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lundi 20 avril 2015

NOTIFIÉS MAIS PAS MORTS

La direction envoie les notifications aux élus...

Elle n'aura pas attendu longtemps avant de pouvoir mettre en application la position de ce super ministère.

Nous venons de recevoir nos notifications de licenciement, elles prennent effet dès aujourd'hui, nous avons droit à des recours que nous allons former au plus tôt.

Nous allons exercer notre recours devant le tribunal administratif et en attendant la décision de celui ci qui nous l'espérons remettra en cause la décision du ministère, nous allons adhérer au congé de reclassement.

Nos mandats sont maintenus car le congé de reclassement est une suspension du contrat de travail il n'annule donc pas les effets des mandats.

La direction doit être heureuse de pouvoir enfin nous notifier mais pour autant elle ne sera pas débarrassée de nous !!!!

La lutte continue plus que jamais.....

La CGT GOODYEAR

Article Humanité

Article Humanité de ce jour

vendredi 17 avril 2015

MODELE COURRIER DEMANDE DE PROLONGATION DU CONGÉ DE RECLASSEMENT

Salarié Goodyear

Adresse

Adresse

Pointage

Objet : Demande de prolongation de 3 mois - congé de reclassement

Lettre recommandée avec A.R. ou Lettre remise en mains propres contre décharge

GOODYEAR Usine Amiens Nord

à l'attention de M. Jean-Philippe CAVAILLÉ

Amiens, le

Monsieur,

Je viens par la présente vous faire la demande d'une prolongation de 3 mois de mon congé de reclassement.

Vous m'avez fait parvenir un courrier m'indiquant la fin de mon congé de reclassement au xx/xx/xxxx, le PSE,que vous avez mis en place, prévoit que les salariés présentant des difficultés de retour à l'emploi peuvent disposer d'un accompagnement renforcé et feront l'objet d'un examen et d'une consultation et validation par les membres de la commission de suivi du PSE.

Je n'ai aujourd'hui aucune solution identifiée et ma demande de prolongation de 3 mois de congé de reclassement est donc légitime.

Certain que vous respecterez les termes de l'accord que vous avez mis en place, je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

URGENT - CONGÉ DE RECLASSEMENT

Démande de prorogation du congés de reclassement .....

Il devient urgent que vous adressiez soit en AR soit en remise en main propre votre demande de prorogation de votre congé de reclassement, la décision de la direction de vous exclure de ce droit n'est pas conforme à ses obligations.

De plus chaque demande de prorogation du CR devra être validée par la commission de suivi.

Envoyez votre demande à l'attention de Monsieur Cavaillé Jean-Philippe et gardez bien le double de cette demande.

Vous êtes plus de 500 à devoir faire votre demande, c'est votre droit et la direction devra passer chaque demande devant le commission.

LA CGT GOODYEAR

RÉUNION PROJET SCOP

Aux Camarades,

Bous vous êtes inscrits pour participer, sans engagement, à la démarche SCOP, lancée par la CGT. Afin de faire un premier point avec tous les salariés parties prenantes au projet sur :

- L'élaboration du nouveau plan d'affaire avec une équipe américaine de conseils en création d'entreprise

- La constitution d'une équipe de R et D (recherche et développement) avec l'aide d'un grand chimiste, membre de l'académie des sciences et directeur de recherches au CNRS.

- La constitution des équipes de production

Cet échange sur notre projet de SCOP sera suivi d'un débat sur la bataille des GOODYEAR en faveur de la relance d'une activité industrielle sur le site d'Amiens nord. Ce débat, animé par Daniel Mermet, sera retransmis en direct sur ALTV.tv (la web tv anti licenciement).

Rendez vous donc à la salle des fêtes – 80800 Le Hamel (village proche de Corbie)

Le jeudi 23 avril 2015 à 17 H 30

(Cette invitation est envoyée aux salariés qui se sont inscrits pour la SCOP, il va de soit que ceux qui ne se sont pas inscrits mais qui voudraient venir sont les bienvenues).

La CGT Goodyear

jeudi 16 avril 2015

SCOP GOODYEAR, c'est parti !

Les salariés de GOODYEAR vont présenter leur projet de relance de l’activité pneus agraire sur le site d’AMIENS NORD à la commission de revitalisation et au Ministre de l’économie

Près de 400 salariés de l’usine d’Amiens nord sont déjà inscrits dans la démarche SCOP en vue de relancer une activité de production de pneus dans l’usine d’Amiens nord. Ils se réuniront le 23 avril prochain à la salle des fêtes – 80800 Le Hamel (village proche de Corbie) pour valider une première présentation de leur projet pneumatique agraire avant d’aller le 30 avril 2015 en délégation jusqu’à la préfecture de région afin de le déposer officiellement à la commission de revitalisation (une délégation pour Bercy sera organisée la semaine suivante).

Depuis sa première version élaborée en 2012 le plan de réindustrialisation de l’usine d’Amiens nord portée par les salariés et la CGT a sensiblement évolué.

D’une part, GOODYEAR continuant à affirmer qu’il s’est entièrement retiré de toute fabrication ou vente de pneus agricoles sur le marché européen, la SCOP doit désormais en tenir compte. Autrement dit, il y a 20% des parts de marché du pneumatique agraire en Europe qui ne sont plus occupé par GOODYEAR et que la SCOP à bien l’intention de réinvestir avant que les autres grands constructeurs ne le fassent.

D’autre part, et surtout, les salariés de la SCOP ont désormais deux atouts considérables. Le premier est la mise en place d’une véritable structure de recherche et développement. En effet, Bruno Chaudret, membre de l’Académie des Sciences, Directeur de recherche au CNRS, directeur du Laboratoire de Physique et Chimie des Nano-Objets (Toulouse), a accepté d'aider à la constitution d’une équipe de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens de très haut niveau capable de développer de nouveaux pneus. Le second est le nouveau business plan élaboré par l’un des conseils en création d’entreprise les plus reconnu aux Etats-Unis : David BenDaniel, professeur d’entreprenariat et de management au sein de l’Université Cornell.

Les salariés ont pris leurs responsabilités, ils se rassemblent et s’organisent tant pour retrouver un travail que pour éviter la disparition d’un pan entier de l’industrie picarde.

L’Etat et GOODYEAR vont ils contribuer à sauver l’emploi en soutenant le projet ou vont-ils tout faire pour nous empêcher de réussir et nous licencier une deuxième fois ?

mercredi 15 avril 2015

AUDIENCE DEMANDE DE PIÈCES

L'audience initialement prévue le 31 mars dernier a été reportée aujourd'hui a 14h au Conseil des prudhommes d'Amiens, 18 rue Lamartine.

Vous pouvez vous y rendre à partir de 13h45 dans la limite de 50 salariés dans la salle uniquement. La Cgt Goodyear

mardi 14 avril 2015

MACRON MOULAGE

Des délégations se succèdent dans le bureau de macron, droite et droite main dans la main, des allers retours via la cabinet du ministre, pour au final annoncer....RIEN.....

OU, alors plutôt tout et rien, le gouvernement travaillerait à une ré industrialisation de l'usine Amiens nord, pour fabriquer des choses mais alors quoi, pas de réponse......

La CGT finalise son projet SCOP, nous avons rencontré des scientifiques qui ont validé avec nous la mise en place d'un centre de R&D

Le gouvernement vient de valider la demande de goodyear de nous mettre hors jeu, maintenant il fait des communications qui ne veulent rien dire, mais qui cachent en vérité un nouveau gros coup de pouce à Goodyear, valider au plus vite le démantèlement du FARLM à Amiens nord, faire semblant d'avoir trouver des industriels providentiels, nous ne sommes même plus surpris du comportements de ces politiques qui depuis 2013 sont aux cotés de GOODYEAR.

Après HOLLANDE ? MONTEBOURG, voici les annonces de MACRON, ils existeraient des grands projets d'avenir pour Amiens nord....

Une usine de panneaux solaires (SAMSOMNITE) Une champignonnière (SMOLDERS) Un repreneur comme à Siège de France

Ils nous prennent vraiment pour des demeurés et il faudrait être fou pour faire confiance à l'équipe qui s'est réunie aujourd'hui, MACRON, GEST......

Ce député de la Somme devenu depuis président d'Amiens métropole, qui n'a pas proposé un seul emploi aux ex goodyear et qui fait tout pour bien démontrer que son copain de la CFTC chez DUNLOP a sauvé l'usine DUNLOP et que la vilaine CGT chez Goodyear a fait le contraire....

N'oubliez jamais que sans ce gouvernement aidé de quelques ennemis d'apparence, nous serions encore en lutte sur notre site, ils ont tout validé, tout accepté et ils voudraient laisser croire que les politiques vont venir en sauveurs....

L'usine d'Amiens nord a toujours et doit continuer à fabriquer des pneus, laisser croire que des projets existent serait un énorme mensonge de plus, mais il est vrai que le mensonge et la politique surtout celle actuelle toute bord confondus vont de pair.

Nous avons un projet de SCOP, nous le faisons avancer si le gouvernement veut donner un avenir industriel et social à notre site, qu'il nous reçoive au lieu d'aider Goodyear à un démantèlement rapide....

Car, comme MONTEBOURG, MACRON va faire la même annonce, il va falloir laisser la direction démanteler et vite pour que les investisseurs puissent venir, on connait bien la musique, celle de ministres dit de gauche qui font une politique au service des seuls patrons, qui valide les demandes de licenciements des élus du personnel, c'est cela la politique de gauche façon hollande.....

Cette histoire sent l'arnaque totale, depuis quand le député UMP de la Somme s'intéresse t'il au sort des ex Goodyear?

Décidément nous avons à faire à des prédateurs du monde du travail, des annonces, du vent et de la misère sociale à la fin...

LES ELUS CGT GOODYEAR

Demande à faire à la direction pour les 3 mois supplémentaires de congé de reclassement

La direction a unilatéralement décidé d'envoyer des courriers pour vous indiquer qu'elle vous exclut du droit à 3 mois de congé de reclassement.

La CGT vous conseille d'envoyer dès aujourd'hui une lettre en AR à Monsieur Cavaillé Jean Philippe pour lui demander de vous appliquer les 3 mois de congé de reclassement comme prévu par l'accord de fin de conflit.

Vous pouvez la remettre en mains propres contre décharge au service RH à la SODIE.

Votre syndicat CGT

lundi 13 avril 2015

La Direccte adresse une lettre sans équivoque à Goodyear !!!

Comme nous vous l'avions indiqué, nous nous sommes rendus à la Direccte mardi dernier pour obtenir un courrier qui indique à Goodyear la position de l'état sur le prolongement du congé de reclassement.

Nous venons de recevoir ce courrier qui est sans ambiguïté, la position de la Direccte est la même que la nôtre, Goodyear doit revoir sa copie et vite afin de faire bénéficier à tous les salariés sans solution identifiée les 3 mois de congé de reclassement additionnels....

De plus Pole Emploi nous a alerté sur des problèmes énormes liés à une très mauvaise gestion des attestations par le service paye a Rueil !!!!

Nous aurons une commission de suivi locale sur le site le 17 avril à 9h30, cette réunion va porter sur le congé de reclassement et bien sur, nous allons demander à la direction de s'expliquer sur le bordel organisé concernant les attestations Pole Emploi !!!!!

Le 17 avril 2015 il s'agira de la réunion ultime sur le congé de reclassement....

Non seulement la direction ne respecte pas ses obligations mais en plus elle envoie des attestations totalement erronées à Pole Emploi, ce qui a pour conséquence de ne pas permettre le traitement des données et donc retarder un max le démarrage de vos droits, c'est une honte et de mémoire de responsables Pole Emploi, du jamais vu, même dans une PME!!!

La direction est arrogante, incompétente et surtout elle avance selon des règles illégales .....

Le 17 avril cette réunion va être capitale pour vos droits aux 3 mois supplémentaires de congé de reclassement !!!!

Vos élus CGT

jeudi 9 avril 2015

Compte-rendu de la 15ème réunion de la Commission de suivi locale de l’établissement d’Amiens Nord du 19 mars 2015

- Etaient présents : Bernard GLESSER, Directeur des Ressources Humaines Amiens Nord Pour la CFE-CGC : Jacques MARTIN Pour la CGT : Evelyne Becker, Reynald JUREK, Mickael WAMEN Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie Guillaume BESSET, Direccte - La séance est ouverte à 9 heures 50. - Bernard GLESSER Nous avons attendu un peu plus que le quart d’heure réglementaire et nous allons maintenant ouvrir cette treizième réunion de la commission locale de suivi. Je donne la parole à Sophie Boquet. - Sophie BOQUET Nous avons organisé un forum emploi formation le 17 mars. Dans le cadre de ce forum, 10 entreprises ont participé et ont présenté des offres et des perspectives d’emploi aux salariés qui sont venus à ce forum. Ce qu’on avait déjà observé, et qui s’est confirmé lors de ce forum, c’est qu’il y a une reprise de la demande intérim sur des métiers de production et de logistique. - Mickaël WAMEN Bonjour, excusez-nous du retard. - Sophie BOQUET J’étais en train de dire que nous avons organisé un forum emploi formation le 17 mars, que les entreprises présentes sont venues pour présenter des offres et des perspectives d’emploi, ainsi que 6 organismes de formation et Pôle Emploi pour la partie plateforme des vocations et propositions d’offres. - Mickaël WAMEN Les 10 entreprises, ce sont celles que vous avez mentionnées là ? - Sophie BOQUET C’est ça, j’en ai présenté quelques-unes. Elster était présent ; vous êtes au courant ? - Mickaël WAMEN Oui, j’ai vu sur le Courrier Picard, cent et quelques emplois ? - Sophie BOQUET Ça a été grossi ; c’est sur trois ans, pour arriver plutôt en fait à 60 emplois. A la base, c’était prévu 100 emplois, puisqu’il avait envisagé d’installer sur ce site à la fois la production, les services commerciaux et la R&D, et ils ont finalement délocalisé l’administration et la R&D en banlieue parisienne, à Vélizy, et de ne concentrer sur l’usine que la production. Je les avais rencontrés le 24 février et je leur avais demandé justement de venir présenter et rencontrer des salariés qui pourraient être susceptibles d’être intéressés, sachant que cette société a pour projet de fabriquer des compteurs électriques nouvelle génération. - Jacques MARTIN Cette société bénéficie des financements de la revitalisation ? - Sophie BOQUET Non, car c’est un grand groupe. La structure en elle-même fonctionne un peu comme une start-up, mais elle est rattachée à un grand groupe anglais, qui emploie 7 000 personnes, donc elle ne peut pas être éligible à la revitalisation. - Guillaume BESSET Par contre, si l’entreprise venait à embaucher des salariés Goodyear, là elle pourrait bénéficier d’une aide. - Mickaël WAMEN Les 4 000 euros, qui sont à la fois dans le PSE et dans la revitalisation ? Ils les auraient à quel titre ? - Guillaume BESSET Ils l’auraient au titre de la revitalisation, ils pourraient l’avoir. Par contre, ils ne pourraient pas bénéficier du prêt. - Sophie BOQUET Ni de la subvention. - Mickaël WAMEN Donc qu’est-ce qui les motiverait à embaucher des Goodyear ? Les 4 000 euros ? Ce n’est pas très incitatif. La qualité des salariés, peut-être. - Bernard GLESSER La formation dont ils ont pu bénéficier. - Sophie BOQUET En fait, comme c’est un produit particulier qui nécessite une formation interne liée à la production, le fait que Goodyear prenne en charge le coût de la formation et les primes... - Jacques MARTIN Ce sont des formations d’électricien, je suppose ? - Sophie BOQUET Ils ont surtout besoin de métrologues, parce qu’il y a une grosse partie test. - Guillaume BESSET La grosse plus-value pour la société, c’est vraiment la prise en charge des frais de formation éventuellement par le PSE. Ça, c’est vraiment quelque chose qui peut donner beaucoup de chances aux salariés. - Sophie BOQUET Ils ont aussi rencontré Pôle Emploi, parce que malheureusement il n’y a pas que les salariés de chez Goodyear qui sont aujourd’hui en recherche d’emploi, et aujourd’hui Pôle Emploi n’est pas en capacité de mettre en place les aides que nous pouvons proposer, avec la facilité de mise en œuvre et la facilité. - Jacques MARTIN Parmi le personnel qui est en recherche d’emploi, vous avez eu des candidats concernant ça, pour la formation ? - Sophie BOQUET On n’en est pas à la formation. Ester a rencontré les personnes qui étaient intéressées, une trentaine de personnes, sachant que c’était plutôt intéressant, parce qu’ils ont montré un petit film où on voit toutes les étapes de la fabrication, et ce que va être l’usine demain. Les salariés qui sont allés les rencontrer nous ont dit qu’ils trouvaient ça vraiment intéressant, sachant qu’après, la production ne démarrera que début 2016. Pour autant, il y aurait une période de formation qui pourrait permettre d’envisager les premières embauches et l’entrée des salariés en formation sur le premier semestre 2015. - Mickaël WAMEN Combien ils nous en prendraient ? - Sophie BOQUET L’augmentation de la production et les recrutements vont se faire progressivement sur trois ans, donc ils vont démarrer avec une vingtaine de personnes, et ça montera comme ça progressivement. Et ils ne nous prendront pas non plus forcément 20 salariés Goodyear. Mais si déjà ils nous en prennent 10 au départ, ce serait déjà pas mal. - Mickaël WAMEN C’est le verre à moitié vide ou à moitié plein, mais vous êtes satisfaite de 10. - Guillaume BESSET On ne s’en satisfait pas : il y a une occasion qui se présente, on la saisit. - Mickaël WAMEN Qu’est-ce qu’on fait des 700 autres ? C’est dramatique. - Sophie BOQUET On est toujours sur la même problématique par rapport au bassin, c’est qu’il n’y a pas aujourd’hui d’embauches en volume. - Mickaël WAMEN Quand vous êtes arrivés, enfin pas vous, Madame Boquet, quand la SODIE est arrivée, il ne devait pas y avoir de problème, tout le monde devait retrouver du boulot. Vous étiez la Rolls-Royce des cabinets, ça devait, mais alors, rouler grave. Qu’est-ce qu’ils font, Igol ? - Sophie BOQUET Igol, c’est toujours en travaux. Le projet n’est pas fichu, mais ça prend du temps. - Mickaël WAMEN Il y a beaucoup de choses qui prennent du temps, et les gens, pour l’instant, ils sont dans la merde. Et en plus, comme on voit que Goodyear ne veut pas rallonger le congé de reclassement pour les 700 personnes qui n’ont pas de boulot, c’est dramatique. Là, on parle de 10 entreprises, les organismes de formation, Pôle Emploi : en réalité, aujourd’hui, ces forums, ça débouche sur combien d’emplois, pérennement ? - Sophie BOQUET Aujourd’hui, les contacts qui ont eu lieu le 17 mars ne se sont pas traduits par des contrats de travail encore aujourd’hui. Il y a quand même pas mal de personnes qui ont été rencontrées, notamment par le biais de l’intérim. Il y a des démarrages prévus dès la semaine prochaine, mais aujourd’hui, ce qu’on remarque, c’est qu’il y a une reprise de l’intérim sur les métiers de production et de logistique. Aujourd’hui, il y a un peu plus de 55 salariés qui sont en suspension de congé de reclassement pour réaliser des missions de courte durée. Ça leur permet d’être en reprise d’emploi, ça n’est pas pérenne, ça n’est pas sur de la longue durée pour le moment, ça permet juste à 55 salariés de ne pas rester chez eux. - Reynald JUREK On est aussi pile-poil dans la période où les entreprises cherchent des personnes pour faire les remplacements de juillet août ; donc les 55, prenons-les avec des pincettes, comme dirait l’autre. - Mickaël WAMEN Chez Valeo, par exemple, il y a eu une première vague d’intérimaires. Les missions sont tombées ; ils ont recruté d’autres intérimaires, dont des Goodyear. Il n’y a pas eu d’embauche au bout, c’était uniquement pour du remplacement, c’étaient des missions temporaires. Et les gens qui vont faire des missions en intérim, c’est tout à leur honneur de remettre le pied à l’étrier et d’aller faire des missions en intérim, mais ils savent pertinemment une chose, c’est qu’il n’y aura pas d’embauche au bout. Il n’y a pas d’embauche prévue à Valéo. - Sophie BOQUET Il n’y a pas d’embauche prévue à Valéo, il n’y a pas d’embauche prévue chez Procter non plus. Les grosses entreprises n’embauchent pas. - Mickaël WAMEN Même nos collègues de chez Dunlop, qui devaient embaucher une centaine de personnes, c’était annoncé l’année dernière à grands coups de renfort médiatique, 2014, 2015, 100 embauches chez Dunlop, même ça, ça n’est pas fait. Même ça, ça n’est pas tenu ; c’est-à-dire que même ce qu’il y a de prévu dans le PSE en termes de reclassements, ça n’existe plus. Les postes n’existent plus. Moi, la vraie question que je pose, et j’ai vu votre collègue lors de l’enquête sur l’appel de Goodyear concernant nos licenciements ; il me dit : si vous aviez accepté un poste chez Dunlop, aujourd’hui je serais peut-être chômeur. On aurait fait quoi de moi ? On aurait pris 100 Goodyear, on en aurait fait quoi aujourd’hui, puisqu’il n’y a plus de boulot ? C’est ça le problème : même dans le PSE qu’on nous propose en interne, il y a des choses qui n’existent plus. Et pourtant, ils sont toujours couchés sur du papier. Vous prenez le groupe GDTF, il a fait une centaine de propositions de postes, ces postes-là n’existent plus. Même ça, on n’est pas capable de s’y tenir. Attendez, c’est quand même dramatique ! Moi, votre collègue, quand j’ai discuté avec lui, on a surtout partagé l’histoire des propositions de poste qui m’avaient été faites, parce que c’était mon cas personnel qui était visé ce jour-là. Il s’est aperçu que sur les dix propositions qu’on m’a faites, c’était des coefficients de 40 à 50 points inférieurs à ce que j’ai aujourd’hui, pour commencer ; et ensuite, on a fait le tour ensemble. A Montluçon, il a fait des demandes à Monsieur Jean-Philippe Cavaillé : les postes qui y étaient proposés aux représentants du personnel étaient des postes occupés par des salariés. Il faut le savoir, c’est quand même fort de café. Et sur Dunlop aujourd’hui, on ne peut plus proposer à des salariés d’aller chez Dunlop, puisque les postes proposés n’existent plus, puisque Goodyear a décidé de baisser la production chez Dunlop, et donc de fait, de ne plus embaucher. Donc les 100 postes nouveaux qui étaient prévus chez Dunlop n’existent même plus. On est dans quoi aujourd’hui, dans l’industrie ? On est soit dans un maintien d’effectif, parce que la seule variable d’ajustement que les patrons trouvent, pour faire baisser le coût de production, c’est de flinguer les mecs et de les licencier – ou des départs en retraite non remplacés. Mais dans l’industrie aujourd’hui, que ça soit sur Amiens ou ailleurs, à part à Renault Sandouville, qui va créer 150 ou 200 postes, mais qui va piocher dans ses 1 000 intérimaires. Les perspectives de trouver un boulot aujourd’hui, c’est dramatique. C’étaient des gens qui étaient en travail précaire pour être embauchés. Tant mieux pour eux, mais ça ne va pas créer de boulot nouveau, puisque les gens étaient déjà dans l’entreprise. Ça ne crée rien, il n’y a pas une dynamique nouvelle. Hier ou ce matin, je voyais dans le Courrier Picard une page qui faisait référence à un salarié qui a trouvé un emploi dans la boucherie-charcuterie à Camon, Monsieur Ludovic Landau. C’est bien, mais il faut savoir que le gars qui a ouvert sa petite boutique de bouffe rapide, fermée ! Monsieur Thong Dari PROM . Fermée : terminé, l’affaire est réglée ! Tous ceux qui ont ouvert des trucs comme ça, ils se cassent la gueule les uns derrière les autres. - Evelyne BECKER C’est le problème de ces gens-là. Il y en a énormément qui ont créé des entreprises qui sont maintenant fermées. Il n’y a pas que lui. Mickaël WAMEN Le mec, il a mis toutes ses billes dans l’affaire. S’il ne revend pas le pas de porte, il n’a rien. Il y a ça qui m’inquiète. Il y a les cas très inquiétants de gens qui ont eu des accidents du travail très graves et qui étaient inaptes à tout poste chez Goodyear. Moi, ce que je voulais vous dire, Monsieur Besset, c’est que les délégués du personnel n’ont jamais été réunis valablement comme le Code du travail le prévoit ; c’est-à-dire quequand vous avez quelqu’un qui est déclaré inapte à tout poste ou à son poste de travail suite à un AT, une maladie professionnelle ou autre, on doit informer et consulter les DP. Ces gens-là ont été notifiés de leur licenciement sans que la procédure ne soit respectée. Ensuite, il y a l’accord du 18 mars 2000, qui est l’accord RTT. Dans cet accord, il est indiqué explicitement que dès lors qu’il y a une modification structurelle dans les effectifs, on doit être informé et consulté conformément à l’accord du 18 mars 2000. Ça n’a pas été fait non plus, donc ce sont quand même des violations graves dans le respect des règles élémentaires du Code du travail, bordel de merde. Et aujourd’hui, pour les trois mois, on mégote : ça ne sera pas pour tout le monde, ça sera en fonction d’un certain nombre de critères prévus dans le PSE, c’est une interprétation, et cetera. Il y a deux solutions. Soit on va au tribunal et Goodyear risque de nous dire : vous nous faites chier, on casse l’accord et les indemnités ne seront pas versées aux salariés, et c’est un risque. Le tribunal peut péter un plomb en disant : puisque vous dites qu’ils ne respectent pas l’accord, on l’annule. Et ça, c’est un vrai risque pour les salariés, parce qu’ils peuvent non seulement être virés rapidement, mais en plus ne pas partir avec l’indemnité. Ou alors c’est vous, l’administration française, qui dites à Goodyear : arrêtez cinq minutes, il y a tout un tas de vices de forme dans le document, dans les procédures, les trois mois, vous les validez pour tout le monde, point. Ou sinon, moi je vous tape sur la gueule. Parce que les délégués du personnel n’ont pas été informés et consultés valablement pour toutes les personnes licenciées suite à une inaptitude alors que c’est une obligation légale. L’accord du 18 mars 2 000 RTT n’a pas été respecté alors qu’on doit être informés et consultés des modifications structurelles de l’effectif : ça n’a jamais été fait. Donc on va aller aux Prud’hommes. Ça va prendre six mois, un an, deux ans peut-être, je ne sais pas. On a une audience le 31 mars de mise en l’état pour les pièces. D’ailleurs, c’est une première aussi dans la région : il y a 50 salariés qui vont pouvoir assister à une audience de mise en l’état. On essaie de récupérer en ce moment, et on se bat comme des diables avec notre avocat, le rapport des deux inspectrices du travail sur les risques de santé au travail, l’article 40 ; et le procureur dit qu’il a perdu le document. On demande le numéro d’enregistrement, il n’y a plus de numéro d’enregistrement. Donc on est en contact avec les deux inspectrices du travail, notamment une, qui dit qu’elle va le renvoyer. On va avoir le numéro d’enregistrement du dossier, ce qui va nous permettre de le récupérer, parce qu’à partir de ce moment-là, on va s’apercevoir que tous les salariés qui ont été licenciés, c’était sous l’article 40 ; et que là aussi, il y a des procédures spécifiques à mettre en œuvre, qui n’ont pas été mises en œuvre. Moi, ce que je vais vous dire aujourd’hui, Monsieur Besset, vous représentez la DIRECCTE, ce qui pour moi est un élément incontournable dans ce qui nous arrive. Aujourd’hui, Goodyear, plutôt que de faire bonne figure et d’au moins mettre en place une discussion intelligente, je dis, les 3 mois supplémentaires, ça doit être pour tout le monde. Il y a tellement de vices de forme que vous pouvez les obliger à le faire, bordel ! - Guillaume BESSET Attendez, les critères de prorogation, est-ce qu’il est prévu qu’on en parle aujourd’hui, ou pas ? - Bernard GLESSER Non. - Guillaume BESSET Alors on va en parler maintenant, du coup. Si je suis interpellé dessus, on en parle. Soit c’est à l’ordre du jour et on attend le point, soit on en parle quand vous me sollicitez sur la question, c’est-à-dire maintenant. Comment on procède ? - Bernard GLESSER Allons-y. Ce que je voudrais dire, préalablement à l’intervention de Monsieur Besset, c’est que ce point a déjà été débattu lors de la dernière commission centrale de suivi, où Goodyear a explicité très clairement sa position, qui découle directement de ce qui est d’une part dans le PSE, dans l’addendum à ce PSE, et dans le protocole de fin de conflit qui a été signé le 22 janvier de l’an dernier. Je sais quelle est la position de la DIRECCTE : Monsieur Besset va s’exprimer sur le sujet. En tout cas, quel que soit ce qui va être dit aujourd’hui, la position de Goodyear reste inchangée : nous appliquerons les textes tels que nous les lisons dans les trois documents que je viens de citer. - Guillaume BESSET Vous vous doutez bien qu’on a contacté la Direction pour discuter des conditions de prorogation. Donc tout ce que vous évoquez, on a eu des discussions avec Goodyear pour échanger sur la question. Ils nous ont fait part de leur interprétation, une interprétation qui consiste à dire que pour les salariés de moins de 45 ans, grosso modo, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, parce que j’avais que moi je n’avais pas pris conscience de cette interprétation-là quand j’avais lu les dispositions de l’accord de fin de conflit, mais force est de reconnaître que si on lit les dispositions de l’accord de fin de conflit, on va regarder les choses calmement et avec les textes, il est clairement marqué : « une prorogation d’une durée de trois mois non capitalisables de la durée initiale du congé de reclassement pour les salariés âgés de moins de 45 ans qui présenteraient des difficultés de retour à l’emploi dans les conditions définies par le plan de sauvegarde de l’emploi aux chapitres 3.1 et 3.6. » Si on va voir ces chapitres, on va s’apercevoir qu’il y a une série de critères qui définissent ce que sont les salariés en situation de difficulté de retour à l’emploi, et là-dessus, on a avec la Direction de Goodyear un point de désaccord important. Nous, à la Direction du Travail, on estime que Goodyear fait une interprétation certes littérale, mais a minima du plan de sauvegarde de l’emploi, c’est-à- dire que le désaccord porte sur le critère des personnes de plus de 50 ans en fonction des situations d’emploi. Goodyear avait défini que ces situations spécifiques d’emploi, c’étaient la Production et le Qtech qui étaient concernés. Nous, à la Direction du travail, on avait souhaité que les personnes de moins de 45 ans puissent bénéficier des trois mois supplémentaires, également ceux qui sont en situation de production et au Qtech, pour ne pas créer de différence de traitement en fonction de l’âge. On a eu une réunion avec la Direction de Goodyear sur ce point, où on leur a fait part de notre désaccord. Ensuite, l’autre difficulté, et à mon avis, on n’est plus sur un plan juridique, on est plutôt dans la dynamique qu’on veut insuffler au congé de reclassement, à mon avis, c’est encore plus grave d’une certaine manière. Si vous voulez, il est prévu d’une part, pour avoir une prorogation, d’être en situation de difficulté de retour à l’emploi. - Mickaël WAMEN Tous les gens qui n’ont pas retrouvé de boulot sont de fait dans une situation de difficulté de retour à l’emploi. - Guillaume BESSET Le PSE définit ce qu’est une situation de difficulté de retour à l’emploi ; et après, il y a une deuxième condition, ce sont les personnes qui n’ont pas de solution identifiée. C’est là qu’on a une grosse difficulté en termes de dynamique du congé, puisque les personnes qui n’ont pas de solution identifiée, dans le PSE, juridiquement parlant, on va considérer que les personnes en formation ont une solution identifiée. En tout cas, la Direction Goodyear voit les choses de cette manière-là, mais pas nous, à la DIRECCTE, tout simplement parce que les personnes qui sont en formation, c’est une solution potentielle de retour à l’emploi. Donc on accepte qu’au niveau des statistiques ça puisse refléter, on est d’accord pour le considérer. - Mickaël WAMEN Moi, ce que je considère comme les statistiques vraies, c’est toujours cette fameuse dernière page : reprise d’emploi, création d’entreprise, et je réinsiste, mais c’est très important. Tout d’abord, la Direction fait un amalgame de tout... - Guillaume BESSET Attendez, je vais terminer. - Mickaël WAMEN Allez-y ; excusez-moi, vous avez raison. J’interviendrai après. - Guillaume BESSET Ça ne me dérange pas qu’en commission de suivi, on considère au plan statistique la formation comme une solution identifiée, parce que ça reflète le travail du cabinet de reclassement ; c’est aussi ça, la commission de suivi : essayer de mesurer avec des indicateurs le travail de SODIE. Effectivement, il est normal qu’on comptabilise comme une solution identifiée par le cabinet une formation. Ça, cela ne me dérange pas plus que ça. Là où c’est plus embêtant, c’est quand on considère la formation comme une solution identifiée faisant obstacle à la prorogation du congé de reclassement. Pourquoi ? Parce que ça signifie que toutes les personnes qui sont en formation ne seront pas prorogées. Ça signifie quoi ? Ça signifie que les personnes qui se sont inscrites dans une démarche active, qui ont joué le jeu, n’ont pas droit, alors que par contre, celui qui n’a rien fait, lui il a le droit. - Mickaël WAMEN Oui, il est resté chez lui, il a attendu pendant un an, il est payé trois mois. C’est n’importe quoi. Ce n’est pas objectif en plus. - Sophie BOQUET Ça pourrait paraître inéquitable. - Mickaël WAMEN Ça ne pourrait pas, c’est inéquitable. C’est pire que ça, c’est dégueulasse. - Guillaume BESSET Je finis. Pour nous, il y avait deux solutions : soit on fait une interprétation littérale du texte comme le propose la Direction Goodyear. A mon sens, à ce moment-là, on intègre dans les moins de 45 ans les personnes en production ou les personnes en Qtech, ce qui arrive à un chiffre important, puisque 80 % des moins de 45 ans sont concernés. Soit je fais une autre proposition, qui me paraît être une solution de bon sens, qui est en lien avec ce que je viens de dire précédemment, c’est qu’on considère que toutes les personnes qui sont en formation et qui n’ont pas eu de retour à l’emploi issu de la formation peuvent bénéficier de la prorogation. Mais il faut s’inscrire dans une de ces deux dynamiques-là ; sinon, à mon sens, on n’utilise pas comme on devrait le faire ces conditions de prorogation. - Mickaël WAMEN La Direction fait plusieurs amalgames. D’abord, elle se réfère à un PSE : je rappellerai deux choses. On a combattu le PSE pendant 7 ans, et en 2013, quand ce PSE a été mis au vote, la CGT, la CFDT n’ont pas donné d’avis, ni favorable, ni défavorable, et ne se sont pas abstenues. Une organisation syndicale, la CFE-CGC, a voté contre. Et le seul et unique syndicat signataire du protocole de fin de conflit, c’est la CGT. Et aujourd’hui, on veut nous opposer un PSE qu’on n’a pas validé. Le protocole de fin de conflit fait référence à un document qui s’appelle le PSE, pour lequel nous n’avons pas donné d’avis, et il n’y a pas eu d’avis majoritaire qui valide le PSE en tout état de cause. Il y a eu un vote défavorable qui permet à Goodyear de démarrer son PSE ; pour autant, la CGT, qui est le seul syndicat signataire du protocole de fin de conflit, ne peut pas faire référence à un PSE qu’elle n’a pas validé. Ça, c’est le premier point. Deuxième point, comme on est quand même de bon sens et assez objectif, malgré tout ce qu’on peut dire sur nous, qu’on est des bolcheviks, des abrutis, j’en passe et des meilleures, c’est moi, Mickaël WAMEN, qui ai dit dans une réunion : pour faire en sorte d’avoir des statistiques les plus proches de la vérité, nous allons considérer que les personnes qui partent en retraite sont une solution identifiée, alors que ça n’a jamais été prévu nulle part, ni dans le PSE, ni dans l’accord de fin de conflit. Pourquoi ? Parce que j’estime que la SODIE ne doit pas mettre des moyens permettant à des salariés d’être en retraite, d’aller en formation, et cetera. On n’a pas besoin de ça, et on a quantifié à l’époque le nombre de personnes qui partiraient dans le cadre du congé de reclassement. Parce que pour le coup, ces gens-là, il n’y a même pas besoin de discuter du prolongement ou pas du congé de reclassement. De fait, ils y sont. C’est 24 mois pour certains, et ça va leur permettre, avec la période du chômage, plus l’indemnité,Guillaume BESSET Ça ne me dérange pas qu’en commission de suivi, on considère au plan statistique la formation comme une solution identifiée, parce que ça reflète le travail du cabinet de reclassement ; c’est aussi ça, la commission de suivi : essayer de mesurer avec des indicateurs le travail de SODIE. Effectivement, il est normal qu’on comptabilise comme une solution identifiée par le cabinet une formation. Ça, cela ne me dérange pas plus que ça. Là où c’est plus embêtant, c’est quand on considère la formation comme une solution identifiée faisant obstacle à la prorogation du congé de reclassement. Pourquoi ? Parce que ça signifie que toutes les personnes qui sont en formation ne seront pas prorogées. Ça signifie quoi ? Ça signifie que les personnes qui se sont inscrites dans une démarche active, qui ont joué le jeu, n’ont pas droit, alors que par contre, celui qui n’a rien fait, lui il a le droit. - Mickaël WAMEN Oui, il est resté chez lui, il a attendu pendant un an, il est payé trois mois. C’est n’importe quoi. Ce n’est pas objectif en plus. - Sophie BOQUET Ça pourrait paraître inéquitable. - Mickaël WAMEN Ça ne pourrait pas, c’est inéquitable. C’est pire que ça, c’est dégueulasse. - Guillaume BESSET Je finis. Pour nous, il y avait deux solutions : soit on fait une interprétation littérale du texte comme le propose la Direction Goodyear. A mon sens, à ce moment-là, on intègre dans les moins de 45 ans les personnes en production ou les personnes en Qtech, ce qui arrive à un chiffre important, puisque 80 % des moins de 45 ans sont concernés. Soit je fais une autre proposition, qui me paraît être une solution de bon sens, qui est en lien avec ce que je viens de dire précédemment, c’est qu’on considère que toutes les personnes qui sont en formation et qui n’ont pas eu de retour à l’emploi issu de la formation peuvent bénéficier de la prorogation. Mais il faut s’inscrire dans une de ces deux dynamiques-là ; sinon, à mon sens, on n’utilise pas comme on devrait le faire ces conditions de prorogation. - Mickaël WAMEN La Direction fait plusieurs amalgames. D’abord, elle se réfère à un PSE : je rappellerai deux choses. On a combattu le PSE pendant 7 ans, et en 2013, quand ce PSE a été mis au vote, la CGT, la CFDT n’ont pas donné d’avis, ni favorable, ni défavorable, et ne se sont pas abstenues. Une organisation syndicale, la CFE-CGC, a voté contre. Et le seul et unique syndicat signataire du protocole de fin de conflit, c’est la CGT. Et aujourd’hui, on veut nous opposer un PSE qu’on n’a pas validé. Le protocole de fin de conflit fait référence à un document qui s’appelle le PSE, pour lequel nous n’avons pas donné d’avis, et il n’y a pas eu d’avis majoritaire qui valide le PSE en tout état de cause. Il y a eu un vote défavorable qui permet à Goodyear de démarrer son PSE ; pour autant, la CGT, qui est le seul syndicat signataire du protocole de fin de conflit, ne peut pas faire référence à un PSE qu’elle n’a pas validé. Ça, c’est le premier point. Deuxième point, comme on est quand même de bon sens et assez objectif, malgré tout ce qu’on peut dire sur nous, qu’on est des bolcheviks, des abrutis, j’en passe et des meilleures, c’est moi, Mickaël WAMEN, qui ai dit dans une réunion : pour faire en sorte d’avoir des statistiques les plus proches de la vérité, nous allons considérer que les personnes qui partent en retraite sont une solution identifiée, alors que ça n’a jamais été prévu nulle part, ni dans le PSE, ni dans l’accord de fin de conflit. Pourquoi ? Parce que j’estime que la SODIE ne doit pas mettre des moyens permettant à des salariés d’être en retraite, d’aller en formation, et cetera. On n’a pas besoin de ça, et on a quantifié à l’époque le nombre de personnes qui partiraient dans le cadre du congé de reclassement. Parce que pour le coup, ces gens-là, il n’y a même pas besoin de discuter du prolongement ou pas du congé de reclassement. De fait, ils y sont. C’est 24 mois pour certains, et ça va leur permettre, avec la période du chômage, plus l’indemnité,de pouvoir partir en retraite. Et ça concerne grosso modo 177 ou 178 personnes. Ces gens-là, c’est une solution identifiée, pour quelle raison ? Parce que ce que je veux envoyer comme signal à la SODIE, c’est : ne mettez pas d’effort de formation, ne consacrez pas du temps à des salariés dont le seul et unique but et la sortie sera une retraite. Et là où vous avez raison, Monsieur Besset – et j’ai tenu à peu près les propos que vous tenez –, j’ai dit à la Direction de Goodyear, je ne vous demande pas tout ou rien. Je vous demande du bon sens. Aujourd’hui, l’effort de formation, il faut aussi se référer à toutes les réunions qu’on a eues en janvier, en février, en mars, en avril, en mai, en juin, où était présent ici Monsieur Laurent Dussuchale, qui disait : les gens ont mis six mois à faire le deuil de la perte de leur emploi. Et pendant six mois, ils ont été totalement inactifs dans le cadre du congé de reclassement. C’est vous qui l’avez dit, et vous continuez à le dire. - Sophie BOQUET Je confirme, il y a une période de deuil longue. - Mickaël WAMEN Donc quand vous dites : il y a une reprise de l’activité en France. A voir, je ne croirai que quand ça repartira, mais ces trois mois-là, les trois mois de l’Etat, c’est acté, c’est fait. Avec les trois mois de Goodyear, ça fait six mois. Je dirais que grosso modo, les gens pourraient avoir jusqu’au mois de septembre, être dans un système d’accompagnement. Et là où effectivement je valide une proposition du groupe Goodyear, c’est de dire qu’après le mois de septembre, quand tous les gens seraient sortis du congé de reclassement, on aurait trois mois complémentaires d’accompagnement SODIE qui n’étaient pas prévus initialement qui sont hors du congé de reclassement, mais pour faire la transition avec Pôle Emploi. - Sophie BOQUET Accompagner les gens pendant la période de carence pour leur permettre de mieux travailler pendant cette période. - Mickaël WAMEN Vous savez, je suis assez pragmatique, et les claques dans la gueule que j’ai reçues cette dernière semaine m’ont quand même fait aussi réfléchir à pas mal de choses. Je me dis, aujourd’hui, que ce qui est dans l’accord, les gens y ont droit. Les trois mois de l’Etat, les trois mois de Goodyear, pour moi, c’est obligatoire, il faut absolument que Goodyear mette ça sur la table, et votre position me convient parfaitement. D’abord, un, c’est du bon sens ; et moi je vous donne en plus des éléments factuels de non-respect des accords signés ici. L’accord RTT, qui peut tout faire capoter, c’est-à-dire que Goodyear peut avoir son congé de reclassement depuis le début anéanti, parce qu’on aurait dû être informés, consultés de la sortie des salariés de tous les effectifs, et ça n’a jamais été fait. Pour les salariés qui sont invalides, maladie professionnelle et autres, depuis des années j’ai dit à la Direction de Goodyear : vous ne respectez pas vos obligations légales. En délégués du personnel, on doit être informés, consultés. Je vais prendre le cas très précis d’un salarié qui a été déclaré inapte, 53 ans : c’est un bordel sans nom pour lui pour récupérer ses indemnités, et cetera, mais ce salarié-là en question, en délégués du personnel, on aurait dû nous informer et nous dire : voilà, nous proposons à Monsieur X tel et tel poste, quel est l’avis des délégués du personnel ? Ça n’a jamais été fait. Il y a des voies juridiques qui s’ouvrent, bien évidemment, mais à un moment donné, si on veut déjudiciariser le dossier, parce que c’est ça qu’on doit arriver à faire – l’accord de fin de conflit, c’est quoi, c’est dire qu’on fait table rase de ce qui s’est passé avant, et on avance. Moi, je suis très satisfait de toutes les réunions dans lesquelles on a pu faire avancer certains dossiers individuels, mais aussi des dossiers collectifs. Je vais prendre un exemple. La Direction Goodyear, certainement parce que Bernard GLESSER a joué un rôle important, et que nous on a joué un rôle hyper important aussi, on s’est mis autour d’une table, et on a dit : il y a des gens qui sont dans une situation d’extrême précarité financière, et cette situation doit trouver une réponse. Est- ce que vous êtes prêts à faire des avances financières ? Quand on a obtenu ça, je sors, je suis hyper content, parce que je me dis, le mec, on ne va pas lui retrouver un boulot, mais au moins, on améliore son quotidienpendant X temps, et c’est hyper important, parce quand vous avez des salariés qui sont mal, ils peuvent aller à la SODIE trente fois par jour ; s’ils n’ont pas la tête réellement pour se projeter dans l’avenir, mais uniquement à penser à ce qui leur arrive au quotidien parce qu’ils sont dans la merde, et bien ces gens-là n’avancent pas. Oui, ça a été fait ; sauf que ça a été fait pour tout le monde, et qu’il n’y en a qu’un à qui on reproche d’avoir eu des avances, c’est moi, notamment dans des mails de Monsieur Cavaillé. Je l’ai dit hier, j’ai eu 25 000 euros de prêt parce que j’ai demandé une avance, parce que je suis dans une merde noire et encore aujourd’hui, et on vient me dire : on a été clément, on vous a filé 25 000 euros. Non, ce n’est pas parce qu’on a été clément, c’est parce que Mickaël WAMEN, il a le droit au même titre que les autres salariés à une aide dès lors qu’il en fait la demande et que c’est justifié. D’abord, on m’a dit oui, on aurait pu me dire non ; une fois qu’on m’a dit oui, on n’a pas à me le reprocher. Donc ça, je vous donne l’information, je vais aux Prud’hommes pour harcèlement moral, parce que j’en ai pris plein la gueule pendant des semaines, et on continue à me faire chier pour être très clair avec vous. Je ne m’en prends pas à des personnes, je m’en prends à un groupe, la différence est là. C’est-à-dire que j’aurais pu très bien attaquer des individus, à la différence près que ce sont des prête-noms, pour la plupart, et que je n’ai pas envie de leur faire subir ce que je suis en train de subir. Mais pour les salariés, je suis très satisfait de votre position, Monsieur Besset, parce qu’elle va exactement comme ce que j’ai plaidé à la dernière réunion nationale. Le problème, maintenant, c’est qu’il va falloir qu’on convainque non pas Bernard GLESSER, non pas Sophie BOQUET, mais les responsables du Groupe, parce qu’aujourd’hui, ni l’un ni l’autre ne pourront influer sur la décision du Groupe. Je pense que vous allez nous faire une lettre : à partir du moment où j’aurai la lettre, il y a deux solutions : soit Goodyear revient à la raison rapidement, avec intelligence, soit on fera un référé heure par heure à Amiens, et on fera valider votre décision par la justice. Ce que je veux dire par là, c’est que je rencontre les salariés ce soir. Je sais ce qu’ils vont me demander, et vous savez, la colère, elle ne s’exprime pas dans la rue, on n’est pas 700-800 quand on manifeste, mais il y a une colère qui est en train de monter qui m’inquiète profondément. - Guillaume BESSET J’en ai déjà informé la Direction de Goodyear. - Mickaël WAMEN J’étais partisan de ne pas faire se dérouler les élections professionnelles en interne. Pour quelle raison ? Parce que je me suis dit que quand les mecs allaient venir voter, car on ne peut pas interdire aux gens de venir voter, ils vont voter sur le lieu de travail, les mecs, une fois rentrés ici pour voter, comment ils sortaient ? Vous croyez que les mecs, ils ne se seraient pas mis d’accord ensemble pour dire : maintenant qu’on est là, on ne bougera plus ? On était dans une merde noire, et on avait un bis repetita de ce qui s’est passé en janvier 2014, et on aurait dit : Wamen est responsable de ça. Je signe un accord, qui n’est pas spécialement bon, mais au moins qui nous évite une nouvelle occupation d’un site industriel. Donc je dis : tout par correspondance. Je signe l’accord, je viens exprès un lundi pour signer l’accord. Vous me croyez ou vous ne me croyez pas : ils sont suffisamment cons pour m’envoyer le matériel pour voter et oublier les bulletins. A moi ! Je prends mon téléphone, j’appelle la smala et je leur dis : ça ne va pas, vous avez pété un plomb ou quoi ? Je reçois mes bulletins de vote ; je dis à mon amie, je vais pouvoir voter aujourd’hui. Je prends les 4 enveloppes, j’ouvre : la quatrième enveloppe des délégués du personnel titulaires, pas de bulletin dedans ! J’appelle Crussy, Cavaillé, Seprez, tous me disent la même chose : vous êtes un menteur. Attendez, je n’ai aucun intérêt à ne pas voter, putain ! Hier, j’y vais en réunion, je lui donne les documents, il me dit : ce n’est pas vrai. Les gens m’appellent, plein de gens m’appellent, j’ai les captures d’écran, me disent : je n’ai pas reçu le matériel. Vous savez ce que me répond la Direction, par la voix de Jean- Philippe Cavaillé, qui a d’ailleurs été odieux hier, et qui s’est fait rappeler à l’ordre par Monsieur Mark Thys. Et je crois que ça va chier bientôt ici, ils vont s’en prendre une bonne, parce que ça va trop loin. Hier, vous auriez été là, vous auriez halluciné ! Cavaillé, il n’en avait qu’après moi, à me traiter de menteur. C’est un personnage très désagréable. Je lui dis : passons à autre chose, faisons table rase du passé, on resigne unaccord ensemble ; je ne vous fais plus chier, vous ne me faites plus chier – je compte quand même faire mon boulot de syndicaliste. Et Crussy m’envoie un mail en me disant : on l’a fait sous contrôle d’huissier, ce n’est pas possible. Je ne vous dis pas que c’est possible ou pas, je vous dis que vous avez fait des erreurs, admettez- les, putain de merde ! - Bernard GLESSER Monsieur Wamen, je vous propose de revenir à la réunion, qui n’est pas sur les élections professionnelles. - Mickaël WAMEN Avec tout le respect que je vous dois, vous n’avez pas à intervenir dans mes propos, Monsieur Glesser. Vous avez raison, Monsieur Besset, il faut que Goodyear ait du bon sens et s’inscrive dans la continuité de la dynamique qu’on a imposée ; et je le dis très clairement, je suis très déçu à titre personnel et syndical de la gestion du dossier par la SODIE. Et je dis bien la SODIE, je ne prends personne en particulier. Je suis dessus parce que si on nous avait dit dès le départ, et c’est bien ce que j’avais dit au responsable de la SODIE quand il est venu pour nous rencontrer : ça ne sert à rien de venir dire : je vous vends du rêve. Tout le monde connaissait la situation de l’emploi en Picardie et en France à l’époque. Ça ne servait à rien de dire : nous on va avoir un retour à l’emploi magnifique. Les démarrages ont été catastrophiques pour deux raison. Un, la SODIE a été débordée par l’ampleur du phénomène, et deux, les salariés ont mis au moins, et vous avez raison Madame Boquet quand vous le dites, six mois pour faire le deuil de la perte de leur emploi. Et ces six mois-là ont été six mois d’inactivité totale dans la recherche d’un boulot. On a compté sur le bout des doigts jusqu’au mois de novembre, où ça a été dit y compris par la CFE-CGC, par Patrice Szyroki, et il a raison. L’annonce faite par Jean-Philippe Cavaillé au Courrier Picard que Titan ne viendra pas a été un coup de massue phénoménal sur la tête des mecs. Et vous nous l’avez dit Madame Boquet, et Monsieur Cavaillé, Monsieur Dussuchale l’ont dit, Monsieur Glesser l’a dit aussi : il n’y a pas eu de transparence sur ce dossier. Il y a eu un flou organisé qui permettait à certaines personnes de croire à un redémarrage de l’outil industriel à Amiens Nord, ce qui était une connerie, parce que dès le départ, on aurait dû dire aux mecs : à titre subsidiaire c’est possible, mais on vous dit clairement qu’aujourd’hui il n’y a pas de projet industriel de reprise du site d’Amiens Nord. Jusqu’à Macron qui dans le courrier, une semaine avant, entretenait encore le truc, en disant : je suis à Méaulte, chez Airbus, et je crois profondément à une reprise du dialogue avec Titan. Tous ces gens-là ont une responsabilité. Maintenant, je peux accuser qui que ce soit, je peux les pointer du doigt, mais ce n’est pas ça que je suis en train de dire. Je suis en train de dire qu’on a signé un accord ; qu’il faut laisser le temps au temps et qu’il faut laisser une nouvelle chance aux gens. Il va se jouer six mois. Les trois premiers mois ont déjà été entamés par certaines personnes, et Goodyear a déjà envoyé des lettres aux gens en disant : vous voulez prendre le congé de reclassement ou pas ? Sauf qu’il y a des gens à qui Goodyear a écrit clairement : vous n’aurez pas de prolongation du congé de reclassement. Qu’est-ce qu’on fait ? Moi je vous demande, Monsieur Besset, de mettre par écrit la position de la DIRECCTE, et à partir de là, j’informe la Direction Goodyear officiellement aujourd’hui : nous allons faire un référé heure par heure pour faire appliquer par voie de justice la décision de bon sens, et on va aller plaider avec beaucoup de bon sens. Moi, je le dis très clairement, je ne fais pas d’amalgame, contrairement à certains. Je n’en veux pas à des personnes, j’en veux à un système. Et je pense que ce système, je l’ai dit et je l’ai redit, je le redirai encore aux salariés, ni Mickaël WAMEN, ni Reynald JUREK, ni Madame BECKER, ni Sophie BOQUET, ni Monsieur GLESSER ou autre, personne dans cette salle ne peut dire clairement aux gens : vous allez avoir une solution identifiée dans tant de mois. Ça n’existe pas. Par contre, le temps peut nous permettre de dire : on va peut- être former les gens un peu plus ; les 250, on va peut-être passer à 500 formations. Moi, quand je vois que le mec a retrouvé un boulot à Camon, je suis super content pour lui. En plus, je le connais bien, c’est un super bonhomme, il s’est battu, pendant un an, il a fait une formation, quel courage ! Et comme vous dites, il y en a plein qui sont en formation. Et ils vont se lever un matin en disant : parce que je suis en formation, je n’ai pas le droit à un congé de reclassement, alors que le mec qui est resté chez lui aura droit à une prolongation ? Sur quels critères objectifs ? Aucun. C’est discriminatoire. D’ailleurs, il n’y a pas que ça de discriminatoire. Parce que je sais que ça fait monter en colère la Direction quand je parle de ces primes de 35 euros ; mais elle est discriminatoire de fait. Je vais prendre un exemple. Je n’en veux pas pour la CGT, mais quand même, c’est un exemple frappant. Quand je viens en réunion, je suis en suspension de suspension d’activité, puisqu’on me paie mes trajets et qu’on considère que les réunions sont du temps de travail effectif. Monsieur Dheilly, à une question de Monsieur Jouhannet Richard, qui dit : « le démantèlement du tourisme est fini depuis fin novembre, on est au mois de février, qu’est-ce qui justifie que vous versiez encore les 35 euros aux salariés ? », dit l’autre jour : ils sont en suspension de suspension d’activité. Et moi, je rétorque à Michel DHEILLY : et nous ? Quand on est en réunion, quand on est présent, quand on fait les enquêtes CHSCT, on est bien en suspension de suspension d’activité. Je dis clairement : je ne veux pas que ces 35 euros soient versés à des représentants du personnel parce qu’il y a des salariés qui pour moi le méritent eux aussi. Mais ça, c’est à ajouter dans un dossier aux Prud’hommes. Et quand on me dit à moi qu’il faut faire table rase du passé, qu’il faut signer des accords : comment voulez-vous que j’explique aux salariés qu’il y a eu 35 euros versés tous les jours, pendant X mois, et que le mois dernier, on a versé 500 euros minimum de prime exceptionnelle démantèlement, à des personnes ? Ça se sait à l’extérieur. Ma crainte, c’est que non seulement les mecs viennent voter ici, et qu’ils occupent l’usine, mais aussi que s’ils croisent les autres qui touchent les 35 euros par jour, vous ne croyez pas qu’ils vont faire un amalgame, les mecs ? C’est là que ça va partir en couille ; et on dira : Wamen, tu n’as rien géré, tu as laissé rentrer les mecs. Mais je ne suis responsable de rien, moi ! Vous dites Monsieur Wamen, il faut passer à l’ordre du jour, mais non, j’en profite qu’il y ait quelqu’un de la DIRECCTE pour exprimer ce que j’ai à dire. Je signe un accord une nouvelle fois avec vous – ne dites pas qu’on ne signe pas d’accord, j’en ai signé plein, moi, des accords – : RTT 2000, pas respecté, fin de conflit, pas respecté ; élections, toujours pas respecté ! Quand allez-vous respecter un accord ? Je suis prêt à en signer plein, des accords, avec vous. Je suis prêt à aller dans votre bureau demain, se mettre autour d’une table, et dire qu’à la fin des six mois de congé de reclassement supplémentaires, on oublie tout. Mais donnez-moi les garanties que si je signe un accord avec vous, il va être respecté, bordel de merde ! Et le plus fort, c’est qu’on m’envoie des putain de bulletins qui ne sont pas bons ; je téléphone, et on me dit : vous êtes un menteur. Ce n’est pas de la provocation, encore une fois ? J’ai tout fait pour que ça ne tourne pas au drame, dans cette putain d’usine, et je me retrouve en garde à vue. Vous le savez très bien, pourquoi je suis en garde à vue, et vous savez très bien que ce n’est pas moi le responsable de ce qui s’est passé ces deux jours-là, et que si je n’avais pas été là, ça aurait été un drame pour vous, putain ! Alors l’acharnement, à un moment donné, il faut qu’il cesse. Je ne sais pas ce que vous cherchez, ce que des gens me veulent, mais admettez au moins une chose, c’est que je suis quelqu’un de bon sens, merde ! Et aujourd’hui, j’ai vraiment le sentiment qu’il y a plein de choses qui partent dans tous les sens ; attendez, l’accord, il n’a pas été signé que par Wamen et la CGT, il a été signé aussi par l’Etat, par son représentant de la Préfecture, et eux, ils ne sont pas gênés de voir que vous ne respectez pas cet accord ? Il n’y a que la CGT qui doit s’offusquer ? Il faut arrêter, quoi. Donc là, sincèrement, je suis très heureux d’entendre la position de la DIRECCTE, parce que c’est exactement celle que j’ai défendue en commission nationale. Maintenant, je sais pertinemment une chose, c’est que ce n’est ni Bernard GLESSER, ni Sophie BOQUET qui vont prendre une décision aujourd’hui pour savoir quelle sera la position du Groupe. Mais je suis sûr d’une chose : avec la position de la DIRECCTE, la position du Groupe va obligatoirement changer. Vous n’avez pas le choix, parce qu’aux Prud’hommes, déjà vous allez vous en ramasser une sévère par rapport aux profits du Groupe, car il n’y a pas de justification économique, les propositions de poste que vous avez faites n’existaient pas, c’est du mensonge. Et ensuite, je termine là-dessus, désolé, je prends un peu de temps parce que j’y vais avec mes tripes parce que ça commence à me gonfler quand même. J’ai rencontré une personne à Paris avant- hier pendant plusieurs heures. Elle va venir ce soir, à 17 heures 30, salle Valentin Haüy, présenter un vrai projet de SCOPE finalisé. C’est un vrai projet industriel, c’est un projet qui tient la route. On a même trouvé des chercheurs en R& D qui sont prêts à bosser pour nous, qui sont de grands chercheurs à une université de Paris ; donc on a vraiment ficelé le truc, ça nous a pris quelque temps. Donc on demande des reports de réunion, on dit à la Direction : n’allez pas si vite, si on s’est planté, vous saurez très bien nous le démontrer. Laissez-nous au moins le temps de faire quelque chose. Donc je pense que ce soit, l’adhésion des salariés vaêtre pleine et entière. Pour quelle raison ? Il y en a 700 qui n’ont pas retrouvé de boulot, et nous, on va leur dire : on ne vous propose pas 500 postes demain, on peut peut-être démarrer déjà une centaine de salariés, tout doucement, et après on verra. Tout ça, ça demande des efforts de Goodyear, et la réponse, je la connais, ça sera un non catégorique. Mais moi ce que je veux, c’est que devant la justice française, on arrive avec un projet de SCOPE que Goodyear va démonter en deux coups de cuiller à pot, pour dire : non seulement ils ne respectent rien, ils ont fait du fric, ils ont fermé l’usine, ils font 2 milliards de profit, ils ont multiplié par 400 ce profit. J’entendais encore le Directeur général se plaindre, mais que par contre le taux de croissance allait être exceptionnel pour les 5 prochaines années. Tant mieux, qu’un groupe se porte bien, ça me va très bien. Mieux il se portera, plus on ira chercher du fric au tribunal. Et puis là, les réunions de CHSCT, ça y va. Je demande un report parce que je sors d’une mise en garde à vue de 14 heures, ça n’est quand même pas facile à vivre. Je repars chez moi, j’étais complètement démoli mentalement, je rentre à deux heures et demie du matin parce que j’ai attendu que mon dernier collègue sorte de garde à vue, c’était Monsieur Hassan. Jeudi, lors de ma confrontation avec Monsieur Glesser et Monsieur Dheilly, est-ce que vous pouvez reporter la réunion de CHSCT, je ne suis pas en état clairement de faire cette réunion. Ils ne me répondent pas, ils font venir un huissier vendredi. Le CHSCT fait une déclaration ; ils se lèvent, ils s’en vont. Ils ne disent pas qu’on ne discutera pas un jour du démantèlement, parce que là aussi, et il serait mensonger de dire le contraire, j’ai dit clairement à Monsieur Dheilly que si le projet qu’on allait présenter n’était pas pour eux adapté, et qu’ils arrivaient à apporter la preuve qu’il n’y avait pas de solution autre que le démantèlement, à partir de ce moment-là, je rentrerais dans une discussion sur le démantèlement de l’activité agricole. Et je profite de cette réunion pour dire que si certains ici peuvent penser, parce qu’il y avait hier un excellent article dans le journal sur les MPP, les sociétés privées de protection des entreprises, qui dit que plusieurs cadres de Goodyear Amiens Nord ont bénéficié d’une protection rapprochée, notamment pour des risques de séquestration. Et je ne comprends pas que certains cadres sont venus se foutre dans une salle de réunion où il y avait 500 personnes, et ils savaient pertinemment que certains ne les lâcheraient pas. Alors que moi, ce même lundi matin, je suis allé dans le bureau d’Emmanuelle Leprêtre, pour dire : il faut faire la réunion dans le bureau de Michel DHEILLY, il y a du monde en bas. Elle m’a dit : Bernard et Michel vont descendre. Et je leur ai dit : ne descendez pas. Ils sont descendus quand même. Et après, on dit que c’est moi le bordel. Tout ça sera débattu le 30 juin, ne vous inquiétez pas, j’ai des billes, j’ai même des cordes, vous allez voir, ça va fuser. Mais au final, ce que je regarde, c’est quand des mecs m’appellent, Olivier Hervé m’a appelé la semaine dernière : il se casse du congé de reclassement, il ne veut même pas des trois mois supplémentaires. Parce que son fils est dans la merde, il veut prendre son fric et créer une société de je ne sais pas quoi. Je lui dis : arrête ! Les mecs en sont là : nous on va toucher nos 40 000, nos 60 000, nos 80 000, le reste, on n’en a plus rien à faire. Vous entendriez les gens parler de la SODIE, vous vous diriez : ce n’est pas possible, c’est une catastrophe. Ils disent : on n’en a rien à foutre, plus vite on sera sorti, mieux ça sera. Et moi je me bats contre eux pour dire : vous ne devez pas sortir, restez dedans, bordel de merde. Tant que vous serez salariés Goodyear, vous aurez la mutuelle, la protection, vos droits qui reculent, et cetera. Et en plus, on arrive à un moment donné où il y a des changements qui vont s’opérer sur la retraite, sur Pôle Emploi. Je dis aux mecs : attendez, on n’est pas pressé. Et Goodyear dit : moi, je vais faire une lecture littéraire d’un accord, qui ramène à un PSE, et le mec qui a fait des efforts de formation, il sort. Et le mec qui reste chez lui, allez, trois mois de plus. Que tout le monde reste chez soi, à quoi ça sert que je me sois cassé le cul ici pour demander que les mecs puissent aller faire des missions d’intérim inférieures à trois mois, ensuite on est arrivé à un jour, on va validé ; tout ça pour permettre à des gens de remettre le pied à l’étrier, et parce qu’ils ont remis le pied à l’étrier, ils sont punis, ils ne feront pas les trois mois. On marche sur la tête, ça devrait être l’inverse, si je vais jusqu’au bout. Demain, je suis une Direction d’entreprise, vous n’avez pas fait d’efforts, vous n’aurez pas les trois mois, point. Je ne dis pas que ça doit être fait comme ça, mais ça s’explique. L’inverse ne s’explique pas. - Reynald JUREK Ça serait plus logique - Guillaume BESSET Ça aurait été plus difficile d’argumenter contre. - Jacques MARTIN De toute façon, je préfère que ces gens-là soient à la charge de Goodyear qu’à celle de l’Etat. - Mickaël WAMEN C’est toujours trois mois de gagnés. C’est trois mois de salaire. Peut-être que pour les dirigeants du Groupe, comme Monsieur Cavaillé, qui dit : oui, mais ils vont toucher une prime. La prime n’est pas là pour absorber le complément différentiel de perte de salaire. La prime est là pour un préjudice. Ça, c’est le premier tour : 80 000, 100 000 minimum. Il y aura un deuxième tour, ce sera les Prud’hommes, et là, ça sera au moins 150 000. Parce que chaque jour qui passe, Goodyear alimente les droits des salariés aux Prud’hommes, c’est une évidence. Après, effectivement, on peut me reprocher plein de choses : je suis un con, je parle mal, je suis agressif, mais des propositions, j’en ai fait des centaines. J’ai passé des heures au téléphone avec Sophie Boquet pour démerder un certain nombre de salariés. On s’est quand même pointé un jour en disant à la SODIE : on va faire des réunions avec des salariés sur des cas particuliers, la retraite et machin. On a fait des propositions, on n’était pas obligé de le faire. J’aurais pu me contenter de dire : c’est de la merde, je n’en ai rien à branler. Mais non, je n’en suis pas là. Comme il a été dit tout à l’heure, un salarié qui trouve un boulot, et vous avez raison : un, c’est mieux que rien, parce que la situation de l’emploi est dramatique, que les entreprises ne repartent pas et qu’on est dans une crise économique. Et le drame dans tout ça, c’est que le niveau de rémunération d’Amiens Nord faisait en sorte que généralement, dans un foyer, il y avait une personne qui travaillait pour nourrir tout le monde et payer les charges, et la perte des 22 %, ça sera pour tout le monde, pour tous les foyers. C’est ça, le drame. Aujourd’hui, les gens qui nous disent, il manque 200 euros sur ma paie mais je peux attendre six mois, c’est que généralement leur femme travaille et gagne au moins autant qu’eux, ils n’ont plus leurs enfants à charge et ont payé leur baraque. Franchement, ça se passe bien. Mais tous les gens qui ont moins de 45 ans, je serais tenté de dire tous les salariés qui sont en difficulté de retour à l’emploi doivent bénéficier des trois mois. Et là, a contrario, qu’est-ce qu’on fait ? Le mec s’est levé le matin en disant je vais faire une formation, je vais faire de l’intérim, on lui dit : vous avez fait des efforts, vous êtes bien, on vous sort du congé de reclassement. N’importe quoi ! Où est l’explication, même si c’est écrit dans un PSE que, je rappelle, la CGT n’a pas validé ? Et la Direction doit prendre acte de cela : elle fait une lecture littéraire d’un projet de PSE que la CGT n’a pas validé. On est là aujourd’hui dans une situation où je suis venu dans cette réunion pour valider les projets des copains, et puis surtout repartir avec les trois mois supplémentaires. Maintenant, vous n’avez pas répondu à ma question la dernière fois, ni vous ni Monsieur Cavaillé. Comment les gens vont être payés ? La SODIE a fait un document, qu’on a récupéré il n’y aura plus de charges dessus. - Sophie BOQUET Il n’y aura plus de charges à un instant T, mais qui seront reprises au moment du versement du solde. - Mickaël WAMEN Vous allez le reprendre à la fin ? Ça n’a jamais été convenu comme ça. Le prolongement des douze mois devait être impacté par les charges. La SODIE a sorti un document pour dire : il n’y aura pas de charges pour les trois mois de l’Etat et les trois supplémentaires de Goodyear. J’ai posé la question à X reprises : est-ce que ça va être repris à la fin ? Au début on m’a dit oui, et après on m’a dit non, et aujourd’hui, on revient en me disant : oui, ça sera repris à la fin. Ce n’est pas un cadeau. Les gens vont avoir une paie à 75 % du salaire brut comme ils ont aujourd’hui dans le cadre du congé du reclassement, mais les 25 % manquants seront repris à la fin du congé : c’est scandaleux.Sophie BOQUET Ce n’est pas si automatique que ça. C’est ponctionné à partir d’un plafond, c’est-à-dire que toutes les sommes versées au-delà de deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale au moment du versement du calcul du solde de tout compte seront cotisables à hauteur de 22 % ; mais ce n’est pas la totalité. - Mickaël WAMEN Tous ceux qui vont toucher plus de 75 000 euros de primes ? - Sophie BOQUET C’est un peu plus de 77 000 euros mais oui. Toutes les sommes au-dessus de cette somme seront soumises à cotisations salariales intégrales, c’est-à-dire environ 22 %. - Evelyne BECKER Si on touche 80 000, ça sera sur 3 000 ?

