs, je n’en veux pas à Jean-François BEAUVISAGE d’être parti chez Dunlop parce qu’il a le droit de travailler. Je lui en veux d’avoir oublié aussi vite l’ancienne personne avec qui il a collaboré tant d’années, à savoir M. Patrice SZYROCKI. Parce que dès qu’il était avec Patrice, il vous en mettait plein la gueule, parce que c’est ce genre de personnage. Et dès que vous étiez arrivé, c’était « SZYROCKI ceci, SZYROCKI cela, l’homme à abattre ». Et quand vous êtes arrivé business team manager, vous vouliez le poste de SMITH.

Michel DHEILLY

Je voulais le poste de SMITH ?

Mickaël WAMEN

Comme nous étions un peu cons encore à l’époque et que nous étions très terre-à-terre, nous en voulions à mort à M. Alain MACREZ – je veux que cela soit dans le PV. Nous avons dit : « jamais MACREZ ne sera directeur du site donc nous allons proposer Michel DHEILLY » et vous êtes arrivé à la place. Ne dites donc pas que nous vous voulons du mal. Tout ce qui vous est arrivé dans votre carrière depuis que vous êtes là, c’est grâce à nous et ça vous le savez pertinemment. Maintenant, si vous êtes licencié, cela ne sera pas de notre faute.

Michel DHEILLY

Bon. M. WAMEN, est-ce que j’ai fait preuve d’un dialogue social de qualité en essayant d’être réellement à l’écoute et est-ce que je peux maintenant mentionner quelques points complémentaires à tout ce que vous avez pu dire ?

Mickaël WAMEN

Attendez. Je voudrais quand même rajouter – parce que le débat va être long parce que ça me tient à cœur autant qu’à vous – qu’il est hors de question que j’aille discuter avec vous du démantèlement du FARM parce que je reste persuadé que nous allons, nous, trouver une solution que vous n’avez certainement pas su trouver.

Michel DHEILLY

M. WAMEN, j’ai compris.

Mickaël WAMEN

Vous me le dites souvent, quand vous êtes dans une forme d’honnêteté intellectuelle. Quand nous sommes bien souvent à deux ou à trois hors-PV, je vous trouve plus dans votre rôle à vous, Michel DHEILLY, que j’ai connu à une époque que quand vous êtes dans des réunions où il faut faire attention à ce qu’on dit et où il faut que cela soit cadré pour pas que cela soit retenu contre nous. A la différence près que je dis ce que je pense, même si ça peut me valoir des emmerdes. Je n’en ai rien à branler, d’accord ?

Michel DHEILLY

Je dis clairement, et je peux même le répéter ici, regretter ne pas avoir trouvé de solution autre que celle que nous avons mis en œuvre aujourd’hui.

Mickaël WAMEN

Mais vous me dites souvent : « M. WAMEN, vous avez des solutions que nous n’avons pas et vous avez des informations que nous n’avons pas. » Vous le dîtes souvent et c’est une vérité.

Richard JOUHANNET

C’est vrai.

Mickaël WAMEN

Je reste persuadé d’une chose, c’est qu’il y aura une issue favorable à cette situation et qu’il est beaucoup trop prématuré de commencer à discuter d’un démantèlement. Par contre, si un jour on doit discuter d’un démantèlement, je voudrais juste que vous nous fassiez une promesse en tant que directeur du site : c’est que vous ne fassiez pas comme vous avez fait pour le tourisme. Parce que j’ai trouvé la manière scandaleuse, que c’était se foutre éperdument de notre gueule. Que nous participions à des réunions avec des propositions, avec des comportements que vous pouvez trouver parfois plus ou moins douteux, pas tout à fait clairs, etc., c’est une chose. Cela n’empêche que je suis un représentant du personnel, que j’estime faire mon travail comme je dois le faire. Nous faisons tous des erreurs. Cela étant, je me donne à 100 % pour ce que j’ai à faire dans l’intérêt des salariés. Quand je viens à une réunion où il est inscrit à l’ordre du jour « information en vue de la consultation », si je ne donne pas d’avis et que je dis que j’ai encore besoin d’informations complémentaires, cela ne sert à rien de passer en force comme vous l’avez fait pour le tourisme. Parce que moi, ce que je sais aujourd’hui, c’est que vous avez l’obligation de convoquer une, deux, trois fois grand maximum le CE et le CHSCT. Vous allez le faire. Au final, avis ou pas avis, vous allez commencer à démanteler le FARM. A la différence près – et je vais terminer sur ces propos – que vous ne ferez pas avec le FARM ce que vous avez fait avec le tourisme.

Richard JOUHANNET

Ça, c’est clair.

Mickaël WAMEN

Parce que le tourisme n’avait plus d’avenir pour nous sur Amiens nord. C’est en cela que nous nous étions engagés à discuter un plan de départ volontaire et l’arrêt progressif du tourisme.

Michel DHEILLY

C’était l’une des conditions pour faire revenir l’un des éventuels repreneurs.

Mickaël WAMEN

Et en plus, j’ai clairement dit aux camarades que nous n’allions pas nous foutre devant avec des pneus et bloquer le tourisme parce qu’on va nous dire : « tant que le tourisme ne sera pas démonté, Taylor ne veut pas venir. » On a mis notre (Inaudible) en disant : « On n’est pas contents parce qu’ils passent au-dessus de notre jambe en disant « avis, pas avis, on s’en branle, on démantèle ». » Je suis allé voir l’inspection du travail qui m’a dit : « nous sommes un petit peu embarrassés parce qu’il y a effectivement l’affaire TITAN derrière ». J’ai écouté tout le monde. J’ai compris. Nous avons laissé partir les machines. Dont acte : c’est quasiment terminé. Pour le FARM, cela ne sera pas la même limonade, je vous le dis clairement.

Michel DHEILLY

D’accord, M. WAMEN, mais nous avons respecté la procédure.

Mickaël WAMEN

Je termine là-dessus. Ecoutez-bien, et vous irez répéter ça au nouveau directeur général. Comment s’appelle-t-il ?

Michel DHEILLY

Mark THYS.

Mickaël WAMEN

Vous irez dire à Mark THYS que si demain, tout ce que nous essayons de faire capote et qu’il n’y a effectivement pas de projet de reprise, le démarrage du démantèlement et le retrait des équipements vaudra un nouvel accord de fin de conflit. Vous vous mettez bien ça dans votre tête. Un nouvel accord de fin de conflit, ok ?

Michel DHEILLY

Nous vous avons bien compris.

Mickaël WAMEN

C’est clair ? Il n’y a pas une machine qui partira sans un nouvel accord de fin de conflit. Parce que nous allons redémarrer un nouveau conflit au mois de janvier et nous ne l’arrêterons qu’à la fin d’un nouvel accord de fin de conflit ou d’une reprise d’activité agricole. Cela ne sera pas l’un ou l’autre. Cela sera et l’un et l’autre.

Michel DHEILLY

Bon, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Que cela soit bien compris. Vous pouvez avoir le feu vert de qui vous voulez : de la DRIRE, de la CRAM, de l’ASMIS, du SDIS, rien à branler. Il n’y aura pas une machine agricole qui partira du site d’Amiens Nord tant que nous ne l’aurons pas décidé ou tout du moins tant que nous n’aurons pas un nouvel accord de fin de conflit qui nous donne des droits nouveaux pour les salariés parce que j’estime que le préjudice est au moins aussi important qu’avec l’arrêt du tourisme. Vous devrez au moins mettre la même chose.

Michel DHEILLY

Attendez, M. WAMEN, des menaces…

Mickaël WAMEN

Que ce soit bien clair.

Michel DHEILLY

J’ai compris.

Mickaël WAMEN

Attention, aujourd’hui vous avez un avantage. Durant les deux-trois mois qui restent avant la fin du congé de reclassement officiel, faites en sorte qu’il y ait un maximum de mecs qui retrouvent du boulot. Plus vous aurez de gens qui retrouveront du boulot, moins vous aurez de gens à indemniser à la fin du conflit. Je vous le dis tout de suite aussi.

Michel DHEILLY

En tout cas, cela fait partie des sujets qui sont traités non pas dans l’instance CE ni même dans l’instance CHSCT mais dans la réunion Commission de suivi. D’accord ?

Mickaël WAMEN

Non mais je sais que vous allez faire remonter l’information, c’est pour ça que je vous le dis. Il n’y a pas une machine agricole qui partira d’ici tant que nous ne l’aurons pas décidé.

Michel DHEILLY​

Je voudrais mentionner le fait que nous avons respecté, contrairement à ce que vous avez mentionné, la procédure d’information/consultation sur le démantèlement des équipements passagers.

Mickaël WAMEN

Non. Je n’ai pas été consulté convenablement.

Richard JOUHANNET

Non.

Michel DHEILLY

De la même façon, nous nous engageons systématiquement à faire en sorte, s’il y a des nouveaux projets, que les instances CHSCT soient consultées comme nous l’avons toujours fait tout comme nous procédons aujourd’hui – c’est notre première réunion de CHSCT, c’est vous qui l’avez mentionné toute à l’heure, après la première réunion de CE sur le démantèlement des équipements FARM et mixtes qui a eu lieu le 11 décembre – à cette réunion qui a été planifiée. Il y en aura d’autres, la prochaine probablement avant la fin janvier. Il y en aura certainement deux autres dans le courant du mois de février. A un moment donné, nous viendrons consulter les instances CHSCT et CE sur le projet de démantèlement et vous le savez pertinemment.

Mickaël WAMEN

Je rappellerai quand même une chose. Vous parlez d’information/consultation.

Michel DHEILLY

Attendez, quand je commence à prendre la parole, à chaque fois, vous n’acceptez pas que je puisse répondre sur l’ensemble des points que vous avez mentionné.

Mickaël WAMEN

Juste un dernier point sur l’information/consultation sur le tourisme. Nous avons été clairs : la vraie problématique qui se posait sur le tourisme n’était pas tant liée que cela au démantèlement du tourisme. Elle était surtout liée à la reprise ou non de l’activité agricole puisque depuis le début, lorsque vous avez parlé du démantèlement du tourisme, nous vous avons tous demandé quel était le devenir de l’activité agricole. Pendant toute la procédure, vous nous avez répondu : « M. WAMEN, nous ne pouvons pas vous en dire plus. Pour le moment, nous ne savons pas. »

Michel DHEILLY

Je peux répondre ?

Mickaël WAMEN

Si vous aviez dit : « M. WAMEN, il y aura un démantèlement du FARM », vous auriez eu un avis pour le tourisme.

Michel DHEILLY

M. WAMEN…

Mickaël WAMEN

Vous n’avez pas eu d’avis sur le tourisme parce que vous n’avez pas clarifié la situation sur le FARM.

Michel DHEILLY

Vous savez pertinemment que lorsque nous avons fait la consultation sur le passager, nous avons répondu à l’ensemble des questions qui étaient évoquées.

Mickaël WAMEN

Non, pas sur le FARM.

Michel DHEILLY

J’ai répondu particulièrement à cette question en vous disant que de toute façon, démanteler les équipements passagers était une étape – et vous l’avez mentionné il y a quelques minutes – indispensable à une proposition éventuelle de reprise de l’activité agraire.

Mickaël WAMEN

C’est pour cela que nous ne nous sommes pas opposés physiquement au démantèlement.

Michel DHEILLY

Nous avons donc consulté les instances exclusivement sur le démantèlement des équipements 100 % passagers et que nous avons préservé l’ensemble des équipements mixtes ainsi que forcément les équipements agraires.

Mickaël WAMEN

Ouvrez-bien vos petites oreilles, M. DHEILLY : c’est pour cela que la CGT n’a pas demandé aux salariés de venir s’opposer au retrait des équipements touristes.

Michel DHEILLY

Bien. Je voulais juste repréciser quelque chose par rapport au différents propos que vous avez eu sur la recherche d’un repreneur pour l’activité agraire. Je pense que la démarche n’a pas eu lieu sur la dernière semaine ni les derniers mois. Elle a lieu depuis un certain nombre d’années et en particulier avec les efforts de pas mal d’entrepreneurs et en particulier l’initiative auprès d’INVEST IN FRANCE qui nous a permis de contacter un certain nombre d’entreprises dans différents pays pour savoir quels seraient les éventuels repreneurs. A défaut d’offre concrète et en particulier de la dernière que nous aurions pu espérer, qui était l’offre de reprise par TITAN, je suis contraint de vous rappeler que nous n’avons pas d’offre. Nous ne pouvons pas obliger quelqu’un à faire une offre de reprise sur une activité ou sur un site à partir du moment où lui juge qu’il y a un risque à la reprise. Alors que le risque soit, comme vous le mentionnez, uniquement fixé ou basé sur des textes de lois L. 1224-1, que lui juge que les prévisions de vente ou que les parts de marché…

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas vrai. Je ne peux pas vous laisser dire ça sans réagir.

Michel DHEILLY

Attendez, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Moi, mon père m’a toujours dit que le mensonge, ce n’était pas bien, donc ce n’est pas vrai. Je ne peux pas vous laisser dire tout et n’importe quoi. Le repreneur lui-même dit qu’il est empêché par le groupe GOODYEAR de reprendre le site parce qu’on veut lui imposer le L. 1224-1.

Michel DHEILLY

Merci de démontrer votre écoute, votre capacité de dialogue social et de nous reprocher après de ne pas être en mesure de créer un dialogue social.

Mickaël WAMEN

D’abord, nous allons arrêter de parler de dialogue social chez GOODYEAR. Il n’y en a jamais eu. Il n’y a jamais eu de dialogue social. Je ne suis pas partenaire social avec vous. Je suis syndicaliste. Vous êtes patron. Chacun son boulot.

Michel DHEILLY

Attendez, M. WAMEN, vous m’avez demandé tout à l’heure de me taire pour pouvoir retracer l’ensemble des points.

Mickaël WAMEN

Je ne peux pas vous laisser dire qu’il n’y a pas de repreneur, c’est faux. Il y a un repreneur qui est empêché par GOODYEAR de reprendre l’usine, point.

Michel DHEILLY

Il y a plein de choses que vous avez mentionné qui sont fausses.

Mickaël WAMEN

Vous violez l’article 7 de l’accord de 2014. C’est tout, terminé, basta.

Michel DHEILLY

Je vous ai laissé vous exprimer.

Mickaël WAMEN

Pour faire clair, on n’ouvrira pas le fond du débat en CHSCT.

Michel DHEILLY

J’aimerais quand même que vous puissiez écouter jusqu’à la fin et je regrette que toutes les discussions aujourd’hui soient…

Mickaël WAMEN

Je vous écoute puisque je vous réponds et je vous dis que vous dîtes des âneries.

Sébastien LUPO

Chacun son tour.

Mickaël WAMEN

Non, on n’est pas au collège ici.

Michel DHEILLY

Pour autant, je vais considérer les débats qui sont d’ailleurs davantage orientés sur une instance CE plutôt qu’une instance CHSCT.

Mickaël WAMEN

Non, non.

Michel DHEILLY

Attendez, c’est comme la façon de traduire le L. 1224-1 : pour certains, il n’est certainement pas applicable, mais d’autres considèrent que le risque de l’application de l’article existe. Voilà, ce sont des débats et c’est à un moment donné d’autres personnes que moi qui pourront considérer qui a raison.

Mickaël WAMEN

D’accord.

Michel DHEILLY

Sur le document et la présentation du contenu, je vais juste, puisque que vous ne voulez pas…

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas ça. Nous allons vous laisser terminer ce propos et nous demanderons une suspension de séance.

Michel DHEILLY

Je vous accorderai bien évidemment la suspension de séance juste après. Il n’y a pas de problèmes. Je voulais juste rappeler le contenu de la documentation qui est motivait la réunion de CHSCT de ce jour.

Dans la note d’information, vous avez la présentation des modifications envisagées de l’organisation. C’est un rappel que l’organisation est globalement la même que celle que nous avons mise en place dans le cadre du démantèlement des équipements passages. Vous avez un deuxième point qui me paraît important à mentionner, à savoir la présentation des principales opérations qui sont déclinées pour chacun des chantiers, avec la méthodologie concernant la coactivité et la présentation des chantiers et organisations de la circulation sur le site par rapport à la coactivité qui pourrait y avoir entre le démantèlement des équipements passagers même si ceux-ci sont quasiment terminés ou que nous pouvons considérer qu’ils le seront au moment où pourrait démarrer le démantèlement du FARM.

Vous disposez d’un calendrier prévisionnel des opérations de démantèlement qui sera forcément actualisé au cours des réunions d’information/consultation. Et vous avez également une affection prévisionnelle des équipements mixtes et FARM. Le dernier point est la présentation de l’évaluation des risques, qui a été effectuée de la même façon que dans le cadre des équipements passagers, et des mesures de protection renforcées qui permettent de travailler dans des conditions hygiène et sécurité qui sont conformes à ce que l’on nous demande.

Vous avez le rappel du diagnostic amiante et plomb. C’était un des points que nous avons intégré directement avant même le début des réunions d’information/consultation sur ce projet-là dans la mesure où cela faisait partie des points qui avaient été demandés lors de notre première réunion d’information/consultation sur le projet de démantèlement tourisme. Pour ce qui est des données, vous avez l’ensemble des informations. Le diagnostic amiante n’a pas été communiqué de par sa taille. Il reste à disposition et vous verrez dans la note qu’il est indiqué que vous pouvez venir le consulter. Si, par contre, à un moment donné, vous considérez que cela n’est pas suffisant, vous pourrez toujours nous solliciter sur le sujet.

Nous avons également identifié les chantiers prioritaires et la mise en œuvre de mesures de protection adaptées pour l’ensemble de ces opérations de démantèlement. Le dernier point est le rappel de l’évaluation du risque chimique résiduel sur les produits restants et des mesures de protection qui sont précisées dans cette évaluation. Cela veut dire que nous avons bien intégré l’ensemble des produits qui étaient utilisés et qui pourraient être déposés sur l’ensemble des équipements qui restent aujourd’hui à demeure sur le site.

Voilà les points que je tenais à préciser. Nous restons bien évidemment à votre disposition pour répondre à vos éventuelles questions ou pour rentrer plus précisément dans le détail aujourd’hui – mais j’ai compris que vous ne le souhaitiez pas et je le regrette – des informations qui vous sont communiquées aujourd’hui dans le projet de note d’information sur ce projet de démantèlement. Pour autant, s’il y a des questions, je reste bien évidemment prêt à y répondre. Je reste également ouvert à toute discussion sur le sujet.

Patrice SZYROKI

J’en ai une : avant 2012, avec TITAN, il y avait deux autres sociétés qui avaient pointé leur nez pour pouvoir racheter l’entité FARM. Il y avait une holding et une société basée en Inde qui était spécialisée dans les pneumatiques forestiers. Ces sociétés ont été écartées parce qu’il avait été dit que TITAN était le plus à même, par rapport au produit, à racheter l’entité FARM de GOODYEAR Amiens. Plutôt que de voir une friche industrielle ici, est-ce que ces sociétés ont été relancées ?

Michel DHEILLY

Toutes ces sociétés ont été relancées en particulier par INVEST IN FRANCE dans le courant de l’année 2013. Je ne peux pas confirmer aujourd’hui que ces sociétés ont été relancées sur l’année 2014 toute en sachant que de toute façon, toutes les démarches ont été entreprises et l’offre de reprise pouvait arriver de n’importe qui et de n’importe où. Il n’y a pas eu de rejet d’étude, etc. Il n’y a pas eu d’autres échanges hormis les demandes qui nous ont été faites pour une reprise éventuelle. La seule entreprise qui a fait une demande d’information complémentaire, c’est l’entreprise TITAN. Pour autant, les sociétés qui sont mentionnées ont fait partie des sujets qui ont été traités, et sont des sociétés identifiées par INVEST IN FRANCE en 2013.

Mickaël WAMEN

Nous allons demander une suspension de séance le temps de récupérer les éléments nécessaires.

Michel DHEILLY

Nous faisons une suspension de séance.

La séance est suspendue de 11 heures 45 à 12h 20.

Michel DHEILLY

Nous allons reprendre. Je voulais savoir si la suspension aurait pu vous amener à nous autoriser à réellement traiter du sujet.

Mickael WAMEN

Ben tu rêves.

Michel DHEILLY

Non, je souhaite réitérer ma demande de pouvoir dérouler l’ordre du jour et proposer d’échanger sur la note qui vous a été remise et la documentation associée à la convocation. Si c’est en accord avec tout le monde, qu’on puisse procéder à la lecture du document.

Mickael WAMEN

Le problème, je vais vous répondre pour la CGT, il faudra poser la question à Patrice SZYROKI, mais nous, en ce qui nous concerne, je pense qu’on a été suffisamment clairs sur le pourquoi du comment, aujourd’hui on est arrivé à ne pas regarder avec vous dans le détail les documents que vous nous avez remis. Cela étant, je le dis clairement, on n’écarte pas qu’à un moment donné, en fonction de ce qui va se passer dans un futur proche, on sera amenés à le regarder, ce n’est pas pour autant qu’on acceptera la mise en œuvre du démantèlement et ce n’est pas pour autant qu’on acceptera qu’un seul équipement sorte de l’usine.

Maintenant, j’ai une question à vous poser avant qu’on passe aux délibérations : pourquoi tant d’empressement au démantèlement Farm ?

Michel DHEILLY

Il n’y a pas d’empressement, on a toujours dit qu’on procéderait au démantèlement Farm à partir du moment où il n’y avait pas de solution de reprise.

Mickael WAMEN

Donc il n’y a pas d’urgence.

Michel DHEILLY

Attendez, je vais finir l’expression de la réponse quand même. Il interviendrait dans la continuité du démantèlement passager. Vous savez comme moi que la situation du démantèlement passager arrive à son terme, puisqu’il nous reste le nettoyage de la zone cuisson et la fin des travaux de démantèlement sur la zone de finition, ce qui devrait aboutir entre fin janvier et courant février, ce qui nous laisse la possibilité, sur cette période-là, de prendre le temps d’informer, de consulter sur le projet de démantèlement Farm, qui reste dans la continuité de ce que l’on fait aujourd’hui.

Mickael WAMEN

Je pense que vous pouvez attendre, dans ces conditions-là puisqu’il n’y a pas de mesure d’urgence, les décisions de justice, pour programmer les prochaines réunions.

Michel DHEILLY

De toute façon, les prochaines réunions, je vous inviterai à signer les ordres du jour, forcément, je reviendrai vers vous, conformément à ce que je vous ai dit tout à l’heure, proposition, CHSCT…

Mickael WAMEN

Sans surprise, je vous le dis très clairement, M. JOUHANNET ne signera pas l’ordre du jour de la prochaine réunion tant qu’on n’aura pas une position claire et définitive sur le devenir de l’activité industrielle agricole, à travers différentes possibilités : soit une possibilité via la justice, qui vient contredire ce que vous dites depuis le début, notamment le mois de décembre et ce jour sur les articles du Code du travail, les obligations en matière de reprise, ou alors à travers un projet de reprise par les salariés eux-mêmes, sur un projet SCOP qu’on a déjà présenté, qui avait été refusé d’un revers de main par Goodyear parce que Goodyear disait qu’il avait un repreneur potentiel et qu’il ne voulait pas le donner à nous, qu’il l’avait promis à quelqu’un d’autre en gros. Je schématise, mais en gros, c’était cela. En partant de là, je ne vais pas redire ce que je dis depuis tout à l’heure, mais ce que je voulais vous dire très clairement aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas de notre part, une volonté délibérée de ne pas discuter avec vous du document en tant que tel, mais on estime que, un, c’est prématuré, qu’il faut laisser le temps d’aller chercher, ou par l’action juridique, et les réponses du tribunal, les réponses que nous attendons, ou alors à travers un projet qui sera mis en œuvre par les salariés et validé ou pas par la justice. Pour le moment, c’est beaucoup trop tôt. Le CHSCT ne peut pas, M. DHEILLY

Michel DHEILLY

M. WAMEN On parle des conditions de travail et de sécurité. Cela peut se faire en parallèle des actions judiciaires.

Mickael WAMEN

Le problème n’est pas de savoir les conditions de travail ou pas. Bien évidemment, le CHSCT, son rôle, c’est d’étudier avec vous toutes les possibilités qui empêchent de nuire à l’intégrité mentale et physique des salariés. Cela a toujours été notre travail et on le fera à l’instant où il faudra le faire. Pour nous, c’est totalement prématuré. Point. On ne va pas discuter plus longtemps que cela. Vous nous avez demandé si on était prêts, si on avait changé de position pendant la suspension de séance.

Michel DHEILLY

Oui, parce que je pars du principe qu’aujourd’hui, c’est une obstruction au bon déroulement de la réunion.

Mickael WAMEN

Vous, vous voyez cela comme cela. Vous ferez valoir vos droits là où il faut. Pour nous, il n’y a pas d’obstruction.

Michel DHEILLY

Cela ne nous empêche pas de discuter du document et en même temps, en parallèle, de faire les démarches que vous souhaitez faire sur l’aspect judiciaire, qui sont d’avantage axées sur des sujets proches d’une instance CE plus que d’une instance CHSCT.

Mickael WAMEN

Qu’est-ce qui fait M. SZYROKI, vous l’appelez ?

Michel DHEILLY

Nous n’avons pas réussi à le joindre. Peut-être qu’il a décidé de ne pas rejoindre…

Mickael WAMEN

Il n’a pas dit qu’il ne reviendrait pas.

Michel DHEILLY

On va appeler Jacques MARTIN pour savoir s’il est avec lui.

En attendant, on peut quand même regarder le document.

Jean-François QUANDALLE

Oh non, cela fait trois fois qu’on vous dit non.

Là, ça devient « casse-couilles ».

Mickael WAMEN

Reste zen.

Michel DHEILLY

Je regrette que dès la première réunion, il y ait obstruction quand même.

Mickael WAMEN

Il ne faut pas rester sur des regrets. Je pense que l’avenir nous donnera raison.

Michel DHEILLY

Je ne sais pas. Je ne suis pas devin. Je ne peux pas statuer.

Mickael WAMEN

Moi non plus, mais je pense que l’avenir nous donnera raison. Je n’affirme pas. Je mets tout au conditionnel ;

Michel DHEILLY

On essaie de trouver un mode d’échange basé sur le bon sens, même si vous avez les actions souhaitées.

Mickael WAMEN

Je pense qu’on n’a pas été agressifs. On vous dit aujourd’hui très clairement que ce n’est pas le moment d’intervenir. D’abord, un, vous nous dites qu’il n’y a pas de mesure d’urgence concrète, donc je ne vois pas il faudrait revenir sans cesse à la charge avec un document qu’on n’a pas dit qu’on ne veut pas étudier.

Michel DHEILLY

Parce que je sais très bien qu’aujourd’hui, on ne va pas consulter sur le document. Il peut y avoir un certain nombre…

Mickael WAMEN

On ne veut pas être informés d’un projet qui, pour nous, n’a pas lieu d’être. Il faut que vous compreniez cela, Monsieur.

Michel DHEILLY

Si vous avez des questions,

Mickael WAMEN

M. DHEILLY, demain, vous allez voir votre médecin. Il ne va pas commencer à vous parler d’un traitement de chimio pour un cancer que vous n’avez pas. C’est exactement pareil. Votre médecin va dire « voilà, tu as une grippe », il ne va pas dire « en vue d’un éventuel cancer, on va commencer ton traitement ».

Michel DHEILLY

C’est en vue d’un démantèlement puisque c’est un projet.

Mickael WAMEN

M. DHEILLY, on va rester sur le bon ton qui a été mis en place depuis le début de cette réunion. Je pense que d’un côté et de l’autre, on a fait preuve d’intelligence, de construction et de dialogue. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord qu’on ne peut pas dialoguer. On vous en a apporté la preuve une fois de plus aujourd’hui. Moi, je vous demande simplement de ne plus revenir à la charge. On vous a dit qu’on ne rentrera pas, aujourd’hui, dans l’étude et le partage du document avec vous. Pour nous, c’est prématuré. Laissez du temps au temps puisque de toute façon, il n’y a pas d’urgence en la matière. Vous voyez, M. DHEILLY, je pourrais comprendre qu’il y ait une urgence si, dans les équipements qui vont partir, il y a quelqu’un qui les attend pour produire des pneus. Je pourrais comprendre. C’est le cas ?

Michel DHEILLY

Non, à aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

Mickael WAMEN

Donc vous n’êtes pas pressés. A aujourd’hui ? C’est-à-dire que cela peut être le cas quand ?

Michel DHEILLY

Attendez, à un moment donné, on va quand même entreprendre des démarches, puisque si vous avez lu le document, vous savez qu’il y a un certain nombre de possibilités de transferts pour valoriser le matériel, soit dans le Groupe ou en externe.

Jean-François QUANDALLE

Quel menteur !

Michel DHEILLY

Non, je ne suis pas menteur. C’est ce qu’on vous a écrit dans les documents. Vous pourriez avoir un certain nombre de questions par rapport à cela et aujourd’hui, je regrette qu’il n’y ait aucune question sur laquelle on puisse à un moment donné, nous aussi, peut-être avoir à étudier des points pour vous répondre.

Mickael WAMEN

Par exemple, vous marquez dans un document, parce que j’ai quand même paraphé vite fait entre Noël et l’An, même si j’avais beaucoup d’autres choses à faire, vous dites que des machines pourraient être transférées vers d’autres Groupes. Est-ce que vous considérez que Titan est un autre Groupe ?

Michel DHEILLY

Il n’est pas de notre Groupe.

Mickael WAMEN

Aujourd’hui, pour vous, Titan n’est pas un autre Groupe.

Michel DHEILLY

Quand je dis que cela pourrait être valorisé dans un autre Groupe, en externe, cela pourrait être un Groupe qui viendrait démanteler les équipements, parce que cela existe et qui ensuite procède à la revente des équipements. C’est dans ce sens-là.

Mickael WAMEN

D’accord, une société qui vient pour démanteler, qui stocke et qui revend ensuite les pièces. C’est ce que vous me dites. C’est ce qui s’est passé à Sièges de France, mais quand vous gratter un peu plus loin, parce que c’est quand même un peu fort de café, vous n’êtes pas sans savoir que l’avocat des Sièges de France, c’est le même que le nôtre et que j’ai beaucoup travaillé étroitement, même si c’est la CFDT là-bas, vous savez ce n’est pas l’étiquette syndicale qui fait le syndicaliste, c’est généralement la personne qui fait le syndicat, mais c’est un problème de fond, mais cela, vous ne pouvez pas le comprendre tant que vous n’adhérez pas à un syndicat. Vous êtes adhérent MEDEF ? Non pas encore ? Aucune appartenance syndicale quelle qu’elle soit, ni politique ?

Michel DHEILLY

Ni politique.

Mickael WAMEN

D’accord, je respecte votre choix. Politiquement, vous avez raison. Syndicalement, vous n’avez pas raison. Enfin, bref, vous verrez bien. Quand vous en aurez besoin, vous irez les chercher.

Cela étant, Sièges de France, c’est un exemple tout con, il est à côté de chez nous. Il y a eu une vente aux enchères. Il y a plein de gens qui ont levé les mains, plus, moins, plus moins. Ils sont partis avec une machine. Personne ne s’inquiète de rien jusqu’au jour où les délégués CFDT de Sièges de France décident de prendre une bagnole et d’aller alerter leurs camarades d’une autre entreprise en France des dangers d’une délocalisation imminente. Le Groupe leur pique tous leurs équipements. Qu’est-ce qu’ils disent aux élus ? Un mec est venu et les a revendus. Ce n’est pas Sièges de France, c’est un mec à part qui les a revendus, qui fait de la vente comme cela, aux enchères. On peut très bien imaginer, parce que vous n’êtes pas complètement con à ce point ou stupide à ce point-là, que cela ne sera pas indiqué que ce sera vendu directement à l’entreprise indirectement concernée par Goodyear, donc l’entreprise de Titan. Cela ne lui sera pas vendu, mais on peut très bien imaginer qu’ils disent « tiens, le mec qui habite là-bas a acheté une machine, on peut peut-être l’appeler » et on peut la retrouver dans une usine de Sao Paulo au Brésil ou peut-être dans l’usine de Debica en Pologne, quelques équipements tourisme, Farm de chez nous par exemple. On peut très bien l’imaginer.

Michel DHEILLY

Cela fait partie des transferts qui peuvent être faits au Groupe, d’accord, mais pas dans la zone puisque tout n’a pas été fixé. Pour preuve, dans le document qui vous a été remis aujourd’hui, rien n’a été arrêté. Pour autant, l’ensemble des options envisagées pour valoriser les équipements y figurent. Ce qui est quand même le signe, quand on parle de transferts d’équipements et pas de transferts d’activité, il faut bien faire la différence entre les deux, vous pourrez noter quand même, dans le document, que l’ensemble des équipements, des moules, en particulier, sont détruits.

Mickael WAMEN

Ce n’est pas grave, parce qu’on ne va quand même pas donner à Titan des moules estampillés Goodyear. Cela est un autre problème. Vous n’avez pas le moule. Vous avez la structure de moule et ce qui est à l’intérieur, c’est-à-dire les segments. On peut détruire les segments tout en gardant le moule. C’est ce qui coûte le plus cher, le moule, ce ne sont pas les segments. Vous le savez très bien. Enfin bref, c’est un autre débat.

Michel DHEILLY

Il ne faut pas confondre les moules passagers et les moules Farm. On rentre dans le domaine technique.

Mickael WAMEN

En tant qu’élu titulaire du CE, je vous ferai une autre demande pour la prochaine réunion CE, puisqu’il y aura aussi une prochaine réunion de CE, il me semble, dans ce champ d’application du projet de démantèlement. C’est en ce qui concerne les ventes de pneus agricoles de la marque Goodyear, de la marque Titan dans la zone Nord, sur l’année 2014 et les perspectives 2015. Je vous ferai la demande. Vous allez certainement refuser. Vous allez certainement me dire que pour Goodyear, il n’y en a pas. Vous allez certainement refuser les pneus importés par le Groupe Titan. A partir de là, on saisira la justice, on demandera à la justice de nous autoriser à nommer un expert.

Michel DHEILLY

Dans le cadre de la procédure, on continuera à proposer de se réunir, autant dans les instances CE que dans les instances CHSCT.

Mickael WAMEN

Délibération numéro 1 du CHSCT du 7 janvier 2015 : « La société Titan, candidate à la reprise de l’usine d’Amiens, a expliqué qu’elle était empêchée d’arriver sur le site à cause d’une supposée obligation de reprendre 672 salariés parmi le personnel licencié par Goodyear. Constatant le blocage d’un projet de reprise de l’établissement, le Comité a rappelé à la Direction que pour envisager l’application de l’article l124-1 du Code du travail, après la rupture des contrats de travail pour motif économique de la quasi-totalité des salariés de l’établissement d’Amiens Nord, il lui faudrait établir que leur licenciement a été décidé par Goodyear à l’occasion du transfert d’une entité économique autonome, c’est-à-dire que la fermeture de l’usine et la fin de tous les contrats de travail trouveraient leur cause première et déterminante dans la volonté de Goodyear d’évincer l’application de l’article l124-1 du Code du travail dans le cadre d’une cession à venir du site. Il revient donc à la Direction de déclarer sans aucune équivoque que les licenciements qu’elle a prononcés à l’égard des salariés n’ont, en aucun cas, été décidés par Goodyear à l’occasion d’un transfert de l’entité économique autonome à Titan, laquelle d’ailleurs n’a toujours pas eu lieu.

Le CHSCT considère, par la présente délibération, que l’article l124-1 du Code du travail n’est pas applicable et que les transferts des contrats de travail vers Titan ne peuvent avoir lieu. Force est donc de constater que la Direction n’exécute pas l’article l1 du protocole de fin de conflit par lequel Goodyear s’est engagé à ne faire aucun obstacle à l’arrivée de toute entreprise qui viendrait à proposer une reprise du site.

En conséquence, le CHSCT d’Amiens Nord se réserve la possibilité de mettre en œuvre toute démarche en vue d’obtenir l’exécution par Goodyear des obligations qui lui incombent en l’application du protocole de fin de conflit, en particulier dans son article 11. »

Vous pouvez rappeler le nom des titulaires, s’il vous plaît ?

Michèle SEPREZ

M. JOUHANNET, M. QUANDALLE, M. LUPO, M.GACQUIERE, M. DUFAUX, M. MARCHAL et M. HAREUX.

M. JOUHANNET

On va passer au vote.

Michèle SEPREZ

Pour la délibération, sept voix favorables, à l’unanimité des présents

La délibération numéro 1 est adoptée à l’unanimité.

Mickael WAMEN

Seconde délibération du CHSCT du 7 janvier 2015 : « En août 2014, la Direction a refusé d’informer le CHSCT sur la désignation des machines agraires, c’est ce qu’on expliquait tout à l’heure, parce que depuis le 23 janvier 2014, ni le tourisme ni l’agricole n’ont redémarré. Pendant qu’elle transférait les machines tourisme sur d’autres sites. Aujourd’hui, Goodyear déclenche soudainement et dans la précipitation le démantèlement des outils industriels agricoles alors que plusieurs projets de reprise existent et notamment, celui du Groupe Titan, qu’il convient d’essayer de débloquer. C’est ce que nous allons nous affairer à essayer d’obtenir, à savoir le déblocage de la situation. Or au lieu de tout mettre en œuvre afin de tenter de lever des difficultés qui empêchent l’arrivée du repreneur, en proposant, par exemple, une réunion avec lui, les pouvoirs publics et les représentants du personnel, Goodyear engage au contraire la destruction de l’appareil de production agraire au sein de l’usine d’Amiens Nord. Si la Direction voulait compromettre toute possibilité de reprise, elle ne s’y prendrait pas autrement. Conséquence, le CHSCT constate par la présente délibération que Goodyear n’exécute pas intentionnellement l’article 11 de la procédure de fin de conflit, au terme duquel le Groupe doit tout mettre en œuvre pour ne pas empêcher l’arrivée d’un repreneur sur le site. Le CHSCT exige donc que la Direction exécute ces engagements en maintenant sur le site les machines agraires pendant que les démarches en vue de trouver une solution de reprise sont en cours. » Donc, ce qu’on va faire aussi, on va voter cette délibération. Je vous demanderai de procéder au vote pour la deuxième, s’il vous plaît.

Michèle SEPREZ

Tout à fait. Donc je rappelle les noms :

M. JOUHANNET, M. QUANDALLE, M. LUPO, M.GACQUIERE, M. DUFAUX, M. MARCHAL et M. HAREUX.

Pour la délibération, sept voix pour, à l’unanimité des présents.

La délibération numéro 2 est adoptée à l’unanimité.

Mickael WAMEN

Ce qu’on fera aussi, je vais voir avec notre avocat et on fera un courrier qui sera adressé à Goodyear et à l’Etat français, notamment à son ministre, M. MACRON, de faire une lettre pour demander un moratoire d’environ six mois sur l’année 2015, qui prendra effet début février jusqu’en juillet. Ce moratoire aura pour but que vous cessiez toute démarche de continuité à vouloir démanteler l’activité agricole et nous laisser encore au moins six mois pour mettre sur table et mettre en œuvre une ou plusieurs propositions de reprise de l’activité agricole, soit dans le cadre d’une reprise par un tiers, à savoir la société Titan et voir avec cette société, comment on peut lever toutes les obligations qui soi-disant l’empêche de reprendre cette activité du site d’Amiens Nord, soit au travers d’un projet de coopérative ouvrière, ce qu’on appelle une SCOP, qui serait présentée aux salariés, proposée, y compris à l’Etat et validée avec l’Etat moyennant un certain nombre de finances européennes, françaises et autres, ou alors redémarrer des démarches dans le but de donner un nouvel avenir industriel au site, peut-être pas au travers de l’activité pneumatique agricole, par exemple, il y a peut-être des solutions alternatives, puisque vous n’êtes pas sans savoir que le Code du travail nouveau permet aux représentants du personnel de proposer un certain nombre de démarches pour aller au-delà d’une fermeture définitive d’un site industriel.

Notre proposition va dans l’intérêt des salariés, c’est-à-dire nous laisser du temps pour qu’on puisse avance. Je souhaite que ce soit bien noté dans le PV et qu’une fois encore, on puisse avoir le PV au plus tôt, la semaine prochaine, lundi ou mardi, parce que la dernière fois, vous nous l’avez fait en une semaine à peu près. Donc j’insiste lourdement sur le fait que la CGT Goodyear va demander et à Goodyear et à l’Etat un moratoire d’environ six mois pour que nous puissions remettre tout le monde autour de la table, notamment le repreneur éventuel pour bien lui indiquer qu’en ce qui nous concerne, syndicat majoritaire, nous ne ferons pas obstacle à son arrivée, dès lors que les conditions de reprise permettent, socialement parlant que les gens s’y retrouvent. En tout état de cause, pour nous, il n’y aura pas d’obstacle du Code du travail qui l’empêche de venir. C’est notre position. Ce n’est pas la vôtre, il semblerait. On le fera trancher par la justice. Mais peut-être aussi que si on avait un peu de temps pour remettre tout le monde autour d’une table pour discuter, on pourrait peut-être s’en sortir mieux. Nous, aujourd’hui, très clairement, il est hors de question qu’on s’engage dans un processus d’information-consultation de quelque instance dès lors qu’on n’a pas mis en œuvre toutes les possibilités de reprise d’un site, qui à mon avis, a un avenir industriel, avec des salariés dedans et des gens qui souffriraient beaucoup moins que de se retrouver directement au Pôle emploi. Cela ne sauvera pas tout le monde. C’est une évidence. Mais même si demain, on peut en sauver 400, 300 ou 573, ce sera toujours mieux que rien. En tout cas, c’est notre boulot. On va s’y affairer. On va demander ce moratoire, je pense, dès la fin de semaine. Vous répondrez peut-être par oui ou peut-être par non. En tout état de cause, vous ne pourrez pas reléguer et continuer à dire partout que la CGT Goodyear est un syndicat qui ne veut absolument rien comprendre, rien débattre. Pour nous, il y a une possibilité de solution. Il faut la trouver. Si aujourd’hui Goodyear n’a pas été capable d’amener un repreneur autour de la table, parce qu’un certain nombre d’ambiguïtés n’ont pas été levées, je peux comprendre aussi que discuter avec vous, cela lui fait peur parce que je me rappelle du temps où on discutait avec CAMPBELL et moi avec TAYLOR, il disait que la façon de communiquer que vous avez n’était pas toujours la bonne et qu’il y a des choses qu’il ne comprenait pas. Il y avait des interférences quelque part. Laissez-nous au moins la chance de les recontacter, de voir avec eux comment redonner une dynamique nouvelle à cet établissement, moyennant tout un tas de débats dans lesquels l’Etat devra prendre toute sa part. Je pense que, pour qu’on puisse travailler dans ces conditions-là, je vous le demande, au nom des salariés que je représente en tant que non seulement RS au CHSCT, mais Secrétaire de CE et au nom de tous les élus CGT, un moratoire de six mois qui nous permette d’aller jusqu’au bout de la démarche pour essayer vraiment, cette fois-ci, de savoir si oui ou non, il y a une possibilité ou pas.

Michel DHEILLY

OK, vous permettrez que je fasse un certain nombre de réserves par rapport aux éléments qui figurent dans vos délibérations, puisque cela fait partie des sujets sur lesquels on a longuement échangé et que je considère, aujourd’hui, comme non recevables par rapport à ce que vous mentionnez.

Je ne vais pas réitérer l’ensemble des éléments qui motivent mon point de vue par rapport aux éléments de la délibération.

Je peux poser une dernière fois la question puisque Patrice SZYROKI nous a rejoints dans la salle, je demande de pouvoir dérouler l’ordre du jour de cette réunion et en particulier, l’ensemble de la documentation qui était associée, en sachant qu’aujourd’hui, les membres de la CGT ont réitéré leur volonté de ne pas poursuivre la réunion.

M. JOUHANNET

Non, ce sont les membres du CHSCT et non la CGT.

Michel DHEILLY

Enfin, les élus CGT au CHSCT. Si par contre, on peut commencer un certain nombre d’échanges sur le sujet et la documentation transmise, ce ne serait que bienvenu.

Patrice SZYROKI

Si les membres du CHSCT ne restent pas dans la salle pour parler du contenu du démantèlement Farm, la CFE-CGC ne restera pas dans la salle.

Jean-François QUANDALLE

Voilà, au moins le débat est clair.

Mickael WAMEN

Moi, je voudrais juste terminer sur une chose, c’est que je rappelle à Patrice SZYROKI notre position, puisque notre position est claire, elle n’a pas changé depuis la suspension de séance. Je pense qu’on est venu quand même avec une nouvelle proposition en fin de réunion, qui est quand même, il me semble, de bon sens. On nous a souvent taxés de syndicalistes extrémistes, jusqu’au-boutistes, n’écoutant pas les propositions de la Direction. Vous savez, moi, je pars du principe qu’écouter, je suis prêt, mais dès lors que les propositions, quelles qu’elles soient, de où qu’elles viennent, peu importe que ce soit du gouvernement, de vous, de Pierre, Paul ou Jacques, si elles nuisent à l’intérêt des salariés, il est hors de question que je m’y intéresse.

Par contre, moi, je vous fais une proposition. Elle va être établie par courrier, adressé à tous les partenaires de ce dossier, dans lequel, il est clair qu’il nous faut du temps et pour discuter sereinement et prendre du recul sur la situation, je ne vois pas pourquoi Goodyear nous refuserait un moratoire de six mois puisque ce n’est pas une question de délai. Vous n’êtes pas pressés pour faire l’opération de démantèlement sauf si effectivement les équipements vont trouver assez rapidement une place dans une nouvelle usine pour faire des pneumatiques.

Michel DHEILLY

Le fait de ne pas pouvoir avancer sur le projet de consultation sur le sujet, vous savez pertinemment qu’à un moment donné, on ne peut pas répondre à la question ou aux propos que vous venez de tenir, c’est de dire ils vont trouver ou ils ne vont pas trouver. Aujourd’hui, on rentre dans un processus de recherche en parallèle.

Mickael WAMEN

Avec tout le respect que j’ai pour vous, M. DHEILLY, peu importe votre position. On va faire notre demande. On va appuyer notre demande sur des faits très étoffés. Il y a deux délibérations qui me semblent de bon sens. Les deux délibérations, je m’étais engagé à la dernière réunion, en CCE, auprès de M. Mark THYS, pour ceux qui étaient en CCE, on avait fait voter une délibération parce que le cabinet d’expert a été entravé dans sa mission puisqu’il n’a pas présenté son rapport trimestriel à date comme c’était prévu. On a eu de longs échanges. Deux délibérations ont été votées à la majorité écrasante des membres du CCE. Pour autant, parce que j’ai bien compris que Mark THYS, le nouveau DG ne savait pas de quoi il retournait et qu’il nous a demandé un temps d’adaptation. J’ai demandé une suspension de séance, j’ai vu ceux qui avaient voté et ensemble, on a décidé de ne pas mettre en application ces délibérations. J’ai bien fait parce que dans la foulée, l’expert m’appelle en me disant « je rencontre Mark THYS une seconde fois et cette fois-ci, j’ai tous les éléments ». Cela veut dire que dès lors qu’on vote une délibération, ce n’est pas pour autant qu’on va engager l’instance. Ce que je suis en train de vous dire, il y a des délibérations qui sont votées à la majorité, à l’unanimité du CE ou à l’unanimité du CHSCT. Elles ont pour vocation d’obtenir par la justice des réponses qu’on n’a pas de votre part. Vous avez votre position. Je ne dirais pas que je la comprends, mais vu de votre siège, c’est tout à fait normal que vous ne partagiez pas notre position. Dont acte. Cela étant, aujourd’hui, je ne vois pas comment le Groupe Goodyear va pouvoir me dire « je n’autoriserai pas un moratoire de six mois ou on peut l’appeler autrement, je m’en fous, moratoire, cela fait peut-être un peu morbide, un temps supplémentaire pour vous permettre d’aller chercher une solution que nous, on n’a pas été capable de trouver ». On vous a apporté la preuve régulièrement qu’on avait trouvé des solutions où vous, vous n’avez pas été capables d’en trouver. On vous a aussi apporté la preuve régulièrement qu’on était des interlocuteurs privilégiés d’un certain nombre d’organismes externes où vous n’aviez plus votre place. Et je pense aujourd’hui, très sincèrement, M. DHEILLY, je vous le dis comme je le pense, la Direction de Goodyear a une image de marque qui est plus mauvaise que ce que vous n’imaginez au niveau du Groupe. Pour la simple et bonne raison que même si certaines fois, les organismes externes n’ont pas toujours été sympas avec les salariés, pour autant, ils n’oublient jamais de me dire à chaque fois que je les vois, que vous n’avez jamais été transparent avec eux, qu’à chaque fois, c’est un coup d’épée qu’ils prennent. Quand ils posaient les mêmes questions que je vous posais, que ce soit l’ancienne Mairie d’Amiens, que ce soit le Conseil général, que ce soit le Conseil régional, la DIRECCTE, tous les gens qui gravitent autour du dossier, les ministres, par exemple, tout le monde disait « Goodyear n’est pas clair avec nous. Goodyear nous dit oui un jour et non le lendemain ». Quand vous arrivez devant des gens pour discuter pour trouver une solution alternative pour le site, ce n’est pas facile pour vous parce que les portes se ferment plutôt qu’elles s’ouvrent. Nous, on n’est pas dans cette configuration-là. On n’a pas eu le même rôle que vous. On a souvent été critiqués, y compris par certains médias disant que ce n’est pas normal d’en arriver à se bastonner avec les forces de l’ordre, etc., mais vous savez, les exaspérations, il faut qu’elles s’expriment tôt ou tard. Moi, je pense que et dramatiquement, contrairement à ce que je pouvais croire, je me suis planté parce que je m’étais dit « quand l’annonce va tomber que vous ne reprenez pas le site, des mecs vont péter un plomb devant le site, etc. ». Rien de tout cela ne s’est passé parce que les gens attendent quoi ? Ils attendent de savoir quelle est notre position. Nous, notre position est claire. On fera tout pour que ce site redémarre. Avec ou sans vous.

