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mercredi 25 mars 2015

DEMANDE DE RÉUNION À LA DIRECCTE

A

Madame TAIEB Y Directrice de la Direccte

Copie a YDEE D Direccte BESSET G Direccte

Madame ,

Au vu de la situation mise en œuvre par une décision unilatérale de Goodyear, à savoir appliquer des critères et faire une lecture littérale de l'accord de fin de conflit et du PSE, nous sollicitons en urgence une réunion avec vos services, la situation des salariés est dramatique, l'envoi de lettres pour refuser le prolongement du CR est très mal vécu par les 500 salariés visés par ce courrier.

La commission de suivi na ni été informée et consultée sur la poursuite ou non du CR.

Nous attendons donc un rdv dès cette semaine, nous recevons des dizaines d'appels de salariés désespérés, nous craignons des passages à l'acte au vu de cette lettre brutale et qui divise les salariés.

La Direccte doit exiger le respect des obligations de Goodyear .

Les élus CGT GOODYEAR

LETTRE OUVERTE A EMMANUEL MACRON

Monsieur le ministre de l’ Economie de l’industrie et du numérique

Monsieur le Ministre,

La CGT GOODYEAR vous interpelle et vous demande de vous positionner sur le devenir du site Goodyear Usine Amiens nord.

Vous aviez en septembre 2014 indiqué que vous aviez bon espoir que les négociations en cours entre Goodyear et TITAN au sujet de la reprise du site aboutissent. Quelques semaines après votre déclaration le groupe Goodyear et son affidé TITAN annonçait qu'ils abandonnaient le projet à cause des blocages du Code du travail Français.

C'est dans ce contexte que des centaines de salariés licenciés ont décidé de renouveler leur démarche en faveur d'une SCOOP afin de redémarrer l'activité pneumatique au sein de l'usine d'Amiens nord. Aussitôt, la direction démarrait les procédures pour démanteler définitivement l’outil industriel agraire.

Pourtant, le projet SCOOP pneus agraires est solide, il n'a plus de concurrent et surtout GOODYEAR doit maintenant se conformer à l'article L. 1233-57-14 du Cdt en adressant à la SCOOP, seule candidate à la reprise désormais, une proposition de transfert du site.

En effet, le 19 mars 2015, nous avons décidé avec les salariés d’ouvrir les inscriptions sur la participation à la SCOP, qui est à ce jour le seul projet industriel de reprise du site Amiens nord. Depuis lundi 22 mars 2015 les inscriptions sont ouvertes et nous constatons que déjà plusieurs centaines de salariés ont manifesté leur volonté de participer à la SCOP.

Mais la direction continue à vouloir coûte que coûte créer une nouvelle friche industrielle dans la région Picardie. C'est devenu une obsession pour GOODYEAR, qui veut démanteler le site d'Amiens nord le plus vite possible.

Pourtant notre projet est ambitieux, il permet de maintenir une activité industrielle sur le site Goodyear Amiens. La marque, les parts de marché, l’outil de travail, le site…tout cela le groupe dit ne plus en vouloir. Nous sommes prêts à les reprendre, nous en appelons donc a votre intermédiation.

Dans la situation que connaît la France, vous ne pouvez prendre le risque, Monsieur le Ministre, de laisser échapper une solution industrielle pour Amiens Nord.

Allez-vous nous laissez dans un tête à tête stérile avec GOODYEAR ou allez-vous enfin nous mettre autour d'une table ?

Les salariés de GOODYEAR attendent votre réponse, quelle qu'elle soit ils continueront à tout faire pour sauver l'emploi et le secteur industriel, par la résistance et la proposition.

LE SYNDICAT CGT GOODYEAR USINE AMIENS NORD

mardi 24 mars 2015

PROLONGEMENT DU CONGÉ DE RECLASSEMENT

Comme nous vous l'annoncions jeudi dernier, nos craintes de voir la direction maintenir sa position totalement illogique était fondée...

En effet, vous recevez depuis ce matin des lettres vous annonçant que les 3 mois de prolongation ne seront pas attribués pour tous.....

Cette décision est non seulement illogique mais de plus illégale !!!!

La commission de suivi doit être consultée concernant la prolongation et la direction décide seule, unilatéralement d'évincer plus de 2/3 des salariés de ce droit !!!!

La Direccte avait pourtant bien indiqué à la direction que cette décision n'était pas la bonne, mais la direction n'a que faire de ses obligations et des préconisations....

Elle préfère verser du fric à ceux qui ne sont pas encore licenciés, plutôt que de permettre encore pendant quelques mois à des salariés en précarité de pouvoir subvenir à leurs besoins !!!!!

Personne ne sortira du CR avant le mois de mai, ce qui veut dire que si il doit y avoir une mobilisation pour obliger la direction à revoir sa copie, il va aller faire vite !!!!

Nous attendons le courrier de la Direccte pour ester en justice mais il faut surtout miser sur une mobilisation pour que la direction revienne à la raison !!!!

La direction argumente sur le fait que les 3 mois supplémentaires n'aident pas au retour à l'emploi, quelle honte d'entendre cela, elle veut surtout économiser au plus vite du fric sur le dos des salariés, peut importe la détresse sociale.....

Cette sortie du CR est une énième honte, une démonstration de plus que GOODYEAR n'a strictement rien a faire de votre devenir professionnel et social !!!!!

Nous sommes écœurés mais nous pensons qu'une réaction massive peut les obliger à respecter leurs obligations !!!!

Nous exigeons que la commission de suivi soit consultée sur le prolongement du CR comme prévu par le PSE, la direction n'a jamais respecté aucun accord, l'Etat doit intervenir pour exiger le respect des obligations.

C'est une provocation de plus, depuis le début ça ne cesse de provoquer, diviser, attiser les colères, mettre plus bas que terre des salariés en difficulté, mais que cherche cette direction

Nous avons eu à déplorer des drames depuis la fermeture de l'usine, nous n'avons cessé de dire a la direction qu'elle doit cesser d'avoir une telle attitude, même la direccte a mis en garde sur la détresse sociale et les risques importants RPS sur une sortie prématurée du CR !!!!!

La direction n'a que faire de cela, elle veut détruire les salariés, après les avoir licenciés abusivement, elle veut les achever, alors que la prolongation du CR est au contraire un droit pour tous, et une bouffée d'oxygène financière, la direction aime faire souffrir les Goodyear Amiens Nord.

C'est de l'acharnement,il y a une vraie volonté de nous faire payer notre résistance, d'essayer de nous opposer le plus possible, nous détruire, c'est inadmissible !!!!

La CGT non seulement condamne cette nouvelle attaque contre les salariés mais nous allons réagir avant la fin des 3 mois de CR de l'état, nous sommes scandalisés ét dire que le nouveau DG marc THYS dit comprendre la situation des salariés Amiens Nord et tout faire pour attenuer les Douleurs, belle preuve par les actes de sa compassion....