Sophie BOQUET Oui. - Bernard GLESSER Si vous le permettez, je voudrais répondre aux différents points soulevés par Monsieur Besset et par Monsieur Wamen. Tout d’abord, sur la prise en compte ou non des formations comme solution de sortie : préalablement à sa mise en œuvre, comme ça doit être, le PSE a été vu par la DIRECCTE, et la DIRECCTE n’a fait strictement aucune observation sur le sujet, pas plus qu’il n’est marqué que ces solutions de sortie ne valent que pour des calculs statistiques. Effectivement, des formations sont bien des solutions de sortie, incontestablement, si on s’en tient à la lecture du PSE. Autre point, il est tout à fait du droit de la DIRECCTE d’avoir une lecture différente du document par rapport à celle de Goodyear. On peut effectivement interpréter les choses comme on le souhaite ; c’est vrai que Goodyear a une lecture littérale du texte, et c’est vrai que la DIRECCTE, tel que cela a été exposé par Monsieur Besset, a une lecture plus favorable pour les salariés. Ceci dit, en aucun cas la lecture, l’interprétation de la DIRECCTE ne s’imposent à l’Entreprise. Cela veut dire qu’aujourd’hui, nous maintenons notre position quant à qui doit et qui ne doit pas bénéficier d’une prorogation de son congé de reclassement. Sur les retraites, quand vous dites, Monsieur Wamen, qu’elles ne sont pas prévues comme solution de sortie, si : il est marqué dans le PSE... - Reynald JUREK Nous ne l’avons pas validé ! - Bernard GLESSER Si vous ne voulez pas le valider, ça veut dire qu’on n’a rien à appliquer, pas plus les formations que les versements de 20 000 euros, que les primes de retour à l’emploi, que les primes de 4 000 euros pour les employeurs. Effectivement, on peut ne rien appliquer. - Mickaël WAMEN Si le PSE n’est pas applicable, il ne faut pas fermer l’usine. - Bernard GLESSER « Tout autre projet choisi volontairement par le salarié, matérialisé par un écrit de sa part », ce qui concerne effectivement les départs en retraite, qui sont effectivement prévus comme solution de sortie, mais ce n’est pas le point le plus important, je vous l’accorde. Sur les prorogations, nous ne le faisons pas, d’abord parce que ce n’est pas prévu, mais également parce que, de notre point de vue, ça a un effet contre-productif.Mickaël WAMEN Ça coûte des sous à l’entreprise. - Bernard GLESSER Non, contre-productif dans la recherche d’une solution par le salarié. Le salarié se dira, comme il l’a fait déjà à plusieurs reprises, finalement. Monsieur Wamen, est-ce que je vous ai interrompu ? La réponse est non, alors laissez-moi finir mon propos. - Mickaël WAMEN Monsieur Glesser, soyez calme. Arrêtez d’être fâché comme vous l’êtes en ce moment, tous de la Direction. - Bernard GLESSER Je ne suis pas fâché. Cessez ces provocations, laissez-moi terminer mon propos. - Mickaël WAMEN Monsieur Glesser, je suis encore représentant du personnel, je vais certainement être réélu haut la main, et vous ne pouvez pas systématiquement, dès que je parle, me faire fermer ma gueule comme vous essayez de le faire. - Bernard GLESSER Je vous ai laissé parler pendant plus de trois quarts d’heure, vous pouvez me laisser parler un petit quart d’heure sans m’interrompre. - Mickaël WAMEN Vous êtes en colère dans vos propos et ça se sent. C’est assez désagréable à écouter, d’ailleurs.

- Guillaume BESSET Monsieur Wamen, s’il vous plaît. - Bernard GLESSER Monsieur Wamen, cessez ces provocations incessantes, je ne suis pas plus en colère que vous ne l’étiez, et je souhaite aller jusqu’au bout de mon propos. - Guillaume BESSET C’est bon, allez-y Monsieur Glesser. - Bernard GLESSER Merci, Monsieur Besset, d’abonder dans mon sens sur ce point précis. Je disais que trois mois supplémentaires nous paraissent contre-productifs, parce qu’effectivement le salarié peut se dire, et l’expérience montre que ça fonctionne souvent comme ça : j’ai encore trois mois devant mois, donc il n’y a aucune raison que je me bouge davantage que je ne l’ai fait durant les quinze mois précédents. Effectivement, un certain nombre de salariés – on peut faire des moues si on le souhaite – fonctionnent comme cela. Par ailleurs, et ça concerne tous les salariés, et nous avons notamment pensé à tous ceux qui étaient en formation, nous avons prévu un accompagnement supplémentaire de la part de SODIE, hors congé de reclassement, vous avez raison, mais où les salariés pourront bénéficier d’une aide, de conseils logistiques de la part de SODIE. Bien sûr que c’est payant, Madame Becker, SODIE ne travaille pas gratuitement, mais ça sera pris en charge par Goodyear. - Evelyne BECKER Non, moi je disais que ça a l’air d’être un tel cadeau, que les salariés, quand ils viendront, il faudra qu’ils paient. - Bernard GLESSER Je vous dis que non. - Mickaël WAMEN Est-ce que le mec qui va se déplacer pour continuer à venir à la SODIE continuera à être pris en charge dans le cadre du PSE ? Non, puisqu’il va être sorti. Donc il va venir avec ses propres frais, donc ça va être payant. Vous confirmez ? Vous ne prenez plus en charge ni les allers-retours, ni les repas. - Bernard GLESSER Il n’y avait des repas que pour ceux qui venaient à la journée, et le cas était rarissime. - Mickaël WAMEN Donc les gens vont payer leur frais de transport. - Bernard GLESSER Contrairement à ce que vous dites, aucun salarié n’a encore reçu de courrier lui disant... - Reynald JUREK Si ! - Bernard GLESSER Il ne peut pas l’avoir reçu, puisque ces courriers vont partir la semaine prochaine. Malgré tous les mérites du service public et notamment celui de la poste, on ne peut pas recevoir un courrier avant que l’expéditeur ne l’ait envoyé – je pense. Monsieur Besset a peut-être un avis là-dessus, mais a priori ça me paraît compliqué. - Mickaël WAMEN Il est méprisant : c’est normal, c’est la colère. - Bernard GLESSER Comme ça a été dit lors de la commission centrale, des courriers vont être envoyés à partir de la semaine prochaine, qui diront aux salariés : soit vous êtes éligibles à une potentielle prorogation, ou de trois mois, ou de trois mois plus trois mois en fonction de l’âge, et pour cela, vous devez nous le faire savoir, et sera joint au courrier un formulaire de réponse afin de faciliter les choses ; ou, autre type de courrier, vous n’êtes pas éligible à une prolongation, et votre congé de reclassement prendra bien fin à telle date. Voilà exactement comment les choses sont prévues. - Mickaël WAMEN Je vais vous dire, entre ce qui est prévu de se passer et ce qui va se passer, il va y avoir de la marge, et vous le savez pertinemment, parce que je ne suis pas du genre à lâcher le morceau. Donc Monsieur Besset, je pense que vous allez nous coucher sur le papier la position de la DIRECCTE. Est-ce que vous pourrez nous mettre en copie assez rapidement, pour qu’on puisse faire valoir les droits nouveaux des salariés très rapidement au tribunal ? En espérant que la Direction Goodyear revienne à une raison et une intelligence qui nous permettraient effectivement d’avancer. - Guillaume BESSET Je vous le dis très clairement, je souhaite ne pas être obligé d’en arriver aux observations écrites. Dans un premier temps, j’invite la Direction Goodyear à réfléchir vraiment très attentivement à la proposition que nous faisions de prendre en compte les personnes qui sont en formation et qui n’ont pas eu de retour à l’emploi à l’issue de la formation ; sinon, un courrier d’observation sera rédigé, avec copie aux membres de la commissions de suivi, donc aux organisations syndicales, et qui indiquera très clairement, en substance, ce que je viens d’exposer ici. Je rebondis sur ce que vous avez évoqué précédemment : vous avez dit que la DIRECCTE faisait une interprétation favorable aux salariés. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous, même si indirectement, évidemment qu’elle sera plus favorable aux salariés que la vôtre, mais à notre sens, on fait une interprétation qui est favorable au retour à l’emploi des salariés. - Bernard GLESSER Oui, on peut dire les choses comme ça, je suis d’accord avec ça. - Mickaël WAMEN Il y a une incompréhension, parce que Monsieur Glesser a dit complètement le contraire, que l’augmentation du congé de reclassement n’allait pas favoriser le retour à l’emploi. - Bernard GLESSER Tout le monde est favorable, effectivement, aux meilleures conditions d’un meilleur retour à l’emploi. Maintenant, nous divergeons quant aux moyens à employer. Monsieur Besset, ne croyez pas que la réunion que nous avons eue il y a quinze jours ou trois semaines n’ait servi à rien. On a pris bonne note, on a regardé ; nous conservons notre position et nous allons vous l’exprimer également par écrit, en disant : voilà comment nous lisons, nous, les trois documents que j’ai cités tout à l’heure, c’est-à-dire le PSE, son addendum et le protocole d’accord de fin de conflit. - Guillaume BESSET Je vous ai également lors de la réunion que nous a donnée Monsieur Cavaillé que certes il y avait un impératif juridique, il y a des textes qu’il faut respecter, il y a une interprétation des textes, et ensuite on en déduit un certain nombre de cas, ça c’est une première chose ; et après, il y a une autre interprétation, qui n’est pas juridique, une interprétation sociale du dossier, et psychologique, et humaine. Dans cette dimension humaine et psychologique du dossier, à mon sens, il en va de la responsabilité de Goodyear de faire un effort supplémentaire pour améliorer le retour à l’emploi des salariés. - Mickaël WAMEN Ce que je tenais à dire aussi, c’est que dans les comptes prévisionnels du groupe Goodyear qui nous ont été présentés en CCE il y a quelques semaines, les trois mois supplémentaires sont provisionnés ; donc ça ne coûtera rien à Goodyear de plus que ce qui était initialement prévu. Contrairement à ce qu’a dit Monsieur Glesser, si demain Goodyear ne payait pas les trois mois supplémentaires, il ferait une économie substantielle. Et ça, c’est une réelle économie, parce que c’est d’abord de l’argent, et les trois mois complémentaires de suivi de la SODIE auront un coût financier pour chaque personne qui se rendra à la SODIE, puisqu’il ne sera plus en charge dans le cadre du congé de reclassement. Et je pense que là aussi, il faut que Goodyear fasse un effort complémentaire : que les gens quittent le congé de reclassement après la période de six mois additionnelle qui a été négociée dans l’accord de fin de conflit, ça c’est normal, puisque ça sera le respect exact de ce qu’on s’est dit, mais que les trois mois complémentaires d’aide parallèle entre la SODIE et Pôle Emploi, en considérant que le salarié qui se rend à la SODIE, pour continuer à faire des efforts en parallèle de ses rendez-vous avec Pôle Emploi, doit être pris en charge dans ses frais. C’est tout ce qu’on va demander. Maintenant, c’est quand même la première fois depuis janvier 2014, que la Direction Goodyear, à travers les paroles de Bernard GLESSER, viendrait dire, puisqu’apparemment j’interprète, que la DIRECCTE a validé le PSE sans le regarder. - Bernard GLESSER Non, je n’ai pas dit « sans le regarder ». J’ai dit que ce PSE a été donné à la DIRECCTE, comme ça doit se faire, Monsieur Besset, vous pouvez le confirmer... - Guillaume BESSET Je n’étais pas présent à l’époque. - Bernard GLESSER Madame Pernette n’a fait strictement aucune observation. - Guillaume BESSET Vous savez qu’un certain nombre de difficultés sont identifiées au moment de la mise en œuvre du PSE : on n’identifie pas les difficultés de déroulement de PSE quand on l’a sur un papier, sur un plan théorique. On l’identifie au moment où c’est mis en œuvre. - Evelyne BECKER Sinon, il n’y aurait pas de commission de suivi ! - Guillaume BESSET D‘ailleurs, j’invite la Direction Goodyear à lire la page 88 du PSE, concernant les salariés présentant des difficultés de retour à l’emploi, et qui prévoit que d’autres situations pourraient permettre aux salariés de disposer d’un accompagnement renforcé au titre des difficultés de retour à l’emploi après avis de la commission de suivi. - Mickaël WAMEN Sauf que vous mettez le doigt où ça fait mal : la Direction Goodyear doit nous demander notre avis, et à la commission nationale, ils ont pété un plomb. Ils ont dit : c’est comme ça, pas autrement. La réunion s’est terminée, on ne nous a pas demandé notre avis sur le prolongement ou pas des salariés, ce qui est quand même scandaleux. Et là, Monsieur Besset, quand vous allez écrire à la Direction de Goodyear, parce que je pense que vous allez être obligé d’écrire, il faudra quand même que vous insistiez sur le fait que la commission valide un certain nombre de choses, mais elle doit aussi valider ou non la prolongation du congé de reclassement pour les salariés qui seraient éventuellement concernés. Or aujourd’hui, on nous dit : voilà la position du groupe Goodyear, terminé. C’est encore une lecture qui pour le coup n’est pas littéraire, mais complètement déformée : l’accord est précis, et il dit que la commission de suivi doit valider la prolongation ou pas du congé de reclassement des salariés concernés. Or aujourd’hui, on nous dit : la position du groupe Goodyear, c’est ça, les lettres partent la semaine prochaine. L’avis de la commission, il est où ? Il n’y en a pas. Vous devez demander l’avis de la commission. - Bernard GLESSER C’est ce que nous allons faire pour chaque commission locale, pour chaque salarié. - Mickaël WAMEN Quand ? Vous envoyez les lettres la semaine prochaine ! Est-ce qu’on a donné un avis pour qu’on envoie des lettres ou pas ? - Bernard GLESSER Vous n’avez pas à donner un avis pour savoir si on envoie des lettres ou non ; vous avez, en tant que commission locale, à vous prononcer sur chaque cas.Mickaël WAMEN Sur la prolongation du congé de reclassement, c’est dans le PSE. - Bernard GLESSER Ça veut dire que chaque cas, chaque demande sera examinée lors des commissions locales à venir, à partir du mois d’avril, et la commission locale de suivi aura à se prononcer sur les demandes de chaque salarié qui fera une demande de prorogation. C’est exactement comme ça que ça doit se passer. - Mickaël WAMEN La commission de suivi doit donner un avis sur le global, et ensuite on aura à se prononcer sur des cas individuels. Il se peut que des salariés renoncent à leur droit complémentaire des trois mois. - Bernard GLESSER Pour répondre à Monsieur Besset, pour permettre aux salariés d’un accompagnement renforcé pour d’autres cas, c’est exactement ce que nous avons fait à travers certaines catégories. Je fais notamment allusion, puisqu’on l’avait fait ensemble, à certains invalides de deuxième catégorie et également aux inaptes à tout poste. - Mickaël WAMEN C’était prévu. - Bernard GLESSER Non, ce n’était pas prévu, et nous l’avons mis en place, avec sagesse en bon sens - Guillaume BESSET Cela représente combien de personnes ? - Evelyne BECKER 12. - Bernard GLESSER Non, c’est plus, une petite vingtaine. C’est un petit nombre, parce que les prorogations doivent rester exceptionnelles. - Mickaël WAMEN Monsieur Glesser, je sais pertinemment que vous ne pouvez pas vous présenter au nombre du groupe Goodyear. Vous avez un mandat aujourd’hui, qui est de dire que la position nationale est la même aujourd’hui. Cela étant, je continue à dire, et je demande à Monsieur Besset de bien vouloir prendre note de ce que je vais lui dire, que la commission n’est pas respectée par rapport aux termes des accords conclus et du PSE. Nous devons être informés et nous devons formuler un avis sur la prorogation du congé de reclassement pour l’ensemble du personnel qui pourrait être concerné. Ensuite, il est effectivement prévu que certains cas individuels, et notamment des refus de prolongations, devraient être examinés par la commission. Aujourd’hui, j’apprends avec beaucoup de tristesse quand même pour le groupe Goodyear, parce qu’à mon avis, ils vont vite changer d’avis quand même, que les lettres parlent la semaine prochaine. De quelle lettre parle-t-on ? La lettre ne nous a pas été présentée ; avant qu’elle parte, il faut absolument nous consulter, comme c’est prévu dans l’accord. L’accord prévoit que la commission porte un avis sur la prorogation du congé de reclassement, c’est indiqué noir sur blanc. - Bernard GLESSER Elle le fera individu par individu. - Mickaël WAMEN Non, vous devez le faire au global, avant même de prendre une décision. - Bernard GLESSER Non. - Mickaël WAMEN Le Groupe fera machine arrière. - Bernard GLESSER Je ne sais pas. - Mickaël WAMEN Je le sais. - Bernard GLESSER Tant mieux. - Reynald JUREK Monsieur Besset, vous trouvez normal qu’il n’y ait pas un vrai représentant Goodyear à cette réunion ? Je n’ai rien contre Monsieur Glesser, mais ce n’est pas lui qui va décider. - Guillaume BESSET Monsieur Glesser me paraît l’interlocuteur pertinent à la commission locale. Par contre, je ne comprends pas pourquoi la commission centrale a été localisée à Paris, alors qu’il n’y a qu’un établissement concerné par le PSE, c’est Amiens Nord. - Bernard GLESSER Non, Monsieur Besset, Riom et Montluçon sont de fait concernés. - Guillaume BESSET Il n’y’a aucun salarié licencié sur ces sites. - Bernard GLESSER C’est vrai - Guillaume BESSET Ça ne permet pas à la DIRECCTE d’être présente, donc d’une certaine manière, ça pose problème. - Mickaël WAMEN Dans le PSE, le CE d’Amiens Nord et le CCE doivent être informés régulièrement des avancées dans le cadre des commissions. Ça n’a jamais été fait. Vous savez ce que Madame Seprez a répondu à Monsieur Jurek ? Mettez-le à l’ordre du jour. Ce n’est pas à la CGT, au Secrétaire du CE de mettre à l’ordre du jour un point qui est prévu par des textes. - Guillaume BESSET C’est prévu où ? - Mickaël WAMEN Dans le PSE. - Guillaume BESSET Vous me transmettrez la référence. - Mickaël WAMEN Notre position, c’est de dire : un, Goodyear doit respecter les accords qu’il signe et les instances qu’il a sollicitées pour la mise en œuvre d’un PSE, notamment la DIRECCTE. A ce titre, je suis au regret d’être dans l’obligation de saisir les instances juridiques, après midi, pour vous signaler que la Direction Goodyear va envoyer à chaque salarié les modalités de validité ou non de la prolongation du congé de reclassement, alors que la commission n’a pas pu se prononcer parce qu’elle n’a pas été consultée. C’est une violation de l’accord. - Bernard GLESSER C’est quelque chose qui n’a pas été approuvé par vous, vous le savez bien, vous nous l’avez expliqué assez longuement depuis le début de la réunion. - Mickaël WAMEN Il a été approuvé par la DIRECCTE. - Bernard GLESSER Comme l’ensemble de son contenu. - Mickaël WAMEN Donc tout s’applique. - Bernard GLESSER Tout s’applique, ou tout ne s’applique pas. - Guillaume BESSET Je lis : « Les commission locales seraient par ailleurs chargées d’examiner et de statuer sur les demandes de prolongation du congé de reclassement au terme du congé dans les conditions précisées chapitre 3.1. » Sauf que d’une certaine façon, on a un problème, si vous faites partir les courriers avant qu’ils aient été examinés par la commission de suivi. Ça veut dire que vous prenez la décision avant qu’il y ait un avis préalable de l’instance. - Bernard GLESSER Le courrier n’est pas une décision, c’est une information des salariés pour leur demander s’ils souhaitent ou non proroger leur congé de reclassement, et ensuite, la commission locale regardera les dossiers un par un, l’EMF, par la voie de Madame Boquet, émettra un avis, la commission de suivi émettra un avis, et l’employeur validera ou ne validera pas la prolongation. - Mickaël WAMEN A la dernière commission nationale, vous nous avez présenté un document en slide, et vous nous avez dit que ce document serait uniquement envoyé aux personnes éligibles à la prolongation du congé de reclassement, donc ça ne concerne pas tout le personnel. - Bernard GLESSER Non, tout le monde va recevoir un courrier. Pour ceux qui ne remplissent pas les conditions d’éligibilité... - Guillaume BESSET C’est que vous avez déjà décidé, si vous envoyez un courrier à un nombre restreint de personnes ! - Bernard GLESSER Nous envoyons un courrier à tout le monde, à tous ceux qui sont aujourd’hui dans le congé de reclassement. - Guillaume BESSET A 740 personnes ? - Bernard GLESSER A 700 et quelques personnes. Il y a deux types de courrier. Il y a un courrier qui est envoyé à ceux qui ne remplissent pas les conditions d’éligibilité à une prolongation du congé... - Mickaël WAMEN Monsieur Besset, est-ce que la Direction de Goodyear vous a fait part de l’envoi de ces courriers ? - Guillaume BESSET Non, pas de celui-ci. - Mickaël WAMEN A la dernière commission nationale, j’ai expliqué en long, en large et en travers à Monsieur Cavaillé qu’il serait de bon sens d’appliquer ce que vous avez dit. Hors de question, c’est noir sur blanc dans le procès- verbal, la Direction enverra dans la troisième semaine du mois de mars un courrier à l’ensemble du personnel pour un, expliquer à ceux qui pourraient bénéficier d’un congé supplémentaire les conditions dans lesquelles ils peuvent en bénéficier, et pour tous les autres, c’est-à-dire que 500 personnes en sortiraient, selon l’application des critères de Goodyear. J’ai dit que ça ne pouvait pas être fait comme cela parce qu’ils ne respectaient pas ce qui est prévu dans le PSE, c’est-à-dire que la commission doit être informée et consultée pour donner un avis sur la prolongation ou pas du congé de reclassement. Et notre avis, c’est que tous les salariés, quels qu’ils soient, qui ont un vrai problème de retour à l’emploi, doivent bénéficier des trois mois supplémentaires. Sans épiloguer, voilà notre position. En revanche, je dis à la Direction de Goodyear : attention, une fois encore, vous ne respectez pas vos obligations légales. Vous devez consulter la commission comme pour tous les gens qui ont créé une entreprise : on donne un avis, il est très souvent positif, et quand Madame Boquet ou Monsieur Glesser nous dit : attention, sur ce dossier, on a une personne qui pourrait être en difficulté, on le repassera dans trois mois après une formation, on en prend acte. Il n’y a pas une personne qui ait créé une entreprise qui n’ait pas été validée par la commission. Donc là, Goodyear respecte l’accord. Pourquoi il ne respecterait pas pour les trois mois complémentaires ? - Bernard GLESSER Je continue mon propos : chaque salarié va recevoir un courrier. Tous ceux qui, en fonction de la lecture de Goodyear du PSE, ne sont pas éligibles aux critères de prorogation, on leur explique que leur congé de reclassement prendra bien fin à telle date ; ce qui n’empêche pas ces salariés de faire néanmoins une demande de prorogation qui sera examinée en commission locale. - Mickaël WAMEN Ce n’est pas comme ça que c’est prévu. Vous faites une interprétation de l’accord. - Bernard GLESSER Chaque demande de prolongation est examinée par les commissions locales, l’EMF rend une position, positive ou négative, la commission de suivi émet également un avis, et ensuite, la Direction fait valoir sa décision. - Guillaume BESSET Monsieur Glesser, vous avez l’expérience de ce type d’instance : vous ne pouvez pas prendre une telle décision, car l’envoi de ce courrier d’information à un nombre de personnes restreintes vaut clairement de la Direction que les personnes concernées par la prorogation sont celles à qui on a envoyé le courrier.

- Bernard GLESSER Oui, parce que c’est la lecture de l’accord. - Guillaume BESSET Alors cette décision aura été prise avant la consultation, qui n’aura lieu qu’après. Imaginez qu’en Comité d’entreprise, vous preniez une décision, et qu’ensuite seulement vous consultiez le CE. Vous savez très bien que ça ne passerait pas - Bernard GLESSER Je suis d’accord avec vous, mais ce n’est pas tout à fait ce cas-là. Nous avons un PSE, qui s’applique ou pas, chacun peut en discuter : c’est en toutes lettres dans le PSE que seules les personnes qui remplissent un certain nombre de conditions pourront voir, si elles le demandent, leur congé de reclassement prolongé. Il n’y a pas de négociation avec la commission de suivi des conditions de prorogation. - Guillaume BESSET Au mois, la procédure de démarrage des prorogations ne peut pas démarrer avant au moins une information en commission de suivi. - Bernard GLESSER Elle a été faite à la commission centrale - Guillaume BESSET Il est écrit en locale. - Bernard GLESSER La locale va traiter tous les cas particuliers. - Mickaël WAMEN Non, vous ne respectez pas l’accord. Peu importe, je demande à la DIRECCTE de dresser à GDTF un procès- verbal pour non-respect des accords, et je vais demander à Madame Taïeb un rendez-vous tout de suite. - Bernard GLESSER C’est à la commission locale d’examiner et de statuer sur les demandes. C’est exactement ce qu’on va faire, et on n’a pas pris de décision avant. - Mickaël WAMEN En commission nationale, la Direction a entériné le fait que plus de 500 personnes quittaient le congé de reclassement et qu’ils ne bénéficieraient pas des trois mois. C’est dans le procès-verbal. Et ce qui était présenté en slides par le groupe Goodyear, je continue à dire que la Direction fait des pieds et des mains pour faire une économie substantielle de trois mois de rémunération des salariés le plus vite possible. Et je continue à dire que les trois mois supplémentaires qui pourraient paraître quelque chose d’intéressant pour les salariés, c’est un cadeau empoisonné, parce que les gens qui viennent de l’autre bout de la région vont se taper 100 bornes aller-retour à leurs propres frais pour venir dans une cellule de reclassement alors qu’ils ne sont plus payés. C’est quand même fort de café, c’est dramatique et c’est assez symptomatique de ce qui se passe avec Goodyear. Donc cet après-midi, je vais essayer d’avoir Madame Taieb au téléphone, et je vais demander que la DIRECCTE et l’Inspection du travail dressent un procès-verbal pour non-respect des accords signés avec nous. - Guillaume BESSET Je vous le dis tout de suite : je ne crois pas que ça rentre dans le champ des procès-verbaux. - Bernard GLESSER Je vous propose maintenant, si chacun s’est exprimé sur le sujet, de reprendre le cours de la commission locale, pour que vous puissiez notamment examiner... - Mickaël WAMEN J’insiste sur le fait qu’à l’ordre du jour, il n’était aucunement prévu de parler du congé de reclassement, et vous nous annoncez aujourd’hui que les courriers partent la semaine prochaine. Je suis atterré de voir qu’une fois encore, alors que nous signons un accord qui est tripartite, parce que le Préfet a signé l’accord au nom de l’Etat français, et Monsieur Besset, qui est ici en tant que représentant des droits des salariés et donc du Code du travail, et vous violez tranquillement les accords. Vous savez pertinemment que la sémantique ne réglera pas le problème de fond, et ce problème de fond, c’est que le PSE, vous l’avez envoyé à la DIRECCTE, et elle l’a validé. Et la DIRECCTE, aujourd’hui, elle vous dit que vous faites une interprétation fallacieuse... - Guillaume BESSET On n’a pas validé. Il n’y avait pas décision de validation à l’époque. La DIRECCTE avait la possibilité de faire des observations. - Bernard GLESSER Elle n’en a pas fait. - Mickaël WAMEN C’est faux, elle a fait des observations, le lendemain d’une réunion à la Préfecture, et elle a indiqué à la Direction de Goodyear que la DIRECCTE n’avait pas vocation à valider le PSE, mais qu’elle émettait des observations. - Bernard GLESSER Dont nous avons tenu compte dans l’addendum. - Mickaël WAMEN Mais que vous n’appliquez pas. En tout cas, Je suis choqué parce que vous violez nos responsabilités de représentant du personnel. Je ne suis pas là en tant que prête-nom, mais aujourd’hui, force est de constater une chose, c’est que le groupe Goodyear est d’une mauvaise foi débile. Il va y avoir une décision qui va être prise par la DIRECCTE, et je suis persuadé que Monsieur Besset va être obligé de vous écrire parce que vous ne changerez pas de position. C’est dramatique, parce que tout ça, c’est du temps de perdu et ça ne sert à rien. Et moi, je ne sais pas à quoi je sers aujourd’hui, parce que mon rôle, c’est aussi de faire que les accords soient respectés, et aujourd’hui, à l’ordre du jour, il aurait dû y avoir prolongation ou pas du congé de reclassement, les conditions, et qu’on le valide. Et vous nous annoncez aujourd’hui que les lettres vont partir, et ça, c’est illicite. - Bernard GLESSER Monsieur Wamen, j’ai bien entendu que vous étiez atterré. Pour ma part, je suis effondré parce que je n’ai rien dit de nouveau qui n’ait été dit à la commission de suivi centrale, où nous avons annoncé que ces courriers partiraient la troisième semaine du mois de mars, ce qui correspond. - Mickaël WAMEN Lors de cette commission nationale, nous avons dit que nous n’acceptions pas que vous sortiez des salariés du congé de reclassement sans que la commission n’ait émis un avis comme c’était prévu, et que pour nous, c’était une erreur fondamentale. Vous continuez à ne pas respecter l’accord, et c’est une catastrophe. - Bernard GLESSER Vous l’avez dit à de nombreuses reprises, incontestablement. Je termine sur ce sujet : de notre point de vue, nous respectons littéralement ce qui est écrit. - Mickaël WAMEN Dans quinze jours, vous reviendrez à cette table et vous nous direz le contraire, j’en suis convaincu. - Bernard GLESSER Je ne connais pas l’avenir. - Guillaume BESSET Malgré la position de la Direction de Goodyear, que vous incarnez, Monsieur Glesser, je vous invite à nouveau à prendre attache avec Monsieur Cavaillé et la Direction centrale du Groupe pour vraiment réfléchir très, très attentivement, et je pèse mes mots, sur la possibilité d’intégrer les personnes en formation qui n’ont pas retrouvé un emploi dans la prolongation du congé de reclassement. Sinon, vous comprenez bien qu’on va rentrer dans une situation où les courriers et les observations écrites, que vous allez nous contraindre de faire, vont être instrumentalisés par les uns et les autres, et que la Direction du groupe Goodyear n’a aucun intérêt à ce que ça se passe comme ça. Moi, je souhaiterais vivement que les choses se fassent sans qu’on soit obligé de les coucher sur le papier. - Jacques MARTIN Ce sera une très mauvaise publicité pour le groupe Goodyear. - Reynald JUREK Je redis ce que j’ai dit tout à l’heure, il est dommage qu’on n’ait pas Monsieur Cavaillé. - Evelyne BECKER Il est venu l’autre jour, pour l’enquête CHSCT. - Mickaël WAMEN Il y a eu une réunion de CHSCT me concernant, et Madame Becker m’appelle parce qu’elle me remplaçait parce que je ne pouvais pas être dans cette réunion face à mes bourreaux, très clairement, c’est-à-dire Madame Seprez et Monsieur Dheilly, et mon médecin, mon psy m’a conseillé de ne surtout pas y aller. Je suis quand même sous tranquillisants, même si ça ne se voit pas parce que je suis hyperactif. Apparemment, ça fait rire Monsieur Glesser, mais moi, ça me fait moyennement rire. J’ai 42 ans, je n’ai pas envie de foutre ma vie en l’air. Je ne suis pas venu à cette réunion, et ô surprise, on m’appelle et on me dit, tu ne devineras jamais qui est là, Monsieur Cavaillé en personne, parce que le cas particulier de Mickaël WAMEN, il mérite quand même une attention particulière. - Reynald JUREK C’est plus important que les 750 personnes ! - Mickaël WAMEN Par contre, Monsieur Cavaillé, il est régulièrement sur le site, mais il ne vient jamais à une réunion locale, parce que ça ne l’intéresse absolument pas. Il préfère envoyer Monsieur Glesser au carton, en lui disant : taposition de bouge pas. Deuxièmement, hier, au Siège, on a encore vécu une situation d’anthologie dans le groupe. C’était la présentation des directeurs d’établissement. Il y avait le directeur de Montluçon, celui de Riom, mais pas celui d’Amiens nord. On pète un plomb, et Monsieur Mark Thys dit : ce n’est pas normal, il a raison. Monsieur Cavaillé dit : oui, mais il n’est pas là. Cinq minutes avant, Monsieur Dheilly, qui était au Siège, venait voir Monsieur Jurek pour lui demande de signer un ordre du jour. Tout ça pour vous dire que tout ça est bien orchestré, et la situation dont je suis victime est calculée au millimètre. Ils veulent un pétage de plomb en bonne et due forme, et le jour où ils ont le pétage de plomb, ils me massacrent. Pour l’instant, ils essaient de me faire quelques misères, mais ça ne va pas voler très haut. La garde à vue, ça ne va pas me faire un deuxième trou de balle, j’en ai fait, j’en ferai d’autres, ce n’est pas le problème. Moi, ce qui m’inquiète, c’est quand vous avez une RH qui se permet, sur les marches d’un escalier, devant des témoins, de me dire : vous n’avez plus d’avenir, ni ici, ni ailleurs, contrairement à moi. C’est ça qui m’a fait péter un plomb, en me disant : ce n’est pas possible qu’on me tienne des propos comme ça si le but n’est pas une réaction physique, de ma part au moins. Donc ce que j’ai fait, je suis descendu au local, j’ai pris ma veste, j’ai demandé à Madame Becker de me raccompagner, je suis reparti chez moi, et je suis allé voir mon médecin : quinze jours d’arrêt de travail dans un premier temps, antidépresseurs, psychologue, etc. hier, pendant une heure et demie, j’ai débattu avec Mark Thys, et je voyais Jean-Philippe Cavaillé qui n’arrêtait pas, jusqu’à ce que Mark Thys lui dise, je l’ai entendu : « Arrête avec Wamen, tu vas te planter ». On parle d’Amiens Nord, tout de suite il m’agresse. C’est tout le temps de l’agression, et moi, Jean-Philippe Cavaillé, il faut de mon cas une affaire personnelle. Mais ce n’est pas Jean-Philippe Cavaillé non plus. Il faut quand même savoir que d’anciens RH avec lesquels je suis encore en contact, qui m’ont écrit ou m’ont laissé des messages où ils me disent qu’il y a eu des réunions au Luxembourg dont l’ordre du jour était Wamen. Et quand je vais au comité de groupe européen, et j’ai des témoignages, de Monsieur Claude Olinger, qui était le secrétaire du GEICF au nom du groupe Goodyear, qui me dit : « Je ne parle même pas comme ça à mon chien, vous êtes un clebs. » Je pète un plomb, je m’en vais, j’ai des témoignages. Je reviens trois semaines ou un mois après, il était parti, parce que ça allait trop loin, ils le savaient. Quand vous avez un mec qui vous tape sur l’épaule, et qui vous dit : « Faites attention à vous sur la route, Monsieur Wamen, regardez bien dans vos rétroviseurs, il y a beaucoup de camions sur cette route-là », vous vous dites, ça va loin, quand même. Et effectivement, là où j’aurais fait une grosse connerie, c’est si je n’avais pas pris le temps d’écouter mes collègues qui me disaient : mets-toi au vert, va voir un médecin, parce que si tu tombes dans le piège, tu es viré, et ils vont te massacrer autrement. Donc je n’ai pas fait ça. L’enquête du CHSCT est terminée, Madame Seprez ne veut pas la signer. La réunion du CHSCT s’est très mal tenue, parce que Monsieur Dheilly a été odieux. Il n’a pas accepté que Monsieur Cavaillé ne puisse pas rester parce qu’il fallait faire un vote du CHSCT. La séance est suspendue de 11 heures 30 à 11 heures 40. - Sophie BOQUET Le projet de Thierry ESNUS. Donc c’est quelqu'un qui a un projet de créer une entreprise dans le bâtiment, de pose de menuiserie, électricité et plâtrerie. C’est sous un statut de SASU qu’il va créer. Donc ça nécessite un investissement de 19 000 euros pour démarrer. En fait, le bâtiment nécessite un peu d’investissement matériel, et notamment un véhicule adapté. Donc le tout, plus ses frais d’établissement, représentant un budget de 19 727 euros pour être précise. Plus un besoin de trésorerie parce qu’on sait que le paiement se fait avec un certain délai. Raison pour laquelle la personne demande le versement de la prime d’aide à la création en une seule fois. - Mickaël WAMEN Nous sommes favorables. - Jacques MARTIN C’est un autoentrepreneur ?Sophie BOQUET Non, c’est une SASU, c'est-à-dire une société individuelle. C’est une Société par Actions Simplifiées Unipersonnelle pour dire les choses très clairement. Ce qui permettra à Monsieur ESNUS d’être sous le régime des assimilés salariés. Monsieur GLESSER ? - Bernard GLESSER Favorable. - Sophie BOQUET Pour ne pas retarder le paiement des versements pour les salariés, nous avons demandé au service paie de préparer les soldes de tout compte, sachant qu’ils seront entérinés dès lors que la commission de suivi locale sera terminée, dans la mesure où les dossiers ont été validés. - Mickaël WAMEN Faut que ça soit actif. Vraiment actif. - Bernard GLESSER C’est ce qu’on a prévu. Donc on a déjà donné ces dossiers-là au service paie parce qu’il y a une date clôture de paie qui est limitée, qui était hier. Donc on leur a donné hier, sachant que si jamais ce n’était pas entériné aujourd’hui, on pourra toujours téléphoner pour leur dire : ne le faites pas. - Sophie BOQUET Ça évitera un décalage d’un mois, parce que suivant les personnes, ça peut être problématique. Michael DE PARIS. En fait, on est aussi sur une activité de bâtiment, mais plutôt sur du terrassement, sablage de façade et carrelage. - Guillaume BESSET Je suppose que vous l’avez sensibilisé sur la conjoncture actuelle. Parce que là, pour le coup, c’est très très difficile. Plus vous êtes petit, plus c’est difficile. - Sophie BOQUET Exactement. Ils ont été largement informés, même si ce sont des personnes qui démarrent avec une activité acquise dans la mesure où elles travaillent en sous-traitance pour d’autres entreprises. Pour autant, ça reste fragile. - Guillaume BESSET Et il a quel statut ? - Sophie BOQUET Alors Monsieur DE PARIS, je pense qu’on est sur un statut d’autoentrepreneur. Je vérifie... - Guillaume BESSET Je me permets de rebondir sur ce statut d’autoentrepreneur. Est-ce qu’il y a une visibilité sur le devenir des sociétés qui se sont constituées ? - Mickaël WAMEN J’aurais aimé aussi que ce soit un point à l’ordre du jour de la prochaine commission locale. Que l’on fasse un état des lieux des entreprises créées, de celles qui subsistent encore et de celles qui sont... - Sophie BOQUET C’est ce que l’on avait dit, souvenez-vous, à la dernière commission centrale. J’avais proposé qu’on le voie en local, et vous aviez souligné, à juste titre, que c’était intéressant de le traiter en central. Donc ce sera fait pour la prochaine centrale. Sachant que l’on pourra relayer l’information... - Mickaël WAMEN Moi je pense qu’il faudra faire en central. Moi aussi j’appuie la demande de Monsieur BESSET, à savoir que les commissions centrales doivent se tenir ici. - Guillaume BESSET J’en profite pour demander également à la Direction de réfléchir à ce point. Vu les enjeux qui sont en train d’exister au jour d’aujourd’hui, je pense qu’il faut clairement réfléchir à une délocalisation de la commission centrale à Amiens. Parce que là, si vous voulez, il y a des décisions qui méritent, à mon sens, que tous les acteurs du dossier soient présents pour en discuter et pour en décider. Ces conditions-là ne sont pas réunies aujourd’hui puisque la commission centrale a lieu à Paris, et ici on est à l’unité territoriale d’Amiens. Donc la compétence est Amiens. Donc on a un vrai problème de localisation de la commission. - Mickaël WAMEN Et la commission centrale ne doit pas faire obstacle aux commissions locales en parallèle. On peut maintenir les deux. On maintient les deux. - Bernard GLESSER Evidemment. - Guillaume BESSET C’est vrai que c’est quand même en central que les décisions sont prises, et à mon sens, il n’y a jamais en commission centrale de représentants de la région. - Bernard GLESSER Ils sont invités. - Guillaume BESSET Oui, mais ça pose une difficulté en termes de compétences. - Sophie BOQUET Je reviens sur mes propos. Monsieur DE PARIS, c’est une SARL qu’il crée et pas une autoentreprise. Et donc il demande aussi le versement en une seule fois puisque le besoin d’investissement est estimé à 18 000 euros. - Mickaël WAMEN OK. Donc nous validons le projet de Monsieur DE PARIS Mickaël. - Jacques MARTIN Oui. - Bernard GLESSER Oui. Avis favorable - Sophie BOQUET Monsieur Gaëtan GEBLEUX. Alors là, on est dans un projet un peu différent puisque c’est la reprise d’un commerce. D’un commerce de cycles qui existait à Doullens. Le commerce est viable. Le chiffre d'affaires est correct, la gestion était correcte, il y a des perspectives, c’est son domaine. L’avantage d’une reprise, en tout cas quand on reprend un commerce qui marchait plutôt bien, on bénéficie aussi d’une clientèle captive par rapport au magasin existant. Et c’est quelqu'un qui est passionné par le sujet, donc on espère que ça se passe très bien. Il a aussi un coût lié à la reprise du commerce, et il demande le versement en une seule fois. On valide ? - Jacques MARTIN Oui - Evelyne BECKER On valide. - Mickaël WAMEN Oui, on donne un avis favorable. - Sophie BOQUET Monsieur LECLERQ Nicolas. Donc lui... - Mickaël WAMEN Monsieur LECLERQ Nicolas, que j’ai eu le plaisir de rencontrer la semaine dernière dans une geôle à Amiens. Et pendant plus de dix heures, nous avons parlé effectivement de son projet. Et il y a une coquille, si je peux le dire ainsi, c’est qu’il a demandé le versement de la prime en une seule fois. Peut-être que vous n’avez pas l’information, et si vous en l’avez pas, je vais lui demander de vous la transmettre.