Michel DHEILLY

M. WAMEN.

Mickael WAMEN

Vous oubliez une chose, c’est qu’à partir du moment où vous avez un projet de vous barrer d’Amiens Nord définitivement, vous ne serez plus responsables de la poursuite ou pas de l’activité. Les salariés ont le droit, par rapport à un certain nombre de nouveaux textes du Code du travail de reprendre la possibilité de faire tourner cette usine. Ce n’est plus vous qui allez décider. C’est l’Etat qui va mettre les moyens et quand vous aurez, face à vous, contrairement à ce que certains financiers peuvent penser, la force de l’Etat qui viendra vous dire « ah bon, parce que vous empêchez en plus que des salariés motivés de reprendre l’usine alors que votre objectif est de reprendre les bécanes, les broyer, les vendre ». Alors que les gens disent « on veut qu’il y ait de la plus-value en France, retrouver un boulot, payer des impôts » et vous empêchez ces gens-là de le faire ? Vous allez l’expliquer.

Michel DHEILLY

Vous ne pouvez pas dire qu’on refuse parce qu’il n’y a pas…

Mickael WAMEN

Autant vous pouviez l’expliquer à l’époque où Arnaud MONTEBOURG était un partenaire privilégié de Maurice TAYLOR en disant « tu mets de l’eau dans ton vin, je mets du vin dans mon eau et à la fin, on trinquera ensemble et on va voir les belles filles à Paris » parce que c’est ce qu’il disait en gros, c’était cela. Sauf qu’ils n’ont jamais pu le faire parce que MONTEBOURG a été débarqué avant. La réalité, c’est que TAYLOR, c’est une chose, les salariés, c’en est une autre. Moi, j’estime que quand je vais aller voir les salariés le 15 janvier et que je vais leur dire que puisque TAYLOR veut le reprendre et que Goodyear veut fermer cette usine définitivement et qu’elle ne lui appartient plus à partir du moment où il n’y a plus d’investissement financier qui est fait. On va reprendre les salariés, on va mettre ensemble les machines. On va demander des parts de marché à Goodyear qui ne pourra pas nous les refuser et on dira à Goodyear chaque euro fabriqué en France, vendu par notre usine à des clients, dans chaque euro, vous trouverez forcément des impôts qui seront payés en France, parce que nous, contrairement à Goodyear, on n’ira pas dans une holding financière, ni à Amsterdam, ni à Bruxelles. Vous croyez qu’ils ne vont pas se faire écho de cela ? Vous croyez que les médias ils ne vont pas arriver à grand renfort en disant « vous avez un projet de SCOP ». Notre projet de SCOP, c’est de dire que ce que vous avez refusé en 2012, qui était inadmissible quand on voit ce qui se passe en 2015, parce que nous, depuis 2012, on en a refait du boulot ici, que ce soit moi, Christian, Sébastien, peut-être qu’on n’est pas dans l’atelier, mais on sait comment les gens fonctionnent. Qui mieux que les salariés peut faire tourner l’usine ? Bien évidemment, je ne suis pas complètement débile et je pense que les responsables de la SCOP, ce ne sera certainement pas moi. Mon objectif, c’est de remettre les gens dans une dynamique de travail, même si c’est eux qui en deviennent les gestionnaires. Vous seriez surpris de voir le nombre de SCOP en France qui fonctionne très bien. Vous achetez, tous les jours des produits dans des sites industriels qui sont des SCOP et cela fonctionne à merveille. Pourquoi ? Parce que vous avez une participation active des salariés parce que quand vous y mettez des billes, vous n’avez certainement pas intérêt que cela capote.

Par contre, aujourd’hui, je suis assez satisfait de voir la situation en réalité, parce que vous êtes en train de nous expliquer qu’il faut qu’on fasse l’information d’un document pour faire fermer l’usine et moi, je suis en train de vous expliquer que cette usine ne fermera pas, que ce soit avec un repreneur ou par nous. Maintenant, vous expliquerez aussi, au tribunal, à l’Etat, à tous ceux qui sont autour du dossier, que WAMEN, la CGT, les salariés qu’on a rencontrés, on est tous en train de se battre pour dire « cette usine, elle a un avenir, on ne veut pas que ce soit démantelé, on veut vendre nos pneus, de la gomme, nos produits finis, on veut créer une force de vente ». Parce que vous avez licencié les revendeurs, mais moi, je suis en contact avec eux toutes les semaines parce qu’ils sont au tribunal contre vous. Ces gens-là, si demain, on crée une SCOP, ils viennent travailler pour nous. Ils connaissent leurs clients, les produits, etc. Donc quand Goodyear va arriver avec toute sa puissance financière, sa puissance des marchés économiques en disant « hors de question d’acheter un pneu pour ces gens-là », vous irez devant le tribunal pour expliquer qu’il ne faut pas qu’il donner 250 000 euros d’indemnité pour salarié licencié parce que non seulement, ils ont été licenciés abusivement par une entreprise qui fait du profit et en plus, vous les empêchez de remettre en route le boulot. Vous irez l’expliquer aux patrons de chez Sarenza. Vous savez combien les patrons de Sarenza ont touché en tout ? 400 millions aujourd’hui et ce n’est pas fini. Vous savez pourquoi ? Parce que les gens voulaient reprendre l’usine et qu’on les en a empêchés. Et vous allez faire la même erreur.

Patrice SZYROKI

Je pense qu’il est préférable de trouver une solution alternative à un repreneur ou autre plutôt que hâter un démantèlement qui ne donnera qu’une friche industrielle et rien d’autre. Si solution, il peut y avoir, pourquoi pas ?

Mickael WAMEN

Hé, Patrice, moi je te demande encore une fois une chose. En réunion à la CGC, on va faire une charte qu’on va proposer à tout le monde. Si la CFE-CGC d’Amiens Nord est d’accord, on peut indiquer que cette demande émane de la CGT appuyée par la CFE-CGC. Plus on sera nombreux à dire qu’il faut aller dans ce sens.

Maintenant, vous savez, M. DHEILLY, la différence entre vous et moi, elle sera à vie. Je dis ce que j’ai envie de dire et ce que je pense. Vous, vous pensez des choses et on vous fait dire autre chose. C’est tout. Et pour faire cela, vous êtes payé différemment de moi. OK, dont acte, je n’ai pas de problème. Si ce n’est pas vous, ce sera un autre.

Michel DHEILLY

Je ne peux pas vous laisser dire cela, dans la mesure où aujourd’hui factuellement, il n’y a pas eu de refus.

Mickael WAMEN

Bien sûr que si. Ce n’est pas Michel DHEILLY qui décide de ce qu’il y a à faire.

Michel DHEILLY

On n’a pas eu besoin de refuser des offres. Vous me promettez qu’il va y avoir des offres d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui et depuis pratiquement un an que cette usine est fermée, ne produit plus, il n’y a pas eu une seule offre de reprise de l’activité.

Mickael WAMEN

M. DHEILLY, vous oubliez juste une chose : de janvier à novembre, je ne pouvais pas interférer dans les négociations entre Goodyear et Titan parce que même quand je demandais à notre avocat de voir ce qui se passait, on me disait « tu restes en dehors du champ d’action parce que c’est entre Granger et l’avocat de Titan en France ». On n’avait pas le droit d’intervenir, mais à partir du moment où toutes les négociations sont arrivées à une fin et que ce n’a pas abouti à un accord, c’est moi qui prends le relais. La différence est là. Quand je dis « moi », c’est la CGT et les salariés. Donc on va vous faire les demandes, je me fous. Je vous dis simplement « voilà la feuille de route qu’on va mettre en place ». C’est tout. Vous allez essayer de trouver un autre argument. Vous allez essayer de trouver plein de choses. A chaque fois, vous mettez un argument, on va systématiquement le lever. Moi, je vous dis, M. DHEILLY, je ne sais pas si on va y arriver, je ne détiens pas la puissance financière du Groupe machin, etc. cela n’empêche que le Code du travail peut nous aider. Des salariés sont motivés et on n’a pas envie que cette usine termine comme cela. Ce n’est pas possible. Soit on arrive à convaincre le repreneur en lui disant clairement, en signant des accords avec lui y compris au ministère, scellé d’huissier, qu’aucun salarié ne viendra réclamer l’application du L124-1 s’il n’est pas dedans, etc. Ce sont des possibilités que nous offre le Code du travail et on peut le faire. On va essayer de rassurer le Big Boss qui voudrait venir. On va lui expliquer une deuxième fois, et je pense que, Sébastien l’a dit une fois, il faut que chaque élu signe un document dans lequel il s’engage à ne pas venir, on va le faire. Ce sera une nouvelle étape, puisqu’on nous pousse à le faire, on va le faire. A partir de là, s’il ne vient toujours pas, cela voudra dire que vous ne voulez vraiment pas de nous, mais pour autant, on ne baissera pas les bras. Il y a le projet de SCOP. Mais pour travailler sereinement, j’ai besoin d’un temps. Je ne vais pas aller dans le même temps me battre pour l’avenir du site et dans le même temps, aller dans des réunions où je vais parler du démantèlement. Je vous demanderai officiellement à Goodyear, à l’Etat, un moratoire. Chacun décidera en son âme et conscience de ce qui doit faire.

Michel DHEILLY

C’est le gros point de divergence aujourd’hui.

Mickael WAMEN

Je sais pertinemment ce qui va se passer. Je sors d’ici. Je ne suis pas encore arrivé là-bas que vous êtes en conf call. Cela va durer quatre heures votre bordel, je vous le dis tout de suite. Plus fort que la moyenne parce que vous ne vous y attendiez pas, à celle-ci. Vous pensiez que vous alliez arriver aujourd’hui avec votre bordel. Manque de bol, ce n’est certainement pas dans cette optique-là qu’on va travailler. Quand il faut foutre le bordel, on le fait. Aujourd’hui, je n’avais aucun intérêt à le faire, je ne le ferai pas. Cela étant, aujourd’hui, ceux qui seront dans la merde, ce n’est certainement pas de ce côté-là, c’est vous, moi, je vous le dis, parce que quand vous devrez expliquer, à des salariés, à la France entière, au monde économique, à tous ceux qui gravitent autour du dossier qu’il y avait un projet de reprise et que votre unique intérêt, c’est de reprendre les machines, de les broyer, de les ventiler et de mettre encore plus de gens au chômage dans un pays où aujourd’hui, quand on crée dix emplois dans une PME, cela fait la une du journal… Je suis désolé, ce n’est pas de dix emplois qu’on parle, c’est peut-être 300, 400 ou 500. Et si je m’en réfère à vos propos, ce sont 672. Vous ne m’empêcherez pas, contre vents et marées, Monsieur, avec l’équipe que j’ai à la CGT, de me battre pour au moins aller chercher 333 emplois. Vous ne m’en empêcherez pas. Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais cela, vous ne m’en empêcherez pas.

Sur ce, pour moi, la réunion, elle est close.

Michel DHEILLY

Je n’ai pas cherché à vous en empêcher.

Mickael WAMEN

Vous ne m’en empêcherez pas, je vous le garantis.

Michel DHEILLY

Je regrette, une fois encore, que nous ne puissions….

Mickael WAMEN

Vous ne tenez pas compte de mes propos, qui sont, pour une nouvelle fois, de très bon sens et de valeur humaine.

Michel DHEILLY

Je tiens compte de vos propos.

Mickael WAMEN

Vous n’êtes plus le Directeur d’un site industriel, Monsieur. Vous êtes le liquidateur d’un site industriel. La différence est là. Votre statut n’a pas changé, mais vos fonctions ont changé. Vous n’êtes plus le Directeur d’un site industriel, Monsieur. Vous êtes le liquidateur d’un site industriel.

Michel DHEILLY

Pour moi, cela reste, comme vous le savez, un regret de ne pouvoir discuter de ce projet.

La séance est levée

mercredi 14 janvier 2015

Compte-rendu réunion extraordinaire du Comité d’Entreprise Goodyear du 11 décembre 2014

Etaient présents :

Pour la Direction :

Michel DHEILLY​​​ Président du CE

Michèle SEPREZ​​​ Responsable Ressources Humaines

Pour les organisations syndicales :

Mickaël WAMEN​​​ Titulaire​​ CGT Reynald JUREK​​​ Titulaire​​ CGT Evelyne BECKER​​​ Titulaire ​​CGT David MEIRA​​​ Titulaire​​ CGT Jean-Jacques ROUCOU​​ Titulaire​​ CGT Sébastien LUPO​​​ Titulaire​​ CGT Stéphane KROLIK​​ ​Suppléant​​ CGT

Patrice SZYROKI​​​ Titulaire​​ CFE-CGC Jacques MARTIN​​​ Suppléant​ ​CFE-CGC Jean-Claude JUDLIN​​​ RS​​​ CFE-CGC

Etaient absents :

Franck JUREK​​​ Titulaire​​ CGT Christian HAREUX ​​​Suppléant​​ CGT Jean-François QUANDALLE​ Suppléant​​CGT

La séance est ouverte à 10 heures 25.

Michel DHEILLY

Je vous propose d’ouvrir la réunion de CE avec notre traditionnel retard.

Reynald JUREK

Nous avons le temps, nous ne sommes plus pressés. Essayez-vous déjà de nous provoquer ?

Michel DHEILLY

Non.

Reynald JUREK

J’en ai l’impression.

Michel DHEILLY

Je fais juste constater que nous avons comme d’habitude 20 minutes de retard.

Reynald JUREK

Vous n’avez que ça à faire.

Michel DHEILLY

C’est ce que vous pouvez penser, mais peu importe.

Nous allons donc aborder le premier point à l’ordre du jour, à savoir l’information en vue de la consultation du Comité d’Etablissement sur le projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement d’Amiens Nord. Nous traiterons ensuite le deuxième point que vous avez souhaité inscrire à l’ordre du jour, à savoir l’absence, en cas de cession de l’usine d’Amiens Nord, de toute obligation de reprendre 672 salariés.

Mickaël WAMEN

Nous souhaitons voter deux délibérations aujourd’hui (nous demanderons une suspension de séance pour les imprimer) que nous soumettrons à la lecture de l’autre organisation syndicale présente, en l’occurrence la CFE-CGC pour connaître leur avis. Nous essayerons échanger avec eux sur ce point pendant une suspension de séance.

J’ai plusieurs questions à vous poser, auxquelles j’aimerais que vous me répondiez aujourd’hui : pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous aviez dit à Titan que la reprise de l’usine d’Amiens Nord le contraindrait à reprendre 672 salariés licenciés ?

Michel DHEILLY

Je vous répondrais dans le cadre du point 2 qui est inscrit à l’ordre du jour. Je pense que nous allons essayer de garder l’ordre du jour, mais cela fait partie des points sur lesquels nous reviendrons et auxquels je m’attends à ce que vous ayez besoin d’une réponse formelle.

Mickaël WAMEN

Estimez-vous que la cession de l’activité agricole à Titan entrainera l’application de l’article L1224-1 du Code du travail ?

Michel DHEILLY

Oui, ça s’appliquera.

Mickaël WAMEN

L’article L1224-1 du Code du Travail s’appliquera ?

Michel DHEILLY

Oui.

Mickaël WAMEN

D’accord. Vous répondez donc favorablement à cette question.

Michel DHEILLY

Lorsqu’on regarde l’application de l’article L1224-1 dans le cadre d’une cessation d’activité, telle qu’elle a été présentée et en particulier proposée dans le cadre d’une reprise par Titan, nous nous apercevons que nous devrions y être soumis, malgré le statut des salariés qui sont aujourd’hui licenciés

Reynald JUREK

Vous supposez, c’est ce que vous venez de dire.

Michèle SEPREZ

C’est l’analyse qui a été faite par le conseil de Titan.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas du tout ce que l’avocat de Mory Taylor dit, sachant qu’il a changé de cabinet d’avocats il y a quelques mois.

Michel DHEILLY

Nous sommes dans le cadre du transfert d’entité économique autonome.

Mickaël WAMEN

Non.

Michel DHEILLY

C’est considéré comme étant le cas de figure du site d’Amiens Nord puisque nous sommes dans un « ensemble organisé de personnes et de matériel disposant d’un objectif propre et transféré en conservant son identité ». Les dispositions de l’article L1224-1 s’appliquent donc.

Mickaël WAMEN

Vous considérez que l’article s’applique aujourd’hui pour 672 salariés. A quoi ce nombre correspond-il ?

Michel DHEILLY

Vous êtes en train de vouloir traiter le point 2 de l’ordre du jour.

Reynald JUREK

C’est un ordre du jour global.

Michel DHEILLY

Je ne suis pas en train de vous faire des reproches, je suis en train de faire remarquer que le début de nos discussions intervient en élément de réponse au point 2 de l’ordre du jour.

. Absence, en cas de cession de l’usine d’Amiens Nord, de toute obligation de reprendre 672 salariés licenciés Puisque c’est sur ce sujet-là que vous voulez orienter le débat, plus que sur le partage des informations qui figurent dans le document qui vous a été remis.

Mickaël WAMEN

Je tenais à vous dire qu’une fois encore, j’ai reçu l’avis de passage d’un huissier, mais je n’ai pas eu le document. Je me présente ce matin en réunion et je n’ai pas les documents. J’ai reçu un avis de passage de l’huissier parce que je n’étais pas à mon domicile, je revenais d’une réunion (parce que je fais des allers et retours même si vous ne me les payez plus, je ne sais pas si vous êtes au courant). J’ai reçu un avis de passage de l’huissier, mais je n’ai pas les documents, je tenais tout de même à vous le signaler parce que ce n’est pas la première fois.

Michel DHEILLY

Je vérifierai ce point-là.

Mickaël WAMEN

Monsieur Juart m’avait dit « soit tu prends en mains propres », mais je n’étais pas présent. Physiquement, j’étais à Paris le jour où vous me l’avez remis.

Michel DHEILLY

Nous avons organisé une remise en mains propres des documents.

Mickaël WAMEN

J’ai eu un avis de passage de l’huissier, mais je n’ai pas eu de document, l’ordre du jour ou la convocation. J’ai appris l’existence d’une réunion parce que Monsieur Jurek m’en a tenu informé, mais je n’ai pas les documents. A mon avis, les documents sont encore chez l’huissier. Ce n’est pas tout à fait normal.

Michel DHEILLY

Si vous le souhaitez, nous faisons une suspension de séance le temps de récupérer les documents pour que vous puissiez avoir les supports de discussion sous les yeux.

La séance est suspendue pendant quelques instants.

Les licenciements préalables des salariés sont sans effet sur l’application de cette disposition. Nous sommes dans le cadre d’une entité économique autonome (c’est ce que j’étais en train de dire juste avant). En ce qui concerne Amiens Nord, toutes les machines, le matériel et l’usine auraient été transférés, ainsi que la commercialisation des pneumatiques agricoles sous la marque « Goodyear ». A notre sens, une entité économique autonome serait donc bien transférée.

Mickaël WAMEN

Vous n’êtes pas sans savoir que l’employeur est soumis à des obligations légales, notamment du fait des nouvelles lois qui ont été transposées via des nouveaux articles du Code du Travail, qui permettent, selon la loi Florange, d’épuiser toutes les ressources nécessaires afin de reprendre une entreprise, quelle qu’elle soit dès lors que son activité ferme, ce qui est le cas du Farm.

Aujourd’hui, notre position consiste à dire que l’application de l’article L1224-1 du Code du Travail n’est aucunement obligatoire. Nous aimerions aussi savoir comment vous arrivez au chiffre de 672 salariés.

Michel DHEILLY

Nous avons transmis l’ensemble des informations relatives aux salariés, en particulier à Titan (puisque c’est de lui dont nous parlons comme repreneur potentiel de l’activité agraire). L’ensemble des informations a donc été transmis et ces 672 salariés sont des salariés qui ont travaillé de manière significative dans l’activité agricole. Ils ont travaillé soit à plein-temps dans l’activité agraire, mais aussi sur des équipements mixtes qui interviennent dans le processus de fabrication.

Mickaël WAMEN

Il s’agit donc de gens qui ont exercé une activité dédiée à l’agraire ou mixte, en rapport en partie avec l’activité agricole.

Michel DHEILLY

Tout à fait.

Mickaël WAMEN

Comment estimez-vous ce chiffre à 672 en 2014 alors qu’en 2012, dans le cadre de la fusion et de la revente de l’activité agricole à Titan (ce sont des documents officiels de Goodyear et de Titan puisqu’ils figurent dans son business plan), vous estimiez le nombre maximum de salariés à 537 ?

Michel DHEILLY

Attendez…

Mickaël WAMEN

Laissez-moi terminer, je vais vous expliquer les choses. En 2012, dans cette salle, il y avait Monsieur Vincent Smolders, Jeffrey Smith, Jean Lebon, des cabinets d’expertises et tout le parti des représentants du groupe Titan via les gens de Goodyear qui discutaient. Nous avions aussi le groupe Titan comme intervenant direct dans un certain nombre de réunions.

Nous nous sommes fait expliquer par la direction de Goodyear, dans un organigramme détaillé et précis, qui comprenait les activités agricoles et les activités mixtes, que le nombre maximal de salariés à reprendre, y compris les supports (nous parlons des services supports qui étaient soit totalement, soit partiellement dédiés à l’activité agricole), représentait un total de 537 salariés.

C’était en 2012. Ensuite, il y a eu l’épisode qui s’est passé avec la justice qui a ordonné à Titan de refaire un business plan qui n’était plus, cette fois-ci, squelettique, puisque la Juge du Tribunal de Nanterre avait parlé de « squelettique ». Elle demandait à Goodyear de donner des garanties supplémentaires aux 24 mois initialement prévus dans son projet pour la reprise de l’activité agricole et des 537 salariés dédiés tout ou partie à l’activité agricole. C’est Goodyear qui, en 2012, après fait une étude longue, précise –et nous avons tous les documents nécessaires, détaillés, machine par machine, secteur par secteur, bureau par bureau- avait déterminé un nombre de 537 salariés.

C’est tombé à l’eau parce que Titan n’a pas voulu revoir sa copie. Il a dit « c’est 24 mois, ce ne sera pas plus ». Il y a eu divers rebondissements jusqu’à la fin de l’année 2013 où Taylor a dit « je ne reprendrais l’usine d’Amiens Nord que lorsqu’elle sera fermée complètement, qu’il y aura eu un accord entre la CGT et la direction de Goodyear. A partir de ce moment-là, je m’engage à reprendre 333 personnes dans un premier temps ».

Voilà où nous en étions. Il y a eu l’annonce que vous avez faite aujourd’hui. Nous allons demander à la justice que vous soyez dans l’obligation de nous fournir les éléments des discussions et des échanges que vous avez eus, puisqu’il y a aussi une obligation légale dès lors qu’il y a des échanges et des discussions, une session entre les établissements et un repreneur, les partenaires sociaux et les organisations syndicales doivent avoir tous les éléments en main sur la teneur des échanges et des débats entre d’un côté, Goodyear, et de l’autre côté, Titan. Vous revenez dire « c’est 672 au titre de l’article L1224-1 pour la simple et bonne raison, Monsieur Wamen, Messieurs de la CGT et Messieurs de la CGC, que nous avons regardé : il y a 672 personnes qui dépendaient tout ou partie de l’activité agricole ». Or, en 2012, c’était 537.

Aujourd’hui, très clairement, il n’y a aucune obligation et d’ailleurs, c’est en cela que nous allons plaider devant la justice, dans l’accord de fin de conflit du 23 janvier 2014, il est indiqué que dans l’article 11 que vous violez (ce qui va faire l’objet d’une procédure en référé qui part aujourd’hui au Tribunal d’Amiens). Vous violez l’article 11 et nous allons vous demander de nous donner des explications. Il est bien évident que la justice va avoir tous les éléments nécessaires parce que je ne peux pas comprendre aujourd’hui –après, je peux bien entendre plein de choses, vous savez, je ne suis pas plus con que la moyenne- Taylor a demandé 333, Goodyear dit qu’il est obligé de lui en imposer 672 selon les textes législatifs. Si je me réfère à 2012, c’était 537. Déjà, les 537, il n’en voulait pas, il avait dit « moi, ce sera 333 dans un premier temps ». A ce que je sache –et nous l’avons toujours dit- nous sommes prêts à signer un accord dès demain, avec le repreneur et le groupe Goodyear, pour dire « on laissera Titan prendre qui il souhaite dans la limite de ce qu’il veut, à savoir, dans un premier temps, les 333 salariés ».

En ce qui concerne l’obligation induite par l’article L1224-1 du Code du Travail, c’est un mensonge supplémentaire. Il n’y a aucune obligation légale de reprendre les salariés de Goodyear. Titan pourrait tout à fait demain venir ici, prendre l’usine et embaucher 333 mecs qui viennent de je-ne-sais-pas-où, sauf des Goodyear. Celui qui dit le contraire est un pur menteur. La seule chose qui, aujourd’hui, fait peur, ce n’est pas à Titan. Le problème du risque que vous êtes en train de calculer est uniquement pour Goodyear, il est là, votre problème.

Michèle SEPREZ

Ce n’est pas Goodyear qui a imposé les 672 salariés.

Mickaël WAMEN

C’est vous ! C’est dans la déclaration de Mory Taylor, lorsque Monsieur Dheilly dit « en application de l’article 1224-1 du Code du Travail, nous avons regardé, il y a 672 personnes qui étaient tout ou partie dédiées à l’activité agricole ». C’est ce que Monsieur Dheilly a dit. Je vous dis qu’en 2012, dans la même configuration, dans la même discussion…

Michel DHEILLY

Puis-je vous répondre sur ce point ?

Mickaël WAMEN

Attendez… L’activité agricole n’a pas augmenté significativement pour créer +100 emplois supplémentaires.

Michel DHEILLY

Je pense pouvoir apporter un élément de réponse à votre remarque…

Mickaël WAMEN

Je suis très satisfait du fait que vous disiez aujourd’hui « oui, l’article L1224-1 s’applique ». Or, je dis que c’est faux et quand vous annoncez 672 salariés –je pense qu’on peut tous le dire dans cette salle, y compris les élus de la CGC- il n’a jamais été question ici, dans les documents officiels de Goodyear lorsque vous avez présenté le premier PSE, le deuxième PSE…

Michel DHEILLY

Monsieur Wamen, vous ne me laissez pas répondre à la remarque que vous avez faite…

Mickaël WAMEN

Je n’ai jamais entendu parler de 672 personnes pour la simple et bonne raison qu’à l’époque, lorsque nous étions dans cette salle et que nous pétions des plombs en disant « vous prenez des gens de gauche et de droite, je ne sais pas où vous allez trouver les 537 », vous aviez déjà un mal fou à nous l’expliquer.

Aujourd’hui, je constate un élément : Goodyear met un terme à une discussion avec un repreneur en supprimant la possibilité de reprendre un établissement industriel, de recréer une dynamique industrielle et de créer des emplois. C’est Goodyear qui met un terme à la discussion. Madame Seprez vient de dire le contraire, c’est faux. C’est totalement faux, ce n’est pas Mory Taylor qui a dit qu’il voulait 672 salariés, il dit très clairement que…

Michèle SEPREZ

Il a évoqué le nombre de 672.

Mickaël WAMEN

… que Goodyear lui a imposé parce que Goodyear dit que la loi, le Code du Travail, imposent à un repreneur de reprendre l’intégralité des salariés dédiés à l’activité agricole. Si on ne s’en tient qu’à ça, c’est 537.

Michel DHEILLY

Monsieur Wamen, puis-je enfin vous répondre ?

Mickaël WAMEN

Or, l’article L1224-1 du Code du Travail ne s’applique pas.

Michel DHEILLY

C’est votre version. Permettez-vous maintenant que je vous apporte un certain nombre d’éléments de réponse par rapport aux remarques que vous venez de faire et en l’occurrence, par rapport au chiffre de 537 ?

Mickaël WAMEN

Monsieur, vous pouvez émettre les remarques que vous souhaitez…

Michel DHEILLY

Je sais bien que cela ne changera pas votre état d’esprit. Pour autant, je souhaite mentionner un certain nombre de points par rapport aux questions que vous soulevez et aux éléments que vous avancez.

Mickaël WAMEN

Je vous ajoute une question, vous pourrez répondre après. Puisque vous dites que l’article L1224-1 du Code du Travail s’applique, pouvez-vous confirmer que les licenciements des salariés Goodyear Amiens Nord ont eu lieu à l’occasion du transfert de l’activité agraire à Titan ?

Attendez, je vous le répète parce que c’est un peu compliqué pour vous. Puisque vous confirmezque l’article L1224-1 du Code du Travail s’applique (c’est ce que vous avez dit : pour vous, c’est une obligation), vous êtes obligé d’appliquer l’article L1224-1 du Code du Travail…

Michel DHEILLY

Oui, c’est ce que Titan en ressort aujourd’hui.

Mickaël WAMEN

Non, c’est Goodyear qui le lui impose en disant « le Code du Travail t’impose la reprise de 672 personnes ».

Michel DHEILLY

Attendez…

Mickaël WAMEN

C’est l’analyse de votre avocat, Monsieur Grangé. Madame Seprez, pouvez-nous nous dire clairement qui exige l’application de l’article L1224 : Goodyear ou Titan ? Je pose une question avec Madame Seprez, qui semble être en différent avec Monsieur Dheilly.

Michel DHEILLY

Non, je ne suis pas du tout en différent.

Mickaël WAMEN

Qui exige l’application du 1224 ?

Michèle SEPREZ

Le chiffre de 672 a été donné par les conseils de Titan, qui ont fait leur propre analyse. Cette analyse rejoint la nôtre.

Mickaël WAMEN

Qui dit aujourd’hui ouvertement qu’il est obligé d’appliquer l’article 2424-1 du Code du Travail ? C’est Goodyear ou Titan ?

Michèle SEPREZ

Les avocats de Titan !

Mickaël WAMEN

Qui disent les avocats de Goodyear ?’

Michèle SEPREZ

Ils pensent la même chose.

Mickaël WAMEN

Voilà, ce sont bien les avocats de Goodyear !

Michèle SEPREZ

Non, pas du tout.

Michel DHEILLY

Les avocats…

Mickaël WAMEN

En tant que DRH du site d’Amiens Nord, vous représentez la direction de Goodyear. Aujourd’hui, quelle est votre position ? L’article L1224-1 du Code du Travail s’applique-t-il ?

Michèle SEPREZ

Je pense qu’il s’applique dans le cadre d’un transfert.

Mickaël WAMEN

Vous pensez, mais vous n’en avez pas la certitude.

Reynald JUREK

Je trouve dramatique que depuis tout à l’heure, vous dites « je pense que, il serait possible que… ». Vous n’êtes sûrs de rien, comme d’habitude.

Michèle SEPREZ

Pour n’importe quel repreneur, l’article s’applique.

Mickaël WAMEN

De toute façon, pour nous, l’article ne s’applique pas. Je vous repose la question :puisque vous affirmez que l’article L1224-1 du Code du Travail s’applique, confirmez-vous que les licenciements des salariés de Goodyear Amiens Nord ont eu lieu à l’occasion du transfert de l’activité agraire à Titan ?

Michel DHEILLY

Je ne répondrais pas à cette question-là pour l’instant.

Michèle SEPREZ

Il n’y a pas de transfert.

Mickaël WAMEN

C’est Titan qui décide des conditions de vente ? Vous rigolez ou quoi ?

Michel DHEILLY

Titan nous a demandé.

Mickaël WAMEN

Vous avez dit que c’est Titan qui exige 672 personnes…

Michèle SEPREZ

Non, j’ai dit qu’il avait évoqué le chiffre de 672 personnes, ce n’est pas pareil.

Mickaël WAMEN

Taylor dit que Goodyear lui a imposé 672 salariés. Patrice ?

Patrice SZYROKI

Je l’ai entendu.

Mickaël WAMEN

Taylor dit « Goodyear m’impose la reprise de 672 personnes ». Vrai ou faux ?

Michel DHEILLY

Vous êtes en train de reprendre les paroles que Maurice Taylor aurait prononcées.

Mickaël WAMEN

C’est le communiqué exact du groupe Titan.

Michel DHEILLY

Il nous a été demandé quels sont les salariés qui ont travaillé dans le processus de fabrication de pneus agraires. Vous savez comme moi que rentrent deux grandes populations, les gens dédiés à une activité 100 % agraire et la population qui rentre dans l’activité mixte.

Sébastien LUPO

Et les documents d’il y a deux ans…C’est n’importe quoi !

Mickaël WAMEN

On voit que vous êtes moins à l’aise que pour le reste. Vous êtes dans la merde.

Michel DHEILLY

Aujourd’hui, nous avons transféré l’ensemble des éléments sur la population mixte et agraire à Titan. Sur la base de cette analyse, Titan et ses avocats considèrent qu’il y a un risque par rapport à l’application de l’article L1224-1. Lorsqu’on en discute avec eux, nos avocats pensent la même chose dans la mesure où « le fait que les licenciements sont sans effet et qu’il y ait eu des contrats de travail transférés à titre d’exemple » (cf Cour de Cassation du 15 février 2006).

Mickaël WAMEN

Lisez-moi le document en entier ! Je ne comprends rien à ce que vous dites depuis tout à l’heure. Vous tenez une thèse qui n’existe nulle part. Je vais vous expliquer pourquoi « demain, vous auriez dit « on va demander à Taylor d’en reprendre 1000 », ce serait exactement pareil !

Michel DHEILLY

Je vous ai écouté jusqu’au bout.

Mickaël WAMEN

Pour la population, pour tout le monde qui vous regarde, vous passez tous pour des cons !

Michel DHEILLY

C’est ce que vous pensez. Aujourd’hui, on considère que juridiquement, nous sommes en train de transférer une entité économique autonome.

Mickaël WAMEN

C’est faux ! Il n’existe aucune entité économique autonome ici. Je vais vous expliquer pourquoi. Vous allez voir, on va rigoler là-dessus.

Michel DHEILLY

Je veux répondre à un point précis. Vous m’avez parlé de 672 et de 537. Je pense qu’il faut mettre en avant deux choses : le nombre de salariés qui ont travaillé dans le cadre d’une activité agricole, qu’il s’agisse de l’activité mixte ou 100 % agraire. La deuxième chose, on confond avec une organisation…

Sébastien LUPO

Vous intégrez tous les gens des bureaux dans la population mixte !

Michel DHEILLY

On confond avec une organisation qui est viable pour fabriquer un certain nombre de pneus agraire.

Mickaël WAMEN

C’est un mensonge supplémentaire qui vise à transférer une activité illégalement !

Michel DHEILLY

Les 537 correspondaient à une organisation agraire viable pour fabriquer un nombre de pneus qui a été déterminé à ce moment-là.

Sébastien LUPO

C’est un mensonge !

Michel DHEILLY

Aujourd’hui, les 672 salariés correspondent uniquement à des salariés Goodyear qui étaient utilisés dans le process de fabrication d’un pneu agraire. C’est deux choses différentes : d’un côté, on parle d’une organisation à 537 ou à 333, et d’un autre côté, on parle d’un nombre de salariés qui ont été impliqués dans la fabrication agraire.

Mickaël WAMEN

T’arrête de gueuler ? Calmez-vous !

Michel DHEILLY

Vous n’écoutez pas !

Mickaël WAMEN

Dès que j’ai entendu le départ de ce que vous avez dit, je me dis qu’aujourd’hui, il n’y a aucune cohérence dans vos propos, quels qu’ils soient. L’article L1221-1 du Code du Travail ne s’applique pas en cas de reprise de l’activité.

Michel DHEILLY

Nous partons du principe que les salariés peuvent revendiquer l’application L1224-1 du Code du Travail. C’est tout.

Mickaël WAMEN

En ce qui concerne le fait que vous disiez qu’il y aujourd’hui sur ce site une activité économique autonome, je vais vous démontrer très clairement que non. Il y a plusieurs années…

Michel DHEILLY

Je n’ai pas dit « sur le site », j’ai dit que nous transférions une activité économique autonomie dans la mesure où nous transférions la partie « commercialisation » et la partie « matériel ».

Mickaël WAMEN

En 2012, lorsque vous faisiez l’accord avec Titan, vous n’avez nullement fait référence à cela.

Reynald JUREK

Vous avez même été déboutés là-dessus !

Mickaël WAMEN

A aucun moment, vous n’avez parlé d’une usine qui était autonome, d’une production qui était autonome, d’un produit spécifique autonome. Je vais vous dire pourquoi ce n’est pas autonome. Il y a plusieurs années –mais vous n’étiez peut-être pas encore au monde-, la direction du groupe Goodyear France a décidé de mettre en concurrence le service « nettoyage » à la société GSF. Vous avez perdu. Le Tribunal a rendu un jugement en référé : à Amiens Nord, il n’y a aucune autre activité que l’activité « pneumatiques ». La seule et unique activité est l’activité du pneu. L’usine d’Amiens Nord n’est donc pas une activité autonome. Elle dépend d’une multinationale qui a une maison-mère à Akron, qui a des filiales au Luxembourg, avec un certain nombre d’usines dans le monde. Goodyear Amiens Nord n’est pas une entité économique autonome. L’activité agricole n’est pas une activité économique autonome.

D’ailleurs, dans les documents de 2012 sur la cession de l’activité agricole à Titan, vous ne faites nullement référence à ces éléments. De plus, aujourd’hui, vous êtes en train d’évoquer le fait que Taylor aurait une nouvelle proposition pour accroître significativement le niveau de production, ce qui l’oblige à reprendre plus de personnes que prévu en 2012.

Nous n’avons aucun élément tangible pour vous croire sur parole, cher Monsieur. Je continue à dire que tout cela est un mensonge supplémentaire. Je demande une suspension de séance pour que nous puissions partager un certain nombre d’éléments avec nos collègues de la CFE-CGC, notamment les deux délibérations que nous allons faire passer au vote. Ensuite, vous déroulerez le document que j’ai eu ce matin au lieu de l’avoir avant, comme les autres, et ça, c’est quand même fort dommage.

En tout état de cause, aujourd’hui, nous avons deux délibérations à faire voter. Nous allons nous retrouver devant la justice, et nous n’allons donc pas nous époumoner 107 ans pour savoir qui a tort ou qui a raison. La justice va devoir trancher très rapidement. Aujourd’hui, nos avocats travaillent 24/24 heures sur les PV. Pour en avoir eu un ce matin au téléphone, je peux vous dire qu’ils rigolent. Ils disent qu’il n’y a rien de ce qui a été marqué là-dedans qui a été ne serait-ce que discuté une seule fois en 2012 ou 2013.

Je continue à dire que le site d’Amiens Nord peut être rentable du point de vue de l’activité agricole et que Goodyear n’a pas le droit de mettre un terme à des discussions sur la reprise du site. J’ai mandaté, avec mes collègues de la CGT, notre avocat pour qu’il engage des discussions avec l’avocat du groupe Titan. Nous allons lui soumettre une proposition au cours des jours à venir. Cette proposition sera soumise à tous les acteurs du dossier, autres que Goodyear. Vous avez des obligations légales que vous ne respectez pas. Je peux vous assurer d’une chose : il n’y a pas une machine agricole qui partira du site.

Pour la simple et bonne raison, c’est que vous avez indiqué dans un accord avec moi, avec Monsieur Jurek, avec les camarades de la CGT, les signataires de l’accord, l’Etat, à travers de la Préfecture, qui a signé cet accord, que vous vous engagiez et que je m’engageais, au nom de la CGT, à ne pas faire obstacle à la reprise. Vous faites exactement le contraire, vous violez l’article 11. C’est complètement illégal.

Quant à savoir de combien de salariés Titan aurait besoin, pour ce que je sais de Titan et de son avocat, Titan n’a jamais remis en question le chiffre de 333. Il est même plus clair que ça, puisque, dans sa dernière intervention (nous ne pouvons pas inventer cette intervention, elle est claire, non seulement il l’a prononcée, il a diffusé un message écrit, il a eu des interviews avec des journalistes du Monde qui sont allés le rencontrer, il est passé en direct sur certaines chaînes, et sur certaines radios), il a dit très clairement « Goodyear m’impose 672 salariés. Or, à aucun moment, ça n’a été évoqué et il semblerait que Goodyear dise que le problème viendrait du Code du Travail français qui impose la reprise d’un certain nombre de salariés ». La première fois qui m’est venue à l’esprit, c’est « d’où sortent ces 672 ? ». S’il avait dit, c’est 537. J’aurais dit « voilà, c’est plus cohérent ». Je ne sais même pas d’où sort ce chiffre de 672. Vous évoquez une montée en puissance du pneumatique « Farm », alors que dans les réunions de CCE et les réunions de CE, dans toutes les réunions de suivi, vous dites que le marché agricole s’est effondré.

Michel DHEILLY

Ce n’est pas du tout ce que nous disons. C’est complètement faux.

Mickaël WAMEN

Vous dites que maintenant l’activité agricole est une activité autonome.

Michel DHEILLY

Nous n’avons pas dit que le business « Farm » augmentait. Nous sommes en train de dire que vous confondez l’organisation du travail, qui peut être basée sur 333 ou 537, ou je ne sais combien de personnes, et les 672 salariés qui étaient impliqués de près ou de loin, sur des équipements mixtes ou Farm, dans l’activité agraire.

Evelyne BECKER

Lors des rencontres que nous avons eues avec les avocats de Titan et Goodyear, nous avions proposé un chiffre supérieur à 537 et nous avions demandé le détail des 537. Nous avons eu des slides avec les chiffres. Nous avons dit « 537, ce n’est pas possible, cela comporte les bureaux, les dépôts, les salariés mixtes et l’agraire ». Aujourd’hui, vous nous dites, c’est 672. C’est impossible puisqu’à l’époque déjà, nous voulions qu’il y en ait plus pour qu’il y ait une reprise plus importante. La Direction de Titan a dit « 537, c’est Goodyear qui me l’impose ». Je m’en rappelle très bien. Il avait dit 537 au départ et il est revenu en disant « en fin de compte, avec 333 j’en aurais assez pour démarrer ». Aujourd’hui, vous dites que c’est Titan qui dit que c’est 672. Ou ils sont complètement cinglés, ou c’est vous.

Michel DHEILLY

Je ne suis pas en train de dire…

Mickaël WAMEN

C’est un mensonge tellement gros qu’il en devient ridicule. Je peux comprendre votre position de Directeur d’Etablissement. Vous êtes dans l’obligation de donner des informations, même si elles ne sont aucunement cohérentes. C’est une réalité. Je dis très clairement que Goodyear a fait une énorme bourde qui va nous servir grandement, mais je n’ai pas terminé ce que j’étais en train de dire tout à l’heure, je disais…

Michel DHEILLY

Moi non plus !

Mickaël WAMEN

Je pense très concrètement que ce dossier va nous donner raison sur la totalité des débats que nous avons depuis 2007. Vous êtes en train de commettre une erreur phénoménale. C’est pour cela qu’hier j’ai dit à Reynald (je n’ai pas vu les autres, mais j’ai vu Reynald et Evelyne lors d’une réunion à Paris) : « il faut que nous soyons calmes, sereins ». Effectivement, il pourrait y avoir des débats beaucoup plus houleux lorsqu’on constate le mépris qui règne à notre encontre et à l’encontre des salariés que nous représentons. Je vous dis une chose : il n’y aura aucun démantèlement, aucune machine qui sortira du site d’Amiens Nord, pour la simple et bonne raison que vous n’en aurez pas le droit. La justice va vous condamner à faire respecter l’article 11.

Michel DHEILLY

Ce n’est pas vous qui allez me donner le droit ou pas. Cela se fera en d’autres lieux.

Mickaël WAMEN

Vous oubliez qu’au-delà du Code du Travail et du droit du Tribunal, il y a le droit social. Si demain, nous décidons avec les salariés de prendre l’usine et d’enlever les machines, nous ferons comme vous. Nous violerons l’article 11.

Michel DHEILLY

Des menaces, à nouveau. Cela faisait un moment, Monsieur Wamen.

Mickaël WAMEN

Ce ne sont pas des menaces. Vous n’arriverez pas à me criminaliser.

Michel DHEILLY

Vous continuez à me mépriser, c’est clair.

Mickaël WAMEN

Non seulement, vous avez un rôle à jouer et on vous fait jouer un rôle. Les gens qui sont au-dessus de vous vous utilisent comme une petite marionnette. Ils sont en train de vous mettre dans une situation qui, à mon avis, n’est pas très confortable pour vous, et je peux le comprendre.

Michel DHEILLY

Je ne joue pas un rôle.

Mickaël WAMEN

Je comprends que vous soyez dans la provocation depuis ce matin, parce que vous n’avez rien d’autre comme argument. Vous attendez que ça pète pour éviter les débats intelligents, dans le cadre desquels vous seriez confrontés à une vraie problématique.

Michel DHEILLY

Je ne peux pas répondre à vos différents propos.

Mickaël WAMEN

Demain, si des salariés décident de reprendre l’usine, de la racheter, par la loi Florange, vous allez dire à la justice « je la démonte quand même ». Je vais quand même vous expliquer un truc…

Michel DHEILLY

Je ne suis pas en train de parler d’une SCOP. Je suis en train de relancer la consultation sur le démantèlement des équipements « farm » et mixtes, faute de repreneur. Nous n’avons pas d’offre de Titan dans la mesure où il dit qu’il y a un risque avéré avec 672 salariés qui pourraient revendiquer l’application de l’article 1224-1. Vous ne voulez pas l’entendre.

Je répète une dernière fois que les 672 salariés sont ceux qui ont travaillé de près ou de loin dans l’activité agraire et/ou mixte. Cela n’a rien à voir avec l’organisation à 537 salariés qui a été proposée ou à 333 salariés qui a été demandée.

Mickaël WAMEN

Bizarrement, les organisations représentatives du personnel qui devraient discuter avec vous de l’organisation n’ont pas été mises dans la boucle. Ceci est un mensonge sans nom !

Michel DHEILLY

Le groupe Goodyear ne me fait pas mentir : nous n’avons pas eu d’offre du groupe Titan et nous avons fait notre maximum pour essayer de trouver un repreneur de cette activité agraire.

Mickaël WAMEN

Ceci est une nouvelle machination qui ne correspond en rien à tous les débats que nous avons eus autour du dossier Titan. En 2012, je me suis souvenu hier matin en discutant avec d’autres personnes à l’extérieur de ce qui s’est produit et a fait éclater en vol les négociations lorsque nous avons négocié le plan de départ volontaire et la reprise du Farm, sur les 537 personnes.

Ce qui a fait vraiment capoter l’histoire, c’est lors d’une réunion à Paris, il y avait le groupe Goodyear, il y avait l’avocat de Titan, tout le monde était présent. Taylor ne voulait pas bouger sur ses deux ans, nous avons donc inversé la vapeur et nous avons dit au groupe Goodyear « puisque vous dites que le projet Titan est viable et qu’il n’y a pas de risque, nous allons écrire dans l’accord une clause stipulant la chose suivante, si demain Titan licencie les gens au bout de 24 mois, c’est Goodyear qui prendra en charge le PSE. Je l’ai dit à Goodyear pendant une durée de cinq ans, ce qui veut dire que vous ne prenez aucun risque.