Honte a Goodyear qui veut finir son sale travail, que Va t'il falloir pour que cesse ce harcèlement contre des centaines de salariés en précarité suite à une fermeture par un groupe qui fait 2 milliards de bénéfice !!!!

Une réaction massive doit obliger Goodyear a stopper cette cabale, nous avons prévenu que la direction n'aura aucun bon sens et qu'elle violera toutes ces obligations .....

La CGT GOODYEAR

lundi 23 mars 2015

PERMANENCES LOCAL CE - PARKING USINE

Les permanences ont lieu tous les mardis et tous les jeudis de 9h à 15h.

Vous pouvez téléphoner ou envoyer un mail pour donner vos coordonnées afin de participer au projet Scoop,

Le numéro de téléphone est : 03.22.54.25.19 L'adresse mail est : cgt.goodyearnord@gmail.com

La CGT Goodyear

dimanche 22 mars 2015

Élections MONTLUÇON

Les salariés viennent de donner la majorité à la CGT sur le site de MONTLUÇON.

La CGT reprend le CE et devient à nouveau le syndicat majoritaire.

Cette excellente nouvelle change toute la donne au niveau du groupe, si comme nous le pensons à Amiens Nord, nous sortons les larges vainqueurs du scrutin, le secrétariat du CCE reviendra à un élu CGT et notamment à un élu titulaire CE Amiens nord.

Un CCE GDTF avec à sa tête un secrétaire CGT cela va radicalement changer les possibilités de la direction d'obtenir des signatures d'ordres du jour non conformes aux souhaits de la majorité de élus....

De même un CCE avec une majorité CGT c'est l'assurance d'obtenir des informations vitales pour la suite de nos dossiers et ceux à venir.....

A très bientôt

La CGT GOODYEAR

mercredi 18 mars 2015

ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES

La direction fait tout pour vous dissuader de voter, de nombreuses erreurs dans les envois, pas d'enveloppe, pas de bulletin......

La direction rêve d'un vote qui ne réunirait pas 50% des inscrits, elle veut pouvoir affirmer que la CGT Goodyear n'est plus représentative, se débarrasser de nous le plus vite possible, entre les gardes à vue, les demandes de licenciements, nous avons la preuve que la direction veut coûte que coûte se débarrasser du syndicat qui gêne !!!!!

Votez massivement, si il vous manque du matériel faites nous le savoir nous ferons le nécessaire, mais votez, la direction a une peur bleue des prudhommes qui approchent à grand pas....

Elle veut nous mettre hors circuit car il y a les prudhommes mais aussi d'autres initiatives à venir elle le sait et elle redoute plus que tout une CGT forte, puissante élue par une très large majorité !!!!

En votant pour la CGT vous votez contre cette direction, revancharde et agressive, vous votez pour VOUS, pour vos droits et de nouvelles bagarres juridiques victorieuses contre un groupe qui a multiplé par 400 son bénéfice !!!!!

La CGT GOODYEAR

lundi 16 mars 2015

Réunion salle Valentin Hauy du 19/03

Pour la réunion du 19 Mars 2015 le rdv est à 17h30 salle Valentin Hauy

Altv.tv - télé anti licenciement

samedi 14 mars 2015

Elections Professionnelles Amiens Nord 2015

Monsieur Crussy , Je viens de recevoir mon matériel pour voter j'ai bien les 4 enveloppe censées contenir les bulletins et les enveloppes et en dp titulaires l'enveloppe est vide oui vide !!!!

J'hallucine comment est çe possible de m'envoyer a moi le secrétaire de la CGT le matériel avec une telle erreur

Je suis catastrophé, depuis hier les appels des salariés se multiplient, c'est dramatique, en plus de la note qui inverse les couleurs des enveloppes il y a des erreurs d'envoi du matériel , je ne peu même pas voter, vous vous imaginez un peu le bordel

Vous allez me dire se cest une erreur, mais ce n'est pas possible oublier de mettre les bulletins et l' enveloppe dp titulaire ce n'est pas une erreur, le scrutin va être impossible dans ces conditions .....

Nous avons signé, jai signe le protocole pensant que vous auriez les compétences pour gérer le scrutin, j'ouvre l'enveloppe et je constate qu'il Manque tout le matériel pour voter en dp !!!!!!

Je suis très très énervé de cette situation, c'est une honte y a pas d'autre mot !!!!

Je vous fait parvenir une photo de çe que j'ai trouvé dans l'enveloppe principale....

Je fais parvenir à l'inspection du travail copie de ce mail .....

Je vous demande l'annulation du scrutin en cour car a ce jour il y a bcp trop d'erreurs qui nous sont signalées .....

Wamen mickael

vendredi 13 mars 2015

Élections professionnelles

Vous avez sûrement reçu le matériel pour voter vos listes CGT, vous êtes nombreux à nous informer que la notice de la direction comporte une erreur sur la couleur des enveloppes.

Pour nous il ne s'agit pas d'une erreur mais d'un choix car la direction espère que nous ayons le moins de voix possibles et multiplier les bulletins nuls pour inversions d'enveloppes, faites donc attention et glissez bien vos bulletins CGT DP et CE dans les enveloppes correspondantes titulaires et suppléants.

La CGT GOODYEAR

jeudi 12 mars 2015

Lettre ouverte aux instances de la CGT

​Longueau, le 12 mars 2015.

Christian POIX 1 rue Maurice Thorez Appt. 1 80330 Longueau Mail : chris.amiens@hotmail.fr ( : 06 07 61 82 01

Lettre ouverte aux instances de la CGT

Chers (es) camarades.

Une nouvelle fois la haine de classe montre son vrai visage. 9 ex-salariés de GOOD YEAR, militants de la CGT ont été convoqués ce mercredi 11 mars 2015 pour une confrontation à l’hôtel de police d’Amiens. Malgré un accord de fin de conflit dans lequel GOOD YEAR s’engageait à arrêter toute procédure judiciaire contre les salariés, la haine de classe contre les militants de la CGT est la plus forte. Des pressions, harcèlements quotidiens sont exercés contre nos camarades et principalement contre le secrétaire du syndicat CGT Mickaël WAMEN. Après 8 heures d’interrogatoire nos camarades sont sortis de l’hôtel de police avec une convocation en correctionnel pour le 30 juin 2015 à 9 heures. Nous allons célébrer cette année les 120 ans de la naissance de la CGT et il est impensable de laisser faire ce déni de justice par le capital et les politiques sociaux-démocrates qui nous gouvernent. La CGT reste le seul rempart face aux prétentions du MEDEF et de son valet MACRON. Depuis sa naissance, des milliers de militants de la CGT ont été torturés par les nazis, ont donné leur vie parce qu’ils ne voulaient pas vivre à genoux, se sont battus, parce qu’ils voulaient une société plus juste où la socialisation des moyens de productions et d’échanges était leur combat de tous les jours et reste à ce jour le seul chemin pour mettre en œuvre une politique économique au service de la population de notre pays.