- Sophie BOQUET Là, c’était marqué... - Mickaël WAMEN Il a besoin d’un fonds de roulement pour commencer à acheter un véhicule, un camion transporteur. - Sophie BOQUET Oui parce que là, il était écrit – mais il n’y a pas de souci, on peut le revoir – « les investissements au démarrage ne justifient pas le versement de la prime créa en une seule fois ». - Mickaël WAMEN Il lui faut un camion à plateau. - Sophie BOQUET Oui. Ce n’était pas inscrit dans le dossier. - Mickaël WAMEN Je suis d’accord avec vous. Donc nous, on vous fait la demande en son nom puisque j’ai échangé avec lui pendant dix heures... - Sophie BOQUET Ce sera régularisé avec un courrier de sa part. - Mickaël WAMEN Oui. Si vous avez besoin d’un courrier... Mais je fais quand même la demande pour que ce soit versé en une seule fois pour qu’il puisse démarrer le plus vite possible son projet. Un projet qui lui tient à cœur depuis quelques mois et qu’il a mûrement réfléchi. Mais pour répondre à la question, il y en a plusieurs qui ont fait ça, notamment il y a Julio FIGUEIREDO, ça tourne très bien. - Sophie BOQUET C’est vrai. Curieusement, on avait un certain nombre de doutes et de réserves parce que ces personnes exerçaient déjà cette activité en complément de leur activité salariée passée. Mais c’est un peu différent quand on est en complément d’une activité salariée et quand ça devient la principale source de revenus. - Mickaël WAMEN Il est motivé en tout cas. Je peux vous le dire. - Sophie BOQUET Et tout le monde s’accorde à dire que la vente de véhicules d’occasion fonctionne plutôt bien, au détriment des véhicules neufs. - Mickaël WAMEN Forcément. Et puis quand vous sortez des circuits standards comme Renault, Peugeot, et cætera, vous avez des prix vachement plus attractifs. Surtout quand vous allez les chercher au Luxembourg ou au Benelux. Les mecs, ils remettent les compteurs à zéro... Je te garantis, tu as une bagnole ! Moi, j’ai acheté une Mercedes, elle avait sept ans, 45 000 kilomètres. Le mec, courtier en assurances, il ne roulait pas avec. J’ai fait une belle affaire ! - Sophie BOQUET Monsieur François FOURNIER, lui en fait, c’est une activité de pose de fenêtres et de portails. Il a déjà passé un accord avec les magasins Lapeyre... - Mickaël WAMEN Il n’y en a pas deux ! - Sophie BOQUET Avec les magasins Lapeyre qui, en fait, fournissent le matériel, proposent la pose et passent par des sous- traitants, des artisans en fait qui travaillent pour eux, et qui sont référencés, vers lesquels le magasin adresse la clientèle qui achète. Là, c’est sur un statut autoentrepreneur, puisque c’est essentiellement de la pose. Il n’y a pas besoin d’investissements importants, ce qui ne justifie pas la demande de versement de la prime en une seule fois. Voilà pour les projets de création d’entreprises. - Bernard GLESSER Y a-t-il d’autres points ? - Mickaël WAMEN Oui, plusieurs. - Evelyne BECKER Je voudrais démarrer sur la procédure des psys, parce que ça ne va pas du tout. Je prends mon cas personnel. Ce n’est pas la peine de le noter... - Mickaël WAMEN Si, il fait le noter, tu en auras besoin. - Evelyne BECKER J’ai vu avec Monsieur GLESSER pour un suivi psychologique me concernant. - Mickaël WAMEN Il me l’a proposé aussi d’ailleurs. - Evelyne BECKER J’ai eu la procédure qui devait passer par ICAS puisqu’on avait acté que les salariés pouvaient prendre le psy de leur choix. Donc moi j’avais fait le choix d’un psy, par contre, il fallait que je passe par ICAS. Alors il y a deux problèmes. Déjà, il y a cinq séances maxi. Je ne connais pas de psy qui va pouvoir dire le nombre de séance dont vous allez avoir besoin. Déjà, premier point. Donc cinq séances. Deuxième point, j’ai appelé la psy pour lui dire « est-ce que vous avez réussi à avoir ICAS ? ». Elle m’a dit « oui, ils m’ont envoyé un pavé, un dossier à remplir, je n’ai pas le temps de remplir ce dossier-là. » Ce sont des questions relatives à sa formation. C’est vraiment... Alors je lui ai dit de laisser tomber. J’en ai marre. Depuis le temps que je vous ai demandé ça, je suis toujours en train de voir avec ICAS, avec machin-bidule. Je vais régler mes séances de psy. Parce que là j’en ai marre. Mais je me dis, OK, moi, j’ai la possibilité aujourd’hui d’avancer, bien que j’aie également des difficultés financières. Mais comment font les salariés ? C’est impossible un tel dispositif ! ICAS est payé 750 000 euros par an pour soutenir les procédures. Arrêtez avec ICAS ! - Mickaël WAMEN Oui, arrêtez ! Et moi, ce que j’avais demandé, mais on n’est pas allé au bout du processus, c’était à l’époque où vous étiez un peu moins en colère que vous ne l’êtes en ce moment, et on parlait beaucoup, et je vous avais dit qu’il fallait que l’on ait un système qui soit au plus proche de là où les salariés habitent. Ce que je veux dire aussi, c’est que moi, je suis allé voir une psychologue, qui est plus qu’une psychologue, qui est une ancienne RH d’un très grand groupe industriel, et qui fait plus de la psychologie pour essayer de garder son flegme et son calme lors de diverses provocations dans les réunions. J’ai fait une première séance qui s’est très bien passée. Le problème est que ça coûte un bras. C’est 80 euros la séance pour ne rien cacher. Et alors que la Direction maintient régulièrement que je ne suis pas harcelé, on me propose quand même un suivi psychologique. Pour quelqu'un qui n’est pas harcelé, c’est quand même fort de café. Je ferai valoir tout ça, bien évidemment, devant la justice quand il faudra que je le fasse. Mais pour autant, aujourd’hui, je n’ai pas les moyens, très clairement, de payer 80 euros par séance et de plus, comme l’a dit Evelyne, c’est limité dans le temps. Et moi, la psy que j’ai vue, elle me dit que c’est un travail de longue haleine. Il faut que je la voie au moins une fois par mois, donc j’y retourne la semaine prochaine pour ne rien vous cacher, et elle m’a dit, dans le premier bilan que l’on a fait, qu’il faut que j’arrive à canaliser toute cette énergie. C’est ce qu’elle me dit, parce que j’ai beaucoup d’énergie. Parce que quand vous me provoquez comme ça, c’est difficile. Et ça coûte cher. Donc moi je veux bien y aller, parce que de toute façon je me sens vraiment mal, à un point où il faut aller voir un psy, mais je n’ai pas les moyens de payer 80 euros par séance. Ce n’est pas possible. - Evelyne BECKER Donc on fait comment ? Parce que si ça doit prendre trois mois pour avoir un rendez-vous chez un psy parce qu’il y a un extrait de casier judiciaire presque à faire... Ils lui disent que comme elle n’a pas de cursus universitaire, il faut qu’elle fournisse tous les documents sur l’école qu’elle a faite, et tout, et machin. Il y a plus d’un psy qui va abandonner et qui va dire...Reynald JUREK En complément, si vous alliez directement à la SODIE rencontrer Madame Anne MAQUET, gentiment, j’ai trouvé cette personne franchement sympa. Je ne sais pas ce qu’elle fait là, mais sympa. Elle vous donne rendez-vous pour le mardi, elle dit « oui, effectivement »... J’ai mon médecin traitant qui m’envoie voir quelqu'un, donc je suis le parcours normal. La procédure. On me donne un rendez-vous pour le mardi, et le samedi à 22 heures 30, j’ai un texto : « je ne suis pas libre mardi après-midi. Prenez contact pour voir quand on peut se voir ». Alors si on n’est vraiment pas bien, je suis désolé... Je vais vous dire clairement, j’ai laissé tomber.

Mickaël WAMEN Tu ne dois pas. - Evelyne BECKER C’est elle, Madame MAQUET, qui a dit à Madame CADORET : j’ai un quart d’heure à vous consacrer. C’est la même chose. - Reynald JUREK Et bien là, ça fait pareil. Elle a je-ne-sais pas combien de rendez-vous. Elle vous case dans un petit coin machin pour vous faire plaisir, puis elle vous téléphone... - Mickaël WAMEN D’autant plus que tu n’auras pas de rendez-vous parce que si les lettres partent la semaine prochaine et que les mecs apprennent qu’ils n’ont plus de congé de reclassement, il va falloir en embaucher cinq ! Ils vont se suicider les mecs. - Evelyne BECKER 750 000 euros par an le cabinet de psychologues ! 750 000 euros par an ! Et moi je veux juste avoir un suivi, et pouvoir choisir. Ça avait été acté dans les commissions. - Mickaël WAMEN C’est hyper compliqué pour avoir droit à ça. - Guillaume BESSET Concrètement, la demande c’est quoi du coup ? - Mickaël WAMEN On veut que la procédure soit simplifiée. Je vais voir mon médecin traitant, qui me dit : vous avez besoin d’un soutien psychologique. Je vais voir un psychologue dans ma région, je ne vais pas venir à Amiens et je lui dis : est-ce qu’on peut faire une convention d’honoraires ensemble ? Moi, j’ai besoin d’un document qui est simple. Je paie, j’avance et on me rembourse. C’est tout. Sur factures. C’est tout ce que je veux. - Sophie BOQUET Le principe, c’est qu’ICAS gère la prise en charge financière. Brouhaha - Evelyne BECKER Il faut que ça, ça puisse être annulé. Parce que c’est une catastrophe. - Bernard GLESSER Je vais répondre si vous voulez. - Mickaël WAMEN Je n’ai pas envie d’aller à la SODIE voir une psychologue. On m’a dit que j’avais le droit de choisir le ou la psy de mon choix. - Bernard GLESSER Si vous voulez bien, je vais répondre. Nous avons signé une convention avec ICAS, effectivement, qui met à disposition un certain nombre de prestations, que je vais vous rappeler. C’est d’une part – et ce n’est pas la peine de hurler après chaque mot que je vais dire – la ligne d’écoute active qui est disponible sept jours sur sept, 24 heures sur 24, et qui s’adresse aussi bien aux salariés qu’à leur famille. - Guillaume BESSET C’est une permanence téléphonique c’est ça ? - Bernard GLESSER Non, ce n’est pas une permanence téléphonique. C’est au-delà de la permanence téléphonique. Ce sont, à l’autre bout, des psychologues. Ce n’est pas une plateforme. - Evelyne BECKER Détresse amitié j’écoute ? - Bernard GLESSER On peut rire de tout effectivement, mais ça, je ne suis pas sûr... Il y a un certain nombre de salariés... - Evelyne BECKER Vous pouvez nous donner le nombre d’appels ? Pour 750 000 euros ? - Bernard GLESSER Il y en a peu. Brouhaha. Ensuite, vous avez... Le nom de votre psy n’intéresse personne. Mistico. D’accord. Ensuite, vous avez des permanences psy qui sont tenues sur le site de Boves. Mais elle peut se déplacer. D’ailleurs, elle s’est déplacée ici à plusieurs reprises. Elle est là trois jours par semaine. - Evelyne BECKER Elle a failli se suicider, Madame CADORET, après avoir vu Madame MAQUET. - Bernard GLESSER Et puis, vous avez une autre prestation qui consiste à dire : vous pouvez prendre contact avec un psychologue de notre réseau. Et vous avez droit à cinq séances. On n’a jamais dit que l’on prenait un traitement sur des années. On a dit, voilà, ce sont des choses qui sont relativement urgentes, et c’est une prestation, ce sont cinq séances avec... - Reynald JUREK Comment pouvez-vous dire que c’est cinq séances ? Il y a des gens qui en ont besoin de deux, et d’autres de dix ! - Bernard GLESSER Si vous voulez choisir une psy qui n’est pas dans le réseau d’ICAS, la responsabilité d’ICAS étant engagée, il m’apparaît normal qu’ils s’assurent du sérieux de la personne avec qui...Evelyne BECKER Ça veut dire que l’on n’a pas le choix. - Bernard GLESSER ...avec qui vous allez engager ce genre de traitement. - Evelyne BECKER Il y a tellement de freins que c’est impossible. - Mickaël WAMEN Monsieur GLESSER, c’est le genre de dispositif sur lequel il faut beaucoup plus de souplesse plutôt que de la rigidité. Parce que je pense que l’on n’a pas tout vu. La détresse des salariés, on ne l’a pas encore vue, mais ça va arriver. Si vous maintenez votre position qui était celle de tout à l’heure qui, pour moi, est une catastrophe, là, je pense que des psys, vous pouvez en embaucher à la pelle. Cela étant, j’ai envoyé un mail à Monsieur CAVAILLE, copie à Monsieur Bernard GLESSER, à la DIRECCTE, à tout le monde, pour leur signaler la chose suivante. Le Code du travail dit qu’un dispositif prévoyant un renforcement du soutien RPS pour les salariés est inopérant à partir du moment où il n’a pas permis d’éviter un certain nombre de passages à l’acte ou de dérives dans ce sens. Et je le redis, nous avons eu à déplorer 13 décès en 2014. Un décès clairement, un suicide d’un salarié dans un hôpital psychiatrique d’Amiens, il a laissé une lettre dans laquelle il dit très clairement que c’est lié à la perte de son emploi. Nous avons eu aussi à déplorer le décès par arrêt cardiaque d’un salarié de 32 ans qui buvait quatre bouteilles de whisky par jour. Et ça depuis la fermeture du site. Donc ces gens-là, nous les avions envoyés au suivi psychologique. Et il semblerait que le suivi psychologique ne leur ait pas permis, malheureusement, de ne pas passer à l’acte. Parce que quand vous avez 32 ans, que vous buvez quatre bouteilles de whisky par jour et que vous savez que la fin sera de toute façon écrite et que c’est une mort certaine, c’est une forme de suicide. Mais effectivement, je peux comprendre, parce que je l’ai dit hier à Monsieur CAVAILLE et à Monsieur THYS, il y a une excellente émission qui est passée, qui s’appelle Cash investigation sur France 2, dans laquelle, vous avez un patron d’un grand groupe qui dit... Alors que l’Inspection du travail, que la CRAM, disent très clairement : « ce monsieur est mort consécutivement à un harcèlement sur son lieu du travail ». Et vous avez le patron de la société qui dit : « c’est faux. La CRAM peut dire ce qu’elle veut, je m’en fous royalement, moi, j’ai une autre version des faits, ce Monsieur avait des problèmes personnels ». Ce qui est complètement délirant ! Et aujourd’hui, je vous le dis, je ne suis plus membre du CHSCT, mais je suis représentant syndical au CHSCT, je vais demander à mes collègues de demander une réunion exceptionnelle du CHSCT pour qu’on puisse revoir avec vous l’intégralité du processus. Un processus RPS doit permettre d’éviter des passages à l’acte. Or, en l’occurrence, votre processus – et c’est le Code du travail, c’est le législateur qui le dit – à partir du moment où le processus est inopérant, il faut le revoir dans son intégralité. Ce n’est pas la première fois que je tiens ces propos. Donc j’ai écrit une lettre qui me semble de bon sens, à CAVAILLE et à toute la clique. Résultat des courses, je n’ai pas de réponse. Par contre, pour d’autres choses, j’ai effectivement des réponses dans la seconde qui suit, mais pour ça, je n’ai pas de réponse. Et je maintiens que le processus n’est pas adapté aux besoins des salariés. Il faut, puisque vous considérez qu’un certain nombre de salariés doit quitter le congé de reclassement sans même nous en avoir informés, il faut que vous ayez un système d’accompagnement en dehors de la SODIE. Parce que ça veut dire que les gens qui vont recevoir un document dans lequel on dit : vous virez du congé de reclassement et vous partez au chômage direct, ces gens-là vont aller où ? A la SODIE pour aller voir un psychologue ? - Evelyne BECKER Et en plus c’est nul ! C’est nul ! - Mickaël WAMEN Et ce n’est pas possible. Ils ne vont pas retourner à la SODIE puisqu’ils n’ont plus le droit d’y aller. - Sophie BOQUET Inaudible - Mickaël WAMEN Non, ils n’y vont pas. C’est faux. - Evelyne BECKER Elle est nulle ! - Mickaël WAMEN Je ne sais pas si elle est nulle ou pas nulle, mais je pense qu’aujourd’hui, quand je vois que ça coûte 750 000 euros au bout, je me dis qu’il y a un vrai problème de fond. Il y a quelqu'un qui se met du fric dans la poche. - Evelyne BECKER Il y a BASSENS. - Mickaël WAMEN Ce n’est pas possible. Et vous avez été un des premiers, Monsieur GLESSER, à dire que Monsieur BASSENS avait été très mauvais lors d’une intervention dans une des premières réunions de commission nationale où il disait que pour les salariés qui arrivaient en état d’ébriété, il fallait faire venir les forces de l’ordre. Monsieur BASSENS. C’est quand même fort. Il a dit : « moi je ferai venir les forces de l’ordre, et je les foutrai dehors avec des menottes ». Pour un mec qui arrivait un peu éméché parce qu’il avait perdu son boulot, alors qu’au contraire il fallait faire de la psychologie et leur permettre effectivement de s’apaiser et de discuter avec eux. Parce que c’était violent quand même. Et je pense que Goodyear devrait quand même prendre acte de ce que je vais dire, c’est que la perte du boulot a été un drame. Et ce qui a permis aux gens aujourd’hui, en grande partie, et j’en suis très content, de ne pas passer d’un drame social à un drame physique, c’est qu’ils ont une famille et qu’ils se disent qu’ils tiennent quand même à la vie, qu’il y a quand même des choses belles dans ce monde, malgré tout. Le fait de les sortir du congé de reclassement aussi violemment que vous voulez le faire, ça va être un deuxième drame, et je ne suis pas sûr qu’il y ait des gens qui pourront accepter ça une deuxième fois. Je vous le dis tel que je le pense. Et là, votre cabinet qui n’est déjà pas opérationnel, il va être débordé, et ça va être un drame pour tout le monde. Donc je pense que c’est une question de santé publique pour les salariés de revoir complètement votre suivi RPS. Et s’il le faut, je demanderai au CHSCT de nommer un cabinet d’experts indépendant pour qu’il fasse une expertise sur l’état psychologique des salariés dans le cadre du congé de reclassement. J’ai tout à fait le droit de le faire en tant que membre du CHSCT. Et les salariés sont encore inscrits à l’effectif puisqu’ils vont voter. Donc je le ferai, et ça vous coûtera 250 000 euros d’expertise. Voilà. - Evelyne BECKER Lors d’une réunion de commission centrale, il y avait Monsieur BASSENS, et j’ai dit que ça c’était très mal passé avec Madame MAQUET, qu’il y avait eu une faute professionnelle de faite. Monsieur BASSENS nous a dit à tous : « oui, mais vous avez donné une mauvaise image du cabinet ICAS aux salariés, je vous demande de redorer notre blason ». Je ne sais pas si vous vous rappelez de ça. Monsieur SZYROCKI a dit : « on n'est pas vos représentants de commerce pour aller dire du bien de vous ». Cette bonne femme-là est toujours là ! Après, ce qui s’est passé, je l’ai expliqué. J’ai expliqué ce qui s’est passé, et je veux bien le réexpliquer encore aujourd’hui. Mais ce qui s’est passé avec Madame CADORET, c’est une honte. C’est une faute professionnelle. Et aujourd’hui, quand Monsieur JUREK l’appelle pourprendre rendez-vous, deux jours avant, un samedi, elle vous dit : « votre rendez-vous est annulé ». Et cette personne a quand même dit à Madame CADORET : « je veux vous voir ». Elle lui a dit : « non, je ne veux pas vous voir ». Son mari s’était suicidé, quand même ! C’est une catastrophe. Et aujourd’hui, quand moi je demande à voir quelqu'un, ce n’est pas possible. - Guillaume BESSET C’est un problème. - Bernard GLESSER Pour qui ? - Guillaume BESSET C’est un problème de personne aussi. - Bernard GLESSER On peut effectivement mettre en exergue un ou deux cas pour lesquels il y a des difficultés. Il n’empêche qu’ICAS a reçu des dizaines et des dizaines de personnes avec qui ça se passe bien. Effectivement, on peut toujours trouver des cas pour lesquels ça se passe mal, mais il y a aussi des cas pour lesquels ça se passe bien. - Reynald JUREK Quand on ne vous laisse pas le choix, il faut bien que l’on aille... Il y a des gens qui sont dans un tel état qu’il faut qu’ils aillent la voir malgré tout. Honnêtement, je vais vous dire ce que j’en pense, je ne suis pas persuadé que quand ils ressortent, ils soient beaucoup mieux. Honnêtement. Et c’est dramatique. Mais quand la personne n’a pas d’autre choix, elle y va. Pour un résultat qui est quasiment nul. - Evelyne BECKER Pouvez-vous me dire pourquoi cette dame, Madame MAQUET, a insisté ? J’étais avec Madame CADORET, dont le mari s’est suicidé à l’hôpital psychiatrique. J’étais avec elle à la SODIE. Elle lui dit : « je veux vous voir ». Madame CADORET lui dit : « je ne veux pas vous voir. Je ne veux pas voir de psy pour le moment. » « Oui, mais moi je suis là. » « Mais moi, je ne veux pas vous voir ». « Mais moi, j’ai un quart d’heure, là. A 17 heures j’ai fini, mais j’ai un quart d’heure où je veux vous voir. » Elle lui dit « non, je n’ai pas envie ». On fait les présentations et elle dit : « je veux bien si Evelyne vient avec moi. » J’y vais, ils font les présentations. Je lui dis : « au moins tu as fait les présentations. Si jamais tu as besoin, tu sais que c’est cette personne-là. Si elle ne te plaît pas, tu peux en choisir une autre. » On va dans le bureau de la psy à la SODIE, la psy dit : « je vous présente mes condoléances, ça doit être difficile, tatata... Comment allez-vous, Madame ? ». Alors moi je dis « Attendez, ça devient intime, je sors, je vous laisse toutes les deux ». Je suis au téléphone dans la SODIE avec la mère de celui qui est mort quelques jours avant, Monsieur CADORET, elle sort en furie, cette psy, et elle me dit « Raccrochez ! ». Je lui dis « ça ne va pas ? ». Elle me dit « Raccrochez ! Cette femme- là ne va pas bien, emmenez là chez le médecin. » Je ne peux pas l’emmener chez le médecin, j’ai une réunion avec les salariés. « Vous avez décidé de la prendre en charge... » La bonne femme, elle me dit « allez-y, prenez là, emmenez là chez le médecin. » La dame en question, elle est en train de pleurer, assise, en train de dire « je ne veux pas voir cette dame, elle m’a fait ressasser tout ce qui s’est passé avec Laurent, je ne voulais pas la voir. » Qu’est-ce que je fais ? Je suis prise en otage. Elle, elle part à 5 heures. Elle a fini son truc. 750 000 euros ils sont payés, avec des horaires à la noix. Qu’est-ce que je fais ? Je prends la dame, je l’emmène jusqu’à chez son médecin, je l’attends. Je suis rentrée chez moi à 22 heures. Je m’en fous, ce n’est pas ça. Mais on fait quoi ? Elle, elle a fait quoi de son boulot ? Et quand je dis ça à BASSENS, BASSENS me dit « oui, mais bon, l’image que vous avez donnée de nous... »Jacques MARTIN Il y avait une organisation qui existait avant les conflits et tout ce qui s’est passé, mais cette organisation a été supprimée. Ça a été dit en RPS. Moi le premier, j’ai critiqué cette façon de faire. Et au jour d’aujourd’hui... Brouhaha Et j’ai dit à Monsieur GLESSER et à Monsieur Michel DHEILLY qu’on faisait faute route. Des psychologues appartenant à la Région, ça ne peut pas marcher. Ça ne pouvait pas marcher. - Evelyne BECKER Pour voir d’autres psychologues, ils avaient dit OK. Ils avaient dit OK, sauf que le dispositif est tellement lourd qu’il n’y a pas un psy qui va accepter de remplir leur truc. Et le mec, il a besoin de voir un psy avant trois mois. Une fois que le dossier sera finalisé... - Mickaël WAMEN Et en plus, on nous reproche de ne pas être dans les commissions veille RPS, mais Monsieur MARTIN qui y est a dit qu’il avait fait un certain nombre de remarques qui n’ont jamais été prises en considération. A quoi ça nous servirait d’être dans des comités de veille ? On vient entériner des décisions qui ont été prises au préalable. C’est un peu comme là. - Jacques MARTIN C’est comme les fameuses lettres qui vont partir. - Mickaël WAMEN Sauf que ça, ça va avoir un impact. Ça ne va pas être la même limonade. Je vois les gens ce soir. Je vais donner votre position en disant que pour l’instant, on va essayer de faire en sorte que ça change, mais ce n’est pas gagner. Monsieur GLESSER, il faut absolument que soit, on se fait une réunion... Je vais faire une proposition parce qu’il faut quand même sortir avec des propositions à un moment donné. Soit on fait une réunion spécifique, une commission locale spécifique sur le suivi RPS et les aménagements que l’on peut y apporter. Ou alors, je ferai une demande de CHSCT exceptionnel sur les RPS et le suivi psychologique des salariés encore à l’effectif. Voilà. Il me semble que la première serait la meilleure. - Evelyne BECKER C’est le bon sens qui prévaut normalement, mais bon... Il n’y en a pas beaucoup. - Guillaume BESSET Monsieur GLESSER, quelle est votre réaction sur ce point ? - Bernard GLESSER Oui, on va organiser une réunion extraordinaire de la commission locale de suivi. On peut regarder. Je ne sais pas ce que vos vous êtes dit quand j’étais sorti. La même chose ? On va voir comment on peut aménager et simplifier la procédure. Oui. Tout est possible, en tout cas on peut discuter de ça. - Mickaël WAMEN Vous pensez réunir cette commission quand ? - Bernard GLESSER Ecoutez, je ne sais pas. - Mickaël WAMEN Il y a peut-être des décideurs qui peuvent venir aussi au niveau du Groupe pour le coup. Ce serait intéressant. Pas dans les prochains 15 jours si j’ai bien compris, vous êtes en vacances, c’est ça ? - Evelyne BECKER Ça peut être quelqu’un d’autre que vous, Monsieur GLESSER. - Bernard GLESSER Tout à fait, ça peut être quelqu'un d’autre que moi. Ce n’est pas parce que je ne suis pas là que la vie s’arrête. - Evelyne BECKER C’est sûr. - Bernard GLESSER Merci de le faire remarquer Madame BECKER. - Evelyne BECKER C’est pour tout le monde pareil. Personne n’est indispensable. - Bernard GLESSER Là-dessus, j’ai noté. Je pense que ça ne pose aucune difficulté. On va organiser effectivement une réunion extraordinaire de la commission locale de suivi. - Evelyne BECKER Qu’est-ce qu’on fait en attendant ? - Bernard GLESSER Que voulez-vous faire en attendant ? - Evelyne BECKER Est-ce que si je vais à mon rendez-vous et que j’ai un document qui dit « j’ai reçu la somme de 80 euros de Madame BECKER »... - Bernard GLESSER Non, on ne peut pas entériner quelque chose. Sinon on aura 500 personnes qui, potentiellement, nous demanderont des remboursements de psycho sur je ne sais combien de séances. Donc, on ne va rien entériner avant cette réunion. - Evelyne BECKER Il faut que j’aie mon rendez-vous. Je ne peux plus attendre. - Mickaël WAMEN Je ne connais pas beaucoup de gens qui vont voir un psychologue par plaisir. - Bernard GLESSER Ecoutez, il y a une procédure. Vous pouvez choisir une psycho qui est déjà dans le réseau, déjà référencée par ICAS. - Evelyne BECKER Non, je ne peux pas. J’ai eu les noms, je ne peux pas. - Bernard GLESSER Alors si vous ne pouvez pas, il est normal qu’ICAS vérifie la, comment dire, le sérieux de telle ou telle personne qui va intervenir en son nom et qu’elle va rémunérer. - Evelyne BECKER Ça fait plus d’un mois que j’ai fait la demande. Je ne fais pas exprès. J’ai une vie de famille, vous croyez que j’ai du temps à perdre à aller prendre rendez-vous avec un psy ? Aujourd’hui, j’ai rendez-vous le 26, je vais y aller le 26. - Bernard GLESSER Madame BECKER, je découvre votre situation aujourd’hui. Vous ne m’en avez parlé à aucun moment. - Evelyne BECKER J’ai eu ICAS avant-hier ! - Reynald JUREK Ça ne vous regarde pas - Bernard GLESSER Ça ne me regarde pas, vous avez raison, maintenant, si je peux avoir un effet facilitateur, je le fais volontiers. - Mickaël WAMEN Donc vous faites du cas par cas. Du clientélisme. C’est un peu dommage. - Bernard GLESSER Dans ce cas-là, c’est vachement simple. Effectivement, vous avez raison, Monsieur JUREK, ça ne concerne pas Goodyear, et je vais me désintéresser de la question sur les cas particuliers. - Evelyne BECKER Monsieur GLESSER, ma demande date du 11 février. - Bernard GLESSER Madame BECKER, je vous ai répondu instantanément. Evelyne BECKER Je sais. Je ne vous parle pas de votre réponse, je parle du dispositif mis en place. Depuis le 11 février, j’arrive à avoir quand même... Au final, j’ai dit : le rendez-vous, je le prends. Le 26 mars, je ne vais quand même pas attendre l’été. Si je vous fais la demande le 11 février, c’est que je ne vais pas bien le 11 février. Donc j’ai pris rendez-vous. Maintenant, si je dois en avoir pour 100 euros de ma poche... - Mickaël WAMEN Moi, je pense très sincèrement que vous avez tout intérêt à élargir le dispositif. Parce que comme vous le disiez, on ne va pas payer 80 euros par séance pour 500 personnes. Moi, je préfère que vous payiez 80 euros pour 500 personnes plutôt que d’aller régulièrement à des deuils. - Bernard GLESSER C’est une image que j’ai donnée, vous avez bien compris. Ce que je disais... - Mickaël WAMEN Le bien-être d’une personne et la vie d’un homme n’a pas de prix. Et je le redis, le Code du travail stipule que dès lors qu’un dispositif mis en œuvre n’est pas opérationnel, il est nul de droit. Nul. Vous pourrez certainement, un jour ou l’autre, devant le tribunal venir dire que vous avez mis en place un système qui fonctionnait parce qu’il a coûté 700 000 euros. Mais là aussi, on ne mesure pas l’efficacité d’un système à ce qu’il coûte, mais aux retours des salariés. Et aujourd’hui, le retour des salariés est vraiment mauvais. Ce n’est pas la première fois, et je pense que systématiquement à chaque réunion, on parle des RPS. Et je dis que le système est inopérant. Il coûte cher certes, mais il n’est pas efficace. C’est un drame. Vous pouvez même rajouter 3 millions d’euros pour ICAS, je pense qu’ils vont les prendre, ce n’est pas un problème pour eux, mais pour autant, ils ne seront toujours pas efficaces. C’est tout. Ce n’est pas une question de fric. C’est une question de dispositif, et d’élargissement du dispositif. Il faut que le soutien psychologique des salariés soit au plus proche de leur domicile et de leurs besoins quotidiens. - Evelyne BECKER Ce n’est pas un rendez-vous chez l’ophtalmo. Là, quand on est en souffrance... ça fait plus d’un mois. Et si je ne me dis pas OK, je prends le rendez-vous à ma charge... - Reynald JUREK Si vous prenez directement rendez-vous avec eux, c’est encore pire parce qu’on vous retire... On va vous dire : j’ai un petit empêchement, on se contacte jeudi ou vendredi. C'est-à-dire que le jeudi ou vendredi, vous dites, ce n’est pas grave, ça peut attendre. - Mickaël WAMEN En tout état de cause, j’ai pris note que vous allez nous communiquer une date assez rapidement, voire très rapidement. J’attends avec impatience cette réunion pour que l’on puisse enfin élaborer un nouveau plan d’action. Il ne faut pas partir du plan d’action existant. C'est-à-dire qu’il faut considérer qu’il n’y en a pas, qu’il est inopérant, et rebâtir tout complètement. - Evelyne BECKER Et coûtera moins cher. Je ne comprends vraiment pas... - Mickaël WAMEN Vous mobilisez une entreprise externe, ça nous coûte une blinde, et le retour est très très très faible. - Evelyne BECKER En plus, il y a un truc qui ne fonctionne pas. - Mickaël WAMEN Il faut que tu comprennes une chose Evelyne. C’est qu’aux Prud’hommes, l’avocat de la Direction, Monsieur Joël GRANGE, va venir démontrer que Goodyear n’est pas responsable d’un passage à l’acte ou deux, parce qu’ils ont mis des moyens colossaux, 700 000 euros, pour un cabinet de soutien psychologique. Or, le Code du travail vient de redire que ce n’est pas parce qu’on met un cabinet de soutien psychologique en place que pour autant, on peut éviter des drames. Et je pense que vous devriez aussi réfléchir, dans le même temps, à ne pas envoyer les lettres que vous avez prévu d’envoyer. Ça aidera tout le monde. - Bernard GLESSER Autre chose ? - Reynald JUREK Oui, mais vraiment, c’est du pipi de chat, on va dire. Où en est-on pour les dotations en pneumatiques ? Parce qu’à chaque fois, vous nous dites que c’est bon. - Mickaël WAMEN Moi, j’en fais partie. Je vous explique, j’ai envoyé un mail à Madame SEBREZ il y a 15 jours, parce que je suis quasiment en train de rouler sur les jantes. J’ai deux pneus arrière qui sont complètement secoués, et il faut absolument que je les change. Aujourd’hui pour ne rien vous cacher, parce que je ne vais pas repartir avec mes pneus complètement flingués. Madame SEBREZ me dit « on est en train de regarder pour les salariés protégés, pour les salariés non licenciés en règle générale, de prolonger la date possible d’utilisation du pneu ». Sauf qu’on ne m’a pas dit oui ou non. Moi, je n’ai toujours pas de pneu. Et puis il y a des salariés qui, eux, sont dans une merde noire, parce qu’ils n’ont bénéficié de rien. - Reynald JUREK Alors qu’avant la période de Noël, on nous a dit : « tout le monde bénéficiera des quatre pneumatiques. » - Mickaël WAMEN C’était une parole, et je crois que c’était la dernière parole de Madame LE COUEDIC Chantal. - Reynald JUREK Mais là, moi, j’en ai deux en particulier, Monsieur MAUREL Freddy et Monsieur GUAGNOU Manuel. Ils attendent, ils nous relancent régulièrement, et je n’ai pas de réponse à leur donner. Moi, on m’a dit que tout sera réglé. - Mickaël WAMEN Il y avait Madame LE COUEDIC Chantal qui prenait parole au nom de Goodyear. On a les PV. - Bernard GLESSER Je ne suis pas sûr que ce soit de la compétence de la commission locale de suivi. - Mickaël WAMEN L’attribution des quatre pneus gratuits n’est pas dans l’accord de fin de conflit ? - Bernard GLESSER Non. - Mickaël WAMEN Relisez-le, c’est dedans. - Bernard GLESSER Non, ce n’est pas dedans. Ce n’est pas pour ça qu’on ne va pas le faire. Mais vous savez que ce n’est pas cette compétence, donc je n’ai pas préparé les éléments de réponse, ne sachant pas que ce serait abordé là, dans la mesure où ce n’est pas de la compétence de la commission. - Reynald JUREK A chaque réunion on en parle ! - Bernard GLESSER Non, vous en parlez principalement en CE. - Reynald JUREK Non ! - Mickaël WAMEN En commission de suivi aussi. Il y avait des cas particuliers traités en commission de suivi avec Madame LE COUEDIC. - Bernard GLESSER En commission centrale parce qu’il y a CAVAILLE qui est là, mais... - Reynald JUREK Mais quand on est en central, on nous dit que c’est l’affaire d’Amiens Nord. Que c’est purement du local. Alors quand c’est du local on nous dit que c’est du national, et quand on est en national, on nous dit que c’est du local. - Jacques MARTIN D’où l’intérêt de tout décentraliser sur Amiens - Reynald JUREK Trois cas, vous n’allez pas me dire que vous ne pouvez pas régler trois cas ! - Bernard GLESSER Je ne dis pas qu’on ne peut pas, je dis que je n’en sais rien. Je n’en sais rien parce que je ne m’occupe pas du dossier - Mickaël WAMEN Il y a quand même une personne qui s’appelle madame Michelle SEBREZ, à qui on a donné la responsabilité de gérer l’état des pneus et les bons de commande des salariés. Mais effectivement, je peux comprendre que Madame SEBREZ n’ait pas eu le temps de gérer les pneumatiques parce qu’elle est énormément occupée à gérer les notes de frais. Elle ne peut pas être partout. - Reynald JUREK Une autre petite chose. Je vous ai remis en main propre dans cette même salle une tablette pour les 30 ans d’ancienneté de Monsieur BREZIN Jean-René. C’était l’année dernière. Il n’a aucune nouvelle - Bernard GLESSER Si, il a des nouvelles. On lui a changé sa tablette. Agnès l’a appelé 15 fois pour lui dire que c’était à sa disposition à Boves, il n’est jamais venu. On avait des tablettes disponibles puisqu’on continue à en distribuer. Donc Monsieur BREZIN, au lieu de réclamer comme ça, et bien il répond à ces invitations. - Reynald JUREK Je vais lui dire. - Evelyne BECKER Il ne pourra peut-être pas conduire Monsieur BREZIN. - Reynald JUREK Après, on a un problème avec une personne... - Bernard GLESSER Attendez ! Monsieur BREZIN, il ne sait pas conduire. Il ne faut peut-être pas exagérer les choses. Très clairement, la tablette est cassée parce qu’elle est tombée par terre. Ce n’est pas le fait de Goodyear. On estdéjà bien gentil de lui remplacer, on ne va pas non plus lui payer un taxi pour qu’il vienne la chercher. Il ne faut pas pousser. - Evelyne BECKER Vous savez pourquoi elle est tombée par terre ? Parce que Monsieur BREZIN, ses mains vont lui être coupées bientôt, parce qu’elles ont été bousillées avec des produits ici et que le médecin du travail lui a dit que ce n’était pas grave. Les avez-vous vues ses mains ? - Bernard GLESSER Je connais Monsieur BREZIN. On lui a proposé de venir chercher sa tablette depuis plusieurs mois. Alors qu’il vienne. - Reynald JUREK Il va venir. Je n’étais pas au courant et à la limite, je le prends pour moi. C’est bon. Madame Allain-Robert-Martin. Elle n’a toujours pas eu d’explication sur ce qui lui manque sur son solde de tout compte. - Bernard GLESSER J’ai rencontré personnellement Madame, je lui ai expliqué l’ensemble des éléments du solde de tout compte et il y a un courrier d’explication qui a suivi.

- Reynald JUREK Vous l’avez reçue ? - Bernard GLESSER Oui, je l’ai reçue sur le site de Boves. - Reynald JUREK Et vous lui avez expliqué pourquoi il lui manquait 10 000 euros ? - Bernard GLESSER Non. Je n’ai pas expliqué puisque pour moi, il ne manque pas 10 000 euros. - Reynald JUREK C’est tout ce que je voulais savoir, ça me permettra de lui répondre. - Mickaël WAMEN Monsieur DEVERCHIN Jean-Pierre, avez-vous fait le nécessaire en ce qui concerne sa demande d’avance sur sa prime de départ ? Je vous ai rappelé un soir. Il avait fait une demande d’avance, et vous aviez dit que vous étiez en train de regarder. - Bernard GLESSER S’il m’a fait une demande officielle, c'est-à-dire un document écrit et un justificatif, il l’a eu. Je ne sais pas dire parce qu’il y en a eu de très nombreuses. Donc de mémoire, je ne sais pas répondre à ça. S’il m’a adressé ou s’il a remis à Agnès ces deux documents, c’est fait. - Reynald JUREK OK. J’ai fait le tour de ce que j’avais. - Mickaël WAMEN Moi, il y a Monsieur Jean-Marie PLESSIE, à qui vous aviez accordé une avance de 12 000 euros pour faire les travaux. Il a démarré les travaux, il a eu des surprises, et il s’aperçoit qu’il faut qu’il recommande du matériel. Donc il m’a sollicité avant-hier pour savoir si vous pouviez lui refaire une avance. - Bernard GLESSER Alors pour Monsieur PLESSIE je ne sais pas, j’ai eu plusieurs salariés qui avaient demandé des prêts, pour certains importants. Je ne perds pas de vue le fait que les salariés vont se retrouver sans revenu pendant une période plus ou moins longue. C’est la carence à Pôle Emploi. - Mickaël WAMEN Trois mois maximum. Il n’est pas sous le coup de la nouvelle règle. - Bernard GLESSER Donc pendant trois mois, ils ne vont pas avoir de revenu. - Mickaël WAMEN C’est maxi 75 jours. Donc, notre réflexion est pertinente. Vous pouvez considérer qu’un salarié qui gagne 2 000 euros, il peut avoir 6 000 euros de maintien de prime. - Bernard GLESSER Je veille toujours à ce qu’il y ait un minimum pour que ces personnes passent... - Mickaël WAMEN En ce qui me concerne, il me reste 55 000 euros à percevoir des mes indemnités. J’ai perçu aujourd’hui 25 000 euros, vous le savez, parce que j’ai fait des demandes. J’ai fait une demande de 10 000 euros hier, et je demanderai les 45 000 euros restants moins les trois mois de carence. Mais à titre, uniquement, parce qu’on est clément avec moi. C’est ce que Monsieur CAVAILLE m’a écrit. Mais ce sont simplement des demandes d’avance. Ce n’est pas plus que je veux. Je ne suis pas allé dans votre bureau pour négocier mon indemnité de départ, moi. Vous le savez. - Reynald JUREK Donc concrètement, pour les deux ou trois personnes avec les pneumatiques, ils voient directement avec... ? - Bernard GLESSER Ils voient avec Michèle SEPREZ. Ce n’est pas moi. - Reynald JUREK Elle ne répond pas. - Mickaël WAMEN Madame Chantal LE COUEDIC qui nous a quittés prématurément à la fin, je ne sais pas même si elle a fini son préavis cette petite dame. - Bernard GLESSER On la regrette. - Mickaël WAMEN J’étais effondré. C’était quelqu'un qui se donnait vraiment beaucoup pour la Société, et qui avait un avenir brillant dans le Groupe. Moi je la voyais directement Directeur général, parce que vu son niveaud’incompétence, forcément, c’était Directeur général. Mais ce que je vais dire par là, c’est qu’elle avait fait des promesses. Et quand elle faisait des promesses, elle ne les faisait pas en son nom propre. Et vous savez, Monsieur BESSET, pour les trois mois supplémentaires, vous pourriez d’ailleurs écrire à la Direction du Groupe Goodyear qu’on a perdu au moins trois mois avec l’arrivée de Madame LE COUEDIC. Parce que moi, je suis allé au Conseil régional, je ne sais pas ce qu’elle leur a fait, mais ils l’adorent. Ils se sont dits : Goodyear, ils nous font une blague. Comme elle s’est fait lourder elle ! Mais moi, ce qui m’inquiétait quand j’ai vu son CV sur Linkedin, c’est que dans son dernier emploi, elle avait fait une journée. Elle est suffisamment con, parce qu’il faut le dire, dernier emploi, une journée. Alors moi le lui dis, je la croise, je lui demande : « vous comptez faire plus d’une journée ici ? » Elle me dit : « vous savez, je suis impliquée, ils me font confiance, j’ai les pleins pouvoirs ». Plein de promesses, plein de trucs. Et puis un beau jour, elle dit « je m’en vais » « ah bon ? Déjà ? ». « Oui, ils ont dit que j’étais nulle. Vous m’avez bien aidée à me faire virer. » « Moi, je n’ai rien aidé du tout. Je ne vous ai pas embauchée. » Et là d’ailleurs, il y a Monsieur GUICHARD, qui démarre très mal dans la société, parce qu’il a un gros problème avec nous. Mais je suis aussi permis d’aller voir son CV en ligne, son dernier poste avant Goodyear, c’est une semaine dans une autre boîte. Donc je lui ai fait un pronostic. Je me suis permis de lui envoyer un petit mail en lui disant : vous avez déjà dépassé une semaine, mais je pense que vous ne dépasserez pas le record exceptionnel de Madame LE COUEDIC. Monsieur GUICHARD, il n’est pas mal. Vous l’avez rencontré ? Il est bien. Une pointure. - Bernard GLESSER Oui, je le rencontre régulièrement. - Mickaël WAMEN Top. Il est venu hier pour me serrer la main, et puis je lui dis « je dois dire bonjour au DRH ou au médecin ? » « Je ne comprends pas ». - Reynald JUREK Lui, c’est quand même le mec qui est capable de faire un aller/retour à Paris pour signer le protocole, et de dire « sur ce, je n’en fais pas partie, je m’en vais ». - Bernard GLESSER Je vous propose de mettre fin à cette réunion, si vous le voulez bien. - Mickaël WAMEN Je ne voudrais pas que la réunion se termine comme ça. Je voudrais qu’elle se termine sur une note... Suite aux propos tenus par Monsieur BESSET qui demande à Goodyear d’infléchir sa position et de faire preuve de bon sens, je maintiens qu’il a raison, forcément. Et je vous redemande de ne pas envoyer les courriers aux salariés, puisqu’ils n’ont pas été validés par la commission, ce qui, à mon avis, est une énorme connerie. Et de bien réfléchir à ce que vous allez faire. Parce qu’aujourd’hui, vous avez un processus RPS inopérant, et il serait dramatique que les salariés reçoivent des courriers qui leur signifient qu’on met fin à leur congé de reclassement. Et vous allez encore créer des fossés entre ceux qui sont ici, qui touchent 500 euros, ceux qui sont licenciés, ceux qui vont avoir droit aux trois mois, ceux qui ne vont pas y avoir droit... Ça va être un bordel sans nom. Je pense que le bon sens va l’emporter, et il faut revenir assez rapidement vers nous pour nous donner une vision claire de ce que vous allez faire en fonction des remarques qui ont été faites par le représentant de la DIRECCTE. Et je le dis, le dossier est compliqué, il y a eu des démarrages difficiles, on a eu la problématique du départ de Laurent DUSSUCHALLE en plein milieu du dossier alors que franchement, je pense que l’on avait pris un rythme de croisière qui était pas mal. L’arrivée de Chantal LE COUEDIC, moi j’ai dit dès le départ que c’était une catastrophe parce que la personne, sincèrement... Avec toutes les compétences qu’il aurait fallu, c’est quand même compliqué d’arriver dans le dossier Goodyear et de le connaître par cœur. Et ça, je peux aussi lecomprendre. Même si elle n’était pas talentueuse dans son domaine, même avec beaucoup de talent, elle aurait eu des difficultés. Vous avez repris le flambeau de Monsieur DUSSUCHALLE, parce qu’on l’avait demandé, parce qu’effectivement vous êtes l’interlocuteur qui connaît le mieux le dossier. Maintenant, il faut conclure le mieux possible. Nous, notre revendication, c’est d’avoir pour tout le monde le congé de reclassement jusqu’à la fin de l’année. Je sais qu’il faudra passer certainement par d’autres phases de discussion, et peut-être d’autres phases tout court pour les obtenir. Cela étant, je pense que vous n’avez aucun intérêt à mégoter pour 750 000 ou 800 000 euros de plus à verser, qui sont déjà provisionnés. Quand je vois que vous laissez 750 000 euros à votre cabinet de RPS qui ne fonctionne absolument pas... Donc faites bien attention à ce que vous allez faire parce que je dis que derrière, il y a des hommes, il y a des femmes, il y a des êtres humains, il y a des familles, et je pense que les gens vont énormément souffrir de la perte de leur emploi. Maintenant, il faut arrêter de taper systématiquement sur les mêmes. - Reynald JUREK En plus, je ne sais pas si c’est une bonne période pour envoyer les lettres pendant vos congés. Je comprends bien, pour vous, c’est peut-être mieux... - Mickaël WAMEN Qui va gérer pendant 15 jours ? Parce que vous partez en vacances, c’est normal, c’est votre droit, je comprends. De toute façon, personne ne peut s’y opposer. Mais personne n’est prévu pour vous remplacer pendant votre période de congé ? Qui va vous remplacer officiellement ? - Bernard GLESSER Monsieur GUICHARD. - Mickaël WAMEN Il n’est jamais venu aux réunions, Monsieur GUICHARD. Il ne vient même pas aux réunions CE. Il est DRS !