Reynald JUREK

Vous ne preniez aucun risque puisque vous deviez être sûrs de votre coup.

Mickaël WAMEN

Que se passe-t-il alors ? Dumortier se lève et dit à Grangé « viens, on se casse, on ne discute plus avec eux ». C’est comme ça que les négociations ont achoppé.

Michel DHEILLY

Cela ne m’intéresse guère de refaire le passé.

Mickaël WAMEN

Pourtant, vous ne faites que cela !

Michel DHEILLY

Nous sommes en train de travailler…

Reynald JUREK

Vous êtes en train de ?

Michel DHEILLY

Nous sommes en train de travailler, Monsieur Jurek.

Mickaël WAMEN

Mets-toi à sa place, ce n’est pas facile. Toi, tu es libre de dire ce que tu veux, lui n’a pas le droit. Il est payé tous les mois grassement pour faire un travail qui consiste à appliquer bêtement les directes qu’on lui a données là-haut.

Michel DHEILLY

Je n’applique rien bêtement. Je suis au poste que j’occupe parce que je pense sincèrement qu’il y a une certaine confiance par rapport aux propos que je tiens. La confiance est réciproque, les dernières réunions que nous avons pu avoir me l’ont prouvée. Par contre, il est important de souligner que nous avons tenté de rouvrir les discussions avec le seul repreneur potentiel.

Mickaël WAMEN

Je demande une suspension de séance.

Michel DHEILLY

Je procéderai à la suspension de séance lorsque j’aurai fini de dire ce que j’ai commencé à dire.

Mickaël WAMEN

Tu veux une suspension de séance, Patrice ? Nous la demandons donc ensemble.

Michel DHEILLY

Nous avons tenté de rouvrir les discussions avec le seul repreneur potentiel, dans un contexte économique tendu, l’objectif de GDTF était de s’assurer que l’usine d’Amiens Nord puisse être rouverte, que les emplois soient garantis et qu’une activité pérenne puisse se développer dans les conditions économiques raisonnables pour toutes les parties, mais nous ne sommes pas parvenus à trouver une solution viable.

Mickaël WAMEN

Merde.

Michel DHEILLY

Toutes les discussions avec les repreneurs potentiels, y compris Titan, ont pris fin. Je répète ce que j’ai mentionné tout à l’heure : il reviendrait à un repreneur de déterminer le nombre de salariés concernés à ce titre. Titan a communiqué sur 672 salariés, correspondant aux salariés ayant travaillé de manière significative pour l’activité agricole. Ce n’est pas à Goodyear de déterminer et de garantir le nombre de salariés qui peuvent garantir le transfert de leurs contrats de travail. C’est aux repreneurs éventuels de faire leur propre analyse.

Mickaël WAMEN

Tout cela est un mensonge complet. Nous avons négocié pendant de longs mois la reprise de l’activité agricole. Ca a capoté en septembre 2012, parce que lorsque nous avons repéré un risque potentiel pour les 537 salariés qui auraient été repris par Titan, nous avons demandé à Goodyear de supporter la charge éventuelle d’un licenciement massif de ses salariés et que Goodyear prenne en charge, au même titre que les autres salariés, leur licenciement. Ca a été refusé, Goodyear a quitté la séance. Lors des réunions de CE, de CHSCT, de CCE, de Comité de Groupe Européen, il a démontré que l’activité agricole d’Amiens Nord concernait au total 537 salariés. Ca a été prouvé par des cabinets d’expertise, par Goodyear, par Titan, c’est le business plan de Titan, etc… Vous êtes en train de me dire qu’à l’occasion des nouvelles négociations que vous avez menées avec Titan, c’est 672. Je ne sais pas d’où ça sort, vous êtes en train de raconter tout et n’importe quoi, 333 par Taylor, 672 pour vous, l’application d’un article du Code du Travail qui ne s’applique pas au repreneur…

Michel DHEILLY

Ce n’est pas 672 pour nous.

Mickaël WAMEN

Vous violez l’article 11 de l’accord du 23 janvier 2014, vous ne respectez pas vos obligations légales, vous empêchez la reprise du site et de l’activité agricole par quelque repreneur que ce soit.

Michel DHEILLY

Vous savez comme moi que nous avons travaillé avec les autorités pour essayer de trouver un repreneur.

Mickaël WAMEN

C’est faux. Depuis 2012, vous ne l’avez pas fait, si ce n’est en 2013 sous l’égide d’Arnaud Montebourg, sur un chiffre de 537 salariés.

Michel DHEILLY

Des initiatives ont été prises pour essayer de retrouver un repreneur de l’activité agraire.

Mickaël WAMEN

Monsieur, vous n’allez pas revenir sur le passé !

Michel DHEILLY

Quand vous dites que nous n’avons rien fait et que nous faisons obstruction à l’article 11.

Mickaël WAMEN

Même si tout porte à croire que vous êtes un homme du passé…

Michel DHEILLY

C’est totalement faux…

Mickaël WAMEN

Vous êtes un homme de paille. Dans la mémoire des salariés, personne ne se rappelle de vous.

Michel DHEILLY

Je vous laisse seul juge de vos propos.

Mickaël WAMEN

Tant mieux pour vous, vous êtes transparent.

Patrice SZYROKI

Si les 537 étaient prévus pour un certain nombre de pneumatiques agraires de l’époque, comment et sur quels critères a-t-on évincé les 130 personnes environ pour parvenir à 672 aujourd’hui ?

Michel DHEILLY

Il a été demandé à l’époque de prévoir une organisation qui répondait à la fabrication d’un certain nombre de pneus. L’organisation qui avait été proposée à l’époque était de 537 salariés. A aujourd’hui, les 672 salariés sont l’ensemble des salariés qui ont travaillé dans les départements mixtes et Farm. C’est tout. Donc 537 ne correspondait pas à la totalité des salariés couvrant l’activité « Farm » et une activité mixte.

Mickaël WAMEN

C’est faux, c’est un mensonge.

Patrice SZYROKI

Je veux bien l’entendre. Je voudrais néanmoins savoir comment ces 130 personnes environ ont été mises de côté et sur quels critères ?

Mickaël WAMEN

S’il y a eu la reprise de l’activité en 2012, il n’y aurait pas eu 672 personnes.

Michel DHEILLY

Il n’y a pas eu de discussion sur les personnes, mais sur une organisation agraire. Tout comme on nous a demandé une organisation de l’agraire à 333 personnes, ce qui veut dire qu’à aujourd’hui, quand on demande la liste des gens qui ont travaillé dans l’agraire, il y en a 672 et que Titan-ou ses avocats- a considéré qu’il y avait un risque d’application de l’article 1224.

Mickaël WAMEN

C’est faux

Michel DHEILLY

Ce n’est pas Michel Dheilly ou Goodyear.

Mickaël WAMEN

Il est certain que ce n’est pas Michel Dheilly !

Michel DHEILLY

Les avocats de Goodyear ont considéré qu’il y avait un risque.

Mickaël WAMEN

Vous parlez d’une entité économique autonome : c’est n’importe quoi ! C’est du grand n’importe quoi.

Michel DHEILLY

Vous l’avez déjà expliqué. Patrice Szyroki pose un vrai problème : si, en 2012, l’accord avait été conclu, il n’y aurait pas eu 672 personnes mais 537. Comment aurait-il fait pour faire tourner un outil de travail avec une organisation branlante ?

Jacques MARTIN

Cela veut dire que les gens de 2012 ont mal fait leur travail.

Michel DHEILLY

L’organisation n’est pas branlante à 537, voire à 333. Il y a juste un nombre de pneus qui n’est pas tout à fait le même.

Mickaël WAMEN

Il s’est levé un matin et a dit « en 2013, je voulais en prendre 333 pour fabriquer 800 pneus/jour, mais le marché a tellement explosé qu’il m’en faut le double pour produire le double. Les PV de CHSCT, les PV de CE, les PV de CCE, les comités de groupe européen, on a pété des plombs en disant « 537, ce ne sera pas suffisant ». Vous nous avez apporté la preuve par A + B que c’était 537, que ça concernait l’ensemble du personnel…

Michel DHEILLY

Je dis que les 672 salariés correspondent à des salariés Goodyear qui ont travaillé pour l’activité agraire ou mixte.

Mickaël WAMEN

C’est faux. Il n’y a aucun contrat de travail d’un salarié de l’agraire qui ait un numéro de SIRET différent du contrat de travail des salariés de l’activité « tourisme ». Lorsqu’on parle d’une activité autonome, sur le bordereau de paye, il doit y avoir des numéros de SIRET différents.

Dès lors que vous avez une activité autonome, vous avez des fonds spécifiques, des recettes ou des pertes à part, et une gestion économique de l’activité en tant que telle unique. Sur le site d’Amiens Nord, auquel cas cela n’aurait pas été un problème du tout pour une reprise, nous aurions dû avoir uniquement d’un côté des salariés agraires, en vert et des salariés tourisme, en bleu. Leur fiche de paye est émise par GDTF (Goodyear Dunlop Tire France), avec un numéro de SIRET différent, parce que c’est une entité autonome qui ne correspond donc pas à l’activité GDTF.

Or, dans les résultats du groupe GDTF et du groupe « monde », il n’y a aucune différenciation financière des activités. A ce jour, le groupe Goodyear exerce des activités liées aux pneumatiques. Effectivement, il y a eu d’autres activités pendant un certain nombre d’années, comme la branche « chimie », qui a été vendue. A l’époque, nous avions un Comité de Groupe européen différent, un CCE différent, un CE différent. Nous rencontrions de temps en temps.

Aujourd’hui, les salariés d’Amiens Nord qui sont à l’agraire n’ont pas un bordereau de paye différent des salariés du tourisme. C’est d’ailleurs pour cela que nous avions réussi –et cela sera démontré assez habilement aux juges- c’est perdu d’avance. Vous allez vite vous rendre compte qu’aujourd’hui, dans les discussions au CE et au CHSCT, sur l’achat d’un repreneur de l’activité agraire, nous n’avions absolument pas identifié les salariés. Nous nous étions dit que les salariés qui allaient partir à la retraite pourraient permettre aux salariés en tourisme de prendre en poste. Ceci signifie qu’il n’existe pas d’entité économique autonome : les gens n’ont pas un poste de travail. Les salariés qui venaient chez Goodyear tous les jours recevaient les mêmes fiches de paye, avec le même numéro de SIRET. Au final, quand Goodyear versait…

Michel DHEILLY

Je n’ai jamais dit le contraire.

Mickaël WAMEN

Vous avez dit que c’était une entité économique autonome.

Michel DHEILLY

J’ai dit que cela s’associait au transfert d’une entité économique autonome.

Mickaël WAMEN

Cela me va très bien.

Michel DHEILLY

Je sais, mais cela ne me gêne pas du tout de le dire.

Mickaël WAMEN

La prime de productivité trimestrielle était inhérente au fait que nous travaillions au Farm ou au tourisme. Elle était versée équitablement entre tous les salariés. Quand nous avons fait des bénéfices, la participation a été répartie équitablement en fonction d’un certain nombre de critères pour l’ensemble des salariés.

Michel DHEILLY

Evidemment, nous travaillions dans le même site.

Mickaël WAMEN

Quand vous aviez une baisse d’activité drastique au tourisme et une augmentation d’activité au Farm, pour autant, les salariés ne subissaient pas de baisse de rémunération d’un côté ou de l’autre. Nous étions tous régis par la même convention collective CCNC, selon un article du Code du Travail précis. Que l’on soit du Farm ou du Tourisme, nous sommes dans la même situation. Les bénéfices ou les déficits engrangés par l’activité « pneus » de Goodyear sont complètement indépendants des secteurs d’activité concernés. Il y a donc une seule et unique activité qui donne un numéro de SIRET à l’activité GDTF, c’est l’activité « pneumatiques ». Point, il n’y a pas 36 solutions.

Dans l’activité « pneumatiques », il y a des collaborateurs, des cadres, des ouvriers, il y a des gens qui travaillent sur des chaînes de production, il y a des administratifs, il y a des gens payés pour vendre des pneus, il y a des gens payés pour faire du process. C’est la première fois que j’entends que vous considérez, avec vos avocats, que l’activité agricole est une activité autonome. A mon avis, c’est une nième erreur, et pas des moindres. Je maintiens que :

- non seulement l’article 1224 du Code du Travail ne s’applique pas ; - les 672 salariés sont une pure invention ; - dès demain dans le tribunal, nous allons demander un jugement pour laisser à la CGT la possibilité de faire une contre-proposition, basée non pas sur 672, peut-être pas sur 537 ou 333. Je le dis très clairement. Quel que soit le repreneur de cet établissement, puisqu’il ne s’agit pas d’une entité économique autonome, puisque l’article 1224 ne s’applique pas, il peut reprendre cette usine sans être dans l’obligation d’embaucher un seul salarié Goodyear actuellement en congé de reclassement et ayant fini son préavis.

Effectivement, l’article 1224-1 aurait pu s’appliquer aux salariés qui étaient encore en préavis. Sauf que je rappellerais que vous avez fait les choses dans les règles de l’art : vous avez considéré que le congé de reclassement démarrait à la fin du préavis. Or, en matière générale du congé de reclassement, le préavis intervient à la fin du congé. J'en veux pour preuve que le préavis est terminé pour tous les salariés qui sont aujourd’hui en congé de reclassement, c’est que vous avez payé aux salariés les indemnités de fin de préavis. Dans les lettres que vous avez envoyées aux salariés, que j’ai sur mon téléphone, que j’ai envoyées à Fiodor et sur lesquelles il est en train de travailler aujourd’hui, il est clairement indiqué que le congé de reclassement prendra effet à la fin du préavis. L’article 1224-1 du Code du Travail aurait pu éventuellement s’appliquer aux salariés qui étaient encore en préavis : aujourd’hui, ces salariés ne dépendent absolument plus du groupe Goodyear. La preuve en est qu’ils ont la totale liberté de chercher un emploi où et quand ils souhaitent. Aujourd’hui, vous n’avez plus la main mise sur ce personnel.

Michel DHEILLY

Ce n’est pas l’analyse de Titan…

Mickaël WAMEN

De Goodyear, de votre avocat !

Michel DHEILLY

Ce n’est pas l’analyse de Titan, qui a fait son analyse et qui considère que l’article est applicable.

Mickaël WAMEN

Vous avez raison sur un point. L’article L2412-1 du Code du Travail s’applique à tous les salariés qui sont encore à l’effectif mensuel du CE (effectivement, fusion, absorption, transfert) dont le licenciement n’est pas notifié et qui n’ont pas achevé leur préavis. Dès lors que vous êtes sorti des effectifs, que vous avez été notifié, que vous avez fini votre préavis, il n’y a plus d’application de l’article 1224-1 du Code du Travail.

Michèle SEPREZ

Les salariés ne sont pas sortis des effectifs à cette date.

Mickaël WAMEN

Les salariés sont toujours dans les effectifs. Je vais prendre un exemple concret : aujourd’hui, la masse salariale que vous prenez n’est certainement pas celle que vous auriez dû prendre au départ. Vous le savez mieux que moi.

Michel DHEILLY

Le fait que les salariés aient été licenciés change-t-il la donne ? La réponse est « non », la jurisprudence considère, dans des cas identiques (reprise d’une activité après licenciement), que les licenciements sont sans effet et les contrats de travail, transférés.

Reynald JUREK

Il anticipe les résultats des Prud’hommes.

Michel DHEILLY

Cette analyse a été partagée par les avocats de Titan. Les salariés concernés peuvent donc revendiquer l’application de cet article de loi. Je comprends que vous traduisiez la situation de manière différente avec votre avocat…

Reynald JUREK

Pourquoi 672 alors ?

Michel DHEILLY

Je pense avoir répondu.

Mickaël WAMEN

J’ai largement démontré en 10 minutes que tout ce que vous venez de dire tombait à l’eau.

Michel DHEILLY

Très bien, Monsieur Wamen.

Mickaël WAMEN

Je prends le document. Il est beau, c’est bien. J’ouvre, que vois-je ? Il n’y a aucun élément qui parle de ce qui vous a contraint à arrêter les discussions avec le groupe Titan. Rien, aucune preuve.

Michel DHEILLY

Le document que vous avez sous les yeux s’inscrit dans le cadre de la consultation sur le démantèlement des équipements mixtes et farm.

Mickaël WAMEN

La consultation doit être globale. Nous allons demander une réunion de CHSCT dédiée au démantèlement.

Michel DHEILLY

Une réunion sur ce sujet est programmée.

Mickaël WAMEN

Nous allons bientôt demander d’autres réunions.

Michel DHEILLY

La première réunion est programmée le 7 janvier.

Mickaël WAMEN

Je voudrais que vous me produisiez un document dans lequel vous m’expliquez en quoi l’activité agricole est autonome. Aujourd’hui, nous allons nommer un expert comptable, nous allons lui demander de prendre les liasses fiscales de GDTF, de GDTE et de GDTM. Nous allons lui demander d’identifier quelles sont les activités qui dégagent des marges ou en font perdre, s’il y a plusieurs activités autonomes, s’il y a une activité qui, plus qu’une autre, fait des bénéfices. Aujourd’hui, lorsque le directeur de Goodyear Monde annonce les résultats du groupe Goodyear à la presse financière, il donne des résultats globaux. Au moment où vous parlez d’une catastrophe pour le groupe Goodyear –apparemment, tout va mal-, j’ai lu il y a un mois et demi dans la presse internationale économique que sur la zone EMEA –la nôtre- le résultat net affiche une augmentation de 243 %. Or, aujourd’hui, le seul indicateur significatif dans une entreprise comme la nôtre est le résultat net. C’est l’activité « pneumatiques » qui sort cette plus-value de 243 % sur le résultat net en un trimestre. Si, a contrario, vous aviez une baisse de 250 %, ce serait une activité « pneumatiques », indépendamment du type d’activité.

Le Code du Travail français empêche le groupe Goodyear de continuer des discussions avec un repreneur parce que l’article 1224-1 vous oblige non seulement à reprendre du personnel, mais à en reprendre 672 au lieu de 537 qui ont toujours été annoncés et débattus pendant de longues heures dans les réunions. Il y a des personnes autres que la CGT qui étaient présentes lors de ces réunions et qui disaient « il faudrait plus que 537 » et vous répondiez « c’est 537, nous avons calculé, nous ne pouvons pas faire plus, c’est un maximum ».Vous êtes en train de nous dire qu’en plus, il y a un autre point qui fait qu’on ne peut pas vendre, c’est que l’activité agricole est une activité économique autonome. Je dis « bravo, nous allons au Tribunal ». J’attends. J’espère que vous serez sur le banc, je vais demander à Fiodor Ridov de vous faire monter à la barre et vous allez expliquer à un juge que l’activité d’Amiens Nord est une activité autonome.

Je demande une suspension de séance parce que nous souhaitons faire voter deux délibérations.

Michèle SEPREZ

Monsieur le Secrétaire, nous avons répondu sur le point 2. Nous n’avons plus de commentaire à faire.

La séance est suspendue entre 11 heures 20 et 11 heures 55.

Mickaël WAMEN

Avant de passer aux délibérations, j’aurais deux questions supplémentaires à vous poser. Comment pouvez-vous parler de l’agraire comme entité économique autonome alors qu’il n’y a plus de salariés qui y travaillent ? Y a-t-il des salariés travaillant dans l’agraire que vous nous cachez ? Combien de personnes travaillent-elles à l’agraire actuellement ?

Michel DHEILLY

Je pense avoir répondu en long, en large et en travers, par rapport à votre propos sur la notion d’entité économique autonome.

Aujourd’hui, juridiquement, lorsqu’une entité économique autonome, c’est-à-dire « un ensemble organisé de personnes et de matériel disposant d’un objectif propre » est transférée en conservant son identité, les dispositions de l’article L1224-1, qui sont d’ordre public (c’est-à-dire qu’on ne peut y échapper, même par accord), s’appliquent. L’ensemble des contrats de travail affectés à l’activité est transféré (cf jurisprudences).

En ce qui concerne le site d’Amiens Nord, toutes les machines, le matériel et l’usine auraient été transférés, ainsi que la commercialisation des pneus agricoles sous la marche Goodyear.

Mickaël WAMEN

C’est ce que vous avez dit en début de séance. Vous répétez la même chose. Pour ma part, je continue à dire qu’il n’y a pas d’entité économique autonome que ce soit ici ou sur les autres sites du groupe GDTF.

Michel DHEILLY

Nous pouvons reprendre notre discussion pendant une heure.

Mickaël WAMEN

Non, je tenais simplement à réaffirmer ce que je vous ai dit. A la question que je vous pose, à savoir : comment pouvez-vous parler de l’agraire comme entité économique autonome alors qu’il n’y a plus de salariés qui y travaillent (ou alors vous cachez du personnel qui travaille actuellement dans l’agraire sur le site), vous ne répondez pas.

Michel DHEILLY

Nous ne cachons pas de salarié.

Mickaël WAMEN

D’accord.

Reynald JUREK

C’est une bonne nouvelle.

Michel DHEILLY

Nous dressons un état des lieux sur la situation des salariés du site lors des réunions de CE ordinaires.

Mickaël WAMEN

Nous avons deux délibérations à soumettre au vote. Je vais vous en faire lecture. Vous en aurez bien sûr une copie et quinze jours pour les comprendre.

« Délibération n°1 : CE Goodyear du 11 décembre 2014

La société Titan, candidate à la reprise de l’usine d’Amiens Nord, a indiqué qu’elle était empêchée d’arriver sur le site à cause d’une supposée obligation de reprendre 672 salariés parmi le personnel licencié par Goodyear.

Constatant le blocage d’un projet de reprise de l’établissement, le CE a rappelé à la Direction que pour envisager une éventuelle application de l’article L1224-1 du Code du Travail, après la rupture des contrats de travail pour motif économique de la quasi-totalité des salariés de l’établissement d’Amiens Nord, il faudrait établir que leur licenciement a été décidé par Goodyear à l’occasion du transfert d’une entité économique autonome, c’est-à-dire que la fermeture de l’usine et la fin de tous les contrats de travail trouveraient leur cause première et déterminante dans la volonté de Goodyear d’évincer l’application de l’article L1224-1 du Code du Travail dans le cadre d’une cession à venir du site.

Il revient donc à la direction de déclarer, sans aucune équivoque, que les licenciements qu’elle a prononcés à l’égard des salariés d’Amiens Nord n’ont en aucun cas été décidés par Goodyear à l’occasion du transfert d’une entité économique autonome à Titan (laquelle, d’ailleurs, n’a toujours n’a pas eu lieu).

Le CE considère, par la présente délibération, que l’article L2412-1 du Code du Travail n’est pas applicable et que les transferts de contrats de travail vers Titan ne peuvent avoir lieu.

Malheureusement, au cours de la réunion de ce jour, Goodyear a refusé d’en faire autant, le Groupe persiste à laisser croire le contraire et empêche ainsi l’arrivée sur le site d’Amiens Nord du candidat repreneur Titan.

Force est donc de constater que la Direction n’exécute pas l’article 11 du protocole de fin de conflit par lequel Goodyear s’est engagé « à ne faire aucun obstacle à l’arrivée de toute entreprise qui viendrait à proposer une reprise du site ».

En conséquence, le Comité d’Etablissement d’Amiens Nord se réserve la possibilité de mettre en œuvre toute démarche en vue d’obtenir l’exécution par Goodyear des obligations qui lui incombent, en application du protocole de fin de conflit et en particulier de son article 11. »

Pouvez-vous rappeler le nom des votants ?

Michèle SEPREZ

Oui. Les votants sont Reynald Jurek, Mickaël Wamen, Evelyne Becker, Jean-Jacques Roucou, Sébastien Lupo, Stéphane Krolik (en remplacement de Franck Jurek), David Meira et Patrice Szyroki.

Je mets aux voix cette délibération.

Patrice SZYROKI

Une petite parenthèse : même si la CFE-CGC n’a pas été signataire du protocole d’accord de fin de conflit, je vote favorablement à cette délibération.

La délibération n°1 est adoptée à l’unanimité des huit votants.

Michèle SEPREZ

Vous nous remettrez une copie de cette délibération, à l’encontre de laquelle nous émettons évidemment toutes réserves. Nous nous portons en faux contre l’accusation d’obstruction.

Mickaël WAMEN

« Délibération n°2 : CE Goodyear du 11 décembre 2014

En août 2014, la direction refusait d’informer le Comité d’Etablissement sur la destination des machines agraires, qui demeuraient à l’arrêt dans l’usine, pendant qu’elle transférait les machines tourisme sur d’autres sites. Aujourd’hui, Goodyear déclenche soudainement et dans la précipitation le démantèlement des outils industriels agricoles alors que plusieurs projets de reprise existent notamment celui du groupe Titan qu’il convient d’essayer de débloquer.

Or, au lieu de tout mettre en œuvre afin de tenter de lever les difficultés qui empêchent l’arrivée du repreneur, en proposant par exemple une réunion avec lui, ses pouvoirs publics et les représentants du personnel, Goodyear engage au contraire la destruction de l’appareil de production agraire au sein de l’usine d’Amiens Nord. Si la direction voulait compromettre toute possibilité de reprise, elle ne s’y prendrait pas autrement.

En conséquence, le Comité d’Etablissement constate par la présente délibération que Goodyear n’exécute pas intentionnellement l’article 11 du protocole de fin de conflit aux termes duquel le groupe doit tout faire pour ne pas empêcher l’arrivée d’un repreneur sur le site.

Le Comité d’Etablissement exige que la direction exécute ses engagements en maintenant sur le site les machines agraires pendant que les démarches en vue de trouver une solution de reprise sont en cours. »

Michel DHEILLY

Si j’ai bien compris, au début, vous précisez que nous avons mis en œuvre le démantèlement.

Evelyne BECKER

Vous aurez une copie de la délibération, de toute façon.

Michel DHEILLY

Ok.

Michèle SEPREZ

Je rappelle le nom des votants : Madame Becker, Messieurs Jurek (Reynald), Wamen, Roucou, Lupo, Krolik, Meira et Szyroki.

Je mets cette délibération aux voix.

Patrice SZYROKI

Une petite parenthèse : même si la CFE-CGC n’a pas été signataire de l’accord de fin de conflit, parce qu’elle n’y a pas été invitée, je vote favorablement à cette délibération.

La délibération n°2 est adoptée à l’unanimité des huit votants.

Michèle SEPREZ

Nous émettons les mêmes réserves, notamment sur l’obstruction.

. Information en vue de la consultation du Comité d’Etablissement d’Amiens Nord sur le projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement d’Amiens Nord Michèle SEPREZ

Nous entamons aujourd’hui la procédure d’information sur ce projet de démantèlement des équipements agricoles et mixtes. Nous avons adressé, avec la convocation, un dossier complet, précisant les conditions dans lesquelles nous envisageons les opérations de démantèlement des derniers équipements du site. Le CHSCT est saisi des questions plus spécifiques le concernant et une première réunion est prévue le 7 janvier 2015. Si vous avez des questions, nous y répondrons en déroulant la note CE que vous avez sous les yeux.

Mickaël WAMEN

Dans cette note, pourquoi n’expliquez-vous pas les motifs qui vous ont permis d’annoncer dans la précipitation la fin des discussions avec le groupe Titan ? Vous avez dévoilé un certain nombre d’éléments que nous n’avons pas sous les yeux. Il aurait quand même été appréciable, de même que lorsque nous émettons une délibération, nous vous en faisons une copie, que vous nous donniez les éléments dont vous disposez pour tenir votre argumentation.

La note aujourd’hui n’est pas une note économique mais uniquement une note sur un processus de démantèlement, mais vous ne fournissez pas les causes qui conduisent à ce projet de démantèlement. Quand les négociations ont-elles eu lieu ? Avec qui ? Combien de temps ont-elles duré ? Nous aimerions aussi avoir, comme le législateur le prévoit, les documents qui font référence au chiffre de 672 et à ce que vous évoquiez tout à l’heure. Ce n’est pas tout de donner un chiffre, mais encore faudrait-il que vous me l’expliquiez. Il faudrait qu’un document précise tous les éléments comptablement, en disant tant de postes là, tant de postes ici, pour un total de 672. Il faudrait mettre en face :

- un niveau de production nécessitant de reprendre 672 salariés ; - les projets d’engagements et les obligations que Mory Taylor du groupe Titan vous impose et qui vous font réviser très nettement à la hausse le nombre d’emplois qu’il faudrait recréer sur le site d’Amiens Nord. J’aimerais aussi que vous me fournissiez les éléments comptables du groupe Goodyear Dunlop Tires France dans un document dans lesquels vous justifiez le fait que l’activité agricole est une entité économique autonome. Aujourd’hui, effectivement, je ne peux pas vous écouter présenter un document en vue d’un démantèlement alors que la phase économique, qui est une étape essentielle du CE, n’a pas été mise en œuvre.

1 Procès-verbal 2 de la réunion extraordinaire 3 du Comité d’Entreprise Goodyear 4 du 11 décembre 2014 Etaient présents :

Pour la Direction :

Michel DHEILLY​​​Président du CE

Michèle SEPREZ​​​Responsable Ressources Humaines

Pour les organisations syndicales :

Mickaël WAMEN​​​Titulaire​​CGT Reynald JUREK​​​Titulaire​​CGT Evelyne BECKER​​​Titulaire​​CGT David MEIRA​​​Titulaire​​CGT

Jean-Jacques ROUCOU​​Titulaire​​CGT Sébastien LUPO​​​Titulaire​​CGT Stéphane KROLIK​​​Suppléant​​CGT

Patrice SZYROKI​​​Titulaire​​CFE-CGC Jacques MARTIN​​​Suppléant​​CFE-CGC Jean-Claude JUDLIN​​​RS​​​CFE-CGC

Etaient absents :

Franck JUREK​​​Titulaire​​CGT Christian HAREUX ​​​Suppléant​​CGT Jean-François QUANDALLE​Suppléant​​CGT

La séance est ouverte à 10 heures 25.

Michel DHEILLY

Je vous propose d’ouvrir la réunion de CE avec notre traditionnel retard.

Reynald JUREK

Nous avons le temps, nous ne sommes plus pressés. Essayez-vous déjà de nous provoquer ?

Michel DHEILLY

Non.

Reynald JUREK

J’en ai l’impression.

Michel DHEILLY

Je fais juste constater que nous avons comme d’habitude 20 minutes de retard.

Reynald JUREK

Vous n’avez que ça à faire.

Michel DHEILLY

C’est ce que vous pouvez penser, mais peu importe.

Nous allons donc aborder le premier point à l’ordre du jour, à savoir l’information en vue de la consultation du Comité d’Etablissement sur le projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement d’Amiens Nord. Nous traiterons ensuite le deuxième point que vous avez souhaité inscrire à l’ordre du jour, à savoir l’absence, en cas de cession de l’usine d’Amiens Nord, de toute obligation de reprendre 672 salariés.

Mickaël WAMEN

Nous souhaitons voter deux délibérations aujourd’hui (nous demanderons une suspension de séance pour les imprimer) que nous soumettrons à la lecture de l’autre organisation syndicale présente, en l’occurrence la CFE-CGC pour connaître leur avis. Nous essayerons échanger avec eux sur ce point pendant une suspension de séance.

J’ai plusieurs questions à vous poser, auxquelles j’aimerais que vous me répondiez aujourd’hui : pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous aviez dit à Titan que la reprise de l’usine d’Amiens Nord le contraindrait à reprendre 672 salariés licenciés ?

Michel DHEILLY

Je vous répondrais dans le cadre du point 2 qui est inscrit à l’ordre du jour. Je pense que nous allons essayer de garder l’ordre du jour, mais cela fait partie des points sur lesquels nous reviendrons et auxquels je m’attends à ce que vous ayez besoin d’une réponse formelle.

Mickaël WAMEN

Estimez-vous que la cession de l’activité agricole à Titan entrainera l’application de l’article L1224-1 du Code du travail ?

Michel DHEILLY

Oui, ça s’appliquera.

Mickaël WAMEN

L’article L1224-1 du Code du Travail s’appliquera ?

Michel DHEILLY

Oui.

Mickaël WAMEN

D’accord. Vous répondez donc favorablement à cette question.

Michel DHEILLY

Lorsqu’on regarde l’application de l’article L1224-1 dans le cadre d’une cessation d’activité, telle qu’elle a été présentée et en particulier proposée dans le cadre d’une reprise par Titan, nous nous apercevons que nous devrions y être soumis, malgré le statut des salariés qui sont aujourd’hui licenciés

Reynald JUREK

Vous supposez, c’est ce que vous venez de dire.

Michèle SEPREZ

C’est l’analyse qui a été faite par le conseil de Titan.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas du tout ce que l’avocat de Mory Taylor dit, sachant qu’il a changé de cabinet d’avocats il y a quelques mois.

Michel DHEILLY

Nous sommes dans le cadre du transfert d’entité économique autonome.

Mickaël WAMEN

Non.

Michel DHEILLY

C’est considéré comme étant le cas de figure du site d’Amiens Nord puisque nous sommes dans un « ensemble organisé de personnes et de matériel disposant d’un objectif propre et transféré en conservant son identité ». Les dispositions de l’article L1224-1 s’appliquent donc.

Mickaël WAMEN

Vous considérez que l’article s’applique aujourd’hui pour 672 salariés. A quoi ce nombre correspond-il ?

Michel DHEILLY

Vous êtes en train de vouloir traiter le point 2 de l’ordre du jour.

Reynald JUREK

C’est un ordre du jour global.

Michel DHEILLY

Je ne suis pas en train de vous faire des reproches, je suis en train de faire remarquer que le début de nos discussions intervient en élément de réponse au point 2 de l’ordre du jour.

. Absence, en cas de cession de l’usine d’Amiens Nord, de toute obligation de reprendre 672 salariés licenciés Puisque c’est sur ce sujet-là que vous voulez orienter le débat, plus que sur le partage des informations qui figurent dans le document qui vous a été remis.

Mickaël WAMEN

Je tenais à vous dire qu’une fois encore, j’ai reçu l’avis de passage d’un huissier, mais je n’ai pas eu le document. Je me présente ce matin en réunion et je n’ai pas les documents. J’ai reçu un avis de passage de l’huissier parce que je n’étais pas à mon domicile, je revenais d’une réunion (parce que je fais des allers et retours même si vous ne me les payez plus, je ne sais pas si vous êtes au courant). J’ai reçu un avis de passage de l’huissier, mais je n’ai pas les documents, je tenais tout de même à vous le signaler parce que ce n’est pas la première fois.

Michel DHEILLY

Je vérifierai ce point-là.

Mickaël WAMEN

Monsieur Juart m’avait dit « soit tu prends en mains propres », mais je n’étais pas présent. Physiquement, j’étais à Paris le jour où vous me l’avez remis.

Michel DHEILLY

Nous avons organisé une remise en mains propres des documents.

Mickaël WAMEN

J’ai eu un avis de passage de l’huissier, mais je n’ai pas eu de document, l’ordre du jour ou la convocation. J’ai appris l’existence d’une réunion parce que Monsieur Jurek m’en a tenu informé, mais je n’ai pas les documents. A mon avis, les documents sont encore chez l’huissier. Ce n’est pas tout à fait normal.

Michel DHEILLY

Si vous le souhaitez, nous faisons une suspension de séance le temps de récupérer les documents pour que vous puissiez avoir les supports de discussion sous les yeux.

La séance est suspendue pendant quelques instants.

Les licenciements préalables des salariés sont sans effet sur l’application de cette disposition. Nous sommes dans le cadre d’une entité économique autonome (c’est ce que j’étais en train de dire juste avant). En ce qui concerne Amiens Nord, toutes les machines, le matériel et l’usine auraient été transférés, ainsi que la commercialisation des pneumatiques agricoles sous la marque « Goodyear ». A notre sens, une entité économique autonome serait donc bien transférée.

Mickaël WAMEN

Vous n’êtes pas sans savoir que l’employeur est soumis à des obligations légales, notamment du fait des nouvelles lois qui ont été transposées via des nouveaux articles du Code du Travail, qui permettent, selon la loi Florange, d’épuiser toutes les ressources nécessaires afin de reprendre une entreprise, quelle qu’elle soit dès lors que son activité ferme, ce qui est le cas du Farm.

Aujourd’hui, notre position consiste à dire que l’application de l’article L1224-1 du Code du Travail n’est aucunement obligatoire. Nous aimerions aussi savoir comment vous arrivez au chiffre de 672 salariés.

Michel DHEILLY

Nous avons transmis l’ensemble des informations relatives aux salariés, en particulier à Titan (puisque c’est de lui dont nous parlons comme repreneur potentiel de l’activité agraire). L’ensemble des informations a donc été transmis et ces 672 salariés sont des salariés qui ont travaillé de manière significative dans l’activité agricole. Ils ont travaillé soit à plein-temps dans l’activité agraire, mais aussi sur des équipements mixtes qui interviennent dans le processus de fabrication.

Mickaël WAMEN

Il s’agit donc de gens qui ont exercé une activité dédiée à l’agraire ou mixte, en rapport en partie avec l’activité agricole.

Michel DHEILLY

Tout à fait.

Mickaël WAMEN

Comment estimez-vous ce chiffre à 672 en 2014 alors qu’en 2012, dans le cadre de la fusion et de la revente de l’activité agricole à Titan (ce sont des documents officiels de Goodyear et de Titan puisqu’ils figurent dans son business plan), vous estimiez le nombre maximum de salariés à 537 ?

Michel DHEILLY

Attendez…

Mickaël WAMEN

Laissez-moi terminer, je vais vous expliquer les choses. En 2012, dans cette salle, il y avait Monsieur Vincent Smolders, Jeffrey Smith, Jean Lebon, des cabinets d’expertises et tout le parti des représentants du groupe Titan via les gens de Goodyear qui discutaient. Nous avions aussi le groupe Titan comme intervenant direct dans un certain nombre de réunions.

Nous nous sommes fait expliquer par la direction de Goodyear, dans un organigramme détaillé et précis, qui comprenait les activités agricoles et les activités mixtes, que le nombre maximal de salariés à reprendre, y compris les supports (nous parlons des services supports qui étaient soit totalement, soit partiellement dédiés à l’activité agricole), représentait un total de 537 salariés.

C’était en 2012. Ensuite, il y a eu l’épisode qui s’est passé avec la justice qui a ordonné à Titan de refaire un business plan qui n’était plus, cette fois-ci, squelettique, puisque la Juge du Tribunal de Nanterre avait parlé de « squelettique ». Elle demandait à Goodyear de donner des garanties supplémentaires aux 24 mois initialement prévus dans son projet pour la reprise de l’activité agricole et des 537 salariés dédiés tout ou partie à l’activité agricole. C’est Goodyear qui, en 2012, après fait une étude longue, précise –et nous avons tous les documents nécessaires, détaillés, machine par machine, secteur par secteur, bureau par bureau- avait déterminé un nombre de 537 salariés.

C’est tombé à l’eau parce que Titan n’a pas voulu revoir sa copie. Il a dit « c’est 24 mois, ce ne sera pas plus ». Il y a eu divers rebondissements jusqu’à la fin de l’année 2013 où Taylor a dit « je ne reprendrais l’usine d’Amiens Nord que lorsqu’elle sera fermée complètement, qu’il y aura eu un accord entre la CGT et la direction de Goodyear. A partir de ce moment-là, je m’engage à reprendre 333 personnes dans un premier temps ».

Voilà où nous en étions. Il y a eu l’annonce que vous avez faite aujourd’hui. Nous allons demander à la justice que vous soyez dans l’obligation de nous fournir les éléments des discussions et des échanges que vous avez eus, puisqu’il y a aussi une obligation légale dès lors qu’il y a des échanges et des discussions, une session entre les établissements et un repreneur, les partenaires sociaux et les organisations syndicales doivent avoir tous les éléments en main sur la teneur des échanges et des débats entre d’un côté, Goodyear, et de l’autre côté, Titan. Vous revenez dire « c’est 672 au titre de l’article L1224-1 pour la simple et bonne raison, Monsieur Wamen, Messieurs de la CGT et Messieurs de la CGC, que nous avons regardé : il y a 672 personnes qui dépendaient tout ou partie de l’activité agricole ». Or, en 2012, c’était 537.

Aujourd’hui, très clairement, il n’y a aucune obligation et d’ailleurs, c’est en cela que nous allons plaider devant la justice, dans l’accord de fin de conflit du 23 janvier 2014, il est indiqué que dans l’article 11 que vous violez (ce qui va faire l’objet d’une procédure en référé qui part aujourd’hui au Tribunal d’Amiens). Vous violez l’article 11 et nous allons vous demander de nous donner des explications. Il est bien évident que la justice va avoir tous les éléments nécessaires parce que je ne peux pas comprendre aujourd’hui –après, je peux bien entendre plein de choses, vous savez, je ne suis pas plus con que la moyenne- Taylor a demandé 333, Goodyear dit qu’il est obligé de lui en imposer 672 selon les textes législatifs. Si je me réfère à 2012, c’était 537. Déjà, les 537, il n’en voulait pas, il avait dit « moi, ce sera 333 dans un premier temps ». A ce que je sache –et nous l’avons toujours dit- nous sommes prêts à signer un accord dès demain, avec le repreneur et le groupe Goodyear, pour dire « on laissera Titan prendre qui il souhaite dans la limite de ce qu’il veut, à savoir, dans un premier temps, les 333 salariés ».

En ce qui concerne l’obligation induite par l’article L1224-1 du Code du Travail, c’est un mensonge supplémentaire. Il n’y a aucune obligation légale de reprendre les salariés de Goodyear. Titan pourrait tout à fait demain venir ici, prendre l’usine et embaucher 333 mecs qui viennent de je-ne-sais-pas-où, sauf des Goodyear. Celui qui dit le contraire est un pur menteur. La seule chose qui, aujourd’hui, fait peur, ce n’est pas à Titan. Le problème du risque que vous êtes en train de calculer est uniquement pour Goodyear, il est là, votre problème.

Michèle SEPREZ

Ce n’est pas Goodyear qui a imposé les 672 salariés.

Mickaël WAMEN

C’est vous ! C’est dans la déclaration de Mory Taylor, lorsque Monsieur Dheilly dit « en application de l’article 1224-1 du Code du Travail, nous avons regardé, il y a 672 personnes qui étaient tout ou partie dédiées à l’activité agricole ». C’est ce que Monsieur Dheilly a dit. Je vous dis qu’en 2012, dans la même configuration, dans la même discussion…

Michel DHEILLY

Puis-je vous répondre sur ce point ?

Mickaël WAMEN

Attendez… L’activité agricole n’a pas augmenté significativement pour créer +100 emplois supplémentaires.

Michel DHEILLY

Je pense pouvoir apporter un élément de réponse à votre remarque…

Mickaël WAMEN

Je suis très satisfait du fait que vous disiez aujourd’hui « oui, l’article L1224-1 s’applique ». Or, je dis que c’est faux et quand vous annoncez 672 salariés –je pense qu’on peut tous le dire dans cette salle, y compris les élus de la CGC- il n’a jamais été question ici, dans les documents officiels de Goodyear lorsque vous avez présenté le premier PSE, le deuxième PSE…

Michel DHEILLY

Monsieur Wamen, vous ne me laissez pas répondre à la remarque que vous avez faite…

Mickaël WAMEN

Je n’ai jamais entendu parler de 672 personnes pour la simple et bonne raison qu’à l’époque, lorsque nous étions dans cette salle et que nous pétions des plombs en disant « vous prenez des gens de gauche et de droite, je ne sais pas où vous allez trouver les 537 », vous aviez déjà un mal fou à nous l’expliquer.

Aujourd’hui, je constate un élément : Goodyear met un terme à une discussion avec un repreneur en supprimant la possibilité de reprendre un établissement industriel, de recréer une dynamique industrielle et de créer des emplois. C’est Goodyear qui met un terme à la discussion. Madame Seprez vient de dire le contraire, c’est faux. C’est totalement faux, ce n’est pas Mory Taylor qui a dit qu’il voulait 672 salariés, il dit très clairement que…

Michèle SEPREZ

Il a évoqué le nombre de 672.

Mickaël WAMEN

… que Goodyear lui a imposé parce que Goodyear dit que la loi, le Code du Travail, imposent à un repreneur de reprendre l’intégralité des salariés dédiés à l’activité agricole. Si on ne s’en tient qu’à ça, c’est 537.

Michel DHEILLY

Monsieur Wamen, puis-je enfin vous répondre ?

Mickaël WAMEN

Or, l’article L1224-1 du Code du Travail ne s’applique pas.

Michel DHEILLY

C’est votre version. Permettez-vous maintenant que je vous apporte un certain nombre d’éléments de réponse par rapport aux remarques que vous venez de faire et en l’occurrence, par rapport au chiffre de 537 ?

Mickaël WAMEN

Monsieur, vous pouvez émettre les remarques que vous souhaitez…

Michel DHEILLY

Je sais bien que cela ne changera pas votre état d’esprit. Pour autant, je souhaite mentionner un certain nombre de points par rapport aux questions que vous soulevez et aux éléments que vous avancez.

Mickaël WAMEN

Je vous ajoute une question, vous pourrez répondre après. Puisque vous dites que l’article L1224-1 du Code du Travail s’applique, pouvez-vous confirmer que les licenciements des salariés Goodyear Amiens Nord ont eu lieu à l’occasion du transfert de l’activité agraire à Titan ?

Attendez, je vous le répète parce que c’est un peu compliqué pour vous. Puisque vous confirmezque l’article L1224-1 du Code du Travail s’applique (c’est ce que vous avez dit : pour vous, c’est une obligation), vous êtes obligé d’appliquer l’article L1224-1 du Code du Travail…

Michel DHEILLY

Oui, c’est ce que Titan en ressort aujourd’hui.

Mickaël WAMEN

Non, c’est Goodyear qui le lui impose en disant « le Code du Travail t’impose la reprise de 672 personnes ».

Michel DHEILLY

Attendez…

Mickaël WAMEN

C’est l’analyse de votre avocat, Monsieur Grangé. Madame Seprez, pouvez-nous nous dire clairement qui exige l’application de l’article L1224 : Goodyear ou Titan ? Je pose une question avec Madame Seprez, qui semble être en différent avec Monsieur Dheilly.

Michel DHEILLY

Non, je ne suis pas du tout en différent.

Mickaël WAMEN

Qui exige l’application du 1224 ?

Michèle SEPREZ

Le chiffre de 672 a été donné par les conseils de Titan, qui ont fait leur propre analyse. Cette analyse rejoint la nôtre.

Mickaël WAMEN

Qui dit aujourd’hui ouvertement qu’il est obligé d’appliquer l’article 2424-1 du Code du Travail ? C’est Goodyear ou Titan ?

Michèle SEPREZ

Les avocats de Titan !

Mickaël WAMEN

Qui disent les avocats de Goodyear ?’

Michèle SEPREZ

Ils pensent la même chose.

Mickaël WAMEN

Voilà, ce sont bien les avocats de Goodyear !

Michèle SEPREZ

Non, pas du tout.

Michel DHEILLY

Les avocats…

Mickaël WAMEN

En tant que DRH du site d’Amiens Nord, vous représentez la direction de Goodyear. Aujourd’hui, quelle est votre position ? L’article L1224-1 du Code du Travail s’applique-t-il ?

Michèle SEPREZ

Je pense qu’il s’applique dans le cadre d’un transfert.

Mickaël WAMEN

Vous pensez, mais vous n’en avez pas la certitude.

Reynald JUREK

Je trouve dramatique que depuis tout à l’heure, vous dites « je pense que, il serait possible que… ». Vous n’êtes sûrs de rien, comme d’habitude.

Michèle SEPREZ

Pour n’importe quel repreneur, l’article s’applique.

Mickaël WAMEN

De toute façon, pour nous, l’article ne s’applique pas. Je vous repose la question :puisque vous affirmez que l’article L1224-1 du Code du Travail s’applique, confirmez-vous que les licenciements des salariés de Goodyear Amiens Nord ont eu lieu à l’occasion du transfert de l’activité agraire à Titan ?

Michel DHEILLY

Je ne répondrais pas à cette question-là pour l’instant.

Michèle SEPREZ

Il n’y a pas de transfert.

Mickaël WAMEN

C’est Titan qui décide des conditions de vente ? Vous rigolez ou quoi ?

Michel DHEILLY

Titan nous a demandé.

Mickaël WAMEN

Vous avez dit que c’est Titan qui exige 672 personnes…

Michèle SEPREZ

Non, j’ai dit qu’il avait évoqué le chiffre de 672 personnes, ce n’est pas pareil.