Quand on touche à un militant de la CGT, on touche à toute la CGT, il est grand temps aujourd’hui de mettre en application ce principe élémentaire de solidarité de classe.

Syndiqué depuis plus de 45 ans à la CGT, présent lors de la manifestation à Amiens lors de l’assassinat de Lucien Barbier par les forces de police, j’en appelle à toutes les structures de la CGT (Syndicats du Public et du Privé, Unions Locales, Syndicats Départementaux, Unions Départementales, Fédérations, Confédération) pour qu’à tous les niveaux de notre organisation se construise une riposte massive, à la hauteur des enjeux de classe contre lesquels les ex-salariés de GOOD YEAR, avec leur syndicat CGT se sont battus et continuent depuis plus de 8 ans une lutte de classe exemplaire.

Recevez chers (es) camarades mes fraternelles salutations.

Christian POIX

Retraité de l’Amiante (Comité d’Etablissement Valeo Transmissions Amiens). Militant à l’Union Syndicale des Retraités de la Somme. Militant à l’Union Locale Zone Industrielle Nord d’Amiens. Militant à Communistes.

mardi 10 mars 2015

Compte-rendu de la 11ème réunion de la Commission de suivi centrale du 10 février 2015

Plan de Sauvegarde de l’Emploi relatif à la fermeture de l’établissement d’Amiens Nord

Étaient présents : Jean-Philippe CAVAILLE, DRH France Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Pour la CFDT : Jean-Pierre BOBKO Didier MULLER Pour la CFE-CGC : Jacques MARTIN Patrice SZYROKI Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie

La séance est ouverte à 9 heures 40.

Madame BECKER Je souhaite donner lecture d’une déclaration préalable suite à l’incident ayant eu lieu hier entre la RH du site d’Amiens Nord et un élu CGT suite à la réunion du CHSCT.

Madame BECKER donne lecture d’une déclaration pour le compte de la CGT.

« ''Je tiens à dénoncer l’acharnement moral que le petit personnel RH continue d’exercer sur les syndicalistes CGT. Alors que la haute direction du Groupe, à travers la signature d’un accord de fin de conflit, a renoncé en partie à ses provocations, les petits sbires locaux s’accrochent à leur misérable petite parcelle de pouvoir.

L’absence de Mickaël Wamen à notre réunion de ce jour en est le résultat direct puisqu’il m’a informé dès hier qu’il n’était pas en état d’assumer son mandat suite au harcèlement moral qu’il subit depuis un certain temps.

Qui peut supporter le mépris d’une soi-disant responsable des ressources humaines qui pavoise et affirme qu’elle a un avenir professionnel contrairement à notre délégué syndical ?

Propos d’autant plus humiliants qu’ils ont été tenus en public.

A travers Mickaël, c’est bien l’ensemble des élus qui est visé.

Si cette dame ne dispose pas de suffisamment de vocabulaire pour répondre à nos questions, ça ne l’autorise pas à user d’une telle violence morale.

La CGT interroge officiellement la direction de Goodyear pour savoir s’il s’agit d’une stratégie pour nous déstabiliser ou s’il s’agit d’un excès de zèle d’une personne isolée qui se veut plus qu’elle n’est ; à savoir rien de plus ni de moins qu’une salariée comme nous.

Nous restons solidaires et sommes convaincus que nous ne valons pas moins que ces petits chefs autoproclamés toutefois empressés de ressembler pour plaire à cette direction qui a décidé de sacrifier notre avenir.

Dans l’immédiat, cette réunion est déclarée nulle et non avenue et doit être reportée à une date ultérieure et seulement après que nous ayons l’assurance qu’elle peut se tenir dans des conditions respectueuses de l’intégrité morale de tous et il en ira de même pour toutes les réunions à venir.

Petite victoire de la RH Amiens Nord (comptable en chef d’elle-même) : cela va lui faire économiser des frais de déplacement concernant Mickaël Wamen. »''

Mickaël Wamen s’est retrouvé avec plusieurs élus après la réunion du CHSCT et la responsable RH du site lui a dit : « moi, j’ai un avenir, pas vous ! ». Les représentants du personnel savent qu’ils rencontreront des difficultés à retrouver du travail mais qu’une RH utilise cet argument pour les humilier en public n’est pas tolérable et témoigne d’un véritable problème de fond.

Monsieur JUREK La Direction doit prendre des décisions par rapport à ce problème. Quoi qu’il en soit, la CGT prendra ses responsabilités.

Madame BECKER Mickaël Wamen est fort mais ses résistances ont des limites. Je n’imaginais pas qu’une RH puisse tenir de tels propos.

Monsieur CARON Les RH possèdent également comme mission le dialogue social. M onsieur CAVAILLE Je peux comprendre que la situation actuelle génère des tensions, qui ne sont pas simples à gérer au quotidien. Vous déclarez que Monsieur Wamen et d’autres représentants du personnel seraient victimes de harcèlement. Il s’agit d’un terme grave, que nous récusons. Vous vous interrogez sur l’existence d’une stratégie de la Direction pour vous déstabiliser, ce que je démens formellement. Dans un contexte difficile, des tensions peuvent surgir, même si je les regrette. En tout état de cause, je renouvelle ma confiance aux équipes RH. Je ne possède pas tous les tenants et aboutissants de l’incident. Je regrette que Monsieur Wamen soit en arrêt maladie et lui souhaite un prompt rétablissement. Je rappelle en outre que l’engagement doit être réciproque. J’entends ce qui est exprimé à travers cette déclaration mais la Direction n’obéit à aucune stratégie et je reste, comme toute l’équipe RH, prêt à poursuivre le dialogue dans une situation qui est objectivement difficile. La mesure devrait néanmoins être partagée dans les communications des uns et des autres. Les propos tenus sur le blog de CGT, notamment à travers la mise en cause de mes propres équipes (paye et management d’Amiens Nord) me paraissent tout aussi inadmissibles que les critiques mentionnées dans votre déclaration. J’entends votre souhait de pacifier un certain nombre de relations. L’objectif est de pouvoir, dans un contexte difficile et tendu, continuer à échanger de la manière la plus sereine possible.

Madame BECKER Les propos que nous tenons sur notre blog sont difficilement contestables compte tenu des agissements sur le terrain. Nous nous demandons réellement si la Direction ne mène pas une stratégie de déstabilisation à notre égard, compte tenu, par exemple, des difficultés que nous rencontrons pour le remboursement des notes de frais. Vous affirmez avoir toute confiance en la RH du site d’Amiens Nord, ce qui signifie que vous cautionnez ses propos.

Monsieur CAVAILLE Je salue le travail réalisé par mes équipes.