- Reynald JUREK Il va être à votre place sur la SODIE ? - Bernard GLESSER Non. - Mickaël WAMEN Il dira « si vous avez un problème, vous m’appelez ». Et quand on va l’appeler, il ne répondra pas. Ou : « Je note, je verrai ça avec Bernard GLESSER quand il reviendra ». Toutes les demandes d’avance que les gens ont formulées, vous les avez traitées avant de partir ? - Bernard GLESSER Oui, et s’il y en a en cours, Agnès s’en occupera. - Mickaël WAMEN C’est Agnès qui s’en occupera ? J’espère que l’on va se voir bientôt et que vous aurez pris une position différente de celle que vous avez aujourd’hui. En tout cas, je le souhaite de tout cœur. - Bernard GLESSER Très bien. Écoutez, je propose qu’on s’arrête sur ces paroles-là. Je vous souhaite une bonne fin de journée et bon appétit. - La réunion est levée à 12 heures 30.

samedi 4 avril 2015

MINISTÈRE DU CHÔMAGE !!!

Le ministère du "travail" autorise le licenciement des élus ....

Nous savions que ce gouvernement faisait une politique au service du patronnât à travers des lois qui aident au maximum les grands groupes et des projets d'une nouvelle loi qui aidera aux licenciements.....

Ce même gouvernement enfonce le clou car il vient par son ministère du travail invalider la décision de l'inspection du travail et autoriser la demande de licenciement de Goodyear pour les salariés protégés !!!!

Nous avions d'énormes doutes sur la position de ce ministère sous l'égide d'un gouvernement socialiste mais cette fois ci plus de doute, la réalité est criante de vérité : ce gouvernement a vendu les droits des salariés aux patrons !!!

Comment imaginer une seconde qu'un gouvernement qui se dit de gauche puisse accepter une demande de licenciement formulée par un groupe qui vient de faire des milliards de bénéfices

Tour simplement parce que ce gouvernement n'est pas et n'a jamais été de gauche comme il s'en revendique !!!

Les discours qui visent à faire du combat contre le chômage une lutte permanente ne sont que du vent car le gouvernement vient d'autoriser un groupe à virer des élus les seuls derniers à se battre pour le droit des salariés !!!

Les élections et nos nouveaux mandats de la semaine dernière vont nous permettre de contester toute décision de la direction qui appliquerait cette acception du ministère .....

Nous reviendrons en détail sur cette nouvelle honte, ce gouvernement va beaucoup plus loin que le précédent, il aide à fermer une usine, il laisse un groupe violer les droits des salariés, ils mènent dans le même temps une cabale juridique contre des syndicalistes et aujourd'hui ils autorisent leurs licenciements !!!!

Plus que jamais nous sommes très remontés contre tout ce qu'il se passe, ce gouvernement, cette direction vont entendre parler de nous encore un bon moment, nous utiliserons tous les recours si nécessaire, la direction va devoir réfléchir à son comportement après cette décision, nous c'est déjà fait, nous allons nous battre encore plus nous ne lâcherons rien....

Nous vous l'avons souvent dit le dossier Goodyear est géré en très très haut lieu, il n'a plus rien de social il est politique, tout ce qui nous arrive est piloté dans les hautes sphères, complot vous avez dit complot

On pourrait nous traiter de paranos mais non la réalité, certes accablante voir à vomir, est celle que nous subissons, il faut se débarrasser et vite de la CGT Goodyear et peu importe les méthodes, nous avons beaucoup d'ennemis et le premier est ce gouvernement !!!!

Nous nous réunissons la semaine prochaine afin de faire le point sur ce nouveau coup porté à la lutte et nous vous tiendrons bien évidemment informés de la suite ...

Le ministère du travail devrait être rebaptisé ministère de l'exclusion, de la misère et des magouilles...

La CGT GOODYEAR

jeudi 2 avril 2015

Compte-rendu de la 12ème réunion de la Commission de suivi centrale du 4 mars 2015

Étaient présents : Jean-Philippe CAVAILLE, DRH France Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Mickael WAMEN Pour la CFDT : Marc ARGAUD Antony AUXIETTE Didier RAYNAUD Pour la CFE-CGC : Jacques MARTIN Patrice SZYROKI Peter FROST Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie

La séance est ouverte à 9 heures 40.

Madame BECKER-QUIGNION En préambule, je souhaiterais connaître les mesures prises après la déclaration effectuée lors de la dernière commission. La réunion de lundi sur le protocole électoral s’est très mal passée compte tenu de propos déplacés. Je ne reviendrai pas non plus sur la garde à vue des élus.

Monsieur CAVAILLE J’ai déjà répondu lors de la dernière commission de suivi centrale. Il est tout à fait normal que les circonstances soient difficiles à vivre, notamment pour les élus. Il n’existe par ailleurs de mon point de vue aucun élément de harcèlement ni sur la forme, ni sur le fond, ni dans l’intention. Bernard Glesser a proposé un accompagnement psychologique pour gérer au mieux la situation.

Madame BECKER-QUIGNION Aucune mesure n’a donc été prise. Le directeur d’Amiens Nord a continué lundi à provoquer les élus. L’accord de fin de conflit n’a pas été respecté : toutes les poursuites devaient être abandonnées, or plusieurs de nos camarades se sont retrouvés en garde à vue.

Monsieur CAVAILLE Encore une fois, il n’y a aucune intention d’agression ni de harcèlement.

Madame BECKER-QUIGNION Dans ce cas, faites cessez ces agissements.

Monsieur CAVAILLE C’est à mon sens une question de perception. Je n’ai pas à commenter. Nous avons retiré la plainte déposée par Goodyear l’an dernier, mais le procureur de la République peut instruire de son propre chef.

Monsieur WAMEN Selon vous, le procureur de la République se serait donc spontanément décidé à me poursuivre. Nous comprenons bien que vous ne reconnaissiez pas ce harcèlement en réunion. Comme l’a montré une émission hier sur France 2, de nombreux salariés se sont suicidés sur leur lieu de travail chez Pages Jaunes, mais le patron a toujours nié toute volonté de harceler le personnel. Aucun patron en France ne dira publiquement : « J’ai harcelé mon salarié jusqu’à ce qu’il se suicide. » Un premier arrêt de travail de 14 jours m’a été prescrit : j’avais une tension de 14/11 et j’étais sous traitement médical. Je suis suivi par une psychologue à Caen. Elle ne comprend d’ailleurs pas pourquoi, alors que je suis arrêté, Monsieur Guichard m’envoie un mail assassin m’accusant de mentir sur mon état de santé, m’incitant à régler mes problèmes personnels et à venir le voir si j’ai des ambitions personnelles. Or je n’ai ni problème personnel, ni ambition personnelle. Je souhaite simplement mener à bien ma mission sans être provoqué ni harcelé. Je suis allé voir mon médecin traitant pour me protéger : les provocations devenaient telles que j’ai craint de déraper. Ainsi, Madame Seprez m’a déclaré devant témoin sur les marches de l’escalier : « Monsieur Wamen, vous n’avez aucun avenir professionnel, ni ici, ni ailleurs, contrairement à moi. » Ces propos témoignent bien d’un harcèlement. A la demande du CHSCT, j’ai fourni un certain nombre de pièces, notamment des SMS provocateurs émanant de Monsieur Bernard Glesser, ici présent. Je les ai communiqués à Madame Devillers et au nouvel Inspecteur du Travail, auxquels j’ai demandé de diligenter une enquête. J’ai rendez-vous cette après-midi avec un avocat spécialisé en droit pénal ; je déposerai des plaintes et recours pour harcèlement, notamment devant les prud’hommes. La réunion de CHSCT s’est effectivement tenue, mais sur l’initiative des élus, et non celle de la Direction. Or une jurisprudence constante exige que vous mettiez en œuvre une procédure spécifique dès qu’un salarié témoigne être en souffrance sur son lieu de travail du fait d’un harcèlement de ses supérieurs hiérarchiques. Cette procédure spécifique peut être par exemple une réunion de CHSCT pour établir un arbre des causes avec un représentant de la CRAM et définir la ou les raisons éventuelles du harcèlement et le faire cesser. Or vous n’avez pris aucune mesure. Je sais bien que la « chasse à Wamen » est ouverte depuis plusieurs années, bien avant que vous n’arriviez chez Goodyear. De nombreux représentants de la Direction s’en sont pris à moi par écrit ou par oral ou ont fait pression sur d’autres salariés pour m’accabler. Mes trois semaines d’arrêt de travail tiennent uniquement à des motifs professionnels. Mon seul problème est que je suis empêché de mener ma mission de représentant du personnel, parce qu’on me pousse à dépasser les bornes. Je ne souhaite pas en arriver là. J’ai évoqué le problème auprès de tous les services nécessaires. Je demanderai au CHSCT qu’il désigne un expert agréé auprès de l’Inspection du Travail. J’ai demandé à la fédération de la Chimie et à la confédération CGT de se saisir de ce dossier. Vous ne respectez pas l’accord de fin de conflit, qui stipule que toutes les procédures liées à la restructuration et la fermeture du site doivent cesser, qu’elles soient initiées par GDTF ou non, qu’elles soient en cours ou à venir. J’ai prévenu la Direction générale du groupe GDTF de ces agissements qui dépassent largement l’incompétence. L’accord RTT d’Amiens Nord stipule que nous devons être informés et consultés en cas de diminution importante des effectifs. Vous ne l’avez pas fait. Le bilan CHSCT 2014 n’a pas été réalisé. Des salariés ont été licenciés pour inaptitude à tous travaux ou leur poste après un accident du travail ou une maladie professionnelle, sans que vous n’ayez consulté les DP. Leur licenciement est donc nul et non avenu. Nous ferons le nécessaire pour que vous soyez condamnés au tribunal le 30 mars. Parallèlement, le groupe Goodyear a récemment annoncé que son bénéfice avait atteint 2 milliards d’euros, soit 400 % de plus qu’en 2013. Il se porte donc très bien. Mon but aujourd’hui est de faire respecter l’accord de fin de conflit. La prolongation de trois mois payés par Goodyear pour les salariés de moins de 45 ans découle d’un problème de retour à l’emploi. Or vous vous appuyez sur une interprétation restrictive du PSE pour exclure le maximum de personnes de moins de 45 ans du dispositif. Elle doit en fait bénéficier à toutes les personnes inscrites sur les listes électorales pour voter à Amiens Nord, soit 867 personnes. Il nous avait également été déclaré que ces personnes ne paieraient pas de cotisations sur ces trois mois supplémentaires. Ces cotisations sont-elles reprises sur le solde de tout compte, comme cela a été déclaré initialement ? Il a été dit la dernière fois qu’elles seraient prises en charge par l’Etat ou par Goodyear, qui a effectivement les moyens financiers de ce faire. Nous rencontrerons les salariés le 19 mars et déciderons de la suite à donner. Je vous demande, comme responsable du groupe CGT, de prendre les mesures nécessaires pour que je puisse continuer à assister aux réunions sans être provoqué, menacé ni harcelé – ni mails, ni SMS tardifs pour me narguer ou m’accuser de mentir, comme l’a fait Monsieur Guichard très maladroitement. Je sais que je suis sanguin. J’ai peur aujourd’hui de subir une pression telle que j’en arrive à frapper quelqu’un en réunion et à être licencié pour faute lourde, avec des problèmes judiciaires. Je n’en ai aucune envie. Je souhaite simplement faire mon travail correctement, dans l’intérêt des salariés. Je n’en ai pas la possibilité aujourd’hui : on vient se moquer de moi en suspension de séance. Madame Michèle Seprez est venue voir Monsieur Szyroki pour lui dire que je le traite de « toutou » en son absence. N’a-t-elle rien d’autre à faire ? Quel peut être son but ? Monsieur Crussy m’a indiqué qu’il ne cautionnait pas ces agissements, mais qu’il n’était pas décisionnaire. Les représentants du personnel ont perdu toutes leurs primes de poste depuis décembre 2013. J’ai envoyé quatre mails pour en demander la raison, alors que l’accord de nuit n’a pas été dénoncé. Le code du travail dispose en outre qu’un représentant du personnel doit percevoir la même rémunération que par le passé s’il continue d’accomplir sa mission quand il est en suspension d’activité. J’ai évoqué le problème depuis sept à huit mois, sans succès. Vous pourrez arguer devant les tribunaux que je ne suis pas harcelé et mettre en avant mon comportement en réunion. Or je suis syndicaliste, alors que les personnes qui m’agressent, me harcèlent et me provoquent sont des dirigeants d’entreprise. Ils doivent donc avoir un comportement exemplaire. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. A défaut de mesures rapides, je retournerai voir mon médecin du travail. Je recourrai aux organismes qualifiés en matière de harcèlement et j’irai même au-delà. Vous n’aurez pas d’autre solution que de venir faire amende honorable. J’ai en effet besoin que nos travaux se poursuivent comme nous l’avons fait de janvier à mai : nous parvenions à progresser, même si nous n’étions pas d’accord. J’ai pu travailler avec Laurent Dussuchale et Bernard Glesser, même s’il m’a beaucoup déçu dernièrement à titre personnel. Il m’a souvent dit qu’il avait beaucoup d’amitié pour moi. Il a d’ailleurs déclaré aux forces de l’ordre que si je n’avais pas été là, les choses se seraient passées autrement pour lui lorsqu’il a été retenu. En réalité, vous avez tout fait pour nous piéger. J’ai demandé à la police le détail de vos déclarations : vous prétendez par exemple que j’ai apporté deux sacs de couchage et un pistolet. Or vous savez très bien que ce n’est pas moi.

Monsieur GLESSER Je ne souhaite pas évoquer ce sujet en réunion. Nous pouvons en revanche le faire tous les deux.

Monsieur WAMEN J’ai demandé une confrontation aux forces de l’ordre. Prenez un avocat. Pour revenir à mes propos, je suis menacé dans ma vie professionnelle. Je n’ai aucune envie de me suicider parce que certains pensent que je suis suffisamment nuisible pour me pousser à le faire. Vous ne prenez pas les mesures nécessaires pour faire cesser mon harcèlement : vous êtes responsables. Vous n’apportez aucune preuve du fait que je ne sois pas harcelé, alors que j’ai avancé des éléments de mon côté. Si vous persistez à le nier, vous remettez en cause la déontologie du médecin traitant qui m’a prescrit trois semaines d’arrêt de travail et celle de la psychologue qui me suit. On me conseille de recourir à ICAS, or je n’ai cessé de dire ici même qu’ils sont incompétents. Je préfère prendre les frais à ma charge. A titre d’anecdote, la psychologue qui me suit est une ancienne DRH de Veolia France. Elle a décidé de changer radicalement de carrière après avoir été témoin des manœuvres sordides auxquelles son entreprise pouvait recourir pour éliminer des syndicalistes gênants. Je vous gêne parce que je suis compétent, or vous savez bien que mon intervention fait toujours progresser les dossiers, que ce soit ici ou à la SODIE. A ce sujet, le compte rendu de Madame Boquet ne représente en rien la réalité : il omet de mentionner que la CGT a sollicité la SODIE suite à l’exaspération des salariés, qui demandent l’amélioration de certains critères. Il n’aura aucune valeur légale tant que les deux parties – la CGT et la SODIE – ne l’auront pas signé. Les seuls comptes rendus valables sont ceux des commissions locales et des commissions nationales. Je fais mon travail, peut-être avec véhémence et avec des mots un peu forts, mais mon objectif est de défendre l’intérêt des salariés. Je sais pertinemment qu’en mon absence, le syndicat fonctionne moins bien, parce que j’en suis la pièce maîtresse. En vous en prenant à moi, vous voulez attaquer le syndicat. Pour conclure, je suis profondément déçu par certaines personnes du groupe GDTF. Je paye sans doute le prix de ma naïveté : j’aurais dû rester sur mes gardes. Bernard Glesser m’a aidé sur quelques points, mais je ne lui suis redevable en rien. J’ai demandé une confrontation. Je vous garantis sur ce que j’ai plus de cher au monde que je ne vous lâcherai pas : vous irez devant le tribunal pénal pour faux et diffamation. Par ailleurs, il est un peu mesquin de refuser le prêt demandé par Monsieur Sébastien Lupo parce que vous avez des problèmes avec la CGT. Merci également de répondre à mes SMS quand ils concernent le personnel. Madame Martin attend depuis le mois d’octobre. Monsieur Franck Leclerc reçoit 300 euros de salaire en moins depuis longtemps, mais le problème n’est toujours pas réglé.

Monsieur GLESSER Vous m’avez demandé par mail de ne pas vous déranger.

Monsieur WAMEN Jusqu’à la fin de mon arrêt de travail, mais je vous ai adressé un SMS lundi, après ma reprise.

Monsieur GLESSER J’ai répondu par courrier entre-temps à Monsieur Martin pour lui expliquer tous les éléments de son solde de tout compte.

Monsieur WAMEN Je propose de commencer la réunion, car votre position est bien connue : à vous entendre, vous êtes la meilleure Direction qui soit, alors que je suis le pire syndicaliste qui soit. Je suis un affabulateur et ne subis aucun harcèlement. Je possède pourtant des preuves accablantes. Par ailleurs, nous ne signerons pas l’accord électoral 2015 à Amiens Nord. Les élections doivent se passer là où les salariés

Monsieur CAVAILLE Je ne nie pas votre souffrance, mais je ne suis pas là pour entrer dans le détail de votre situation personnelle.

Monsieur WAMEN Ce n’est pas une situation personnelle, mais professionnelle : j’ai eu trois semaines d’arrêt de travail par un médecin pour stress lié au travail. Je suis suivi par un psychologue également pour motifs professionnels.

I. Présentation du cabinet SODIE

Madame BOQUET 1045 salariés ont été notifiés, dont 1009 ont adhéré au congé de reclassement.

Monsieur WAMEN Excusez-moi de vous interrompre, mais nous n’avons pas reçu le procès-verbal de la précédente réunion en même temps que la convocation, contrairement à l’habitude.

Monsieur GLESSER Ce procès-verbal existe ; nous vous l’adresserons.

Madame BOQUET 9265 entretiens de suivi ont été réalisés dans le cadre de l’EMF et 6430 participants aux ateliers ont été décomptés. Ces chiffres sont respectivement de 338 entretiens réalisés et 1127 participants aux ateliers en février. La fréquentation a donc nettement augmenté depuis le début de l’année, notamment suite aux réunions organisées pour expliquer le séquencement.

Monsieur SZYROKI La fréquentation a augmenté quand GDTF a confirmé qu’il n’y aurait pas de repreneur, contrairement à ce que pensait le personnel auparavant.

Madame BOQUET La fréquentation a été effectivement plus importante entre novembre et fin décembre, mais elle a largement augmenté après les explications apportées sur le séquencement du projet de reclassement. Nous avons notamment expliqué que les salariés connaîtraient un changement de rémunération en janvier, à l’issue des douze mois et rappelé que le congé de reclassement comportait douze mois initiaux, ainsi que trois mois supplémentaires financés par l’Etat dans le cadre du protocole de fin de conflit. Nous avons également présenté les prolongations qui pouvaient concerner un certain nombre de salariés en fonction de leur situation et des difficultés rencontrées dans le retour à l’emploi. La hausse de fréquentation est donc liée à de multiples facteurs. Les salariés ont effectivement pris conscience de l’absence de repreneur et du temps qui passe, notamment pour certains qui n’avaient pas encore pu se mobiliser suffisamment sur leur recherche d’emploi.

Monsieur WAMEN Pourquoi n’avaient-ils pas pu se mobiliser suffisamment ?

Madame BOQUET Pour toutes les raisons que nous avons évoquées l’année dernière...

Monsieur WAMEN Vous avez dit la même chose que nous pendant trois ou quatre mois, comme en attestent les procès- verbaux. A ce sujet, j’ai transmis à la DIRECCTE, à sa demande, les procès-verbaux des commissions locales et nationales. Elle s’est intéressée à votre réponse négative quand je vous ai demandé s’il restait des postes disponibles à Amiens Sud : la Direction de Goodyear ne l’avait jamais signalé à la DIRECCTE. Dans le même esprit, que ferez-vous si 800 personnes demandent à se positionner sur les postes restant ouverts chez Dunlop ?

Monsieur CAVAILLE Une trentaine de postes sont disponibles à Amiens Sud pour les personnes travaillant au démantèlement, pour lesquelles le processus de reclassement interne n’a pas encore été effectué, ainsi que pour les représentants du personnel.

Monsieur CARON Il est donc trop tard pour Monsieur Souza.

Monsieur CAVAILLE Je ne connais pas sa situation. Je répondais de manière générale.

Monsieur GLESSER Monsieur Souza a accepté un poste à Montluçon, au prix d’un certain nombre d’efforts – il est invalide de deuxième catégorie et a fait des démarches pour pouvoir retourner au travail. Il a tenu ce poste pendant plusieurs mois. Il connaît aujourd’hui des difficultés familiales auxquelles l’employeur ne peut rien.

Monsieur WAMEN Il n’en serait pas là si vous n’aviez pas fermé l’usine : ses problèmes tiennent à l’éloignement entre son lieu de travail et sa famille. Il a écrit qu’il attenterait à ses jours s’il ne pouvait pas revenir à Amiens Nord. Vous serez responsables s’il lui arrive quoi que ce soit.

Madame BOQUET Nous proposons des ateliers de recherche active d’emploi deux fois par mois. Ils permettent aux salariés de mener des actions de recherche d’emploi en petit groupe, de progresser dans la maîtrise de l’outil informatique, de consacrer du temps à la recherche d’emploi et de postuler à des offres. Ils maintiennent également le lien social : beaucoup de personnes témoignent qu’elles apprécient de retrouver d’anciens collègues. Des ateliers apprennent à découvrir et s’approprier les différentes techniques d’entretien de recrutement, à verbaliser ses compétences et son projet et à comprendre les attentes du recruteur. Parallèlement à ces ateliers, nous avons réalisé des forums avec des sociétés d’intérim. Nous avons organisé une information collective et une session de recrutement Randstad pour Valeo. Nous avons fait intervenir un organisme d’intérim spécialisé dans l’insertion de personnes handicapées. A ce sujet, j’ai demandé à Monsieur Bessé d’intervenir auprès de la préfecture pour accélérer les demandes de RQTH des salariés. Enfin, nous avons fait intervenir un organisme de formation et le syndicat professionnel du secteur agricole. Six personnes ont choisi une formation de reconversion dans ce secteur.

Monsieur CARON Excusez-moi, mais Messieurs Glesser et Cavaillé n’ont pas l’air intéressés par votre présentation.

Monsieur GLESSER Je suis intéressé. Je me dispense en revanche de vos commentaires : nous ne sommes pas à l’école.

Monsieur CARON Je fais ce que je veux.

Monsieur GLESSER Vous ne faites pas ce que vous voulez et vous n’avez pas à me prendre à partie en permanence.

Monsieur WAMEN C’est la première réflexion de Monsieur Caron. Elle est par ailleurs fondée : vous jouez avec votre téléphone depuis un certain temps. Si la réunion ne vous intéresse pas, vous pouvez la quitter.

Monsieur CAVAILLE Cette présentation est faite à votre bénéfice. Nous en avons pris connaissance auparavant.

Monsieur WAMEN Dans ce cas, ne venez pas en séance. Faites preuve de respect vis-à-vis des IRP, qui se déplacent pour cette réunion expressément. Faites au moins semblant d’être intéressé.

Monsieur GLESSER Madame Becker est absente. Elle ne semble pas du tout intéressée par les propos de Madame Boquet.

Monsieur WAMEN Elle est partie aux toilettes, parce qu’elle souffre de désordres intestinaux. Etes-vous médecin ou proctologue ? Monsieur Caron vous fait une remarque justifiée.

Monsieur GLESSER Vous ne pouvez pas en permanence manier l’insulte et l’invective. Ce ne sont pas des façons.

Monsieur WAMEN Quelles insultes ?

Monsieur GLESSER Je me fais traiter depuis quatre ans de fils de pute, d’enculé et de bâtard.

Monsieur WAMEN Par qui ?

Monsieur GLESSER Par l’ensemble des participants à ces réunions. Ce n’est pas nouveau.

Monsieur SZYROKI La CFE-CGC n’a jamais insulté qui que ce soit.

Monsieur GLESSER Si vous ne vous sentez pas concernés, ne répondez pas.

Monsieur WAMEN Vous perdez votre sang-froid, Monsieur Glesser. Je ne vous ai jamais insulté en réunion.

Monsieur GLESSER Vous êtes un menteur.

Madame BOQUET Un forum emploi est programmé le 17 mars 2015. Plus de 600 acteurs de l’emploi y sont conviés : organismes de formation, groupements d’employeur et entreprises d’insertion. Une dizaine d’intentions favorables ont été recensées à ce stade. A date, 272 formations de reconversion ont été engagées dans le cadre du congé de reclassement. 39 sessions sont programmées sur l’année 2015.

Monsieur CARON Ces formations débouchent-elles sur des CDI ?

Madame BOQUET Aucune formation ne donne la certitude d’avoir un CDI à son issue. En revanche, le salarié accroît son employabilité et se forme à un métier où des besoins sont attestés.

Monsieur WAMEN Nous avons accepté de considérer les départs en retraite comme des solutions identifiées, mais vous ne pouvez pas y inclure les formations. C’est un souhait, mais non une réalité. Par exemple, Monsieur Glesser souhaite avoir ma tête, mais vous ne m’aurez pas. Il faudra me tuer pour m’avoir. Pour revenir au sujet, vous manipulez les chiffres. Tous les journalistes qui ont étudié le sujet savent que la SODIE est inopérante.

Madame BOQUET 116 personnes ont retrouvé un emploi en CDI ou en CDD.

Madame BECKER-QUIGNION Les 51 CDD ne sont pas non plus des solutions identifiées.

Madame BOQUET Ce sont des CDD de remplacement qui permettent d’envisager des renouvellements ou des pérennisations en CDI.

Monsieur SZYROKI Parmi ces CDD, combien ont été transformés en CDI ? Combien sont-ils encore en CDD ? Combien n’ont-ils plus rien ? De même, combien des créateurs d’entreprise sont-ils encore en activité ?

Monsieur CAVAILLE Nous ferons un point lors de la prochaine commission de suivi centrale.

Monsieur WAMEN Pour nous, le résultat de la SODIE est de 65 CDI et 51 créations d’entreprise, soit 116 personnes, pour 13 millions d’euros par an et 60 000 euros de coût de location du bâtiment.

Madame BECKER-QUIGNION Il faut y ajouter 750 000 euros pour le cabinet ICAS. Pourrions-nous avoir un graphique reprenant uniquement les retraites, les emplois et les créations d’entreprise ? Le pourcentage serait plus proche de la réalité.

Monsieur GLESSER Vous l’avez déjà.

Monsieur JUREK Les 51 CDD de six mois ou plus sont sortis du congé de reclassement. Nous n’aurons plus de visibilité sur leur sort.

Madame BOQUET Nous ferons en sorte d’avoir l’information.

Monsieur JUREK S’ils ne veulent pas vous répondre...

Madame BOQUET C’est effectivement la limite de l’exercice.

Monsieur WAMEN Monsieur Cavaillé, êtes-vous satisfait de ces chiffres ?

Monsieur CAVAILLE Ces chiffres sont satisfaisants au vu du contexte difficile de la mission de SODIE.

Monsieur WAMEN 867 personnes sur mille n’ont pas retrouvé de travail. Elles ont perdu définitivement le droit de travailler. Ce chiffre serait donc satisfaisant ?

Monsieur CAVAILLE Oui, au vu du contexte. Par ailleurs, j’ai confiance dans les capacités d’adaptation et de recherche de ces personnes.

Monsieur SZYROKI Les représentants de la SODIE ont fait croire aux salariés que le taux de reclassement serait de 100 %.

Monsieur WAMEN Les seuls emplois créés par la SODIE sont les leurs.

Monsieur CAVAILLE On ne peut pas tout rejeter. Nous avons un très bon taux de retour à l’emploi après une formation longue.

Monsieur WAMEN Je souhaite vivement que toutes ces 117 personnes retrouvent un emploi, mais je sais que ce ne sera pas le cas. La Direction de Goodyear doit octroyer des moyens supplémentaires d’accompagnement des salariés. En particulier, les trois mois supplémentaires doivent être accordés à tous ceux qui ont des difficultés de retour à l’emploi, comme le prévoit le protocole de fin de conflit, c’est-à-dire à 867 personnes.

Monsieur CAVAILLE Je ne comprends pas pourquoi vous citez ce chiffre.

Monsieur WAMEN C’est le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales, c’est-à-dire celles qui n’ont pas trouvé de travail.

Monsieur CARON Je demande que la demande de Monsieur Souza soit prise en compte et qu’il puisse être réintégré à Amiens Sud.

Monsieur WAMEN Il ne le peut pas : il n’a pas de poste.

La séance est suspendue de 10 heures 50 à 11 heures 10.

II. Rappel des dispositions applicables

Monsieur GLESSER Les dispositions applicables sont issues de trois sources : le PSE, l’addendum et le protocole de fin de conflit signé le 22 janvier 2014.

Monsieur WAMEN Il a été signé le 23 janvier. S’il y en a plusieurs, merci de le signaler.

Monsieur GLESSER Je cite : « fait à Amiens le 22 janvier en trois exemplaires ». Le PSE fixe la durée du congé de reclassement à douze mois pour les salariés de moins de 56 ans et 15 mois pour les salariés âgés de 56 ans et plus. A cette durée originelle se sont ajoutés trois mois issus du protocole de fin de conflit et financés par l’Etat. Le PSE prévoit également une prorogation éventuelle et exceptionnelle en réponse à des problématiques spécifiques, c’est-à-dire pour les salariés présentant des difficultés particulières de retour à l’emploi, qui n’auraient pas trouvé de solution identifiée au terme de leur congé et qui ont été actifs dans leur recherche d’une solution de reclassement. La durée de cette prorogation éventuelle et exceptionnelle serait de trois mois pour les moins de 45 ans et trois mois, éventuellement renouvelables une fois, pour les salariés de 45 ans et plus, ce qui les porterait à 24 mois maximum. Le PSE stipule que les solutions identifiées sont :  un reclassement effectif en CDI ;  un reclassement effectif en CDD ou CTT d’au moins six mois ;  une promesse d’embauche formalisée par un contrat ;  un projet de création ou de reprise d’entreprise ;  une formation longue qualifiante, certifiante, professionnalisante ou de reconversion, débouchant sur un métier porteur ;  proposition d’une offre valable d’emploi (OVE) ou deux pour les salariés présentant des difficultés de retour à l’emploi ;  tout autre projet choisi volontairement par le salarié, matérialisé par un écrit de sa part et validé par la commission de suivi (convenances personnelles). Les salariés présentant des difficultés particulières de retour à l’emploi sont les suivants :  salariés âgés de plus de 50 ans ;  salariés handicapés (CDAPH) ;  salariés en situation de parent isolé ;  couples dont chacun des conjoints est concerné par le PSE ;  salariés éloignés de l’emploi pour des raisons de difficultés à lire ou à écrire. En accord avec vous et dans le cadre d’une commission, nous y avons ajouté les salariés en invalidité de deuxième catégorie et les salariés inaptes totaux et définitifs à tout poste chez Goodyear.

Monsieur WAMEN Le protocole d’accord de fin de conflit stipule que tous les salariés présentant des difficultés particulières de retour à l’emploi bénéficient des trois mois supplémentaires. Au nom de la CGT Goodyear, je vous demande que cette prorogation se fasse systématiquement pour tous ceux qui sont encore en situation de reclassement à l’heure actuelle, quelle que soit leur situation personnelle, qui par construction rencontrent bien des difficultés particulières de retour à l’emploi.

Monsieur SZYROKI La plupart des représentants de la SODIE ont assuré aux salariés qu’ils bénéficieraient de 15 mois financés par Goodyear et de trois mois financés par l’Etat. Je l’ai constaté personnellement à plusieurs reprises.

Monsieur GLESSER Le protocole d’accord de fin de conflit évoque « une prorogation d’une durée de trois mois non capitalisable, de la durée initiale du congé de reclassement, pour les salariés âgés de moins de 45 ans qui présenteraient des difficultés de retour à l’emploi dans les conditions définies par le PSE aux chapitres 3.1 et 3.6. » Ces chapitres sont exactement sont que je viens de mentionner.

Monsieur WAMEN Nous connaissons ce texte tout comme vous. Notre interprétation est tout à fait défendable, y compris devant un juge. Le PSE stipule par ailleurs que la commission de suivi nationale examinera la possibilité des trois mois supplémentaires. Enfin, des salariés ont indiqué avoir déjà reçu des courriers faisant état d’une possibilité de prorogation. Nous aurions dû en discuter auparavant.

Monsieur CAVAILLE Ils ont reçu un premier courrier qui rappelle les dispositions du PSE. Nous enverrons un second courrier sur l’application des critères et la suite de la procédure, c’est-à-dire la demande de prorogation, soumise à examen par la Commission de suivi locale et à validation par GDTF.

Monsieur GLESSER Après ce rappel des dispositions du PSE, nous faisons les propositions d’aménagement suivantes. Nous proposons d’abord d’élargir le critère d’âge à tous les emplois, car il est très difficile de distinguer le travail fait en production du travail fait à la QTECH.

Monsieur WAMEN Ce n’est pas notre demande : nous voulons que les trois mois supplémentaires s’appliquent à l’ensemble des salariés sans solution clairement identifiée, comme prévu par le PSE. Il n’est par exemple pas normal que les 217 personnes en formation subissent une perte de revenus de 25 % à 30 % alors qu’elles sont en recherche active d’emploi.

Monsieur CAVAILLE Ces personnes ont une solution identifiée. Par ailleurs, nous proposons que les personnes qui n’auraient pas trouvé de solution d’emploi à la fin de leur congé de reclassement puissent être accompagnées trois mois supplémentaires par SODIE.

Monsieur WAMEN Notre but est d’éviter toute perte de rémunération. Le code du travail protège les salariés de 51 ans et plus du fait de leur âge. Vous ne pouvez pas déroger à ces règles, même par un accord majoritaire.

Monsieur GLESSER C’est une interprétation extensive. Peu importe en l’occurrence, puisque notre proposition porte sur les salariés de 50 ans et plus, dont les personnes de 51 ans et plus font partie.

Monsieur CAVAILLE Deuxièmement, le PSE prévoit que les personnes ayant reçu une ou deux OVE, en fonction de leur situation, sont réputées avoir une solution. Nous constatons que des refus d’OVE l’ont été pour des motifs légitimes. Nous proposons de les réintégrer.

Monsieur GLESSER Troisièmement, les formations de longue durée sont réputées constituer des solutions identifiées au titre du PSE. Or une vingtaine de salariés ont abandonné leur formation, dont huit selon nous l’ont fait pour motif légitime – notamment pour motif médical. Nous proposons qu’ils puissent bénéficier d’une prorogation.

Monsieur RAYNAUD Ces personnes sont de fait incitées à abandonner de la prorogation.

Monsieur GLESSER Elles doivent le faire pour motif légitime.

Monsieur SZYROKI Qui déterminera que le motif est légitime ou non ?

Monsieur WAMEN Le protocole d’accord de fin de conflit est clair : la prorogation concerne toutes les personnes qui sont encore en congé de reclassement. Nous le ferons valoir à l’Inspection du Travail et même devant la juridiction compétente. Je vous laisserai présenter votre document par respect, mais je ne suis absolument pas d’accord avec ces comptes d’apothicaire. Mon objectif est de mener à bien ce que nous avons entamé le 22 janvier 2014 et de trouver un compromis acceptable pour les deux parties. Nous constatons des injustices sur les 35 euros, sur la prime de 500 euros, sur la période d’intérim avant l’embauche. Tous ces points peuvent donner lieu à des procédures juridiques longues. Ni vous, ni nous n’y avons intérêt. Par ailleurs, vous n’avez pas intérêt à ce que les salariés se remobilisent. Si vous acceptez qu’aucune des personnes en congé de reclassement ne quitte le dispositif avant le 31 décembre 2015, quelle que soit la catégorie d’âge, nous pourrons parvenir à un accord intelligent, convenant à toutes les parties. Nous ne sommes pas la seule organisation syndicale à dire que la prorogation de trois doit être appliquée à tous. SODIE reconnaît lui-même que les salariés ont mis six mois à faire le deuil de leur ancien emploi. Ce que vous présentez est nettement insuffisant pour nous. Soit nous nous mettons d’accord rapidement, soit la mobilisation reprendra, de manière beaucoup plus forte que ce qui a été fait dernièrement. Vous serez également confrontés à des actions juridiques. Par ailleurs, nous vous demandons d’ajourner la dernière réunion du CHSCT d’Amiens Nord, prévue le 13 mars, afin de nous laisser le temps de finaliser notre projet de SCOP.

Monsieur SZYROKI L’acceptation de cet aménagement ne peut que servir Goodyear.

Monsieur CAVAILLE Nos propositions ressortent d’une interprétation plus large des textes, qui aboutit à 251 personnes potentiellement concernées par une prolongation au lieu de 183, soit un tiers de l’ensemble des personnes actuellement en congé de reclassement. Nous ajoutons également des moyens pour faire en sorte que les personnes en formation bénéficient de l’accompagnement de SODIE pour continuer de chercher un emploi.

Monsieur WAMEN Il est inutile de prévoir des mois supplémentaires si vous enlevez l’indemnité de congé de reclassement : on ne peut pas rechercher un emploi ni se projeter dans l’avenir en ayant des problèmes financiers.

Monsieur GLESSER Ces personnes n’auront pas de problèmes financiers, puisqu’elles recevront toutes les sommes qui leur sont dues au sortir de leur congé de reclassement.

Monsieur WAMEN L’indemnité supraconventionnelle ne sert pas à payer les mois de congé de reclassement manquants. Nous avons bien compris que vous n’étiez pas d’accord : nous quittons la séance. Nous revoyons les salariés d’Amiens le 19.

Monsieur GLESSER Nous ne quittons pas la séance chaque fois que nous ne sommes pas d’accord.

Monsieur WAMEN Monsieur Glesser, j’ignore quelle mouche vous a piqué aujourd’hui : vous avez été particulièrement odieux. Pour conclure, vous avez quelques semaines pour réfléchir. Vous me devez personnellement toutes mes primes de nuit et de panier. Nous irons au tribunal pour réclamer cet argent. Encore une fois, un compromis est possible. Si vous ne le souhaitez pas, chacun assumera ses responsabilités. Par ailleurs, nous devions discuter avec Monsieur Crussy de l’accord sur les élections professionnelles. Comme je quitte la réunion, il n’y aura pas d’accord sur ce sujet à Amiens Nord.

La CGT quitte la séance à 12 heures.

Monsieur GLESSER Dans la seconde moitié du mois de mars, nous adresserons un courrier à tous les salariés présents en congé de reclassement. S’ils ne remplissent pas les critères pour bénéficier d’une prorogation, le courrier annonce la date de fin du congé de reclassement. S’ils remplissent les critères, ils devront nous retourner le formulaire de demande. Leur requête sera examinée par la commission locale mensuelle. La prorogation exigera un avis favorable de l’OMF et de la commission locale de suivi ainsi que la validation de l’employeur.

La séance est levée à 12 heures 05.

Compte-rendu de la 12ème réunion de la Commission de suivi centrale du 4 mars 2015

Étaient présents : Jean-Philippe CAVAILLE, DRH France Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Mickael WAMEN Pour la CFDT : Marc ARGAUD Antony AUXIETTE Didier RAYNAUD Pour la CFE-CGC : Jacques MARTIN Patrice SZYROKI Peter FROST Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie

La séance est ouverte à 9 heures 40. Madame BECKER-QUIGNION En préambule, je souhaiterais connaître les mesures prises après la déclaration effectuée lors de la dernière commission. La réunion de lundi sur le protocole électoral s’est très mal passée compte tenu de propos déplacés. Je ne reviendrai pas non plus sur la garde à vue des élus. Monsieur CAVAILLE J’ai déjà répondu lors de la dernière commission de suivi centrale. Il est tout à fait normal que les circonstances soient difficiles à vivre, notamment pour les élus. Il n’existe par ailleurs de mon point de vue aucun élément de harcèlement ni sur la forme, ni sur le fond, ni dans l’intention. Bernard Glesser a proposé un accompagnement psychologique pour gérer au mieux la situation. Madame BECKER-QUIGNION Aucune mesure n’a donc été prise. Le directeur d’Amiens Nord a continué lundi à provoquer les élus. L’accord de fin de conflit n’a pas été respecté : toutes les poursuites devaient être abandonnées, or plusieurs de nos camarades se sont retrouvés en garde à vue. Monsieur CAVAILLE Encore une fois, il n’y a aucune intention d’agression ni de harcèlement. Madame BECKER-QUIGNION Dans ce cas, faites cessez ces agissements. Monsieur CAVAILLE C’est à mon sens une question de perception. Je n’ai pas à commenter. Nous avons retiré la plainte déposée par Goodyear l’an dernier, mais le procureur de la République peut instruire de son propre chef. Monsieur WAMEN Selon vous, le procureur de la République se serait donc spontanément décidé à me poursuivre. Nous comprenons bien que vous ne reconnaissiez pas ce harcèlement en réunion. Comme l’a montré une émission hier sur France 2, de nombreux salariés se sont suicidés sur leur lieu de travail chez Pages Jaunes, mais le patron a toujours nié toute volonté de harceler le personnel. Aucun patron en France ne dira publiquement : « J’ai harcelé mon salarié jusqu’à ce qu’il se suicide. » Un premier arrêt de travail de 14 jours m’a été prescrit : j’avais une tension de 14/11 et j’étais sous traitement médical. Je suis suivi par une psychologue à Caen. Elle ne comprend d’ailleurs pas pourquoi, alors que je suis arrêté, Monsieur Guichard m’envoie un mail assassin m’accusant de mentir sur mon état de santé, m’incitant à régler mes problèmes personnels et à venir le voir si j’ai des ambitions personnelles. Or je n’ai ni problème personnel, ni ambition personnelle. Je souhaite simplement mener à bien ma mission sans être provoqué ni harcelé. Je suis allé voir mon médecin traitant pour me protéger : les provocations devenaient telles que j’ai craint de déraper. Ainsi, Madame Seprez m’a déclaré devant témoin sur les marches de l’escalier : « Monsieur Wamen, vous n’avez aucun avenir professionnel, ni ici, ni ailleurs, contrairement à moi. » Ces propos témoignent bien d’un harcèlement. A la demande du CHSCT, j’ai fourni un certain nombre de pièces, notamment des SMS provocateurs émanant de Monsieur Bernard Glesser, ici présent. Je les ai communiqués à Madame Devillers et au nouvel Inspecteur du Travail, auxquels j’ai demandé de diligenter une enquête. J’ai rendez-vous cette après-midi avec un avocat spécialisé en droit pénal ; je déposerai des plaintes et recours pour harcèlement, notamment devant les prud’hommes. La réunion de CHSCT s’est effectivement tenue, mais sur l’initiative des élus, et non celle de la Direction. Or une jurisprudence constante exige que vous mettiez en œuvre une procédure spécifique dès qu’un salarié témoigne être en souffrance sur son lieu de travail du fait d’un harcèlement de ses supérieurs hiérarchiques. Cette procédure spécifique peut être par exemple une réunion de CHSCT pour établir un arbre des causes avec un représentant de la CRAM et définir la ou les raisons éventuelles du harcèlement et le faire cesser. Or vous n’avez pris aucune mesure. Je sais bien que la « chasse à Wamen » est ouverte depuis plusieurs années, bien avant que vous n’arriviez chez Goodyear. De nombreux représentants de la Direction s’en sont pris à moi par écrit ou par oral ou ont fait pression sur d’autres salariés pour m’accabler. Mes trois semaines d’arrêt de travail tiennent uniquement à des motifs professionnels. Mon seul problème est que je suis empêché de mener ma mission de représentant du personnel, parce qu’on me pousse à dépasser les bornes. Je ne souhaite pas en arriver là. J’ai évoqué le problème auprès de tous les services nécessaires. Je demanderai au CHSCT qu’il désigne un expert agréé auprès de l’Inspection du Travail. J’ai demandé à la fédération de la Chimie et à la confédération CGT de se saisir de ce dossier. Vous ne respectez pas l’accord de fin de conflit, qui stipule que toutes les procédures liées à la restructuration et la fermeture du site doivent cesser, qu’elles soient initiées par GDTF ou non, qu’elles soient en cours ou à venir. J’ai prévenu la Direction générale du groupe GDTF de ces agissements qui dépassent largement l’incompétence. L’accord RTT d’Amiens Nord stipule que nous devons être informés et consultés en cas de diminution importante des effectifs. Vous ne l’avez pas fait. Le bilan CHSCT 2014 n’a pas été réalisé. Des salariés ont été licenciés pour inaptitude à tous travaux ou leur poste après un accident du travail ou une maladie professionnelle, sans que vous n’ayez consulté les DP. Leur licenciement est donc nul et non avenu. Nous ferons le nécessaire pour que vous soyez condamnés au tribunal le 30 mars. Parallèlement, le groupe Goodyear a récemment annoncé que son bénéfice avait atteint 2 milliards d’euros, soit 400 % de plus qu’en 2013. Il se porte donc très bien. Mon but aujourd’hui est de faire respecter l’accord de fin de conflit. La prolongation de trois mois payés par Goodyear pour les salariés de moins de 45 ans découle d’un problème de retour à l’emploi. Or vous vous appuyez sur une interprétation restrictive du PSE pour exclure le maximum de personnes de moins de 45 ans du dispositif. Elle doit en fait bénéficier à toutes les personnes inscrites sur les listes électorales pour voter à Amiens Nord, soit 867 personnes. Il nous avait également été déclaré que ces personnes ne paieraient pas de cotisations sur ces trois mois supplémentaires. Ces cotisations sont-elles reprises sur le solde de tout compte, comme cela a été déclaré initialement ? Il a été dit la dernière fois qu’elles seraient prises en charge par l’Etat ou par Goodyear, qui a effectivement les moyens financiers de ce faire. Nous rencontrerons les salariés le 19 mars et déciderons de la suite à donner. Je vous demande, comme responsable du groupe CGT, de prendre les mesures nécessaires pour que je puisse continuer à assister aux réunions sans être provoqué, menacé ni harcelé – ni mails, ni SMS tardifs pour me narguer ou m’accuser de mentir, comme l’a fait Monsieur Guichard très maladroitement. Je sais que je suis sanguin. J’ai peur aujourd’hui de subir une pression telle que j’en arrive à frapper quelqu’un en réunion et à être licencié pour faute lourde, avec des problèmes judiciaires. Je n’en ai aucune envie. Je souhaite simplement faire mon travail correctement, dans l’intérêt des salariés. Je n’en ai pas la possibilité aujourd’hui : on vient se moquer de moi en suspension de séance. Madame Michèle Seprez est venue voir Monsieur Szyroki pour lui dire que je le traite de « toutou » en son absence. N’a-t-elle rien d’autre à faire ? Quel peut être son but ? Monsieur Crussy m’a indiqué qu’il ne cautionnait pas ces agissements, mais qu’il n’était pas décisionnaire. Les représentants du personnel ont perdu toutes leurs primes de poste depuis décembre 2013. J’ai envoyé quatre mails pour en demander la raison, alors que l’accord de nuit n’a pas été dénoncé. Le code du travail dispose en outre qu’un représentant du personnel doit percevoir la même rémunération que par le passé s’il continue d’accomplir sa mission quand il est en suspension d’activité. J’ai évoqué le problème depuis sept à huit mois, sans succès. Vous pourrez arguer devant les tribunaux que je ne suis pas harcelé et mettre en avant mon comportement en réunion. Or je suis syndicaliste, alors que les personnes qui m’agressent, me harcèlent et me provoquent sont des dirigeants d’entreprise. Ils doivent donc avoir un comportement exemplaire. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. A défaut de mesures rapides, je retournerai voir mon médecin du travail. Je recourrai aux organismes qualifiés en matière de harcèlement et j’irai même au-delà. Vous n’aurez pas d’autre solution que de venir faire amende honorable. J’ai en effet besoin que nos travaux se poursuivent comme nous l’avons fait de janvier à mai : nous parvenions à progresser, même si nous n’étions pas d’accord. J’ai pu travailler avec Laurent Dussuchale et Bernard Glesser, même s’il m’a beaucoup déçu dernièrement à titre personnel. Il m’a souvent dit qu’il avait beaucoup d’amitié pour moi. Il a d’ailleurs déclaré aux forces de l’ordre que si je n’avais pas été là, les choses se seraient passées autrement pour lui lorsqu’il a été retenu. En réalité, vous avez tout fait pour nous piéger. J’ai demandé à la police le détail de vos déclarations : vous prétendez par exemple que j’ai apporté deux sacs de couchage et un pistolet. Or vous savez très bien que ce n’est pas moi. Monsieur GLESSER Je ne souhaite pas évoquer ce sujet en réunion. Nous pouvons en revanche le faire tous les deux. Monsieur WAMEN J’ai demandé une confrontation aux forces de l’ordre. Prenez un avocat. Pour revenir à mes propos, je suis menacé dans ma vie professionnelle. Je n’ai aucune envie de me suicider parce que certains pensent que je suis suffisamment nuisible pour me pousser à le faire. Vous ne prenez pas les mesures nécessaires pour faire cesser mon harcèlement : vous êtes responsables. Vous n’apportez aucune preuve du fait que je ne sois pas harcelé, alors que j’ai avancé des éléments de mon côté. Si vous persistez à le nier, vous remettez en cause la déontologie du médecin traitant qui m’a prescrit trois semaines d’arrêt de travail et celle de la psychologue qui me suit. On me conseille de recourir à ICAS, or je n’ai cessé de dire ici même qu’ils sont incompétents. Je préfère prendre les frais à ma charge. A titre d’anecdote, la psychologue qui me suit est une ancienne DRH de Veolia France. Elle a décidé de changer radicalement de carrière après avoir été témoin des manœuvres sordides auxquelles son entreprise pouvait recourir pour éliminer des syndicalistes gênants. Je vous gêne parce que je suis compétent, or vous savez bien que mon intervention fait toujours progresser les dossiers, que ce soit ici ou à la SODIE. A ce sujet, le compte rendu de Madame Boquet ne représente en rien la réalité : il omet de mentionner que la CGT a sollicité la SODIE suite à l’exaspération des salariés, qui demandent l’amélioration de certains critères. Il n’aura aucune valeur légale tant que les deux parties – la CGT et la SODIE – ne l’auront pas signé. Les seuls comptes rendus valables sont ceux des commissions locales et des commissions nationales. Je fais mon travail, peut-être avec véhémence et avec des mots un peu forts, mais mon objectif est de défendre l’intérêt des salariés. Je sais pertinemment qu’en mon absence, le syndicat fonctionne moins bien, parce que j’en suis la pièce maîtresse. En vous en prenant à moi, vous voulez attaquer le syndicat. Pour conclure, je suis profondément déçu par certaines personnes du groupe GDTF. Je paye sans doute le prix de ma naïveté : j’aurais dû rester sur mes gardes. Bernard Glesser m’a aidé sur quelques points, mais je ne lui suis redevable en rien. J’ai demandé une confrontation. Je vous garantis sur ce que j’ai plus de cher au monde que je ne vous lâcherai pas : vous irez devant le tribunal pénal pour faux et diffamation. Par ailleurs, il est un peu mesquin de refuser le prêt demandé par Monsieur Sébastien Lupo parce que vous avez des problèmes avec la CGT. Merci également de répondre à mes SMS quand ils concernent le personnel. Madame Martin attend depuis le mois d’octobre. Monsieur Franck Leclerc reçoit 300 euros de salaire en moins depuis longtemps, mais le problème n’est toujours pas réglé. Monsieur GLESSER Vous m’avez demandé par mail de ne pas vous déranger. Monsieur WAMEN Jusqu’à la fin de mon arrêt de travail, mais je vous ai adressé un SMS lundi, après ma reprise. Monsieur GLESSER J’ai répondu par courrier entre-temps à Monsieur Martin pour lui expliquer tous les éléments de son solde de tout compte. Monsieur WAMEN Je propose de commencer la réunion, car votre position est bien connue : à vous entendre, vous êtes la meilleure Direction qui soit, alors que je suis le pire syndicaliste qui soit. Je suis un affabulateur et ne subis aucun harcèlement. Je possède pourtant des preuves accablantes. Par ailleurs, nous ne signerons pas l’accord électoral 2015 à Amiens Nord. Les élections doivent se passer là où les salariés Monsieur CAVAILLE Je ne nie pas votre souffrance, mais je ne suis pas là pour entrer dans le détail de votre situation personnelle. Monsieur WAMEN Ce n’est pas une situation personnelle, mais professionnelle : j’ai eu trois semaines d’arrêt de travail par un médecin pour stress lié au travail. Je suis suivi par un psychologue également pour motifs professionnels. I. Présentation du cabinet SODIE Madame BOQUET 1045 salariés ont été notifiés, dont 1009 ont adhéré au congé de reclassement. Monsieur WAMEN Excusez-moi de vous interrompre, mais nous n’avons pas reçu le procès-verbal de la précédente réunion en même temps que la convocation, contrairement à l’habitude. Monsieur GLESSER Ce procès-verbal existe ; nous vous l’adresserons. Madame BOQUET 9265 entretiens de suivi ont été réalisés dans le cadre de l’EMF et 6430 participants aux ateliers ont été décomptés. Ces chiffres sont respectivement de 338 entretiens réalisés et 1127 participants aux ateliers en février. La fréquentation a donc nettement augmenté depuis le début de l’année, notamment suite aux réunions organisées pour expliquer le séquencement. Monsieur SZYROKI La fréquentation a augmenté quand GDTF a confirmé qu’il n’y aurait pas de repreneur, contrairement à ce que pensait le personnel auparavant. Madame BOQUET La fréquentation a été effectivement plus importante entre novembre et fin décembre, mais elle a largement augmenté après les explications apportées sur le séquencement du projet de reclassement. Nous avons notamment expliqué que les salariés connaîtraient un changement de rémunération en janvier, à l’issue des douze mois et rappelé que le congé de reclassement comportait douze mois initiaux, ainsi que trois mois supplémentaires financés par l’Etat dans le cadre du protocole de fin de conflit. Nous avons également présenté les prolongations qui pouvaient concerner un certain nombre de salariés en fonction de leur situation et des difficultés rencontrées dans le retour à l’emploi. La hausse de fréquentation est donc liée à de multiples facteurs. Les salariés ont effectivement pris conscience de l’absence de repreneur et du temps qui passe, notamment pour certains qui n’avaient pas encore pu se mobiliser suffisamment sur leur recherche d’emploi. Monsieur WAMEN Pourquoi n’avaient-ils pas pu se mobiliser suffisamment ? Madame BOQUET Pour toutes les raisons que nous avons évoquées l’année dernière... Monsieur WAMEN Vous avez dit la même chose que nous pendant trois ou quatre mois, comme en attestent les procès- verbaux. A ce sujet, j’ai transmis à la DIRECCTE, à sa demande, les procès-verbaux des commissions locales et nationales. Elle s’est intéressée à votre réponse négative quand je vous ai demandé s’il restait des postes disponibles à Amiens Sud : la Direction de Goodyear ne l’avait jamais signalé à la DIRECCTE. Dans le même esprit, que ferez-vous si 800 personnes demandent à se positionner sur les postes restant ouverts chez Dunlop ? Monsieur CAVAILLE Une trentaine de postes sont disponibles à Amiens Sud pour les personnes travaillant au démantèlement, pour lesquelles le processus de reclassement interne n’a pas encore été effectué, ainsi que pour les représentants du personnel. Monsieur CARON Il est donc trop tard pour Monsieur Souza. Monsieur CAVAILLE Je ne connais pas sa situation. Je répondais de manière générale. Monsieur GLESSER Monsieur Souza a accepté un poste à Montluçon, au prix d’un certain nombre d’efforts – il est invalide de deuxième catégorie et a fait des démarches pour pouvoir retourner au travail. Il a tenu ce poste pendant plusieurs mois. Il connaît aujourd’hui des difficultés familiales auxquelles l’employeur ne peut rien. Monsieur WAMEN Il n’en serait pas là si vous n’aviez pas fermé l’usine : ses problèmes tiennent à l’éloignement entre son lieu de travail et sa famille. Il a écrit qu’il attenterait à ses jours s’il ne pouvait pas revenir à Amiens Nord. Vous serez responsables s’il lui arrive quoi que ce soit. Madame BOQUET Nous proposons des ateliers de recherche active d’emploi deux fois par mois. Ils permettent aux salariés de mener des actions de recherche d’emploi en petit groupe, de progresser dans la maîtrise de l’outil informatique, de consacrer du temps à la recherche d’emploi et de postuler à des offres. Ils maintiennent également le lien social : beaucoup de personnes témoignent qu’elles apprécient de retrouver d’anciens collègues. Des ateliers apprennent à découvrir et s’approprier les différentes techniques d’entretien de recrutement, à verbaliser ses compétences et son projet et à comprendre les attentes du recruteur. Parallèlement à ces ateliers, nous avons réalisé des forums avec des sociétés d’intérim. Nous avons organisé une information collective et une session de recrutement Randstad pour Valeo. Nous avons fait intervenir un organisme d’intérim spécialisé dans l’insertion de personnes handicapées. A ce sujet, j’ai demandé à Monsieur Bessé d’intervenir auprès de la préfecture pour accélérer les demandes de RQTH des salariés. Enfin, nous avons fait intervenir un organisme de formation et le syndicat professionnel du secteur agricole. Six personnes ont choisi une formation de reconversion dans ce secteur. Monsieur CARON Excusez-moi, mais Messieurs Glesser et Cavaillé n’ont pas l’air intéressés par votre présentation. Monsieur GLESSER Je suis intéressé. Je me dispense en revanche de vos commentaires : nous ne sommes pas à l’école. Monsieur CARON Je fais ce que je veux. Monsieur GLESSER Vous ne faites pas ce que vous voulez et vous n’avez pas à me prendre à partie en permanence. Monsieur WAMEN C’est la première réflexion de Monsieur Caron. Elle est par ailleurs fondée : vous jouez avec votre téléphone depuis un certain temps. Si la réunion ne vous intéresse pas, vous pouvez la quitter. Monsieur CAVAILLE Cette présentation est faite à votre bénéfice. Nous en avons pris connaissance auparavant. Monsieur WAMEN Dans ce cas, ne venez pas en séance. Faites preuve de respect vis-à-vis des IRP, qui se déplacent pour cette réunion expressément. Faites au moins semblant d’être intéressé. Monsieur GLESSER Madame Becker est absente. Elle ne semble pas du tout intéressée par les propos de Madame Boquet. Monsieur WAMEN Elle est partie aux toilettes, parce qu’elle souffre de désordres intestinaux. Etes-vous médecin ou proctologue ? Monsieur Caron vous fait une remarque justifiée. Monsieur GLESSER Vous ne pouvez pas en permanence manier l’insulte et l’invective. Ce ne sont pas des façons. Monsieur WAMEN Quelles insultes ? Monsieur GLESSER Je me fais traiter depuis quatre ans de fils de pute, d’enculé et de bâtard. Monsieur WAMEN Par qui ? Monsieur GLESSER Par l’ensemble des participants à ces réunions. Ce n’est pas nouveau. Monsieur SZYROKI La CFE-CGC n’a jamais insulté qui que ce soit. Monsieur GLESSER Si vous ne vous sentez pas concernés, ne répondez pas. Monsieur WAMEN Vous perdez votre sang-froid, Monsieur Glesser. Je ne vous ai jamais insulté en réunion. Monsieur GLESSER Vous êtes un menteur. Madame BOQUET Un forum emploi est programmé le 17 mars 2015. Plus de 600 acteurs de l’emploi y sont conviés : organismes de formation, groupements d’employeur et entreprises d’insertion. Une dizaine d’intentions favorables ont été recensées à ce stade. A date, 272 formations de reconversion ont été engagées dans le cadre du congé de reclassement. 39 sessions sont programmées sur l’année 2015. Monsieur CARON Ces formations débouchent-elles sur des CDI ? Madame BOQUET Aucune formation ne donne la certitude d’avoir un CDI à son issue. En revanche, le salarié accroît son employabilité et se forme à un métier où des besoins sont attestés. Monsieur WAMEN Nous avons accepté de considérer les départs en retraite comme des solutions identifiées, mais vous ne pouvez pas y inclure les formations. C’est un souhait, mais non une réalité. Par exemple, Monsieur Glesser souhaite avoir ma tête, mais vous ne m’aurez pas. Il faudra me tuer pour m’avoir. Pour revenir au sujet, vous manipulez les chiffres. Tous les journalistes qui ont étudié le sujet savent que la SODIE est inopérante. Madame BOQUET 116 personnes ont retrouvé un emploi en CDI ou en CDD. Madame BECKER-QUIGNION Les 51 CDD ne sont pas non plus des solutions identifiées. Madame BOQUET Ce sont des CDD de remplacement qui permettent d’envisager des renouvellements ou des pérennisations en CDI. Monsieur SZYROKI Parmi ces CDD, combien ont été transformés en CDI ? Combien sont-ils encore en CDD ? Combien n’ont-ils plus rien ? De même, combien des créateurs d’entreprise sont-ils encore en activité ? Monsieur CAVAILLE Nous ferons un point lors de la prochaine commission de suivi centrale. Monsieur WAMEN Pour nous, le résultat de la SODIE est de 65 CDI et 51 créations d’entreprise, soit 116 personnes, pour 13 millions d’euros par an et 60 000 euros de coût de location du bâtiment. Madame BECKER-QUIGNION Il faut y ajouter 750 000 euros pour le cabinet ICAS. Pourrions-nous avoir un graphique reprenant uniquement les retraites, les emplois et les créations d’entreprise ? Le pourcentage serait plus proche de la réalité. Monsieur GLESSER Vous l’avez déjà. Monsieur JUREK Les 51 CDD de six mois ou plus sont sortis du congé de reclassement. Nous n’aurons plus de visibilité sur leur sort. Madame BOQUET Nous ferons en sorte d’avoir l’information. Monsieur JUREK S’ils ne veulent pas vous répondre... Madame BOQUET C’est effectivement la limite de l’exercice. Monsieur WAMEN Monsieur Cavaillé, êtes-vous satisfait de ces chiffres ? Monsieur CAVAILLE Ces chiffres sont satisfaisants au vu du contexte difficile de la mission de SODIE. Monsieur WAMEN 867 personnes sur mille n’ont pas retrouvé de travail. Elles ont perdu définitivement le droit de travailler. Ce chiffre serait donc satisfaisant ? Monsieur CAVAILLE Oui, au vu du contexte. Par ailleurs, j’ai confiance dans les capacités d’adaptation et de recherche de ces personnes. Monsieur SZYROKI Les représentants de la SODIE ont fait croire aux salariés que le taux de reclassement serait de 100 %. Monsieur WAMEN Les seuls emplois créés par la SODIE sont les leurs. Monsieur CAVAILLE On ne peut pas tout rejeter. Nous avons un très bon taux de retour à l’emploi après une formation longue. Monsieur WAMEN Je souhaite vivement que toutes ces 117 personnes retrouvent un emploi, mais je sais que ce ne sera pas le cas. La Direction de Goodyear doit octroyer des moyens supplémentaires d’accompagnement des salariés. En particulier, les trois mois supplémentaires doivent être accordés à tous ceux qui ont des difficultés de retour à l’emploi, comme le prévoit le protocole de fin de conflit, c’est-à-dire à 867 personnes. Monsieur CAVAILLE Je ne comprends pas pourquoi vous citez ce chiffre. Monsieur WAMEN C’est le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales, c’est-à-dire celles qui n’ont pas trouvé de travail. Monsieur CARON Je demande que la demande de Monsieur Souza soit prise en compte et qu’il puisse être réintégré à Amiens Sud. Monsieur WAMEN Il ne le peut pas : il n’a pas de poste. La séance est suspendue de 10 heures 50 à 11 heures 10. II. Rappel des dispositions applicables Monsieur GLESSER Les dispositions applicables sont issues de trois sources : le PSE, l’addendum et le protocole de fin de conflit signé le 22 janvier 2014. Monsieur WAMEN Il a été signé le 23 janvier. S’il y en a plusieurs, merci de le signaler. Monsieur GLESSER Je cite : « fait à Amiens le 22 janvier en trois exemplaires ». Le PSE fixe la durée du congé de reclassement à douze mois pour les salariés de moins de 56 ans et 15 mois pour les salariés âgés de 56 ans et plus. A cette durée originelle se sont ajoutés trois mois issus du protocole de fin de conflit et financés par l’Etat. Le PSE prévoit également une prorogation éventuelle et exceptionnelle en réponse à des problématiques spécifiques, c’est-à-dire pour les salariés présentant des difficultés particulières de retour à l’emploi, qui n’auraient pas trouvé de solution identifiée au terme de leur congé et qui ont été actifs dans leur recherche d’une solution de reclassement. La durée de cette prorogation éventuelle et exceptionnelle serait de trois mois pour les moins de 45 ans et trois mois, éventuellement renouvelables une fois, pour les salariés de 45 ans et plus, ce qui les porterait à 24 mois maximum. Le PSE stipule que les solutions identifiées sont :  un reclassement effectif en CDI ;  un reclassement effectif en CDD ou CTT d’au moins six mois ;  une promesse d’embauche formalisée par un contrat ;  un projet de création ou de reprise d’entreprise ;  une formation longue qualifiante, certifiante, professionnalisante ou de reconversion, débouchant sur un métier porteur ;  proposition d’une offre valable d’emploi (OVE) ou deux pour les salariés présentant des difficultés de retour à l’emploi ;  tout autre projet choisi volontairement par le salarié, matérialisé par un écrit de sa part et validé par la commission de suivi (convenances personnelles). Les salariés présentant des difficultés particulières de retour à l’emploi sont les suivants :  salariés âgés de plus de 50 ans ;  salariés handicapés (CDAPH) ;  salariés en situation de parent isolé ;  couples dont chacun des conjoints est concerné par le PSE ;  salariés éloignés de l’emploi pour des raisons de difficultés à lire ou à écrire. En accord avec vous et dans le cadre d’une commission, nous y avons ajouté les salariés en invalidité de deuxième catégorie et les salariés inaptes totaux et définitifs à tout poste chez Goodyear. Monsieur WAMEN Le protocole d’accord de fin de conflit stipule que tous les salariés présentant des difficultés particulières de retour à l’emploi bénéficient des trois mois supplémentaires. Au nom de la CGT Goodyear, je vous demande que cette prorogation se fasse systématiquement pour tous ceux qui sont encore en situation de reclassement à l’heure actuelle, quelle que soit leur situation personnelle, qui par construction rencontrent bien des difficultés particulières de retour à l’emploi. Monsieur SZYROKI La plupart des représentants de la SODIE ont assuré aux salariés qu’ils bénéficieraient de 15 mois financés par Goodyear et de trois mois financés par l’Etat. Je l’ai constaté personnellement à plusieurs reprises. Monsieur GLESSER Le protocole d’accord de fin de conflit évoque « une prorogation d’une durée de trois mois non capitalisable, de la durée initiale du congé de reclassement, pour les salariés âgés de moins de 45 ans qui présenteraient des difficultés de retour à l’emploi dans les conditions définies par le PSE aux chapitres 3.1 et 3.6. » Ces chapitres sont exactement sont que je viens de mentionner. Monsieur WAMEN Nous connaissons ce texte tout comme vous. Notre interprétation est tout à fait défendable, y compris devant un juge. Le PSE stipule par ailleurs que la commission de suivi nationale examinera la possibilité des trois mois supplémentaires. Enfin, des salariés ont indiqué avoir déjà reçu des courriers faisant état d’une possibilité de prorogation. Nous aurions dû en discuter auparavant. Monsieur CAVAILLE Ils ont reçu un premier courrier qui rappelle les dispositions du PSE. Nous enverrons un second courrier sur l’application des critères et la suite de la procédure, c’est-à-dire la demande de prorogation, soumise à examen par la Commission de suivi locale et à validation par GDTF. Monsieur GLESSER Après ce rappel des dispositions du PSE, nous faisons les propositions d’aménagement suivantes. Nous proposons d’abord d’élargir le critère d’âge à tous les emplois, car il est très difficile de distinguer le travail fait en production du travail fait à la QTECH. Monsieur WAMEN Ce n’est pas notre demande : nous voulons que les trois mois supplémentaires s’appliquent à l’ensemble des salariés sans solution clairement identifiée, comme prévu par le PSE. Il n’est par exemple pas normal que les 217 personnes en formation subissent une perte de revenus de 25 % à 30 % alors qu’elles sont en recherche active d’emploi. Monsieur CAVAILLE Ces personnes ont une solution identifiée. Par ailleurs, nous proposons que les personnes qui n’auraient pas trouvé de solution d’emploi à la fin de leur congé de reclassement puissent être accompagnées trois mois supplémentaires par SODIE. Monsieur WAMEN Notre but est d’éviter toute perte de rémunération. Le code du travail protège les salariés de 51 ans et plus du fait de leur âge. Vous ne pouvez pas déroger à ces règles, même par un accord majoritaire. Monsieur GLESSER C’est une interprétation extensive. Peu importe en l’occurrence, puisque notre proposition porte sur les salariés de 50 ans et plus, dont les personnes de 51 ans et plus font partie. Monsieur CAVAILLE Deuxièmement, le PSE prévoit que les personnes ayant reçu une ou deux OVE, en fonction de leur situation, sont réputées avoir une solution. Nous constatons que des refus d’OVE l’ont été pour des motifs légitimes. Nous proposons de les réintégrer. Monsieur GLESSER Troisièmement, les formations de longue durée sont réputées constituer des solutions identifiées au titre du PSE. Or une vingtaine de salariés ont abandonné leur formation, dont huit selon nous l’ont fait pour motif légitime – notamment pour motif médical. Nous proposons qu’ils puissent bénéficier d’une prorogation. Monsieur RAYNAUD Ces personnes sont de fait incitées à abandonner de la prorogation. Monsieur GLESSER Elles doivent le faire pour motif légitime. Monsieur SZYROKI Qui déterminera que le motif est légitime ou non ? Monsieur WAMEN Le protocole d’accord de fin de conflit est clair : la prorogation concerne toutes les personnes qui sont encore en congé de reclassement. Nous le ferons valoir à l’Inspection du Travail et même devant la juridiction compétente. Je vous laisserai présenter votre document par respect, mais je ne suis absolument pas d’accord avec ces comptes d’apothicaire. Mon objectif est de mener à bien ce que nous avons entamé le 22 janvier 2014 et de trouver un compromis acceptable pour les deux parties. Nous constatons des injustices sur les 35 euros, sur la prime de 500 euros, sur la période d’intérim avant l’embauche. Tous ces points peuvent donner lieu à des procédures juridiques longues. Ni vous, ni nous n’y avons intérêt. Par ailleurs, vous n’avez pas intérêt à ce que les salariés se remobilisent. Si vous acceptez qu’aucune des personnes en congé de reclassement ne quitte le dispositif avant le 31 décembre 2015, quelle que soit la catégorie d’âge, nous pourrons parvenir à un accord intelligent, convenant à toutes les parties. Nous ne sommes pas la seule organisation syndicale à dire que la prorogation de trois doit être appliquée à tous. SODIE reconnaît lui-même que les salariés ont mis six mois à faire le deuil de leur ancien emploi. Ce que vous présentez est nettement insuffisant pour nous. Soit nous nous mettons d’accord rapidement, soit la mobilisation reprendra, de manière beaucoup plus forte que ce qui a été fait dernièrement. Vous serez également confrontés à des actions juridiques. Par ailleurs, nous vous demandons d’ajourner la dernière réunion du CHSCT d’Amiens Nord, prévue le 13 mars, afin de nous laisser le temps de finaliser notre projet de SCOP. Monsieur SZYROKI L’acceptation de cet aménagement ne peut que servir Goodyear. Monsieur CAVAILLE Nos propositions ressortent d’une interprétation plus large des textes, qui aboutit à 251 personnes potentiellement concernées par une prolongation au lieu de 183, soit un tiers de l’ensemble des personnes actuellement en congé de reclassement. Nous ajoutons également des moyens pour faire en sorte que les personnes en formation bénéficient de l’accompagnement de SODIE pour continuer de chercher un emploi. Monsieur WAMEN Il est inutile de prévoir des mois supplémentaires si vous enlevez l’indemnité de congé de reclassement : on ne peut pas rechercher un emploi ni se projeter dans l’avenir en ayant des problèmes financiers. Monsieur GLESSER Ces personnes n’auront pas de problèmes financiers, puisqu’elles recevront toutes les sommes qui leur sont dues au sortir de leur congé de reclassement. Monsieur WAMEN L’indemnité supraconventionnelle ne sert pas à payer les mois de congé de reclassement manquants. Nous avons bien compris que vous n’étiez pas d’accord : nous quittons la séance. Nous revoyons les salariés d’Amiens le 19. Monsieur GLESSER Nous ne quittons pas la séance chaque fois que nous ne sommes pas d’accord. Monsieur WAMEN Monsieur Glesser, j’ignore quelle mouche vous a piqué aujourd’hui : vous avez été particulièrement odieux. Pour conclure, vous avez quelques semaines pour réfléchir. Vous me devez personnellement toutes mes primes de nuit et de panier. Nous irons au tribunal pour réclamer cet argent. Encore une fois, un compromis est possible. Si vous ne le souhaitez pas, chacun assumera ses responsabilités. Par ailleurs, nous devions discuter avec Monsieur Crussy de l’accord sur les élections professionnelles. Comme je quitte la réunion, il n’y aura pas d’accord sur ce sujet à Amiens Nord. La CGT quitte la séance à 12 heures. Monsieur GLESSER Dans la seconde moitié du mois de mars, nous adresserons un courrier à tous les salariés présents en congé de reclassement. S’ils ne remplissent pas les critères pour bénéficier d’une prorogation, le courrier annonce la date de fin du congé de reclassement. S’ils remplissent les critères, ils devront nous retourner le formulaire de demande. Leur requête sera examinée par la commission locale mensuelle. La prorogation exigera un avis favorable de l’OMF et de la commission locale de suivi ainsi que la validation de l’employeur. La séance est levée à 12 heures 05.

Rendez vous Direccte

Après avoir lourdement insisté, nous venons enfin d'obtenir un rdv à la Direccte le 7 avril à 10h00, nous pourrons,à l'occasion de cette réunion, indiquer à la Direccte que son rôle est d'obliger Goodyear à respecter les propos tenus par le responsable de la direccte le 19 mars lors de la réunion de commission de suivi local.

Nous espérons que la Direccte va enfin assumer sa responsabilité et arrêter de fuir une situation où Goodyear impose tout !!!!

Nous sommes déjà prêt à annoncer une action au cas où la Direccte ne ferait pas respecter ses obligations à cette multinationale qu'est Goodyear afin d'obtenir les trois mois de CR supplémentaires.

Des centaines de salariés sont dans une détresse incalculable depuis l'annonce de la direction de ne pas prolonger le congé de reclassement !!!!

La Direccte représente l'état de droit, cet état qui doit obliger au respect des obligations, pas un état qui laisse faire les plus puissants au détriment de ceux qui souffrent, la Direccte doit et peut obliger Goodyear à ne pas faire n'importe quoi, à continuer à détruire des salariés, la Direccte a des moyens colossaux elle doit les mettre en œuvre pour exiger avec nous que Goodyear applique le prolongement Rendez vous direccte

Après avoir lourdement insisté nous venons enfin d'obtenir un rdv a la direccte le 7 avril à 10..00 h, nous aurons à l'occasion de cette reunion d'indiquer a la direccte que son rôle est d'obliger Goodyear à respecter les propos tenus pas le responsable de la direccte le 19 mars lors de la reunion de commission de suivie local.

Nous espérons que la direccte va enfin assumer sa responsabilité et arrêter de fuir une situation ou Goodyear impose tout!!!!

Nous sommes déjà prêt à annoncer une action au cas où la direccte ne nous aide pas à obtenir les trois mois de CR supplémentaire.

Des centaines de salariés sont dans une détresse incalculable depuis l'annonce de la direction de na pas accepter la prolongation du CR!!!!

La Direccte représente l'état de droit, cet état qui doit obliger au respect des obligations, pas un état qui laisse faire les plus puissants au détriment de ceux qui souffrent, la Direccte doit et peut obliger Goodyear à ne pas faire n'importe quoi et doit empêcher Goodyear de continuer à détruire les salariés, la Direccte a des moyens colossaux, elle doit les mettre en œuvre pour exiger avec nous que Goodyear applique le prolongement du CR pour tous les salariés en difficulté de retour à l'emploi !!!

À suivre

lundi 30 mars 2015

AUDIENCE DEMANDE DE PIÈCES DU 31 MARS 2015

Les salariés qui se sont inscrits pour l'audience de demain doivent se rendre au Conseil des Prudhommes d'Amiens au 18 rue Lamartine à 9 heures.

AUDIENCE DEMANDE DE PIÈCES DU 31 MARS 2015

Les salariés qui se sont inscrits pour l'audience de demain doivent se rendre au Conseil des Prudhommes d'Amiens au 18 rue Lamartine à 9 heures.

samedi 28 mars 2015

MERCI ET BRAVO À TOUS

Les résultats des élections sont sans appel et nous vous remercions tous pour votre participation et ce malgré les conditions difficiles de chacun du fait de la fermeture.

Le score du 1er collège est de 97% et montre bien à la direction que la lutte de la CGT est validée par la totalité des salariés et que malgré l'acharnement et les intimidations qu'elle fait subir aux élus, les salariés sont toujours présents et solidaires.

Le score du 2ème collège est de 85% , là aussi une claque pour la direction et au 3ème collège il nous manque une voix pour avoir le siège : 10 voix pour la CGT et 11 voix pour la Cfe-cgc, même l'encadrement qui ne faisait déjà plus confiance à cette direction depuis longtemps vote pour moitié la CGT.

Ces résultats démontrent bien à la direction qu'il n'y a qu'un seul syndicat représentatif de tous les salariés c'est la CGT, le seul légitime.

BRAVO à vous TOUTES et TOUS, ce résultat est avant tout le vôtre, nous sommes plus que fiers de vous représenter !!!!

LE SEUL ET UNIQUE SYNDICAT SUR AMIENS NORD VOTRE CGT

mercredi 25 mars 2015

DEMANDE DE RÉUNION À LA DIRECCTE

A

Madame TAIEB Y Directrice de la Direccte

Copie a YDEE D Direccte BESSET G Direccte

Madame ,

Au vu de la situation mise en œuvre par une décision unilatérale de Goodyear, à savoir appliquer des critères et faire une lecture littérale de l'accord de fin de conflit et du PSE, nous sollicitons en urgence une réunion avec vos services, la situation des salariés est dramatique, l'envoi de lettres pour refuser le prolongement du CR est très mal vécu par les 500 salariés visés par ce courrier.

La commission de suivi na ni été informée et consultée sur la poursuite ou non du CR.

Nous attendons donc un rdv dès cette semaine, nous recevons des dizaines d'appels de salariés désespérés, nous craignons des passages à l'acte au vu de cette lettre brutale et qui divise les salariés.

La Direccte doit exiger le respect des obligations de Goodyear .

Les élus CGT GOODYEAR

LETTRE OUVERTE A EMMANUEL MACRON

Monsieur le ministre de l’ Economie de l’industrie et du numérique

Monsieur le Ministre,

La CGT GOODYEAR vous interpelle et vous demande de vous positionner sur le devenir du site Goodyear Usine Amiens nord.

Vous aviez en septembre 2014 indiqué que vous aviez bon espoir que les négociations en cours entre Goodyear et TITAN au sujet de la reprise du site aboutissent. Quelques semaines après votre déclaration le groupe Goodyear et son affidé TITAN annonçait qu'ils abandonnaient le projet à cause des blocages du Code du travail Français.

C'est dans ce contexte que des centaines de salariés licenciés ont décidé de renouveler leur démarche en faveur d'une SCOOP afin de redémarrer l'activité pneumatique au sein de l'usine d'Amiens nord. Aussitôt, la direction démarrait les procédures pour démanteler définitivement l’outil industriel agraire.

Pourtant, le projet SCOOP pneus agraires est solide, il n'a plus de concurrent et surtout GOODYEAR doit maintenant se conformer à l'article L. 1233-57-14 du Cdt en adressant à la SCOOP, seule candidate à la reprise désormais, une proposition de transfert du site.

En effet, le 19 mars 2015, nous avons décidé avec les salariés d’ouvrir les inscriptions sur la participation à la SCOP, qui est à ce jour le seul projet industriel de reprise du site Amiens nord. Depuis lundi 22 mars 2015 les inscriptions sont ouvertes et nous constatons que déjà plusieurs centaines de salariés ont manifesté leur volonté de participer à la SCOP.

Mais la direction continue à vouloir coûte que coûte créer une nouvelle friche industrielle dans la région Picardie. C'est devenu une obsession pour GOODYEAR, qui veut démanteler le site d'Amiens nord le plus vite possible.

Pourtant notre projet est ambitieux, il permet de maintenir une activité industrielle sur le site Goodyear Amiens. La marque, les parts de marché, l’outil de travail, le site…tout cela le groupe dit ne plus en vouloir. Nous sommes prêts à les reprendre, nous en appelons donc a votre intermédiation.

Dans la situation que connaît la France, vous ne pouvez prendre le risque, Monsieur le Ministre, de laisser échapper une solution industrielle pour Amiens Nord.

Allez-vous nous laissez dans un tête à tête stérile avec GOODYEAR ou allez-vous enfin nous mettre autour d'une table ?

Les salariés de GOODYEAR attendent votre réponse, quelle qu'elle soit ils continueront à tout faire pour sauver l'emploi et le secteur industriel, par la résistance et la proposition.

LE SYNDICAT CGT GOODYEAR USINE AMIENS NORD

mardi 24 mars 2015

PROLONGEMENT DU CONGÉ DE RECLASSEMENT

Comme nous vous l'annoncions jeudi dernier, nos craintes de voir la direction maintenir sa position totalement illogique était fondée...

En effet, vous recevez depuis ce matin des lettres vous annonçant que les 3 mois de prolongation ne seront pas attribués pour tous.....

Cette décision est non seulement illogique mais de plus illégale !!!!

La commission de suivi doit être consultée concernant la prolongation et la direction décide seule, unilatéralement d'évincer plus de 2/3 des salariés de ce droit !!!!

La Direccte avait pourtant bien indiqué à la direction que cette décision n'était pas la bonne, mais la direction n'a que faire de ses obligations et des préconisations....

Elle préfère verser du fric à ceux qui ne sont pas encore licenciés, plutôt que de permettre encore pendant quelques mois à des salariés en précarité de pouvoir subvenir à leurs besoins !!!!!

Personne ne sortira du CR avant le mois de mai, ce qui veut dire que si il doit y avoir une mobilisation pour obliger la direction à revoir sa copie, il va aller faire vite !!!!

Nous attendons le courrier de la Direccte pour ester en justice mais il faut surtout miser sur une mobilisation pour que la direction revienne à la raison !!!!

La direction argumente sur le fait que les 3 mois supplémentaires n'aident pas au retour à l'emploi, quelle honte d'entendre cela, elle veut surtout économiser au plus vite du fric sur le dos des salariés, peut importe la détresse sociale.....

Cette sortie du CR est une énième honte, une démonstration de plus que GOODYEAR n'a strictement rien a faire de votre devenir professionnel et social !!!!!

Nous sommes écœurés mais nous pensons qu'une réaction massive peut les obliger à respecter leurs obligations !!!!

Nous exigeons que la commission de suivi soit consultée sur le prolongement du CR comme prévu par le PSE, la direction n'a jamais respecté aucun accord, l'Etat doit intervenir pour exiger le respect des obligations.

C'est une provocation de plus, depuis le début ça ne cesse de provoquer, diviser, attiser les colères, mettre plus bas que terre des salariés en difficulté, mais que cherche cette direction

Nous avons eu à déplorer des drames depuis la fermeture de l'usine, nous n'avons cessé de dire a la direction qu'elle doit cesser d'avoir une telle attitude, même la direccte a mis en garde sur la détresse sociale et les risques importants RPS sur une sortie prématurée du CR !!!!!

La direction n'a que faire de cela, elle veut détruire les salariés, après les avoir licenciés abusivement, elle veut les achever, alors que la prolongation du CR est au contraire un droit pour tous, et une bouffée d'oxygène financière, la direction aime faire souffrir les Goodyear Amiens Nord.

C'est de l'acharnement,il y a une vraie volonté de nous faire payer notre résistance, d'essayer de nous opposer le plus possible, nous détruire, c'est inadmissible !!!!

La CGT non seulement condamne cette nouvelle attaque contre les salariés mais nous allons réagir avant la fin des 3 mois de CR de l'état, nous sommes scandalisés ét dire que le nouveau DG marc THYS dit comprendre la situation des salariés Amiens Nord et tout faire pour attenuer les Douleurs, belle preuve par les actes de sa compassion....

Honte a Goodyear qui veut finir son sale travail, que Va t'il falloir pour que cesse ce harcèlement contre des centaines de salariés en précarité suite à une fermeture par un groupe qui fait 2 milliards de bénéfice !!!!

Une réaction massive doit obliger Goodyear a stopper cette cabale, nous avons prévenu que la direction n'aura aucun bon sens et qu'elle violera toutes ces obligations .....

La CGT GOODYEAR

lundi 23 mars 2015

PERMANENCES LOCAL CE - PARKING USINE

Les permanences ont lieu tous les mardis et tous les jeudis de 9h à 15h.

Vous pouvez téléphoner ou envoyer un mail pour donner vos coordonnées afin de participer au projet Scoop,

Le numéro de téléphone est : 03.22.54.25.19 L'adresse mail est : cgt.goodyearnord@gmail.com

La CGT Goodyear

dimanche 22 mars 2015

Élections MONTLUÇON

Les salariés viennent de donner la majorité à la CGT sur le site de MONTLUÇON.

La CGT reprend le CE et devient à nouveau le syndicat majoritaire.

Cette excellente nouvelle change toute la donne au niveau du groupe, si comme nous le pensons à Amiens Nord, nous sortons les larges vainqueurs du scrutin, le secrétariat du CCE reviendra à un élu CGT et notamment à un élu titulaire CE Amiens nord.

Un CCE GDTF avec à sa tête un secrétaire CGT cela va radicalement changer les possibilités de la direction d'obtenir des signatures d'ordres du jour non conformes aux souhaits de la majorité de élus....

De même un CCE avec une majorité CGT c'est l'assurance d'obtenir des informations vitales pour la suite de nos dossiers et ceux à venir.....

A très bientôt

La CGT GOODYEAR

mercredi 18 mars 2015

ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES

La direction fait tout pour vous dissuader de voter, de nombreuses erreurs dans les envois, pas d'enveloppe, pas de bulletin......

La direction rêve d'un vote qui ne réunirait pas 50% des inscrits, elle veut pouvoir affirmer que la CGT Goodyear n'est plus représentative, se débarrasser de nous le plus vite possible, entre les gardes à vue, les demandes de licenciements, nous avons la preuve que la direction veut coûte que coûte se débarrasser du syndicat qui gêne !!!!!

Votez massivement, si il vous manque du matériel faites nous le savoir nous ferons le nécessaire, mais votez, la direction a une peur bleue des prudhommes qui approchent à grand pas....

Elle veut nous mettre hors circuit car il y a les prudhommes mais aussi d'autres initiatives à venir elle le sait et elle redoute plus que tout une CGT forte, puissante élue par une très large majorité !!!!

En votant pour la CGT vous votez contre cette direction, revancharde et agressive, vous votez pour VOUS, pour vos droits et de nouvelles bagarres juridiques victorieuses contre un groupe qui a multiplé par 400 son bénéfice !!!!!

La CGT GOODYEAR

lundi 16 mars 2015

Réunion salle Valentin Hauy du 19/03

Pour la réunion du 19 Mars 2015 le rdv est à 17h30 salle Valentin Hauy

Altv.tv - télé anti licenciement

samedi 14 mars 2015

Elections Professionnelles Amiens Nord 2015

Monsieur Crussy , Je viens de recevoir mon matériel pour voter j'ai bien les 4 enveloppe censées contenir les bulletins et les enveloppes et en dp titulaires l'enveloppe est vide oui vide !!!!

J'hallucine comment est çe possible de m'envoyer a moi le secrétaire de la CGT le matériel avec une telle erreur

Je suis catastrophé, depuis hier les appels des salariés se multiplient, c'est dramatique, en plus de la note qui inverse les couleurs des enveloppes il y a des erreurs d'envoi du matériel , je ne peu même pas voter, vous vous imaginez un peu le bordel

Vous allez me dire se cest une erreur, mais ce n'est pas possible oublier de mettre les bulletins et l' enveloppe dp titulaire ce n'est pas une erreur, le scrutin va être impossible dans ces conditions .....

Nous avons signé, jai signe le protocole pensant que vous auriez les compétences pour gérer le scrutin, j'ouvre l'enveloppe et je constate qu'il Manque tout le matériel pour voter en dp !!!!!!

Je suis très très énervé de cette situation, c'est une honte y a pas d'autre mot !!!!

Je vous fait parvenir une photo de çe que j'ai trouvé dans l'enveloppe principale....

Je fais parvenir à l'inspection du travail copie de ce mail .....

Je vous demande l'annulation du scrutin en cour car a ce jour il y a bcp trop d'erreurs qui nous sont signalées .....

Wamen mickael

vendredi 13 mars 2015

Élections professionnelles

Vous avez sûrement reçu le matériel pour voter vos listes CGT, vous êtes nombreux à nous informer que la notice de la direction comporte une erreur sur la couleur des enveloppes.

Pour nous il ne s'agit pas d'une erreur mais d'un choix car la direction espère que nous ayons le moins de voix possibles et multiplier les bulletins nuls pour inversions d'enveloppes, faites donc attention et glissez bien vos bulletins CGT DP et CE dans les enveloppes correspondantes titulaires et suppléants.

La CGT GOODYEAR

jeudi 12 mars 2015

Lettre ouverte aux instances de la CGT

​Longueau, le 12 mars 2015.

Christian POIX 1 rue Maurice Thorez Appt. 1 80330 Longueau Mail : chris.amiens@hotmail.fr ( : 06 07 61 82 01

Lettre ouverte aux instances de la CGT

Chers (es) camarades.

Une nouvelle fois la haine de classe montre son vrai visage. 9 ex-salariés de GOOD YEAR, militants de la CGT ont été convoqués ce mercredi 11 mars 2015 pour une confrontation à l’hôtel de police d’Amiens. Malgré un accord de fin de conflit dans lequel GOOD YEAR s’engageait à arrêter toute procédure judiciaire contre les salariés, la haine de classe contre les militants de la CGT est la plus forte. Des pressions, harcèlements quotidiens sont exercés contre nos camarades et principalement contre le secrétaire du syndicat CGT Mickaël WAMEN. Après 8 heures d’interrogatoire nos camarades sont sortis de l’hôtel de police avec une convocation en correctionnel pour le 30 juin 2015 à 9 heures. Nous allons célébrer cette année les 120 ans de la naissance de la CGT et il est impensable de laisser faire ce déni de justice par le capital et les politiques sociaux-démocrates qui nous gouvernent. La CGT reste le seul rempart face aux prétentions du MEDEF et de son valet MACRON. Depuis sa naissance, des milliers de militants de la CGT ont été torturés par les nazis, ont donné leur vie parce qu’ils ne voulaient pas vivre à genoux, se sont battus, parce qu’ils voulaient une société plus juste où la socialisation des moyens de productions et d’échanges était leur combat de tous les jours et reste à ce jour le seul chemin pour mettre en œuvre une politique économique au service de la population de notre pays.

Quand on touche à un militant de la CGT, on touche à toute la CGT, il est grand temps aujourd’hui de mettre en application ce principe élémentaire de solidarité de classe.

Syndiqué depuis plus de 45 ans à la CGT, présent lors de la manifestation à Amiens lors de l’assassinat de Lucien Barbier par les forces de police, j’en appelle à toutes les structures de la CGT (Syndicats du Public et du Privé, Unions Locales, Syndicats Départementaux, Unions Départementales, Fédérations, Confédération) pour qu’à tous les niveaux de notre organisation se construise une riposte massive, à la hauteur des enjeux de classe contre lesquels les ex-salariés de GOOD YEAR, avec leur syndicat CGT se sont battus et continuent depuis plus de 8 ans une lutte de classe exemplaire.

Recevez chers (es) camarades mes fraternelles salutations.

Christian POIX

Retraité de l’Amiante (Comité d’Etablissement Valeo Transmissions Amiens). Militant à l’Union Syndicale des Retraités de la Somme. Militant à l’Union Locale Zone Industrielle Nord d’Amiens. Militant à Communistes.

mardi 10 mars 2015

Compte-rendu de la 11ème réunion de la Commission de suivi centrale du 10 février 2015

Plan de Sauvegarde de l’Emploi relatif à la fermeture de l’établissement d’Amiens Nord

Étaient présents : Jean-Philippe CAVAILLE, DRH France Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Pour la CFDT : Jean-Pierre BOBKO Didier MULLER Pour la CFE-CGC : Jacques MARTIN Patrice SZYROKI Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie

La séance est ouverte à 9 heures 40.

Madame BECKER Je souhaite donner lecture d’une déclaration préalable suite à l’incident ayant eu lieu hier entre la RH du site d’Amiens Nord et un élu CGT suite à la réunion du CHSCT.

Madame BECKER donne lecture d’une déclaration pour le compte de la CGT.

« ''Je tiens à dénoncer l’acharnement moral que le petit personnel RH continue d’exercer sur les syndicalistes CGT. Alors que la haute direction du Groupe, à travers la signature d’un accord de fin de conflit, a renoncé en partie à ses provocations, les petits sbires locaux s’accrochent à leur misérable petite parcelle de pouvoir.

L’absence de Mickaël Wamen à notre réunion de ce jour en est le résultat direct puisqu’il m’a informé dès hier qu’il n’était pas en état d’assumer son mandat suite au harcèlement moral qu’il subit depuis un certain temps.

Qui peut supporter le mépris d’une soi-disant responsable des ressources humaines qui pavoise et affirme qu’elle a un avenir professionnel contrairement à notre délégué syndical ?

Propos d’autant plus humiliants qu’ils ont été tenus en public.

A travers Mickaël, c’est bien l’ensemble des élus qui est visé.

Si cette dame ne dispose pas de suffisamment de vocabulaire pour répondre à nos questions, ça ne l’autorise pas à user d’une telle violence morale.

La CGT interroge officiellement la direction de Goodyear pour savoir s’il s’agit d’une stratégie pour nous déstabiliser ou s’il s’agit d’un excès de zèle d’une personne isolée qui se veut plus qu’elle n’est ; à savoir rien de plus ni de moins qu’une salariée comme nous.

Nous restons solidaires et sommes convaincus que nous ne valons pas moins que ces petits chefs autoproclamés toutefois empressés de ressembler pour plaire à cette direction qui a décidé de sacrifier notre avenir.

Dans l’immédiat, cette réunion est déclarée nulle et non avenue et doit être reportée à une date ultérieure et seulement après que nous ayons l’assurance qu’elle peut se tenir dans des conditions respectueuses de l’intégrité morale de tous et il en ira de même pour toutes les réunions à venir.

Petite victoire de la RH Amiens Nord (comptable en chef d’elle-même) : cela va lui faire économiser des frais de déplacement concernant Mickaël Wamen. »''

Mickaël Wamen s’est retrouvé avec plusieurs élus après la réunion du CHSCT et la responsable RH du site lui a dit : « moi, j’ai un avenir, pas vous ! ». Les représentants du personnel savent qu’ils rencontreront des difficultés à retrouver du travail mais qu’une RH utilise cet argument pour les humilier en public n’est pas tolérable et témoigne d’un véritable problème de fond.

Monsieur JUREK La Direction doit prendre des décisions par rapport à ce problème. Quoi qu’il en soit, la CGT prendra ses responsabilités.

Madame BECKER Mickaël Wamen est fort mais ses résistances ont des limites. Je n’imaginais pas qu’une RH puisse tenir de tels propos.

Monsieur CARON Les RH possèdent également comme mission le dialogue social. M onsieur CAVAILLE Je peux comprendre que la situation actuelle génère des tensions, qui ne sont pas simples à gérer au quotidien. Vous déclarez que Monsieur Wamen et d’autres représentants du personnel seraient victimes de harcèlement. Il s’agit d’un terme grave, que nous récusons. Vous vous interrogez sur l’existence d’une stratégie de la Direction pour vous déstabiliser, ce que je démens formellement. Dans un contexte difficile, des tensions peuvent surgir, même si je les regrette. En tout état de cause, je renouvelle ma confiance aux équipes RH. Je ne possède pas tous les tenants et aboutissants de l’incident. Je regrette que Monsieur Wamen soit en arrêt maladie et lui souhaite un prompt rétablissement. Je rappelle en outre que l’engagement doit être réciproque. J’entends ce qui est exprimé à travers cette déclaration mais la Direction n’obéit à aucune stratégie et je reste, comme toute l’équipe RH, prêt à poursuivre le dialogue dans une situation qui est objectivement difficile. La mesure devrait néanmoins être partagée dans les communications des uns et des autres. Les propos tenus sur le blog de CGT, notamment à travers la mise en cause de mes propres équipes (paye et management d’Amiens Nord) me paraissent tout aussi inadmissibles que les critiques mentionnées dans votre déclaration. J’entends votre souhait de pacifier un certain nombre de relations. L’objectif est de pouvoir, dans un contexte difficile et tendu, continuer à échanger de la manière la plus sereine possible.

Madame BECKER Les propos que nous tenons sur notre blog sont difficilement contestables compte tenu des agissements sur le terrain. Nous nous demandons réellement si la Direction ne mène pas une stratégie de déstabilisation à notre égard, compte tenu, par exemple, des difficultés que nous rencontrons pour le remboursement des notes de frais. Vous affirmez avoir toute confiance en la RH du site d’Amiens Nord, ce qui signifie que vous cautionnez ses propos.

Monsieur CAVAILLE Je salue le travail réalisé par mes équipes.

Madame BECKER Rien n’a été fait. Avant, l’usine tournait. Désormais, l’intérimaire qui fait office de secrétaire de Direction et la RH ne réalisent pas leur travail. Il n’est pas normal que nous devions nous battre pour que les salariés ne se suicident pas.

Monsieur CAVAILLE Je renouvelle ma confiance dans ma propre équipe. Des collaborateurs assurent des permanences paye et apportent des réponses aux salariés qui les sollicitent. Les échanges peuvent être tendus dans le contexte actuel mais mettre en cause si violemment des salariés n’est pas admissible. En ce qui concerne les notes de frais des représentants du personnel, plusieurs problèmes ont été soulevés sur le blog. Une solution est en train d’être recherchée.

Monsieur JUREK Depuis plusieurs mois, les représentants du personnel d’Amiens Nord évoquent les problèmes que rencontrent les salariés au niveau de la paye mais rien ne change.

Madame BECKER Quoi qu’il en soit, nous ne parlons pas de la paye mais du mépris de la RH envers un élu CGT et de la manière intolérable dont elle l’a traité.

Monsieur CARON C’est la dernière fois que je suis présent en Commission de suivi. J’inviterai désormais les salariés à se tourner directement vers la Direction. Vous verrez comment vous réagirez lorsque votre téléphone sonnera 50 fois en une matinée. J’ai assumé ce rôle car je me devais d’aider mes collègues mais vous jouez à un jeu malsain. Vous êtes fondamentalement malhonnête. Si vous cautionnez les agissements à Amiens Nord, c’est que vous leur ressemblez.

Monsieur CAVAILLE Le contexte n’est pas simple. Des maladresses peuvent provenir de part et d’autre.

Madame BECKER Il ne s’agit pas d’une maladresse mais d’un agissement grave.

Monsieur SZYROKI J’ai demandé hier en séance à Monsieur Wamen pourquoi il me qualifiait, en tant qu’élu CFE-CGC, d’« animal domestique ». Eu égard à sa réaction, j’ai pu constater que les propos qui lui étaient prêtés étaient faux. Tenter de dresser les syndicats les uns contre les autres n’est pas acceptable. En outre, mon honnêteté a été remise en cause par la Direction. La CFE-CGC prend un autre cap à l'heure actuelle car les circonstances du PSE ont changé. Je n’accepterais toutefois jamais que quiconque m’accuse d’être malhonnête.

Monsieur CAVAILLE Le contexte est difficile.

Madame BECKER La responsable RH et l’intérimaire passent leur journée à nous embêter, alors que nous passons un temps conséquent avec les salariés.

Monsieur CAVAILLE Qu’attendez-vous de moi ?

Monsieur CARON Rien.

Madame BECKER Nous attendons que les réunions se tiennent normalement et que les fautes professionnelles ne soient plus tolérées.

Monsieur CAVAILLE Je suis d’accord pour que les réunions se déroulent normalement mais je récuse le terme de faute professionnelle.

Madame BECKER La CGT a agi au mieux pour que tout se passe bien pour les salariés. Le jour où nous éteindrons nos téléphones, un grand nombre de salariés vous solliciteront. Or la RH d’Amiens Nord passe son temps à nous créer des problèmes. Nous sommes très en colère.

Monsieur SZYROKI La CFE-CGC quittera également la séance, par solidarité.

Monsieur CAVAILLE Je regrette que vous quittiez la réunion.

Monsieur CARON Une réunion est prévue jeudi. Si la RH d’Amiens Nord est présente, nous ne viendrons pas.

Monsieur CAVAILLE Nous trouverons des solutions mais il est dommage que des problèmes entre personnes nuisent au bon déroulé de cette réunion.

Monsieur BOBKO La CFDT trouve inadmissible que les représentants du personnel subissent une telle pression. Nous rencontrons le même problème à Montluçon, où un délit d’entrave est en cours. Nous quitterons également la séance. L’ensemble des délégations syndicales quittent la séance.

lundi 9 mars 2015

Communiqué de l'Union Départementale CGT de la Somme et de l'Union Locale CGT Amiens Zone Industrielle

Goodyear Amiens

S'il fallait qualifier le comportement de la direction de Goodyear ainsi que celle du procureur général, nous pourrions parler de constance. De constance répressive pour être plus précis.

Peut-on dire autre chose, lorsque les élus CGT sont, pour la troisième fois, convoqués au commissariat d'Amiens le mercredi 11 mars.

Rappelons que cette nouvelle convocation est relatif à la retenue, sur le site, de la direction de Goodyear par les salariés et leur syndicat afin d'obtenir des garanties sur la pérennité de l'activité et des mesures de reclassement digne d'un groupe qui enregistre des profits colossaux.

Pourtant, cette direction s'était engagée, par écrit dans l'accord de fin de conflit, à renoncer à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l'encontre des salariés.

Cet acharnement de la part d'une direction, qui n'en ait pas à une tromperie prés, ne peut rester sans réaction des salariés, des retraités et des privés d'emploi.