Mickaël WAMEN

Taylor dit que Goodyear lui a imposé 672 salariés. Patrice ?

Patrice SZYROKI

Je l’ai entendu.

Mickaël WAMEN

Taylor dit « Goodyear m’impose la reprise de 672 personnes ». Vrai ou faux ?

Michel DHEILLY

Vous êtes en train de reprendre les paroles que Maurice Taylor aurait prononcées.

Mickaël WAMEN

C’est le communiqué exact du groupe Titan.

Michel DHEILLY

Il nous a été demandé quels sont les salariés qui ont travaillé dans le processus de fabrication de pneus agraires. Vous savez comme moi que rentrent deux grandes populations, les gens dédiés à une activité 100 % agraire et la population qui rentre dans l’activité mixte.

Sébastien LUPO

Et les documents d’il y a deux ans…C’est n’importe quoi !

Mickaël WAMEN

On voit que vous êtes moins à l’aise que pour le reste. Vous êtes dans la merde.

Michel DHEILLY

Aujourd’hui, nous avons transféré l’ensemble des éléments sur la population mixte et agraire à Titan. Sur la base de cette analyse, Titan et ses avocats considèrent qu’il y a un risque par rapport à l’application de l’article L1224-1. Lorsqu’on en discute avec eux, nos avocats pensent la même chose dans la mesure où « le fait que les licenciements sont sans effet et qu’il y ait eu des contrats de travail transférés à titre d’exemple » (cf Cour de Cassation du 15 février 2006).

Mickaël WAMEN

Lisez-moi le document en entier ! Je ne comprends rien à ce que vous dites depuis tout à l’heure. Vous tenez une thèse qui n’existe nulle part. Je vais vous expliquer pourquoi « demain, vous auriez dit « on va demander à Taylor d’en reprendre 1000 », ce serait exactement pareil !

Michel DHEILLY

Je vous ai écouté jusqu’au bout.

Mickaël WAMEN

Pour la population, pour tout le monde qui vous regarde, vous passez tous pour des cons !

Michel DHEILLY

C’est ce que vous pensez. Aujourd’hui, on considère que juridiquement, nous sommes en train de transférer une entité économique autonome.

Mickaël WAMEN

C’est faux ! Il n’existe aucune entité économique autonome ici. Je vais vous expliquer pourquoi. Vous allez voir, on va rigoler là-dessus.

Michel DHEILLY

Je veux répondre à un point précis. Vous m’avez parlé de 672 et de 537. Je pense qu’il faut mettre en avant deux choses : le nombre de salariés qui ont travaillé dans le cadre d’une activité agricole, qu’il s’agisse de l’activité mixte ou 100 % agraire. La deuxième chose, on confond avec une organisation…

Sébastien LUPO

Vous intégrez tous les gens des bureaux dans la population mixte !

Michel DHEILLY

On confond avec une organisation qui est viable pour fabriquer un certain nombre de pneus agraire.

Mickaël WAMEN

C’est un mensonge supplémentaire qui vise à transférer une activité illégalement !

Michel DHEILLY

Les 537 correspondaient à une organisation agraire viable pour fabriquer un nombre de pneus qui a été déterminé à ce moment-là.

Sébastien LUPO

C’est un mensonge !

Michel DHEILLY

Aujourd’hui, les 672 salariés correspondent uniquement à des salariés Goodyear qui étaient utilisés dans le process de fabrication d’un pneu agraire. C’est deux choses différentes : d’un côté, on parle d’une organisation à 537 ou à 333, et d’un autre côté, on parle d’un nombre de salariés qui ont été impliqués dans la fabrication agraire.

Mickaël WAMEN

T’arrête de gueuler ? Calmez-vous !

Michel DHEILLY

Vous n’écoutez pas !

Mickaël WAMEN

Dès que j’ai entendu le départ de ce que vous avez dit, je me dis qu’aujourd’hui, il n’y a aucune cohérence dans vos propos, quels qu’ils soient. L’article L1221-1 du Code du Travail ne s’applique pas en cas de reprise de l’activité.

Michel DHEILLY

Nous partons du principe que les salariés peuvent revendiquer l’application L1224-1 du Code du Travail. C’est tout.

Mickaël WAMEN

En ce qui concerne le fait que vous disiez qu’il y aujourd’hui sur ce site une activité économique autonome, je vais vous démontrer très clairement que non. Il y a plusieurs années…

Michel DHEILLY

Je n’ai pas dit « sur le site », j’ai dit que nous transférions une activité économique autonomie dans la mesure où nous transférions la partie « commercialisation » et la partie « matériel ».

Mickaël WAMEN

En 2012, lorsque vous faisiez l’accord avec Titan, vous n’avez nullement fait référence à cela.

Reynald JUREK

Vous avez même été déboutés là-dessus !

Mickaël WAMEN

A aucun moment, vous n’avez parlé d’une usine qui était autonome, d’une production qui était autonome, d’un produit spécifique autonome. Je vais vous dire pourquoi ce n’est pas autonome. Il y a plusieurs années –mais vous n’étiez peut-être pas encore au monde-, la direction du groupe Goodyear France a décidé de mettre en concurrence le service « nettoyage » à la société GSF. Vous avez perdu. Le Tribunal a rendu un jugement en référé : à Amiens Nord, il n’y a aucune autre activité que l’activité « pneumatiques ». La seule et unique activité est l’activité du pneu. L’usine d’Amiens Nord n’est donc pas une activité autonome. Elle dépend d’une multinationale qui a une maison-mère à Akron, qui a des filiales au Luxembourg, avec un certain nombre d’usines dans le monde. Goodyear Amiens Nord n’est pas une entité économique autonome. L’activité agricole n’est pas une activité économique autonome.

D’ailleurs, dans les documents de 2012 sur la cession de l’activité agricole à Titan, vous ne faites nullement référence à ces éléments. De plus, aujourd’hui, vous êtes en train d’évoquer le fait que Taylor aurait une nouvelle proposition pour accroître significativement le niveau de production, ce qui l’oblige à reprendre plus de personnes que prévu en 2012.

Nous n’avons aucun élément tangible pour vous croire sur parole, cher Monsieur. Je continue à dire que tout cela est un mensonge supplémentaire. Je demande une suspension de séance pour que nous puissions partager un certain nombre d’éléments avec nos collègues de la CFE-CGC, notamment les deux délibérations que nous allons faire passer au vote. Ensuite, vous déroulerez le document que j’ai eu ce matin au lieu de l’avoir avant, comme les autres, et ça, c’est quand même fort dommage.

En tout état de cause, aujourd’hui, nous avons deux délibérations à faire voter. Nous allons nous retrouver devant la justice, et nous n’allons donc pas nous époumoner 107 ans pour savoir qui a tort ou qui a raison. La justice va devoir trancher très rapidement. Aujourd’hui, nos avocats travaillent 24/24 heures sur les PV. Pour en avoir eu un ce matin au téléphone, je peux vous dire qu’ils rigolent. Ils disent qu’il n’y a rien de ce qui a été marqué là-dedans qui a été ne serait-ce que discuté une seule fois en 2012 ou 2013.

Je continue à dire que le site d’Amiens Nord peut être rentable du point de vue de l’activité agricole et que Goodyear n’a pas le droit de mettre un terme à des discussions sur la reprise du site. J’ai mandaté, avec mes collègues de la CGT, notre avocat pour qu’il engage des discussions avec l’avocat du groupe Titan. Nous allons lui soumettre une proposition au cours des jours à venir. Cette proposition sera soumise à tous les acteurs du dossier, autres que Goodyear. Vous avez des obligations légales que vous ne respectez pas. Je peux vous assurer d’une chose : il n’y a pas une machine agricole qui partira du site.

Pour la simple et bonne raison, c’est que vous avez indiqué dans un accord avec moi, avec Monsieur Jurek, avec les camarades de la CGT, les signataires de l’accord, l’Etat, à travers de la Préfecture, qui a signé cet accord, que vous vous engagiez et que je m’engageais, au nom de la CGT, à ne pas faire obstacle à la reprise. Vous faites exactement le contraire, vous violez l’article 11. C’est complètement illégal.

Quant à savoir de combien de salariés Titan aurait besoin, pour ce que je sais de Titan et de son avocat, Titan n’a jamais remis en question le chiffre de 333. Il est même plus clair que ça, puisque, dans sa dernière intervention (nous ne pouvons pas inventer cette intervention, elle est claire, non seulement il l’a prononcée, il a diffusé un message écrit, il a eu des interviews avec des journalistes du Monde qui sont allés le rencontrer, il est passé en direct sur certaines chaînes, et sur certaines radios), il a dit très clairement « Goodyear m’impose 672 salariés. Or, à aucun moment, ça n’a été évoqué et il semblerait que Goodyear dise que le problème viendrait du Code du Travail français qui impose la reprise d’un certain nombre de salariés ». La première fois qui m’est venue à l’esprit, c’est « d’où sortent ces 672 ? ». S’il avait dit, c’est 537. J’aurais dit « voilà, c’est plus cohérent ». Je ne sais même pas d’où sort ce chiffre de 672. Vous évoquez une montée en puissance du pneumatique « Farm », alors que dans les réunions de CCE et les réunions de CE, dans toutes les réunions de suivi, vous dites que le marché agricole s’est effondré.

Michel DHEILLY

Ce n’est pas du tout ce que nous disons. C’est complètement faux.

Mickaël WAMEN

Vous dites que maintenant l’activité agricole est une activité autonome.

Michel DHEILLY

Nous n’avons pas dit que le business « Farm » augmentait. Nous sommes en train de dire que vous confondez l’organisation du travail, qui peut être basée sur 333 ou 537, ou je ne sais combien de personnes, et les 672 salariés qui étaient impliqués de près ou de loin, sur des équipements mixtes ou Farm, dans l’activité agraire.

Evelyne BECKER

Lors des rencontres que nous avons eues avec les avocats de Titan et Goodyear, nous avions proposé un chiffre supérieur à 537 et nous avions demandé le détail des 537. Nous avons eu des slides avec les chiffres. Nous avons dit « 537, ce n’est pas possible, cela comporte les bureaux, les dépôts, les salariés mixtes et l’agraire ». Aujourd’hui, vous nous dites, c’est 672. C’est impossible puisqu’à l’époque déjà, nous voulions qu’il y en ait plus pour qu’il y ait une reprise plus importante. La Direction de Titan a dit « 537, c’est Goodyear qui me l’impose ». Je m’en rappelle très bien. Il avait dit 537 au départ et il est revenu en disant « en fin de compte, avec 333 j’en aurais assez pour démarrer ». Aujourd’hui, vous dites que c’est Titan qui dit que c’est 672. Ou ils sont complètement cinglés, ou c’est vous.

Michel DHEILLY

Je ne suis pas en train de dire…

Mickaël WAMEN

C’est un mensonge tellement gros qu’il en devient ridicule. Je peux comprendre votre position de Directeur d’Etablissement. Vous êtes dans l’obligation de donner des informations, même si elles ne sont aucunement cohérentes. C’est une réalité. Je dis très clairement que Goodyear a fait une énorme bourde qui va nous servir grandement, mais je n’ai pas terminé ce que j’étais en train de dire tout à l’heure, je disais…

Michel DHEILLY

Moi non plus !

Mickaël WAMEN

Je pense très concrètement que ce dossier va nous donner raison sur la totalité des débats que nous avons depuis 2007. Vous êtes en train de commettre une erreur phénoménale. C’est pour cela qu’hier j’ai dit à Reynald (je n’ai pas vu les autres, mais j’ai vu Reynald et Evelyne lors d’une réunion à Paris) : « il faut que nous soyons calmes, sereins ». Effectivement, il pourrait y avoir des débats beaucoup plus houleux lorsqu’on constate le mépris qui règne à notre encontre et à l’encontre des salariés que nous représentons. Je vous dis une chose : il n’y aura aucun démantèlement, aucune machine qui sortira du site d’Amiens Nord, pour la simple et bonne raison que vous n’en aurez pas le droit. La justice va vous condamner à faire respecter l’article 11.

Michel DHEILLY

Ce n’est pas vous qui allez me donner le droit ou pas. Cela se fera en d’autres lieux.

Mickaël WAMEN

Vous oubliez qu’au-delà du Code du Travail et du droit du Tribunal, il y a le droit social. Si demain, nous décidons avec les salariés de prendre l’usine et d’enlever les machines, nous ferons comme vous. Nous violerons l’article 11.

Michel DHEILLY

Des menaces, à nouveau. Cela faisait un moment, Monsieur Wamen.

Mickaël WAMEN

Ce ne sont pas des menaces. Vous n’arriverez pas à me criminaliser.

Michel DHEILLY

Vous continuez à me mépriser, c’est clair.

Mickaël WAMEN

Non seulement, vous avez un rôle à jouer et on vous fait jouer un rôle. Les gens qui sont au-dessus de vous vous utilisent comme une petite marionnette. Ils sont en train de vous mettre dans une situation qui, à mon avis, n’est pas très confortable pour vous, et je peux le comprendre.

Michel DHEILLY

Je ne joue pas un rôle.

Mickaël WAMEN

Je comprends que vous soyez dans la provocation depuis ce matin, parce que vous n’avez rien d’autre comme argument. Vous attendez que ça pète pour éviter les débats intelligents, dans le cadre desquels vous seriez confrontés à une vraie problématique.

Michel DHEILLY

Je ne peux pas répondre à vos différents propos.

Mickaël WAMEN

Demain, si des salariés décident de reprendre l’usine, de la racheter, par la loi Florange, vous allez dire à la justice « je la démonte quand même ». Je vais quand même vous expliquer un truc…

Michel DHEILLY

Je ne suis pas en train de parler d’une SCOP. Je suis en train de relancer la consultation sur le démantèlement des équipements « farm » et mixtes, faute de repreneur. Nous n’avons pas d’offre de Titan dans la mesure où il dit qu’il y a un risque avéré avec 672 salariés qui pourraient revendiquer l’application de l’article 1224-1. Vous ne voulez pas l’entendre.

Je répète une dernière fois que les 672 salariés sont ceux qui ont travaillé de près ou de loin dans l’activité agraire et/ou mixte. Cela n’a rien à voir avec l’organisation à 537 salariés qui a été proposée ou à 333 salariés qui a été demandée.

Mickaël WAMEN

Bizarrement, les organisations représentatives du personnel qui devraient discuter avec vous de l’organisation n’ont pas été mises dans la boucle. Ceci est un mensonge sans nom !

Michel DHEILLY

Le groupe Goodyear ne me fait pas mentir : nous n’avons pas eu d’offre du groupe Titan et nous avons fait notre maximum pour essayer de trouver un repreneur de cette activité agraire.

Mickaël WAMEN

Ceci est une nouvelle machination qui ne correspond en rien à tous les débats que nous avons eus autour du dossier Titan. En 2012, je me suis souvenu hier matin en discutant avec d’autres personnes à l’extérieur de ce qui s’est produit et a fait éclater en vol les négociations lorsque nous avons négocié le plan de départ volontaire et la reprise du Farm, sur les 537 personnes.

Ce qui a fait vraiment capoter l’histoire, c’est lors d’une réunion à Paris, il y avait le groupe Goodyear, il y avait l’avocat de Titan, tout le monde était présent. Taylor ne voulait pas bouger sur ses deux ans, nous avons donc inversé la vapeur et nous avons dit au groupe Goodyear « puisque vous dites que le projet Titan est viable et qu’il n’y a pas de risque, nous allons écrire dans l’accord une clause stipulant la chose suivante, si demain Titan licencie les gens au bout de 24 mois, c’est Goodyear qui prendra en charge le PSE. Je l’ai dit à Goodyear pendant une durée de cinq ans, ce qui veut dire que vous ne prenez aucun risque.

Reynald JUREK

Vous ne preniez aucun risque puisque vous deviez être sûrs de votre coup.

Mickaël WAMEN

Que se passe-t-il alors ? Dumortier se lève et dit à Grangé « viens, on se casse, on ne discute plus avec eux ». C’est comme ça que les négociations ont achoppé.

Michel DHEILLY

Cela ne m’intéresse guère de refaire le passé.

Mickaël WAMEN

Pourtant, vous ne faites que cela !

Michel DHEILLY

Nous sommes en train de travailler…

Reynald JUREK

Vous êtes en train de ?

Michel DHEILLY

Nous sommes en train de travailler, Monsieur Jurek.

Mickaël WAMEN

Mets-toi à sa place, ce n’est pas facile. Toi, tu es libre de dire ce que tu veux, lui n’a pas le droit. Il est payé tous les mois grassement pour faire un travail qui consiste à appliquer bêtement les directes qu’on lui a données là-haut.

Michel DHEILLY

Je n’applique rien bêtement. Je suis au poste que j’occupe parce que je pense sincèrement qu’il y a une certaine confiance par rapport aux propos que je tiens. La confiance est réciproque, les dernières réunions que nous avons pu avoir me l’ont prouvée. Par contre, il est important de souligner que nous avons tenté de rouvrir les discussions avec le seul repreneur potentiel.

Mickaël WAMEN

Je demande une suspension de séance.

Michel DHEILLY

Je procéderai à la suspension de séance lorsque j’aurai fini de dire ce que j’ai commencé à dire.

Mickaël WAMEN

Tu veux une suspension de séance, Patrice ? Nous la demandons donc ensemble.

Michel DHEILLY

Nous avons tenté de rouvrir les discussions avec le seul repreneur potentiel, dans un contexte économique tendu, l’objectif de GDTF était de s’assurer que l’usine d’Amiens Nord puisse être rouverte, que les emplois soient garantis et qu’une activité pérenne puisse se développer dans les conditions économiques raisonnables pour toutes les parties, mais nous ne sommes pas parvenus à trouver une solution viable.

Mickaël WAMEN

Merde.

Michel DHEILLY

Toutes les discussions avec les repreneurs potentiels, y compris Titan, ont pris fin. Je répète ce que j’ai mentionné tout à l’heure : il reviendrait à un repreneur de déterminer le nombre de salariés concernés à ce titre. Titan a communiqué sur 672 salariés, correspondant aux salariés ayant travaillé de manière significative pour l’activité agricole. Ce n’est pas à Goodyear de déterminer et de garantir le nombre de salariés qui peuvent garantir le transfert de leurs contrats de travail. C’est aux repreneurs éventuels de faire leur propre analyse.

Mickaël WAMEN

Tout cela est un mensonge complet. Nous avons négocié pendant de longs mois la reprise de l’activité agricole. Ca a capoté en septembre 2012, parce que lorsque nous avons repéré un risque potentiel pour les 537 salariés qui auraient été repris par Titan, nous avons demandé à Goodyear de supporter la charge éventuelle d’un licenciement massif de ses salariés et que Goodyear prenne en charge, au même titre que les autres salariés, leur licenciement. Ca a été refusé, Goodyear a quitté la séance. Lors des réunions de CE, de CHSCT, de CCE, de Comité de Groupe Européen, il a démontré que l’activité agricole d’Amiens Nord concernait au total 537 salariés. Ca a été prouvé par des cabinets d’expertise, par Goodyear, par Titan, c’est le business plan de Titan, etc… Vous êtes en train de me dire qu’à l’occasion des nouvelles négociations que vous avez menées avec Titan, c’est 672. Je ne sais pas d’où ça sort, vous êtes en train de raconter tout et n’importe quoi, 333 par Taylor, 672 pour vous, l’application d’un article du Code du Travail qui ne s’applique pas au repreneur…

Michel DHEILLY

Ce n’est pas 672 pour nous.

Mickaël WAMEN

Vous violez l’article 11 de l’accord du 23 janvier 2014, vous ne respectez pas vos obligations légales, vous empêchez la reprise du site et de l’activité agricole par quelque repreneur que ce soit.

Michel DHEILLY

Vous savez comme moi que nous avons travaillé avec les autorités pour essayer de trouver un repreneur.

Mickaël WAMEN

C’est faux. Depuis 2012, vous ne l’avez pas fait, si ce n’est en 2013 sous l’égide d’Arnaud Montebourg, sur un chiffre de 537 salariés.

Michel DHEILLY

Des initiatives ont été prises pour essayer de retrouver un repreneur de l’activité agraire.

Mickaël WAMEN

Monsieur, vous n’allez pas revenir sur le passé !

Michel DHEILLY

Quand vous dites que nous n’avons rien fait et que nous faisons obstruction à l’article 11.

Mickaël WAMEN

Même si tout porte à croire que vous êtes un homme du passé…

Michel DHEILLY

C’est totalement faux…

Mickaël WAMEN

Vous êtes un homme de paille. Dans la mémoire des salariés, personne ne se rappelle de vous.

Michel DHEILLY

Je vous laisse seul juge de vos propos.

Mickaël WAMEN

Tant mieux pour vous, vous êtes transparent.

Patrice SZYROKI

Si les 537 étaient prévus pour un certain nombre de pneumatiques agraires de l’époque, comment et sur quels critères a-t-on évincé les 130 personnes environ pour parvenir à 672 aujourd’hui ?

Michel DHEILLY

Il a été demandé à l’époque de prévoir une organisation qui répondait à la fabrication d’un certain nombre de pneus. L’organisation qui avait été proposée à l’époque était de 537 salariés. A aujourd’hui, les 672 salariés sont l’ensemble des salariés qui ont travaillé dans les départements mixtes et Farm. C’est tout. Donc 537 ne correspondait pas à la totalité des salariés couvrant l’activité « Farm » et une activité mixte.

Mickaël WAMEN

C’est faux, c’est un mensonge.

Patrice SZYROKI

Je veux bien l’entendre. Je voudrais néanmoins savoir comment ces 130 personnes environ ont été mises de côté et sur quels critères ?

Mickaël WAMEN

S’il y a eu la reprise de l’activité en 2012, il n’y aurait pas eu 672 personnes.

Michel DHEILLY

Il n’y a pas eu de discussion sur les personnes, mais sur une organisation agraire. Tout comme on nous a demandé une organisation de l’agraire à 333 personnes, ce qui veut dire qu’à aujourd’hui, quand on demande la liste des gens qui ont travaillé dans l’agraire, il y en a 672 et que Titan-ou ses avocats- a considéré qu’il y avait un risque d’application de l’article 1224.

Mickaël WAMEN

C’est faux

Michel DHEILLY

Ce n’est pas Michel Dheilly ou Goodyear.

Mickaël WAMEN

Il est certain que ce n’est pas Michel Dheilly !

Michel DHEILLY

Les avocats de Goodyear ont considéré qu’il y avait un risque.

Mickaël WAMEN

Vous parlez d’une entité économique autonome : c’est n’importe quoi ! C’est du grand n’importe quoi.

Michel DHEILLY

Vous l’avez déjà expliqué. Patrice Szyroki pose un vrai problème : si, en 2012, l’accord avait été conclu, il n’y aurait pas eu 672 personnes mais 537. Comment aurait-il fait pour faire tourner un outil de travail avec une organisation branlante ?

Jacques MARTIN

Cela veut dire que les gens de 2012 ont mal fait leur travail.

Michel DHEILLY

L’organisation n’est pas branlante à 537, voire à 333. Il y a juste un nombre de pneus qui n’est pas tout à fait le même.

Mickaël WAMEN

Il s’est levé un matin et a dit « en 2013, je voulais en prendre 333 pour fabriquer 800 pneus/jour, mais le marché a tellement explosé qu’il m’en faut le double pour produire le double. Les PV de CHSCT, les PV de CE, les PV de CCE, les comités de groupe européen, on a pété des plombs en disant « 537, ce ne sera pas suffisant ». Vous nous avez apporté la preuve par A + B que c’était 537, que ça concernait l’ensemble du personnel…

Michel DHEILLY

Je dis que les 672 salariés correspondent à des salariés Goodyear qui ont travaillé pour l’activité agraire ou mixte.

Mickaël WAMEN

C’est faux. Il n’y a aucun contrat de travail d’un salarié de l’agraire qui ait un numéro de SIRET différent du contrat de travail des salariés de l’activité « tourisme ». Lorsqu’on parle d’une activité autonome, sur le bordereau de paye, il doit y avoir des numéros de SIRET différents.

Dès lors que vous avez une activité autonome, vous avez des fonds spécifiques, des recettes ou des pertes à part, et une gestion économique de l’activité en tant que telle unique. Sur le site d’Amiens Nord, auquel cas cela n’aurait pas été un problème du tout pour une reprise, nous aurions dû avoir uniquement d’un côté des salariés agraires, en vert et des salariés tourisme, en bleu. Leur fiche de paye est émise par GDTF (Goodyear Dunlop Tire France), avec un numéro de SIRET différent, parce que c’est une entité autonome qui ne correspond donc pas à l’activité GDTF.

Or, dans les résultats du groupe GDTF et du groupe « monde », il n’y a aucune différenciation financière des activités. A ce jour, le groupe Goodyear exerce des activités liées aux pneumatiques. Effectivement, il y a eu d’autres activités pendant un certain nombre d’années, comme la branche « chimie », qui a été vendue. A l’époque, nous avions un Comité de Groupe européen différent, un CCE différent, un CE différent. Nous rencontrions de temps en temps.

Aujourd’hui, les salariés d’Amiens Nord qui sont à l’agraire n’ont pas un bordereau de paye différent des salariés du tourisme. C’est d’ailleurs pour cela que nous avions réussi –et cela sera démontré assez habilement aux juges- c’est perdu d’avance. Vous allez vite vous rendre compte qu’aujourd’hui, dans les discussions au CE et au CHSCT, sur l’achat d’un repreneur de l’activité agraire, nous n’avions absolument pas identifié les salariés. Nous nous étions dit que les salariés qui allaient partir à la retraite pourraient permettre aux salariés en tourisme de prendre en poste. Ceci signifie qu’il n’existe pas d’entité économique autonome : les gens n’ont pas un poste de travail. Les salariés qui venaient chez Goodyear tous les jours recevaient les mêmes fiches de paye, avec le même numéro de SIRET. Au final, quand Goodyear versait…

Michel DHEILLY

Je n’ai jamais dit le contraire.

Mickaël WAMEN

Vous avez dit que c’était une entité économique autonome.

Michel DHEILLY

J’ai dit que cela s’associait au transfert d’une entité économique autonome.

Mickaël WAMEN

Cela me va très bien.

Michel DHEILLY

Je sais, mais cela ne me gêne pas du tout de le dire.

Mickaël WAMEN

La prime de productivité trimestrielle était inhérente au fait que nous travaillions au Farm ou au tourisme. Elle était versée équitablement entre tous les salariés. Quand nous avons fait des bénéfices, la participation a été répartie équitablement en fonction d’un certain nombre de critères pour l’ensemble des salariés.

Michel DHEILLY

Evidemment, nous travaillions dans le même site.

Mickaël WAMEN

Quand vous aviez une baisse d’activité drastique au tourisme et une augmentation d’activité au Farm, pour autant, les salariés ne subissaient pas de baisse de rémunération d’un côté ou de l’autre. Nous étions tous régis par la même convention collective CCNC, selon un article du Code du Travail précis. Que l’on soit du Farm ou du Tourisme, nous sommes dans la même situation. Les bénéfices ou les déficits engrangés par l’activité « pneus » de Goodyear sont complètement indépendants des secteurs d’activité concernés. Il y a donc une seule et unique activité qui donne un numéro de SIRET à l’activité GDTF, c’est l’activité « pneumatiques ». Point, il n’y a pas 36 solutions.

Dans l’activité « pneumatiques », il y a des collaborateurs, des cadres, des ouvriers, il y a des gens qui travaillent sur des chaînes de production, il y a des administratifs, il y a des gens payés pour vendre des pneus, il y a des gens payés pour faire du process. C’est la première fois que j’entends que vous considérez, avec vos avocats, que l’activité agricole est une activité autonome. A mon avis, c’est une nième erreur, et pas des moindres. Je maintiens que :

- non seulement l’article 1224 du Code du Travail ne s’applique pas ; - les 672 salariés sont une pure invention ; - dès demain dans le tribunal, nous allons demander un jugement pour laisser à la CGT la possibilité de faire une contre-proposition, basée non pas sur 672, peut-être pas sur 537 ou 333. Je le dis très clairement. Quel que soit le repreneur de cet établissement, puisqu’il ne s’agit pas d’une entité économique autonome, puisque l’article 1224 ne s’applique pas, il peut reprendre cette usine sans être dans l’obligation d’embaucher un seul salarié Goodyear actuellement en congé de reclassement et ayant fini son préavis.

Effectivement, l’article 1224-1 aurait pu s’appliquer aux salariés qui étaient encore en préavis. Sauf que je rappellerais que vous avez fait les choses dans les règles de l’art : vous avez considéré que le congé de reclassement démarrait à la fin du préavis. Or, en matière générale du congé de reclassement, le préavis intervient à la fin du congé. J'en veux pour preuve que le préavis est terminé pour tous les salariés qui sont aujourd’hui en congé de reclassement, c’est que vous avez payé aux salariés les indemnités de fin de préavis. Dans les lettres que vous avez envoyées aux salariés, que j’ai sur mon téléphone, que j’ai envoyées à Fiodor et sur lesquelles il est en train de travailler aujourd’hui, il est clairement indiqué que le congé de reclassement prendra effet à la fin du préavis. L’article 1224-1 du Code du Travail aurait pu éventuellement s’appliquer aux salariés qui étaient encore en préavis : aujourd’hui, ces salariés ne dépendent absolument plus du groupe Goodyear. La preuve en est qu’ils ont la totale liberté de chercher un emploi où et quand ils souhaitent. Aujourd’hui, vous n’avez plus la main mise sur ce personnel.

Michel DHEILLY

Ce n’est pas l’analyse de Titan…

Mickaël WAMEN

De Goodyear, de votre avocat !

Michel DHEILLY

Ce n’est pas l’analyse de Titan, qui a fait son analyse et qui considère que l’article est applicable.

Mickaël WAMEN

Vous avez raison sur un point. L’article L2412-1 du Code du Travail s’applique à tous les salariés qui sont encore à l’effectif mensuel du CE (effectivement, fusion, absorption, transfert) dont le licenciement n’est pas notifié et qui n’ont pas achevé leur préavis. Dès lors que vous êtes sorti des effectifs, que vous avez été notifié, que vous avez fini votre préavis, il n’y a plus d’application de l’article 1224-1 du Code du Travail.

Michèle SEPREZ

Les salariés ne sont pas sortis des effectifs à cette date.

Mickaël WAMEN

Les salariés sont toujours dans les effectifs. Je vais prendre un exemple concret : aujourd’hui, la masse salariale que vous prenez n’est certainement pas celle que vous auriez dû prendre au départ. Vous le savez mieux que moi.

Michel DHEILLY

Le fait que les salariés aient été licenciés change-t-il la donne ? La réponse est « non », la jurisprudence considère, dans des cas identiques (reprise d’une activité après licenciement), que les licenciements sont sans effet et les contrats de travail, transférés.

Reynald JUREK

Il anticipe les résultats des Prud’hommes.

Michel DHEILLY

Cette analyse a été partagée par les avocats de Titan. Les salariés concernés peuvent donc revendiquer l’application de cet article de loi. Je comprends que vous traduisiez la situation de manière différente avec votre avocat…

Reynald JUREK

Pourquoi 672 alors ?

Michel DHEILLY

Je pense avoir répondu.

Mickaël WAMEN

J’ai largement démontré en 10 minutes que tout ce que vous venez de dire tombait à l’eau.

Michel DHEILLY

Très bien, Monsieur Wamen.

Mickaël WAMEN

Je prends le document. Il est beau, c’est bien. J’ouvre, que vois-je ? Il n’y a aucun élément qui parle de ce qui vous a contraint à arrêter les discussions avec le groupe Titan. Rien, aucune preuve.

Michel DHEILLY

Le document que vous avez sous les yeux s’inscrit dans le cadre de la consultation sur le démantèlement des équipements mixtes et farm.

Mickaël WAMEN

La consultation doit être globale. Nous allons demander une réunion de CHSCT dédiée au démantèlement.

Michel DHEILLY

Une réunion sur ce sujet est programmée.

Mickaël WAMEN

Nous allons bientôt demander d’autres réunions.

Michel DHEILLY

La première réunion est programmée le 7 janvier.

Mickaël WAMEN

Je voudrais que vous me produisiez un document dans lequel vous m’expliquez en quoi l’activité agricole est autonome. Aujourd’hui, nous allons nommer un expert comptable, nous allons lui demander de prendre les liasses fiscales de GDTF, de GDTE et de GDTM. Nous allons lui demander d’identifier quelles sont les activités qui dégagent des marges ou en font perdre, s’il y a plusieurs activités autonomes, s’il y a une activité qui, plus qu’une autre, fait des bénéfices. Aujourd’hui, lorsque le directeur de Goodyear Monde annonce les résultats du groupe Goodyear à la presse financière, il donne des résultats globaux. Au moment où vous parlez d’une catastrophe pour le groupe Goodyear –apparemment, tout va mal-, j’ai lu il y a un mois et demi dans la presse internationale économique que sur la zone EMEA –la nôtre- le résultat net affiche une augmentation de 243 %. Or, aujourd’hui, le seul indicateur significatif dans une entreprise comme la nôtre est le résultat net. C’est l’activité « pneumatiques » qui sort cette plus-value de 243 % sur le résultat net en un trimestre. Si, a contrario, vous aviez une baisse de 250 %, ce serait une activité « pneumatiques », indépendamment du type d’activité.

Le Code du Travail français empêche le groupe Goodyear de continuer des discussions avec un repreneur parce que l’article 1224-1 vous oblige non seulement à reprendre du personnel, mais à en reprendre 672 au lieu de 537 qui ont toujours été annoncés et débattus pendant de longues heures dans les réunions. Il y a des personnes autres que la CGT qui étaient présentes lors de ces réunions et qui disaient « il faudrait plus que 537 » et vous répondiez « c’est 537, nous avons calculé, nous ne pouvons pas faire plus, c’est un maximum ».Vous êtes en train de nous dire qu’en plus, il y a un autre point qui fait qu’on ne peut pas vendre, c’est que l’activité agricole est une activité économique autonome.

Je dis « bravo, nous allons au Tribunal ». J’attends. J’espère que vous serez sur le banc, je vais demander à Fiodor Ridov de vous faire monter à la barre et vous allez expliquer à un juge que l’activité d’Amiens Nord est une activité autonome.

Je demande une suspension de séance parce que nous souhaitons faire voter deux délibérations.

Michèle SEPREZ

Monsieur le Secrétaire, nous avons répondu sur le point 2. Nous n’avons plus de commentaire à faire.

La séance est suspendue entre 11 heures 20 et 11 heures 55.

Mickaël WAMEN

Avant de passer aux délibérations, j’aurais deux questions supplémentaires à vous poser. Comment pouvez-vous parler de l’agraire comme entité économique autonome alors qu’il n’y a plus de salariés qui y travaillent ? Y a-t-il des salariés travaillant dans l’agraire que vous nous cachez ? Combien de personnes travaillent-elles à l’agraire actuellement ?

Michel DHEILLY

Je pense avoir répondu en long, en large et en travers, par rapport à votre propos sur la notion d’entité économique autonome.

Aujourd’hui, juridiquement, lorsqu’une entité économique autonome, c’est-à-dire « un ensemble organisé de personnes et de matériel disposant d’un objectif propre » est transférée en conservant son identité, les dispositions de l’article L1224-1, qui sont d’ordre public (c’est-à-dire qu’on ne peut y échapper, même par accord), s’appliquent. L’ensemble des contrats de travail affectés à l’activité est transféré (cf jurisprudences).

En ce qui concerne le site d’Amiens Nord, toutes les machines, le matériel et l’usine auraient été transférés, ainsi que la commercialisation des pneus agricoles sous la marche Goodyear.

Mickaël WAMEN

C’est ce que vous avez dit en début de séance. Vous répétez la même chose. Pour ma part, je continue à dire qu’il n’y a pas d’entité économique autonome que ce soit ici ou sur les autres sites du groupe GDTF.

Michel DHEILLY

Nous pouvons reprendre notre discussion pendant une heure.

Mickaël WAMEN

Non, je tenais simplement à réaffirmer ce que je vous ai dit. A la question que je vous pose, à savoir : comment pouvez-vous parler de l’agraire comme entité économique autonome alors qu’il n’y a plus de salariés qui y travaillent (ou alors vous cachez du personnel qui travaille actuellement dans l’agraire sur le site), vous ne répondez pas.

Michel DHEILLY

Nous ne cachons pas de salarié.

Mickaël WAMEN

D’accord.

Reynald JUREK

C’est une bonne nouvelle.

Michel DHEILLY

Nous dressons un état des lieux sur la situation des salariés du site lors des réunions de CE ordinaires.

Mickaël WAMEN

Nous avons deux délibérations à soumettre au vote. Je vais vous en faire lecture. Vous en aurez bien sûr une copie et quinze jours pour les comprendre.

« Délibération n°1 : CE Goodyear du 11 décembre 2014

La société Titan, candidate à la reprise de l’usine d’Amiens Nord, a indiqué qu’elle était empêchée d’arriver sur le site à cause d’une supposée obligation de reprendre 672 salariés parmi le personnel licencié par Goodyear.

Constatant le blocage d’un projet de reprise de l’établissement, le CE a rappelé à la Direction que pour envisager une éventuelle application de l’article L1224-1 du Code du Travail, après la rupture des contrats de travail pour motif économique de la quasi-totalité des salariés de l’établissement d’Amiens Nord, il faudrait établir que leur licenciement a été décidé par Goodyear à l’occasion du transfert d’une entité économique autonome, c’est-à-dire que la fermeture de l’usine et la fin de tous les contrats de travail trouveraient leur cause première et déterminante dans la volonté de Goodyear d’évincer l’application de l’article L1224-1 du Code du Travail dans le cadre d’une cession à venir du site.

Il revient donc à la direction de déclarer, sans aucune équivoque, que les licenciements qu’elle a prononcés à l’égard des salariés d’Amiens Nord n’ont en aucun cas été décidés par Goodyear à l’occasion du transfert d’une entité économique autonome à Titan (laquelle, d’ailleurs, n’a toujours n’a pas eu lieu).

Le CE considère, par la présente délibération, que l’article L2412-1 du Code du Travail n’est pas applicable et que les transferts de contrats de travail vers Titan ne peuvent avoir lieu.

Malheureusement, au cours de la réunion de ce jour, Goodyear a refusé d’en faire autant, le Groupe persiste à laisser croire le contraire et empêche ainsi l’arrivée sur le site d’Amiens Nord du candidat repreneur Titan.

Force est donc de constater que la Direction n’exécute pas l’article 11 du protocole de fin de conflit par lequel Goodyear s’est engagé « à ne faire aucun obstacle à l’arrivée de toute entreprise qui viendrait à proposer une reprise du site ».

En conséquence, le Comité d’Etablissement d’Amiens Nord se réserve la possibilité de mettre en œuvre toute démarche en vue d’obtenir l’exécution par Goodyear des obligations qui lui incombent, en application du protocole de fin de conflit et en particulier de son article 11. »

Pouvez-vous rappeler le nom des votants ?

Michèle SEPREZ

Oui. Les votants sont Reynald Jurek, Mickaël Wamen, Evelyne Becker, Jean-Jacques Roucou, Sébastien Lupo, Stéphane Krolik (en remplacement de Franck Jurek), David Meira et Patrice Szyroki.

Je mets aux voix cette délibération.

Patrice SZYROKI

Une petite parenthèse : même si la CFE-CGC n’a pas été signataire du protocole d’accord de fin de conflit, je vote favorablement à cette délibération.

La délibération n°1 est adoptée à l’unanimité des huit votants.

Michèle SEPREZ

Vous nous remettrez une copie de cette délibération, à l’encontre de laquelle nous émettons évidemment toutes réserves. Nous nous portons en faux contre l’accusation d’obstruction.

Mickaël WAMEN

« Délibération n°2 : CE Goodyear du 11 décembre 2014

En août 2014, la direction refusait d’informer le Comité d’Etablissement sur la destination des machines agraires, qui demeuraient à l’arrêt dans l’usine, pendant qu’elle transférait les machines tourisme sur d’autres sites. Aujourd’hui, Goodyear déclenche soudainement et dans la précipitation le démantèlement des outils industriels agricoles alors que plusieurs projets de reprise existent notamment celui du groupe Titan qu’il convient d’essayer de débloquer.

Or, au lieu de tout mettre en œuvre afin de tenter de lever les difficultés qui empêchent l’arrivée du repreneur, en proposant par exemple une réunion avec lui, ses pouvoirs publics et les représentants du personnel, Goodyear engage au contraire la destruction de l’appareil de production agraire au sein de l’usine d’Amiens Nord. Si la direction voulait compromettre toute possibilité de reprise, elle ne s’y prendrait pas autrement.

En conséquence, le Comité d’Etablissement constate par la présente délibération que Goodyear n’exécute pas intentionnellement l’article 11 du protocole de fin de conflit aux termes duquel le groupe doit tout faire pour ne pas empêcher l’arrivée d’un repreneur sur le site.

Le Comité d’Etablissement exige que la direction exécute ses engagements en maintenant sur le site les machines agraires pendant que les démarches en vue de trouver une solution de reprise sont en cours. »

Michel DHEILLY

Si j’ai bien compris, au début, vous précisez que nous avons mis en œuvre le démantèlement.

Evelyne BECKER

Vous aurez une copie de la délibération, de toute façon.

Michel DHEILLY

Ok.

Michèle SEPREZ

Je rappelle le nom des votants : Madame Becker, Messieurs Jurek (Reynald), Wamen, Roucou, Lupo, Krolik, Meira et Szyroki.

Je mets cette délibération aux voix.

Patrice SZYROKI

Une petite parenthèse : même si la CFE-CGC n’a pas été signataire de l’accord de fin de conflit, parce qu’elle n’y a pas été invitée, je vote favorablement à cette délibération.

La délibération n°2 est adoptée à l’unanimité des huit votants.

Michèle SEPREZ

Nous émettons les mêmes réserves, notamment sur l’obstruction.

. Information en vue de la consultation du Comité d’Etablissement d’Amiens Nord sur le projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement d’Amiens Nord Michèle SEPREZ

Nous entamons aujourd’hui la procédure d’information sur ce projet de démantèlement des équipements agricoles et mixtes. Nous avons adressé, avec la convocation, un dossier complet, précisant les conditions dans lesquelles nous envisageons les opérations de démantèlement des derniers équipements du site. Le CHSCT est saisi des questions plus spécifiques le concernant et une première réunion est prévue le 7 janvier 2015. Si vous avez des questions, nous y répondrons en déroulant la note CE que vous avez sous les yeux.

Mickaël WAMEN

Dans cette note, pourquoi n’expliquez-vous pas les motifs qui vous ont permis d’annoncer dans la précipitation la fin des discussions avec le groupe Titan ? Vous avez dévoilé un certain nombre d’éléments que nous n’avons pas sous les yeux. Il aurait quand même été appréciable, de même que lorsque nous émettons une délibération, nous vous en faisons une copie, que vous nous donniez les éléments dont vous disposez pour tenir votre argumentation.

La note aujourd’hui n’est pas une note économique mais uniquement une note sur un processus de démantèlement, mais vous ne fournissez pas les causes qui conduisent à ce projet de démantèlement. Quand les négociations ont-elles eu lieu ? Avec qui ? Combien de temps ont-elles duré ? Nous aimerions aussi avoir, comme le législateur le prévoit, les documents qui font référence au chiffre de 672 et à ce que vous évoquiez tout à l’heure. Ce n’est pas tout de donner un chiffre, mais encore faudrait-il que vous me l’expliquiez. Il faudrait qu’un document précise tous les éléments comptablement, en disant tant de postes là, tant de postes ici, pour un total de 672. Il faudrait mettre en face :

- un niveau de production nécessitant de reprendre 672 salariés ; - les projets d’engagements et les obligations que Mory Taylor du groupe Titan vous impose et qui vous font réviser très nettement à la hausse le nombre d’emplois qu’il faudrait recréer sur le site d’Amiens Nord. J’aimerais aussi que vous me fournissiez les éléments comptables du groupe Goodyear Dunlop Tires France dans un document dans lesquels vous justifiez le fait que l’activité agricole est une entité économique autonome. Aujourd’hui, effectivement, je ne peux pas vous écouter présenter un document en vue d’un démantèlement alors que la phase économique, qui est une étape essentielle du CE, n’a pas été mise en œuvre.

Aujourd’hui, vous devriez ajourner la réunion et la reporter à une date ultérieure afin de nous communiquer les éléments en même temps que ces éléments. Nous sommes en fin de compte dans un processus d’information-consultation d’un projet de démantèlement sur la partie uniquement « matériel technique ». Sur la partie économique, qui, à mon avis, est un élément incontournable pour que nous appréhendions le mieux possible la partie « démantèlement, j’estime que je ne suis pas en mesure de regarder avec vous la phase technique du démantèlement. En effet, je n’ai pas la mesure économique qui donne lieu à la discussion sur les phases de démantèlement, les procédures, etc…

Michel DHEILLY

Je comprends que vous essayez de mettre en avant un certain nombre d’éléments qui laissent à penser qu’il est prématuré de discuter de la documentation qui vous a été remise sur la partie « démantèlement » à proprement parler des équipements « Farm » et « mixte ».

Sauf qu’à aujourd’hui, les allusions que vous faites font partie des points qui seraient discutés dans le cadre d’un projet de cession d’activité, sachant qu’aujourd’hui, nous n’avons aucune offre. Nous n’avons pas à avoir quelque discussion que ce soit sur les 672 salariés. Je pense que nous nous en sommes expliqués assez longuement pendant la première partie de la réunion.

L’invitation à la réunion initiale figure sur l’un des points de l’ordre du jour et consiste à discuter de la note de mise en œuvre d’un projet de démantèlement. Que vous me disiez que vous n’êtes pas prêts ou que vous n’êtes pas d’accord, je l’entends bien.

Pour autant, nous sommes dans le cadre du point de l’ordre du jour qui a été signé, portant sur une information-consultation, qui ne sera peut-être pas suffisante dès aujourd’hui. Nous devrons programmer d’autres réunions dans le cadre de cette procédure.

Nous n’avons aucune intention de faire une unique réunion à l’issue de laquelle nous procéderons à une consultation sur le projet de démantèlement, mais il faut que nous commencions à évoquer le processus.

Mickaël WAMEN

Je pense que c’est prématuré. Pendant des mois, et d’ailleurs il y a une faute qui me paraît assez importante…

Michel DHEILLY

Nous n’avons pas d’offre de repreneur. Nous avons assuré la mise en veille et la mise en sécurité du site. Nous avons engagé le processus de démantèlement « passager » et nous avions dit que nous engagions le processus de démantèlement des équipements « Farm » faute de repreneur.

Le processus de consultation, qui est relativement long, commence aujourd’hui, mais ne va pas s’achever pour autant à l’issue de la réunion. Evidemment, vous avez un certain nombre de requêtes ou de demandes de réunions que vous exprimerez. Nous avons besoin d’évoquer un certain nombre de points, même si nous n’allons peut-être pas passer en revue l’ensemble des lignes de ce document. Les grandes lignes de ce document laissent penser que faute de reprise de l’activité agraire, nous nous orientons vers un démantèlement des équipements « Farm » et mixtes. Cela se traduit par une déconnexion des machines, une déconnexion électrique de la partie « équipement sous charpente ». Nous allons travailler sur un certain nombre de points, comme l’évacuation des déchets, etc… Tous ces points seront forcément abordés lors de la réunion de CHSCT programmée le 7 janvier.

Mickaël WAMEN

Je réitère ce que j’ai dit. Je ne vous dis pas qu’à un moment donné, nous n’aurons pas à discuter plus en profondeur du projet que vous voulez mettre en œuvre. Cela étant, nous ne vous cachons pas que des instances juridiques vont être engagées très rapidement.

Je reste persuadé qu’il y aura des offres de reprise de l’activité agricole, soit par Titan (si nous parvenons à nous mettre d’accord avec lui sur un certain nombre d’éléments, si la justice vient dire que l’argument qui dit qu’il faut reprendre 672 salariés parce que l’article L1224-1 du Code du Travail l’exige). A partir de ce moment-là, il y aurait certainement des discussions qui vont s’ouvrir. Nous voulons apporter la preuve que c’est vous qui faites tout pour ne pas que cela puisse se faire. Les deux parties ont pour obligation de respecter l’article 11 de l’accord que nous avons signé ensemble. De notre point de vue, cet accord est violé dans les règles de l’art. Sur les notes économiques qui vous poussent à discuter avec nous des phases de démantèlement successives, pour moi, il est hors de question.