Madame BECKER Rien n’a été fait. Avant, l’usine tournait. Désormais, l’intérimaire qui fait office de secrétaire de Direction et la RH ne réalisent pas leur travail. Il n’est pas normal que nous devions nous battre pour que les salariés ne se suicident pas.

Monsieur CAVAILLE Je renouvelle ma confiance dans ma propre équipe. Des collaborateurs assurent des permanences paye et apportent des réponses aux salariés qui les sollicitent. Les échanges peuvent être tendus dans le contexte actuel mais mettre en cause si violemment des salariés n’est pas admissible. En ce qui concerne les notes de frais des représentants du personnel, plusieurs problèmes ont été soulevés sur le blog. Une solution est en train d’être recherchée.

Monsieur JUREK Depuis plusieurs mois, les représentants du personnel d’Amiens Nord évoquent les problèmes que rencontrent les salariés au niveau de la paye mais rien ne change.

Madame BECKER Quoi qu’il en soit, nous ne parlons pas de la paye mais du mépris de la RH envers un élu CGT et de la manière intolérable dont elle l’a traité.

Monsieur CARON C’est la dernière fois que je suis présent en Commission de suivi. J’inviterai désormais les salariés à se tourner directement vers la Direction. Vous verrez comment vous réagirez lorsque votre téléphone sonnera 50 fois en une matinée. J’ai assumé ce rôle car je me devais d’aider mes collègues mais vous jouez à un jeu malsain. Vous êtes fondamentalement malhonnête. Si vous cautionnez les agissements à Amiens Nord, c’est que vous leur ressemblez.

Monsieur CAVAILLE Le contexte n’est pas simple. Des maladresses peuvent provenir de part et d’autre.

Madame BECKER Il ne s’agit pas d’une maladresse mais d’un agissement grave.

Monsieur SZYROKI J’ai demandé hier en séance à Monsieur Wamen pourquoi il me qualifiait, en tant qu’élu CFE-CGC, d’« animal domestique ». Eu égard à sa réaction, j’ai pu constater que les propos qui lui étaient prêtés étaient faux. Tenter de dresser les syndicats les uns contre les autres n’est pas acceptable. En outre, mon honnêteté a été remise en cause par la Direction. La CFE-CGC prend un autre cap à l'heure actuelle car les circonstances du PSE ont changé. Je n’accepterais toutefois jamais que quiconque m’accuse d’être malhonnête.

Monsieur CAVAILLE Le contexte est difficile.

Madame BECKER La responsable RH et l’intérimaire passent leur journée à nous embêter, alors que nous passons un temps conséquent avec les salariés.

Monsieur CAVAILLE Qu’attendez-vous de moi ?

Monsieur CARON Rien.

Madame BECKER Nous attendons que les réunions se tiennent normalement et que les fautes professionnelles ne soient plus tolérées.

Monsieur CAVAILLE Je suis d’accord pour que les réunions se déroulent normalement mais je récuse le terme de faute professionnelle.

Madame BECKER La CGT a agi au mieux pour que tout se passe bien pour les salariés. Le jour où nous éteindrons nos téléphones, un grand nombre de salariés vous solliciteront. Or la RH d’Amiens Nord passe son temps à nous créer des problèmes. Nous sommes très en colère.

Monsieur SZYROKI La CFE-CGC quittera également la séance, par solidarité.

Monsieur CAVAILLE Je regrette que vous quittiez la réunion.

Monsieur CARON Une réunion est prévue jeudi. Si la RH d’Amiens Nord est présente, nous ne viendrons pas.

Monsieur CAVAILLE Nous trouverons des solutions mais il est dommage que des problèmes entre personnes nuisent au bon déroulé de cette réunion.

Monsieur BOBKO La CFDT trouve inadmissible que les représentants du personnel subissent une telle pression. Nous rencontrons le même problème à Montluçon, où un délit d’entrave est en cours. Nous quitterons également la séance. L’ensemble des délégations syndicales quittent la séance.

lundi 9 mars 2015

Communiqué de l'Union Départementale CGT de la Somme et de l'Union Locale CGT Amiens Zone Industrielle

Goodyear Amiens

S'il fallait qualifier le comportement de la direction de Goodyear ainsi que celle du procureur général, nous pourrions parler de constance. De constance répressive pour être plus précis.

Peut-on dire autre chose, lorsque les élus CGT sont, pour la troisième fois, convoqués au commissariat d'Amiens le mercredi 11 mars.

Rappelons que cette nouvelle convocation est relatif à la retenue, sur le site, de la direction de Goodyear par les salariés et leur syndicat afin d'obtenir des garanties sur la pérennité de l'activité et des mesures de reclassement digne d'un groupe qui enregistre des profits colossaux.

Pourtant, cette direction s'était engagée, par écrit dans l'accord de fin de conflit, à renoncer à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l'encontre des salariés.

Cet acharnement de la part d'une direction, qui n'en ait pas à une tromperie prés, ne peut rester sans réaction des salariés, des retraités et des privés d'emploi.

Nous devons montrer à cette direction, qui est l'instigatrice de cette procédure, et au gouvernement, qui soutient celle-ci, que les aspirations du monde du travail doivent primer sur les intérêts égoïstes des financiers et des plus fortunés.

Comme l'ont démontré, à plusieurs reprises, les salariés et leurs élus CGT, ce sont bien eux les créateurs de richesses et les véritables porteurs de projets permettant la progression de l'emploi, des qualifications et, par conséquent, le développement de l'entreprise et de notre région.

C'est la raison pour laquelle, l'Union Départementale CGT de la Somme et l'Union Locale CGT Amiens Zone Industrielle appellent les salariés, les syndicalistes, les démocrates à participer au rassemblement ce mercredi 11 mars 2015, à 10 h 00, rue du marché Lanselles à Amiens pour dire :

- stop à la criminalisation de l'activité syndicale, - oui à une reprise d'activité du site de Goodyear, - oui à des mesures d'accompagnement permettant un reclassement pérenne de tous les salariés.

Amiens, le 9 mars 2015

samedi 7 mars 2015

Rassemblement mercredi 11 mars à 10 h - Commissariat d'Amiens

Massacre des résistants ...

Alors que Goodyear a annoncé des profits records à plus de 2 milliards soit une augmentation de 400% et que pendant ce temps où les actionnaires se goinfrent, en France le groupe avance vers le démantèlement complet du site. Dans le même temps la CGT et les salariés demandent du temps pour finaliser un projet de reprise et redémarrage du site et la direction ignore les demandes et veut coûte que coûte détruire cette chance de recréer de l'emploi en Picardie.....

Cette même direction qui arrose de centaines d'euros par mois des salariés non licenciés, prime de démantèlement mensuelle d'environ 700€ en plus des primes extraordinaires de 500€, tout ça pour bien diviser encore plus et accentuer le sentiment de discrimination vécu par des centaines de salariés licenciés et qui à ce jour n'ont aucune solution d'avenir.....