Nous devons montrer à cette direction, qui est l'instigatrice de cette procédure, et au gouvernement, qui soutient celle-ci, que les aspirations du monde du travail doivent primer sur les intérêts égoïstes des financiers et des plus fortunés.

Comme l'ont démontré, à plusieurs reprises, les salariés et leurs élus CGT, ce sont bien eux les créateurs de richesses et les véritables porteurs de projets permettant la progression de l'emploi, des qualifications et, par conséquent, le développement de l'entreprise et de notre région.

C'est la raison pour laquelle, l'Union Départementale CGT de la Somme et l'Union Locale CGT Amiens Zone Industrielle appellent les salariés, les syndicalistes, les démocrates à participer au rassemblement ce mercredi 11 mars 2015, à 10 h 00, rue du marché Lanselles à Amiens pour dire :

- stop à la criminalisation de l'activité syndicale, - oui à une reprise d'activité du site de Goodyear, - oui à des mesures d'accompagnement permettant un reclassement pérenne de tous les salariés.

Amiens, le 9 mars 2015

samedi 7 mars 2015

Rassemblement mercredi 11 mars à 10 h - Commissariat d'Amiens

Massacre des résistants ...

Alors que Goodyear a annoncé des profits records à plus de 2 milliards soit une augmentation de 400% et que pendant ce temps où les actionnaires se goinfrent, en France le groupe avance vers le démantèlement complet du site. Dans le même temps la CGT et les salariés demandent du temps pour finaliser un projet de reprise et redémarrage du site et la direction ignore les demandes et veut coûte que coûte détruire cette chance de recréer de l'emploi en Picardie.....

Cette même direction qui arrose de centaines d'euros par mois des salariés non licenciés, prime de démantèlement mensuelle d'environ 700€ en plus des primes extraordinaires de 500€, tout ça pour bien diviser encore plus et accentuer le sentiment de discrimination vécu par des centaines de salariés licenciés et qui à ce jour n'ont aucune solution d'avenir.....

Goodyear s'acharne donc sur ceux qui résistent, les élus CGT et plus particulièrement le secrétaire Wamen Mickael qui subissent un acharnement inouï, harcèlement, provocations sur les sites du groupe, lettres d'intimidation, plaintes maintenues alors que le groupe avait garanti le retrait de toutes les plaintes liées a la restructuration....

Ils se cachent derrière deux plaintes de cadres alors que c'est bien le groupe qui a conseillé les deux cadres, façon détournée de continuer à massacrer ceux qui résistent.....

Le groupe Goodyear veut la peau de la CGT, elle veut faire payer cher le fait que plus de 900 salariés sont au prudhommes pour licenciement non justifié, cette direction fait appel de la décision des inspectrices du travail qui ont refusé les demandes de licenciements pour les élus, estimant à juste titre qu'il n'y a pas eu et qu'il n'y a toujours pas de motif économique, 2 milliards de bénéfices......

Cette direction n'accepte pas que sur le blog CGT il y ait des rappels de la vérité, le reclassement est un fiasco complet plus de 800 salariés sont sans solution et Goodyear ne veut pas allonger le congé de reclassement mais au contraire se débarrasser et vite des victimes de la fermeture de son usine d'Amiens.....

Oui les élus CGT sont actifs et agissent pour que Goodyear assume ses responsabilités, alors la direction a décidé de mobiliser toute son énergie à obtenir la peau de la CGT et notamment de Mickael, il revient d'un arrêt de travail de 3 semaines justifié par un harcèlement non stop, depuis les lettres provocatrices ne cessent de lui parvenir, le comportement des dirigeants dans les réunions démontre leur haine à son encontre.....

La direction cherche soit un pétage de plomb en réunion ou alors une mise hors circuit grâce au harcèlement et provocations.

Quoi qu'il en soit jamais il n'y a eu un tel acharnement contre des élus du personnel, garde à vue répétées, menaces, intimidations, harcèlement, provocations.....

S'il fallait des preuves que l'action menée par les résistants de Goodyear Amiens Nord gêne et pas que le groupe Goodyear, nous avons ici toutes les preuves, ils ont décidé de stopper par tous les moyens possibles la résistance.....

Goodyear veut aller au bout de son projet, laisser une friche industrielle et des centaines de famille dans la misère sociale et les seuls qui sont aujourd'hui inquiétés par la justice sont ceux qui se sont et se battent encore pour les droits des salariés......

Les patrons du groupe eux, sont bien tranquilles à compter leurs millions de dollars, leurs dividendes, il ne reste plus qu'à massacrer la résistance et la vie sera encore plus belle pour eux.....

Ce mercredi 11 mars 2015 à 10.00 h, si vous pensez que les camarades de Goodyear Amiens Nord ne méritent pas ce qu'ils subissent rdv devant le commissariat d'Amiens

Nous lançons un appel, a l'UD, l'UL Zone industrielle, la fédération, la confédération, toutes les parties qui pensent que la répression contre la résistance doit cesser !!!

Les élus CGT GOODYEAR

Réponse courrier DRH Goodyear France à Mickael Wamen

A

M Cavaillé J.Philippe

Monsieur ,

J'ai lu avec attention votre lettre de 3 pages, vous continuez le courrier de Monsieur Guichard, 95% de vos propos n'ont strictement rien à voir avec ma situation de harcèlement qui a amené mon médecin traitant à me prescrire 3 semaines d'arrêt de travail.

Pendant plus de 2 pages vous faites états de propos, faits, concernant le syndicat CGT allant même jusqu'à indiquer que certains élus auraient des comportements particuliers, en quoi cela me concernerait il si ces faits étaient avérés

Vous indiquez que des propos insultants ont été tenus contre certains responsables de services sur le blog CGT, cette affirmation est fausse, les écrits sur le site sont disponibles et aucun écrit n'est de nature à insulter qui que ce soit.....

Parler d'incompétence, de malhonnêteté, de mensonge, n'est pas une insulte mais juste un rappel de certains faits et actes, je comprend que vous n'appréciez pas certains contenus mais pour autant il n'y a pas lieu de parler d'insultes, dire ceci n'est pas la vérité et donc un mensonge !!!!

Ensuite, vous indiquez enfin et pour le première fois que les propos de madame SEPREZ sont de nature à détruire le mental d'un salarié, mais pour autant vous continuez à nier que de tels propos sont tenus dans un seul et unique but : celui de pousser à bout un représentant du personnel.

Vous parlez de la cellule psychologique, faut il vous rappeler que celle-ci n'a pas empêché plusieurs passages à l'acte de salariés du site Amiens Nord et que le législateur indique qu'un tel dispositif des lors qu'il n'empêche pas de tels drames est considéré comme inopérant.

Je tiens aussi à vous indiquer que les prêts et autres avances n'ont rien à voir avec la situation de harcèlement dont je suis victime, à moins que vous estimiez qu'un prêt sur avance de prime permet à Goodyear de me harceler ???

Pour 25.000€ d'avance vous pouvez le pousser à bout avec un arrêt de 3 semaines, à combien estimeriez vous un brun out total ?

Vous avez une mémoire sélective, de nombreux salariés ont bénéficié d'avances sur leur prime de fin de conflit et je ne suis pas le seul élu à avoir obtenu une avance justifiée, avance qui sera retirée du montant global de mon indemnité de licenciement le jour où l'administration validera votre demande de licenciement me concernant.

D'ailleurs à ce sujet dois je vous rappeler que l'administration a refusé à plaisirs reprises vos demandes de licenciement me concernant, aussi bien disciplinaire qu'économique car elle estime que vous n'avez aucune justification aussi bien pour un motif disciplinaire qu'économique ....

J'ai en ma procession des documents qui attestent de cet acharnement qui a démarré dès lors que la CGT a décidé de s'opposer à la fermeture de l'usine Amiens nord .

Faut il vous rappeler également que Monsieur Dumortier a décidé de retirer une plainte à mon encontre car il estimait qu'elle était injuste, vous parlez de choses que vous ne connaissez pas et de plus le retrait de sa plainte avait été mise en œuvre au moment de la négociation du PDV, il pensait que le retrait de sa plainte faciliterait une signature, a tort.

Je vous le redis une fois encore, je n'ai aucun souci à titre personnel et si c'était le cas je ne vois pas en quoi vous pourriez m'aider car nos relations ne sont qu'à titre professionnel à moins que vous ne décidiez d'aller au delà de vos obligations professionnelles, tout en sachant que de mon côté je me limiterais uniquement à la relation professionnelle.

Je vois bien que le cas Wamen continue a être important aux yeux de GDTF, que vous êtes depuis des années très préoccupés à savoir comment vous réussirez à me faire craquer, je me souviens de monsieur Olinger qui m'a traité de sale chien en réunion (témoignage à l'appui) qui me disait regardez bien dans vos rétros sur la route Monsieur Wamen c'est dangereux ....

Des plaintes de Monsieur smolders qui a vu une ordonnance de non lieu à 5 reprises après mise en examen selon des propos fallacieux. ....

Des mises à pied, mise à pied à titre conservatoire, l'inspection du travail,la direccte ayant refusé vos demandes de me virer pour faute lourde .....

Je n'ai donc aucune clémence de votre part mais de l'acharnement, cette réalité je la vis depuis des années.

C'est pour cela que j'ai décidé de dire stop aux agissements répétés des responsables de la direction, vous avez par contre raison d'indiquer que des représentants de la direction ont été limogés parce qu'ils n'ont pas réussi à avoir ma peau, la liste est longue et la dernière victime n'a même pas terminé sa période d'essai, vous connaissez aussi bien que moi cela, en près de 8 ans il y a eu des dizaines de RH, contact RH, DRS, DG, qui se sont succédés et toutes et tous avaient un objectif, avoir la peau de WAMEN.

Alors, votre lettre est certes longue, mais hélas elle ne répond pas à vos obligations d'assurer l'intégrité mentale et physique des salariés du groupe GDTF y compris des élus CGT même si je sais que pour vous nous ne méritons pas mieux que le harcèlement que nous subissons....

Je suis assez déçu de cette réponse j'attendais une vraie prise en charge de ma souffrance, que cessent les provocations, au lieu de cela vous m'adressez un mail, une lettre qui parle de tout et rien, qui essaye de justifier vos actes en indiquant que j'aurai perçu des sommes parce que je suis en situation difficile ....

La signature de l'accord de fin conflit permet à TOUT le personnel de bénéficier d'une prime extra légale, j'ai comme cela est permis, demandé une partie de cette prime avec des justificatifs.

Vous savez que je suis actuellement en litige avec une banque pour un montant de 35.000€, j'ai donc au même titre que d'autres élus CGT mais aussi un certains nombre de salariés fait une demande, vous auriez dû me l'a refuser parce que je suis CGT ???

En tout cas ,c'est comme cela que votre lettre est tournée, en quoi cela est il un privilège d'obtenir un prêt sur avance de prime de fin de conflit comme de nombreux salariés

Que cherchez vous vraiment

D'ailleurs combien ont touché d'autres élus qui ont démissionnés de leur mandat, 100.000€, 500.000€ ou plus

Allez vous afficher leurs transactions dans vos panneaux, comme vous l'avez fait pour les transactions obtenues sur demande de l'inspection du travail pour discrimination

Pour rappel les transactions ont été affichées dans les panneaux la veille des élections en 2013, l'adresse mail indiquée en haut était celle la RH actuelle, je ne porte aucune accusation je relate juste un fait ....

Vous dites que sur le blog CGT il y a des insultes de type..( photocopieuses à conneries, menteurs ...) où sont les insultes ?

Et si en plus il y avait eu des insultes en quoi Wamen Mickael est-il responsable à titre personnel de ce qu'il y a sur un blog ???

Je tiens aussi à vous informer que l'ensemble des salariés est informé des demandes d'avance que j'ai faites depuis l'accord de fin de conflit, je n'ai rien à leur cacher et si votre but est d'essayer de me discréditer auprès des salariés a la veille d'un scrutin électoral vous faites fausse route, à chaque réunion que j'ai avec les salariés je leur parle de ma situation y compris de mes demandes d'aides, donc vous ne me porterez pas atteinte même en affichant ou laissant traîner cette lettre....

Trois pages et pas un seul mot sur ma santé, sur le harcèlement que je subis, vous arrivez même à oublier l'accord de fin de conflit qui dit que GDTF met un terme aux actions en cours ou à venir aussi bien disciplinaires que juridiques a l'encontre des IRP et j'ai beau lire et relire cet excellent accord que nous avons signé le 22 janvier 2014, je ne vois écrit nulle part qu'il exclut des poursuites en cours ou à venir à mon encontre .....

Votre courrier ne fait que renforcer le harcèlement dont je suis victime.... Vous arrivez même à parler d'autres élus qui auraient des comportements bizarres mais en quoi cela me concerne t'il

Je me permet donc de vous demander une nouvelle fois de m'indiquer quelles sont les mesures que vous avez mises en œuvre pour m'assurer le droit d'exercer mes mandats sans que je soit harcelé et provoqué non stop.

Je reste à votre disposition pour vous détailler ma situation et je compte sur le CSHCT et la direction pour qu'une solution soit enfin mise en œuvre pour que cesse ma souffrance dans l'exécution de mes mandats.

Wamen mickael Elu CGT GOODYEAR AMIENS NORD

mercredi 4 mars 2015

Reunion CHSCT du 13 mars 2015

A

Monsieur cavaille DRH GDTF

Monsieur,

Comme je vous l'ai annoncé ce matin je viens par ce mail vous confirmer que nous demandons un report de la reunion de consultation du CHSCT du 13 mars 2015.

Nous finalisons notre projet SCOP et donc il nous apparaît plus que prématuré de passer à la consultation du CHSCT permettant le démantèlement d'un outil de production dont nous avons besoin pour réaliser notre projet de SCOP avec les salariés concernés .

WAMEN Mickael Élu CGT Amiens Nord

Compte rendu réunion commission centrale de suivi PSE au siège le 4 mars 2015

Compte rendu reunion commission de suivie PSE au siège le 4 mars 2015

En début de séance la CGT a rappelé à la direction son obligation de garantir l'intégrité mentale de tous les salariés y compris les élus CGT, la direct il continue de nier qu'une partie de elus CGT subissent un acharnement inacceptable et que rien n'est fait pour que ces agissements cessent bien au contraire.

Ensuite nous avons écouté avec attention la direction nous expliquer que pour les 3 mois de conges de reclassement additionnels elle falt une interprétation de l'accord et elle estime à ce jour que a peu près 2/3 des salariés n'ayant pas encore une solution identifiée ne pourraient pas y voir droit !!!!

La CGT a de suite dit que les 3 mois doivent être mis en place pour tous les salariés qui ont des difficultés de retour à l'emploi comme indiqué dans le protocole de fin de conflit !!!!'

La direction va devoir et vite accepter notre demande, une reunion est prévue le 19 mars 2015 sur le site amiens Nord, il serait dommage que des centaines de salariés viennent exiger ce même jour l'application de ces 3 mois pour tous !!!!!

Ce meme 19 mars nous aurons une reunion salle Valentin hauy a 17.00 h, ceux qui pensent qu'il n'est pas urgent d'agir auront la surprise de constater que la direction va mettre en œuvre une fin de conges de reclassement avant la date prévue.....

Quand nous rabâchons qu'il est vital de se mobiliser ce n'est pas pour nous faire plaisir mais parce que nous savons que ce sera obligatoire !!!!

Pour votre information la direction programme un CHSCT extra pour consulter le CHSCT pour le démantèlent du farm, une mobilisation des salariés ce jour devant le site serait peut être de nature à modifier le comportement de la direction .....

Nous ne cessons de vous dire que la mobilisation est Hyper importante pour influencer les choix de la direction mais nous ne pouvons pas mobiliser de force !!!!!

Espérons que vous comprendrez que l'avenir de votre rémunération de vos droits est en péril et très rapidement.....

A bientôt

La CGT GOODYEAR

Harcèlement contre Monsieur Wamen

A

Monsieur cavaille DRH GDTF

Monsieur,

Hier, lors de ma reprise après 3 semaines d'arrêt de travail j'ai constaté avec mes collègues lors d'une reunion relative aux élections professionnelles, que M DHEILLY continu le harcèlement dont je suis victime.

Des petites phrases en ricanant, du style:

" vous savez monsieur WAMEN les 35€ moi cela ne me rend pas malade ...."

Ce qui veut dire que ce monsieur qui est censé être celui qui respecte à la lettre l'obligation de sécurité au sein de l'usine, fait tout le contraire....

Allant même jusqu'à mettre en cause la validité de mon Arret de travail !!!!

Cette énième débordement démontre bien que Goodyear a un Plan anti WAMEN .....

J'ai réuni plus de 90 pièces concernant le harcèlement dont je suis victime et ce depuis des années.

J'ai aussi constaté que vous n'avez rien mis en œuvre pour me garantir mon intégrité mentale.

Je vous réitère ma demande de mise en place d'une action me permettant de pouvoir continuer à exercer mes mandats sans être sans cesse provoque, harcelé......

Merci par avance de votre action en faveur de mon état mental afin que cesse cette cabale inacceptable.

Je vous informe que des recours juridiques sont en cours pour les actes délictuels dont je suis la victime depuis plusieurs années.

WAMEN Mickael Élu CGT Amiens Nord

Respect des obligations de Goodyear (mail envoyé à la direccte)

Messieurs, Madame ,

Par la présente je tiens à vous informer que je demande a l'inspection du travail de vous dresser un PV pour inobservation de vos obligations légales .

En 2014, il n'y a pas eu de rapport annuel présenté au CHSCT, Au moins une fois par an, le chef d'établissement présente au CHSCT un rapport écrit établissant le bilan de la situation générale de l'hygiène, de la sécurité et des conditions de travail dans son établissement et concernant les actions menées au cours de l'année écoulée. Un arrêté du 12 décembre 1985 précise les informations qui doivent figurer dans ce bilan. Celui-ci est soumis à l'avis.

Ensuite l'accord de mars 2000, n'est absolument pas respecté, il est clairement écrit que la commission de suivie RTT doit être informée de toute modification dans les effectifs .....

De même cet accord RTT, indique que tous les ans les OS doivent être convoquées afin de négocier le calendrier,'nous sommes le 4 mars et la commission n'a toujours pas été réunie !!!

Vous ne respecter aucune règle, aucun accord .....

De même, la CGT vous a souvent indiquer votre obligation de nous consulter pour les salariés déclarés inaptes suite à un AT/MP.

Il résulte de l'article L. 122-32-5, alinéa 1er, du Code du travail que l'avis des délégués du personnel doit être recueilli avant que la procédure de licenciement d'un salarié déclaré par le médecin du Travail inapte à son emploi en conséquence d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, soit engagée ; qu'il s'ensuit que l'employeur ne saurait se soustraire à cette obligation dont l'inobservation est sanctionnée par l'indemnité prévue à l'article L. 122-32-7 du Code du travail.

Vous avez licencié des centaines de salariés dont un grand nombre déclaré inapte suite à AT/MP sans convoquer les DP pour recueillir leur avis et donc vous avez violer les droits des IRP et des salariés concernés.

Je me permet aussi de vous indiquer que j'ai adresse plusieurs mails a madame seprez au sujet de la suppression de plusieurs primés liés à nos postes et rotations et ce depuis des mois, je n'ai à ce jour toujours pas de réponse .

De même, malgré de nombreuses demandes nous ne disposons toujours pas d'un local au siège, vous devez nous installer les moyens nécessaires à l'accomplissement de nos mandats au niveau de l'entreprise, il nous faut donc un local syndical au siège à ce jour seule la CGC en dispose c'est une discrimination.

Vous verser chaque mois 35€ soit disant pour démantèlement, je dis soit disant parce que des salariés qui ne sont absolument pas concernés par le démantèlement, à la SODIE, chez dunlop perçoivent ou ont perçu cette prime.

Nous venons d'apprendre qu'une autre prime de 500€ minimum vient d'être versée à certains salariés, cette prime porte le même intitulé ( prime extra de démantèlement ).

Cette façon d'agir est discriminatoire pour tous les salariés en CR.

Cette prime est totalement inexplicable et elle rend encore plus grave la situation de discrimination à l'égard de tous les salariés notifiés à ce jour.

Je vous demande d'appliquer celle ci a tout le personnel, faute de quoi nous agirons devant les tribunaux pour discrimination pour les salariés qui ne perçoivent pas cette prime.

Pour la CGT WAMEN Mickael

mardi 3 mars 2015

PV Réunion CHSCT du 9 février 2015

Procès-verbal de la réunion extraordinaire du CHSCT GOODYEAR du 9 février 2015 Etaient présents : Pour la Direction Michel DHEILLY Michèle SEPREZ Membres du CHSCT Gérard GACQUIERE Christian HAREUX Richard JOUHANNET Nicolas LANOY Hervé MARCHAL Sébastien LUPO Jean-François QUANDALLE

Patrice SZYROKI, Représentant Syndical CFE-CGC Mickael WAMEN, Représentant Syndical CGT Invités Damien DEBRIL, responsable maintenance Docteur DUBUISSON, médecin du travail Etaient absents : Michaël SEMEDO Philippe DUFAUX Ludovic LEROY, Représentant Syndical SUD Chimie Ordre du jour Procès-verbal 1 de la réunion extraordinaire 1 du CHSCT GOODYEAR 1 du 9 février 2015 1 Ordre du jour 2 Information et consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité 3 Index 2 La séance est ouverte à 10 heures 29, sous la présidence de Michel DHEILLY. Information et consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité Michel DHEILLY Merci pour votre présence à cette deuxième réunion d’information concernant le processus du projet de démantèlement. Le point à l’ordre du jour est l’information/consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité. Ce à quoi vous aviez souhaité ajouter deux autres points. Nous vous avons adressé avec la première convocation l’ensemble de la documentation qui concerne ce projet de démantèlement, que nous souhaitons passer en revue pour répondre à vos questions. Dans ce document, il y a en particulier l’analyse précise des risques envisagés lors du projet de démantèlement, qui est établie de toute façon sur le même modèle que celle qui avait été fixée dans le cadre du projet de démantèlement des équipements passager, avec une méthodologie qui a été suivie au sein de l’établissement Amiens Nord et pour laquelle nous avons aujourd’hui pratiqué, pour la partie passager. Elle contient l’évaluation du risque chimique et la mise en œuvre des mesures de prévention préparées sur la même base que ce qui avait été fait, avec un projet qui avait finalisé en juin dernier pour la partie passager et que nous vous avons remis dans le projet de consultation au mois de décembre de l’année dernière. Ces informations sont issues de l’ensemble des évaluations des risques chimiques sur lesquelles nous avons travaillé l’année précédente et auxquels pourraient être exposés les salariés durant les opérations de démantèlement, et ce sur la base du référentiel connu et scientifique d’une règlementation précise. Nous avons fait une première réunion en décembre dernier sur ce projet et une première réunion en CHSCT en début d’année, le 7 janvier pour être précis. Nous regrettons de ne pas avoir pu présenter l’ensemble de la documentation. Nous espérons que nous allons pouvoir avancer sur le projet qui vous a été communiqué. Nous allons regarder ensemble la présentation des modifications envisagées de l’organisation, puisque cela fait partie de la notification qui a été mentionnée dans le document. Il y a également : l’ensemble de la présentation des principales opérations de chantier, avec la méthodologie pour la partie co-activité ; la présentation des chantiers pour lesquels a été réalisée une fiche et l’ensemble des modes opératoires qui sont aujourd’hui identifiés pour l’opération de démantèlement ; l’affection prévisionnelle des équipements connue à ce jour ; et, dernier point, la présentation concernant l’évaluation des risques effectuée et des mesures de protection renforcée qui rappelle le diagnostic amiante et plomb qui ont été préalablement réalisés. Cela faisait partie des points qui avaient été mentionnés lors du premier projet de démantèlement sur les équipements passagers. Pour ce faire, et être le plus complet possible en plus de la documentation sur ce projet de démantèlement sur l’ensemble des autres équipements sur le site, nous avons complété l’ensemble de la documentation de ces informations. Bien évidemment, de par sa taille, le document de diagnostic amiante et plomb n’est pas communiquée dans le document, mais reste à votre disposition si vous le souhaitez pour le consulter. Ces points-là sont repris de toute façon dans la partie fiches de démantèlement. Nous pourrons regarder la mise en œuvre des mesures de protection adaptées. Il y a également un rappel de l’évaluation précise du risque chimique résiduel sur les produits restants et des mesures de protection précisées dans cette évaluation. Par rapport à l’organisation des travaux, si nous regardons la documentation qui vous a été communiquée, un des points qu'il me paraît important de mentionner est que nous travaillerions…. Mickael WAMEN Vous êtes parti depuis tout à l’heure. On ne vous arrête plus. Michel DHEILLY Je voulais juste finir et je vous donne la parole juste après. Nous travaillerions avec une organisation qui serait sous la responsabilité d’un maître d’œuvre, un peu comme dans le cadre des opérations de démantèlement de la chaufferie. Vous voulez me dire quelque chose, Monsieur WAMEN ? Mickael WAMEN Nous voudrions une suspension de séance pour sortir une délibération puisque nous n’avons plus de moyens pour fonctionner en bas. Notre photocopieuse est tombée en rade et il nous faudrait un PC et une imprimante. C’est possible ? C’est ce qu’on fait au siège. On nous prête un PC et une imprimante quand nous avons une délibération à sortir. Michel DHEILLY Nous sommes moins riches qu’au siège, vous le savez. Nous allons faire en sorte de pouvoir trouver une solution à votre problème technique. Mickael WAMEN Il nous faut une suspension de séance pour faire ça. MICHEL DHEILLY Je pense que nous pouvons faire la suspension de séance juste après… Mickael WAMEN Après quoi ?

Michel DHEILLY Après que l’on puisse passer en revue la documentation… Mickael WAMEN Nous ne passons rien en revue. Je pense que vous faites erreur. Il y a deux points intéressants à l’ordre du jour : c’est le moratoire sur le démantèlement de l’activité FARM – nous aimerions avoir une réponse officielle parce que nous ne l’avons jamais eue – et la reprise de l’activité FARM au travers d’un projet de SCOP. Nous réunissons les salariés le 12, donc cette semaine, à 17 heures 30 à Amiens pour leur faire la présentation du projet de SCOP à eux d’abord en priorité et ensuite nous le présenterons aux organismes de l’Etat, de chez Goodyear France, pour avoir votre avis. Mais pour le moment, il est hors de question qu’on rentre dans le vif du sujet. Je vous l’ai dit l’autre jour. Michel DHEILLY Attendez, Monsieur WAMEN. Je reviens sur votre projet de SCOP. Pour autant, cela fait partie des choses sur lesquelles on peut discuter… Mickael WAMEN Non. Michel DHEILLY … et cela donne l’occasion d’avoir plus de temps pour pouvoir répondre à d’éventuelles questions. Je pense qu’il n’est pas exclu de pouvoir travailler sur les deux projets. Pour autant, sur le projet de SCOP, quand vous dites que nous n’avons pas répondu, je pense qu’il y a eu un courrier qui vous a été transmis par Jean-Philippe CAVAILLE. Mickael WAMEN Le problème, c’est que vous ne pouvez pas répondre sur un projet de SCOP qui n’existe pas encore. Il est en cours d’élaboration. Vous parlez de l’ancien projet SCOP qui a été refusé par Goodyear en disant les termes suivants : « vous ne garantissez pas l’avenir des salariés ». Cela me fait doucement marrer. Michel DHEILLY Le projet de SCOP consistait en une sous-traitance. Mickael WAMEN L’avenir des salariés, vous l’avez garanti depuis 2012. C’est vrai, ils sont tous au chômage. Michel DHEILLY Le projet de SCOP consistait en une sous-traitance pour le compte de producteurs et cela ne présente aucune garantie de la pérennité de l’activité FARM. Mickael WAMEN Le projet de SCOP sera bientôt représenté par les salariés. A partir de là, il n’y a pas de garantie de pérennité ou quoi que se soit. Aujourd’hui, où est la garantie de pérennité pour les salariés ? Vous voulez démanteler un outil de travail. Nous vous disons que nous avons un projet qui va être viable, qui va être présenté dans les jours à venir, et à partir de là vous aurez à trancher le sujet. Michel DHEILLY Je pense que je peux faire quelques remarques au préalable sur le projet de SCOP. Mickael WAMEN Pour le moment, je pense qu’il est prématuré venant de votre part de dire qu’il n’y a pas de projet mis en œuvre. Nous avons demandé une période de moratoire de six mois pour élaborer ce projet. Ce moratoire nous a été refusé, ce que nous ne comprenons toujours pas puisque vous disiez la dernière fois que vous n’étiez pas spécialement pressé pour le démantèlement de l’outil agricole. Or, je m’aperçois que vous êtes relativement pressé parce que vous accélérez les réunions et vous n’acceptez même pas un moratoire nous permettant de travailler correctement. Michel DHEILLY Nous n’accélérons pas les réunions. C’est un calendrier. Le calendrier a commencé au mois de décembre. Mickael WAMEN Cela étant, nous avons mandaté des personnes pour travailler sur un projet de SCOP qui sera présenté à l’Etat, aux salariés et aux organismes spécifiques qui représentent les SCOP en France pour le faire valider par ces mêmes organismes et ensuite nous le présenterons au groupe Goodyear. Vous aurez tout le loisir de dire ou pas si ce projet vous convient. Cela étant, aujourd’hui, il est prématuré de dire : « on ne peut pas accepter votre projet de SCOP » ou « on ne sait pas de quoi il s’agit. » Michel DHEILLY Nous vous alertons sur le fait que si le projet de SCOP est basé sur une activité qui consisterait à sous-traiter de la production, Goodyear vous a écrit clairement que de toute façon, aujourd’hui, il n’y avait plus d’activité FARM au sein d’EMEA. L’ensemble des activités, qu’elles soient de production ou commerciales, a été arrêté. Mickael WAMEN Nous allons demander une suspension de séance. Nous avons une délibération à faire voter. Nous vous demanderons s’il vous plaît de respecter l’instance. Michel DHEILLY Je vais y venir, ne vous inquiétez pas. Je pense que ce qui est important, c’est que vous compreniez les termes du courrier qui vous a été communiqué. En disant : « vous refusez le moratoire, vous vous basez sur… »… Mickael WAMEN La seule chose qui vous obsède aujourd’hui, c’est comment vous allez vous débarrasser de l’outil de travail. Michel DHEILLY Le projet de SCOP, c’est celui de 2012… Mickael WAMEN Non. Vous ne pouvez pas savoir. Michel DHEILLY Ce que je vous dis… Mickael WAMEN Aujourd’hui, vous êtes en train de parler d’un projet de SCOP qui existait en 2012, qui était parti sur une base précise. En face, il y avait un projet de reprise par un repreneur. Aujourd’hui, ce projet n’existe plus. Michel DHEILLY Attendez, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN Laissez-nous le temps de finaliser le projet de SCOP, de le présenter aux salariés, de le présenter aux organismes qui valident les projets de SCOP dans notre pays – et il en existe un certain nombre –, à l’Etat français et ensuite à Goodyear. Mais de toute façon, le projet de SCOP ne sera absolument pas le même que celui de 2012 pour la simple et bonne raison que nous ne sommes pas du tout dans la même situation. Nous parlons là du démantèlement d’un outil de travail. Nous parlons d’un redémarrage de l’outil de travail et nous savons pertinemment que nous ne pourrons pas avoir les mêmes partenariats que nous avions exigés à l’époque. En 2012, quand vous avez retoqué le projet de SCOP en moins de 24 heures – même pas, vous l’aviez déjà retoqué avant même qu’on y réponde –, il y avait deux éléments que vous mettiez en évidence, c’était, premièrement, de dire « vous ne garantissez l’avenir des salariés » – trois ans après, franchement, ça me fait doucement marrer de voir l’état dans lequel vous avez mis les salariés et quel est leur sort aujourd’hui –, et deuxièmement, de dire « on ne peut pas vendre à la CGT ni aux salariés à travers un projet de SCOP quelque chose qui est en cours de négociation avec un repreneur. » Aujourd’hui, je sais pertinemment, d’après vos propos, que le repreneur n’existe plus. Pour autant, notre projet de SCOP existe toujours. Il est sur la table. Nous sommes en train d’y travailler. Nous allons le présenter le 12 aux salariés. A partir de là, nous ferons derrière les démarches nécessaires auprès de tout un tas d’organismes pour le présenter à ces organismes pour qu’ils le valident. Il existe aujourd’hui un organisme en France qui valide les SCOP et nous sommes en contact avec eux pour les rencontrer en début de semaine prochaine afin d’analyser avec eux la faisabilité de notre projet, la viabilité de notre projet, le sérieux ou pas de notre projet, et à partir de là nous le présenterons au groupe Goodyear. Je sais pertinemment que la réponse du groupe Goodyear va être de dire : « il n’est pas suffisamment étoffé, il ne correspond pas à la réalité, il ne garantit pas l’avenir des salariés ». Moi, ça me fait doucement marrer, parce que l’avenir des salariés est assuré aujourd’hui par quel groupe ? Certainement pas par le groupe Goodyear. Vous avez viré 1 000 personnes. Elles ont un avenir qui est plus qu’incertain et aujourd’hui vous passez à une phase de démantèlement. Je vous le dis très clairement : tant que nous n’aurons pas présenté notre projet de SCOP et tant que nous n’aurons pas de réponse officielle de tous les organismes qui viendraient dire qu’il n’est pas viable, nous ne travaillerons pas avec vous sur un projet de démantèlement. Je suis également dans la même ligne que ce je vous disais la dernière fois. Nous avons demandé un moratoire que vous avez refusé. Ce n’est pas parce que vous l’avez refusé qu’on ne le prendra pas. Je considère que la période actuelle est une période de moratoire dans lequel nous devons, nous, travailler à l’efficacité d’un retour d’un emploi ici même sur le site pour un certain nombre de salariés. Il semblerait qu’aujourd’hui, vous ne reteniez qu’une seule chose, c’est de dire que quel que soit le projet de SCOP, de toute façon il ne sera pas bon. Michel DHEILLY Ce n’est pas ce que je suis en train de dire. Mickael WAMEN Le projet n’existe pas aujourd’hui. Vous ne pouvez pas condamner un projet qui n’existe pas. Je pense avoir été assez clair avec vous. En ce qui concerne la CGT aujourd’hui au CHSCT, nous avons fait une demande de moratoire que vous avez refusée. Il faut prendre les étapes. Michel DHEILLY Monsieur WAMEN, je vous écoute. Mickael WAMEN Pour quelles raisons le moratoire a-t-il été refusé ? On ne connaît pas les raisons exactes du refus du moratoire. On entend dire que le groupe Goodyear n’est pas spécialement pressé à démanteler l’outil industriel, notamment l’outil agricole, mais maintenant vous voulez passer à la vitesse supérieure. On ne comprend pas trop pourquoi. Michel DHEILLY Mais non, nous ne passons pas à la vitesse supérieure. Cela fait des mois que nous parlons… Mickael WAMEN Depuis le mois de décembre. La dernière réunion c’était le 7 janvier, ici même, le CHSCT. Le 7 janvier, j’ai demandé un moratoire de 6 mois. Michel DHEILLY Attendez, cela fait un mois. Je pense que c’est raisonnable en termes de délai pour que vous ayez l’information. Mickael WAMEN Cette demande a été suivie d’un courrier. Si vous faites référence au courrier de Jean-Philippe CAVAILLE, je l’ai reçu la semaine dernière. Il a donc fallu plus d’un mois pour me répondre non. Michel DHEILLY Votre courrier officiel est arrivé le 21 janvier. Courrier reçu le 21 janvier et courrier renvoyé en fin de semaine. Mickael WAMEN Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas vrai. Michel DHEILLY Bon, peu importe. Mickael WAMEN Le lendemain du 7, nous avions une réunion au siège et j’ai tenu les mêmes propos à la Direction au siège et j’ai dit que nous ferions une demande de moratoire. Michel DHEILLY Monsieur WAMEN, ce que je veux mettre en avant… Mickael WAMEN Laissez-moi terminer, après je vous laisserai parler. Cela veut dire quoi ? Pour nous, vous n’avez pas accepté le moratoire, mais le moratoire existe parce que nous allons prendre le temps nécessaire pour élaborer un projet. Vous ne pouvez pas aujourd’hui arguer des éléments pour dire que nous n’essayons pas de faire ce qu’il faut. Nous essayons de trouver une solution que vous n’avez pas été capables de trouver. Vous argumentez avec des éléments du 1224-1 du Code du travail qui est à mon avis un problème de fond, puisque le 1224-1 du Code du travail est essentiellement lié au transfert des machines. D’accord ? Les machines, qu’elles soient transférées à travers un projet de SCOP ou à travers une reprise, ou qu’elles soient transférées par un démantèlement, vous aurez le même problème du 12.24. Le simple fait de prendre une machine d’Amiens Nord et de la transférer sur un autre établissement ou dans une autre entreprise vaut transfert des contrats de travail. La seule chose qui puisse vous faire échapper réellement, d’après ce que vous dîtes, au 12.24, c’est le ferraillage de l’ensemble des équipements. Or, aujourd’hui, dans votre projet, le peu que j’en ai lu, ce n’est pas certainement pas le cas. Il y a un certain nombre de machines qui partent d’un point A vers un point B. Le simple fait de prendre les machines et de les transférer, vous transférez avec les contrats de travail. Michel DHEILLY Je pense que nous avons largement débattu dans la réunion précédente du 1224-1. Mickael WAMEN Parce que le 1224 n’est pas lié au contrat de travail mais aux équipements. Ce sont les équipements. Lorsque vous vendez les équipements à un repreneur, vous considérez que le 1224 s’applique. Quand vous transférez les équipements et que vous les revendez à quelqu’un d’autre, les contrats de travail sont transférés avec. Le 1224 ne va pas que dans un sens. Il va dans tous les sens. Michel DHEILLY Je ne vais pas argumenter sur le 1224. Mickael WAMEN Si le 1224 s’applique effectivement car cela reste encore à prouver. Michel DHEILLY Je vais rester sur l’argumentation… Mickael WAMEN Nous avons demandé une suspension de séance. Pour faire notre travail, nous avons besoin d’un PC et d’une imprimante. Michel DHEILLY Oui, Monsieur WAMEN. Vous m’avez dit que vous me laisseriez faire deux-trois remarques que je souhaitais faire par rapport à ce vous disiez. Mickael WAMEN Faites vos remarques. Ce n’est pas parce que vous les faites que j’en tiens compte. Michel DHEILLY Ça, j’en suis intimement persuadé. Pour autant, je pense que cela va mieux en le disant. Quand aujourd’hui, concernant le projet de SCOP ou le courrier qui a été mentionné, ce que nous vous faisons remarquer c’est que, par rapport au dernier projet de SCOP dont nous avions eu connaissance, il y avait un certain nombre d’éléments qui ne nous permettaient pas d’identifier les leviers qui permettraient de trouver un redressement de l’activité agraire qui est d’ailleurs très largement déficitaire et je sais que, sur ce point-là, vous allez me dire que c’est faux. Mais pour autant, elle peut le devenir à partir du moment où vous n’avez pas intégré l’ensemble des coûts dans votre projet de SCOP. Mickael WAMEN Pour l’instant, vous ne le savez pas. Vous ne connaissez pas notre projet. Michel DHEILLY Dans le projet de SCOP d’il y a deux ans. Mickael WAMEN Attendez que nous finalisions un projet. Ensuite, vous pourrez prendre toute la latitude et le plaisir nécessaires à le démonter. Michel DHEILLY Je vous mets en garde. Je ne suis pas en train de dire… Mickael WAMEN Aujourd’hui, vous êtes en train de parler d’un projet qui ne sera pas le même que celui de 2012 puisque nous ne sommes pas dans la même situation. Michel DHEILLY Oui, mais je vous mets en garde. Vous nous dîtes que nous avons balayé d’un revers de main notre projet de SCOP. Attendez, l’ensemble des coûts n’était pas intégré : le coût matières premières, le coût logistique… Mickael WAMEN Monsieur DHEILLY, vous oubliez un élément essentiel. Dans le livre I qui a été présenté aux représentants du personnel, il est clairement indiqué que l’activité agricole dans la zone EMEA ne sera pas arrêtée totalement, qu’il resterait des résidus de production notamment dans les pays où il y a encore des besoins, notamment la Turquie et la Pologne. C’est exactement ce qu’il y a dans le livre I. Je l’ai paraphé. J’ai sous les yeux le livre I. Il nous a été appris lors du dernier CCE par Monsieur LANDOLFI – je ne sais pas comment s’appelle le financier... Michel DHEILLY Marcello LANDOLFI, le directeur financier. Mickael WAMEN … qu’à partir du 1er janvier 2015, nous aurons arrêté toutes les activités… Michel DHEILLY L’ensemble des activités agraires. Mickael WAMEN Laissez-moi terminer. Ce n’était pas le cas dans le livre I. C’est une nouveauté. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que dans le projet de SCOP, ces activités qui restaient à Dębica et en Turquie sont des activités qui vont amener du chiffre d’affaires supplémentaire au projet SCOP, puisque ce n’est pas parce que vous les avez arrêtées qu’il n’y a pas de parts de marché. Or, aujourd’hui, dans le rapport de notre expert, que constate-t-on ? Selon les données économiques du groupe Goodyear, selon les données économiques du monde du pneumatique et notamment du pneumatique agricole, on s’aperçoit qu’il n’y a pas eu d’érosion aussi significative que Goodyear voulait nous le faire entendre des parts de marché du groupe Goodyear. A aucun moment donné, la direction du groupe Goodyear n’a dit lors du CCE que notre expert racontait des conneries. D’ailleurs, ils ne pouvaient pas dire le contraire puisque c’est la liasse fiscale de Goodyear et les données économiques du groupe Goodyear. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu’aujourd’hui, il y a une part de marché qui est encore importante, qui peut permettre le développement et la redistribution de pneumatiques agricoles – que ce soit VIAS ou conventionnel dans la zone euro puisque, que ce soit en Pologne ou en Turquie, il y a encore des besoins dans ces catégories de pneus –, que les équipements qui sont là-bas peuvent être transférés ici pour apporter encore plus de volume d’activité, donc encore plus d’emploi, et aujourd’hui, quand on regarde, il y a une évidence… Michel DHEILLY A aujourd’hui, je ne peux pas vous laisser dire ça puisque les équipements sont arrêtés. Mickael WAMEN Laissez-moi terminer. Michel DHEILLY Ils sont en démantèlement. Mickael WAMEN Non, pas en Turquie ni en Pologne. Ce n’est pas vrai. Il n’y a pas eu de GEICF pour annoncer ça donc c’est du pipeau ce que vous racontez. Ce que je veux dire par là, c’est qu’effectivement, quand on regarde la situation, elle est simple à comprendre. Quand vous avez un groupe comme Goodyear qui dit qu’il arrête définitivement toute activité de pneumatique agricole dans la zone EMEA, avec une part de marché qui était conséquente à la fin de l’arrêt de la production, qui est un peu moins conséquente aujourd’hui mais qui l’est tout de même encore, parce que, quand on parle de 10 à 14 % de parts de marché restante aujourd’hui – si, ce sont exactement les données économiques du groupe Goodyear… Michel DHEILLY En 2015, on ne peut pas dire qu’on a des parts de marché, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN Bien sûr que si. Michel DHEILLY Bien sûr que non. Mickael WAMEN Les parts de marchés ne demandent qu’à être prises. Je vais vous expliquer pourquoi. Michel DHEILLY Nous n’avons pas de pneus. Le stock est à zéro. Mickael WAMEN Laissez-moi finir ! Nous aurions pu penser aujourd’hui une chose : quand Goodyear a annoncé l’arrêt des activités et de la vente des activités de pneumatiques agricoles, les deux concurrents directs du groupe Goodyear (Michelin et Continental) auraient pu en profiter. Or, je me suis fait livrer les éléments nécessaires qui me permettent aujourd’hui de dire – et d’ailleurs l’expert l’a largement souligné lors du CCE à juste titre – que ni Michelin ni Continental n’ont pris les parts de marché que Goodyear a laissé vacantes. Michel DHEILLY Ce n’est peut-être pas Michelin ni Continental mais c’est quelqu’un d’autre. Nous n’avons pas livré un pneu en premier équipement depuis mi 2013. Mickael WAMEN Attendez, laissez-moi terminer ! Michelin fait -2 et Continental fait -1. Cela veut dire que les parts de marché n’ont été prises ni par Continental ni par Michelin. Cela veut dire quoi ? On voudrait nous laisser croire que le mec qui montait du Goodyear va passer sous une gamme encore inférieure à celle qu’il avait avant ? Non. Ce que je crois surtout aujourd’hui, la réalité de tout cela – mais je pense que l’avenir nous donnera raison –, c’est que ces parts de marché existent. Michel DHEILLY Mais la réalité, c’est que nous n’avons pas vendu un pneu en premier équipement depuis un an et demi. Mickael WAMEN Il y a un deal international qui a été passé entre les grands pneumaticiens, qui est de dire : « laissez-moi le temps nécessaire pour flinguer le site d’Amiens Nord et démanteler, et bientôt vous aurez sur le marché des pneus Goodyear qui vont revenir en force, qui seront des Goodyear estampillés autrement, faits par quelqu’un d’autre, puisque nous avons vendu nos parts de marché. » Dans ces conditions-là, cela explique pourquoi il n’y a pas eu autant de progression ni chez Michelin ni chez Continental qui viennent absorber les 14 ou 15 % de parts de marché qu’on avait. Michel DHEILLY Arrêtez de dire ça. Je sais que vous ne voulez pas m’entendre, mais pour autant, nous avons arrêté l’activité agraire. Mickael WAMEN Je vais vous donner un exemple. Vous avez une usine située du côté de Marseille. Le groupe avait décidé d’arrêter l’activité complète. Pendant deux ans de lutte, pas un seul sachet de thé fabriqué dans cette usine n’a été vendu par le groupe. Le groupe a dit aux salariés : « c’est impossible, Messieurs. Vous n’allez quand même pas fabriquer des sachets de thé pour des parts de marché que nous n’avons plus puisque cela fait deux ans que nous n’en vendons plus. » Sauf qu’ils ont fait une étude de marché et ils se sont aperçus que le marché n’avait pas repris ce qu’ils avaient perdu. Cela veut dire que même s’il n’y avait pas de produit fini, même s’il n’y avait pas de produit disponible dans le circuit de vente, ce n’est pas pour autant que le consommateur n’attendait pas de produit. Ils ont redémarré un projet de SCOP. C’est l’usine qui appartient au groupe Unilever qui est à Marseille. Ces salariés ont démarré un projet de SCOP et aujourd’hui ils ont un business plan 2015 à 400 tonnes de produits finis dans l’année, c’est-à-dire quasiment autant que quand le groupe Unilever les a lâchés. Ça s’appelle Fralib. Les salariés de Fralib ont fait un projet de SCOP. Il leur a fallu deux ans de lutte acharnée pour dire : « un, vous ne démantèlerez pas l’outil et deux, on fera un projet de SCOP ». Unilever a fait des pieds et des mains pour dire que ce n’était pas possible, ce que ça ne marcherait pas, que de toute façon il n’y avait pas d’avenir garanti aux salariés. Je rappellerai quand même une chose, Monsieur DHEILLY. Là où vous faites une erreur fondamentale dans le groupe Goodyear, c’est que les salariés viennent dans un projet de SCOP parce qu’ils y adhèrent. Ils savent très bien qu’ils prennent un risque initialement, dès le départ. Sauf que lorsque vous regardez le chiffre d’affaires moyen des SCOP, les SCOP fonctionnent très bien dans notre pays. Il n’y a pas une SCOP aujourd’hui qui s’est craché la gueule, notamment dans des grands groupes, après avoir repris une grande marque comme Goodyear, comme Unilever, comme ailleurs. Cela veut dire quoi ? Vous n’avez pas à vous soucier du devenir des salariés, parce que même si je ne peux pas croire un seul instant que le devenir des salariés est votre souci premier – vous n’en avez strictement rien à foutre –, il faut savoir une chose : on adhère à une SCOP ou on n'y adhère pas. Je ne peux pas vous garantir que si demain nous faisons une SCOP, il y a 200 ou 300 personnes qui y adhèreront. Il se peut qu’il y en ait 150 ou 200. Il se peut aussi que le projet de SCOP présenté aux salariés ne retienne l’attention que d’une trentaine d’entre eux. Dans ces conditions-là, le projet devient obsolète. Ce n’est pas au groupe de Goodyear de se soucier aujourd’hui du devenir des salariés puisque vous les avez licenciés. Aujourd’hui, le vrai problème de fond est de savoir si le projet de SCOP que nous allons présenter aux salariés va obtenir leur adhésion. Si les salariés décident d’adhérer à la hauteur de ce dont nous avons besoin pour redémarrer l’outil de travail. A partir de ce moment-là, le projet de SCOP deviendra viable. Or, aujourd’hui, vous dites : « vous ne garantissez pas l’avenir dans le projet 2012, on ne peut se soucier du projet que vous allez présenter maintenant. » Cela ne vous regarde en rien. Michel DHEILLY Ce qui nous regarde, c’est la pérennité de l’emploi, quand même, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN La pérennité de l’emploi, ça vous regarde ? Vous êtes en train de vous foutre de la gueule du monde. C’est scandaleux d’entendre ça ! C’est scandaleux d’entendre ça venant de votre part. C’est de la provocation. Michel DHEILLY Que vous le vouliez ou pas, je ne serai pas le seul à vous dire que cela sera exigé au travers de votre projet de SCOP. Mickael WAMEN Je vais vous dire quelque chose. Nous allons présenter le projet de SCOP à l’Etat et aux organismes. Michel DHEILLY Bien sûr que vous allez le présenter. Mickael WAMEN Nous allons leur dire : « voilà, 300 personnes doivent adhérer pour un montant de X millions d’euros. » Michel DHEILLY Il va falloir trouver du financement. Mickael WAMEN Il y a deux types de financement, Monsieur, mais ça, ce n’est pas votre problème. Qu’est-ce que ça peut vous foutre ? Je ne vais pas vous demander un seul centime. Je ne vais même pas vous demander de laisser tomber vos 35 euros par jour. Michel DHEILLY Je ne suis pas en train de vous dire que c’est mon problème. Je suis en train de vous dire que vous vous appuyez sur une organisation de Goodyear… Mickael WAMEN Ce n’est pas votre problème. Ce n’est pas votre problème. Michel DHEILLY Attendez ! Mickael WAMEN Ce n’est pas vous le patron dans la SCOP. Michel DHEILLY Je n’ai pas dit que j’étais le patron. Je dis que si c’est bâti sur une structure telle qu’était Goodyear… Mickael WAMEN Je termine de vous expliquer. Patrice SZYROKI Il y a quand même une chose… Mickael WAMEN Je termine de vous expliquer. Votre sentiment sur le devenir des salariés, je m’en branle royalement parce que, quand je vois ce que vous en avez fait des salariés, laissez-nous au moins essayer de faire autre chose avec eux. S’il y a 300 personnes qui adhèrent, elles devront mettre une contribution personnelle financière. C’est le premier point. Le deuxième point est qu’il y a des aides spécifiques aux SCOP qui permettent de dégager des millions d’euros – des fonds français et des fonds européens. J’ai déjà pris contact avec des gens qui ont des fonds en Picardie, qui ont des fonds à Paris qui représentent la France, pour savoir quels sont les fonds disponibles pour un projet de SCOP à hauteur d’une reprise de 300 salariés dans le cadre d’un chiffre d’affaires. Que faut-il que nous fassions ? Il faut que nous établissions un business plan. Si nous n’avons pas de business plan, cela ne sert à rien. Sans les salariés, cela ne sert à rien. Mais qui va devenir responsable de la gestion du personnel ? C’est plus Goodyear, vous n’en avez plus rien à foutre. La seule chose que nous allons vous demander, c’est de faire place nette, de vous barrer, de nous laisser l’usine, qu’on la reprenne et qu’on la fasse tourner. Maintenant, il y a deux choses : soit la SCOP, on se gaufre… Michel DHEILLY Enfin, il faut penser au développement des produits, à la co-distribution… Mickael WAMEN Ne vous inquiétez pas ! Ce n’est pas un problème. Michel DHEILLY Ce sont des choses qui n’existaient pas dans l’ancien projet. Mickael WAMEN Ne vous inquiétez pas. La différence que nous avons avec vous, c’est que pour laisser les gens sur un site à rien foutre, on ne leur donnera pas en plus 35 euros par jour. Ça, c’est un gouffre financier. Nous éviterons effectivement de gaspiller de l’argent qui ne sert à rien. Nous ferons vraiment attention aux dépenses. Richard JOUHANNET Y compris les syndicats. Mickael WAMEN Cela veut dire quoi ? Il n’y a pas de hiérarchie dans les salaires dans une SCOP. Vous avez un salaire moyen pondéré qui s’applique à l’ensemble du personnel et ensuite la rétribution financière excédentaire est faite par les salariés au moment voulu. La responsabilité du site dans le cadre d’une SCOP est remise en jeu tous les ans lors d’assemblées générales des salariés. C’est-à-dire que ce sont les salariés qui décident de leur devenir. Je vais vous dire très clairement : on prend l’usine en SCOP. On présente un projet qui a l’adhésion des salariés. L’Etat dit : « ok, je finance à hauteur de tant » – parce qu’il y a une partie de financement de l’Etat. Les salariés sont prêts à y mettre tant de pour cent de leur prime de départ. D’accord ? C’est exactement comme ça que ça fonctionne. L’Etat a gagné quoi dans cette affaire ? L’Etat a tout de suite à gagner le fait de dire que même si cela ne dure que 24 mois – le projet Titan, tiens –, ce sont 24 mois où il n’aura pas à indemniser les salariés au chômage puisqu’ils auront un emploi et une fiche de paye. Ils ne passeront pas par la case chômage. Ces 24 mois, il faut aussi les monnayer pour les remettre dans la balance. C’est tout cela qu’on est en train de discuter avec un certain nombre de personnes. Quand je dis « on », il n’y a pas que moi qui suis en train de discuter de tout cela. Nous avons un avocat aux Etats-Unis spécialisé dans les SCOP qui est en train de travailler là-bas. Il a fait tout un tas de projets de SCOP en France dans des multinationales qui voulaient fermer leur entreprise. Je vous garantis – et vous pouvez aller le voir sur les sites internet – que les SCOP fonctionnent très bien. Pourquoi cela fonctionne bien ? Parce qu’il n’y a pas d’interférence. Parce qu’entre le plus petit salaire et le plus haut salaire, il n’y a pas un coefficient multiplicateur de 20 ou 40. Il y a un coefficient multiplicateur de 1.5 ou 1.2 maximum. C’est-à-dire que quand vous gagnez 2 000 euros au plus bas niveau, vous gagnez 2 300, 2 400 au plus haut niveau. Et ça, ce sont les assemblées des salariés et donc des gens de la coopérative ouvrière qui décident d’un certain nombre de règles du jeu. Maintenant, nous sommes soumis au droit français. Nous sommes soumis aux règles françaises. Il y a des obligations sur les aspects sécuritaires au travail, etc. Il y a donc des dépenses. Michel DHEILLY C’était plus sur la partie des fonds. Mickael WAMEN Je regardais la dernière fois une émission très intéressante : ils étaient en train de fermer une fonderie. Les salariés étaient 80. Sur les 80, 33 ont adhéré au projet. Je vous parle de ça il y a deux ans. Deux ans après, cette fonderie a retrouvé du chiffre d’affaires, a du résultat net et dégage même des primes excédentaires pour chaque adhérant à la SCOP. Vous savez aujourd’hui ce qui se passe ? Les 50 personnes qui n’ont pas adhéré se bouffent les couilles parce qu’ils sont au chômage aujourd’hui. Ils n’avaient pas de congé de reclassement de 24 mois, de 12 mois, de machin, ils étaient dans la merde. Ceux qui n’ont pas adhéré sont ceux qui souffrent le plus aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’ils ont effectivement peut-être gardé leur fric, mais en attendant ils s’aperçoivent aujourd’hui que s’ils avaient mis un peu de leurs billes dans une affaire collective, ils s’en seraient peut-être sortis beaucoup mieux. Michel DHEILLY Le point numéro un, c’est de rassembler les fonds. Mickael WAMEN Mais attendez, ça, ce n’est pas votre problème. Laissez-nous faire. Michel DHEILLY Ce n’est pas mon problème. Mickael WAMEN Quand vous dites qu’il faut quand même garantir l’avenir et la pérennité des salariés, cela me donne franchement envie de gerber. Michel DHEILLY Il faut un projet… Mickael WAMEN Vous vous foutez de ma gueule. Ce n’est pas votre problème. Michel DHEILLY Je dis que le projet… Mickael WAMEN Si les salariés adhèrent, c’est parce qu’ils y croient, d’accord ? Michel DHEILLY Le projet sera regardé sous cet angle-là. C’est ça que je suis en train de vous dire. Mickael WAMEN Si les salariés y adhèrent, ils y croient. A partir de là, quand vous dites Goodyear ne va pas pouvoir donner un certain nombre de choses. Michel DHEILLY Il faut que l’activité et le marché puissent le permettre. Aujourd’hui, on note une dégradation des marchés. Vous dites que ce n’est pas vrai. Mickael WAMEN Ce n’est pas ce que Taylor disait la semaine dernière. Quand vous dites que Goodyear ne va pas pouvoir nous céder ceci ou cela, à un moment donné, ce n’est pas pouvoir ou pas, il vous sera fait obligation par l’état français et par un certain nombre précis de règles du travail et notamment dans la reprise par SCOP de fournir aux salariés qui veulent reprendre l’usine dans le cadre d’une coopérative ouvrière de leur fournir un certain nombre de brevets et d’obligations. Michel DHEILLY Je laisserai les gens en décider. Mickael WAMEN Maintenant, sur l’achat de la gomme, on peut très bien faire des partenariats avec d’autres pneumaticiens. Qu’est-ce qui vous dit qu’aujourd’hui – je n’en dirai pas plus parce que de toute façon cela ne vous regarde pas – un partenariat avec un grand pneumaticien français ne serait pas effectivement une solution pour les salariés ? Vous n’en savez strictement rien. Michel DHEILLY La dernière fois, ce n’était pas intégré. 300 euros en moyenne de coûts de matières premières n’étaient pas intégrés. Mickael WAMEN Qu’est-ce qui vous dit que nous n’avons pas à l’heure où je vous parle des contacts très intéressants avec un des plus grands pneumaticiens français ? Vous n’en savez rien. Alors, qu’est-ce que ça peut vous foutre ? Je vous dis un truc : je ne suis pas venu dans cette réunion discuter avec vous du projet de démantèlement. Michel DHEILLY Je le regrette. Mickael WAMEN Vous n’avez rien à regretter, vous inquiétez pas. D’abord, je ne vous permettrai pas, ni à vous ni à personne de la Direction, de vous soucier du devenir des salariés. Quand je vois l’état dans lequel vous les avez mis, laissez-nous faire, parce que la seule chose que vous avez su faire, c’est les foutre dans la merde. Voilà ce que vous avez fait. Vous avez licencié et ces gens-là n’ont pas de solution. Michel DHEILLY Cela n’empêche que le projet sera regardé sous cet angle. Mickael WAMEN Nous, on vient. On a peut-être une solution. On ne jette pas l’éponge. Ce n’est pas à vous, Monsieur DHEILLY, de vous soucier du devenir des salariés. C’est à nous devoir avec eux. Ils sont assez grands pour savoir si demain… Michel DHEILLY Au nom de la direction Goodyear, je me soucierai du projet. Mickael WAMEN Cela ne vous regarde pas. Vous ne serez pas Goodyear, vous n’aurez plus rien à voir là-dedans. Ce n’est pas votre problème. Patrice SZYROKI Si je peux – j’essaie depuis tout à l’heure. Il y a quand même une chose importante qui a changé – tel que je le disais dans certaines réunions, que cela soit à Rueil ou à Amiens –, c’est que nous étions contre le premier projet SCOP, oui, pourquoi ? Parce qu’il y avait des repreneurs, des professionnels du pneumatique qui devaient soi-disant reprendre l’usine. Ce n’est plus le cas actuellement. Cela va être une friche industrielle. La deuxième chose, quand on parle de pérennité de l’emploi, il faut effectivement regarder la pérennité de l’emploi. Quelle est la pérennité de l’emploi maintenant sur Amiens ? Rien. Est-ce qu’il vaut mieux un contrat intérim à la SODIE de 6 mois pour pouvoir se casser du congé de reclassement ou avoir une SCOP qui vaut ce qu’elle vaut – on n'en sait rien pour l’instant –, qui durera 24, 30 ou 40 mois ? Mickael WAMEN On s’en fout de ça.