Il y a toutefois une anomalie dans votre document, lorsque vous dites dans sa première page, en préambule : « Suite à l’arrêt des activités de production sur le site d’Amiens Nord et dans la continuité du processus de mise en veille et de mise en sécurité du site, les opérations de démantèlement des équipements tourisme de l’établissement d’Amiens Nord ont débuté le 11 août 2014 après avoir achevé la procédure d’information et de consultation des instances représentatives du personnel. »

Je suis désolé, je siège au CE et au CHSCT, et je n’ai pas été consulté.

Michel DHEILLY

Vous avez évidemment été consulté.

Mickaël WAMEN

Vous reprendrez les PV : nous n’avons pas été consultés. Vous avez démarré unilatéralement la phase de démantèlement des activités tourisme sans avoir le consentement des instances représentatives du personnel. Vous avez délibérément décidé d’agir seul.

Michel DHEILLY

Que vous n’ayez pas approuvé est une chose, que vous puissiez dire que vous n’avez pas été consulté est une autre.

Mickaël WAMEN

Je n’ai pas été consulté.

Michel DHEILLY

Le processus d’information – consultation a été consulté.

De la même façon, nous respecterons le processus pour la partie activité agraire et mixte. Nous ne démarrerons le démantèlement des équipements « Farm » et mixtes qu’à l’issue de la consultation.

Sur la partie « démantèlement » sera intégré l’arrêt des activités « chaufferie » qui sont aujourd’hui en partenariat avec la société Cofely, ce qui engendrerait l’arrêt et le démantèlement d’un certain nombre d’équipements appartenant à Cofely (osmoseur, dégazeur, compresseur).

Mickaël WAMEN

Vous n’allez pas commencer la réunion sans notre consentement. Nous demandons une suspension de séance.

La séance est suspendue entre 12 heures 15 et 12 heures 40.

Mickaël WAMEN

Je voulais vous poser une question avant que vous ne repreniez le cours de la réunion : quand l’article L1224-1 a-t-il été mis en œuvre en France ? Au mois de novembre 2014 ou bien avant ? Au mois de janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre et octobre 2014, lorsque je vous demandais quelle était la situation avec Titan, vous me répondiez que vous ne pouviez pas me donner d’information pour l’instant. Or, vous ne pouviez pas ignorer au mois de janvier 2014, qu’en cas de débat avec le groupe Titan, l’article L1224-1 du Code du Travail s’appliquerait (soi-disant). Vous êtes en train de nous dire que vous avez découvert l’existence d’un article du Code du Travail…

Michel DHEILLY

Je n’ai pas dit que je découvrais l’existence de l’article, mais qu’à ce jour, nous considérons, notamment Titan, que l’article peut s’appliquer pour les salariés.

Mickaël WAMEN

Quand l’avez-vous découvert ? Depuis quand l’article L1224-1 du Code du Travail s’applique-t-il ?

Michel DHEILLY

Il ne s’applique pas à Goodyear en particulier mais aux repreneurs.

Mickaël WAMEN

Lorsque vous avez entamé les discussions avec le groupe Titan, vous saviez pertinemment, à partir du moment où vous considérez que cet article s’applique, que ça poserait un problème de reprise. Comme il l’a été dit à plusieurs reprises au sein des instances…

Michel DHEILLY

J’ai bien compris que rien d’autre ne vous intéressait à part l’article L1224-1. Vous voulez tout mettre en œuvre pour que nous ne puissions pas discuter du document correspondant au point 1 qui est inscrit à l’ordre du jour. Nous avons acté vos deux délibérations. Nous souhaitons passer à la consultation sur un document en vue du démantèlement des équipements mixtes et agraires.

Mickaël WAMEN

Dans certains PV de CE et de CHSCT, alors que vous étiez déjà directeur d’établissement,…

Michel DHEILLY

Vous revenez systématiquement sur l’article L1224-1.

Patrice SZYROKI

C’est tout de même important.

Michel DHEILLY

Vous avez dit à un moment donné que vous n’en discuteriez pas ici, vous irez donc en discuter en d’autres lieux.

Mickaël WAMEN

Vous serez peut-être là.

Reynald JUREK

Vous n’êtes pas important.

Mickaël WAMEN

Ne dis pas qu’il n’est pas important. Il est hyperimportant.

Michel DHEILLY

Je pense que nous avons tourné la page du point qui a fait l’objet de nos discussions et nos échanges depuis le début.

Patrice SZYROKI

Je tiens à signaler que ce soit 333, 537 ou 672, suite à cet article qui n’est pas d’hier, on savait pertinemment que Titan aurait été obligé de reprendre 672 personnes. Ceci me laisse penser, comme je l’ai dit à certains médias, que c’est une belle fumisterie et que Goodyear a fait miroiter une reprise aux employés d’Amiens alors qu’il savait pertinemment que Titan ne reprendrait pas l’activité.

Michel DHEILLY

Je ne ferais plus de commentaire puisque…

Mickaël WAMEN

A chaque fois que je fais un commentaire, vous nous donnez un argument juridique.

Michel DHEILLY

Arrêtez de penser…

Mickaël WAMEN

Alors que vous étiez directeur d’usine, Président du CE et Président du CHSCT, je vous ai posé à maintes reprises dans cette instance la question sur cette histoire d’obligation de reprise des salariés selon l’article L122-12. Systématiquement, pendant des mois, vous m’avez répondu « non ».

Michel DHEILLY

Vous me ramènerez les documents.

Mickaël WAMEN

Sur ce, nous avons décidé de quitter cette instance parce que nous n’avons pas les éléments nécessaires à la bonne compréhension de la situation économique qui vous amène à nous informer et nous consulter sur un projet de démantèlement. Tant que nous n’aurons pas de motif économique valable, nous ne passerons pas à l’autre étape.

Michel DHEILLY

Nous regrettons que dès la première réunion, les élus tentent de prendre des prétextes fallacieux pour faire obstruction à la bonne marche des instances.

Les élus CGT et CFE-CGC quittent la séance.

Ceci fait partie des points que nous devons pouvoir acter. Je regrette que vous ne vouliez pas continuer à écouter la présentation de l’ensemble de la documentation.

En ce qui nous concerne, nous sommes à votre disposition pour répondre à toutes vos questions éventuelles. Nous prenons note du fait que le CE n’en a aucune à ce stade.

La séance est levée à 12 heures 45.

mardi 13 janvier 2015

RÉUNION SALLE VALENTIN HAUY - JEUDI 15 JANVIER 2015 - 17 HEURES

La CGT Goodyear organise la tenue d'une réunion le jeudi 15 Janvier prochain à 17h, salle Valentin Hauy afin de faire le point sur la situation de tous les ex- salariés Goodyear et de mettre en place les prochaines actions et luttes à mener pour l'obtention de nouveaux droits.

Nous comptons sur vous

mercredi 7 janvier 2015

CHARLIE HEBDO

La CGT Goodyear qui a toujours lutter pour la liberté d'expression et le droit à la parole de tous est profondément triste et atteinte par les meurtres de journalistes qui ont été tués parce qu'ils avaient depuis des années pris le droit à la parole...

La démocratie de notre pays est très profondément atteinte, en péril, mise à mal, au delà de ce crime contre la liberté, c'est à nos yeux une des pires atrocités que notre pays a du vivre .

Nous continuions de dire que la liberté d'expression, la démocratie doivent être encore plus fortes, rien ne peut justifier un tel crime...

La CGT Goodyear vous appelle toutes et tous à vous rendre le plus nombreusement possible aux diverses initiatives qui vont avoir lieu dès aujourd'hui, nous devons répondre par notre présence à cet acte innommable et qui vient de faire perdre la vie à des hommes qui ont passé la leur à défendre notre liberté !!!!

Vive la liberté et le droit d'expression .....

La CGT GOODYEAR

lundi 5 janvier 2015

JANVIER 2015, MAINTENANT OU JAMAIS ....

Nous lisons beaucoup de commentaires sur certains sites, ces commentaires indiquent que beaucoup d'entre vous craignent et ce à juste titre l'arrivée rapide de la fin du congé de reclassement et surtout d'une perte de revenus importante...

Cette crainte est légitime, mais pour autant il n'y a aucune fatalité, en novembre 2013 plus rien ne pouvait être obtenu dans le cadre du PSE, et en Janvier 2014 du fait d'une mobilisation forte et massive nous avons réussi à arracher des avancées substantielles.

Aujourd'hui est donc venu le temps à nouveau de nous mobiliser, nous multiplions les contacts auprès des organismes externes pour obtenir au plus vite des rdv, faire un état lieu de la situation catastrophique d'un grand nombre d'ex goodyear ....

Nous voulons obtenir de nouveaux droits, mais nous pensons qu'une fois encore sans mobilisations et actions nous n'obtiendrions rien ou peu ....

C'est dans ce sens que nous allons vous envoyer dès cette semaine des convocations pour une reunion semaine d'après. ...

Il est bien évident que si la mobilisation aux actions à venir n'était pas à la hauteur nous n'obtiendrions pas grand chose .....

Cessez de vous poser mille questions, la réalité parle d'elle même, ce que nous avons obtenu n'a toujours été le fruit que de la mobilisation, nous pouvons obtenir plus de droits cela ne dépendra que de nous !

La CGT va se réunir dès cette semaine pour étudier toutes les possibilités d'actions et nous partagerons avec vous où et quand allons nous agir !!!

Seule la lutte paiera, une forte mobilisation obligera les acteurs du dossier à nous entendre et prendre en considération nos besoins.

Ne comptez pas sur les autres, si vous voulez obtenir de nouveaux droits il va falloir que vous vous bougiez et pas qu'une fois !!!!

2015 sera encore Goodyear, nous n'avons pas le choix de toute façon et puis si plus rien ne bouge et bien nous allons bouger !!!

A très bientôt

La CGT Goodyear

BILAN DE L'ANNÉE 2014....ET VŒUX 2015

Bilan de l'année 2014....et vœux 2015

L'année 2014 aura été sans aucun doute l'année la plus terrible pour les Goodyear, après près de 7 années d'une lutte acharnée, la direction a obtenu des tribunaux ce que nous redoutions tous, la fermeture de notre usine.

Avec un début d'année très tendue socialement, nous avons avec vous décidé de signer un accord de fin de conflit qui a amélioré largement le PSE, mais cela ne remplacera jamais un emploi, c'est une réalité irréfutable.

En qualité de secrétaire du syndicat, j'ai énormément souffert de cette situation : le pire moment de ma vie de syndicaliste, celui que j'appréhendais le plus, avec cette dernière journée de votre présence sur le site le 23 janvier qui a été le moment le plus fort émotionnellement de toute cette période de lutte et combat qui a créé un lien incroyable entre nous une grande famille de salariés tous unis jusqu'au bout ....

Depuis, nous avons eu à souffrir encore de la disparition de certains copains, amis, frères de lutte, collègues, à chaque disparition un sentiment terrible s'empare de nous et derrière chaque drame une relation entre la perte de l'emploi et ce drame....

Nous avons, durant ces 11 mois passés, mis toute notre énergie à essayer de vous représenter au mieux dans toutes les instances et notamment dans les commissions de suivie où nous avons fait progresser en permanence vos droits.

Mais après 11 mois le bilan est dramatique, plus de 800 d'entre vous sont sans aucune solution pour leur avenir alors que Goodyear dit le contraire et que la SODIE veut faire mentir les chiffres.

Nous avons, durant ces 11 mois passés, souffert en qualité d'élus CGT, garde à vue de 36 h épreuve plus que difficile à vivre, embarqués comme des criminels par une brigade qui d'ailleurs porte le nom de brigade anti criminalité, notre faute : celle de vous avoir défendu pendant 7 ans .....

Ensuite Goodyear a mis le paquet 3 entretiens préalables pour mon licenciement, virer coûte que coûte les élus CGT qui continuent de gêner la direction, car les avancées obtenues ne sont que du seul fait de notre activité syndicale.

Nous continuons tous les jours à traiter tous les dossiers qui demandent une réponse syndicale, pas un seul salarié qui nous a contacté n'a pas eu un retour de notre part....

La direction de son côté, elle passe son temps à vouloir nous détruire, elle a mis en œuvre le démantèlement du tourisme sans avis ni du CHSCT ni du CE ....

Et pour bien vous rappeler qu'ils veulent vous détruire même après vous avoir viré, à grand coup de renforts médiatiques une annonce du démantèlement du farm .....

Le motif de ce soit disant échec des négocations pour la reprise du farm, une obligation du code du travail à reprendre 672 salariés !!!!!

En 2012 c'était 537 maximum pour le farm, en 2013 c'était 333 et en 2014 c'est 672 .....

Cet article du code du travail existe depuis des années, Goodyear découvre en 2014 cette obligation

Et d'où sort le chiffre de 672 ???

Si en 2012 titan avait repris que seraient devenus les 135 salariés entre les 537 et le nouveau chiffre ..... 672

En réalité tout cela est un énorme mensonge de plus, c'est pour cela que nous avons voté des délibérations et que début janvier nous irons en justice.

2015 va être l'année où il va falloir une unité maximum, car le congé de reclassement a déjà été pris pour une grande partie du temps prévu, avec un tel bilan nous devons exiger de nouveaux droits, allongement du congé, complément différentiel sur les indemnités chômage ....

Bref, il va falloir se bouger le cul, c'est dans cet optique que nous avons programmé comme prévu une réunion première quinzaine de janvier salle Valentin hauy à 17.00 h.

Malgré une situation difficile et un avenir assez sombre, nous tenons tout de même à vous souhaiter nos nos meilleurs vœux pour l'année 2015.

Nous reviendrons très en détail sur les actions à venir (sociales et juridiques) nous ne pouvons, bien-sûr pas donner toutes les informations sur notre blog, les premiers lecteurs étant nos bourreaux ....

A très bientôt ......

Au nom de la CGT Goodyear, son secretaire

Wamen mickael

vendredi 12 décembre 2014

LETTRE RECOMMANDÉE DE LA SODIE

La SODIE vous envoie un AR pour une fois encore justifier un bilan inventé....

Vous avez reçu par AR une lettre de la SODIE appelée bilan de mi parcours, ce courrier est la suite des différents courriers et autres signatures de refus de postes qui ont pour unique objectif pour la SODIE de se munir d'éléments au cas où la CGT venait à déposer un recours devant la justice et surtout permettre à Goodyear de venir dire que le maximum a été réalisé par le biais de la SODIE....

Nous ne sommes pas complément débiles, nous savons très bien analyser ce genre de document qui ne sert que la cause de Goodyear et de son cabinet de reclassement totalement inefficace.

Il y a de plus sur les lettres des erreurs énormes, les lettres sont datées du 9 décembre 2014 et indique que des entretiens ont eu lieu le 11 décembre 2014 .....

Bref, vous aurez tous bien compris que ce courrier n'a qu'un seul but toujours le même, permettre à Goodyear et son cabinet d'essayer de maquiller au maximum un bilan catastrophique ...

Alors, nous vous invitons à répondre à ce courrier, faites une lettre pour rappeler les faits exacts depuis que la SODIE est censée vous prendre en charge, et gardez une copie de ce courrier il vous sera utile très bientôt !!!!

Nous avons appris hier par des salariés que des postes intérimaires ont été proposé à des salariés dans des entreprises sur Amiens et ces postes n'existent pas, nous avons la preuve écrite de ce que nous indiquons ....

La SODIE a un bilan dramatique, Goodyear veut démontrer le contraire, le jugement du 22 janvier approche et la direction veut obtenir un maximum d'arguments pour vous déglinguer....

Alors, vous devez répondez en AR à la SODIE leur indiquer votre situation la vraie, rétablir la vérité par un écrit qui sera une preuve de ce que vous vivez.

La SODIE et Goodyear veulent protéger leurs intérêts communs, et détruire leurs ennemis communs a savoir VOUS!!!

A suivre ....

La Cgt Goodyear

vendredi 5 décembre 2014

COMPTE RENDU COMMISSION CENTRALE DE SUIVI DU 13 NOVEMBRE 2014

Compte-rendu de la 8ème réunion de la Commission de suivi centrale du 13 novembre 2014 Étaient présents : Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Chantal LE COUEDIC, DRH Goodyear Amiens Nord Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Mickael WAMEN Pour la CFDT : Antony AUXIETTE Jean-Pierre BOBKO Olivier MULLER Pour la CFE-CGC : Peter FROST Jacques MARTIN Patrice SZYROKI Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie Patrick CAZORLA, Directeur Sémaphores

La séance est ouverte à 10 heures 15.

Madame LE COUEDIC Monsieur CAVAILLE vous prie de l’excuser pour son absence indépendante de sa volonté. Monsieur WAMEN Je ne l’excuse pas, cette réunion était programmée de longue date. Monsieur MARTIN Monsieur CAVAILLE devait apporter des réponses à la liste de quinze questions établie lors de la précédente séance. Madame LE COUEDIC rappelle l’ordre du jour de la séance. Monsieur WAMEN Il aurait été préférable de débuter la séance par vos réponses à nos questions. J’ai demandé à ce que la liste des questions nous soit adressée mais nous ne l’avons pas reçue. Madame LE COUEDIC Nous allons étudier les points un par un. Les réponses que nous avons préparées devraient vous être transmises. Monsieur WAMEN Monsieur CARON a posé une question sur la défiscalisation des primes. Madame LE COUEDIC J’ai une réponse à vous apporter sur ce point. Monsieur WAMEN C’est non. Madame LE COUEDIC Ne faites pas les questions et les réponses. Monsieur CARON Nous avions demandé que la présentation de Sodie nous soit communiquée avant la séance. Madame LE COUEDIC Nous l’avons terminée hier soir à 19 heures. Monsieur MARTIN J’ai l’impression que nous ne sommes présents que pour écouter la Direction. Madame BECKER-QUIGNION Les questions ont été posées les 8 et 14 octobre en commission centrale et locale, vous aviez donc le temps d’y répondre Monsieur CAZORLA Vous avez souhaité obtenir des précisions sur la convention de revitalisation. Monsieur WAMEN Qui êtes-vous ? Monsieur CAZORLA Je suis le directeur général délégué de Sémaphore Entreprises. La convention de revitalisation devrait aboutir à la création de 1 038 emplois. Monsieur WAMEN S’agit-il d’une obligation de résultat ? Monsieur CAZORLA Oui. Monsieur WAMEN Qu’advient-il si vous ne respectez pas cet engagement ? Monsieur CAZORLA Laissez-moi dérouler ma présentation. L’engagement financier atteint 5,9 millions d'euros. Le Fonds Départemental de Revitalisation des Territoires a été abondé de 840 000 euros. Ce dispositif s’adresse aux PME et TPE du secteur industriel et des services aux entreprises implantées dans le département de la Somme ou désireuses de s’y implante. Ce fonds apporte son soutien aux PME et TPE éligibles ayant un projet de création d’emplois durables. Les montants seront versés le cas échéant sous forme de subvention à des entreprises qui investissent ou qui exportent. La zone d’emploi d’Amiens représente les deux tiers du territoire de la Somme ; le dispositif s’appliquera donc en dehors du territoire prioritaire de la convention. Monsieur MARTIN A combien de kilomètres ce périmètre correspond-il ? Monsieur CAZORLA Il s’étend à 40 kilomètres autour d’Amiens. Monsieur WAMEN Le dispositif ne concerne donc pas uniquement les salariés de Goodyear. Monsieur CAZORLA En effet. Monsieur CARON Une part importante des montants investis dans la convention de revitalisation provient de Goodyear. Je ne trouve pas normal que le dispositif bénéficie à d’autres populations. Monsieur CAZORLA L’originalité de cette convention est que plus des deux tiers des montants sont ciblés vers les salariés. Monsieur CARON Vous utilisez de l’argent mis sur la table dans le cadre du PSE pour mener cette action. Monsieur CAZORLA Il faut distinguer le PSE de la convention de revitalisation. Sémaphore Entreprises a prêté des fonds propres à hauteur de 1,6 million d'euros pour abonder le Fonds de prêts participatifs, qui atteindra ainsi 2,275 millions d'euros. Monsieur WAMEN Quel est le taux d’intérêt de ces prêts ? Monsieur CAZORLA Il atteint 2,5 %. Monsieur WAMEN Vous récupérerez donc 2,5 % de 1,6 million d'euros. Monsieur CAZORLA Le dispositif bénéficiera à des PME et TPE déjà implantées ou non encore implantées sur le territoire retenu. Madame BECKER-QUIGNION Est-il possible de présenter le montant total de l’enveloppe ? Monsieur WAMEN Je souhaite connaître le montant global de l’enveloppe de revitalisation et la provenance des fonds. Monsieur CAZORLA Il y a 840 000 euros pour le Fonds Départemental de Revitalisation des Territoires et 650 000 euros pour le Fonds de prêts participatifs, ainsi que, pour les salariés GDTF, 2,2 millions d'euros au titre du fonds d’aide directe à l’embauche de salariés GDTF et 1,9 million d'euros au titre du fonds d’aide directe à la création ou la reprise d’entreprise par des salariés GDTF, soit un total de 5,9 millions d'euros. Monsieur WAMEN Les actions pour les salariés étaient déjà inscrites dans le PSE. Le Code du Travail prévoit que l’employeur verse approximativement 2,5 fois le SMIC par salarié impacté. La revitalisation devrait donc atteindre 3,38 millions d'euros et vous annoncez que vous avez excédé ce montant, à 5,9 millions d'euros. Il s’agit d’une manipulation comptable. La convention de revitalisation aura un effet sur 24 mois pour les entreprises engageant des salariés Goodyear alors que le PSE cessera de produire des effets pour les salariés à leur sortie du congé de reclassement. Un salarié inscrit à une formation m’a demandé s’il pouvait percevoir les 20 000 euros d’aide à la création d’entreprise ; il ne pourra pas les percevoir dans le cadre du PSE puisque le délai de 12 mois sera passé, mais pourra-t-il en bénéficier dans le cadre de la convention de revitalisation ? Madame LE COUEDIC Non, le délai atteint 12 mois dans les deux cas. Monsieur WAMEN Les montants de 2,2 millions d'euros et 1,9 million d'euros doivent bénéficier aux salariés. Je vous demande donc si le salarié pourra bénéficier des 20 000 euros au titre de l’aide à la création d’entreprise. Madame LE COUEDIC Non, car le délai atteint 12 mois dans le PSE et dans la convention de revitalisation. Monsieur WAMEN On nous avait dit que le délai atteignait 24 mois. Monsieur CAZORLA Il s’établit à 36 mois. Monsieur WAMEN C’est encore mieux. Monsieur CAZORLA Les décisions seront prises en commission de suivi du PSE. La convention de revitalisation enregistrera les résultats de la commission de suivi. Monsieur WAMEN Les 4,1 millions d'euros sont dédiés aux salariés Goodyear. Il s’agit d’une manipulation comptable puisque vous nous présentez des actions déjà inscrites dans le PSE et qui cesseront au terme du PSE. Monsieur CAZORLA Ce qui est innovant… Monsieur WAMEN Ce qui est innovant, c’est que vous avez menti aux médias. Monsieur CAZORLA Nous aurions pu ne rien faire du tout. Monsieur WAMEN Dites-moi ce qui s’applique aux ex-Goodyear à la fin du PSE. Madame LE COUEDIC Ces personnes bénéficieront des mesures du PSE Monsieur WAMEN Je vous parle des droits nouveaux dans le cadre du la revitalisation. Madame LE COUEDIC Il n’y a pas de droits nouveaux. Monsieur WAMEN Alors vous mentez à tout le monde. Madame LE COUEDIC Le délai pour la création d’entreprise a été porté à 12 mois à votre demande. Monsieur WAMEN La revitalisation a été de fait évincée. A la fin du processus, l’enveloppe de 4,1 millions d'euros n’aura été que peu employée et l’Etat décidera de son utilisation. Vous entendrez parler de nous dans les médias pour dénoncer ce scandale. Vous avez annoncé un montant de 5,9 millions d'euros pour la revitalisation dont 75 % dédiés aux salariés mais les dispositifs étaient déjà inscrits dans le PSE. Les conséquences sont exactement les mêmes pour les salariés, avec ou sans convention de revitalisation. Monsieur JUREK Un maire a annoncé au Courrier Picard qu’il allait percevoir 3 millions d'euros dans le cadre de la convention. Madame LE COUEDIC Il ne faut pas nécessairement croire ces propos. Monsieur WAMEN La convention de revitalisation ne servira pas les intérêts des ex-salariés. Je vous ai donné l’exemple concret d’un salarié et vous m’avez confirmé que la revitalisation ne lui apportera rien. La convention bénéficiera à tous sauf aux salariés de Goodyear. Madame BECKER-QUIGNION Nous n’avons plus de droit de regard sur ces montants. Monsieur WAMEN Vous avez démarré une revitalisation en même temps que le PSE. Que faisons-nous pour les salariés de Goodyear si la préfecture décide d’utiliser les fonds différemment ? Il s’agit de montants qui relevaient déjà du PSE. Madame LE COUEDIC La durée des mesures du PSE n’évoluera pas selon qu’il y a ou non une convention de revitalisation. Monsieur JUREK Un salarié qui suit un stage jusqu’en mars et qui envisage ensuite de créer une entreprise ne pourra pas bénéficier des 20 000 euros d’aide. Il se fera arnaquer. Monsieur WAMEN Vous pouvez annoncer ce que vous voulez, nous ne pourrons pas vérifier la réalité des 1 038 emplois. Madame LE COUEDIC Des comités seront constitués. Monsieur WAMEN Nous perdons notre temps en venant ici, la seule solution consiste à mobiliser les gens. Le mois prochain, il y aura 900 personnes devant le Siège et vous leur expliquerez pourquoi ils sont dans une telle merde. Pourquoi le responsable de la Sodie a-t-il envoyé le salarié en formation s’il n’a finalement plus droit à l’aide de 20 000 euros à la sortie de formation ?? Ces personnes sont considérées comme des solutions identifiées dans vos tableaux. Vous croyez que les 2,275 millions d'euros de prêts vont régler les problèmes de chômage dans la région ? Vous savez combien l’Etat verse chaque année ? On ne peut rien faire avec 2,275 millions d'euros. Une action juridique va être engagée sur le congé de reclassement. Madame LE COUEDIC Je ne pense pas comme vous. Monsieur WAMEN Nous avons demandé dès le début d’où venait l’argent. Vous annoncez 4,1 millions d'euros pour les salariés pendant 24 mois mais ceux-ci ne peuvent pas bénéficier des 20 000 euros. Il y aura un double arbitrage. Monsieur CAZORLA La durée des mesures correspondra à celle définie dans le PSE. Monsieur WAMEN Si 215 salariés créent une entreprise, vous verserez donc 215 fois 20 000 euros. Vous n’avez pas le droit de limiter le nombre de créations d’entreprise. Madame BOQUET Il n’y a pas de quota. Monsieur WAMEN Dans ce cas, pourquoi avez-vous prévu un seuil à 95 ? Madame LE COUEDIC Il s’agit d’une hypothèse. Monsieur CAZORLA Les fonds sont fongibles. Monsieur WAMEN Combien de personnes ont-elles bénéficié de l’aide à la création d’entreprise de 20 000 euros et combien d’entreprises ont-elles reçu 4 000 euros d’aide à l’embauche ? Les montants annoncés sont-ils modifiés à mesure que les aides sont apportées ? On devrait aujourd'hui être à 1,24 million d'euros et non 1,9 million d'euros. Monsieur CAZORLA La convention de revitalisation est calculée selon des hypothèses mais les fonds sont fongibles. Les enveloppes pourront être modifiées. Monsieur WAMEN Vous n’avez pas calculé la colère des salariés. Cette fois-ci, je ne retiendrai personne. J’amène les salariés ici et je les laisse entrer dans les bureaux. Le salarié avait bien indiqué à son conseiller qu’il avait déjà épuisé dix mois sur ses douze mois de congé de reclassement lorsqu’il s’est engagé dans la formation, et il n’aura donc pas droit aux 20 000 euros. Monsieur CAZORLA Rien n’interdit au Comité de pilotage de définir une mesure pour les créateurs d’entreprise. Monsieur WAMEN Le Conseil régional n’a pas été informé. Le projet a été mené en catimini par la Direction de Goodyear et la préfecture d’Amiens. Monsieur CARON Qui fait partie du Comité de Pilotage ? Monsieur JUREK Je viens de recevoir l’appel d’un autre salarié qui termine son stage et qui souhaite créer une entreprise par la suite. Madame LE COUEDIC Pourquoi le comité d’engagement de la revitalisation refuserait-il des dossiers d’anciens salariés Goodyear ? Monsieur WAMEN Pourquoi dirait-il oui ? J’ai rendez-vous avec la préfète, qui m’a dit que les organisations syndicales ne peuvent plus intervenir en marge du PSE. Les décisions dépendront des desiderata du comité d’engagement. Madame LE COUEDIC La validation du projet d’entreprise n’est pas automatique. Monsieur WAMEN De nombreux salariés attendent la revitalisation pour recevoir les fonds nécessaires à la création d’entreprise. Il faudra remettre les chiffres à jour : il reste 1,24 million d’euros disponibles au titre de la création d’entreprise, soit 62 dossiers. Les quatre actions de revitalisation ont déjà été engagées en marge du PSE et bénéficient à d’autres entreprises. Madame LE COUEDIC L’aide de 4 000 euros est réservée à l’embauche de salariés Goodyear. Monsieur WAMEN Et pour les 20 000 euros ? Madame LE COUEDIC Il faudra en débattre. Monsieur WAMEN Vous devriez indiquer que les aides seront attribuées jusqu’à épuisement des fonds. Quand obtiendrons-nous des réponses à nos questions ? Il faudra organiser une réunion intermédiaire avant la commission de suivi. Un patron qui embauche un salarié Goodyear pourra bénéficier de 4 000 euros pendant 24 mois mais un salarié ne pourra plus toucher 20 000 euros pour une création d’entreprise après 12 mois. Madame LE COUEDIC Son dossier pourra être étudié par le Comité. Monsieur SZYROKI Le Comité risque de considérer que les salariés Goodyear ont déjà eu 12 mois pour constituer leur projet. Il privilégiera les salariés des autres entreprises. Madame LE COUEDIC La convention de revitalisation a une durée de trois ans. Tous les fonds dédiés à la revitalisation devront être utilisés. Monsieur SZYROKI Ils ne bénéficieront pas qu’à des salariés de Goodyear. Madame LE COUEDIC En effet. Monsieur SZYROKI Ils bénéficieront en priorité aux salariés d’autres entreprises. Madame LE COUEDIC Vous n’en savez rien. Monsieur WAMEN Il faudra traiter le cas du salarié dont je vous parle. Madame LE COUEDIC Ce salarié devra présenter son dossier au titre de la convention de revitalisation et le comité d’engagement tranchera. Monsieur WAMEN Je veux que les mesures soient valables pendant 36 mois. Madame LE COUEDIC Elles seront applicables sous réserve de validation par le comité d’engagement. Nous ne pouvons pas nous substituer à ce comité. Monsieur CARON Ces fonds proviennent du PSE. Vous n’avez pas demandé l’autorisation de la Commission de Suivi du PSE pour réaliser ce mouvement. Monsieur WAMEN C’est la raison pour laquelle je suis doublement en colère : vous avez réalisé ce mouvement et vous ne nous en avez pas avertis. Madame LE COUEDIC Les montants peuvent bénéficier à tous, et notamment aux salariés Goodyear. Nous ne pouvons pas discuter ici d’une convention conclue avec l’Etat. Monsieur WAMEN Je ne comprends pas ce manque de transparence. Vous avez participé au groupe de travail avec l’Etat. L’Etat ne vous impose aucune règle et vous auriez pu prévoir que les 4,1 millions d'euros bénéficient uniquement aux salariés Goodyear. Madame BECKER-QUIGNION Vous annoncez que vous donnerez plus et en réalité vous donnez moins. Monsieur WAMEN C’est de la manipulation comptable. Nous pensions que nous discuterions en toute transparence. Madame LE COUEDIC Ce n’est pas aujourd'hui que nous pouvons en discuter. Madame BECKER-QUIGNION Vous ne pouvez jamais répondre. Mettez-nous quelqu’un de compétent qui pourra nous répondre. Monsieur WAMEN Vous avez signé un accord et vous nous avez menti. La préfète aurait pu entendre que 75 % del’enveloppe étaient déjà prévus dans le PSE et devaient être maintenus exclusivement pour les salariés Goodyear pendant la durée de la revitalisation. Monsieur JUREK Je me demande ce que nous faisons ici. Monsieur WAMEN La seule chose qui vous fera bouger, c’est quand les gens viendront pour casser. Madame LE COUEDIC La convention de revitalisation a été conclue entre Goodyear et l’Etat. Nous ne pouvons pas répondre au nom de l’Etat. Monsieur WAMEN L’Etat fera ce que vous lui demandez. Il vous appartenait de nous informer sur le PSE puisque nous l’avons signé avec vous.Vous discuterez de cas particuliers en comité de pilotage. Monsieur CAZORLA Nous ne discuterons pas des cas remontés en Commission de Suivi et échangerons sur les deux premières mesures de la convention. Monsieur WAMEN Le fonds de revitalisation a été déployé dans les régions et des actions sont déjà en cours. Qu’adviendra-t-il si 20 personnes ne provenant pas de Goodyear veulent créer une entreprise ? Madame LE COUEDIC Leur dossier pourra être validé s’il est recevable. Monsieur WAMEN Cela fera donc 400 000 euros de moins pour les salariés Goodyear. Monsieur CAZORLA Ces personnes extérieures à Goodyear ne bénéficient pas des mesures liées à la création d’entreprise pendant la durée du PSE. Madame BOQUET Tout salarié peut mettre en œuvre un projet de création d’entreprise dans un délai de douze mois débutant à la notification de son licenciement. Le terme arrivera entre février et avril 2015 pour 75 % des salariés impactés. Ceux-ci bénéficient d’une exclusivité du dispositif pendant ces douze mois ; aucun autre porteur de projet ne pourra demander à bénéficier de l’aide à la création d’entreprise dans ce délai. Au-delà de douze mois et si l’intégralité des fonds n’a pas été consommée, les porteurs de projet du territoire provenant d’autres sociétés pourront soumettre leurs dossiers. Les salariés Goodyear habitant sur le territoire pourront également présenter des projets après douze mois dans ce contexte. Monsieur WAMEN A douze mois et un jour, les projets ne seront plus validés par la Commission de Suivi mais par le comité d’engagement. La priorité risque d’être donnée aux salariés ne provenant pas de Goodyear. L’aide à l’embauche de salariés Goodyear par d’autres entreprises est accordée pendant 24 mois ; j’estime que le même délai devrait être défini pour l’aide à la création d’entreprise. Monsieur CARON Quand la première réunion du comité de pilotage aura-t-elle lieu ? Monsieur CAZORLA Au mois de décembre. Monsieur AUXIETTE L’aide de 20 000 euros bénéficie exclusivement aux salariés Goodyear pendant les douze premiers mois. Certains salariés Goodyear n’ont pas encore été notifiés ; vous ne pouvez donc pas commencer à utiliser ces fonds pour des salariés d’autres entreprises tant que le délai de douze mois n’a pas été écoulé pour le dernier salarié Goodyear notifié. Madame LE COUEDIC Si. Monsieur WAMEN Comment un salarié Goodyear notifié dans quatre ans pourra-t-il bénéficier de l’aide à la création d’entreprise dans ces conditions ? Madame LE COUEDIC Il ne le pourra pas. Monsieur CAZORLA Sémaphore Entreprises est favorable à la signature d’un avenant à la convention de revitalisation pour étendre le délai du bénéfice de l’aide à la création d’entreprise. Cette solution faciliterait notre travail. Il ne faudrait cependant pas que cette mesure soit prise dans le cadre du PSE et vous devrez nous aider à obtenir cette mesure. Monsieur WAMEN Je rencontre la préfète la semaine prochaine. Nous avons eu besoin de deux heures de réunion pour parvenir à cette proposition. Monsieur JUREK Il faut encore que la Direction soit d’accord. Monsieur CARON Nous en parlons depuis trois réunions. Monsieur GLESSER Oui. Monsieur WAMEN J’ai demandé que Monsieur Cazorla nous présente le début du processus de revitalisation. Le débat a été engagé à ma demande. Monsieur JUREK Il est dommage que nous ayons eu besoin de demander sa présence. Madame LE COUEDIC Souhaitez-vous poser d’autres questions à Monsieur Cazorla ? Monsieur WAMEN Vous annoncez la création de 1 038 postes. Comment parvenez-vous à ce total ? Les salariés de Goodyear ont atteint un certain âge et il leur sera difficile de retrouver un emploi. Je souhaite que nous obtenions pour la prochaine réunion une pyramide des âges des salariés ayant retrouvé un emploi ainsi que leur rémunération moyenne afin de mesurer les écarts de salaire. Les 1 038 emplois créés ne bénéficieront pas nécessairement à des salariés Goodyear. Vous annoncerez que la revitalisation a été un succès si 1 038 emplois sont créés, mais elle ne constituera selon moi une réussite que si ces postes sont durables et bénéficient aux salariés Goodyear. Avez-vous une visibilité sur la part de ces 1 038 emplois qui sera prise par des salariés Goodyear ? Monsieur CAZORLA Non, je ne peux pas vous apporter de réponse précise. Je l’évalue à 595 mais nous revérifierons ce chiffre régulièrement. Lorsque j’évoquais l’originalité de cette convention en début de séance, je voulais dire que nous ferons en sorte qu’un maximum de salariés Goodyear bénéficie de ce dispositif. Il s’agit de votre objectif, de notre objectif et de l’objectif de Goodyear. Monsieur WAMEN Nous demanderons que la durée de l’aide de 20 000 euros soit portée à 24 mois hors PSE. Monsieur CAZORLA Sodie interrompra son accompagnement au bout de douze mois. Madame BOQUET Non, Sodie cessera son intervention au terme du congé de reclassement auquel les salariés ont droit, soit un maximum de 24 mois. Monsieur WAMEN Le cabinet Sodie participe-t-il au comité de pilotage ? Madame BOQUET Non, Sodie ne participe pas à la convention de revitalisation. Monsieur WAMEN Nous souhaitons que Sodie participe au comité de pilotage car il est le seul organisme extérieur qui participe aux Commission de Suivi du PSE. Monsieur CAZORLA Je ne vois pas d’objection à porter les informations de Sodie en comité de pilotage de la convention. Il faudra cependant identifier une institution pour accompagner les salariés dont le congé de reclassement est plus court que la durée d’une action inscrite dans la convention. Monsieur WAMEN La Commission de Suivi pourra remplir ce rôle. Elle interviendra tant que des salariés seront en congé de reclassement. Il se peut que la revitalisation soit close sur certains aspects avant le congé de reclassement de certains salariés. Monsieur CAZORLA Je souhaitais évoquer la situation dans laquelle Sodie cesserait son accompagnement avant la fin du délai de l’aide pour la création d’entreprise. Monsieur WAMEN Qui décidera de la fragilité d’un salarié ? Un salarié fragile est une personne qui n’a pas retrouvé de travail. Tous les salariés n’ayant pas retrouvé de travail après 15 mois seront fragiles. Monsieur CAZORLA Nous ne nous sommes pas compris. Il faudra bien que quelqu’un traite le dossier des salariés étant sortis du congé de reclassement. Monsieur WAMEN Sodie pourra intervenir. Monsieur CAZORLA Non, puisque nous serons hors PSE. Madame BOQUET Le dossier de ces personnes pourra être anticipé. Monsieur WAMEN Je souhaite que Monsieur Cazorla assiste à toutes les Commissions Centrales de Suivi car l’action de Sémaphore dans le cadre de la convention de revitalisation devra s’articuler avec celle de Sodie. Etes-vous soumis à une obligation de résultat ? Monsieur CAZORLA Oui. Monsieur MARTIN Vous évoquez des PME du secteur agroalimentaire parmi les entreprises ayant bénéficié d’un accompagnement. Les acteurs de l’agroalimentaire ne sont pas des PME dans notre région. Monsieur CAZORLA Si. Monsieur WAMEN Je souhaite que le nom des entreprises concernées nous soit communiqué hors PV. Monsieur CAZORLA Nous ne pouvons pas vous communiquer ces informations en Commission de Suivi du PSE, de la même manière que nous n’évoquerons pas en comité de pilotage les sujets traités en Commission de Suivi. Je peux cependant vous confirmer que les sociétés évoquées sont toutes des PME. Monsieur WAMEN Vous annoncez l’embauche de 16 personnes par une entreprise dès la première année mais l’activité de cette entreprise pourrait évoluer d’une année sur l’autre. Monsieur CAZORLA Certaines entreprises seront éligibles à l’aide de 4 000 euros au titre de l’embauche d’un salarié Goodyear mais ne pourront pas bénéficier du mécanisme de prêts aux PME. Monsieur AUXIETTE Qu’adviendra-t-il si une société qui a bénéficié d’un prêt pour créer 10 emplois ne parvient finalement pas à les créer ? Monsieur CAZORLA Elle devra rembourser les prêts. Le dispositif ne prend pas la forme d’une subvention. Monsieur WAMEN Des revitalisations ont eu lieu dans toute la France mais le constat est le même partout : les montants déployés sont très peu élevés au regard des sommes mobilisées par l’Etat. Les multinationales licencient les salariés par centaines et se donnent bonne conscience en abondant des fonds. Monsieur CAZORLA Mon travail se focalise sur les PME. Je pourrais faire témoigner de nombreux chefs d’entreprise qui ont bénéficié de ces dispositifs. Nous finançons le besoin en fonds de roulement des petites entreprises sans garantie personnelle. Ces montants peuvent permettre de financer les salaires. Les banques ne prêtent plus aux PME à moins de prendre des garanties importantes. Je comprends votre discours sur les multinationales, mais j’interviens auprès des PME. Les crédits de trésorerie accordés par les banques peuvent s’arrêter du jour au lendemain et présentent un taux d’intérêt de 7 % ; nous proposons une solution sans garantie personnelle et à taux bonifié. Monsieur WAMEN Le niveau de prêt dépend-il du nombre d’emplois créés ? Monsieur CAZORLA Oui. Je privilégie la solution des prêts aux subventions car les prêts produisent un effet de levier. Monsieur WAMEN Quel est le taux de sinistre ? Monsieur CAZORLA Il atteint 15 %. Madame BOQUET Les prêts s’adressent-ils aussi aux sociétés créées par des salariés Goodyear ? Monsieur CAZORLA Oui, à condition que ces entreprises créent de l’emploi. Monsieur WAMEN Elles pourront également bénéficier des 4 000 euros de participation si elles embauchent un salarié Goodyear. Monsieur CAZORLA Le mécanisme n’est pas cumulable. Une entreprise embauchant quatre personnes dont un salarié Goodyear bénéficiera d’une aide de 4 000 euros et d’un prêt au titre des trois autres créations d’emploi. Monsieur WAMEN Les entreprises doivent-elles vous démarcher pour bénéficier de ces aides ? Monsieur CAZORLA Les dossiers nous sont pour l’instant remontés, notamment par la chambre d’industrie d’Amiens, et nous sollicitons nous-mêmes certaines entreprises. Le dispositif n’est pas encore suffisamment connu pour que les entreprises nous contactent directement. Monsieur WAMEN Le taux de sinistralité est dramatique dans la région. La Picardie est l’avant-dernière région de France en termes de possibilité de retour à l’emploi. Je ne demande qu’à croire les personnes annonçant une revitalisation du bassin d’Amiens mais l’expérience nous démontre le contraire. Très peu de postes ont été proposés aux salariés d’Amiens Nord lorsque 100 postes ont été créés à Amiens Sud et Monsieur CAVAILLE nous a annoncé des coupes budgétaires la semaine dernière. Quel est l’avenir de l’activité industrielle à Abbeville ? Les incertitudes pèsent sur de nombreux établissements dans la région d’Amiens. La fermeture d’Amiens Nord pénalisera de nombreuses PME. Monsieur CAZORLA J’ai participé à une réunion au cours de laquelle un représentant des services fiscaux de la Somme a annoncé que les montants de TVA sont restés stables dans cette région. Monsieur WAMEN La valeur TVA n’a que peu de sens pour évaluer l’activité d’une entreprise. Monsieur CAZORLA Lorsque nous avons commencé notre mission, je n’avais aucune idée de la dynamique que j’allais rencontrer. Je suis agréablement surpris par le nombre de dossiers en cours d’instruction après trois mois. Quatre dossiers sont en cours d’instruction et cinq autres dossiers sont à l’étude. Monsieur WAMEN Mon rêve reste de parvenir à identifier des postes pour 70 % des salariés impactés. Il faudra cependant traiter la situation des 30 % restants, qui peuvent rencontrer des situations d’alcoolisme et d’isolement. Plus aucune règle ne s’appliquait au sein de l’usine. Monsieur GLESSER Vous vous êtes systématiquement opposés à la rédaction d’un règlement intérieur. Monsieur WAMEN Ces personnes restent encadrées par le congé de reclassement mais tout s’effondrera lorsqu’elles iront à Pôle Emploi. Moins nous aurons de situations de cette nature à gérer et mieux nous nous en sortirons. Goodyear ne sera pas dédouané de ses responsabilités au terme du PSE et devra assurer un suivi social. Monsieur CAZORLA Je peux témoigner de la dynamique que nous avons rencontrée. Monsieur WAMEN Goodyear fait partie des 380 entreprises qui se sont délocalisées au Luxembourg. Certaines PME paient plus d’impôt que Goodyear alors qu’elles comptent dix fois moins de salariés, car Goodyear a défiscalisé son produit financier au Luxembourg. Les femmes qui travaillaient à la cantine ont reçu des offres d’emploi à Compiègne ou à Beauvais mais n’ont pas pu se positionner dessus car elles sont mères de famille. Madame BOQUET Six des huit personnes ayant refusé leur mobilité se sont inscrites dans l’accompagnement Sodie. Parmi ces six personnes, deux ont entamé un projet de formation longue, deux ont été embauchées et deux sont encore en recherche d’emploi. Madame LE COUEDIC Je vous propose que nous fassions une pause. Monsieur WAMEN Vous souhaitez à chaque fois que les réunions soient écourtées. Je demanderai aux salariés de se déplacer ici et je partirai immédiatement pour vous laisser la responsabilité des émeutes. Une partie importante de l’enveloppe de la revitalisation provient du PSE et rien ne nous a été expliqué. Monsieur CAZORLA Y voyez-vous désormais plus clair ? Monsieur WAMEN Je continue à dire que la revitalisation ne suffira pas à améliorer la situation de l’emploi. Madame LE COUEDIC Je propose qu’un point ait lieu en Commission de Suivi après chaque comité d’engagement. Monsieur WAMEN Je souhaite pour ma part que Monsieur Cazorla assiste à nos Commissions de Suivi nationales. Monsieur CAZORLA Je ne serai pas à l’aise quand certains sujets seront abordés. Monsieur JUREK Vous pourriez n’assister qu’à une partie de la séance. Monsieur WAMEN J’ai demandé qu’une PME qui envisage de s’implanter et de créer 100 emplois dans le bassin d’Amiens soit abordée par Sodie. L’avez-vous contacté ? Madame BOQUET Nous avons pris contact à trois reprises avec le Secrétaire général de l’entreprise. Les embauches n’auront lieu qu’au premier trimestre 2015 et non en fin d’année 2014 suite à des retards pris dans leurs travaux d’agrandissement. Il a été convenu que la réflexion sera menée lorsque ces travaux seront achevés. Les 100 postes ne seront cependant pas attribués à des salariés Goodyear. Monsieur WAMEN Il serait déjà très positif qu’ils en accueillent 40. Madame BOQUET Nous nous sommes assuré que cette entreprise était éligible aux mesures déployées en tant que PME. Monsieur CAZORLA Les salariés pourront bénéficier de formations pour répondre aux besoins de l’entreprise. Madame BOQUET Ces actions seront proposées par Sodie. Monsieur WAMEN La préfecture dispose certainement des moyens pour obtenir de l’entreprise qu’elle se positionne sur le nombre de salariés Goodyear recrutés. Je rencontrerai le Conseil Général et la Préfecture le 20 novembre afin de pouvoir diffuser un maximum d’informations aux salariés. Je vous rappelle par ailleurs que vous deviez apporter des réponses à nos 15 questions. Monsieur CAVAILLE est absent mais vous pourriez nous les communiquer. Nous porterons le point sur la prolongation du délai pour bénéficier de l’aide à la création d’entreprise devant la préfète. Assisterez-vous aux comités de pilotage ? Monsieur CAZORLA Je présenterai les débats et Madame LE COUEDIC sera également présente. Monsieur WAMEN La Sodie devra garder la main sur la partie Création d’entreprise. Monsieur CAZORLA Cette action aura cependant lieu hors PSE. La séance est suspendue de 12 heures à 12 heures 25. Monsieur GLESSER Vous nous avez posé une question sur la portabilité du régime de remboursement des frais médicaux et pharmaceutiques. La règle veut que le régime soit maintenu pendant toute la durée du congé de reclassement, puis pendant 12 mois si l’intéressé est inscrit et indemnisé par Pôle Emploi. Une seconde période de portabilité de 15 mois peut survenir si l’intéressé est toujours indemnisé par Pôle Emploi. La part salariale de la cotisation est dès lors à la charge de l’intéressé. Nous comptons 17 salariés en invalidité de niveau 2. Aucun d’entre eux n’a renoncé expressément à la portabilité et 11 personnes ont adhéré au congé de reclassement. 6 d’entre elles et les 6 personnes n’ayant pas adhéré au congé de reclassement ne se sont pas inscrites à Pôle Emploi. Il faudra donc qu’elles s’y inscrivent au terme de leur congé de reclassement pour les unes ou immédiatement pour les autres afin de bénéficier de la portabilité. Si le demandeur d’emploi ne remplit plus une condition de la portabilité, il bénéficiera des dispositions de la loi Evin. Nous écrirons à l’ensemble des salariés concernés pour les informer sur ce sujet. Monsieur WAMEN Une réunion de la Commission Mutuelle aura lieu le 4 décembre. Nous devrons évoquer la situation des personnes ne remplissant pas ces conditions à cette occasion, ainsi que le cas des salariés qui décèdent. Je souhaite évoquer le cas spécifique d’un salarié qui avait quitté le congé de reclassement en juin et qui est décédé en septembre. Monsieur GLESSER Nous aurions pu considérer que cette personne ne relevait plus de Goodyear mais nous avons soutenu son épouse en intervenant auprès de la MIE afin que sa cotisation mutuelle et celle de ses enfants soient prises en charge pendant un an. La MIE a examiné la situation de cette femme afin d’identifier d’autres pistes d’accompagnement. Monsieur WAMEN Je demanderai en commission mutuelle que la MIE s’engage systématiquement à prendre en charge la cotisation en cas de décès. Une règle précise devra être définie afin qu’elle s’applique immédiatement. La même logique devra être observée pour les règles APGIS. Monsieur GLESSER Les ayants droit des personnes percevant une rente d’invalidité bénéficient du capital-décès tant que la personne perçoit ces droits, y compris au terme du congé de reclassement. La rente d’invalidité est perdue lorsque la personne fait valoir son droit à retraite. Monsieur WAMEN Les ayants droit des personnes percevant une rente d’invalidité peuvent donc bénéficier du capital-décès. Monsieur GLESSER Absolument. Ces éléments ne relèvent pas du PSE mais du contrat signé avec le régime de prévoyance. Concernant l’assistante sociale, je vous rappelle que celle-ci a été embauchée il y a quatre ans compte tenu des projets réels ou supposés de Goodyear. Il a été annoncé longtemps à l’avance qu’elle partirait à la fin du mois de septembre 2014 car nous considérons que les salariés doivent commencer à acquérir une certaine autonomie. Ceux-ci doivent notamment être capables d’appeler les numéros d’aide du centre médicosocial. L’assistante sociale continuera de traiter les dossiers en cours ou présentant des difficultés particulières. L’absence d’assistante sociale n’a pas semblé susciter de réactions. Certaines mesures ont vocation à disparaître au sein de Goodyear. Monsieur MARTIN Goodyear a attribué un budget à cette personne pour dépanner les salariés dans le besoin. Ce montant a-t-il été reversé au Conseil Général ? Monsieur GLESSER Un fonds a été mis à disposition de l’assistante sociale afin d’aider les salariés en réelles difficultés. Ce budget était relativement restreint, de l’ordre de 30 000 euros par an, et prenait la forme de prêts. Monsieur JUREK Ces montants étaient attribués pour 90 % sous forme de dons. Monsieur GLESSER Les salariés peuvent bénéficier d’avances sur indemnités ; j’étudie ces demandes et apporte systématiquement des réponses positives dans de brefs délais. Monsieur SZYROKI Quel est le montant de ces avances ? Monsieur GLESSER Elles peuvent atteindre jusqu’à 20 000 euros lorsque les salariés ont besoin d’acquérir une voiture et s’établissent généralement à 1 000 ou 2000 euros. Monsieur WAMEN Les demandes sont moins nombreuses depuis que les salariés ont perçu l’avance de 20 % négociée dans l’accord de fin de conflit. Ces 10 000 euros ne se sont cependant pas toujours montrés suffisants pour régler les difficultés rencontrées par les salariés. Monsieur JUREK Je tiens à insister sur le fait que 90 % des prêts étaient en réalité des dons. Monsieur GLESSER Il était pourtant prévu de demander aux salariés le remboursement des montants avancés. Monsieur JUREK Je me souviens que l’expert-comptable présent le jour de la signature de la convention a souligné le caractère illégal de cette mesure. Vous aviez alors annoncé que vous prendriez en charge l’éventuel redressement fiscal. Vous estimez que l’absence d’assistante sociale n’a pas fait réagir mais je vous remonterai lors du CE d’Amiens Nord les réactions exprimées par les salariés. Le coût de la prestation de l’assistante sociale atteint 196 000 euros. Monsieur GLESSER Ces montants ont été versés depuis qu’elle n’est plus salariée, soit depuis deux ans. Monsieur WAMEN Les économies ainsi réalisées pourraient être utilisées pour financer d’autres activités. Vous avez dit à maintes reprises que le projet n’était pas mené pour faire des économies. Monsieur GLESSER Nous faisons en sorte d’adapter le dispositif RPS au contexte. Monsieur WAMEN Je suis bien content de ne pas assister au comité des RPS car j’ai appris que les souhaits exprimés par Monsieur Martin n’avaient pas été entendus. Monsieur GLESSER Nous ne vous avons pas reproché votre absence. Monsieur WAMEN Si, par le biais de votre avocat. Je souhaite obtenir des précisions sur la fiscalisation des primes de 5 000 euros versées aux salariés rejoignant Montluçon. Monsieur GLESSER Nous allons d’abord écouter le cabinet Sodie. Madame BOQUET Depuis le 8 octobre, nous avons enregistré 4 notifications de salariés pour un total de 1 044 et 7 adhésions au congé de reclassement pour un total de 1 008. Monsieur WAMEN Comment se fait-il que 7 personnes aient adhéré sur cette période si vous n’avez compté que 4 notifications ? Madame BOQUET Cette situation résulte du délai de réflexion de huit jours octroyé aux salariés pour se positionner sur le congé de reclassement. Monsieur WAMEN Les salariés notifiés d’Amiens Sud correspondent-ils aux salariés partis d’Amiens Nord vers Amiens Sud pour participer au démantèlement d’Amiens Sud ? Monsieur GLESSER Non. Monsieur WAMEN Comment expliquez-vous dès lors qu’ils aient perçu 35 euros journaliers ? Monsieur GLESSER Il s’agit d’une erreur. Ces personnes n’étaient pas concernées par le dispositif. Monsieur FROST Elles ont traité les dossiers des salariés participant au démantèlement. Monsieur GLESSER Il s’agit de populations qui avaient leur place dans la structure d’Amiens Sud mais qui ont choisi de partir. Elles ont été notifiées et ont adhéré au congé de reclassement. Monsieur WAMEN Les salariés devaient être physiquement présents et avoir participé aux opérations de démantèlement pour percevoir les 35 euros journaliers. Monsieur GLESSER Je ne comprends donc pas pourquoi ils les ont perçus. Madame BOQUET Nous avons réalisé les ateliers suivants aux mois d’octobre :  Parcours de dynamisation de la recherche d’emploi en 4 séances ;  Savoir rédiger une lettre de motivation pour postuler à un emploi ;  Présentation des offres d’emploi et des actions entreprises par le pôle entreprise ;  Postuler sur les offres d’emploi détectées par l’EMF ;  Savoir utiliser l’informatique pour rechercher un emploi. Madame BOQUET présente les principales formations de reconversion suivies par les salariés. Monsieur WAMEN Nous avons souligné les difficultés liées à la sécurité sur les équipements et le nombre insuffisant d’équipements pour accueillir tous les stagiaires à l’AFPA. Madame BOQUET Concernant la problématique des attestations de présence, les stagiaires doivent disposer de ce document pour justifier leurs dépenses. Il a donc été expliqué à l’AFPA que cette demande était légitime. L’AFPA ne peut cependant pas délivrer une attestation de présence à chaque stagiaire et il a donc été convenu que les attestations de présence seront scannées et me seront communiquées directement par courriel. Ces documents seront imprimés et agrafés aux notes de frais afin que les salariés n’aient plus à accomplir de formalités administratives et que le remboursement des frais ne soit plus retardé. Monsieur WAMEN Il est cependant dans l’intérêt de tous d’améliorer l’ambiance dans ces formations. L’AFPA sait qu’il est un acteur incontournable de la formation mais il propose des équipements ne répondant pas aux conditions de sécurité. Je comprends donc que les salariés de Goodyear refusent d’assister à ces formations. Vous pouvez exiger de votre prestataire qu’il propose des prestations de qualité. Madame LE COUEDIC Nous avons retenu une partie des factures afin de faire pression sur l’AFPA. Monsieur WAMEN Les salariés ont cependant perdu un mois de formation. Ils sont d’accord pour rester un mois de plus afin de bénéficier de l’ensemble du stage. Madame BOQUET Un représentant de Sodie rappellera à l’AFPA ses engagements contractuels et nous vous proposerons un point sur ce rendez-vous. La DIRECCTE m’a adressé un rappel des difficultés rencontrées avec l’AFPA et nous demanderons demain à son représentant si des actions ont été mises en œuvre pour les corriger. Monsieur WAMEN Certains salariés ont annoncé qu’ils allaient abandonner la formation dans de telles conditions. Madame BOQUET Je leur ai expliqué qu’ils ne devaient pas être pénalisés une seconde fois. Monsieur WAMEN Le responsable de l’AFPA peut agir comme bon lui semble puisqu’il a le monopole. Monsieur CAVAILLE nous a signalé que des salariés Goodyear s’étaient mal comportés mais il ne s’agit que de la position de l’AFPA. Je souhaite participer à la rencontre avec l’AFPA pour entendre leur position. Monsieur GLESSER Je rencontrerai le directeur de l’AFPA dans un premier temps. Monsieur WAMEN Les salariés Goodyear ont pour habitude de ne pas utiliser des équipements défectueux. Cette attitude ne peut pas leur être reprochée. Je déplore par ailleurs qu’un organisme de formation accueille plus de stagiaires qu’il ne le peut. Monsieur MARTIN Un organisme de formation doit former les stagiaires aux enjeux de sécurité. Madame BOQUET Les difficultés portent essentiellement sur la formation de tourneur fraiseur. Monsieur WAMEN Les actions doivent enchaîner la théorie et la pratique mais la mise en pratique est impossible s’il n’y a qu’un tour pour sept personnes. Madame BOQUET 41 formations s’achèveront en fin d’année 2014 et 164 actions se termineront en 2015 dont 48 au premier trimestre. 25 formations sont déjà achevées. Monsieur JUREK 48 des 164 formations de 2015 s’achèveront à la fin du premier trimestre. Il y a donc plus de 100 personnes dont la formation se terminera après le délai d’un an ouvert pour profiter d’une aide à la création d’entreprise. Madame BOQUET Les formations ont parfois débuté tard car il fallait un certain temps pour identifier les projets des salariés. Monsieur JUREK Il y a cependant potentiellement plus de 100 personnes qui pourraient être concernées par la problématique des 20 000 euros. Madame LE COUEDIC Toutes ces personnes ne mènent pas nécessairement des projets de création d’entreprise. Monsieur JUREK J’évoque un nombre potentiel. Monsieur SZYROKI A partir de combien de mois une formation est-elle considérée comme longue ? Madame BOQUET Le seuil s’évalue en heures ; il atteint 300 heures, soit 4 à 5 mois. 22 des 25 personnes ayant achevé une formation de reconversion ont été embauchées :  10 salariés ont intégré des sociétés du secteur aéronautique (sous-traitants Aerolia) après avoir obtenu un CQPM d’ajusteur monteur. Ces personnes ont obtenu des CDD et seront très probablement pérennisées en CDI ;  4 salariés ont été embauchés chez AMETIS après avoir obtenu un titre professionnel de chauffeur en transport en commun ; Monsieur WAMEN Un salarié ayant suivi cette formation m’a signalé que seules 3 personnes seront recrutées. Madame BOQUET AMETIS a des perspectives d’embauche de 20 personnes sur 18 mois, dont 7 salariés Goodyear. Quatre salariés ont déjà été recrutés et trois autres le seront. L’engagement d’AMETIS n’a jamais porté sur un nombre plus élevé de salariés Goodyear. Ceux-ci peuvent toujours se positionner sur les 13 autres postes à pourvoir mais ils ne seront pas prioritaires. D’autres sociétés recrutent sur des postes de chauffeur en transport en commun dans des conditions cependant moins favorables qu’AMETIS. Madame BECKER-QUIGNION Les sept salariés formés ne sont pas tous chauffeurs. Madame BOQUET J’étudierai ce point.  2 salariés ont opté pour des contrats de professionnalisation (Nestlé-Valeo) ;  1 salarié a été embauché à l’OPAC en CDD après une formation de reconversion de gardien d’immeuble ;  1 salarié a été embauché chez SUPEC (mécanique de précision) après avoir obtenu un titre professionnel de tourneur ; Madame BOQUET Le métier de tourneur est particulièrement recherché par les entreprises et j’ai donc insisté auprès des salariés rencontrant des difficultés pendant la formation pour qu’ils persistent dans cette voie. Monsieur WAMEN C’est précisément la raison pour laquelle j’attire votre attention sur la situation à l’AFPA. Madame LE COUEDIC Vous avez raison de le faire.  3 salariés ont été embauchés dans des entreprises (entreprises de transport, Conseil Général de Somme…) après avoir obtenu le permis EC-FIMO-ADR-Citerne ;  1 salarié a été embauché dans une société d’ambulances après avoir suivi une formation d’auxiliaire ambulancier. Ces 22 embauches ont pris la forme de 8 CDI, de 12 CDD de douze mois et de 2 CDD de plus de six mois. L’EMF propose des informations aux salariés sur les métiers porteurs. Les quatre présentations organisées en novembre porteront sur les métiers du bâtiment, du service aux personnes, de la chimie et du gardiennage d’immeuble. Monsieur WAMEN Avez-vous orienté les salariés vers l’entreprise AGCO, l’ancien Massey-Ferguson ? Madame BOQUET Oui, mais nous rencontrons des difficultés car ces postes sont situés à Beauvais. Monsieur WAMEN Le secteur du service à la personne est en recul. Monsieur JUREK Avez-vous résolu les difficultés rencontrées par un salarié avec Promeo ? Madame BOQUET Oui. Madame LE COUEDIC Je propose que nous traitions les problématiques liées aux individus demain et que nous poursuivions avec la présentation de Madame BOQUET. Monsieur CARON Je ne serai pas présent demain. Monsieur WAMEN Il faudra que les réunions soient organisées sur deux jours ou que des points intermédiaires soient organisés. Madame LE COUEDIC Nous continuerons donc la réunion. Madame BOQUET J’ai tenu compte de vos observations sur les solutions identifiées. Nous dénombrons 20,6 % de solutions identifiées correspondant aux personnes sorties de leur congé de reclassement. Monsieur WAMEN Ce mode de calcul me semble plus juste. Je dénombre 116 personnes ayant identifié une solution. Madame BOQUET 83 salariés ont retrouvé un emploi, 33 personnes sont engagées dans le processus de création d’entreprise, 230 salariés sont en formation longue, et 88 personnes ont pris leur retraite, soit un total de 434 solutions identifiées. Monsieur WAMEN Nous estimons que les solutions identifiées ne correspondent qu’aux 83 emplois et 33 créations d’entreprise. Monsieur GLESSER Il faut également tenir compte des retraités, à moins de les exclure également du nombre de salariés impactés. Madame BOQUET Les créations d’entreprise portent sur les secteurs suivants :  6 dans le commerce ;  6 dans le service à la personne ;  7 dans la prestation de service ;  5 dans la restauration ;  5 dans le bâtiment ;  1 dans les espaces verts ;  1 dans le transport ;  1 dans l’enlèvement d’épaves et d’objets ;  1 dans le coaching et le bien-être.Commission Ces créations d’entreprise correspondent essentiellement à de l’auto-entrepreneuriat et ne devraient donner lieu à des créations de poste que dans un second temps. Monsieur WAMEN Nous avions demandé si la CARSAT assisterait à nos réunions. Madame BOQUET Nous avons reçu une réponse négative. La CARSAT est particulièrement débordée en Picardie. Monsieur WAMEN Nous rencontrons des difficultés dans le remboursement des frais professionnels des salariés et des représentants du personnel. Monsieur GLESSER Je ne me positionne que sur les remboursements des salariés. Monsieur WAMEN Vous n’appliquez pas le barème légal. Monsieur GLESSER Nous remboursons sur la base du barème Goodyear. Monsieur WAMEN Pourquoi sommes-nous soumis à un barème différent du barème légal ? Monsieur SZYROKI Un accord a été conclu en application duquel le barème légal devrait nous être remis. Monsieur JUREK Cette situation affecte l’ensemble des salariés. Monsieur GLESSER Je maintiens que nous appliquons le barème Goodyear. Madame LE COUEDIC Le barème de remboursement Goodyear ne sera pas modifié. Monsieur WAMEN Pourquoi est-il différent du barème fiscal ? Monsieur SZYROKI Faut-il par conséquent dénoncer l’accord conclu ? Monsieur WAMEN Je souhaite que vous m’expliquiez pourquoi Goodyear n’applique pas le barème légal. Madame LE COUEDIC Il m’a été répondu que le sujet concerne plusieurs établissements. Le barème fiscal est un barème de référence. Monsieur WAMEN Il faut que vous demandiez pourquoi le barème Goodyear est inférieur au barème légal. Monsieur FROST Le plafond est fixé à 5 000 euros, et non à 3 000 euros. Madame LE COUEDIC Je vous confirme qu’il y a une anomalie. Monsieur WAMEN L’accord signé par l’ensemble des organisations syndicales prévoit une réévaluation des indices mais ce calcul n’a jamais eu lieu. Je souhaite donc que vous nous expliquiez cette situation. Un accord vous permettant de déroger aux obligations légales a-t-il été conclu ? Madame LE COUEDIC Je vais reprendre le sujet et je reviendrai vers vous. Monsieur WAMEN Le sujet ne porte pas sur des montants élevés. Ceux-ci atteignent 400 euros. Madame LE COUEDIC Avez-vous débattu de ce sujet en central ? Monsieur SZYROKI J’ai déjà soulevé cette question. Madame LE COUEDIC Il m’a été répondu en central que le barème de remboursement n’évoluera pas. Monsieur WAMEN Vous n’avez pas posé la bonne question. Il faut demander comment se justifie l’écart entre le barème Goodyear et le barème légal. Monsieur JUREK Nous attendions de vous que vous nous apportiez une réponse justifiée. Monsieur CARON Je ne comprends pas que Monsieur CAVAILLE ne participe pas à cette réunion alors qu’il est présent dans les locaux. Madame LE COUEDIC Il a un empêchement majeur. Nous reparlerons du barème de remboursement lors de la prochaine séance. Monsieur FROST Nous obtenons toujours cette réponse. Monsieur SZYROKI Goodyear ne respecte pas les accords conclus et vous vous étonnez ensuite que nous le signions pas. Madame LE COUEDIC Avez-vous d’autres questions ? Monsieur CARON Oui, nous souhaitons avoir des précisions sur la fiscalité de la prime versée aux salariés rejoignant Montluçon. Madame LE COUEDIC Le centre des impôts local a remonté la question au centre des impôts national et prépare une réponse. Nous communiquerons les adresses des dix salariés concernés afin que la décision prise pour l’Allier s’applique aux personnes habitant hors de ce département. Monsieur CARON Les salariés d’Amiens rejoignant Montluçon devaient bénéficier d’une garantie de salaire. Cette garantie ne s’applique cependant pas lorsque ces personnes font des heures supplémentaires alors qu’elle le devrait. Cette question a été posée en local et devait vous être remontée par Madame Gambade. Madame LE COUEDIC La réponse vous sera apportée en local. Monsieur WAMEN Nous avons déjà rencontré le même problème avec un autre salarié. Madame LE COUEDIC Je gère son dossier. Monsieur WAMEN Nous avons appris qu’il n’y avait pas d’égalité de traitement entre les salariés concernant la distribution de pneus. Goodyear prend en charge l’intégralité du coût du pneu pour les salariés du Siège, y compris l’avantage en nature imposable. Monsieur AUXIETTE La même situation s’observe à Montluçon, où nous avons bénéficié d’une prime. Madame LE COUEDIC Je vais m’informer sur ce point. Monsieur CARON Les salariés ont droit au remboursement d’un voyage par mois dans le cadre du PSE mais ces remboursements sont parfois tardifs. Monsieur SZYROKI Un texte de loi indique que les frais doivent être remboursés « sans perdre de temps ». Madame LE COUEDIC Nous mettrons en place des actions correctrices pour réduire ces délais. Monsieur GLESSER Je vous confirme que les salariés du Siège bénéficient bien d’un avantage en nature, au même titre que les salariés d’Amiens Nord. Les personnels de Montluçon obtiennent quant à eux le remboursement de l’avantage en nature sous forme de prime. Madame BECKER-QUIGNION Les salariés du Siège peuvent opter pour toute dimension de pneu jusqu’à la fin 2015 et la distribution n’est pas nominative. Nous souhaitons que ces conditions s’appliquent aux salariés de tous les sites. Monsieur WAMEN Un salarié d’Amiens Nord a travaillé pour une société d’intérim et son conseiller Sodie lui a demandé après trois mois et un jour d’intérim de réintégrer le congé de reclassement pour ne pas en perdre le bénéfice. Ce salarié est désormais inactif à son domicile et est relancé par la société qui l’embauchait en intérim. Il devrait pouvoir continuer à travailler en percevant de Goodyear un complément de salaire entre ce qu’il gagnait chez Goodyear et ce qu’il perçoit en intérim. Madame LE COUEDIC C’est effectivement un problème mais cette situation résulte des dispositions légales. Monsieur WAMEN Il faudrait profiter de la présence du représentant de la DIRECCTE pour demander la conclusion d’un second accord dérogatoire qui permettrait de reporter la durée de la suspension du contrat de travail de trois à six mois. Madame LE COUEDIC Nous poserons la question demain à la DIRECCTE. Madame BOQUET Dans l’état actuel, les salariés doivent justifier d’une promesse d’embauche ou d’un contrat de travail après trois mois de suspension de contrat, ou doivent réintégrer le congé de reclassement à défaut. Le congé de reclassement n’a pas vocation à favoriser la précarité de l’emploi en permettant à un salarié de cumuler des missions de courte durée. Monsieur JUREK Quelle sera la différence avec une personne qui reste toute la journée à son domicile ? Madame BOQUET Le congé de reclassement doit être utilisé pour se former et retrouver un emploi durable. Un salarié qui enchaîne des contrats d’intérim ne peut pas se former. Monsieur WAMEN Un salarié a indiqué qu’il n’avait pas perçu sa prime de reclassement rapide. Madame BOQUET Quand cette personne a-t-elle été validée ? Monsieur WAMEN Au cours de la séance de septembre, mais avec effet rétroactif au début juillet puisque la réunion n’a pas été organisée en juillet. Monsieur JUREK Un salarié a déjà perçu son solde de tout compte lorsque son dossier est passé en commission. Je me demande donc si les commissions servent à quelque chose. Monsieur GLESSER Votre avis est requis sur les créations d’entreprise. Monsieur SZYROKI Je vous ai signalé lors de la dernière Commission de Suivi qu’un salarié a été incité à prendre sa retraite après quatre mois de congé de reclassement alors qu’il aurait pu rester plus longtemps. Ce choix lui fait perdre 350 euros par mois. Vous m’aviez dit que vous étudieriez son dossier et je vous demande donc si vous l’avez fait. Madame LE COUEDIC Je n’ai pas appelé cette personne. Nous ne pouvons rien faire car cette personne a demandé à prendre sa retraite. Monsieur SZYROKI Il faut cependant informer les salariés sur ce point. Monsieur WAMEN Cette personne perdra donc 350 euros chaque mois à vie. Monsieur GLESSER Non, l’écart ne sera observé que pendant la période où il aurait pu rester en congé de reclassement. Cette personne ignorait qu’il aurait pu rester plus que 4 mois en congé de reclassement. Monsieur WAMEN Vous avez modifié les règles sans en avertir les salariés. Monsieur GLESSER L’information figurait dans le compte-rendu qui a été affiché. Monsieur WAMEN Vous auriez pu mentionner ce point sur le site internet au lieu d’annoncer des élections professionnelles pour 2015. Monsieur SZYROKI Nous avons évoqué ce sujet en avril et le salarié est parti à la retraite au mois de juillet. Je vous ai alerté sur ce point lors de la précédente séance. Madame LE COUEDIC Ce salarié a choisi de prendre sa retraite. Monsieur SZYROKI Non, il lui a été dit qu’il devait partir à la retraite. Vous pourriez envisager de compenser son manque à gagner à hauteur de 350 euros par mois pendant le reste du congé de reclassement auquel il avait droit. Monsieur WAMEN J’ai le sentiment que nous n’avançons plus. Depuis deux réunions vous nous annoncez que vous prenez note de nos questions ou vous nous répondez non. Madame LE COUEDIC Il n’y a pas de solution pour cette personne car elle a choisi de prendra sa retraite. Vous semblez considérer que « non » n’est pas une réponse. Monsieur SZYROKI Vous avez affirmé que vous n’avez pas étudié son cas. Madame LE COUEDIC Non, je vous ai dit que je ne l’avais pas appelé. Monsieur SZYROKI Que souhaitez-vous ? Voulez-vous que nous engagions une action en justice sur l’affichage des procès-verbaux ? Ne serait-il pas plus pertinent d’identifier une solution pour ce salarié ? Monsieur WAMEN Les choses n’avancent que lorsque nous mobilisons les salariés devant le Siège. Madame LE COUEDIC Des régularisations de paie ont eu lieu. J’espère que vous êtes satisfaits de ce point. Monsieur WAMEN Vous ne faites que votre travail. Madame LE COUEDIC Avez-vous d’autres questions ? Monsieur WAMEN Votre mandat initial consiste-t-il à réduire l’enveloppe initialement prévue pour le PSE ? Madame LE COUEDIC Non. Monsieur WAMEN Quels sont les axes d’amélioration pour les prochaines réunions ? Vous croyez que je plaisante quand je dis que les salariés vont débarquer ici ? Madame LE COUEDIC Non. Monsieur WAMEN Vous savez ce qu’ils font quand ils viennent ? Madame LE COUEDIC Oui. Monsieur WAMEN Vous vous en foutez ? Nous vous avons posé quatre fois la question sur la fiscalisation des primes. Madame LE COUEDIC Nous avons sollicité une réponse du centre des impôts. Que voulez-vous que je fasse de plus ? Monsieur CARON Vous nous dites toujours la même chose. Madame LE COUEDIC Vous posez toujours les mêmes questions. Monsieur CARON Il n’est pas normal que nous n’obtenions pas de réponse après quatre mois. Monsieur WAMEN Je suis persuadé que le Groupe vous a embauché pour nous dire systématiquement non. Madame LE COUEDIC Vous vous trompez. J’ai traité de nombreuses situations individuelles. Monsieur WAMEN Est-il possible de décaler la réunion de demain pour que je sois à l’heure ? Madame LE COUEDIC Nous en avons déjà discuté. Nous avons décalé la réunion de 9 heures à 9 heures 30. Monsieur WAMEN Souhaitez-vous réellement que je vienne ? Madame LE COUEDIC Oui. Monsieur WAMEN Je commence à en avoir marre de venir. Monsieur GLESSER Ménagez-vous. Monsieur WAMEN Je vous adresserai mes réponses par écrit. Je disposerai ainsi de la preuve que je vous ai alerté. Je viendrai demain, mais peut-être pas dès 9 heures 30. Madame LE COUEDIC Nous devrons donc débuter sans vous. Monsieur WAMEN Je demanderai à mes collègues de la CFE-CGC de ne pas débuter la réunion tant que je suis absent. La séance est levée à 14 heures 25.