Goodyear s'acharne donc sur ceux qui résistent, les élus CGT et plus particulièrement le secrétaire Wamen Mickael qui subissent un acharnement inouï, harcèlement, provocations sur les sites du groupe, lettres d'intimidation, plaintes maintenues alors que le groupe avait garanti le retrait de toutes les plaintes liées a la restructuration....

Ils se cachent derrière deux plaintes de cadres alors que c'est bien le groupe qui a conseillé les deux cadres, façon détournée de continuer à massacrer ceux qui résistent.....

Le groupe Goodyear veut la peau de la CGT, elle veut faire payer cher le fait que plus de 900 salariés sont au prudhommes pour licenciement non justifié, cette direction fait appel de la décision des inspectrices du travail qui ont refusé les demandes de licenciements pour les élus, estimant à juste titre qu'il n'y a pas eu et qu'il n'y a toujours pas de motif économique, 2 milliards de bénéfices......

Cette direction n'accepte pas que sur le blog CGT il y ait des rappels de la vérité, le reclassement est un fiasco complet plus de 800 salariés sont sans solution et Goodyear ne veut pas allonger le congé de reclassement mais au contraire se débarrasser et vite des victimes de la fermeture de son usine d'Amiens.....

Oui les élus CGT sont actifs et agissent pour que Goodyear assume ses responsabilités, alors la direction a décidé de mobiliser toute son énergie à obtenir la peau de la CGT et notamment de Mickael, il revient d'un arrêt de travail de 3 semaines justifié par un harcèlement non stop, depuis les lettres provocatrices ne cessent de lui parvenir, le comportement des dirigeants dans les réunions démontre leur haine à son encontre.....

La direction cherche soit un pétage de plomb en réunion ou alors une mise hors circuit grâce au harcèlement et provocations.

Quoi qu'il en soit jamais il n'y a eu un tel acharnement contre des élus du personnel, garde à vue répétées, menaces, intimidations, harcèlement, provocations.....

S'il fallait des preuves que l'action menée par les résistants de Goodyear Amiens Nord gêne et pas que le groupe Goodyear, nous avons ici toutes les preuves, ils ont décidé de stopper par tous les moyens possibles la résistance.....

Goodyear veut aller au bout de son projet, laisser une friche industrielle et des centaines de famille dans la misère sociale et les seuls qui sont aujourd'hui inquiétés par la justice sont ceux qui se sont et se battent encore pour les droits des salariés......

Les patrons du groupe eux, sont bien tranquilles à compter leurs millions de dollars, leurs dividendes, il ne reste plus qu'à massacrer la résistance et la vie sera encore plus belle pour eux.....

Ce mercredi 11 mars 2015 à 10.00 h, si vous pensez que les camarades de Goodyear Amiens Nord ne méritent pas ce qu'ils subissent rdv devant le commissariat d'Amiens

Nous lançons un appel, a l'UD, l'UL Zone industrielle, la fédération, la confédération, toutes les parties qui pensent que la répression contre la résistance doit cesser !!!

Les élus CGT GOODYEAR

Réponse courrier DRH Goodyear France à Mickael Wamen

A

M Cavaillé J.Philippe

Monsieur ,

J'ai lu avec attention votre lettre de 3 pages, vous continuez le courrier de Monsieur Guichard, 95% de vos propos n'ont strictement rien à voir avec ma situation de harcèlement qui a amené mon médecin traitant à me prescrire 3 semaines d'arrêt de travail.

Pendant plus de 2 pages vous faites états de propos, faits, concernant le syndicat CGT allant même jusqu'à indiquer que certains élus auraient des comportements particuliers, en quoi cela me concernerait il si ces faits étaient avérés

Vous indiquez que des propos insultants ont été tenus contre certains responsables de services sur le blog CGT, cette affirmation est fausse, les écrits sur le site sont disponibles et aucun écrit n'est de nature à insulter qui que ce soit.....

Parler d'incompétence, de malhonnêteté, de mensonge, n'est pas une insulte mais juste un rappel de certains faits et actes, je comprend que vous n'appréciez pas certains contenus mais pour autant il n'y a pas lieu de parler d'insultes, dire ceci n'est pas la vérité et donc un mensonge !!!!

Ensuite, vous indiquez enfin et pour le première fois que les propos de madame SEPREZ sont de nature à détruire le mental d'un salarié, mais pour autant vous continuez à nier que de tels propos sont tenus dans un seul et unique but : celui de pousser à bout un représentant du personnel.

Vous parlez de la cellule psychologique, faut il vous rappeler que celle-ci n'a pas empêché plusieurs passages à l'acte de salariés du site Amiens Nord et que le législateur indique qu'un tel dispositif des lors qu'il n'empêche pas de tels drames est considéré comme inopérant.

Je tiens aussi à vous indiquer que les prêts et autres avances n'ont rien à voir avec la situation de harcèlement dont je suis victime, à moins que vous estimiez qu'un prêt sur avance de prime permet à Goodyear de me harceler ???

Pour 25.000€ d'avance vous pouvez le pousser à bout avec un arrêt de 3 semaines, à combien estimeriez vous un brun out total ?

Vous avez une mémoire sélective, de nombreux salariés ont bénéficié d'avances sur leur prime de fin de conflit et je ne suis pas le seul élu à avoir obtenu une avance justifiée, avance qui sera retirée du montant global de mon indemnité de licenciement le jour où l'administration validera votre demande de licenciement me concernant.

D'ailleurs à ce sujet dois je vous rappeler que l'administration a refusé à plaisirs reprises vos demandes de licenciement me concernant, aussi bien disciplinaire qu'économique car elle estime que vous n'avez aucune justification aussi bien pour un motif disciplinaire qu'économique ....

J'ai en ma procession des documents qui attestent de cet acharnement qui a démarré dès lors que la CGT a décidé de s'opposer à la fermeture de l'usine Amiens nord .

Faut il vous rappeler également que Monsieur Dumortier a décidé de retirer une plainte à mon encontre car il estimait qu'elle était injuste, vous parlez de choses que vous ne connaissez pas et de plus le retrait de sa plainte avait été mise en œuvre au moment de la négociation du PDV, il pensait que le retrait de sa plainte faciliterait une signature, a tort.

Je vous le redis une fois encore, je n'ai aucun souci à titre personnel et si c'était le cas je ne vois pas en quoi vous pourriez m'aider car nos relations ne sont qu'à titre professionnel à moins que vous ne décidiez d'aller au delà de vos obligations professionnelles, tout en sachant que de mon côté je me limiterais uniquement à la relation professionnelle.

Je vois bien que le cas Wamen continue a être important aux yeux de GDTF, que vous êtes depuis des années très préoccupés à savoir comment vous réussirez à me faire craquer, je me souviens de monsieur Olinger qui m'a traité de sale chien en réunion (témoignage à l'appui) qui me disait regardez bien dans vos rétros sur la route Monsieur Wamen c'est dangereux ....