Richard JOUHANNET C’est toujours ça de pris. Patrice SZYROKI La pérennité de l’emploi est là-bas. Mickael WAMEN Ce n’est pas votre problème. Ce n’est plus votre problème. Vous avez licencié du personnel. D’ailleurs, aujourd’hui, vous êtes le directeur d’un établissement dont les seules personnes qui restent – une vingtaine de personnes – sont attelées au démantèlement. D’ailleurs, depuis le mois de décembre, le démantèlement tourisme est fini. Les gens sont dans l’usine et sont payés 35 euros, pour quoi ? Puisqu’il n’y a pas de démantèlement FARM. Michel DHEILLY Nous avons quand même un certain nombre de choses à préparer dans le cadre du projet de démantèlement agraire. Mickael WAMEN Bien sûr, mon cul. Les amis de mes amis étant mes amis, on sait très bien comment cela fonctionne. Ensuite, en ce qui concerne le projet, vous ne pouvez entériner un projet qui n’existe pas encore, qui en est à ses balbutiements. Nous avons demandé un moratoire de six mois que vous refusez. Je trouve cela complètement stupide parce que vous nous laissez que peu de moyens de travail, mais nous allons quand même travailler sans votre feu vert. Je vous demanderai juste une chose : par respect des gens, arrêtez de parler de pérennité de leur emploi. Parce que pour le moment, la pérennité de leur emploi, comme l’a dit Patrice SZYROKI, c’est une réalité, leur projet d’avenir c’est le pôle emploi, d’accord ? Michel DHEILLY Attendez, si ce n’est pas moi qui vous le dis, il y en a d’autres qui vont vous le demander. Mickael WAMEN Qui va nous le demander ? Qui ? Michel DHEILLY Vous verrez. Mickael WAMEN Les salariés en premier. Et quand vous allez dire à un mec « tu mettras 10 000 euros de ta prime de départ dans un projet de SCOP », il va falloir lui en donner des garanties. Ça, ce n’est pas votre problème. Michel DHEILLY Je suis prêt à écouter… Mickael WAMEN Vous n’écoutez rien du tout parce que ça ne vous regarde pas. Nous irons le présenter à des gens qui viendront l’imposer à vous, Goodyear. Et vous quitterez les murs, avec vos bureaux et vos bagnoles. Vous dégagerez et nous reprendrons les murs. Michel DHEILLY Ce que je regrette… Mickael WAMEN Je voudrais demander juste une chose, c’est de bien faire attention à l’outil de travail. L’outil de travail est hyper-important. Michel DHEILLY Nous avons une réunion aujourd’hui, dans laquelle vous avez demandé un point sur le projet de reprise de l’activité agraire dans le cadre de la SCOP présentée par les salariés licenciés. C’est vous qui avez demandé que l’on rajoute ça à l’ordre du jour. Aujourd’hui, vous dites : « de toute façon, je ne dirai rien. » Je ne vois pas l’intérêt d’avoir mentionné cela dans un ordre du jour. Mickael WAMEN Nous n’allons rien vous dire. Vous savez pourquoi, Monsieur ? Parce que cette réunion-là, nous aurions dû la faire quand le projet était finalisé. Vous ne nous avez pas laissé le temps et vous accélérez. CE exceptionnel le 12. CHSCT aujourd’hui. Vous voulez aller très vite, pourquoi ? Parce que votre objectif est de commencer de mettre des clés à molette au cul des bécanes et à les démonter avant même que nous ne puissions rendre un projet, parce que le projet de SCOP vous met dans la merde. Michel DHEILLY Non, pas du tout. Mickael WAMEN Le groupe est dans la merde. Bien sûr. Parce que la seule chose que vous voulez répondre, c’est : « ce que la CGT présente, ce n’est pas sérieux, il n’y a pas d’avenir pour les salariés ». Michel DHEILLY Non ! Mickael WAMEN Mais qu’est-ce que ça peut vous foutre ? Vous avez foutu dehors les gens. Ce n’est plus votre problème. Michel DHEILLY Laissez-moi quand même répondre sur le calendrier. Mickael WAMEN Les gens sont des parents, des pères de famille pour la plupart, et ils savent très bien que s’ils mettent des billes dans un dossier, c’est que le dossier tient la route et qu’ils y croient. Et quand les gens croient en quelque chose, ils le font vivre. La seule chose qui pourrait empêcher de faire la SCOP, c’est vous. C’est vous, Goodyear ! Michel DHEILLY Pourquoi voulions-nous faire une réunion début février ? Parce que nous voulons donner la possibilité à chacun des membres de pouvoir poser des questions sur le projet de démantèlement avant que la consultation ne puisse prendre effet trois mois après la présentation. Dans le courant du mois de mars, nous reviendrons vers vous pour vous consulter et vous allez dire : « attendez, vous ne nous avez même pas donné l’opportunité de poser des questions, de faire des réunions, vous ne nous avez rien expliqué. » Mickael WAMEN Dans le courant du mois de mars, nous aurons peut-être un projet de SCOP. Michel DHEILLY Lorsque nous sommes en réunion pour partager les informations dont on dispose et qu’on voudrait partager avec vous pour éventuellement compléter et apporter des éléments de réponse qui peuvent vous soucier, vous dites : « allez vous faire foutre avec votre documentation. » Mickael WAMEN D’abord j’ai été poli, je ne vous ai pas dit ça. Michel DHEILLY « On en a rien à faire. » Mickael WAMEN Est-ce que je vous ai dit « allez vous faire foutre » ? Michel DHEILLY Vous avez dit que vous ne vouliez pas l’entendre. Mickael WAMEN Est-ce que je vous ai dit « allez vous faire foutre » ? Michel DHEILLY Non. Mickael WAMEN Alors pesez vos mots. Vous me faites suffisamment parler pour des choses que je n’ai pas dites. Ne dites pas que je vous ai dit : « allez vous faire foutre ». Je suis plus poli que ce que vous venez de dire. D’accord ? Michel DHEILLY C’est bien la première fois, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN D’abord, un, votre propos est gratuit. Ce n’est pas la première fois. Si j’avais voulu vous dire « je vous emmerde », je vous l’aurais dit en face. Michel DHEILLY Reprenez les PV. Mickael WAMEN Est-ce que je vous ai dit « je vous emmerde » depuis ce matin ? Michel DHEILLY Aujourd’hui, non. Mickael WAMEN Bon alors. Michel DHEILLY Je vous le dis : c’est bien la première fois. Mickael WAMEN Et puis arrêtez de vous plaindre, on dirait Caliméro. Vous savez quoi, vous avez besoin de vous ressourcer aussi. Michel DHEILLY Lorsque nous allons vous consulter, vous direz : « attendez, vous n'avez pas fait de réunion. » Et aujourd’hui, nous faisons des réunions… Mickael WAMEN Arrêtez un peu Harry Potter. Vous savez déjà ce qui va se passer à la prochaine réunion. Attendez un peu, soyez calme. Michel DHEILLY Je suis calme, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN Et respectez un peu les demandes des élus. Je vous ai demandé une suspension de séance. Ce n’est pas possible. Michel DHEILLY Je vous ai écouté sur ce que vous aviez à dire sur le projet de SCOP. Mickael WAMEN Nous n’allons pas nous énerver. Michel DHEILLY Je ne m’énerve pas. Mickael WAMEN Nous avons l’opportunité de proposer à des salariés le redémarrage de l’outil industriel. Avant même que vous puissiez dire non, laissez-nous l’opportunité de travailler là-dessus. Nous sommes en cours d’élaboration. Il y a tout un tas de gens qui travaillent dessus. J’attendais la réponse de la Direction. Pour tout vous dire, je n’allais pas démarrer réellement les travaux parce que je pouvais aussi m’attendre à ce que vous disiez « oui » pour un moratoire de six mois. Malheureusement, vous avez dit non. Maintenant, il faut que nous accélérions la cadence. Ce que j’ai dit aux gens qui travaillent sur le dossier, c’est que je veux quelque chose de fini, sérieux et très peu contestable. Par contre, si la seule contestation que vous allez mettre en évidence c’est de dire : « on a besoin, et moi en tant que directeur, de savoir ce que vont devenir les gens ». Il n’y a pas un mec aujourd’hui qui vous fait encore confiance. Vous les avez licenciés. Les seuls qui peuvent vous faire encore confiance, c’est ceux que vous avez pistonnés chez DUNLOP, notamment vos copains. Notamment un. Enfin bref. Cela étant, ce que je constate, c’est que nous sommes dans un établissement où l'on continue, en petits groupes, à s’octroyer des petits droits, des petits ceci, des petits cela, parce que tant qu’on fait cela, ça arrange tout le monde. Pendant ce temps-là, il y a des gens qui sont chez eux, dans l’incertitude la plus complète, qui vont à la SODIE, qui ressortent sans rien et qui voient le Pôle emploi arriver. Nous arrivons en disant que, puisque Taylor et Goodyear n’ont pas été capables de se mettre d’accord parce que c’est des manches et qu’ils sont incapables de discuter ensemble, nous allons arriver avec un nouveau projet qui n’est pas le même que la dernière fois parce qu’il prend d’autres critères et d’autres obligations en compte. Michel DHEILLY Heureusement. Attendez, vous ne voulez pas écouter les raisons pour lesquelles nous avons aujourd’hui mentionné un refus. Quand on n’intègre pas le développement… Mickael WAMEN Je les connais les motifs de refus. Je les ai eus par courrier vingt fois. Michel DHEILLY Il y avait 300 euros de matières premières qui n’étaient pas pris en compte, vous vendiez vos pneus 150 euros au-dessus du barème dans le projet de SCOP d’il y a deux ans. Mickael WAMEN Monsieur ! Je ne suis pas là pour savoir pourquoi vous avez refusé en 2012. Je suis là pour vous dire : « nous avons un projet de SCOP ». Michel DHEILLY Moi, je dis aujourd’hui qu’il n’y a pas de projet de SCOP. Mickael WAMEN Vous avez accepté le point. Michel DHEILLY Je suis prêt à l’entendre votre projet de SCOP ! Mickael WAMEN Ce que j’aurais aimé vous entendre dire aujourd’hui, c’est : « Monsieur WAMEN, on attend que vous le finalisiez, vous nous le présenterez et nous l'étudierons avec vous. » C’est ça que je veux entendre. Michel DHEILLY Vous ne voulez pas le présenter. Mickael WAMEN Vous n’êtes même pas en train de dire ça. Laissez-nous le finaliser. Michel DHEILLY Nous l’avons mis à l’ordre du jour, avec toutes les réserves que l’on connaît. Mickael WAMEN Le seul projet que vous avez, c’est de flinguer le site une dernière fois. Michel DHEILLY Non. Mickael WAMEN Ça, on ne vous laissera pas faire ! Nous avons un projet en cours d’élaboration. Michel DHEILLY Ce que je ne veux pas, c’est laisser encore de l’espoir. Mickael WAMEN Il vous a fallu cinq ans pour soi-disant trouver un accord avec Titan qui s’est voué être un échec. Nous, il nous faut trois à quatre mois. Patrice SZYROKI Mais c’est normal. Michel DHEILLY Oui, c’est normal Monsieur SZYROKI. Vous allez nous rappeler pourquoi, je pense. Patrice SZYROKI Mais si c’est normal, voyons. Il est normal qu’une société telle que Titan ne veuille plus du groupe Goodyear lorsque l’action passe de 25 dollars à 8,94 actuellement. Titan a des problèmes financiers et tout le monde le sait. Michel DHEILLY Ce n’est pas ce que vous disiez il y a encore quelques mois. Vous avez radicalement changé de discours. Mickael WAMEN Sauf que la bourse ne change pas de cours. Patrice SZYROKI J’ai radicalement changé de discours, c’est vrai, parce qu’il y a quelques mois, on croyait tous en Titan ici. Mais maintenant qu’il n’y a plus de Titan, on croit en quoi ? Uniquement une friche industrielle. Michel DHEILLY Quand vous donniez les raisons pour lesquelles Titan n’est pas venu, ce n’était pas tout à fait les mêmes que celles que vous mentionnez aujourd’hui. Patrice SZYROKI Peut-être à l’époque, bien sûr. Michel DHEILLY Vous pouvez peut-être les rappeler. Cela serait de l’honnêteté. Patrice SZYROKI Vous non plus, vous n’êtes pas honnête. Michel DHEILLY Bien sûr que si, je suis honnête, parce que je suis en train de dire qu’il y a un faux débat sur le projet de SCOP. C’est mon sentiment. On va continuer à laisser croire aux gens… Mickael WAMEN C’est parfait, continuez à parler comme ça dans le PV, cela m’arrange bien. Michel DHEILLY On va laisser croire aux gens qu’il y a des possibilités aujourd’hui, que l’activité agraire est florissante alors que c’est complètement faux. Mickael WAMEN C’est vrai. Patrice SZYROKI Ce n’est pas laisser croire, c’est essayer de voir s’il est possible de croire. Mickael WAMEN L’activité agricole Amiens Nord aujourd’hui n’est pas florissante parce que vous l’avez arrêté. Par contre, l’activité agricole en Europe et dans le monde est florissante, Monsieur, parce que vous avez un mec qui s’appelle Taylor qui aujourd’hui cherche une usine en Russie, et va l’acheter. Michel DHEILLY Continuez à le croire. Mickael WAMEN Il n’achète pas une usine pour faire des roues de bagnoles. Il fait bien des roues de tracteurs. Quand vous avez un site industriel à Beauvais qui a multiplié par deux ses capacités de production, c’est bien parce qu’ils vendent des tracteurs, et sur les tracteurs, on met bien des pneus. L’activité pneumatique agricole se porte bien. Michel DHEILLY C’est bien de nous rappeler que cela fait un an et demi que nous n’avons pas livré un pneu à Beauvais et que pour autant, les tracteurs ont des pneus. Mickael WAMEN Mais c’est normal ! Dans dix ans, vous serez chez vous en train de vous faire chier, en disant : « mais ouais, effectivement, j’avais raison, parce que même aujourd’hui on en vend plus des pneus Goodyear ». C’est ça que je veux vous interdire de faire. Nous voulons redémarrer l’activité. Nous voulons vendre des pneus Goodyear. Nous n’en vendrons peut-être pas autant que Goodyear en a vendu au début, mais il faut nous laisser redémarrer tranquillement, reprendre les parts de marché que vous avez laissé perdre tout doucement. Cela étant, quand on peut imager qu’aujourd’hui, le marché ne s’est pas effondré de 14 ou 15 % en Europe ni dans le monde du pneumatique agricole, il s’est effondré de deux points. Quand vous perdez 14 % de parts de marché ou que vous les laissez à la concurrence, on peut très bien imaginer qu’il y a forcément un concurrent qui, à un moment donné, a augmenté sa part de marché de 14 %. Aucun ! Ils sont tous soit en stagnation, soit en diminution. Cela veut dire que les parts de marché du groupe Goodyear sont toujours existantes. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que je reste persuadé que si demain ça redémarre, des gens vont racheter du pneu Goodyear parce qu’on avait la performance, qu’on avait des pneus qui étaient bons, qui avaient une bonne image de marque. Maintenant, il va falloir un système de recherche et développement, il va falloir un service commercial. Vous avez licencié des commerciaux avec qui je suis en contact actuellement, qui sont prêts à aller redémarcher leurs clients – je parle pour la France, mais après il y a l’Europe. Effectivement, il y a un certain travail à faire. Cela ne va pas se faire en claquant des doigts, mais laissez-nous l’opportunité de le faire. Maintenant, quand vous essayez de faire dire à Patrice SZYROKI que l’échec des négociations avec Taylor incombe uniquement à la CGT et notamment à Mickael WAMEN et à Fiodor RILOV, leur avocat, je trouve ça lamentable de votre part, parce que je vais vous dire quelque chose, Monsieur. Quand je vous ai alerté pendant des années, avant que vous ne soyez directeur du site, quand j’allais voir SMITH, toute la clique bien avant vous, je disais : « effectivement, nous avons un vrai problème aujourd’hui. Nous sommes sur un marché et nous ne sommes pas capables d’alimenter ce marché parce que nous ne sommes pas bons en investissements. » On me disait : « mais si, on est bons, on est ceci, on est cela. » On n’a pas fait le nécessaire. Quand Taylor est arrivé en France et a proposé son projet de reprise, j’ai été le premier à dire : « nous ne sommes pas défavorables à un projet de reprise dès lors qu’on garantit l’emploi. » Michel DHEILLY C’est peut-être pour ça que vous l’avez assigné alors. Mickael WAMEN Vous ne connaissez pas tout le dossier, c’est pour ça. Vous n’en connaissez quelques paragraphes. Michel DHEILLY C’est vrai que cela fait très peu de temps que je suis dans la compagnie. Mickael WAMEN Mais c’est normal, vous venez d’arriver comme directeur, vous ne pouvez pas tout savoir. Ce que je veux dire par là, c’est que contrairement à vous, Monsieur DHEILLY, nous on s’est dit : « nous pouvons croire à un projet de reprise ». Mais à partir du moment où les salariés avaient cœur à un emploi, contrairement à aujourd’hui, on s’est dit : « ne vaut-il pas mieux essayer de conserver son emploi dans le groupe Goodyear, avec un élément prioritaire, qui était de dire que si demain, Goodyear fermait son site, les gens partiraient avec des indemnités assez conséquentes. » Parce que Goodyear était côté en bourse, avait non seulement un site en France mais aussi des valeurs financières en France avec ce qu’on appelle le siège social. Or, si Taylor achetait dans les conditions de 2012, et qu’il n’avait aucune plus-value financière en France ni en Europe, pas de site industriel hors celui français et qu’il n’avait pas de siège social en Europe ni France, si les salariés avaient été licenciés par Taylor au bout de 24 mois, les gens étaient licenciés sans aucune indemnité. Ça, c’est le vrai problème, et c’est ce que la justice française a dit. Ce n’est pas la CGT, ce n’est pas WAMEN, c’est la justice française qui a dit à Taylor : « votre projet est squelettique. Refaites un projet et à partir de ce moment, nous analyserons. » Quand j’ai demandé à Taylor, que j’ai rencontré une deuxième fois, de nous refaire un business plan sur cinq ans, il m’a dit : « hors de question ». Je suis retourné voir la Direction – je vous redis ce que j’ai dit la dernière fois et j’espère que cette fois-ci vous allez comprendre. Nous étions en réunion à Paris et j’ai dit à DUMORTIER et à son avocat, Joël GRANGE : « faites-nous donc un courrier dans lequel vous vous engagez à verser les indemnités à la hauteur d’un PSE Goodyear si le repreneur est défaillant, puisque vous nous dites qu’il n’y a pas de risque et qu’au-delà des deux ans, il restera parce qu’il ne vient pas en France pour se barrer au bout de deux ans. » DUMORTIER s’est levé et s’est barré. Ça veut dire ce que ça veut dire. Aujourd’hui, après coup, je me dis la chose suivante : « si en 2012, il y avait eu le PDV et la reprise par Titan à la fois, aujourd’hui il y aurait 537 personnes qui auraient été licenciées par un Américain, sans aucune indemnité. » La différence aujourd’hui est de taille : c’est qu’à l’heure où je vous parle, les gens sont encore payés par Goodyear. Ils ont un système de protection sociale qui est encore à la hauteur de ce que nous avons négocié et que s’ils avaient été licenciés par Taylor en 2014, aujourd’hui ils seraient tous en fin de droit et certainement dans la misère, ce qui n’est heureusement pas encore le cas et j’espère que nous gratterons encore quelques mois dans les jours à venir. Nous nous disons aujourd’hui la chose suivante : « nous avons l’opportunité de faire un projet de SCOP. Nous y travaillons sur des bases totalement différentes. Nous n’avons pas la pression d’avoir un repreneur. On sait pertinemment que Goodyear ne va pas redémarrer la recherche et développement sur le site d’Amiens Nord. Mais on a trouvé, nous, des gens qui veulent faire de la recherche et développement en France, parce qu’il existe des écoles qui mettent à disposition des gens de recherche et développement qui vous coûtent peau de zob, Monsieur. Et ça, vous ne le savez pas, mais moi je vous le dis. Et tout cela vous sera présenté. Nous allons vous faire un projet clair, net, précis et détaillé. Bien évidemment, si vous venez et que vous dites : « on ne peut pas l’accepter parce que vous ne garantissez pas l’avenir des salariés. », ça va nous faire marrer, mais surtout nous mettre en colère. Vous l’avez vu tout à l’heure. Quand vous essayez de jouer à ce jeu-là, il n’y en a pas un dans l’instance qui peut vous dire qu’on peut être d’accord avec vous. Ne parlez pas d’avenir des salariés avec ce que vous êtes en train d’en faire. Arrêtez de nous prendre pour des cons. Maintenant, il faut effectivement plusieurs éléments. Il faut d’abord l’adhésion des salariés. Une SCOP n’a pas lieu d’exister si les salariés n’y adhèrent pas. Si nous n’avons pas 300 mecs qui se lèvent en disant : « oui, on y croit à tout projet. Oui, il est bon et on y met des billes. » Michel DHEILLY Oui, parce qu’il faut des fonds. Mickael WAMEN On avance. Une fois que c’est fait, nous allons le présenter. A qui allons-nous le présenter ? Aux organismes d’Etat qui aujourd’hui travaillent dans l’intérêt des SCOP. C’est eux qui valident ou pas un projet de SCOP. Ils vous mettent au cul quelqu’un qui est spécialisé dans les SCOP, qui regarde si le projet est viable ou pas, les parts de marché, la croissance, les perspectives d’avenir, le projet en tant que tel, la recherche et développement, les équipements, etc. Il y a une visite de site qui se fait. Une fois que c’est fait, vous avez derrière des choses à faire valider par des experts financiers, des espèces de comptables à très haut niveau qui viennent dire : « voilà, votre projet est viable ou il n’est pas viable ». Une fois que vous avez franchi ces étapes-là, vous revenez voir celui qui met en vente – puisqu’aujourd’hui, quand vous dites « on démantèle et on va abandonner le site », on peut considérer qu’à travers la loi Florange, vous avez obligation de regarder toutes les offres, et nous allons vous faire une offre. Après, elle sera rejetée ou pas, je m’en fous, mais aujourd’hui vous me dites : « oui mais Monsieur WAMEN, vous me mettez « projet de SCOP » à l’ordre du jour ». Moi, ce que je veux entendre, c’est la position du groupe Goodyear sur un nouveau projet de SCOP. Parce qu’aujourd’hui, je ne peux pas vous dire qu’il va y avoir 300, 400, 500 personnes. Je ne peux pas vous dire combien de pneus nous allons fabriquer par jour. Je sais aujourd’hui – et je le sais depuis le dernier CCE –, c’est que le volume d’activité que nous aurions dû faire ici, il a été vachement augmenté du fait de l’arrêt définitif de toute activité agricole du groupe Goodyear dans la zone EMEA. Michel DHEILLY Sous réserve que les équipements peuvent faire les pneus BIAS qui étaient fabriqués en grande majorité. Mickael WAMEN Ça se transfère, les équipements. Et puis nous avons fait ici du BIAS pendant des années. Nous avons même fait ici du pneu génie civil. Eux, nous en avons fait 714 en 2013. Donc nous en avons fait. Cela veut dire que l’outil de travail est non seulement adapté, mais que les salariés s’adaptent très vite. Richard JOUHANNET Bien sûr. Michel DHEILLY J’ai des réserves techniques quant à la possibilité de faire des pneus BIAS avec les machines. Mickael WAMEN A partir du moment où nous aurons franchi toutes ces étapes, cela demandera un certain temps. Vous comprenez bien que nous n’allons pas vous donner aujourd’hui un avis ou même aller dans le détail d’un démantèlement alors que nous en sommes aux balbutiements d’un projet de SCOP, qui prend effet, dans lequel nous avons mandaté un certain nombre de personnes qui prennent à temps plein ce dossier. Ce que nous voulons également faire – ça aussi, c’est une nouveauté –, c’est que, contrairement au premier projet SCOP où nous avions les parts de marché et les clients, nous avons une personne, un ancien salarié de Goodyear qui a été viré et qui est chez lui, qui travaille donc à plein-temps pour nous, dont le travail unique va être de rappeler tous les revendeurs de pneumatiques pour leur demander quel est leur envie sur la marque Goodyear : est-ce qu’ils sont prêts à racheter de la marque Goodyear ? Si oui, sous quel pourcentage, etc. A partir de là, ce que nous souhaitons faire, c’est une trame complète de la France, pour regarder sur un marché potentiel combien de revendeurs de pneus Goodyear, c’est-à-dire de gens qui nous achetaient des quantités assez astronomiques de pneumatiques, sont prêts à en reprendre, et faire à partir de là un business plan sur cinq ans. Michel DHEILLY Quand vous parlez de revendeurs, ce sont des revendeurs au marché de remplacement ou première monte ? Mickael WAMEN Le marché le plus rentable, c’est le remplacement. Nous allons d’abord essayer de travailler sur le remplacement. Michel DHEILLY En termes de volumes, c’est la première monte. Mickael WAMEN En première monte, si vous avez aujourd’hui des pneumatiques qui correspondent à ce que Michelin était capable de faire, à ce que Taylor est capable de faire – parce que je vois les pneumatiques fabriqués par Taylor au Brésil, ils sont quand même très proches des pneumatiques que nous fabriquions ici. Au Brésil, contrairement à ce qui nous avait été dit, Taylor fabrique du pneu radial. Il ne fait pas que du conventionnel. C’est complètement faux. Sur les derniers événements en date dans le monde du pneumatique agricole, Taylor a reçu une vingtaine d’awards sur des pneumatiques radiaux nouvelle génération. Cela veut dire qu’aujourd’hui, il a la technologie et la capacité pour faire. Il ne veut pas venir en France mais par contre, il fait l’acquisition d’une usine en Russie. Je pense que vous le savez mieux que moi, la Russie fait partie de la zone EMEA. A partir du moment où vous avez une usine en Russie qui fait partie de la zone EMEA, vous avez peut-être aussi besoin de parts de marché. A ce que je sache, ce que vous êtes en train de nous reprocher, vous pouvez très bien le reprocher demain à Titan. Vous êtes en train de nous dire, Monsieur DHEILLY : « Monsieur WAMEN, Messieurs de la CGT, vous espérez faire un projet de SCOP alors que de toute façon aujourd’hui nous n’avons pas la part de marché, nous n’avons même plus la marque Goodyeard, etc. » C’est exactement pareil pour Taylor. Taylor arrive aujourd’hui sur un marché qui est soi-disant mature en Europe et où tous les pneumaticiens se partagent 100 % du business. La part de marché, c’est 100 %, et chaque pneumaticien prend une part des 100 % : Michelin, Continental, Trelleborg. Là, vous avez Goodyear qui se retire. Mais Titan n’existe toujours pas en zone EMEA. On est bien d’accord ? Cela veut dire que Taylor va arriver avec une usine russe et va d’un seul coup se frayer un chemin phénoménal dans un marché qui est soi-disant saturé et mature, alors que nous, avec notre projet de SCOP, nous ne pourrions pas faire la même chose ? Attendez, c’est complètement incohérent ce que vous dites. Nous avons un avantage, c’est que si nous achetons l’usine, nous sommes obligés aussi d’acheter les brevets Goodyear, c’est-à-dire d’être dépositaires de la marque Goodyear. Elle a un prix. Ce qui va coûter le plus cher aux salariés, ce n’est pas l’outil de travail ou le site – le site aujourd’hui, si je retire le coût de la dépollution que vous n’aurez pas à faire, si l’Etat retire les 24 mois de chômage qu’il n’aura pas à payer, etc., je pense que le site nous reviendra à un euro symbolique. Par contre, ce qui va nous coûter un peu de blé, c’est l’utilisation de la marque Goodyear. Pourquoi ? Parce que tous les mois, nous allons être obligés, comme Titan – et vous n’aurez pas d’autre solution –, de vous verser des royalties. Tant de pour cent sur chaque pneu vendu reviendront au groupe Goodyear. Taylor va avoir un sérieux problème aujourd’hui. Taylor va se pointer en Europe avec une usine en Russie pour venir alimenter son marché de pneus non pas de Goodyear made by Titan, mais de pneus Titan, puisqu’il ne pourra plus faire de Goodyear made by Titan puisque nous aurons eu la marque. Il va arriver avec des pneus Titan sur un marché mature soi-disant saturé et il aura beaucoup plus de difficultés que nous puisqu’autant vendre du Titan, c’est très compliqué parce qu’il n’a jamais été présent sur le marché de l’Europe, autant vendre du Goodyear, c’est relativement simple parce que les gens connaissent la marque Goodyear. Vous voyez, quand je vous dis qu’on y travaille, croyez-moi qu’on y travaille. Vendredi encore, j’étais à Paris avec des gens pour bosser sur ce projet, d’accord ? Michel DHEILLY Je ne suis pas en train de dire que vous ne travaillez pas dessus. Mickael WAMEN Je ne peux pas vous dire qu’il sera prêt semaine prochaine. Je ne peux pas vous dire qu’il sera certainement prêt fin février, parce que je n’ai pas envie de présenter quelque chose qui ne ressemble à rien et que vous balayez d’un revers de main. Nous allons présenter un projet qui sera validé par des organismes d’Etat très sérieux, pour qu’il soit le moins possible démontable. Michel DHEILLY C’est ce que j’ai compris dans le process. Il y a un certain nombre de validations à faire avant d’arriver chez nous. Mickael WAMEN Maintenant, aujourd’hui, vous me dites : « Monsieur WAMEN, je vous confirme qu’on va faire une information/consultation dans le cadre du démantèlement. » Non, Monsieur, je ne peux pas. Il est hors de question. C’est pour cela que je vous demande une suspension de séance, pour que nous puissions sortir une délibération et la voter. Je vous le dis très clairement : nous ne resterons pas dans cette réunion aujourd’hui parce que notre objectif n’est pas d’aller vers un consensus sur un démantèlement, il est d’essayer de trouver une solution qui redonne une possibilité d’emploi à plusieurs centaines de personnes, avec leur adhésion. Vous savez, je vais vous dire quelque chose. Quand vous avez fait adhérer des gens à un projet, quand vous dites aux gens que le billet d’entrée est de tant... Ce n’est pas nous qui allons définir de combien sera le billet d’entrée parce que ce qui va définir le montant du billet d’entrée, ce sera d’abord les allègements de charges que nous pourrons obtenir, les fonds de l’Etat, les fonds de l’Europe, etc. A partir de là, il va bien falloir que nous ayons un fonds de roulement, une caisse de trésorerie, pour que nous puissions acheter les matières premières, payer les salariés, etc. Cela veut dire que quand le mec va adhérer, il sait pertinemment qu’il prend un risque, parce que personne ne va pouvoir signer un document disant : « il n’y a aucun risque ». Quand vous voyez que sur dix SCOP créées en France – c’est la moyenne des dix dernières années –, aucune aujourd’hui n’est fermée. Cela veut dire que tous les projets de SCOP sont viables. Tous. Michel DHEILLY Pas forcément dans une industrie aussi compliquée que le pneumatique… Je ne suis certainement pas expert dans les SCOP mais... Mickael WAMEN Vous devriez vous y intéresser. Vous verrez, c’est très intéressant. Quand vous êtes dans la métallurgie, dans une entreprise donc le concurrent direct s’appelle MITTAL, je peux vous garantir que Lakshmi MITTAL, ce n’est pas Michelin. Lakshmi MITTAL, c’est un mec qui a les dents longues, et vous savez ce qu’il a fait à Florange et ce qu’il va faire ailleurs. Les gens travaillaient indirectement pour Lakshmi MITTAL puisque c’était entre autres des sous-traitants du site de Florange. L’activité étant ce qu’elle était parce que MITTAL a décidé de délocaliser toute une partie de son activité, ils ont décidé de reprendre l’activité en créant une SCOP, tout en s’adaptant au potentiel du marché initial. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas vu les parts de croissance sur les cinq ou dix années à venir. Ils se sont dits : « Voilà, le marché nous dit aujourd’hui : 33 salariés. » Ils ont repris 33 volontaires. Les 33 volontaires ont tous signé une feuille d’engagement dans laquelle ils disent très bien qu’ils savent pertinemment que les cinq ou dix mille euros qu’ils mettent peuvent être perdus dans six mois ou dans un an. Michel DHEILLY Ce que je veux dire, c’est que là, vous parlez d’une SCOP avec 30 personnes. Là, on parle d’une SCOP de 300 personnes. Mickael WAMEN Quand vous avez des chèques déjeuners – vous n’en avez pas besoin, vous avez tous les jours du fric, vous –, chaque chèque déjeuner est édité par un salarié d’une SCOP. Les chèques déjeuners sont une SCOP. Ce sont des centaines de salariés de France qui travaillent dans une coopérative. Les chèques déjeuners, c’est un dépôt de bilan d’une multinationale. Michel DHEILLY Ce n’est pas comparable. Mickael WAMEN Bien sûr que si, tout est comparable. Michel DHEILLY Le fonds de roulement n’est pas comparable. On parle d’industrie lourde qui nécessite de la distribution, du développement. Mickael WAMEN Taylor n’est pas un débile. Taylor va acheter une usine en Russie, dans une zone qui est géopolitiquement est l’une des plus incertaines de ce monde. Quand vous êtes industriel de ce niveau, vous calculez le risque géopolitique. Vous n’avez pas d’autre solution. Si j’étais en Russie, je vous garantis que je ne verrais pas pour faire une SCOP. D’abord, je n’aurais pas le droit, on me couperait les couilles, et je crois que je ne serais pas syndicaliste en plus. Cela n’empêche pas que Taylor, lorsqu’il arrive en Russie en disant « je veux acheter une usine pour arroser le marché européen », c’est qu’il sait deux choses : un, la situation géopolitique est quand même assez dangereuse. C’est instable. Michel DHEILLY C’est le moins que l’on puisse dire en ce moment. Mickael WAMEN Demain, Poutine pète un plomb, serre les vannes et dit : « allez, tout pour moi, rien pour les autres. » Ça peut être réglé du jour au lendemain. Il ne va pas jouer au kéké avec le père Poutine. Sauf que Poutine, comme c’est un magouilleur de première, il va l’arroser de quelques millions de dollars et l’affaire sera réglée. Sauf que Taylor est quand même tout sauf con. Soit Taylor sait qu’il a dans son portefeuille clients les parts de marché que Goodyear lui a vendu en 1998 en même temps que l’acquisition des usines aux Etats-Unis. Vous pouvez rire mais c’est ce que je pense. Ce n’est pas parce que je le pense que j’ai raison. Soit Taylor sait pertinemment que vous ne lui avez pas vendu les parts de marché, mais que vous lui laissez une place nette. Mais il va avoir un énorme problème. Je continue à le dire. Parce que s’il fait des pneus Titan, il ne les vendra pas. Vous avez le reportage sur France 2 ? Complément d’enquête ? Vous avez vu les pneus ? C’est Goodyear en énorme et made by Titan en tout petit. Cela veut dire ce que ça veut dire. Ça veut dire qu’il est pas con, le mec. Il sait pertinemment que ce qui fait vendre son pneu, c’est la marque Goodyear. Si c’était que du Titan, il n’en vendrait pas. Aujourd’hui, il a besoin de la notoriété de la marque et du savoir-faire de la marque. Quand vous arrivez chez un revendeur de pneus – en tout cas, c’est ce que les mecs qui ont été licenciés, notamment un mec à Lyon qui a été viré comme une merde et qui d’ailleurs est au tribunal contre Goodyear, me disent : « quand on arrivait chez les gros revendeurs en remplacement, on avait en face Michelin, certainement pas Telleborg ni les plus petits, ni Pirelli. » Les deux concurrents directs de Goodyear, c’est Michelin et Continental, dans les mêmes gammes, sauf que Michelin est un peu plus haut niveau tarifaire, et a surtout un avantage, c’est l’avantage du cœur. Les agriculteurs sont français, ils achètent des produits Michelin. Cela n’empêche pas qu’il y avait des partenariats qui étaient faits de telle sorte que quand vous êtes en équipement d’origine sur Goodyear, généralement vous avez une chance sur deux de reprendre un Goodyear, surtout s’ils étaient satisfaits du produit. Cela veut dire que l’image de marque et la notoriété de Goodyear existent encore. Il faudra – et ça, c’est statistique – à peu près dix ans, si demain il n’y avait plus de pneus Goodyear sur le marché, pour que les gens oublient cette marque. L’expert l’a dit à la Direction. Florent PERODIN a raison. D’ailleurs, il y avait une expertise qui avait été faite là-dessus et qui était intéressante. Dans le monde du pneu, quelle était la marque qui était mise en avant aujourd’hui en France ? Michelin et ensuite Goodyear. C’est comme par exemple sur les sodas. Qui est mis en avant ? On dit Coca-Cola. Vous croyez que si demain Coca-Cola arrête de vendre du Coca-Cola en France pendant 5 ans, ils reviennent dans 5 ans, ils ne vont plus vendre de Coca ? Mais tout le monde va se jeter sur la bouteille de Coca. Nous pourrions avoir en plus un effet d’aubaine et un effet nouveau, qui consiste à dire que Goodyear a arrêté des pneumatiques pour X raisons. Nous, on redémarre, et en plus on améliore la technicité du pneu Goodyear et on fait mieux que Michelin. Effectivement, cela va demander des efforts. Il y a énormément de travail. Il faut des gens motivés, des gens disciplinés. Il faut des gens qui y croient. Mais quand vous demandez à des gens d’intégrer financièrement quelque chose qui leur appartient dans un projet, c’est comme si vous demandez à quelqu’un d’hypothéquer sa baraque parce son gamin a un projet d’avenir. Vous n’hypothéquez pas votre baraque uniquement parce que vous avez envie de le protéger. Vous hypothéquez votre baraque parce que vous croyez aussi en son projet. Là, c’est exactement la même chose. Aujourd’hui, pour moi, je vous le dis très clairement : il est totalement prématuré de parler avec vous d’un projet de démantèlement de l’outil industriel parce que, pour moi, l’outil industriel n’a pas à être démantelé. Je ne sais pas si le projet aura votre adhésion ou pas. Tout ce que je sais, c’est que le projet sur lequel nous sommes en train de travailler, doit avoir – votre adhésion, à la limite, je m’en fous – d’abord et en priorité l’adhésion des salariés. S’il n’a pas l’adhésion des salariés, ce n’est même plus la peine d’en parler. Vous comprenez bien qu’il faut que nous soyons percutants et pertinents, et pour être percutants et pertinents, nous devons avoir tous les éléments. Quand nous allons avoir, par exemple, un retour des entretiens téléphoniques ou des mails échangés avec tous les revendeurs de pneumatiques agricoles en France dans un premier temps et qui nous disent à 80 % qu’ils sont sûrs de reprendre des Goodyear dans les mêmes conditions, cela veut dire que les parts de marché sont là et qu’il y a des perspectives d’avenir importantes. Nous ne partons pas sans rien. Nous ne sommes pas sur une terre où il n’y a rien. Le terreau est fertile. Vous avez pendant des années mis de l’engrais. L’activité agricole est une activité qui a permis à Goodyear d’avoir une image de marque… Michel DHEILLY C’est une activité déficitaire et vous ne voulez pas l’entendre. Mickael WAMEN Je m’en fous. Monsieur DHEILLY, écoutez-moi bien. L’activité agricole est déficitaire pour Goodyear parce qu’elle fait partie d’un contexte global. L’activité agricole seule dans un contexte seul avec des coûts limités de recherche et développement à cette seule et unique activité, avec des salariés qui sont employés uniquement à cette seule et unique activité, est bénéficiaire, parce que le groupe Michelin en fait une activité bénéficiaire, parce que le groupe Michelin a un site dédié à l’activité agricole en France pour l’ensemble de l’Europe et que le groupe Michelin, aujourd’hui, a fait monter cette usine en puissance à un tel point que la recherche et développement – parce que qu’est-ce qui fait qu’une activité peut être déficitaire ? Michel DHEILLY Je ne peux jamais répondre. Mickael WAMEN C’est quand vous avez tout un tas d’activités qui gravitent autour. Quand vous avez quatre banburys qui travaillent pour des activités mixtes et que vous n’en faites plus tourner que deux, vous avez effectivement des coûts fixes pour rien. Quand vous avez des effectifs pour faire tourner sur deux activités où vous n’en faites tourner qu’une, et encore à sa sous-capacité de production, vous faites exploser vos coûts de production. Nous, aujourd’hui, ce que nous voulons, c’est une rationalisation de l’outil de travail. Il n’est pas rationalisé. Michel DHEILLY Il y a les coûts de recherche et développement, les coûts de distribution. Mickael WAMEN Monsieur DHEILLY, il manquait énormément d’investissements pour rationaliser l’outil de travail parce que l’outil de travail n’est pas assez performant. Il faut rationaliser l’outil de travail et il faut que chaque poste de travail soit étudié de telle façon à ce que l’on sache qu’un poste corresponde à un salarié et pas à un salarié et demi, pas à un salarié trois quarts. Nous n’allons pas, par exemple, avoir des gens au service achats pour deux activités. Michel DHEILLY Vous allez développer la polyvalence. Mickael WAMEN Nous n’allons pas avoir des gens qui vont travailler ici au service achats de matières premières pour d’autres activités mais uniquement pour notre activité. Cela veut dire qu’effectivement, il n’y aura certainement pas une personne dans chaque bureau. Il y aura peut-être aussi une rationalisation dans les bureaux, mais de toute façon il va bien falloir qu’on démarre avec quelque chose, et notre objectif est que ce quelque chose soit le plus cohérent possible. Il faut que chaque personne soit sûre d’être payée – c’est une évidence –, payée comme nous allons le décider ensemble, mais que sa paye lui permette aussi de durer dans le temps. Après, il y aura certainement des avantages, des acquis, si jamais demain cela fonctionne bien. Vous savez, parfois il faut savoir démarrer petit pour terminer grand. Nous, aujourd’hui, nous avons cet avantage-là : nous avons un projet. Michel DHEILLY J’émets un certain nombre de réserves par rapport à ça, sur le matériel, sur l’organisation… Mickael WAMEN Vous pouvez émettre un certain nombre de réserves, mais je pense que cela fait une demi-heure que je m’époumone avec des éléments qui démontrent clairement que nous sommes partis dans un vrai projet. Je vous dis que les 14, 15 ou 16 % de parts de marché qui ne seront peut-être plus là – et là vous avez raison, et c’est pour ça qu’il y a urgence à avancer et c’est en ça que j’en veux aussi au groupe Goodyear, parce que si vous aviez dit à la fermeture de l’usine en 2014 qu’il n’y avait plus de projet avec Taylor, nous aurions démarré tout de suite le projet de SCOP. Parce qu’effectivement, là où vous avez raison, c’est qu’il n’y a rien de pire que de laisser des parts de marché vides. Et là vous avez raison. Cela attire la concurrence.  Michel DHEILLY C’est ce que je vous disais l’autre jour. Je n’ai jamais vu de tracteur qui restait sur les jantes. Il y a des pneus qui sont sur les tracteurs. Mickael WAMEN Ça me va très bien ce que vous dites, vous allez voir. On peut très bien imaginer que Michelin, aujourd’hui, sait pertinemment que Goodyear a arrêté ses activités. Mais je ne peux pas comprendre une seule seconde que Michelin n’ait pas pris toutes vos parts de marché. Michel DHEILLY Je n’ai pas dit que Michelin a pris toutes les parts du marché. Je dis qu’aujourd’hui, il y a une dégradation du marché. Mickael WAMEN Monsieur DHEILLY, vous avez une part de marché qui est de 100. Elle se dégrade, elle descend à 80. La perte des 20 % est généralement équilibrée entre tous les pneumaticiens. D’accord ? Donc, effectivement, l’érosion des parts de marché de Goodyear est liée en partie – et là, vous avez raison –, à la dégradation du marché en tant que tel. Ensuite, une autre partie de la dégradation des parts de marché de Goodyear est liée au fait que nous n’avons pas sur le marché des produits qui permettent de redémarrer les ventes. Mais pour autant, la part de marché qui existe, même si elle était de 5 % – 5 % d’un marché européen, ce n’est quand même pas rien. Vous êtes malade ? Michel DHEILLY Un petit peu. Mickael WAMEN Il faut vous soigner. 5 % ce n’est pas rien. Vous imaginez ? 5 %, cela permet de démarrer. Et nous avons tout à démontrer. Nous avons un avantage, si nous redémarrons cette usine. Nous démontrerons avec des produits Goodyear que nous avons redémarré quelque chose, que le made in France existe, que la qualité du produit est là. Nous pouvons travailler en partenariat avec un groupe comme Michelin par exemple. Vous savez qu’aujourd’hui le groupe Michelin cherche des partenaires dans la recherche et développement sur le FARM pour optimiser ses coûts de production, parce qu’aujourd’hui Michelin estime qu’il a besoin de signer sur l’agricole des accords de partenariats avec de petites et moyennes entreprises qui sont dans le même domaine que lui au travers des syndicats UCAPLAST notamment et le SNCP. Ils recherchent des partenariats pour dire : « j’ai optimisé aujourd’hui tous mes coûts de production, mais j’ai un vrai problème, c’est sur la recherche et développement. » Si, sur la recherche et développement, je peux travailler en collaboration avec y compris des gens qui soi-disant sont des concurrents, pourquoi pas. Ils partagent les frais de ces recherches et de ces collaborations avec d’autres personnes qui pourraient reprendre une activité. Cela veut dire quoi ? Ce que je vous dis depuis tout à l’heure, c’est que sincèrement, je crois que nous avons la possibilité de faire quelque chose, que ce quelque chose s’inscrit dans un cadre qui est largement différent de ce qui avait été fait en 2012 puisque nous ne sommes pas sous la pression d’une éventuelle reprise et d’un PDV. Aujourd’hui, la situation est simple. Il y a 1 147 personnes qui se sont vues notifié leur licenciement – enfin pas 1 147, mille personnes. Ces mille personnes vont toutes partir avec une prime supra-conventionnelle que nous avons négociée et qui est largement supérieure à ce qu’il y avait dans le PSE – trois fois supérieure pour certains salariés. Ces salariés ont toujours une indemnité qui est payée par Goodyear et au minimum dans un premier temps pour six mois et je pense sincèrement, sans trop m’avancer, jusqu’à la fin de l’année – je pense qu’on va arriver à se battre pour ça. Les salariés ne sont pas dans une situation de précarité extrême. C’est pour ça que j’avais dit, puisqu’il n’y a pas d’urgence en la matière à transférer l’outil de travail, laissez-nous un peu de temps. Nous ferons autant de réunions qu’il le faut, vous n’aurez pas d’avis. Michel DHEILLY Je vous ai répondu sur le sujet. La consultation est encadrée dans trois mois. Mickael WAMEN Si demain il n’y a pas 300 mecs qui se lèvent en disant : « On veut bien adhérer au projet de SCOP, on y croit et on veut le faire avancer »… Michel DHEILLY Quand vous dites demain, c’est quand, c’est le 12 ? Mickael WAMEN Le 12, nous allons présenter aux salariés un peu plus dans le détail ce que je suis en train de vous expliquer. Je ne peux pas tout vous dire. Je ne suis pas complètement débile. A partir de là, nous aurons un premier ressenti. Je voulais quand même vous dire autre chose, à vous et à la Direction général.e Je le dirai aussi à – comment il s’appelle – Daniel GUICHARD. Je vais le voir, il vient le 12. Michel DHEILLY Hervé GUICHARD. Il vous rencontre le 12. Mickael WAMEN Je vais quand même vous expliquer quelque chose. Ce n’est pas parce qu’il y a 250 ou 300 personnes à 9 heures 30 le matin devant l’usine qu’il n’y a que 300 ou 350 personnes qui croient encore à l’avenir. Vous avez à peu près 300 personnes qui sont en formation longue et qui n’ont pas pu s’absenter. Ces gens-là seraient venus. Vous allez vite en avoir la preuve puisque le 12 nous allons aussi leur annoncer une nouvelle journée d’action – pas ici, ailleurs, vous allez voir ça va être sympa. Vous allez voir que cette fois-ci nous allons faire largement mieux pour la simple et bonne raison que ceux qui pensent une seule seconde que les gens de chez Goodyear sont affaiblis et ont suffisamment baissé les bras pour accepter l’inacceptable, font une énorme connerie. Si telles sont vos convictions, vous faites une énorme connerie. Je peux vous le dire. Ce n’est pas à vous que je vais le raconter. Quand on a pris l’usine au mois de janvier 2014, nous n’étions pas 300. Nous étions beaucoup moins que 300. Nous avons réussi à bloquer la zone industrielle à 13. A 13 Goodyear, on bloque une zone industrielle. Imaginez à 250 ou 300 ce que cela pourrait faire. Et je vous le dis : vous êtes très loin du compte, car il y en a largement plus que ça qui attendent réellement que je leur dise : « cette fois-ci, on y va, on met tout ou on a plus rien ». Cela dépendra des prochaines réunions que je vais avoir avec GUICHARD et toute la clique. Je vous le dis très clairement. Ça aussi, il faut que vous en teniez compte, si vous pensez que les gens vont accepter l’inacceptable, et ce n’est pas parce qu’ils ne viennent pas à un rassemblement qu’ils ont accepté. Les gens ne viennent pas un rassemblement pour une simple et bonne raison : c’est qu’il y en a à peu près 300 aujourd’hui qui sont en formation. Je ne peux pas vous dire le nombre de mails et de SMS que j’ai reçu de gens qui me disaient : « mon connard de responsable de stage ne veut pas me laisser partir parce que si je m’en vais, il me dit que je suis viré du congé de reclassement. » Michel DHEILLY Nous essayons d’être objectifs par rapport au déroulement du congé de reclassement, Monsieur WAMEN. Aujourd’hui, nous savons pertinemment que nous avons consommé un an du congé de reclassement pour une grande majorité et que les échéances arrivent. De la même façon, il y a un certain nombre de mesures qui sont en train d’être discutées et je sais que vous avez des commissions locales. Mickael WAMEN Trois mois plus trois mois qui ne sont plus chargés à 25 % comme c’était prévu mais qui ne sont chargés que par la CSG-CRDS. Michel DHEILLY Quand vous dites que nous sommes pressés ou pas pressés pour démanteler le FARM, je pense que nous prenons le temps nécessaire pour la consultation des instances et que j’ai pris le temps d’écouter sagement vos informations. Mickael WAMEN Si vous n’êtes pas pressés, pourquoi n’avez-vous pas accepté notre moratoire ? Michel DHEILLY Parce que, tout simplement, c’est un faux débat. Aujourd’hui, pour la base de la discussion, vous nous dites : « de toute façon, vous ne pouvez pas vous baser sur ce que vous nous avez répondu il y a deux ans étant donné que ce n’est pas le même projet de SCOP ». Aujourd’hui, vous nous dites : « je ne peux pas vous le présenter parce qu’il n’est pas peaufiné. » J’ai juste rappelé un certain nombre d’éléments qui laissaient penser que si on part sur la même configuration de projet de SCOP, très honnêtement… Mickael WAMEN Vous avez reçu des réponses cette fois-ci. Michel DHEILLY J’ai précisé quels étaient les points qui montrent que, contrairement à ce que vous avez mentionné au début de la réunion – comme quoi cela a été rejeté d’un revers de main –, cela a été analysé. Mickael WAMEN Ce que je veux, c’est qu’il n’y ait personne chez les salariés qui puisse nous dire que nous n’avons pas tout tenté. Nous aurons tout tenté. Michel DHEILLY Attendez, il y avait une structure qui était associée à de la sous-traitance de fabrication de pneus et que Goodyear gardait les équipes d’achat matières premières, les équipes de développement, les équipes de commercialisation, les équipes de distribution. On vendait les pneus 150 euros au-dessus du prix moyen de vente. On n’avait pas les 300 euros de prix de matières premières dans les coûts de transformation d’un pneumatique. Ce sont toutes les raisons qui, à un moment donné, laissent penser qu’objectivement, ce n’est pas quelque chose qui amène de la pérennité. Mickael WAMEN Laissez-nous faire. Vous savez, mon rêve, c’est qu’un jour Damien DEBRIL adhère à la SCOP et qu’il soit utilisé non pas à vouloir démanteler, mais à continuer à regarder l’état de l’outil industriel et de lui donner une certaine performance. Ce qui est vrai pour lui est vrai pour d’autres techniciens. Bien sûr, ils n’auront plus les 35 euros par jour. Je lui dis tout de suite. Si c’est avec ça qu’il vit, tant pis pour lui, il vivra moins bien, mais ils n’auront pas les 35 euros. Michel DHEILLY Nous avons précisé pourquoi il y avait les 35 euros. Mickael WAMEN Oui, bien sûr. Pour les gens qui sont à la SODIE, qui sont RH, c’est pareil ? C’est normal ? C’est lié à quoi ? Au démantèlement ? Michel DHEILLY Les 35 euros sont liés aux jours de travail qui sont opérés pour des gens qui sont en dispense d’activité, pour lesquels nous avons fait une suspension de dispense. Mickael WAMEN Et bien nous ? J’ai reçu un courrier de votre part. J’ai regardé les documents pour aller voir le Ministère du travail. Je suis convoqué le 25. J’ai tout sorti. J’ai reçu une lettre de la part de Michèle SEPREZ : « dispense d’activité ». Michel DHEILLY Oui. Vous êtes en dispense d’activité. Eux, nous avons demandé de suspendre la dispense d’activité. Mickael WAMEN Ah oui, putain. Vous rebossez, les mecs. Vous pointez ? Ils pointent ? Michel DHEILLY Evidemment qu’ils sont notifiés comme l’ensemble des salariés. Mickael WAMEN Donc ce n’est plus pour le démantèlement. Vous avez encore modifié les règles. Michel DHEILLY C’est pour le projet de démantèlement, évidemment. Ce sont des jours de travail effectif. Mickael WAMEN Un salarié a eu le courage de me donner son avenant concernant les 35 euros. Ce n’est pas du tout stipulé comme ça. Dans l’avenant que les salariés ont signé individuellement pour les 35 euros, il est stipulé noir sur blanc que les 35 euros sont liés au fait que les salariés vont être employés au démantèlement du site industriel d’Amiens Nord. Michel DHEILLY Oui, au projet de démantèlement. Mickael WAMEN Les gens qui sont par exemple à la SODIE et qui ont 35 euros par jour, ils ne sont certainement pas pour le démantèlement. Aujourd’hui, ils sont surtout à démerder la merde avec les problèmes de notes de frais pour les salariés qui vont en formation, etc. Je ne vois pas en quoi les gens qui sont partis chez Dunlop ont droit aux 35 euros alors qu’ils touchent les 35 euros. Il y a quand même des choses qui sont assez inquiétantes. Votre secrétaire, Madame LEPRETRE, touche 35 euros par mois. Michel DHEILLY Elle est intérimaire. Elle n’est pas concernée. Mickael WAMEN Elle a les 35 euros. Ils sont dans son contrat de travail. Michel DHEILLY Vous le savez mieux que moi. Mickael WAMEN Elle est concernée par le démantèlement ? Michel DHEILLY Jusqu’à preuve du contraire, si vous me dites qu’elle touche les 35 euros, c’est nouveau. Mickael WAMEN Elle les touche. Michel DHEILLY Bien sûr que non. Mickael WAMEN Si, elle les touche. Michel DHEILLY Puisque vous le dites. Moi, je vous dis que non. Mickael WAMEN Bien sûr que si. Vous les touchez, vous ? Michèle SEPREZ Oui. Mickael WAMEN Pour quelle raison ? Vous faites quoi au démantèlement ? Vous avez des clés à molette chez vous ? C’est vous qui démontez les machines ? Vous êtes payée à quoi dans le cadre du démantèlement ? Michel DHEILLY L’encadrement des opérations sécurité et RH. Michèle SEPREZ Posez-vous la question, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN C’est à vous que je pose la question. Répondez-moi. Vous êtes responsable ressources humaines. Vous devriez montrer l’exemple. Alors c’est quoi, votre boulot ici, dans le cadre du démantèlement ? Michel DHEILLY Ressources humaines et sécurité. Michèle SEPREZ C’est bien dommage, Monsieur WAMEN, que vous ne le sachiez pas. Mickael WAMEN Je ne le sais pas parce que, tout simplement, vous êtes complètement inopérante. Michèle SEPREZ D’accord, Monsieur WAMEN. Quand vous vous occupez de nos notes de frais, vous êtes toujours dans le cadre du démantèlement ? Michel DHEILLY Nous ne sommes complètement hors sujet. Je ne répondrai pas sur ce sujet, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN Je sais que c’est quelque chose qui vous chagrine. Les copains des copains. Michel DHEILLY Non, non, il n’y a pas d’histoires de copains. Mickael WAMEN Après, vous pouvez me faire appeler par CAVAILLE, par qui vous voulez, je ne changerai pas mes tracts. Je ferai toujours les mêmes. Je vous pointerai tous du doigt autant que vous êtes. Michel DHEILLY Je ne vous fais pas appeler par Monsieur CAVAILLE. Mickael WAMEN Là, aujourd’hui, vous dites que les gens sont payés dans le cadre du démantèlement. Mes collègues, ce matin, me faisaient remarquer à juste titre – et ils ont raison –- que les gens qui sont dans l’usine ont fini le démantèlement du tourisme depuis le mois de décembre et ont quand même les 35 euros. Ils ont raison de le dire. Ce n’est pas normal. Pourquoi les gens, aujourd’hui, ont toujours les 35 euros ? Michel DHEILLY Parce que nous avons suspendu leur dispense d’activité jusqu’à la fin du mois de mars, puisque le projet de démantèlement du tourisme s’étalait jusqu’à la fin de mars et qu’il y a un certain nombre de documentation à préparer dans le cadre du projet de démantèlement qui s’opère et qui continue à se faire. Mickael WAMEN Et les gens qui sont à la SODIE pour Goodyear ? C’est le démantèlement aussi ? Michel DHEILLY Attendez, l’ensemble des gens qui, aujourd’hui, ont une activité… Mickael WAMEN Ce sont les copains des copains. Michel DHEILLY Non, ce ne sont pas les copains des copains. Ce sont ceux qui, aujourd’hui, ont une activité et ne bénéficient pas de la dispense d’activité. Mickael WAMEN Je vois la chose suivante. Par exemple, Madame SEPREZ touche aujourd’hui 35 euros pour du démantèlement. Je ne l’ai jamais vue ses pattes dans du cambouis à retirer des boulons sur des machines pour les enlever. Michel DHEILLY Il ne suffit pas d’avoir les mains dans le cambouis et démonter des boulons avec des clés à molette, Monsieur WAMEN. Je vous rappelle que pour présenter un certain nombre de projets de démantèlement… Mickael WAMEN Attendez, on refuse actuellement à des gens en congé de reclassement de nouvelles tenues de travail pour qu’ils puissent accéder à des stages. On leur refuse parce qu’on dit que cela n’a pas de lien direct avec leur travail. Je suis en bataille là-dessus. Vous, c’est 700 euros de plus par mois que vous vous foutez dans les fouilles chacun. 700 euros de plus par mois ! Il y a des gens qui sont en couple, ici. Cela fait 1 400 euros par mois. Vous multipliez par douze, ça fait plus d’une brique, une brique et demi par an de plus qui leur tombe. Qu’est-ce qu’ils viennent faire de plus qu’avant ? Moins, parce qu’il y a moins d’activité. C’est fort de café, quand même. Je vais vous dire un truc. Vous êtes bien au diapason par contre. Il y a un truc sur lequel vous êtes balèzes, c’est quand vous partez à la cantine – c’est à se plier de rire –, vous êtes bien en rang d’oignon, il n’y en a pas un qui manque à l’appel. Vous vous donnez bien rendez-vous à telle heure. Là-dessus, vous êtes débordés. Arrêtez de nous dire que vous êtes débordés. Arrêtez de nous prendre pour des cons. Michel DHEILLY Maintenant que vous avez fait vos commentaires… Mickael WAMEN Avant vous gagniez X milliers d’euros, maintenant c’est X milliers d’euros plus 700 euros par mois. Pour quel motif ? Il n’y a aucune raison valable. Sur quels critères objectifs avez-vous retenu certains salariés par rapport à d’autres ? En professionnels de maintenance, par exemple ? J’ai rencontré comme Frank LECLAIR, j’ai rencontré des gens qui sont aujourd’hui en demande d’emploi, j’ai rencontré des mécaniciens, des électromécaniciens, des gens qui sont chez eux avec des charges de famille. Ils me disent : « putain, c’est quand même fort de café d’apprendre que, par exemple, on a fait revenir SAVIGNY alors qu’il s’était barré chez TATAOUINE. Il est revenu. » On a dit : « Toi, plus qu’un autre ». On a pris d’autres personnes. Michel DHEILLY On a pris l’ensemble des gens qui encadraient les opérations. Mickael WAMEN Non. Ce n’est pas vrai. Dans les encadrants, il y a des gens qui n’ont pas été pris. Michel DHEILLY Tous les spécialistes de maintenance et tous les spécialistes équipements. Mickael WAMEN Non, ce n’est pas vrai. Des gens sont venus me voir et m’ont dit qu’ils avaient les compétences pour le faire. Vous savez, ce que font aujourd’hui BLIN et DA SILVA, les techniciens d’atelier sont tout à fait capables de le faire parce qu’ils ont le statut de technicien d’atelier. Et des techniciens d’atelier, il y a en avait un paquet avec des charges de famille. Michel DHEILLY C’est ce que vous dites. Mickael WAMEN Je vais prendre le cas de Monsieur DA SILVA Manuel. Je donne son nom. J’en ai rien à foutre, je dis ce que je veux. Tu ne pourras pas m’en empêcher, je m’en branle. Monsieur DA SILVA Manuel touche 35 euros par jour et sa femme pareil. Ils touchent 1 400 euros de plus par mois à deux. C’est quand même pas les gens qui avaient le plus à se plaindre, et c’est eux qu’on choisit. C’est quand même fort de café, non ? Que Agnès touche 35 euros, que Myriam LEPRÊTRE touche 35 euros, je trouve que c’est largement justifié par rapport à vous parce qu’eux, au moins, ils se bougent les doigts du cul. Alors que vous, franchement, vous méritez comment vos 35 euros ? Comment vous octroyez-vous 35 euros ? Vous arrivez encore à vous lever le matin en disant : « je suis propre sur moi, c’est bien, c’est correct » ? Quand je vois Madame SEPREZ toucher 35 euros, alors que son seul boulot aujourd’hui est d’aller éplucher les notes de frais de certains élus de la CGT, je trouve ça fort de café. Michel DHEILLY Allez, suspension de séance. Michèle SEPREZ Vous êtes pathétique. J’ai pitié à vous écouter. Mickael WAMEN Gardez votre calme. Cela ne sert à rien de dire que vous avez pitié de moi. Vous croyez que je n’ai pas pitié de vous, moi ? Quand vous arrivez à gruger 700 euros de plus par mois que ce vous gagnez déjà ? Mais la finalité vous la connaissez comme moi. Vous serez foutue dehors au final. Parce que Goodyear a embauché tellement de gens comme vous qu’aujourd’hui il ne sait plus quoi en faire. Sauf que Goodyear ne va pas vous garder avec 700 euros de plus par mois. Ça, c’est fini. Terminé. Partout où vous irez travailler, vous aurez des règles précises, qui s’imposent à vous comme à d’autres. Vous ne pourrez pas vous octroyer à vous ce que vous refusez à d’autres. Que cela soit bien clair. Maintenant, que vous étiez pitié de moi ou pas, je m’en tape comme de l’an 40, Madame SEPREZ. Madame SEPREZ On partage. Michel DHEILLY Je souhaitais que nous partagions un certain nombre de documentations dans le cadre de l’information et la consultation sur le projet de démantèlement. Maintenant, vous ne voulez pas l’entendre. On accède à votre demande d’il y a une heure de suspension de séance. Mickael WAMEN Quand même. Et vous ne m’avez toujours pas donné les éléments qui correspondent au fait que vous ayez un statut de responsable sécurité. Vous m’aviez promis de me les donner, vous ne me les avez jamais donnés. Michel DHEILLY Nous reprendrons dans 15 minutes. Mickael WAMEN Attendez. Madame est RH du site Amiens Nord. Je vous rappelle que dans l’accord qui est ici dans le Code du travail, il est prévu que tous les mois, en CE, soit examinées les commissions de suivi locales et nationales du PSE. C’est dans l’accord. J’aimerais bien que vous portiez cela à l’ordre du jour de chaque réunion mensuelle. Et respectez l’accord en vigueur. Cela fait partie de votre boulot. A partir du moment où vous commencerez à avoir du travail, vous aurez peut-être le droit de dire : « j’ai droit à mes 35 euros ». Que maintenant, vous trouviez que ça soit pathétique ou que vous ayez pitié, vous pouvez penser ce que vous voulez de moi, Madame, vous ne m’empêcherez pas de dire ce que je pense de vous. Vous avez une différence par rapport à moi, c’est que vous êtes responsable dans un établissement et vous devez garder votre garde et votre flegme. Je vois que chaque fois que je vous touche là-dessus, vous m’attaquez. Vous pouvez m’attaquer comme vous voulez, j’en ai rien à foutre. Parfois, je viens spécialement rien que pour vous voir. Vous voyez ? Rien que pour vous voir. Michel DHEILLY Nous sommes complètement hors sujet. Mickael WAMEN Nous ne sommes pas hors sujet. C’est un problème entre elle et moi, entre moi et Madame SEPREZ, RRH par intérim. Michel DHEILLY Cela n’a aucun intérêt dans cette réunion. Mickael WAMEN J’ai connu des gens comme Jean LESPIAU, j’ai connu des gens comme Evelyne MESLIER, j’ai connu des gens ici qui avaient la responsabilité de 2 000 personnes et ils arrivaient à s’en sortir avec 2 000 personnes. Ils n’avaient pas 35 euros par jour. Ils n’attendaient pas leurs copains à 12 heures 15 pour aller bouffer à la cantine. Michel DHEILLY Nous reprenons à 13 heures ? Mickael WAMEN Avant. Il me faut un PC et une imprimante le plus rapidement possible. Ah, ça vous fait chier. Je vous ferai chier jusqu’au bout. Michel DHEILLY Nous allons surtout regarder pourquoi cela ne fonctionne pas en bas. Mickael WAMEN Donnez-moi un PC et une imprimante. Il y en a plein là-haut qui servent à rien. Michel DHEILLY Nous reprenons à midi. La séance est interrompue de 11 heures 45 à 12 heures 10. Michel DHEILLY Nous pouvons reprendre la réunion. Vous aviez une délibération. Mickael WAMEN Je voudrais quand même rajouter deux-trois petits mots. Pendant la suspension de la réunion, Monsieur Patrice SZYROKI ici présent m’a fait part que Madame SEPREZ lui avait dit lors d’une réunion en présence de Monsieur GUICHARD que j’avais tenu des propos contre Monsieur SZYROKI qui ne sont absolument pas vrais. Quand j’ai quelque chose à dire à Monsieur SZYROKI ou à quelqu’un d’autre, je ne me gêne pas pour le faire. Cela m’a valu quelques emmerdes dans ma vie. Je m’inscris donc en faux. Par contre, je trouve lamentable la façon d’utiliser les uns et les autres pour essayer de les monter les uns contre les autres. Je pense que cela ne prendra pas parce qu’il y a un certain niveau d’intelligence aujourd’hui de notre côté, qui prévaut et qui fait que nous ne tomberons pas dans ce piège grotesque et malsain. Je parle bien sûr de Madame SEPREZ. Je ne sais pas jusqu’où vous voulez aller, ni quel est le mandat qui vous a été confié par le groupe Goodyear, mais si le groupe Goodyear vous a confié comme mandat de vous occuper expressément de mon cas, vous faites fausse route. Michel DHEILLY C’est complètement hors sujet. Mickael WAMEN Je n’ai pas fini. Je veux que cela soit dans le PV. D’abord, un, je ne me laisserai pas faire. Ce n’est pas dans mes habitudes. Et, deux, je ne vous permettrai pas de continuer ce que vous êtes en train de faire. C’est scandaleux. Parce que dire à Monsieur SZYROKI que j’avais eu des propos contre lui, ce qui est complètement faux, pour essayer… Michel DHEILLY On vous a répondu toute à l’heure de vous adresser directement à Bernard GLESSER puisque c’est avec lui que vous avez eu ces propos-là. Mickael WAMEN Attendez, ce n’est pas Monsieur GLESSER qui a dit ça à Monsieur SZYROKI. Si Monsieur GLESSER était là, je lui dirais exactement la même chose. Si la Direction, une fois encore, tombe dans le pipi caca, pour dire : « attention, Monsieur SZYROKI, quand vous n’êtes pas là, Monsieur WAMEN dit si, dit ça » et « attention, Monsieur WAMEN, quand vous n’êtes pas là, Monsieur SZYROKI dit si, dit ça. » Michel DHEILLY On peut vous dire que les propos sont entre vous et Monsieur GLESSER. Je ne ferai pas plus de commentaires par rapport à ça. Mickael WAMEN A un moment donné, il faut élever le niveau. Michel DHEILLY Justement, élever le niveau, cela veut dire que nous revenons au sujet initial. Mickael WAMEN Dans ces conditions-là, je tenais à dire que la délégation CGT ne sera pas présente à la réunion du 12, en ce qui concerne le protocole électoral, si tout du moins il y a la présence de Madame SEPREZ. Il est hors de question que je négocie un protocole électoral et indirectement l’avenir des salariés en présence d’une personne qui ne fait que mentir à tout le monde et qui en plus est d’une provocation extrême. Je n’ai pas pour habitude de siéger à la table de ces gens-là. Michel DHEILLY Je vous réponds clairement que Madame SEPREZ sera à la réunion du 12. Mickael WAMEN Eh bien, nous n’y serons pas. Michel DHEILLY C’est votre choix. Mickael WAMEN Il n’y aura pas de protocole électoral, vous passerez par l’administration. Vous vous démerderez, j’en ai rien à foutre. Michel DHEILLY Je vous confirme qu’en tant que RH du site, elle sera évidemment présente à la réunion du 12. Mickael WAMEN Nous n’y serons pas. C’est elle ou nous. Michel DHEILLY Le choix est fait. Mickael WAMEN Vous prenez votre décision, j’ai pris la mienne. Michel DHEILLY Vous passez à la délibération ? Mickael WAMEN La délibération est la suivante : « Délibération du CHSCT le 9 février 2015 En août 2014, la Direction refusait d’informer le Comité d’établissement sur la destination des machines agraires, qui demeuraient à l’arrêt dans l’usine, pendant qu’elle transférait les machines tourismes sur d’autres sites. Aujourd’hui, Goodyear déclenche soudainement dans la précipitation le démantèlement des outils industriels agricole alors que plusieurs projets de reprise existent notamment celui sous forme de SCOP porté par de nombreux salariés licenciés. Or, au lieu de tout mettre en œuvre afin de favoriser l’arrivée d’un repreneur, en proposant par exemple une réunion de toute urgence des pouvoirs publics et les représentants du personnel, Goodyear a décidé de délocaliser au plus vite les machines agraires de l’usine d’Amiens nord. Non seulement, cette tentative de délocalisation de l’outil agraire n’a aucun sens s’il est vrai que Goodyear a décidé de se retirer du marché du marché du pneumatique agricole en Europe, mais en outre si la Direction voulait compromettre toute possibilité de reprise de l’usine d’Amiens nord, elle ne s’y prendrait pas autrement. Le CHSCT exige donc : que Goodyear maintienne sur le site les machines agraires pendant que les démarches en vue de trouver une solution de reprise, en particulier celle portée par la SCOP, sont en cours ; que si comme il l’a affirmé au cours de la réunion de ce jour Goodyear estime inévitable l’application de l’article L.1224-1 du Code du travail à toute entreprise vers laquelle les éléments d’actifs d’Amiens nord permettant la production de pneumatique agraire seraient transférés, la Direction doit impérativement informer et consulter le CHSCT sur la destination des machines agricoles et leurs conditions de transfert. » Il faut que les deux conditions soient réunies. Vous pouvez rappeler le nom des votants ? Michèle SEPREZ Peuvent voter : M. JOUHANNET, M. GACQUIERE, M. LANOY, M. QUANDALLE, M. LUPO, M. MARCHAL et M. HAREUX. Les deux autres sont absents. Pour un avis favorable ? Sébastien LUPO Un avis favorable à quoi ? Michel DHEILLY Sur la délibération. Le CHSCT émet à l’unanimité un avis favorable sur la délibération. Mickael WAMEN Madame la RH, vous n’avez pas stipulé pour quoi il fallait donner un avis. Cela serait quand même bien de rappeler pourquoi on donne un avis. Monsieur LUPO a raison. On vous fait tellement peu confiance, maintenant. C’était bien un avis donné sur la délibération. Michel DHEILLY Par rapport à la délibération, c’est ce que j’ai répondu. J’émets un grand nombre de réserves sur votre délibération puisque lorsque vous mentionnez l’expertise de mi-2014, je pense qu’à un moment donné il faut quand même se rappeler un certain nombre de choses qui seront intéressantes à regarder de très près, au travers des échanges que nous avons pu avoir dans ce cadre-là. J’émets également beaucoup de réserves par rapport à la pertinence de ce que vous mentionnez, étant donné que nous sommes restés dans le cadre de ce qui s’était pratique dans le cadre du projet du démantèlement tourisme et que nous appliquons et transposons de la même façon les mesures qui ont été prises et expérimentées sur le projet de démantèlement agraire. Je déplore qu’une fois encore, pour des prétextes fallacieux à mon sens, nous n’ayons pu les notes et les documents associés à ce projet de démantèlement alors que nous n’avions déjà pas pu nous exprimer sur le sujet lors de la première réunion. Vous refusez d’écouter l’ensemble des informations relatives au projet de démantèlement lors de cette seconde réunion. Pour autant, en ce qui nous concerne, nous restons à votre disposition pour répondre à toutes les questions éventuelles et prenons note que le CHSCT n’en a aucune à ce stade. Mickael WAMEN Si, nous avons beaucoup de réserves. Michel DHEILLY Aucune question, j’ai dit… Mickael WAMEN Nous avons beaucoup de questions. Michel DHEILLY … sur le projet de démantèlement. Mickael WAMEN Sur le projet de démantèlement, nous allons réitérer ce que nous avons dit, c’est-à-dire que pour nous, aujourd’hui, il est prématuré de parler d’un projet de démantèlement puisque nous avions demandé une période de temps supplémentaire nous permettant à travers un moratoire de travailler à un projet de reprise de SCOP. Ce projet, néanmoins, a démarré. Malheureusement, vous accélérez la cadence des réunions. Cela nous laisse très peu de temps pour bosser sur un vrai projet de reprise de l’activité. Cela étant, nous présenterons un projet, que vous soyez d’accord ou pas, et nous le ferons par les salariés en priorité et avant tout, par les organismes de l’Etat, et ensuite nous viendrons vous revoir avec ce projet. Maintenant, vous connaissez très bien notre position : sans notre consentement, il n’y a pas une machine qui sortira de l’établissement. Richard JOUHANNET Ça, c’est hors de question. Mickael WAMEN On ne peut pas être plus clair. Michel DHEILLY En tout cas, nous reviendrons vers vous pour acter d’une prochaine réunion, en sachant que notre prochaine réunion concernant le projet de démantèlement est la réunion de CE le 12. Pas d’autre question ? Bon appétit. Merci. La séance est levée à 12 heures 20. Index