jeudi 4 décembre 2014

​La mémoire défaillante du secrétaire départemental ​De la CFTC de la somme

(Réaction suite au tweet du CP du 29/11)

Oubliés Les accords au rabais signés par le syndicat CFTC à l’usine Dunlop d’ Amiens sur les 4x8.

Oubliés Le soutien apporté par le syndicat CFTC aux propositions de la direction de Continental sur le soi disant travailler plus pour gagner plus (passage de 35 à 39h) sans les augmentations de salaires correspondantes ! Eh bien oui tout cela n’a pas empêché l’usine Continental de fermer à Clairoix ! (le non motif économique vient d’être reconnu ; la lutte de la CGT, des salariés accompagnés de leurs avocats a permis dernièrement de verser 29 millions de dommages et intérêts aux salariés). Aujourd’hui Mr THEVENIAUD vous avez l’audace …. Dans le tweet du jour du 29/11 dernier du CP d’accuser Mickael WAMEN, la CGT de la responsabilité de ce gâchis, de ce drame social et humain chez Goodyear.

Pas surprenant Pas un mot sur le fait que ceux qui sont responsables de ces drames sociaux, humains sont les directions de Continental et Goodyear qui ont programmé la liquidation de ces deux sites.

Contradiction : Vous êtes parfois contre le travail du dimanche et votre syndicat signe dans le même temps les 4x8 qui désorganisent toute vie familiale ! Reprenez vous Mr le secrétaire départemental ayez une pensée pour ces salariés qui brisés moralement par leur direction, dans le plus grand dénuement divorcent, se suicident. La CGT, Mickael WAMEN, Xavier MATHIEU , ne sont en rien responsables de ces drames , ARRETEZ VOS PROPOS FALLACIEUX.

Par contre sachez-le Les salariés de Goodyear Amiens, de Clairoix à Compiègne comme tous les autres salariés auront toujours besoin d’un syndicat de lutte de classes comme la CGT. Surement pas d’un syndicat réformiste épousant les thèses patronales qui conduisent les salariés à l’impasse.

GERVOISE J-B Braches

dimanche 30 novembre 2014

LA REPRISE D’AMIENS NORD N’OBLIGERA PAS TITAN A REPRENDRE 672 SALARIÉS

Les salariés licenciés de GOODYEAR sont les spectateurs atterrés d’une campagne très médiatisée visant à les rendre responsable de l’énième échec supposé des négociations entre GOODYEAR et TITAN sur la reprise de l’usine d’Amiens nord.

En effet, Monsieur Taylor de TITAN vocifère qu’il ne peut acquérir le site parce que GOODYEAR exigerait qu’il reprenne également 672 salariés alors que lui ne veut embaucher que 330 personnes.

Sous entendu, c’est encore à cause des ouvriers et de la CGT que la tentative de poursuivre une activité industrielle dans l’établissement d’Amiens nord aurait échouée.

Mais personne n’a demandé aux salariés s’ils estiment que plus de 600 d’entre eux doivent nécessairement être recrutés par TITAN en cas de reprise de l’usine.

C’est pourtant de leur transfert dont il s’agit, ils sont les premiers concernés !

Alors Monsieur TAYLOR puisque le communiqué de presse semble être le seul moyen de vous parler, voici le conseil des salariés :

NE CROYEZ PAS TOUT CE QUE VOUS DIT GOODYEAR

LA CESSION DE L’USINE D’AMIENS NORD NE VOUS OBLIGERA PAS A REPRENDRE 672 OUVRIERS NI MEME 652

IL N’EXISTE (MALHEUREUSEMENT) AUCUN TEXTE DANS LE CODE DU TRAVAIL PERMETTANT DE VOUS IMPOSER CELA.

Reste maintenant à savoir pour quelle raison GOODYEAR cherche à faire capoter l’arrivée d’un repreneur en lui imposant, sans fondement, le transfert de 672 salariés et sans demander à ces derniers ce qu’ils en pensent.

Afin de faire toute la lumière sur ce point la CGT va lancer dans les jours qui viennent un certain nombre d’actions en vue de lever les faux blocages et permettre la mise en œuvre d’un projet industriel, s’il en existe un.

samedi 29 novembre 2014

3 RESPONSABLES LOCAUX QUI AGISSENT COMME DES IRRESPONSABLES

Il ne suffisait pas plus que l'annonce faite par le DRH de Goodyear pour déchaîner une montée d'adrénaline anti CGT et notamment contre son secrétaire de la part de trois responsables locaux.

Des tweets du président de la CAF, président de la cftc picarde, détaché permanent du site de dunlop Amiens depuis plus de 20 ans, lui c'est l'anti CGT primaire de base, un révolutionnaire des places dorées, le signataire des 4/8 qui ne les fera jamais, son combat initial la lutte contre le travail du dimanche, depuis quelques jours il a un nouvel os à ronger : balancer des tweets contre la CGT Goodyear et au passage oublier de dire que le site de dunlop est passé de 19000 pneus par jour en 2008 a 9000 en 2015, une mémoire peu riche et de plus sélective, il est accompagné par son ami et président d'Amiens métropole lui aussi a le même combat à mener, balancer un maximum de saloperies sur la CGT et notamment son secrétaire, lui aussi est atteint de la rage contre le syndicat qui c'est opposé a son arrivée a la mairie d'Amiens, il mène une lutte aux côtés de la direction de Goodyear car il doit lui aussi justifier l'accord signé par son ami, mais les deux ne connaissent rien au dossier, ils ne parlent que que sur ordre et donc à chaque nouvelle annonce de la direction ils ont ordre d'attaquer ils ont bien été dressé ces deux là !!!!!!

Le député et président d'Amiens métropole celui qui n'a jamais levé le petit doigt pour la défense des Goodyear, jamais il n'a demandé à Goodyear des comptes sur l'évasion fiscale via le Luxembourg et Amsterdam, il a juste attendu la fermeture du site pour venir critiquer l'action des salariés avec la CGT, maintenant il doit défendre l'accord de son ami, le gaulliste, dire tout et n'importe quoi, par exemple sur la production en Europe, le groupe a annoncé une augmentation de son résultat opérationnel de plus de 240% au dernier trimestre, les sites de Pologne et Slovénie ne connaissent absolument pas de baisse de production, pourquoi donc mentir

Tout simplement pour essayer de dorer un tableau plus que sombre, plus facile d'attaquer sans cesse un syndicat qui représente plus de 85% des salariés que de s'en prendre à une multinationale qui via des moyens financiers colossaux peut financer des événements ou autres actions visant à aider ses plus proches collaborateurs et amis ...

Et depuis peu il y a une nouvelle arrivante dans ce groupe, elle ne fait que répéter les énormes âneries des deux autres têtes pensantes....

La CGT n'est absolument pas responsable de l'annonce de la direction de Goodyear, mais pour comprendre ça il faut avoir un minimum de capacités à comprendre, ce qui ne semble pas être la cas de ces trois personnages, il ne suffit pas de répéter inlassablement que la CGT est responsable pour être dans le vrai, par contre il y aurait moyen d'utiliser les pouvoirs politiques qu'ils détiennent pour obliger Goodyear à dire et faire toute la vérité sur la situation du site Amiens Nord.....

Le PDG de Goodyear Monde ne cesse de dire et écrire dans la presse économique mondiale que la situation financière du groupe Monde et Europe ne cesse de progresser et à chaque trimestre des niveaux records sont atteints, les projets d'atteindre une croissance du résultat opérationnel de 16% seront eux aussi atteints, et pour savoir cela pas besoin d'avoir un bac plus 15 mais juste savoir lire et analyser la presse économique !!!

La haine anti CGT mise en œuvre par ces trois personnes qui ont choisi de prendre en charge des responsabilités politiques ne grandit pas l'idée que se font de plus en plus de françaises et français sur le rôle des politiques dans notre pays.....

Aucune solution avancée, aucune idée, juste attaquer bêtement un syndicat qui a une légitimité absolue, de plus attaquer ainsi la CGT Goodyear Amiens c'est aussi attaquer les salariés qui ont voté pour ce syndicat, aucun respect de rien ni de personne !!!

Mais derrière ces attaques, tweets diffamants, nominatifs, insultants, se cachent en réalité un bilan lourd de responsabilité pour ces personnages politiques ou publiques, car ils n'ont jamais rien fait pour obliger le groupe Goodyear à respecter ses obligations légales, ni son obligation à respecter les salariés, aucun mot sur les dizaines de salariés décédés des suites de cancers par exposition à des produis nocifs, rien non plus sur les suicides des salariés qui ont été poussé à bout par Goodyear....

Surfer sur un espoir de misère sociale, espérer que les salariés se tourneront contre des syndicalistes, c'est démontrer le peu d'intelligence de gestion dans ce dossier émanant de personnalités qui devraient au contraire mettre en œuvre enfin une politique au service des salariés, car beaucoup de choses peuvent être mises en places pour aider les ex Goodyear mais ils préfèrent passer leur temps à insulter la CGT pour mieux détourner les gens de la vérité !!!!!

La CGT Goodyear fait avec les moyens qu'elle a, pour dans chaque commission de suivi apporter des améliorations substantielles pour le bien des salariés, nous aurions bien besoin d'être accompagnés pour aider au mieux les salariés et trouver des solutions d'avenir....

Bref, la démagogie sera toujours une arme pour certains qui ne connaissent rien à ce dossier et qui attendent comme des vautours la moindre annonce défavorable aux salariés pour mordre comme des enragés...

Nous ne pouvons que leur demander de revenir à la raison et utiliser leurs pouvoirs mêmes si ils sont minimes par rapport à ce qu'ils perçoivent, pour aider au mieux les familles qui aujourd'hui constatent que la seule réaction de la maire d'Amiens et de ses bras droits est une attaque en règle contre un syndicat et notamment un élu de ce syndicat, cela ne changera pas le quotidien et les incertitudes qui pèsent sur leur avenir .

La CGT Goodyear va donc continuer seule ou avec quelques bonnes volontés a se battre non stop pour que Goodyear soit obligé d'apporter des réponses pour l'avenir des salariés d'Amiens Nord et des actions sont annoncées ; elles auront lieu et d'autres sont à venir, n'en déplaise au groupe Goodyear et ses 3 amis !!!!

Les insultes, les propos diffamatoires, les attaques personnelles, ne changeront rien à notre feuille de route et notre combat .

Il faudrait juste que les propos insultants et personnels à l'encontre du secrétaire de la CGT cesse par respect au moins pour sa famille, ne pas être d'accord est une chose, tenir des propos diffamatoires en est une autre ....

Nous n'avons pas de temps à consacrer à ce genre de débat de caniveaux, mais quand des responsables politiques agissent ainsi il est de notre devoir de rétablir la vérité et demander un peu de respect et de bon sens.

Ils ont demandé une audience à Valls, si toutefois celui-ci ne répond pas ils pourraient demander audience au pape François, venant du responsable du syndicat chrétien de la picardie cette demande pourrait trouver un écho .....

LA CGT GOODYEAR

jeudi 27 novembre 2014

FARM AMIENS NORD

Avenir du farm Amiens Nord .....

Alors que le Ministre de l'économie indiquait la semaine dernière que des prémices de nouvelles discussions avec Titan étaient en cousr pour la reprise du farm à Amiens nord, que cette semaine un élu local confirme cette information....

La direction Goodyear vient dire le contraire via une lettre à l'intention des représentants du personnel, elle indique quelle se félicite de la dynamique de la cellule de reclassement et elle termine en indiquant que malgré de nombreuses années de recherche d'un repreneur sérieux elle va initier dans les semaines à venir le processus d'information consultation des instances en veu d'un démantèlement du farm ...

Cette information est à prendre avec du recul car elle est en totale contradiction avec les informations communiquées par les organismes externes, tout comme ceux qui indiquaient il y a peu que Titan ne reprendrait pas tant qu'il y aurait des élus CGT !!!!!

La direction elle, affirme le contraire aujourd'hui alors que depuis des mois nous ne cessons de dire à la direction que des salariés attendent de savoir si le site va redémarrer ou pas, et la direction depuis janvier laisse planer le doute ; cette annonce vient indiquer que l'attente était inutile !!!!!

Y a t'il sous cette information une nouvelle stratégie du groupe pour obtenir d'avantages de souplesse sur un projet de reprise ou alors Goodyear savait il depuis des années qu'il n'y aurait jamais eu de reprise pérenne???

Voilà la première information que nous voulions vous communiquer et bien évidement nous vous tiendrons informés de toute nouvelle information à ce sujet.

Nous maintenons la réunion programmée début janvier et le mouvement à venir mi janvier 2015 pour exiger de la part de Goodyear de nouveaux droits ....

Goodyear vient aujourd'hui via une note plus qu'étrange dire que le farm a Amiens sera définitivement abandonné, reste à savoir la réalité de ce courrier et son objectif !!!!!

Mais de toute façon pendant des mois la direction a laissé planer avec d'autres acteurs plus qu'un doute sur le redémarrage du site en farm pour aujourd'hui plus de 10 mois après venir dire le Contraire .....

Nous allons donc suivre cette affaire de très très près et bien sur demander des comptes à tous les acteurs de ce dossier....

Goodyear dans le même temps annonce une baisse très importante de production à Amiens Sud et durablement, la stratégie du groupe continue et les acteurs de l'état continuent de laisser Goodyear dérouler son programme, mieux encore lui verser plus de 1 millions d'euros de CICE....

Goodyear si il confirme cette annonce va devoir indiquer la destination des équipements démantelés, et dans la situation seul le rebut pourrait être la destination des équipements ou alors transfert mais vers quel site et pour une production que Goodyear stoppe !!!!

Bref, les informations sont toujours aussi contradictoires, nous allons donc comme nous vous l'avions indiqué la semaine dernière maintenir la pression et même l'augmenter.

Bien évidement les médias vont se déchaîner sur cette nouvelle annonce, une nouvelle fermeture du site Amiens Nord ??

Bien évidement que non, mais les titres des journaux vont être comme d'habitude délirants, certains diront même que les salariés et la CGT sont les seuls responsables de cette nouvelle et énième annonce !!!!

Goodyear est seul responsable de sa stratégie de désengagement de toute activité en Europe de l'ouest, mais ça personne ou peu ose en parler, à Riom le site tourne en suis régime total l'avenir est sombre, Amiens Sud subit des baisses très conséquentes pour 2015 et cela va perdurer, la réalité est que Goodyear a un taux de profitabilité énorme et la délocalisation génère une partie de cette augmentation, le Groupe vend beaucoup de pneus et donc la baisse annoncée sur le site voisin n'a rien à voir avec le marché mais une amorce que nous avons connu !!!!

Nous aurons d'ici quelques semaines d'autres informations sur le Niveau de vérité de cette annonce et bien sur elle sera partagée avec vous, n'oubliez pas le rendez vous à venir en janvier plus que jamais il va falloir mettre Goodyear devant ses responsabilités sociales .

Il aurait fallu attendre une lettre des élus CGT qui viennent dire qu'ils ne seraient pas des futurs Titan pour que soudain Goodyear vienne dire qu.il n'y a pas de projet d'avenir pour le farm ???

Dans les semaines a venir le ministère va devoir se prononcer sur sa position concernant le licenciement ou non des élus CGT cette procédure est elle en lien ???

En novembre 2013 rien n'était possible il fallait d'abord traiter le projet avec Goodyear, puis ensuite le démantèlement tourisme, ensuite les élus CGT et tout ça pour aujourd'hui parler d'un projet de démantèlement ....

Ce tract est celui adressé aux salariés Goodyear qui vont devoir lire et entendre comme depuis des années tout et n'importe quoi.

A suivre

vendredi 21 novembre 2014

MAIL REÇU PAR LA SODIE

Vous venez de recevoir par mail un document émanant de la SODIE, ce document est un questionnaire de satisfaction.

Il a pour unique but de permettre à la SODIE de démontrer que vous êtes satisfait de la gestion du dossier et ainsi nous mettre en porte à faux et dans le même temps de permettre a l'avocat de Goodyear de venir indiquer que vous avez une cellule de reclassement ultra performante.

Avant de renvoyer ce document nous vous demandons d'en faire une impression et nous le remettre lors de la prochaine réunion salle Valentin hauy, car la SODIE a toujours des chiffres bien différents des nôtres.

N'oubliez pas que cet organisme a besoin de communiquer que la fait que son taux de réussite est proche de l'excellence alors qu'en réalité c'est la catastrophe.

Dans le même temps nous avons appris hier que la SODIE fait signer à de nombreux salariés des refus de postes en indiquant que c'est pour contrer la CGT Amiens Nord !!!! Alors que les postes proposés ne correspondent pas du tout aux compétences des salariés.

Cette pratique plus que douteuse va servir à la fin à venir dire que des postes ont été proposés mais refusés c'est une honte d'agir ainsi.

Nous savons tous que la SODIE est complètement en dehors des promesses faites puis que plus de 85% n'ont, à ce jour, aucune solution.

La CGT Goodyear

COURRIER ADRESSÉ À LA SODIE ET GOODYEAR

Mme classiot V Copie a M Glesser B M cavaille JP Inspection du travail Conseil régional Médias

Madame,

Hier lors d'une réunion avec les salariés, un grand nombre d'entre eux, nous a fait part de très nombreux dysfonctionnements de la SODIE, ce qui, pour nous n'est hélas pas une nouveauté.

Mais nous avons été surpris de la mise en œuvre d'une pratique plus que douteuse, en effet des salariés nous ont signalé que leurs conseillers leur faisaient signer des lettres de refus de postes.

Et ces conseillers indiquent que cette pratique est mise en œuvre pour répliquer à la CGT Amiens Nord !!!!

Cette pratique est non seulement douteuse mais de plus inadmissible !!!!

Peu importe les artifices que vous allez utiliser, nous savons tous très bien que la situation est chaotique pour de très nombreux salariés, une prise en charge qui a et qui est toujours lamentable, des différences impressionnantes d'informations données en fonction des différents intervenants de la SODIE ....

Nous pouvons comprendre que la situation après plus de 10 mois de congés de reclassement ne plaide absolument pas en votre faveur, car en effet vous deviez être ultra performant sur le retour à l'emploi alors que vous êtes ultra performant dans la mise en place d'une situation désastreuse !!!!

Utiliser des documents qui ne reflètent en rien la réalité ne grandit pas un bilan déjà fort lamentable.

Nous savons que la CGT gêne le groupe alpha conseil dont la SODIE fait partie, mais les chiffres réels parlent d'eux même : à fin octobre voici le nombre de retours à l'emploi :

CDI : 40 CDD > 6 mos : 18 CTT > 6 mois : 14

TOTAL 72

72 dont 32 en travail précaire !!!!!

Il faut ajouter un peu moins de 40 créations entreprises.

Voilà le bilan de la SODIE à fin octobre, nous avons, pour ne pas être taxé de syndicat ultra négatif, accepté d'intégrer dans les solutions identifiées les retraités et même avec cela le bilan est une catastrophe !!!!

Vous pouvez truquer les chiffes, contester notre position, cela ne change en rien à la réalité!!!!

Par contre la CGT exige que vous nous donniez le Montant versé par Goodyear dans le cadre du PSE au groupe alpha conseil, via Secafi, SODIE et sémaphore.

Nous regrettons que Goodyear n'est pas exigé de votre part une obligation de résultat avant paiement, car quel que soit le bilan, la SODIE sera payée, ce qui est plus qu'anormal, il est évident que nous ne laisserons pas tomber, nous mettrons en place tous les recours nécessaires avec les salariés pour démontrer que la cellule de reclassement a mis plus de 6 mois avant de commencer à traiter le cas des salariés et encore dans quelles conditions !!!

Nous vous informons que nous mettons en ce moment en place une enquête sur la réalité de cette cellule de reclassement, cette enquête sera bien évidement envoyée à tous les acteurs et au delà, lors de la réunion de CCE où Goodyear vous avait convié à une présentation de votre cabinet, votre historique et votre connaissance du dossier, nous avons immédiatement perçu que vous ne connaissiez rien à ce dossier et aujourd'hui nous constatons que vous avons plus que raison hélas.....