Des plaintes de Monsieur smolders qui a vu une ordonnance de non lieu à 5 reprises après mise en examen selon des propos fallacieux. ....

Des mises à pied, mise à pied à titre conservatoire, l'inspection du travail,la direccte ayant refusé vos demandes de me virer pour faute lourde .....

Je n'ai donc aucune clémence de votre part mais de l'acharnement, cette réalité je la vis depuis des années.

C'est pour cela que j'ai décidé de dire stop aux agissements répétés des responsables de la direction, vous avez par contre raison d'indiquer que des représentants de la direction ont été limogés parce qu'ils n'ont pas réussi à avoir ma peau, la liste est longue et la dernière victime n'a même pas terminé sa période d'essai, vous connaissez aussi bien que moi cela, en près de 8 ans il y a eu des dizaines de RH, contact RH, DRS, DG, qui se sont succédés et toutes et tous avaient un objectif, avoir la peau de WAMEN.

Alors, votre lettre est certes longue, mais hélas elle ne répond pas à vos obligations d'assurer l'intégrité mentale et physique des salariés du groupe GDTF y compris des élus CGT même si je sais que pour vous nous ne méritons pas mieux que le harcèlement que nous subissons....

Je suis assez déçu de cette réponse j'attendais une vraie prise en charge de ma souffrance, que cessent les provocations, au lieu de cela vous m'adressez un mail, une lettre qui parle de tout et rien, qui essaye de justifier vos actes en indiquant que j'aurai perçu des sommes parce que je suis en situation difficile ....

La signature de l'accord de fin conflit permet à TOUT le personnel de bénéficier d'une prime extra légale, j'ai comme cela est permis, demandé une partie de cette prime avec des justificatifs.

Vous savez que je suis actuellement en litige avec une banque pour un montant de 35.000€, j'ai donc au même titre que d'autres élus CGT mais aussi un certains nombre de salariés fait une demande, vous auriez dû me l'a refuser parce que je suis CGT ???

En tout cas ,c'est comme cela que votre lettre est tournée, en quoi cela est il un privilège d'obtenir un prêt sur avance de prime de fin de conflit comme de nombreux salariés

Que cherchez vous vraiment

D'ailleurs combien ont touché d'autres élus qui ont démissionnés de leur mandat, 100.000€, 500.000€ ou plus

Allez vous afficher leurs transactions dans vos panneaux, comme vous l'avez fait pour les transactions obtenues sur demande de l'inspection du travail pour discrimination

Pour rappel les transactions ont été affichées dans les panneaux la veille des élections en 2013, l'adresse mail indiquée en haut était celle la RH actuelle, je ne porte aucune accusation je relate juste un fait ....

Vous dites que sur le blog CGT il y a des insultes de type..( photocopieuses à conneries, menteurs ...) où sont les insultes ?

Et si en plus il y avait eu des insultes en quoi Wamen Mickael est-il responsable à titre personnel de ce qu'il y a sur un blog ???

Je tiens aussi à vous informer que l'ensemble des salariés est informé des demandes d'avance que j'ai faites depuis l'accord de fin de conflit, je n'ai rien à leur cacher et si votre but est d'essayer de me discréditer auprès des salariés a la veille d'un scrutin électoral vous faites fausse route, à chaque réunion que j'ai avec les salariés je leur parle de ma situation y compris de mes demandes d'aides, donc vous ne me porterez pas atteinte même en affichant ou laissant traîner cette lettre....

Trois pages et pas un seul mot sur ma santé, sur le harcèlement que je subis, vous arrivez même à oublier l'accord de fin de conflit qui dit que GDTF met un terme aux actions en cours ou à venir aussi bien disciplinaires que juridiques a l'encontre des IRP et j'ai beau lire et relire cet excellent accord que nous avons signé le 22 janvier 2014, je ne vois écrit nulle part qu'il exclut des poursuites en cours ou à venir à mon encontre .....

Votre courrier ne fait que renforcer le harcèlement dont je suis victime.... Vous arrivez même à parler d'autres élus qui auraient des comportements bizarres mais en quoi cela me concerne t'il

Je me permet donc de vous demander une nouvelle fois de m'indiquer quelles sont les mesures que vous avez mises en œuvre pour m'assurer le droit d'exercer mes mandats sans que je soit harcelé et provoqué non stop.

Je reste à votre disposition pour vous détailler ma situation et je compte sur le CSHCT et la direction pour qu'une solution soit enfin mise en œuvre pour que cesse ma souffrance dans l'exécution de mes mandats.

Wamen mickael Elu CGT GOODYEAR AMIENS NORD

mercredi 4 mars 2015

Reunion CHSCT du 13 mars 2015

A

Monsieur cavaille DRH GDTF

Monsieur,

Comme je vous l'ai annoncé ce matin je viens par ce mail vous confirmer que nous demandons un report de la reunion de consultation du CHSCT du 13 mars 2015.

Nous finalisons notre projet SCOP et donc il nous apparaît plus que prématuré de passer à la consultation du CHSCT permettant le démantèlement d'un outil de production dont nous avons besoin pour réaliser notre projet de SCOP avec les salariés concernés .

WAMEN Mickael Élu CGT Amiens Nord

Compte rendu réunion commission centrale de suivi PSE au siège le 4 mars 2015

Compte rendu reunion commission de suivie PSE au siège le 4 mars 2015

En début de séance la CGT a rappelé à la direction son obligation de garantir l'intégrité mentale de tous les salariés y compris les élus CGT, la direct il continue de nier qu'une partie de elus CGT subissent un acharnement inacceptable et que rien n'est fait pour que ces agissements cessent bien au contraire.

Ensuite nous avons écouté avec attention la direction nous expliquer que pour les 3 mois de conges de reclassement additionnels elle falt une interprétation de l'accord et elle estime à ce jour que a peu près 2/3 des salariés n'ayant pas encore une solution identifiée ne pourraient pas y voir droit !!!!

La CGT a de suite dit que les 3 mois doivent être mis en place pour tous les salariés qui ont des difficultés de retour à l'emploi comme indiqué dans le protocole de fin de conflit !!!!'

La direction va devoir et vite accepter notre demande, une reunion est prévue le 19 mars 2015 sur le site amiens Nord, il serait dommage que des centaines de salariés viennent exiger ce même jour l'application de ces 3 mois pour tous !!!!!

Ce meme 19 mars nous aurons une reunion salle Valentin hauy a 17.00 h, ceux qui pensent qu'il n'est pas urgent d'agir auront la surprise de constater que la direction va mettre en œuvre une fin de conges de reclassement avant la date prévue.....

Quand nous rabâchons qu'il est vital de se mobiliser ce n'est pas pour nous faire plaisir mais parce que nous savons que ce sera obligatoire !!!!

Pour votre information la direction programme un CHSCT extra pour consulter le CHSCT pour le démantèlent du farm, une mobilisation des salariés ce jour devant le site serait peut être de nature à modifier le comportement de la direction .....