Nous vous informons que nous n’avons pas été en mesure de vérifier l’orthographe des noms suivants : Evelyne MESLIER 49 Florent PERODIN 36 Jean LESPIAU 49 Myriam LEPRÊTRE 47

vendredi 27 février 2015

Ils continuent de se goinfrer !!!

Après les 35€ une prime de 500 .....

En laissant traîner les oreilles dans certains endroits on apprend de belles choses, alors que nous avons dénoncé, lors du dernier CCE, la honte d'une prime de 35€ versée à ceux qui démantèlent le site ou qui ne démantèlent rien mais qui sont amis avec certains décideurs .....

Nous venons d'apprendre qu'à amiens Nord, à la SODIE, ceux qui ont déjà 35€ par jour pour faire moins qu'avant viennent d'avoir une prime de 500€ appelée prime extra de démantèlement .....

Ce n'est même plus de la provocation à ce niveau là, la RH Amiens Nord, lors des DP de ce matin ne savait même pas quoi répondre, elle a juste demandé comment avions nous eu cette information !!!!!!

Résumons, ces gens là ne sont pas licenciés et donc retardent leurs droits, ils ont 35€ par jour plus 17.40€ de repas, ce qui fait plus de 800 € mois en plus de la paye et là une prime de 500€ !!!!!

La direction du groupe qui se permet de dire que sur notre blog nous sommes insultants alors que jamais nous n'avons insulté qui que ce soit mais juste dit la vérité, cette même direction qui ne sait pas quoi dire en CCE devant notre démonstration de cette prime de 35€ par jour en rajoute une couche !!!!

L'injustice sociale est énorme, y a plus de 1000 personnes virées , plus de 800 se rapprochent de la misère sociale et en interne ça arrose grave, des primes à gogo, du dirlo à la RH aux secrétaires .....

Goodyear a multiplié par 400 sa rentabilité, plus de 2 milliards de profits, tout roule pour le groupe mais alors ça roule beaucoup moins pour les pauvres salariés virés et pour corser le tout, des plaintes maintenues histoire de bien nous démontrer que Goodyear ne lâche rien, deux plaintes individuelles mais sur ordre de GDTF, une stratégie qui vise à faire passer des messages et pendant ce temps ceux qui s'arrosent copieusement continuent à harceler les élus CGT , mails de menaces, de propos diffamants, de propositions malhonnêtes ....

Il y a donc ceux qui se protègent entre amis et qui retardent au maximum leur licenciement et qui au passage se mettent un paquet de blé dans la poche et pendant ce temps il y a les autres une très large majorité qui crève, mais chut il ne faut rien dire, rien dénoncer sinon les menaces tombent, le harcèlement se fait quotidien, on cherche à retirer 25€ à un élu pour des frais liés à son mandat et on se met au passage 700€ par mois mini et une tite prime de 500€ ....

Alors ceux qui pensent que nous allons fermer les yeux sur de telles méthodes rêvent debout bien au contraire nous les dénoncerons comme toujours, honte à ceux qui agissent ainsi, honte à ceux qui les laissent faire .....

Ils continuent de se goinfrer !!!

Après les 35€ une prime de 500 euros ....

En laissant traîner les oreilles dans certains endroits on apprend de belles choses, alors que nous avons dénoncé, lors du dernier CCE, la honte d'une prime de 35€ versée à ceux qui démantèlent le site ou qui ne démantèlent rien mais qui sont amis avec certains décideurs .....

Nous venons d'apprendre qu'à amiens Nord, à la SODIE, ceux qui ont déjà 35€ par jour pour faire moins qu'avant viennent d'avoir une prime de 500€ appelée prime extra de démantèlement .....

Ce n'est même plus de la provocation à ce niveau là, la RH Amiens Nord, lors des DP de ce matin ne savait même pas quoi répondre, elle a juste demandé comment avions nous eu cette information !!!!!!

Résumons, ces gens là ne sont pas licenciés et donc retardent leurs droits, ils ont 35€ par jour plus 17.40€ de repas, ce qui fait plus de 800 € mois en plus de la paye et là une prime de 500€ !!!!!

La direction du groupe qui se permet de dire que sur notre blog nous sommes insultants alors que jamais nous n'avons insulté qui que ce soit mais juste dit la vérité, cette même direction qui ne sait pas quoi dire en CCE devant notre démonstration de cette prime de 35€ par jour en rajoute une couche !!!!

L'injustice sociale est énorme, y a plus de 1000 personnes virées , plus de 800 se rapprochent de la misère sociale et en interne ça arrose grave, des primes à gogo, du dirlo à la RH aux secrétaires .....

Goodyear a multiplié par 400 sa rentabilité, plus de 2 milliards de profits, tout roule pour le groupe mais alors ça roule beaucoup moins pour les pauvres salariés virés et pour corser le tout, des plaintes maintenues histoire de bien nous démontrer que Goodyear ne lâche rien, deux plaintes individuelles mais sur ordre de GDTF, une stratégie qui vise à faire passer des messages et pendant ce temps ceux qui s'arrosent copieusement continuent à harceler les élus CGT , mails de menaces, de propos diffamants, de propositions malhonnêtes ....

Il y a donc ceux qui se protègent entre amis et qui retardent au maximum leur licenciement et qui au passage se mettent un paquet de blé dans la poche et pendant ce temps il y a les autres une très large majorité qui crève, mais chut il ne faut rien dire, rien dénoncer sinon les menaces tombent, le harcèlement se fait quotidien, on cherche à retirer 25€ à un élu pour des frais liés à son mandat et on se met au passage 700€ par mois mini et une tite prime de 500€ ....

Alors ceux qui pensent que nous allons fermer les yeux sur de telles méthodes rêvent debout bien au contraire nous les dénoncerons comme toujours, honte à ceux qui agissent ainsi, honte à ceux qui les laissent faire .....

COURRIER DIRECTION ET INSPECTION DU TRAVAIL

Messieurs,

Je reprend le travail lundi 2 mars 2015, contre avis de mon médecin apres près de 3 semaines d'arrêt de travail qui font suite à un harcèlement non stop mis en œuvre par Goodyear à l'encontre de la CGT amiens Nord et plus particulièrement ma personne depuis des années.

Je suis sous traitement mais les salariés ont besoin de ma présence dans les instances car il y a encore d'énormes problèmes à régler.

J'ai reçu durant mon arrêt de travail des mails plus que limites notamment un de monsieur guichard qui c'est permis de remettre en question mon arrêt de travail parlant de situation inventée de ma part.....

Je vous demande de bien vouloir m'indiquer quelles sont les mesures que vous avez prises afin de m'assurer mon intégrité mentale au sein des instances représentatives du personnel

Je sais que la direction du moins une large partie doit être satisfaite de ma situation puisque c'est le but recherché .

Je vous demande donc de programmer une réunion afin de nous exposer les mesures prises pour que le harcèlement à mon encontre cesse conformément à vos obligations légales .

Vous devez me permettre d'exercer mes mandats sans que je sois exposé à des méthodes de harcèlement qui n'ont que le seul but de me mettre hors circuit .

Comptant sur une position claire et une reunion rapide, veuillez agréer mes salutations distinguées.

Wamen Mickael

mardi 24 février 2015

Déclaration de l'UD CGT Somme et de l'UL CGT Amiens Zone Industrielle

Goodyear Amiens

Halte à la répression

Oui à une solution

Il y a moins d'une semaine, des salariés et des élus CGT de Goodyear Amiens étaient en garde à vue dans le cadre d'une enquête judiciaire en lien direct avec l'occupation du site en janvier 2014.

Cette deuxième garde à vue illégitime, car la direction dans l'accord de fin de conflit s'était engagée à renoncer à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l'encontre des salariés, est le symbole de l'acharnement répressif d'un patronat sous le protectorat d'un gouvernement voué à la défense des plus fortunés comme le démontre l'utilisation du 49-3 pour la loi Macron.

Au delà de l'émotion suscitée par cette procédure que l'on croyait réservée aux grands délinquants, il y a lieu de s'interroger sur les raisons de cet entêtement.

Il ne peux s'agir uniquement d'une vengeance exercée par un groupe se croyant tout puissant. Cela va au delà.

Dans un contexte marqué par la recrudescence des luttes (VALEO, UNITHER, Service de Nettoiement de la Mairie d'Amiens...), il faut y voir la volonté de faire taire toute contestation qui ne cesse de s'exprimer.

De plus, celle qui espérait que la signature de l'accord de fin de conflit puisse enterrer définitivement Goodyear Amiens n'admet pas la poursuite des actions pour obtenir justice et la possibilité de la reprise de l'activité sous la forme d'une Scop.

Les salariés et la CGT refusent de tourner la page et l'inefficacité des mesures d'accompagnement alors que dans le même temps les bénéfices de cette multinationale sont en forte croissance.

Pour la CGT, cet acharnement doit cesser immédiatement. Le gouvernement et la direction doivent utiliser leur énergie à créer les conditions d'une négociation pour : ~ une relance de l'activité industrielle sur le site, ~ une reclassement pérenne des salariés.

Pour la CGT, cela est possible. L'argent existe. Il manque la volonté politique.

L'action déterminée des salariés avec la CGT dans les prochaines semaines doit permettre la prise en compte de ces choix indispensables au développement la zone industrielle nord d'Amiens et de notre département.

Amiens, le 23 février 2015

mercredi 18 février 2015

GOODYEAR SE GOINFRE !!!

Pendant que Goodyear lynche les élus CGT du site amiens Nord les actionnaires continuent à se goinfrer et la justification économique au massacre d'Amiens n'a jamais été et n'est pas prête d'exister, plus 48% à la Bourse en une journée !!!!

Voici un extrait d'un journal économique d'aujourd'hui :

"Goodyear gonfle ses bénéfices. En 2014, le fabricant de pneumatiques américain voit ses bénéfices s’envoler à 2,45 milliards de dollars, soit quatre fois plus que l’année précédente, où ils s’établissaient à 600 millions de dollars.."

2ème COURRIER ENVOYÉ AU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES

Destinataire: Hervé Guichard

Objet: Rép : Comportement madame seprez

Re monsieur,

J'ai pris le temps d'analyser votre réponse, elle n'est qu'une provocation dans son intégralité ...

Je suis plus que navré de constater que vous ne traiter absolument pas du harcèlement dont je suis victime, le code du travail pourtant vous oblige à veiller à l'intégrité mentale et physique du personnel.

J'ai été victime d'une agression verbale sur le site amiens Nord et en réponse vous ne faites qu'accentuer le harcèlement.

Qui êtes vous pour vous permettre de terminer vos propos en me parlant de projet personnel ???

Dois je vous rappeler que je ne suis pas allé a la rencontre de monsieur Glesser qui a falt des propositions aux autres élus !!!!

Je n'ai aucun projet personnel, le seul projet que j'ai est celui de pouvoir mener à bien la mission que m'ont confié plus de 85% des salariés, ni plus ni moins !!!!!

De plus qui êtes vous pour inventer sur ma situation personnelle ???

Le seul problème dans ma vie, vient du harcèlement que je subit en ma qualité de sécrétaire de la CGT Goodyear et ce depuis des années, faut il que je vous éduque à ce niveau là ??

Vous n'avez semble t'il pas pris connaissance du dossier, j'ai été mis en examen après 5 mensonges énormes et la justice m'a déclaré innocent à 5 reprises ....

Le nombre de mises à pieds est hallucinant et démontre lui aussi l'acharnement de la part de GDTF, jai des témoignages très nombreux de salariés qui ont été interpellé par un ancien RH qui demandait aux salariés de témoigner contre moi contre des faveurs .... Une mise à pied à titre conservatoire avec refus de la DIRECCTE de me licencier .....

Vous parlez ensuite de la reunion de la commission nationale ou seuls les élus CGT auraient quitté la salle, c'est une fois encore un mensonge de plus, toutes les organisations syndicales ont attesté de leur solidarité au vu de ma situation en signant la délibération et en quittant la salle, il serait donc utile pour vous d'avoir les bonnes informations ....

Votre courrier est une insulte de plus, vous me provoquez, comme l'ont fait pendant des années vos prédécesseurs....

Je ne suis pas du genre a me suicider, si c'est votre objectif vous n'y arriverez pas, par contre il y a un moment ou à force de harcèlement, menaces et courriers dans ce genre je dois me protéger pour pouvoir continuer à œuvrer dans l'intérêt unique des salariés que je représente.

Je suis non pas déçu, mais plutôt écœuré de votre réponse qui démontre totalement votre mépris et votre acharnement envers un syndicat et à travers ce syndicat son secrétaire.

Je reconnais que vos méthodes pourraient pousser au suicide certaines personnes, mais c'est justement parce que à titre personnel, tout va très bien que j'écarte cette possibilité ....

Je vais donc me rétablir de cette nouvelle épreuve très difficile à vivre, je vais continuer à trouver des solutions pour les salariés, mais sachez que rien ne sera laissé sans réponse sociale ou juridique.

Vous trouvez plaisir à vous acharner, vous êtes une poignée à travailler non stop pour avoir la tête du secrétaire de la CGT, je suis au regret de vous annoncer que je ne suis pas mort, juste atteint pas un harcèlement et des propos honteux.

Wamen mickael

DÉCLARATION DE LA CGT MONTLUÇON

Une fois encore nos camarades d’Amiens GOODYEAR sont victime d’acharnement judiciaire. Il s’agit d’une exécution sociale. Ces hommes et ces femmes se sont battu pour l’emploi pendant 7 ans. Pendant 7 ans, rien ne leur a été épargné. L’accord de fin de conflit a été appliqué par la CGT, toute la CGT.

Nous nous opposons à la criminalisation du mouvement syndical dans notre pays. La CGT, la FNIC, notre fédération, les syndicats CGT du groupe réaffirme avec force leurs soutiens et solidarités envers nos camarades d’Amiens.

En conséquence la CGT exige le respect de l’accord de fin de conflit et ne participera pas au groupe de négociation.

La coordination CGT du groupe exige la tenue d’une table ronde tripartite (Etat, direction et syndicat). Nos camarades ne sont pas des délinquants mais des syndicalistes courageux qui doivent vivre sans crainte du lendemain et appréhender leur futur.

DÉCLARATION DE LA CGT MONTLUÇON

Une fois encore nos camarades d’Amiens GOODYEAR sont victime d’acharnement judiciaire. Il s’agit d’une exécution sociale. Ces hommes et ces femmes se sont battu pour l’emploi pendant 7 ans. Pendant 7 ans, rien ne leur a été épargné. L’accord de fin de conflit a été appliqué par la CGT, toute la CGT.

Nous nous opposons à la criminalisation du mouvement syndical dans notre pays. La CGT, la FNIC, notre fédération, les syndicats CGT du groupe réaffirme avec force leurs soutiens et solidarités envers nos camarades d’Amiens.

En conséquence la CGT exige le respect de l’accord de fin de conflit et ne participera pas au groupe de négociation.

La coordination CGT du groupe exige la tenue d’une table ronde tripartite (Etat, direction et syndicat). Nos camarades ne sont pas des délinquants mais des syndicalistes courageux qui doivent vivre sans crainte du lendemain et appréhender leur futur.

RÉPONSE DU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES DU 11 FÉVRIER À MICKAEL WAMEN

Objet: Rép : Comportement madame seprez

Bonjour Monsieur Wamen,

Nous ne pouvons vous laisser écrire de telles affirmations concernant notre responsable Ressources Humaines du site d'Amiens Nord, Madame Seprez.

En aucun cas, nous ne pouvons accepter vos propos insinuant un quelconque harcèlement de Madame Seprez envers vous, ce d’autant plus que cette déclaration intervient après la mise en cause publique de Madame Seprez, au cours de la suspension de séance intervenue en marge de la réunion de CHSCT de l'établissement d'Amiens Nord du 9 février.

La violence des propos tenus à son encontre est d’ailleurs illustrée par la publication sur le blog de la CGT Amiens Nord de propos insultants la concernant et encore confirmée dans la déclaration de la délégation CGT à la réunion de la Commission centrale de suivi du 10 février 2015, qui se permet d’utiliser des termes dégradants concernant Madame Seprez, au-delà de la licence tolérée dans le cadre de l’action syndicale.

En tout état de cause, en aucun cas les propos prêtés à Madame Seprez et rapportés par un tiers, ne justifient le flot de menaces et d’insultes que vous avez proférées à son égard.

Une telle violence verbale s’est déjà cependant produite dans différentes réunions soit du Comité central d'entreprise, soit du Comité d’établissement ou encore du CHSCT, à plusieurs reprises, à l’égard de différents membres de la Direction de GDTF, ou encore d’autres représentants du personnel qui manifestaient leur désaccord avec vos positions, et a déjà fait l’objet de nombreux rappels à l’ordre de notre part.

Nous ne pouvons donc qu’à nouveau déplorer ces incidents répétés car, contrairement à la tentative de harcèlement que vous osez systématiquement invoquer dans ces circonstances, croyant ainsi pouvoir renverser la réalité des faits, le respect mutuel doit s’instaurer peu important les divergences d’opinion, dans l’esprit de l’accord de fin de conflit du 22 janvier 2014 que la déclaration de la délégation CGT à la Commission centrale de suivi n’a pas craint de citer.

Nous souhaitons en tout état de cause que les prochaines réunions de nos instances représentatives du personnel ou de négociation puissent se dérouler dans un climat apaisé et respectueux des personnes.

Concernant à cet égard les réunions prévues le 12 février 2015, nous regrettons que vous envisagiez de ne pas y participer, alors même que ces réunions ont pour objectif d'affirmer notre volonté de travailler ensemble. Nous maintenons néanmoins la programmation de ces réunions. Nous regrettons également que vous ayez choisi de ne pas participer à la réunion de la Commission centrale de suivi du plan de sauvegarde de l'emploi du 10 février, ce qui a, semble-t-il, incité les autres membres de la délégation CGT à quitter cette réunion pourtant particulièrement importante pour les salariés d’Amiens Nord actuellement en congé de reclassement.

En ce qui vous concerne plus personnellement, nous entendons les difficultés que vous vivez actuellement et vous rappelons qu’un dispositif spécifique d’assistance des salariés d’Amiens Nord a été mis en place. Il vous est naturellement ouvert. Nous sommes également ouverts aux discussions concernant vos projets.

Cordialement,

Hervé Guichard HR Director Manufacturing &Social Relations France

COURRIER DU 9 FÉVRIER DE MICKAEL WAMEN ÀU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES

Monsieur,

Çe jour lors d'une suspension de séance j'ai demandé à madame seprez de venir s'expliquer sur le fait qu'elle colporte et le fait porter des propos envers un élu de la CGC dans l'unique but de créer une situation de conflit .

Je trouve déjà çe comportement indigne de la part d'une RH et de plus elle n'assume pas ces propos les faisant porter à une autre personne .

L'élu CGC a bien confirmé que c'est madame seprez qui lui a indiqué.

Tout cela démontre un manque total de professionnalisme de la part de madame seprez et démontre si besoin en est son harcèlement non stop me concernant !!!!

Pourquoi madame seprez passe t'elle son temps à vouloir coûte que coûte me déstabiliser professionnellement comme personnellement ???

Elle indique à certaines personnes avoir des ordres venant de sa hiérarchie !!!!

Je ne peu tolérer plus longtemps un tel acharnement contre ma personne ...

Je ne suis pas du genre à démontrer des faiblesses morales mais cela commence a faire beaucoup ....

Malgré mes nombreux mails d'alerte à mon sujet la direction n'a pris aucune mesure, pire encore madame seprez qui est RH agit en tout impunité çe qui démontre bien le caractère délibéré de ces actions et des ordres pour agir ainsi .

Je suis délégué CGT est je n'accepte plus çe harcèlement, madame seprez aujourd'hui devant témoins m'a indiqué que je n'avais aucun avenir et que pour elle y en été tout autre !!!

Comment dois je interpréter cette énième attaque???

Je sais pertinemment que mon avenir professionnel n'est pas mirobolant mais pas besoin de me l'entendre dire devant plus de 10 personnes .

Çe courrier par a l'inspection du travail çe jour a qui je demande Audience .

Je sais que je suis actif dans le syndicat et que je fait le maximum pour le droits des salariés mais pour autant je mérite réspect, les agissements répètes de harcèlement dont je suis victime, commence largement à agir sur ma santé mentale.

Madame seprez et le groupe Goodyear seront sûrement ravis de me Voir atteint mentalement mais me harceler ne regèlera en rien la situation des ex Goodyear bien au contraire .

C'est pour cela que j'ai indiqué lors de la réunion de çe jour que je ne serai pas présent à la réunion de Jeudi 12 février car me voir attaquer sans cesse de la part de la RH amiens Nord ne me permet plus de tenir des réunions dans les conditions réunies par la loi.

Je suis victime d'un harcèlement constat qui a débuté il y a plusieurs années et la cette fois ci entendre la RH me dire devant plusieurs salariés que mon avenir personnel est très sombre, je ne peu supporter plus d'atteintes à ma santé morale .

J'espère que la direction GDTF aura bien conscience que meme si je ne suis pas de son bord pour autant je ne mérite pas d'être traité comme de la mèrde !!!

Je pense meme consulter mon médecin traitant pour pouvoir être assisté dans cette épreuve qui n'ai que la continuité d'un travail démarré depuis plusieurs années .

Wamen mickael

RÉPONSE DE MICKAEL WAMEN AU DIRECTEUR RH FRANCE

Monsieur Je prend juste une minute pour vous indiquer que vos propos sont totalement une fois encore une provocation, GDTF pouvait, car il en a les moyens démander aux deux plaignants de retirer leurs plaintes, au lieu de cela vous avez au contraire insister pour qu'ils les maintiennent .

La parade est malhonnête et de plus grossière.

Wamen mickael

LETTRE DU DIRECTEUR RH FRANCE A MICKAEL WAMEN

Monsieur,

Je vous confirme que GDTF s'est effectivement désistée l'année dernière des plaintes déposées en lien avec l'occupation de l'usine, conformément au protocole de fin de conflit. Comme la CGT ne pouvait renoncer à toute action des salariés à l'encontre de Goodyear, GDTF ne pouvait évidemment s'engager à un désistement des victimes, personnes physiques. De même, GDTF n'est pas maître de la décision d'enquêter que peut prendre le Procureur de la République indépendamment des plaintes déposées.

Comme d'ordinaire, je resterai à votre disposition pour échanger plus largement avec vous lors de votre retour.

Cordialement,

Jean-Philippe CAVAILLE HR Director France

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