Vous pouvez continuer à nous critiquer, à dire que la CGT raconte n'importe quoi, que la cellule fonctionne bien, à inventer des statistiques, à faire signer des documents sans le but d'améliorer vos stats, vous ne réussirez pas à masquer la vérité.

Nous vous demandons bien évidement de stopper immédiatement cette pratique et nous invitons les salariés à nous communiquer copies de leurs réponses au questionnaire que vous venez de mettre en place, car nous ne savons pas pourquoi mais d'ici peu vous allez venir nous dire que les gens sont Hyper satisfait de la SODIE !!!!

La CGT Goodyear

Communiqué de la CGT GOODYEAR AMIENS NORD concernant la reprise du site par TITAN

Les signaux se multiplient quant à un prochain retour de TITAN sur le site de GOODYEAR Amiens Nord pour reprendre l'activité de pneus agraires. Notre très sérieux ministre de l'économie,M. Macron, a récemment déclaré qu'il était régulièrement en contact avec TITAN et GOODYEAR sur le projet de reprise. Même le groupe GOODYEAR reconnait à nouveau qu'il vend massivement des pneus agricoles en Europe.

Officiellement il n'y aurait plus qu'un véritable obstacle : les élus CGT que Monsieur Taylor ne souhaite pas reprendre !

En effet, l'inspection du travail ayant refusé d'autoriser le licenciement des représentants du personnel, TITAN serait pétrifié par la crainte de devoir les reprendre.

Nous voulons par ce communiqué rassurer Monsieur Taylor : NOUS LES ÉLUS CGT NE VOULONS PAS DEVENIR SES SALARIÉS.

Si TITAN a un véritable projet industriel pour l'usine d'Amiens Nord, qu'il n'ait pas peur de venir le mettre en œoeuvre. Quand il reprendra les salariés, nous les représentants CGT, n'en serons pas.

POUR LA CGT GOODYEAR AMIENS NORD MICKAEL WAMEN

lundi 17 novembre 2014

RÉUNION SALARIÉS JEUDI 20 NOVEMBRE 2014

La prochaine réunion aura lieu le Jeudi 20 Novembre à 17h00 :

Salle Valentin Hauy 80000 Amiens

Nous ferons le point sur la procédure aux États Unis mais aussi sur le suivi de la cellule de reclassement.

Votre CGT

mercredi 29 octobre 2014

Suite de la réunion de suivi locale du 14 octobre

Lors de la dernière réunion de suivi PSE sur Amiens Nord, je vous ai fait part d'une erreur de courrier adressé à un salarié M. B.

Après avoir fait semblant d'être stupéfaite de cette énième connerie, vous avez indiqué que la direction allait immédiatement envoyer une lettre d'excuse et de plus régler au plus vite la situation anormale de la paye de ce monsieur.

Je rappelle pour votre information, qu'il s'agit d'un soucis lié au fait que son salaire ne lui a pas rétabli son pour le calcul du CR.

Je constate que pour vous le mot "rapidement" n'a pas la même signification que pour nous !!!!

Par contre pour répondre NON a une demande d'avance formulée avec des justificatifs là vous êtes ultra rapide, de même pour supprimer l'assistante sociale ....

Je vous demande donc de bien vouloir respecter vos propos et promesses.

Ce monsieur attend vos excuses et un règlement de son soucis de paye !!!!!

A bientôt

WAMEN Mickael

Bénéfices Goodyear

Goodyear bondit de 5,3% à 23,1 dollars sur les premiers échanges à Wall Street, salué pour la publication d'un bénéfice opérationnel record pour son troisième trimestre, lui permettant de viser la partie haute de sa fourchette cible pour l'ensemble de l'année.

Le fabricant de pneumatiques basé à Akron (Ohio) a engrangé un bénéfice net en hausse de 27% à 242 millions de dollars, soit 87 cents par action, et son profit opérationnel s'est accru de 21% pour atteindre le niveau record de 520 millions.

Grâce à ses progrès en termes d'économies de coûts, Goodyear a amélioré sa marge opérationnelle en dépit d'un chiffre d'affaires en recul de 7% à moins de 4,7 milliards de dollars, sur fond d'économie mondiale de plus en plus difficile.

Aussi, la direction réaffirme ses objectifs financiers pour la période 2014-2016, dont une croissance du profit opérationnel comprise entre 10 et 15% par an. Elle vise d'ailleurs, désormais, un chiffre proche de la borne haute de cette fourchette en 2014.

En outre, le groupe affiche son intention de racheter pour jusqu'à 150 millions de dollars de ses propres actions sur ce quatrième trimestre, dans le cadre de son programme actuel portant sur un maximum de 450 millions de dollars.

vendredi 24 octobre 2014

COMPTE-RENDU COMMISSION DE SUIVI NATIONALE - RUEIL - 8 OCTOBRE 2014

Plan de Sauvegarde de l’Emploi relatif à la fermeture de l’établissement d’Amiens Nord Compte-rendu de la 7ème réunion de la Commission de suivi centrale du 8 octobre 2014

Pour les organisations syndicales : Étaient présents : Jean-Philippe CAVAILLE, DRH France Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Chantal LE COUEDIC, DRH Goodyear Amiens Nord

Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Mickael WAMEN

Pour la CFDT : Antony AUXIETTE Jean-Pierre BOBKO

Pour la CFE-CGC : Peter FROST Jacques MARTIN Patrice SZYROKI

Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie

La séance est ouverte à 10 heures 45.

Monsieur BOBKO Il n’y a plus de commission de suivi à Montluçon. Les salariés d’Amiens sont-ils repartis ?

Monsieur CARON Non, ces réunions ont désormais lieu tous les deux mois. Ce n’est pas normal à mon sens. Le consultant n’était pas présent lors de la dernière réunion. Nous avons pourtant donné assez d’argent à Sodie pour qu’ils aient la décence d’assister aux réunions locales, même s’ils viennent de loin et même si la réunion ne dure qu’une heure.

Monsieur WAMEN Les points divers me semblent plus intéressants que la présentation. Nous ne pouvons pas les traiter en fin de séance et les bâcler. Nous passons 90 % de notre temps au téléphone à gérer des problèmes liés à la paie.

Monsieur CAVAILLE Nous pouvons traiter des urgences en commission centrale, mais il existe également un échelon local pour en parler. Nous pourrons cependant prendre le temps nécessaire en fin de séance.

Monsieur CARON Certains salariés vont changer de tranche d’imposition suite au versement de la prime exceptionnelle de 10000euros. La taxe d’habitation sera également impactée à la hausse puisqu’elle est basée sur les revenus. Les salariés percevant des bourses ou des APL seront également affectés.

Monsieur CAVAILLE Ce sujet relève d’un échange personne par personne avec le service des impôts.

Monsieur CARON La Direction devrait adresser un courrier aux impôts afin de définir un cadre. Nous en rédigerons également un.

Monsieur CAVAILLE S’agit-il d’un problème de montant ou de dépassement de tranche ?

Monsieur CARON Il aurait fallu que la prime représente plus de trois ans de salaire pour ne pas être imposable.

Monsieur CAVAILLE Nous ne pouvons pas agir sur ce point.

Monsieur CARON Les 10 000 euros de prime vont pénaliser les salariés. Le dispositif n’est pas conçu en ce sens mais pour les aider.

Monsieur CAVAILLE L’imposition de l’an prochain prendra en compte le fait que ce versement était exceptionnel. Nous pouvons communiquer auprès des salariés pour qu’ils formulent cette demande aux impôts.

Monsieur WAMEN C’est à vous d’envoyer ce courrier.

Monsieur CAVAILLE Nous ne pouvons pas agir sur les tranches d’imposition.

Monsieur WAMEN Vous devriez vous renseigner auprès des impôts sur des possibilités de dérogation.

Monsieur SZYROKI Les salariés dont les enfants perçoivent une bourse ne pourront plus profiter de cette aide s’ils dépassent les seuils de revenu.

Monsieur WAMEN Vous devriez prendre en charge les pertes des salariés.

Monsieur CAVAILLE Cette prise en charge serait elle-même imposable. Je vais revoir ce point. Je doute qu’il soit possible d’obtenir une dérogation sur une règle fiscale.

Monsieur CARON Cette situation ne concerne pas 50 salariés mais 6 à 8.

Monsieur WAMEN Vous devriez donc pouvoir faire des efforts. Vous l’avez bien fait sur Amiens.

Monsieur CAVAILLE J’en parlerai à Marjorie Gambade. Je n’ai pas de solution immédiate.

Monsieur CARON Vous nous avez dit la dernière fois que vous contacteriez les impôts. L’avez-vous fait ?

Monsieur CAVAILLE Je l’ignore. Monsieur Dussuchale est absent.

Monsieur WAMEN Monsieur Dussuchale ne sera bientôt plus là et tout deviendra de sa faute. Les salariés concernés ont accepté de changer de région et de déménager avec leur famille. Vous savez très bien combien de salariés ont accepté de rejoindre Montluçon.

Madame BOQUET Le problème est le même pour les salariés ayant rejoint Dunlop.

Monsieur WAMEN En effet.

Madame BOQUET Il y a donc plus de 6 à 8 personnes concernées.

Monsieur CARON Il faut agir au plus vite car ce sera trop tard en fin d’année.

Monsieur WAMEN Je suis surpris de ne plus recevoir les procès-verbaux des réunions avec la convocation. Nous n’en disposons plus depuis trois mois.

Madame BOQUET Nous avons mis en place le Campus Emploi Formation (CEF) le 1er octobre. Cette structure doit permettre aux salariés de disposer d’une bonne connaissance et d’une visibilité sur les emplois à venir sur le territoire. Sodie a donc analysé les métiers Goodyear et a défini des passerelles métiers en fonction des compétences acquises et ou demandées sur certains métiers.

Madame Boquet présente un exemple de passerelle métier.

Madame BOQUET J’ai fait réactualiser l’étude début septembre afin que nous disposions de la photographie des métiers la plus précise possible.

Monsieur WAMEN A quoi correspondent les 42 projets cités sur le document ?

Madame BOQUET Il s’agit à chaque fois de postes distincts. Ces données proviennent de l’INSEE et des organes de Pôle Emploi. Un salarié n’ayant pas été amené à mobiliser des compétences devra suivre une formation préalable.

Monsieur WAMEN Ce dispositif décrit un total de 400 postes. Quel pourcentage de salariés devrait selon vous pouvoir occuper ces postes ?

Madame BOQUET Je n’aime pas faire de statistiques a priori. 60 % des postes de logistique pourraient correspondre aux caristes ; ces passerelles sont évidentes. L’aide à l’élevage agricole correspondra en revanche plus difficilement aux projets des salariés. Les statistiques seront plus faibles selon l’attractivité des métiers. Le nombre de projets de recrutement permanent progresse de 6,1 % par rapport à 2013 à Amiens. Cette progression est plus faible que celle observée en Picardie, à 6,6 %. Les projets de recrutement permanents correspondent à des CDI ou des CDD de plus de six mois.

Monsieur WAMEN Cela reste des chiffres globaux dans des situations complètement différentes de celles des salariés Goodyear. Les 88 postes de responsable de spectacle ne correspondent pas aux objectifs des salariés.

Madame BOQUET Il s’agit d’une photographie de la réalité de projets de développement qui nécessitent des recrutements.

Monsieur WAMEN A quoi le « second œuvre » correspond-il ?

Madame BOQUET Il s’agit de tout ce qui ne relève pas du gros œuvre. Les salariés de Goodyear se dirigent davantage vers ces activités d’électricité ou de plomberie que vers le gros œuvre. Devenir maçon ne les intéresse pas.

Monsieur WAMEN Ce métier n’intéresse pas grand monde car il ne paie pas beaucoup. Il faudrait mentionner la rémunération moyenne en face des lignes.

Monsieur SZYROKI Les métiers du pneumatique agraire sont également très difficiles.

Monsieur WAMEN Tout ça reste des données économiques globales qui ne viennent rien dire globalement.

Monsieur CARON C’est un peu de la poudre aux yeux.

Monsieur WAMEN C’est ça le projet offensif qui devait nous être présenté à la rentrée ?

Madame BOQUET Nous y venons. Nous entreprenons des actions auprès du territoire pour favoriser le reclassement des salariés en favorisant la création d’entreprises et en soutenant des projets économiques générateurs d‘emploi. Le premier comité de pilotage s’est tenu le 1er octobre avec la participation de 14 intervenants. Douze primes de 4 000 à 5 000 euros ont été demandées par des entreprises suite à l’embauche de salariés.

Monsieur WAMEN Les 14 intervenants à la commission étaient-ils des Goodyear ?

Madame BOQUET Non, il s’agissait d’institutionnels tels que la DIRECCTE, le Conseil Régional, Pôle Emploi, des organismes de formation, la CCI ou le Medef.

Monsieur WAMEN Un représentant du personnel devrait pouvoir assister à ces comités de pilotage.

Monsieur CAVAILLE La prochaine séance aura lieu le 4 novembre. La feuille de route vous sera communiquée en commission locale.

Monsieur WAMEN La prime à l’embauche a-t-elle été accordée aux entreprises l’ayant demandée ?

Madame BOQUET Oui. Elle est cependant versée en deux temps pour éviter les effets d’aubaine. La convention de revitalisation a été signée le 17septembre2014 pour un budget de 5 940 000 euros. L’objectif est de créer 1 038 emplois sur le bassin amiénois.

Monsieur WAMEN Pourquoi avez-vous versé plus d’argent que prévu ? Vous créerez plus d’emplois que nécessaire.

Monsieur CAVAILLE Nous pourrons ainsi accompagner des initiatives locales .Nous devons fixer des objectifs ambitieux en termes de création d’emploi.

Monsieur WAMEN Un repreneur revenant sur le site d’Amiens Nord pourrait-il bénéficier d’une partie de cette enveloppe ?

Monsieur CAVAILLE Non. Un repreneur n’aurait pas accès à cette enveloppe.

Monsieur WAMEN Vous citez dans le document le montant du prêt Sémaphore. Vous avez fait un prêt à Sémaphore ? Sémaphore va prendre 650 000 euros pour dispenser une nouvelle activité ? Cette action est-elle complémentaire de la Sodie ?

Madame BOQUET Le groupe Alpha mène deux activités que sont la revitalisation du territoire au travers de Sémaphore et le reclassement au travers de Sodie. Le groupe GDTF a fait le choix de confier le reclassement et la revitalisation du territoire à ces deux cabinets. Dans le cadre des activités de revitalisation du territoire, Sémaphore gère un fonds participatif abondé par Goodyear à hauteur de 650 000 euros. Cette démarche permet de mettre à disposition du territoire une enveloppe de 2,275 millions d'euros distribuée sous forme de prêts participatifs bonifiés avec un plancher de 2,5 %. Ces prêts à moyen terme sont remboursables sous 3 à 5 ans et les entreprises n’ont pas à présenter de garanties personnelles pour en bénéficier. Les prêts sont essentiellement destinés aux PME et TPE du territoire.

Monsieur WAMEN Qui a pris la décision de retenir le cabinet Sémaphore ?

Monsieur CAVAILLE La Direction du Groupe.

Monsieur WAMEN Vous connaissez notre position sur la structure du groupe Alpha. Les résultats de Sémaphore et de Sodie ont de quoi faire pâlir les plus grandes multinationales. J’ai rendez-vous avec deux autres cabinets la semaine prochaine qui présentent l’avantage d’être rémunérés en fonction des résultats obtenus. Nous leur proposerons d’intégrer la procédure de revitalisation au regard des résultatscatastrophiques obtenus par la Sodie. Vous avez affirmé que le plan social de Goodyear serait différent de celui de Continental, qui ne proposait notamment aucune formation à ses salariés. Nos résultats sont pourtant inférieurs à ceux obtenus dans le cadre du plan social Conti. Nous sommes bien en deçà des 17 % de solutions identifiées annoncés par la Direction. Il nous suffit de donner les comptes rendus de la Sodie aux médias pour qu’ils constatent que ce taux reste limité à 5 %. Les salariés ont mis six mois à faire le deuil de la fermeture de l’usine et ont été inopérants pendant toute cette période. Trois salariés m’ont rencontré hier pour m’annoncer qu’ils vont signer des CDI dans d’autres entreprises. Les salariés sont désormais plus actifs dans leur recherche d’emploi. Vous avez vous même dit que les six premiers mois ont été inopérants.

Monsieur CAVAILLE Je ne l’ai pas dit en ces termes. L’action de Sodie permet à chacun de se former à la recherche d’emploi ou à la rédaction de C V. Ce travail réalisé en amont produit aujourd'hui des résultats. Je n’exclus pas que certains salariés aient eu besoin de temps pour faire le deuil de l’usine. Les salariés ont cependant eu du temps pour se préparer à cette échéance. Je ne suis pas surpris par la dynamique qui s’amorce. Nous devons continuer dans cette démarche.

Monsieur WAMEN Il ne s’agit cependant que d’un épiphénomène qui touche 3 personnes sur 800 salariés restant à reclasser. Les trois personnes n’ont pas retrouvé leur travail grâce à la Sodie. Qui retrouve du travail aujourd'hui ? Les personnes dont l’emploi était lié à la maintenance. J’ai entendu à la radio que la boucherie-charcuterie allait embaucher massivement. Plusieurs salariés ont participé à une formation vers ces métiers mais les conditions n’étaient pas réunies pour qu’ils les suivent avec succès. Ils ne disposaient que d’un tablier pour douze personnes et n’avaient pas de viande à couper.

Madame BOQUET Les salariés qui ont des compétences techniques retrouvent effectivement plus facilement du travail.

Monsieur WAMEN Que ferez-vous pour les 800 personnes restant ? Si elles ne trouvent pas de travail aujourd'hui, elles n’en retrouveront pas plus tard. Je regrette que vous donniez 650 000 euros supplémentaires à Sémaphore.

Madame BOQUET Cet argent ne reviendra pas à Sémaphores

Monsieur WAMEN Alors combien les paierez-vous ? Le cabinet intéressé pour s’engager dans la revitalisation s’appelle Arceo et est situé 21 rue de Sully à Amiens. Il n’est rémunéré qu’aux résultats. Vous avez conclu un accord global avec le cabinet Alpha Conseil. Le rapport sur la fermeture de l’usine devait être restitué en 14 jours. Il entre en contradiction avec les conclusions d’Alter et de l’Inspection du Travail sur les licenciements de salariés protégés. Votre accord global prévoyait dès le départ l’intervention de Sodie et de Sémaphore.

Monsieur CAVAILLE La théorie du complot a des limites.

Monsieur WAMEN Ce n’est pas une théorie du complot car j’ai des preuves. Le cabinet Alter a dit exactement le contraire d’Alpha Conseil.

Monsieur CAVAILLE Nous ne sommes pas en phase avec son rapport.

Monsieur WAMEN Vous ne l’avez pas attaqué en justice. Qui ne dit mot consent.

Monsieur CAVAILLE Sémaphore et Sodie ont l’habitude de travailler ensemble.

Monsieur WAMEN C’est normal, ils ont le même patron.

Monsieur CAVAILLE Laissez le temps à Sémaphores de s’engager dans la revitalisation. Vous avez cité le cas de trois salariés ayant retrouvé un emploi. Cette situation résulte certainement de l’accompagnement proposé par Sodie dans la rédaction de curriculum vitae.

Monsieur WAMEN Nous devrions atteindre un taux de 50 % de salariés ayant une solution identifiée au 8 octobre.

Monsieur GLESSER Ce taux atteint 37 % à date.

Monsieur WAMEN Vous truquez les chiffres ! 200 personnes sont en formation longue et n’ont donc pas de solution identifiée. Vous êtes des menteurs ! Combien de personnes retrouveront un emploi parmi elles ?

Monsieur CAVAILLE Nous souhaiterions tous atteindre un taux de 50 %. La situation du bassin d’emploi d’Amiens est cependant particulièrement contraignante.

Monsieur WAMEN Vous êtes des menteurs. Je veux bien retenir les chiffres de 68 emplois et de 27 créations d’entreprise, mais les 200 personnes en formation diplômante et qualifiante ne retrouveront pas nécessairement du travail.

Monsieur CAVAILLE Laissez les initiatives de Sémaphores porter leurs fruits. Nous avons déclenché des formations qui permettront de retrouver un emploi.

Madame BECKER-QUIGNION Elles permettront "peut-être"de retrouver un emploi.

Monsieur SZYROKI Les formations longues ne relèvent pas de solutions identifiées. Elles ne constituent qu’une première étape vers une solution identifiée.

Monsieur WAMEN Vous comptez des missions d’intérim parmi les emplois.

Madame BOQUET Les 68 personnes ayant trouvé un CDI ou un CDD de plus de six mois ont rompu leur congé de reclassement. Les salariés en intérim ont quant à eux suspendu leur congé de reclassement et peuvent donc réintégrer le dispositif à tout moment. Ils ne sont donc pas inclus parmi les 68 emplois.

Monsieur WAMEN Les 68 emplois correspondent donc tous à des CDI ou à des CDD de plus de 6 mois.

Madame BOQUET Oui.

Monsieur WAMEN Je veux donc bien prendre en compte les 68 emplois et les 27 créations d’entreprises, soit 95 personnes sur 1 143.

Monsieur GLESSER Il faut aussi tenir compte des retraités.

Monsieur WAMEN Ils ont été inclus parmi les solutions identifiées à ma demande afin que nous disposions de davantage de visibilité.

Monsieur GLESSER Si vous les excluez du calcul, il faut également les retirer du total des salariés licenciés.

Monsieur CAVAILLE Mon objectif n’est pas de réconcilier les chiffres mais d’identifier des solutions pour les salariés. Son atteinte sera mesurée au terme du congé de reclassement.

Monsieur WAMEN Nous sommes sur un fiasco après 8 mois de reclassement. Vous avez critiqué le plan de Continental mais nos résultats sont plus mauvais.

Monsieur GLESSER Vous avez dit que le plan de Continental était un échec car les salariés n’avaient pas bénéficié de formation. Nous faisons donc l’inverse et comptons 200 salariés en formation longue.

Monsieur WAMEN Que faites-vous des 800 salariés restants ? Les salariés sont paumés mais ils savent analyser les chiffres et comprennent que le ratio de 37 % de solutions identifiées est faux. Les salariés me font confiance mais il en restera beaucoup sur le carreau. Ça va être un carnage. Les salariés perdrontjusqu’à 500 euros par mois : que ferez-vous pour les aider ? Vous ne pouvez pas vous dédouaner de vos responsabilités. Vous représentez la Direction d’un groupe international générant des résultats extrêmement positifs et affichant des perspectives de croissance significatives pour les prochaines années. Vous devrez envisager de rallonger le congé de reclassement des salariés. Nous ne pourrons pas accepter que plus de 90 % des salariés non retraitables ne retrouvent pas d’emploi. Le Groupe devra mettre la main à la poche, il n’aura pas le choix. Nous ferons toutes les démarches nécessaires en ce sens. Les deux seules sociétés qui ont tous compris sont Sémaphore et Sodie.

Monsieur CAVAILLE Nous avons pris nos responsabilités aux travers de ce PSE. Laissons du temps à Sodie et Sémaphores afin qu’ils continuent leur travail. Les échanges sur le taux de solutions identifiées ne constituent qu’une bataille de chiffre.

Monsieur CARON Vous présentez des chiffres à longueur de temps. C’est de la poudre aux yeux.

Monsieur WAMEN Nous sommes bien gentils de ne pas demander le détail des 68 emplois.

Monsieur CAVAILLE Nous pouvons vous le donner.

Monsieur SZYROKI Vous avez annoncé des emplois administratifs à la Poste. Qu’en est-il ?

Madame BOQUET Ces postes seront dédiés à des personnes en situation de handicap. Une réunion aura lieu avec les AGEFIPH en début d’année prochaine.

Monsieur SZYROKI Pouvez-vous demander au personnel de votre établissement de ne plus casser le moral des salariés ? Il a été dit à certains d’entre eux ayant 57 ans et un handicap qu’ils ne retrouveront pas un travail. Ce n’est pas motivant.

Madame BOQUET Nous ne proposons pas des entretiens de compétence pour orienter les salariés vers Pôle Emploi. Il nous faut cependant articuler la volonté des salariés de retravailler avec la faisabilité de leurs projets. La SODIE doit donner tous les moyens nécessaires aux salariés souhaitant travailler.

Monsieur SZYROKI Pourquoi les salariés pouvant partir à la retraite sont-ils incités en ce sens alors qu’ils pourraient bénéficier du congé de reclassement de douze mois ?

Madame BOQUET Il était initialement prévu dans le PSE que les salariés pouvant liquider leur droit à retraite dans l’année bénéficieraient d’un congé de reclassement de 4 mois. Il a finalement été décidé que les salariés de plus de 56 ans auraient un congé de reclassement de 18 mois. Certaines de ces personnes n’ont pas intégré ce changement et considèrent donc que leur congé de reclassement sera limité à 4 mois.

Monsieur SZYROKI Certains membres de votre équipe ont pourtant indiqué aux salariés concernés que leur congé de reclassement est limité à quatre mois et qu’ils devaient donc prendre leur retraite.

Madame BOQUET Nous en discuterons en aparté.

Monsieur WAMEN Goodyear a dégagé 5,9 millions d'euros pour la revitalisation. Comment ce montant se répartit-il entre les différentes actions ?

Madame BOQUET 840 000 euros viennent abonder le fonds départemental de revitalisation du territoire et 650 000 euros ont abondé le fonds de prêts participatifs. Des primes à l’embauche de 4 000 à 5 000 euros ont également été versées aux entreprises employant des salariés Goodyear.

Monsieur WAMEN Ce dispositif était déjà prévu dans le PSE.

Monsieur CAVAILLE Nous avons affecté ces dépenses à l’effort de revitalisation.

Monsieur WAMEN Vous avez menti sur ce sujet. Il s’agit d’une manipulation comptable. Vous ne consacrez que 1,3 million d'euros à la revitalisation ; les 4,6 millions d'euros restants étaient inscrits dans le PSE. Vous avez par ailleurs perçu un million d'euros au titre du CICE.

Monsieur CAVAILLE Cela n’a rien à voir avec la convention de revitalisation en tant que telle. Nous pouvons envisager de vous présenter la répartition des 5,9 millions d'euros.

Monsieur WAMEN Quel est le montant exact consacré à la revitalisation ?

Madame LE COUEDIC Nous détaillerons l’enveloppe.

Monsieur SZYROKI Sémaphores va faire du bénéfice sur les 650 000 euros de dotation.

Madame BOQUET 2,2 millions d'euros sont consacrés à la création de 550 emplois aidés dans le cadre de la prime à l’embauche. Goodyear subventionnera d’une certaine manière ces créations d’emploi.

Monsieur WAMEN Qu’est-ce qu’il y a de plus que dans le PSE ?

Madame BOQUET Il s’agit d’une permutation.

Monsieur WAMEN Ces montants étaient déjà inclus dans le PSE. La préfecture d’Amiens était au courant ?

Monsieur CAVAILLE Oui.

Monsieur WAMEN Elle s’est bien foutue de ma gueule la vieille. Vous avez provisionné des montants déjà prévus dans le PSE. La revitalisation fait doublon avec le PSE. Une personne créant une entreprise devra recevoir 20 000 euros dans le cadre du PSE et 20 000 euros dans le cadre de la revitalisation puisque la mesure figure dans les deux documents.

Monsieur CAVAILLE Je constate que vous n’avez pas une vision très claire de la convention de revitalisation.

Monsieur WAMEN 3,1 des 5,9 millions d'euros proviennent du PSE. Vous avez pourtant affirmé dans la presse que Goodyear apportait 5,9 millions d'euros pour la revitalisation.

Monsieur CAVAILLE Nous avons effectivement versé 5,9 millions d'euros pour revitaliser la région. Je propose qu’un intervenant de Sémaphores vous apporte de la visibilité sur ce point.

Monsieur WAMEN Vous vous êtes foutu de la gueule des salariés de Goodyear et des lecteurs des journaux locaux et nationaux. Vous apportez 5,9millionsd'euros pour la revitalisation dont 3,1millionsd'euros provenant du PSE.

Monsieur SZYROKI L’enveloppe globale du PSE était prévue et n’évoluera pas.

Monsieur CAVAILLE La convention de revitalisation nous permet de travailler avec des acteurs locaux. C’est la responsabilité sociale de l’Entreprise.

Monsieur WAMEN Vous êtes des menteurs. Vous avez fermé une usine, vous foutez tout le monde dans la merde. Les gens de chez Goodyear n’aiment pas le mensonge. Vous allez voir. Appelez le préfet pour qu’il vous envoie des forces de l’ordre. Vous devrez expliquer que vous avez détourné 4,1 millions d'euros du PSE pour faire une revitalisation. Les journaux titrent que votre effort en faveur de la revitalisation atteint 2,5 fois le minimum légal.

Madame LE COUEDIC Nous organiserons une réunion pour vous expliquer la répartition des 5,9 millions d'euros.

Monsieur WAMEN Sémaphores devra expliquer s’il s’agit de 5,9 millions d'euros en plus ou de 5,9 millions d'euros englobés dans un PSE. Vous annoncez que deux mesures phares du PSE sont prises en compte dansla revitalisation. Ces montants ne seront pas gérés par Sodie mais par Sémaphore. Où les personnels de Sémaphore seront-ils installés ?

Madame BOQUET Chez Sodie.

Monsieur WAMEN Ce sont les mêmes !

Monsieur CAVAILLE Vous ne pouvez pas découvrir ce point aujourd'hui.

Monsieur WAMEN Vous avez menti à tout le monde. Je suis catastrophé par le fait que l’Etat participe à cette magouille au travers de la préfecture.

Madame BOQUET Ce n’est pas une magouille.

Monsieur CAVAILLE Nous avons décidé en début de séance de prendre le temps nécessaire pour traiter de cas particuliers.

Monsieur WAMEN Je vais dénoncer cette situation auprès des salariés. Vous laissez les journalistes dire que Goodyear fait largement mieux que prévu. Le résultat de tout ça, c’est que Sémaphore va se mettre encore plus de fric dans les poches. Il y a des conflits d’intérêt.

La séance est suspendue de 12 heures 05 à 12 heures 15.

Monsieur SZYROKI La plupart des salariés a bénéficié de pneumatiques gratuits mais certains n’ont pas reçu de pneumatiques Goodyear car ils ne sont pas au catalogue.

Monsieur CAVAILLE Les salariés pourraient faire bénéficier des membres de leur famille de ces pneumatiques gratuits.

Monsieur WAMEN Les salariés doivent présenter leur propre carte grise. Avant d’aborder les questions diverses, je souhaite que Madame LE COUEDIC nous communique le détail des 550 postes créés grâce au dispositif de primes à l’embauche.

Monsieur CAVAILLE Concernant les pneus gratuits, je prends note que des salariés n’ont pas pu obtenir de pneus gratuits et qu’ils ne peuvent pas en faire bénéficier leurs proches.

Monsieur SZYROKI Cette solution poserait des difficultés en termes d’avantages en nature. Elle ne concerne cependant qu’une dizaine de salariés.

Monsieur JUREK Quelques autres salariés n’ont pas pu profiter de la mesure pour des raisons de délai. La Direction locale nous répond qu’elle ne peut pas modifier seule les conditions d’octroi des pneus. Quatre salariés demandent ces pneus depuis six mois.

Monsieur WAMEN Un salarié a fait valoir ses droits à la retraite avant même d’entrer dans le congé de reclassement et n’a donc pas pu profiter de ses quatre pneus.

Madame BOQUET Les salariés devaient produire une fiche de paie pour recevoir les quatre pneus ou adresser une demande dans des délais convenus s’ils étaient sortis des effectifs.

Monsieur WAMEN La Direction locale et Monsieur Dussuchale se renvoient la responsabilité sur la modification des règles d’attribution des pneus.

Monsieur CAVAILLE Nous vous répondrons lors de la prochaine commission de suivi.

Monsieur WAMEN Quand aura-t-elle lieu ?

Monsieur CAVAILLE Le 14.

Monsieur WAMEN Nous n’avons toujours pas reçu la convocation.

Monsieur CARON Je souhaite qu’un point soit fait sur l’accompagnement des conjoints. La Direction devrait remonter en central les problématiques soulevées en local.

Monsieur CAVAILLE Ces sujets ont précisément vocation à être traités en local.

Monsieur CARON Les salariés travaillant de nuit devraient toujours bénéficier de RCN même s’ils leur ont été payés. Cette mesure relève d’un accord d’entreprise.

Monsieur WAMEN Quand aurons-nous des réponses aux questions posées par Monsieur CARON ? Le législateur n’impose pas la présence d’un responsable sécurité mais encourage l’employeur à en disposer. Je suis choqué que nous n’ayons pas été informés sur ce point. Le législateur prévoit une information et consultation du CHSCT préalablement à la désignation d’un nouveau responsable sécurité mais l’instance n’a pas été consultée à deux reprises. Vous nous mettez devant le fait accompli. Je ne trouve pas normal que l’on n’ait aucun retour sur les questions posées en séance. Vous vous contentez de dire « on vous répondra ». J’ai des questions à poser et je souhaite obtenir des réponses aujourd'hui. Des salariés ignorent ce qu’ils pourront valider ou non dans leur retraite. Certains d’entre eux sont sortis des effectifs mais n’ont pas été pris en charge par la CARSAT à défaut de fourniture de justificatifs de rémunération. J’ai demandé à Monsieur GLESSER si la Sodie ne pouvait pas contacter la CARSAT pour qu’elle se déplace dans les bureaux et rencontre les salariés concernés. Il manque deux jours à l’un d’entre eux pour valider un trimestre. Pensez-vous que ces réunions d’information pourraient avoir lieu au cours de la seconde quinzaine du mois d’octobre

Monsieur GLESSER Nous ne pouvons pas nous engager pour la CARSAT mais nous la contacterons afin de mettre en place ces entretiens.

Madame BECKER-QUIGNION Nous n’avons jamais obtenu de réponse sur la problématique de la retraite complémentaire pendant le congé de reclassement, qui est validée mais pas cotisée.

Monsieur WAMEN Des salariés de Renault ont dû reprendre le travail au terme de leur congé de reclassement car la législation sur les retraites a évolué dans l’intervalle.

Madame BOQUET Je contacterai la CARSAT mais je ne peux pas m’engager à sa place.

Madame BECKER-QUIGNION Je n’ai pas obtenu de réponse à ma question sur la complémentaire.

Monsieur CAVAILLE Nous n’envisageons pas de prise en charge complémentaire.

Monsieur CARON La complémentaire est importante pour les salariés en congé de reclassement. La Direction aurait dû en tenir compte.

Monsieur JUREK Nous faisons encore une réunion sans obtenir de réponse.

Monsieur CAVAILLE Notre réponse est claire.

Monsieur WAMEN Ça ne vous dérange pas d’organiser des réunions avec la CARSAT car cela ne vous coûte pas d’argent.

Monsieur CAVAILLE Nous sommes d’accord sur le principe.

Monsieur WAMEN Je souhaite qu’on étende le délai pour bénéficier de la prime de reclassement rapide. Le fait de retrouver un travail ne relève pas toujours de la volonté du salarié mais des opportunités s’offrant àlui. Un salarié ne bénéficiera pas de cette prime à deux jours près. Le délai prévu pour les primes de création d’entreprise a bien été prolongé.

Madame BECKER-QUIGNION Quand la prime de reclassement rapide sera-t-elle versée ? Certains salariés ne l’ont pas reçu.

Monsieur WAMEN Elle est payée sous trois mois ou après validation de la période d’essai.

Madame BECKER-QUIGNION Qu’en est-il pour la prime de création d’entreprise ?

Madame BOQUET Il faut que le créateur justifie de l’activité de son entreprise après trois mois.

Monsieur WAMEN Vous annoncez que 1 038 emplois seront créés selon les indices INSEE. Les entreprises pourront bénéficier d’une prime à l’embauche de salariés Goodyear pendant toute la durée du congé de reclassement mais les salariés n’y ont pas droit.

Monsieur CAVAILLE Je ne réponds pas tout de suite mais je prends le point.

Monsieur WAMEN La direction Goodyear a accepté que la portabilité passe de 9 à 12 mois en matière de création d’entreprise. Il faut que cette position soit inscrite dans un document officiel.

Madame LE COUEDIC Ce point figurera dans le procès-verbal de la commission.

Monsieur CARON Nous ne les recevons jamais.

Monsieur WAMEN Vous avez dégagé un budget de 1,8 million d'euros pour les créations d’entreprise dans le cadre de la revitalisation. Le délai pour bénéficier de cette mesure atteint donc 24mois, comme la revitalisation.

Monsieur CAVAILLE Cette mesure est limitée à la durée du congé de reclassement pour les salariés Goodyear, soit douzemois. Le dispositif prévu dans la période de revitalisation concerne les créations d’entreprises par des tiers.

Monsieur WAMEN Passé douze mois, un salarié de Goodyear ne pourra plus profiter de l’aide mais une personne tierce pourra toujours en bénéficier.

Monsieur CAVAILLE En effet.

Monsieur SZYROKI Les salariés suivant une formation de douze mois pour créer une entreprise ne pourront donc pas profiter de la prime.

Monsieur CAVAILLE Il faudra trouver une solution.

Madame BOQUET Certaines professions réglementées exigent de disposer d’un diplôme spécifique.

Monsieur WAMEN Comment se fait-il que les réponses techniques soient apportées par Madame BOQUET et non par la Direction ?

Monsieur CAVAILLE L’important reste que vous obteniez des réponses.

Monsieur WAMEN Je doute que vous puissiez utiliser des deniers de l’Entreprise pour aider des tiers. Vous avez créé un précédent important ; j’estime qu’un salarié qui a créé une entreprise peut bénéficier des deux aides de 20 000 euros.

Monsieur CAVAILLE Un salarié doit contacter Sodie le cas échant pour bénéficier de l’aide de 20 000 euros.

Monsieur WAMEN Il lui suffit ensuite de contacter Sémaphore pour bénéficier de la même aide. Je vous rappelle que le PSE est valable et n’a pas été modifié par les syndicats majoritaires. Les salariés peuvent prétendre aux deux mesures.

Monsieur GLESSER Les mesures sont valables pendant douze mois.

Monsieur WAMEN Je vous pose la question pour les salariés créant une entreprise après douze mois et un jour.

Monsieur CAVAILLE Passé douze mois, notre logique est d’aider des entreprises du bassin à se créer. Cette stratégie participe de la revitalisation.

Monsieur WAMEN Les services de communication de Libération et de Goodyear devraient s’appeler pour régler ce point.

Monsieur CAVAILLE Avez-vous reçu une demande formelle de Libération ?

Monsieur WAMEN Oui.

Monsieur CAVAILLE Adressez-la-moi.

Monsieur WAMEN Vous avez essayé de détruire et je pense que vous pourriez désormais mettre du pognon pour construire. Nous avions atteint un rythme de croisière ces derniers mois.

La séance est levée à 13 heures 35. Monsieur WAMEN L’argent de l’Entreprise devrait bénéficier en priorité aux salariés de Goodyear. Cela me paraît évident.

Monsieur CAVAILLE Le projet n’a pas été conçu en ce sens.

Monsieur WAMEN Qui a rédigé la convention de revitalisation ?

Monsieur CAVAILLE Elle a été travaillée avec la préfète.

Monsieur JUREK Nous avions demandé que des représentants du personnel assistent à ces réunions.

Monsieur WAMEN J’ai demandé l’organisation d’un CE extraordinaire sur les mutuelles. L’article 4 de la loi Evin ne s’applique pas dans nos établissements. Nous agirons en justice si vous ne rectifiez pas cette situation. La portabilité doit s’appliquer automatiquement aux anciens salariés Goodyear. Des salariés sortis du contrat groupe ont été radiés. La mutuelle aurait dû leur proposer la portabilité et l’employeur devait l’accepter.

Madame LE COUEDIC La mutuelle doit proposer la portabilité dans un délai de deux mois suivant la fin du contrat de travail.

Monsieur WAMEN Ce délai n’a pas été respecté dans le cas d’un salarié décédé. Celui-ci n’a pas pris le congé de reclassement et sa femme ne peut donc pas bénéficier de la mutuelle. Que ferez-vous pour les salariés invalides de deuxième catégorie ?

Madame LE COUEDIC Ces salariés peuvent s’inscrire à Pôle Emploi. Le directeur de Pôle Emploi peut solliciter la médecine du travail afin qu’elle se prononce sur l’aptitude d’un salarié s’il estime que celui-ci n’est pas en état physique de travailler. Le salarié restera inscrit sur la liste des demandeurs d’emploi s’il est déclaré apte.

Monsieur WAMEN Tout salarié licencié pour motif économique peut bénéficier d’une portabilité de sa mutuelle jusqu’à l’âge légal de la retraite ou jusqu’au retour à l’emploi au terme de la Convention Collective du Caoutchouc. Le salarié que j’évoque n’a pas été licencié du fait de son inaptitude mais pour motif économique et sa femme ne bénéficie pas de la portabilité alors qu’elle a deux enfants à charge.

Madame LE COUEDIC La mutuelle propose des contrats d’adhésion individuels.

Monsieur WAMEN Elle n’a rien à payer car la loi impose la gratuité de la mutuelle dans ce cas de figure.

Monsieur CAVAILLE Nous avons pris du temps pour traiter de problématiques individuelles relevant davantage des commissions locales. Nous devons cependant nous écouter. Avez-vous d’autres questions ? Monsieur WAMEN donne lecture d’une lettre de l’épouse du salarié par laquelle elle affirme que ce salarié n’a pas été informé par l’Entreprise qu’il pouvait cumuler l’invalidité 2ème catégorie et le congé de reclassement.

Monsieur GLESSER Nous avons adressé un courrier sur le congé de reclassement à ce salarié.

Monsieur WAMEN Il n’aurait pas dû être radié de la mutuelle. Vous dites que ces personnes devront prendre des contrats individuels ?

Monsieur GLESSER Il n’y a pas d’autre choix.

Madame BECKER-QUIGNION Vous devez respecter la loi.

Madame LE COUEDIC Nous n’avons pas connaissance des radiations.

Monsieur WAMEN Bien sûr que si.

Monsieur GLESSER La loi Evin ne prévoit pas une portabilité mais une structure d’accueil, qui n’est pas nécessairement gratuite. Monsieur WAMEN donne lecture du Code de la Sécurité sociale. Il en ressort que les salariés en invalidité de 2ème catégorie peuvent bénéficier de la portabilité comme les autres salariés.

Madame LE COUEDIC Il faut cependant que ces salariés aient adhéré au congé de reclassement.

Monsieur GLESSER Je maintiens que la loi Evin ne prévoit pas une portabilité mais une structure d’accueil, qui n’est pas nécessairement gratuite.

Monsieur WAMEN Nous devrons donc aller devant les tribunaux. La portabilité s’applique pour tous les salariés en invalidité de 2ème catégorie quel que soit leur statut.

Monsieur CAVAILLE Avez-vous d’autres questions ?

Monsieur WAMEN Je ne vois pas sur quel point nous pourrions avancer puisque vous nous mentez. Les salariés de Goodyear qui sont encore vivants manifesteront, je mettrai les deux enfants du salarié décédé en grève de la faim devant l’usine et je contacterai les médias.

Monsieur SZYROKI Je ne comprends pas que l’assistante sociale ne se soit pas déplacée pour rencontrer le salarié et lui expliquer les conséquences s’il ne prenait pas le congé de reclassement. Cette personne a également perdu sa prévoyance lourde.

Monsieur GLESSER Tous les salariés ont été informés de ce qu’était le congé de reclassement. Cette personne a reçu le courrier à son domicile et pouvait contacter Sodie ou l’assistante sociale si elle ne les comprenait pas.

Monsieur SZYROKI Je ne conteste pas qu’il a reçu les documents, mais une personne placée sous pompe à morphine n’a pas les idées claires.

Monsieur GLESSER Je propose que nous étudiions les dossiers des deux salariés concernés afin d’identifier des solutions avec les mutuelles. Ces cas sont extrêmement particuliers et notre position rejoint la vôtre : on ne peut pas laisser les salariés dans de telles situations.

Monsieur WAMEN Madame Le Couedic, pouvez-vous apporter des précisions sur la loi de juin 2014 sur la portabilité ?

Madame LE COUEDIC Cette loi prévoit un délai de portabilité de douze mois à compter de la fin du contrat de travail en cas de licenciement pour motif économique.

Monsieur WAMEN Cette loi date du 26 mai 2011. De quelle loi de juin 2014 parlez-vous ?

Madame LE COUEDIC Vous vous renseignerez.

Monsieur WAMEN Les salariés en invalidité pourront bénéficier de la portabilité.

Madame BOQUET Sauf si Pôle Emploi sollicite un avis d’aptitude de la médecine du travail au terme du congé de reclassement et que cet avis est négatif.

Monsieur WAMEN L’employeur pourrait décider de prendre en charge la portabilité.

Madame LE COUEDIC Cette mesure constituerait un avantage en nature imposable.

Monsieur WAMEN Les salariés en invalidité de 2ème catégorie n’auront donc plus de mutuelle au terme du congé de reclassement.

Madame LE COUEDIC Ils pourront s’inscrire à Pôle Emploi.

Monsieur WAMEN Pôle Emploi ne peut rien pour eux. Je m’en fous de vos réponses. Vous semblez considérer que les gens font exprès d’avoir des dettes. Les salariés sont tentés par les produits en magasin et des personnes sans scrupule leur accordent des crédits, et vous demandez comment ils auraient fait s’ils n’avaient pas eu d’aide ? Je suis certain que les changements de poste au sein de la Direction traduisent une volonté de serrer la vis. L’Entreprise m’a accordé un prêt de 20 000 euros alors que j’avais des emprunts de 35 000 euros et j’ai terminé devant les tribunaux. Vous avez voulu virer Monsieur FROST puis vous lui avez proposé le poste de responsable sécurité. Il a bien fait de refuser. Les banquiers attendent que les salariés touchent de l’argent pour se servir. C’est ça que vous ne comprenez pas.

Monsieur CARON Mettez-vous à la place des personnes du terrain.

Monsieur WAMEN Les salariés peuvent divorcer et avoir des huissiers sur le dos. J’ai envoyé des justificatifs à une heure du matin à Monsieur Dussuchale. On me dit que mon dossier est particulier mais j’ai les mêmes droits que les autres salariés. J’ai besoin de cet argent pour ma famille et pour être bien dans ma peau pour négocier. J’essaie de reconstruire ma vie mais j’ai droit à moins que les autres salariés car je suis syndicaliste. Le tribunal d’instance de Caen va me plomber. Je veux que les salariés sachent que je n’ai pas perçu 800000euros mais que j’ai touché une avance de 20 000 euros sur les 70 000 euros d’indemnité auxquels j’ai droit. Je vous reproche votre manque de clarté dans vos propos. Je ne vous ferais pas chier aujourd'hui si vous aviez dit dès le début que les montants versés pour la revitalisation étaient déjà inscrits dans le PSE. Nous perdons un temps fou sur des problématiques de paie.

Madame LE COUEDIC La comparaison de net à net est défavorable au salarié. J’ai donc décidé d’abandonner ce mode de calcul.

Monsieur SZYROKI Il a été précisé dès le départ que le calcul avait lieu hors primes et hors heures supplémentaires.

Madame LE COUEDIC Nous ferons tout pour que les situations que vous remontez ne se reproduisent pas. Les erreurs sur l’ATD ont été corrigées.

Monsieur WAMEN Un salarié n’a pas perçu sa prime de création d’entreprise pendant plusieurs mois.

Madame LE COUEDIC Je ne peux pas me prononcer sur des situations passées.

Monsieur WAMEN Mes interlocuteurs extérieurs disent qu’ils n’ont jamais vu un bordel pareil ailleurs. Les salariés sont agacés par la manie du responsable local de les tutoyer et les appeler par leur prénom.

Monsieur JUREK Ces situations ne devraient pas arriver si vous faisiez votre job.

Monsieur WAMEN Je passe des heures au téléphone sur ces sujets, y compris quand je pars en famille. Vous embauchez des gens pour faire ce travail, alors qu’ils le fassent. Vous êtes complètement à la ramasse car c’est un bordel sans nom auquel vous ne comprenez rien. Nous attendons la réunion sur la mutuelle de la semaine prochaine pour prendre des décisions sur la portabilité. Le million d’euros de trésorerie non-utilisée par la mutuelle pourrait être mobilisé pour traiter les situations des deux salariés. J’ai proposé qu’on ajoute un trimestre de gratuité et cela n’a pas été utilisé. Il faut piocher dans cette enveloppe.