Nous ne cessons de vous dire que la mobilisation est Hyper importante pour influencer les choix de la direction mais nous ne pouvons pas mobiliser de force !!!!!

Espérons que vous comprendrez que l'avenir de votre rémunération de vos droits est en péril et très rapidement.....

A bientôt

La CGT GOODYEAR

Harcèlement contre Monsieur Wamen

A

Monsieur cavaille DRH GDTF

Monsieur,

Hier, lors de ma reprise après 3 semaines d'arrêt de travail j'ai constaté avec mes collègues lors d'une reunion relative aux élections professionnelles, que M DHEILLY continu le harcèlement dont je suis victime.

Des petites phrases en ricanant, du style:

" vous savez monsieur WAMEN les 35€ moi cela ne me rend pas malade ...."

Ce qui veut dire que ce monsieur qui est censé être celui qui respecte à la lettre l'obligation de sécurité au sein de l'usine, fait tout le contraire....

Allant même jusqu'à mettre en cause la validité de mon Arret de travail !!!!

Cette énième débordement démontre bien que Goodyear a un Plan anti WAMEN .....

J'ai réuni plus de 90 pièces concernant le harcèlement dont je suis victime et ce depuis des années.

J'ai aussi constaté que vous n'avez rien mis en œuvre pour me garantir mon intégrité mentale.

Je vous réitère ma demande de mise en place d'une action me permettant de pouvoir continuer à exercer mes mandats sans être sans cesse provoque, harcelé......

Merci par avance de votre action en faveur de mon état mental afin que cesse cette cabale inacceptable.

Je vous informe que des recours juridiques sont en cours pour les actes délictuels dont je suis la victime depuis plusieurs années.

WAMEN Mickael Élu CGT Amiens Nord

Respect des obligations de Goodyear (mail envoyé à la direccte)

Messieurs, Madame ,

Par la présente je tiens à vous informer que je demande a l'inspection du travail de vous dresser un PV pour inobservation de vos obligations légales .

En 2014, il n'y a pas eu de rapport annuel présenté au CHSCT, Au moins une fois par an, le chef d'établissement présente au CHSCT un rapport écrit établissant le bilan de la situation générale de l'hygiène, de la sécurité et des conditions de travail dans son établissement et concernant les actions menées au cours de l'année écoulée. Un arrêté du 12 décembre 1985 précise les informations qui doivent figurer dans ce bilan. Celui-ci est soumis à l'avis.

Ensuite l'accord de mars 2000, n'est absolument pas respecté, il est clairement écrit que la commission de suivie RTT doit être informée de toute modification dans les effectifs .....

De même cet accord RTT, indique que tous les ans les OS doivent être convoquées afin de négocier le calendrier,'nous sommes le 4 mars et la commission n'a toujours pas été réunie !!!

Vous ne respecter aucune règle, aucun accord .....

De même, la CGT vous a souvent indiquer votre obligation de nous consulter pour les salariés déclarés inaptes suite à un AT/MP.

Il résulte de l'article L. 122-32-5, alinéa 1er, du Code du travail que l'avis des délégués du personnel doit être recueilli avant que la procédure de licenciement d'un salarié déclaré par le médecin du Travail inapte à son emploi en conséquence d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, soit engagée ; qu'il s'ensuit que l'employeur ne saurait se soustraire à cette obligation dont l'inobservation est sanctionnée par l'indemnité prévue à l'article L. 122-32-7 du Code du travail.

Vous avez licencié des centaines de salariés dont un grand nombre déclaré inapte suite à AT/MP sans convoquer les DP pour recueillir leur avis et donc vous avez violer les droits des IRP et des salariés concernés.

Je me permet aussi de vous indiquer que j'ai adresse plusieurs mails a madame seprez au sujet de la suppression de plusieurs primés liés à nos postes et rotations et ce depuis des mois, je n'ai à ce jour toujours pas de réponse .

De même, malgré de nombreuses demandes nous ne disposons toujours pas d'un local au siège, vous devez nous installer les moyens nécessaires à l'accomplissement de nos mandats au niveau de l'entreprise, il nous faut donc un local syndical au siège à ce jour seule la CGC en dispose c'est une discrimination.

Vous verser chaque mois 35€ soit disant pour démantèlement, je dis soit disant parce que des salariés qui ne sont absolument pas concernés par le démantèlement, à la SODIE, chez dunlop perçoivent ou ont perçu cette prime.

Nous venons d'apprendre qu'une autre prime de 500€ minimum vient d'être versée à certains salariés, cette prime porte le même intitulé ( prime extra de démantèlement ).

Cette façon d'agir est discriminatoire pour tous les salariés en CR.

Cette prime est totalement inexplicable et elle rend encore plus grave la situation de discrimination à l'égard de tous les salariés notifiés à ce jour.

Je vous demande d'appliquer celle ci a tout le personnel, faute de quoi nous agirons devant les tribunaux pour discrimination pour les salariés qui ne perçoivent pas cette prime.

Pour la CGT WAMEN Mickael

mardi 3 mars 2015

PV Réunion CHSCT du 9 février 2015

Procès-verbal de la réunion extraordinaire du CHSCT GOODYEAR du 9 février 2015 Etaient présents : Pour la Direction Michel DHEILLY Michèle SEPREZ Membres du CHSCT Gérard GACQUIERE Christian HAREUX Richard JOUHANNET Nicolas LANOY Hervé MARCHAL Sébastien LUPO Jean-François QUANDALLE