Monsieur CAVAILLE Nous avons pris vos points. La prochaine réunion locale de suivi aura lieu le 14. Nous avons des réponses à vous apporter.

Monsieur WAMEN Il faudra nous adresser une convocation. La priorité réside dans les 2 000 euros de reclassement rapide. Nous avons des moyens de communication modernes et pouvons échanger. Je peux comprendre que le groupe n’accorde par une enveloppe supplémentaire, mais son montant pourrait être redistribué différemment. Je ne demande qu’une chose : qu’on continue de travailler comme nous le faisons depuis le mois de mars. Nous avons bien avancé et avons moins gueulé. Il se trouve que j’ai beaucoup gueulé aujourd'hui car ces sujets me bouffent.

Monsieur CAVAILLE Nous reparlerons des points notés aujourd'hui en commission de suivi locale.

Monsieur WAMEN Madame Le Couedic devait m’adresser une lettre du cabinet d’avocat de Goodyear m’autorisant à utiliser l’url du site internet de Goodyear.

Madame LE COUEDIC Ce n’est pas ce que j’ai dit.

Monsieur WAMEN Vous m’avez dit que j’aurais un justificatif de l’avocat.

Madame LE COUEDIC Je vous ai dit que j’allais étudier le sujet.

Monsieur WAMEN Ne me faites pas passer pour un menteur.

Monsieur CAVAILLE Je n’imagine pas un avocat autoriser un média à utiliser à 100 % un site url sans condition.

Monsieur WAMEN Les services de communication de Libération et de Goodyear devraient s’appeler pour régler ce point.

Monsieur CAVAILLE Avez-vous reçu une demande formelle de Libération ?

Monsieur WAMEN Oui.

Monsieur CAVAILLE Adressez-la-moi.

Monsieur WAMEN Vous avez essayé de détruire et je pense que vous pourriez désormais mettre du pognon pour construire. Nous avions atteint un rythme de croisière ces derniers mois. La séance est levée à 13 heures 35.

COMPTE-RENDU COMMISSION DE SUIVI NATIONALE - RUEIL - 8 OCTOBRE 2014

Plan de Sauvegarde de l’Emploi relatif à la fermeture de l’établissement d’Amiens Nord Compte-rendu de la 7ème réunion de la Commission de suivi centrale du 8 octobre 2014

Pour les organisations syndicales : Étaient présents : Jean-Philippe CAVAILLE, DRH France Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Chantal LE COUEDIC, DRH Goodyear Amiens Nord

Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Mickael WAMEN

Pour la CFDT : Antony AUXIETTE Jean-Pierre BOBKO

Pour la CFE-CGC : Peter FROST Jacques MARTIN Patrice SZYROKI

Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie

La séance est ouverte à 10 heures 45. Monsieur BOBKO Il n’y a plus de commission de suivi à Montluçon. Les salariés d’Amiens sont-ils repartis ? Monsieur CARON Non, ces réunions ont désormais lieu tous les deux mois. Ce n’est pas normal à mon sens. Le consultant n’était pas présent lors de la dernière réunion. Nous avons pourtant donné assez d’argent à Sodie pour qu’ils aient la décence d’assister aux réunions locales, même s’ils viennent de loin et même si la réunion ne dure qu’une heure. Monsieur WAMEN Les points divers me semblent plus intéressants que la présentation. Nous ne pouvons pas les traiter en fin de séance et les bâcler. Nous passons 90 % de notre temps au téléphone à gérer des problèmes liés à la paie. Monsieur CAVAILLE Nous pouvons traiter des urgences en commission centrale, mais il existe également un échelon local pour en parler. Nous pourrons cependant prendre le temps nécessaire en fin de séance. Monsieur CARON Certains salariés vont changer de tranche d’imposition suite au versement de la prime exceptionnelle de 10000euros. La taxe d’habitation sera également impactée à la hausse puisqu’elle est basée sur les revenus. Les salariés percevant des bourses ou des APL seront également affectés. Monsieur CAVAILLE Ce sujet relève d’un échange personne par personne avec le service des impôts. Monsieur CARON La Direction devrait adresser un courrier aux impôts afin de définir un cadre. Nous en rédigerons également un. Monsieur CAVAILLE S’agit-il d’un problème de montant ou de dépassement de tranche ? Monsieur CARON Il aurait fallu que la prime représente plus de trois ans de salaire pour ne pas être imposable. Monsieur CAVAILLE Nous ne pouvons pas agir sur ce point. Monsieur CARON Les 10 000 euros de prime vont pénaliser les salariés. Le dispositif n’est pas conçu en ce sens mais pour les aider. Monsieur CAVAILLE L’imposition de l’an prochain prendra en compte le fait que ce versement était exceptionnel. Nous pouvons communiquer auprès des salariés pour qu’ils formulent cette demande aux impôts. Monsieur WAMEN C’est à vous d’envoyer ce courrier. Monsieur CAVAILLE Nous ne pouvons pas agir sur les tranches d’imposition. Monsieur WAMEN Vous devriez vous renseigner auprès des impôts sur des possibilités de dérogation. Monsieur SZYROKI Les salariés dont les enfants perçoivent une bourse ne pourront plus profiter de cette aide s’ils dépassent les seuils de revenu. Monsieur WAMEN Vous devriez prendre en charge les pertes des salariés. Monsieur CAVAILLE Cette prise en charge serait elle-même imposable. Je vais revoir ce point. Je doute qu’il soit possible d’obtenir une dérogation sur une règle fiscale. Monsieur CARON Cette situation ne concerne pas 50 salariés mais 6 à 8. Monsieur WAMEN Vous devriez donc pouvoir faire des efforts. Vous l’avez bien fait sur Amiens. Monsieur CAVAILLE J’en parlerai à Marjorie Gambade. Je n’ai pas de solution immédiate. Monsieur CARON Vous nous avez dit la dernière fois que vous contacteriez les impôts. L’avez-vous fait ? Monsieur CAVAILLE Je l’ignore. Monsieur Dussuchale est absent. Monsieur WAMEN Monsieur Dussuchale ne sera bientôt plus là et tout deviendra de sa faute. Les salariés concernés ont accepté de changer de région et de déménager avec leur famille. Vous savez très bien combien de salariés ont accepté de rejoindre Montluçon. Madame BOQUET Le problème est le même pour les salariés ayant rejoint Dunlop. Monsieur WAMEN En effet. Madame BOQUET Il y a donc plus de 6 à 8 personnes concernées. Monsieur CARON Il faut agir au plus vite car ce sera trop tard en fin d’année. Monsieur WAMEN Je suis surpris de ne plus recevoir les procès-verbaux des réunions avec la convocation. Nous n’en disposons plus depuis trois mois. I. Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) consécutif à la fermeture de l'établissement d'Amiens Nord Madame BOQUET Nous avons mis en place le Campus Emploi Formation (CEF) le 1er octobre. Cette structure doit permettre aux salariés de disposer d’une bonne connaissance et d’une visibilité sur les emplois à venir sur le territoire. Sodie a donc analysé les métiers Goodyear et a défini des passerelles métiers en fonction des compétences acquises et ou demandées sur certains métiers. Madame Boquet présente un exemple de passerelle métier. Madame BOQUET J’ai fait réactualiser l’étude début septembre afin que nous disposions de la photographie des métiers la plus précise possible. Monsieur WAMEN A quoi correspondent les 42 projets cités sur le document ? Madame BOQUET Il s’agit à chaque fois de postes distincts. Ces données proviennent de l’INSEE et des organes de Pôle Emploi. Un salarié n’ayant pas été amené à mobiliser des compétences devra suivre une formation préalable. Monsieur WAMEN Ce dispositif décrit un total de 400 postes. Quel pourcentage de salariés devrait selon vous pouvoir occuper ces postes ? Madame BOQUET Je n’aime pas faire de statistiques a priori. 60 % des postes de logistique pourraient correspondre aux caristes ; ces passerelles sont évidentes. L’aide à l’élevage agricole correspondra en revanche plus difficilement aux projets des salariés. Les statistiques seront plus faibles selon l’attractivité des métiers. Le nombre de projets de recrutement permanent progresse de 6,1 % par rapport à 2013 à Amiens. Cette progression est plus faible que celle observée en Picardie, à 6,6 %. Les projets de recrutement permanents correspondent à des CDI ou des CDD de plus de six mois. Monsieur WAMEN Cela reste des chiffres globaux dans des situations complètement différentes de celles des salariés Goodyear. Les 88 postes de responsable de spectacle ne correspondent pas aux objectifs des salariés. Madame BOQUET Il s’agit d’une photographie de la réalité de projets de développement qui nécessitent des recrutements. Monsieur WAMEN A quoi le « second œuvre » correspond-il ? Madame BOQUET Il s’agit de tout ce qui ne relève pas du gros œuvre. Les salariés de Goodyear se dirigent davantage vers ces activités d’électricité ou de plomberie que vers le gros œuvre. Devenir maçon ne les intéresse pas. Monsieur WAMEN Ce métier n’intéresse pas grand monde car il ne paie pas beaucoup. Il faudrait mentionner la rémunération moyenne en face des lignes. Monsieur SZYROKI Les métiers du pneumatique agraire sont également très difficiles. Monsieur WAMEN Tout ça reste des données économiques globales qui ne viennent rien dire globalement. Monsieur CARON C’est un peu de la poudre aux yeux. Monsieur WAMEN C’est ça le projet offensif qui devait nous être présenté à la rentrée ? Madame BOQUET Nous y venons. Nous entreprenons des actions auprès du territoire pour favoriser le reclassement des salariés en favorisant la création d’entreprises et en soutenant des projets économiques générateurs d‘emploi. Le premier comité de pilotage s’est tenu le 1er octobre avec la participation de 14 intervenants. Douze primes de 4 000 à 5 000 euros ont été demandées par des entreprises suite à l’embauche de salariés. Monsieur WAMEN Les 14 intervenants à la commission étaient-ils des Goodyear ? Madame BOQUET Non, il s’agissait d’institutionnels tels que la DIRECCTE, le Conseil Régional, Pôle Emploi, des organismes de formation, la CCI ou le Medef. Monsieur WAMEN Un représentant du personnel devrait pouvoir assister à ces comités de pilotage. Monsieur CAVAILLE La prochaine séance aura lieu le 4 novembre. La feuille de route vous sera communiquée en commission locale. Monsieur WAMEN La prime à l’embauche a-t-elle été accordée aux entreprises l’ayant demandée ? Madame BOQUET Oui. Elle est cependant versée en deux temps pour éviter les effets d’aubaine. La convention de revitalisation a été signée le 17septembre2014 pour un budget de 5 940 000 euros. L’objectif est de créer 1 038 emplois sur le bassin amiénois. Monsieur WAMEN Pourquoi avez-vous versé plus d’argent que prévu ? Vous créerez plus d’emplois que nécessaire. Monsieur CAVAILLE Nous pourrons ainsi accompagner des initiatives locales .Nous devons fixer des objectifs ambitieux en termes de création d’emploi. Monsieur WAMEN Un repreneur revenant sur le site d’Amiens Nord pourrait-il bénéficier d’une partie de cette enveloppe ? Monsieur CAVAILLE Non. Un repreneur n’aurait pas accès à cette enveloppe. Monsieur WAMEN Vous citez dans le document le montant du prêt Sémaphore. Vous avez fait un prêt à Sémaphore ? Sémaphore va prendre 650 000 euros pour dispenser une nouvelle activité ? Cette action est-elle complémentaire de la Sodie ? Madame BOQUET Le groupe Alpha mène deux activités que sont la revitalisation du territoire au travers de Sémaphore et le reclassement au travers de Sodie. Le groupe GDTF a fait le choix de confier le reclassement et la revitalisation du territoire à ces deux cabinets. Dans le cadre des activités de revitalisation du territoire, Sémaphore gère un fonds participatif abondé par Goodyear à hauteur de 650 000 euros. Cette démarche permet de mettre à disposition du territoire une enveloppe de 2,275 millions d'euros distribuée sous forme de prêts participatifs bonifiés avec un plancher de 2,5 %. Ces prêts à moyen terme sont remboursables sous 3 à 5 ans et les entreprises n’ont pas à présenter de garanties personnelles pour en bénéficier. Les prêts sont essentiellement destinés aux PME et TPE du territoire. Monsieur WAMEN Qui a pris la décision de retenir le cabinet Sémaphore ? Monsieur CAVAILLE La Direction du Groupe. Monsieur WAMEN Vous connaissez notre position sur la structure du groupe Alpha. Les résultats de Sémaphore et de Sodie ont de quoi faire pâlir les plus grandes multinationales. J’ai rendez-vous avec deux autres cabinets la semaine prochaine qui présentent l’avantage d’être rémunérés en fonction des résultats obtenus. Nous leur proposerons d’intégrer la procédure de revitalisation au regard des résultatscatastrophiques obtenus par la Sodie. Vous avez affirmé que le plan social de Goodyear serait différent de celui de Continental, qui ne proposait notamment aucune formation à ses salariés. Nos résultats sont pourtant inférieurs à ceux obtenus dans le cadre du plan social Conti. Nous sommes bien en deçà des 17 % de solutions identifiées annoncés par la Direction. Il nous suffit de donner les comptes rendus de la Sodie aux médias pour qu’ils constatent que ce taux reste limité à 5 %. Les salariés ont mis six mois à faire le deuil de la fermeture de l’usine et ont été inopérants pendant toute cette période. Trois salariés m’ont rencontré hier pour m’annoncer qu’ils vont signer des CDI dans d’autres entreprises. Les salariés sont désormais plus actifs dans leur recherche d’emploi. Vous avez vous même dit que les six premiers mois ont été inopérants. Monsieur CAVAILLE Je ne l’ai pas dit en ces termes. L’action de Sodie permet à chacun de se former à la recherche d’emploi ou à la rédaction de C V. Ce travail réalisé en amont produit aujourd'hui des résultats. Je n’exclus pas que certains salariés aient eu besoin de temps pour faire le deuil de l’usine. Les salariés ont cependant eu du temps pour se préparer à cette échéance. Je ne suis pas surpris par la dynamique qui s’amorce. Nous devons continuer dans cette démarche. Monsieur WAMEN Il ne s’agit cependant que d’un épiphénomène qui touche 3 personnes sur 800 salariés restant à reclasser. Les trois personnes n’ont pas retrouvé leur travail grâce à la Sodie. Qui retrouve du travail aujourd'hui ? Les personnes dont l’emploi était lié à la maintenance. J’ai entendu à la radio que la boucherie-charcuterie allait embaucher massivement. Plusieurs salariés ont participé à une formation vers ces métiers mais les conditions n’étaient pas réunies pour qu’ils les suivent avec succès. Ils ne disposaient que d’un tablier pour douze personnes et n’avaient pas de viande à couper. Madame BOQUET Les salariés qui ont des compétences techniques retrouvent effectivement plus facilement du travail. Monsieur WAMEN Que ferez-vous pour les 800 personnes restant ? Si elles ne trouvent pas de travail aujourd'hui, elles n’en retrouveront pas plus tard. Je regrette que vous donniez 650 000 euros supplémentaires à Sémaphore. Madame BOQUET Cet argent ne reviendra pas à Sémaphores Monsieur WAMEN Alors combien les paierez-vous ? Le cabinet intéressé pour s’engager dans la revitalisation s’appelle Arceo et est situé 21 rue de Sully à Amiens. Il n’est rémunéré qu’aux résultats. Vous avez conclu un accord global avec le cabinet Alpha Conseil. Le rapport sur la fermeture de l’usine devait être restitué en 14 jours. Il entre en contradiction avec les conclusions d’Alter et de l’Inspection du Travail sur les licenciements de salariés protégés. Votre accord global prévoyait dès le départ l’intervention de Sodie et de Sémaphore. Monsieur CAVAILLE La théorie du complot a des limites. Monsieur WAMEN Ce n’est pas une théorie du complot car j’ai des preuves. Le cabinet Alter a dit exactement le contraire d’Alpha Conseil. Monsieur CAVAILLE Nous ne sommes pas en phase avec son rapport. Monsieur WAMEN Vous ne l’avez pas attaqué en justice. Qui ne dit mot consent. Monsieur CAVAILLE Sémaphore et Sodie ont l’habitude de travailler ensemble. Monsieur WAMEN C’est normal, ils ont le même patron. Monsieur CAVAILLE Laissez le temps à Sémaphores de s’engager dans la revitalisation. Vous avez cité le cas de trois salariés ayant retrouvé un emploi. Cette situation résulte certainement de l’accompagnement proposé par Sodie dans la rédaction de curriculum vitae. Monsieur WAMEN Nous devrions atteindre un taux de 50 % de salariés ayant une solution identifiée au 8 octobre. Monsieur GLESSER Ce taux atteint 37 % à date. Monsieur WAMEN Vous truquez les chiffres ! 200 personnes sont en formation longue et n’ont donc pas de solution identifiée. Vous êtes des menteurs ! Combien de personnes retrouveront un emploi parmi elles ? Monsieur CAVAILLE Nous souhaiterions tous atteindre un taux de 50 %. La situation du bassin d’emploi d’Amiens est cependant particulièrement contraignante. Monsieur WAMEN Vous êtes des menteurs. Je veux bien retenir les chiffres de 68 emplois et de 27 créations d’entreprise, mais les 200 personnes en formation diplômante et qualifiante ne retrouveront pas nécessairement du travail. Monsieur CAVAILLE Laissez les initiatives de Sémaphores porter leurs fruits. Nous avons déclenché des formations qui permettront de retrouver un emploi. Madame BECKER-QUIGNION Elles permettront "peut-être"de retrouver un emploi. Monsieur SZYROKI Les formations longues ne relèvent pas de solutions identifiées. Elles ne constituent qu’une première étape vers une solution identifiée. Monsieur WAMEN Vous comptez des missions d’intérim parmi les emplois. Madame BOQUET Les 68 personnes ayant trouvé un CDI ou un CDD de plus de six mois ont rompu leur congé de reclassement. Les salariés en intérim ont quant à eux suspendu leur congé de reclassement et peuvent donc réintégrer le dispositif à tout moment. Ils ne sont donc pas inclus parmi les 68 emplois. Monsieur WAMEN Les 68 emplois correspondent donc tous à des CDI ou à des CDD de plus de 6 mois. Madame BOQUET Oui. Monsieur WAMEN Je veux donc bien prendre en compte les 68 emplois et les 27 créations d’entreprises, soit 95 personnes sur 1 143. Monsieur GLESSER Il faut aussi tenir compte des retraités. Monsieur WAMEN Ils ont été inclus parmi les solutions identifiées à ma demande afin que nous disposions de davantage de visibilité. Monsieur GLESSER Si vous les excluez du calcul, il faut également les retirer du total des salariés licenciés. Monsieur CAVAILLE Mon objectif n’est pas de réconcilier les chiffres mais d’identifier des solutions pour les salariés. Son atteinte sera mesurée au terme du congé de reclassement. Monsieur WAMEN Nous sommes sur un fiasco après 8 mois de reclassement. Vous avez critiqué le plan de Continental mais nos résultats sont plus mauvais. Monsieur GLESSER Vous avez dit que le plan de Continental était un échec car les salariés n’avaient pas bénéficié de formation. Nous faisons donc l’inverse et comptons 200 salariés en formation longue. Monsieur WAMEN Que faites-vous des 800 salariés restants ? Les salariés sont paumés mais ils savent analyser les chiffres et comprennent que le ratio de 37 % de solutions identifiées est faux. Les salariés me font confiance mais il en restera beaucoup sur le carreau. Ça va être un carnage. Les salariés perdrontjusqu’à 500 euros par mois : que ferez-vous pour les aider ? Vous ne pouvez pas vous dédouaner de vos responsabilités. Vous représentez la Direction d’un groupe international générant des résultats extrêmement positifs et affichant des perspectives de croissance significatives pour les prochaines années. Vous devrez envisager de rallonger le congé de reclassement des salariés. Nous ne pourrons pas accepter que plus de 90 % des salariés non retraitables ne retrouvent pas d’emploi. Le Groupe devra mettre la main à la poche, il n’aura pas le choix. Nous ferons toutes les démarches nécessaires en ce sens. Les deux seules sociétés qui ont tous compris sont Sémaphore et Sodie. Monsieur CAVAILLE Nous avons pris nos responsabilités aux travers de ce PSE. Laissons du temps à Sodie et Sémaphores afin qu’ils continuent leur travail. Les échanges sur le taux de solutions identifiées ne constituent qu’une bataille de chiffre. Monsieur CARON Vous présentez des chiffres à longueur de temps. C’est de la poudre aux yeux. Monsieur WAMEN Nous sommes bien gentils de ne pas demander le détail des 68 emplois. Monsieur CAVAILLE Nous pouvons vous le donner. Monsieur SZYROKI Vous avez annoncé des emplois administratifs à la Poste. Qu’en est-il ? Madame BOQUET Ces postes seront dédiés à des personnes en situation de handicap. Une réunion aura lieu avec les AGEFIPH en début d’année prochaine. Monsieur SZYROKI Pouvez-vous demander au personnel de votre établissement de ne plus casser le moral des salariés ? Il a été dit à certains d’entre eux ayant 57 ans et un handicap qu’ils ne retrouveront pas un travail. Ce n’est pas motivant. Madame BOQUET Nous ne proposons pas des entretiens de compétence pour orienter les salariés vers Pôle Emploi. Il nous faut cependant articuler la volonté des salariés de retravailler avec la faisabilité de leurs projets. La SODIE doit donner tous les moyens nécessaires aux salariés souhaitant travailler. Monsieur SZYROKI Pourquoi les salariés pouvant partir à la retraite sont-ils incités en ce sens alors qu’ils pourraient bénéficier du congé de reclassement de douze mois ? Madame BOQUET Il était initialement prévu dans le PSE que les salariés pouvant liquider leur droit à retraite dans l’année bénéficieraient d’un congé de reclassement de 4 mois. Il a finalement été décidé que les salariés de plus de 56 ans auraient un congé de reclassement de 18 mois. Certaines de ces personnes n’ont pas intégré ce changement et considèrent donc que leur congé de reclassement sera limité à 4 mois. Monsieur SZYROKI Certains membres de votre équipe ont pourtant indiqué aux salariés concernés que leur congé de reclassement est limité à quatre mois et qu’ils devaient donc prendre leur retraite. Madame BOQUET Nous en discuterons en aparté. Monsieur WAMEN Goodyear a dégagé 5,9 millions d'euros pour la revitalisation. Comment ce montant se répartit-il entre les différentes actions ? Madame BOQUET 840 000 euros viennent abonder le fonds départemental de revitalisation du territoire et 650 000 euros ont abondé le fonds de prêts participatifs. Des primes à l’embauche de 4 000 à 5 000 euros ont également été versées aux entreprises employant des salariés Goodyear. Monsieur WAMEN Ce dispositif était déjà prévu dans le PSE. Monsieur CAVAILLE Nous avons affecté ces dépenses à l’effort de revitalisation. Monsieur WAMEN Vous avez menti sur ce sujet. Il s’agit d’une manipulation comptable. Vous ne consacrez que 1,3 million d'euros à la revitalisation ; les 4,6 millions d'euros restants étaient inscrits dans le PSE. Vous avez par ailleurs perçu un million d'euros au titre du CICE. Monsieur CAVAILLE Cela n’a rien à voir avec la convention de revitalisation en tant que telle. Nous pouvons envisager de vous présenter la répartition des 5,9 millions d'euros. Monsieur WAMEN Quel est le montant exact consacré à la revitalisation ? Madame LE COUEDIC Nous détaillerons l’enveloppe. Monsieur SZYROKI Sémaphores va faire du bénéfice sur les 650 000 euros de dotation. Madame BOQUET 2,2 millions d'euros sont consacrés à la création de 550 emplois aidés dans le cadre de la prime à l’embauche. Goodyear subventionnera d’une certaine manière ces créations d’emploi. Monsieur WAMEN Qu’est-ce qu’il y a de plus que dans le PSE ? Madame BOQUET Il s’agit d’une permutation. Monsieur WAMEN Ces montants étaient déjà inclus dans le PSE. La préfecture d’Amiens était au courant ? Monsieur CAVAILLE Oui. Monsieur WAMEN Elle s’est bien foutue de ma gueule la vieille. Vous avez provisionné des montants déjà prévus dans le PSE. La revitalisation fait doublon avec le PSE. Une personne créant une entreprise devra recevoir 20 000 euros dans le cadre du PSE et 20 000 euros dans le cadre de la revitalisation puisque la mesure figure dans les deux documents. Monsieur CAVAILLE Je constate que vous n’avez pas une vision très claire de la convention de revitalisation. Monsieur WAMEN 3,1 des 5,9 millions d'euros proviennent du PSE. Vous avez pourtant affirmé dans la presse que Goodyear apportait 5,9 millions d'euros pour la revitalisation. Monsieur CAVAILLE Nous avons effectivement versé 5,9 millions d'euros pour revitaliser la région. Je propose qu’un intervenant de Sémaphores vous apporte de la visibilité sur ce point. Monsieur WAMEN Vous vous êtes foutu de la gueule des salariés de Goodyear et des lecteurs des journaux locaux et nationaux. Vous apportez 5,9millionsd'euros pour la revitalisation dont 3,1millionsd'euros provenant du PSE. Monsieur SZYROKI L’enveloppe globale du PSE était prévue et n’évoluera pas. Monsieur CAVAILLE La convention de revitalisation nous permet de travailler avec des acteurs locaux. C’est la responsabilité sociale de l’Entreprise. Monsieur WAMEN Vous êtes des menteurs. Vous avez fermé une usine, vous foutez tout le monde dans la merde. Les gens de chez Goodyear n’aiment pas le mensonge. Vous allez voir. Appelez le préfet pour qu’il vous envoie des forces de l’ordre. Vous devrez expliquer que vous avez détourné 4,1 millions d'euros du PSE pour faire une revitalisation. Les journaux titrent que votre effort en faveur de la revitalisation atteint 2,5 fois le minimum légal. Madame LE COUEDIC Nous organiserons une réunion pour vous expliquer la répartition des 5,9 millions d'euros. Monsieur WAMEN Sémaphores devra expliquer s’il s’agit de 5,9 millions d'euros en plus ou de 5,9 millions d'euros englobés dans un PSE. Vous annoncez que deux mesures phares du PSE sont prises en compte dansla revitalisation. Ces montants ne seront pas gérés par Sodie mais par Sémaphore. Où les personnels de Sémaphore seront-ils installés ? Madame BOQUET Chez Sodie. Monsieur WAMEN Ce sont les mêmes ! Monsieur CAVAILLE Vous ne pouvez pas découvrir ce point aujourd'hui. Monsieur WAMEN Vous avez menti à tout le monde. Je suis catastrophé par le fait que l’Etat participe à cette magouille au travers de la préfecture. Madame BOQUET Ce n’est pas une magouille. Monsieur CAVAILLE Nous avons décidé en début de séance de prendre le temps nécessaire pour traiter de cas particuliers. Monsieur WAMEN Je vais dénoncer cette situation auprès des salariés. Vous laissez les journalistes dire que Goodyear fait largement mieux que prévu. Le résultat de tout ça, c’est que Sémaphore va se mettre encore plus de fric dans les poches. Il y a des conflits d’intérêt. La séance est suspendue de 12 heures 05 à 12 heures 15. Monsieur SZYROKI La plupart des salariés a bénéficié de pneumatiques gratuits mais certains n’ont pas reçu de pneumatiques Goodyear car ils ne sont pas au catalogue. Monsieur CAVAILLE Les salariés pourraient faire bénéficier des membres de leur famille de ces pneumatiques gratuits. Monsieur WAMEN Les salariés doivent présenter leur propre carte grise. Avant d’aborder les questions diverses, je souhaite que Madame LE COUEDIC nous communique le détail des 550 postes créés grâce au dispositif de primes à l’embauche. Monsieur CAVAILLE Concernant les pneus gratuits, je prends note que des salariés n’ont pas pu obtenir de pneus gratuits et qu’ils ne peuvent pas en faire bénéficier leurs proches. Monsieur SZYROKI Cette solution poserait des difficultés en termes d’avantages en nature. Elle ne concerne cependant qu’une dizaine de salariés. Monsieur JUREK Quelques autres salariés n’ont pas pu profiter de la mesure pour des raisons de délai. La Direction locale nous répond qu’elle ne peut pas modifier seule les conditions d’octroi des pneus. Quatre salariés demandent ces pneus depuis six mois. Monsieur WAMEN Un salarié a fait valoir ses droits à la retraite avant même d’entrer dans le congé de reclassement et n’a donc pas pu profiter de ses quatre pneus. Madame BOQUET Les salariés devaient produire une fiche de paie pour recevoir les quatre pneus ou adresser une demande dans des délais convenus s’ils étaient sortis des effectifs. Monsieur WAMEN La Direction locale et Monsieur Dussuchale se renvoient la responsabilité sur la modification des règles d’attribution des pneus. Monsieur CAVAILLE Nous vous répondrons lors de la prochaine commission de suivi. Monsieur WAMEN Quand aura-t-elle lieu ? Monsieur CAVAILLE Le 14. Monsieur WAMEN Nous n’avons toujours pas reçu la convocation. Monsieur CARON Je souhaite qu’un point soit fait sur l’accompagnement des conjoints. La Direction devrait remonter en central les problématiques soulevées en local. Monsieur CAVAILLE Ces sujets ont précisément vocation à être traités en local. Monsieur CARON Les salariés travaillant de nuit devraient toujours bénéficier de RCN même s’ils leur ont été payés. Cette mesure relève d’un accord d’entreprise. Monsieur WAMEN Quand aurons-nous des réponses aux questions posées par Monsieur CARON ? Le législateur n’impose pas la présence d’un responsable sécurité mais encourage l’employeur à en disposer. Je suis choqué que nous n’ayons pas été informés sur ce point. Le législateur prévoit une information et consultation du CHSCT préalablement à la désignation d’un nouveau responsable sécurité mais l’instance n’a pas été consultée à deux reprises. Vous nous mettez devant le fait accompli. Je ne trouve pas normal que l’on n’ait aucun retour sur les questions posées en séance. Vous vous contentez de dire « on vous répondra ». J’ai des questions à poser et je souhaite obtenir des réponses aujourd'hui. Des salariés ignorent ce qu’ils pourront valider ou non dans leur retraite. Certains d’entre eux sont sortis des effectifs mais n’ont pas été pris en charge par la CARSAT à défaut de fourniture de justificatifs de rémunération. J’ai demandé à Monsieur GLESSER si la Sodie ne pouvait pas contacter la CARSAT pour qu’elle se déplace dans les bureaux et rencontre les salariés concernés. Il manque deux jours à l’un d’entre eux pour valider un trimestre. Pensez-vous que ces réunions d’information pourraient avoir lieu au cours de la seconde quinzaine du mois d’octobre ? Monsieur GLESSER Nous ne pouvons pas nous engager pour la CARSAT mais nous la contacterons afin de mettre en place ces entretiens. Madame BECKER-QUIGNION Nous n’avons jamais obtenu de réponse sur la problématique de la retraite complémentaire pendant le congé de reclassement, qui est validée mais pas cotisée. Monsieur WAMEN Des salariés de Renault ont dû reprendre le travail au terme de leur congé de reclassement car la législation sur les retraites a évolué dans l’intervalle. Madame BOQUET Je contacterai la CARSAT mais je ne peux pas m’engager à sa place. Madame BECKER-QUIGNION Je n’ai pas obtenu de réponse à ma question sur la complémentaire. Monsieur CAVAILLE Nous n’envisageons pas de prise en charge complémentaire. Monsieur CARON La complémentaire est importante pour les salariés en congé de reclassement. La Direction aurait dû en tenir compte. Monsieur JUREK Nous faisons encore une réunion sans obtenir de réponse. Monsieur CAVAILLE Notre réponse est claire. Monsieur WAMEN Ça ne vous dérange pas d’organiser des réunions avec la CARSAT car cela ne vous coûte pas d’argent. Monsieur CAVAILLE Nous sommes d’accord sur le principe. Monsieur WAMEN Je souhaite qu’on étende le délai pour bénéficier de la prime de reclassement rapide. Le fait de retrouver un travail ne relève pas toujours de la volonté du salarié mais des opportunités s’offrant àlui. Un salarié ne bénéficiera pas de cette prime à deux jours près. Le délai prévu pour les primes de création d’entreprise a bien été prolongé. Madame BECKER-QUIGNION Quand la prime de reclassement rapide sera-t-elle versée ? Certains salariés ne l’ont pas reçu. Monsieur WAMEN Elle est payée sous trois mois ou après validation de la période d’essai. Madame BECKER-QUIGNION Qu’en est-il pour la prime de création d’entreprise ? Madame BOQUET Il faut que le créateur justifie de l’activité de son entreprise après trois mois. Monsieur WAMEN Vous annoncez que 1 038 emplois seront créés selon les indices INSEE. Les entreprises pourront bénéficier d’une prime à l’embauche de salariés Goodyear pendant toute la durée du congé de reclassement mais les salariés n’y ont pas droit. Monsieur CAVAILLE Je ne réponds pas tout de suite mais je prends le point. Monsieur WAMEN La direction Goodyear a accepté que la portabilité passe de 9 à 12 mois en matière de création d’entreprise. Il faut que cette position soit inscrite dans un document officiel. Madame LE COUEDIC Ce point figurera dans le procès-verbal de la commission. Monsieur CARON Nous ne les recevons jamais. Monsieur WAMEN Vous avez dégagé un budget de 1,8 million d'euros pour les créations d’entreprise dans le cadre de la revitalisation. Le délai pour bénéficier de cette mesure atteint donc 24mois, comme la revitalisation. Monsieur CAVAILLE Cette mesure est limitée à la durée du congé de reclassement pour les salariés Goodyear, soit douzemois. Le dispositif prévu dans la période de revitalisation concerne les créations d’entreprises par des tiers. Monsieur WAMEN Passé douze mois, un salarié de Goodyear ne pourra plus profiter de l’aide mais une personne tierce pourra toujours en bénéficier. Monsieur CAVAILLE En effet. Monsieur SZYROKI Les salariés suivant une formation de douze mois pour créer une entreprise ne pourront donc pas profiter de la prime. Monsieur CAVAILLE Il faudra trouver une solution. Madame BOQUET Certaines professions réglementées exigent de disposer d’un diplôme spécifique. Monsieur WAMEN Comment se fait-il que les réponses techniques soient apportées par Madame BOQUET et non par la Direction ? Monsieur CAVAILLE L’important reste que vous obteniez des réponses. Monsieur WAMEN Je doute que vous puissiez utiliser des deniers de l’Entreprise pour aider des tiers. Vous avez créé un précédent important ; j’estime qu’un salarié qui a créé une entreprise peut bénéficier des deux aides de 20 000 euros. Monsieur CAVAILLE Un salarié doit contacter Sodie le cas échant pour bénéficier de l’aide de 20 000 euros. Monsieur WAMEN Il lui suffit ensuite de contacter Sémaphore pour bénéficier de la même aide. Je vous rappelle que le PSE est valable et n’a pas été modifié par les syndicats majoritaires. Les salariés peuvent prétendre aux deux mesures. Monsieur GLESSER Les mesures sont valables pendant douze mois. Monsieur WAMEN Je vous pose la question pour les salariés créant une entreprise après douze mois et un jour. Monsieur CAVAILLE Passé douze mois, notre logique est d’aider des entreprises du bassin à se créer. Cette stratégie participe de la revitalisation. Monsieur WAMEN L’argent de l’Entreprise devrait bénéficier en priorité aux salariés de Goodyear. Cela me paraît évident. Monsieur CAVAILLE Le projet n’a pas été conçu en ce sens. Monsieur WAMEN Qui a rédigé la convention de revitalisation ? Monsieur CAVAILLE Elle a été travaillée avec la préfète. Monsieur JUREK Nous avions demandé que des représentants du personnel assistent à ces réunions. Monsieur WAMEN J’ai demandé l’organisation d’un CE extraordinaire sur les mutuelles. L’article 4 de la loi Evin ne s’applique pas dans nos établissements. Nous agirons en justice si vous ne rectifiez pas cette situation. La portabilité doit s’appliquer automatiquement aux anciens salariés Goodyear. Des salariés sortis du contrat groupe ont été radiés. La mutuelle aurait dû leur proposer la portabilité et l’employeur devait l’accepter. Madame LE COUEDIC La mutuelle doit proposer la portabilité dans un délai de deux mois suivant la fin du contrat de travail. Monsieur WAMEN Ce délai n’a pas été respecté dans le cas d’un salarié décédé. Celui-ci n’a pas pris le congé de reclassement et sa femme ne peut donc pas bénéficier de la mutuelle. Que ferez-vous pour les salariés invalides de deuxième catégorie ? Madame LE COUEDIC Ces salariés peuvent s’inscrire à Pôle Emploi. Le directeur de Pôle Emploi peut solliciter la médecine du travail afin qu’elle se prononce sur l’aptitude d’un salarié s’il estime que celui-ci n’est pas en état physique de travailler. Le salarié restera inscrit sur la liste des demandeurs d’emploi s’il est déclaré apte. Monsieur WAMEN Tout salarié licencié pour motif économique peut bénéficier d’une portabilité de sa mutuelle jusqu’à l’âge légal de la retraite ou jusqu’au retour à l’emploi au terme de la Convention Collective du Caoutchouc. Le salarié que j’évoque n’a pas été licencié du fait de son inaptitude mais pour motif économique et sa femme ne bénéficie pas de la portabilité alors qu’elle a deux enfants à charge. Madame LE COUEDIC La mutuelle propose des contrats d’adhésion individuels. Monsieur WAMEN Elle n’a rien à payer car la loi impose la gratuité de la mutuelle dans ce cas de figure. Monsieur CAVAILLE Nous avons pris du temps pour traiter de problématiques individuelles relevant davantage des commissions locales. Nous devons cependant nous écouter. Avez-vous d’autres questions ? Monsieur WAMEN donne lecture d’une lettre de l’épouse du salarié par laquelle elle affirme que ce salarié n’a pas été informé par l’Entreprise qu’il pouvait cumuler l’invalidité 2ème catégorie et le congé de reclassement. Monsieur GLESSER Nous avons adressé un courrier sur le congé de reclassement à ce salarié. Monsieur WAMEN Il n’aurait pas dû être radié de la mutuelle. Vous dites que ces personnes devront prendre des contrats individuels ? Monsieur GLESSER Il n’y a pas d’autre choix. Madame BECKER-QUIGNION Vous devez respecter la loi. Madame LE COUEDIC Nous n’avons pas connaissance des radiations. Monsieur WAMEN Bien sûr que si. Monsieur GLESSER La loi Evin ne prévoit pas une portabilité mais une structure d’accueil, qui n’est pas nécessairement gratuite. Monsieur WAMEN donne lecture du Code de la Sécurité sociale. Il en ressort que les salariés en invalidité de 2ème catégorie peuvent bénéficier de la portabilité comme les autres salariés. Madame LE COUEDIC Il faut cependant que ces salariés aient adhéré au congé de reclassement. Monsieur GLESSER Je maintiens que la loi Evin ne prévoit pas une portabilité mais une structure d’accueil, qui n’est pas nécessairement gratuite. Monsieur WAMEN Nous devrons donc aller devant les tribunaux. La portabilité s’applique pour tous les salariés en invalidité de 2ème catégorie quel que soit leur statut. Monsieur CAVAILLE Avez-vous d’autres questions ? Monsieur WAMEN Je ne vois pas sur quel point nous pourrions avancer puisque vous nous mentez. Les salariés de Goodyear qui sont encore vivants manifesteront, je mettrai les deux enfants du salarié décédé en grève de la faim devant l’usine et je contacterai les médias. Monsieur SZYROKI Je ne comprends pas que l’assistante sociale ne se soit pas déplacée pour rencontrer le salarié et lui expliquer les conséquences s’il ne prenait pas le congé de reclassement. Cette personne a également perdu sa prévoyance lourde. Monsieur GLESSER Tous les salariés ont été informés de ce qu’était le congé de reclassement. Cette personne a reçu le courrier à son domicile et pouvait contacter Sodie ou l’assistante sociale si elle ne les comprenait pas. Monsieur SZYROKI Je ne conteste pas qu’il a reçu les documents, mais une personne placée sous pompe à morphine n’a pas les idées claires. Monsieur GLESSER Je propose que nous étudiions les dossiers des deux salariés concernés afin d’identifier des solutions avec les mutuelles. Ces cas sont extrêmement particuliers et notre position rejoint la vôtre : on ne peut pas laisser les salariés dans de telles situations. Monsieur WAMEN Madame Le Couedic, pouvez-vous apporter des précisions sur la loi de juin 2014 sur la portabilité ? Madame LE COUEDIC Cette loi prévoit un délai de portabilité de douze mois à compter de la fin du contrat de travail en cas de licenciement pour motif économique. Monsieur WAMEN Cette loi date du 26 mai 2011. De quelle loi de juin 2014 parlez-vous ? Madame LE COUEDIC Vous vous renseignerez. Monsieur WAMEN Les salariés en invalidité pourront bénéficier de la portabilité. Madame BOQUET Sauf si Pôle Emploi sollicite un avis d’aptitude de la médecine du travail au terme du congé de reclassement et que cet avis est négatif. Monsieur WAMEN L’employeur pourrait décider de prendre en charge la portabilité. Madame LE COUEDIC Cette mesure constituerait un avantage en nature imposable. Monsieur WAMEN Les salariés en invalidité de 2ème catégorie n’auront donc plus de mutuelle au terme du congé de reclassement. Madame LE COUEDIC Ils pourront s’inscrire à Pôle Emploi. Monsieur WAMEN Pôle Emploi ne peut rien pour eux. Je m’en fous de vos réponses. Vous semblez considérer que les gens font exprès d’avoir des dettes. Les salariés sont tentés par les produits en magasin et des personnes sans scrupule leur accordent des crédits, et vous demandez comment ils auraient fait s’ils n’avaient pas eu d’aide ? Je suis certain que les changements de poste au sein de la Direction traduisent une volonté de serrer la vis. L’Entreprise m’a accordé un prêt de 20 000 euros alors que j’avais des emprunts de 35 000 euros et j’ai terminé devant les tribunaux. Vous avez voulu virer Monsieur FROST puis vous lui avez proposé le poste de responsable sécurité. Il a bien fait de refuser. Les banquiers attendent que les salariés touchent de l’argent pour se servir. C’est ça que vous ne comprenez pas. Monsieur CARON Mettez-vous à la place des personnes du terrain. Monsieur WAMEN Les salariés peuvent divorcer et avoir des huissiers sur le dos. J’ai envoyé des justificatifs à une heure du matin à Monsieur Dussuchale. On me dit que mon dossier est particulier mais j’ai les mêmes droits que les autres salariés. J’ai besoin de cet argent pour ma famille et pour être bien dans ma peau pour négocier. J’essaie de reconstruire ma vie mais j’ai droit à moins que les autres salariés car je suis syndicaliste. Le tribunal d’instance de Caen va me plomber. Je veux que les salariés sachent que je n’ai pas perçu 800000euros mais que j’ai touché une avance de 20 000 euros sur les 70 000 euros d’indemnité auxquels j’ai droit. Je vous reproche votre manque de clarté dans vos propos. Je ne vous ferais pas chier aujourd'hui si vous aviez dit dès le début que les montants versés pour la revitalisation étaient déjà inscrits dans le PSE. Nous perdons un temps fou sur des problématiques de paie. Madame LE COUEDIC La comparaison de net à net est défavorable au salarié. J’ai donc décidé d’abandonner ce mode de calcul. Monsieur SZYROKI Il a été précisé dès le départ que le calcul avait lieu hors primes et hors heures supplémentaires. Madame LE COUEDIC Nous ferons tout pour que les situations que vous remontez ne se reproduisent pas. Les erreurs sur l’ATD ont été corrigées. Monsieur WAMEN Un salarié n’a pas perçu sa prime de création d’entreprise pendant plusieurs mois. Madame LE COUEDIC Je ne peux pas me prononcer sur des situations passées. Monsieur WAMEN Mes interlocuteurs extérieurs disent qu’ils n’ont jamais vu un bordel pareil ailleurs. Les salariés sont agacés par la manie du responsable local de les tutoyer et les appeler par leur prénom. Monsieur JUREK Ces situations ne devraient pas arriver si vous faisiez votre job. Monsieur WAMEN Je passe des heures au téléphone sur ces sujets, y compris quand je pars en famille. Vous embauchez des gens pour faire ce travail, alors qu’ils le fassent. Vous êtes complètement à la ramasse car c’est un bordel sans nom auquel vous ne comprenez rien. Nous attendons la réunion sur la mutuelle de la semaine prochaine pour prendre des décisions sur la portabilité. Le million d’euros de trésorerie non-utilisée par la mutuelle pourrait être mobilisé pour traiter les situations des deux salariés. J’ai proposé qu’on ajoute un trimestre de gratuité et cela n’a pas été utilisé. Il faut piocher dans cette enveloppe. Monsieur CAVAILLE Nous avons pris vos points. La prochaine réunion locale de suivi aura lieu le 14. Nous avons des réponses à vous apporter. Monsieur WAMEN Il faudra nous adresser une convocation. La priorité réside dans les 2 000 euros de reclassement rapide. Nous avons des moyens de communication modernes et pouvons échanger. Je peux comprendre que le groupe n’accorde par une enveloppe supplémentaire, mais son montant pourrait être redistribué différemment. Je ne demande qu’une chose : qu’on continue de travailler comme nous le faisons depuis le mois de mars. Nous avons bien avancé et avons moins gueulé. Il se trouve que j’ai beaucoup gueulé aujourd'hui car ces sujets me bouffent. Monsieur CAVAILLE Nous reparlerons des points notés aujourd'hui en commission de suivi locale. Monsieur WAMEN Madame Le Couedic devait m’adresser une lettre du cabinet d’avocat de Goodyear m’autorisant à utiliser l’url du site internet de Goodyear. Madame LE COUEDIC Ce n’est pas ce que j’ai dit. Monsieur WAMEN Vous m’avez dit que j’aurais un justificatif de l’avocat. Madame LE COUEDIC Je vous ai dit que j’allais étudier le sujet. Monsieur WAMEN Ne me faites pas passer pour un menteur. Monsieur CAVAILLE Je n’imagine pas un avocat autoriser un média à utiliser à 100 % un site url sans condition. Monsieur WAMEN Les services de communication de Libération et de Goodyear devraient s’appeler pour régler ce point. Monsieur CAVAILLE Avez-vous reçu une demande formelle de Libération ? Monsieur WAMEN Oui. Monsieur CAVAILLE Adressez-la-moi. Monsieur WAMEN Vous avez essayé de détruire et je pense que vous pourriez désormais mettre du pognon pour construire. Nous avions atteint un rythme de croisière ces derniers mois. La séance est levée à 13 heures 35.

amiante cachée dans un coin de l'usine ....

WAMEN Mickael
RS CGT AU CHSCT USINE AMIENS NORD

A :
Monsieur DHEILLY M
Madame SEPREZ M
Monsieur GLESSER B
Monsieur CAVAILLE JP
Madame LECOUEDIC
Copie à : INSPECTION DU TRAVAIL

Mesdames, messieurs,

Hier, lors d’un échange avec mes collègues du CHSCT, j’ai appris que lors de la visite conjointe entre le CHSCT, la direction et les experts USA, au département 3700 (cément house), les membres du CHSCT ont fait la découverte de 4 fûts contenant de l’amiante et stockés dans ce local.

Aujourd’hui monsieur JOUHANNET secrétaire du CHSCT reçoit une note de consultation datée de ce jour pour retrait de fûts d’amiante.

Comment pouvez-vous expliquer que des fûts d’amiante étaient stockés en secret ?!!!

Si le CHSCT lors de cette visite conjointe sur le site avec les experts et la direction n’avait pas découvert ces futs, quelle aurait été la procédure, mise à part celle de ne rien dire et surement sortir les futs en catimini ???

Comment la direction peut-elle être aussi négligente sur un sujet aussi sensible, le CHSCT vous demande de lui fournir les documents internes qui prévoient les mesures à prendre en cas de découverte d’amiante.

Dans un mail daté de ce jour à 10.00 heures, Madame SEPREZ RRH site Amiens nord, indique la présence de 5 et non 4 fûts, le CHSCT exige une réunion sur ce sujet, car ce n’est pas la première fois qu’il y a de tels disfonctionnements sur le même sujet, à savoir celui de l’amiante découverte et cachée dans un local, alors que les obligations sont très précises !!!

POUR LA CGT AU CHSCT WAMEN M

- page 1 de 6