Patrice SZYROKI, Représentant Syndical CFE-CGC Mickael WAMEN, Représentant Syndical CGT Invités Damien DEBRIL, responsable maintenance Docteur DUBUISSON, médecin du travail Etaient absents : Michaël SEMEDO Philippe DUFAUX Ludovic LEROY, Représentant Syndical SUD Chimie Ordre du jour Procès-verbal 1 de la réunion extraordinaire 1 du CHSCT GOODYEAR 1 du 9 février 2015 1 Ordre du jour 2 Information et consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité 3 Index 2 La séance est ouverte à 10 heures 29, sous la présidence de Michel DHEILLY. Information et consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité Michel DHEILLY Merci pour votre présence à cette deuxième réunion d’information concernant le processus du projet de démantèlement. Le point à l’ordre du jour est l’information/consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité. Ce à quoi vous aviez souhaité ajouter deux autres points. Nous vous avons adressé avec la première convocation l’ensemble de la documentation qui concerne ce projet de démantèlement, que nous souhaitons passer en revue pour répondre à vos questions. Dans ce document, il y a en particulier l’analyse précise des risques envisagés lors du projet de démantèlement, qui est établie de toute façon sur le même modèle que celle qui avait été fixée dans le cadre du projet de démantèlement des équipements passager, avec une méthodologie qui a été suivie au sein de l’établissement Amiens Nord et pour laquelle nous avons aujourd’hui pratiqué, pour la partie passager. Elle contient l’évaluation du risque chimique et la mise en œuvre des mesures de prévention préparées sur la même base que ce qui avait été fait, avec un projet qui avait finalisé en juin dernier pour la partie passager et que nous vous avons remis dans le projet de consultation au mois de décembre de l’année dernière. Ces informations sont issues de l’ensemble des évaluations des risques chimiques sur lesquelles nous avons travaillé l’année précédente et auxquels pourraient être exposés les salariés durant les opérations de démantèlement, et ce sur la base du référentiel connu et scientifique d’une règlementation précise. Nous avons fait une première réunion en décembre dernier sur ce projet et une première réunion en CHSCT en début d’année, le 7 janvier pour être précis. Nous regrettons de ne pas avoir pu présenter l’ensemble de la documentation. Nous espérons que nous allons pouvoir avancer sur le projet qui vous a été communiqué. Nous allons regarder ensemble la présentation des modifications envisagées de l’organisation, puisque cela fait partie de la notification qui a été mentionnée dans le document. Il y a également : l’ensemble de la présentation des principales opérations de chantier, avec la méthodologie pour la partie co-activité ; la présentation des chantiers pour lesquels a été réalisée une fiche et l’ensemble des modes opératoires qui sont aujourd’hui identifiés pour l’opération de démantèlement ; l’affection prévisionnelle des équipements connue à ce jour ; et, dernier point, la présentation concernant l’évaluation des risques effectuée et des mesures de protection renforcée qui rappelle le diagnostic amiante et plomb qui ont été préalablement réalisés. Cela faisait partie des points qui avaient été mentionnés lors du premier projet de démantèlement sur les équipements passagers. Pour ce faire, et être le plus complet possible en plus de la documentation sur ce projet de démantèlement sur l’ensemble des autres équipements sur le site, nous avons complété l’ensemble de la documentation de ces informations. Bien évidemment, de par sa taille, le document de diagnostic amiante et plomb n’est pas communiquée dans le document, mais reste à votre disposition si vous le souhaitez pour le consulter. Ces points-là sont repris de toute façon dans la partie fiches de démantèlement. Nous pourrons regarder la mise en œuvre des mesures de protection adaptées. Il y a également un rappel de l’évaluation précise du risque chimique résiduel sur les produits restants et des mesures de protection précisées dans cette évaluation. Par rapport à l’organisation des travaux, si nous regardons la documentation qui vous a été communiquée, un des points qu'il me paraît important de mentionner est que nous travaillerions…. Mickael WAMEN Vous êtes parti depuis tout à l’heure. On ne vous arrête plus. Michel DHEILLY Je voulais juste finir et je vous donne la parole juste après. Nous travaillerions avec une organisation qui serait sous la responsabilité d’un maître d’œuvre, un peu comme dans le cadre des opérations de démantèlement de la chaufferie. Vous voulez me dire quelque chose, Monsieur WAMEN ? Mickael WAMEN Nous voudrions une suspension de séance pour sortir une délibération puisque nous n’avons plus de moyens pour fonctionner en bas. Notre photocopieuse est tombée en rade et il nous faudrait un PC et une imprimante. C’est possible ? C’est ce qu’on fait au siège. On nous prête un PC et une imprimante quand nous avons une délibération à sortir. Michel DHEILLY Nous sommes moins riches qu’au siège, vous le savez. Nous allons faire en sorte de pouvoir trouver une solution à votre problème technique. Mickael WAMEN Il nous faut une suspension de séance pour faire ça. MICHEL DHEILLY Je pense que nous pouvons faire la suspension de séance juste après… Mickael WAMEN Après quoi ?

Michel DHEILLY Après que l’on puisse passer en revue la documentation… Mickael WAMEN Nous ne passons rien en revue. Je pense que vous faites erreur. Il y a deux points intéressants à l’ordre du jour : c’est le moratoire sur le démantèlement de l’activité FARM – nous aimerions avoir une réponse officielle parce que nous ne l’avons jamais eue – et la reprise de l’activité FARM au travers d’un projet de SCOP. Nous réunissons les salariés le 12, donc cette semaine, à 17 heures 30 à Amiens pour leur faire la présentation du projet de SCOP à eux d’abord en priorité et ensuite nous le présenterons aux organismes de l’Etat, de chez Goodyear France, pour avoir votre avis. Mais pour le moment, il est hors de question qu’on rentre dans le vif du sujet. Je vous l’ai dit l’autre jour. Michel DHEILLY Attendez, Monsieur WAMEN. Je reviens sur votre projet de SCOP. Pour autant, cela fait partie des choses sur lesquelles on peut discuter… Mickael WAMEN Non. Michel DHEILLY … et cela donne l’occasion d’avoir plus de temps pour pouvoir répondre à d’éventuelles questions. Je pense qu’il n’est pas exclu de pouvoir travailler sur les deux projets. Pour autant, sur le projet de SCOP, quand vous dites que nous n’avons pas répondu, je pense qu’il y a eu un courrier qui vous a été transmis par Jean-Philippe CAVAILLE. Mickael WAMEN Le problème, c’est que vous ne pouvez pas répondre sur un projet de SCOP qui n’existe pas encore. Il est en cours d’élaboration. Vous parlez de l’ancien projet SCOP qui a été refusé par Goodyear en disant les termes suivants : « vous ne garantissez pas l’avenir des salariés ». Cela me fait doucement marrer. Michel DHEILLY Le projet de SCOP consistait en une sous-traitance. Mickael WAMEN L’avenir des salariés, vous l’avez garanti depuis 2012. C’est vrai, ils sont tous au chômage. Michel DHEILLY Le projet de SCOP consistait en une sous-traitance pour le compte de producteurs et cela ne présente aucune garantie de la pérennité de l’activité FARM. Mickael WAMEN Le projet de SCOP sera bientôt représenté par les salariés. A partir de là, il n’y a pas de garantie de pérennité ou quoi que se soit. Aujourd’hui, où est la garantie de pérennité pour les salariés ? Vous voulez démanteler un outil de travail. Nous vous disons que nous avons un projet qui va être viable, qui va être présenté dans les jours à venir, et à partir de là vous aurez à trancher le sujet. Michel DHEILLY Je pense que je peux faire quelques remarques au préalable sur le projet de SCOP. Mickael WAMEN Pour le moment, je pense qu’il est prématuré venant de votre part de dire qu’il n’y a pas de projet mis en œuvre. Nous avons demandé une période de moratoire de six mois pour élaborer ce projet. Ce moratoire nous a été refusé, ce que nous ne comprenons toujours pas puisque vous disiez la dernière fois que vous n’étiez pas spécialement pressé pour le démantèlement de l’outil agricole. Or, je m’aperçois que vous êtes relativement pressé parce que vous accélérez les réunions et vous n’acceptez même pas un moratoire nous permettant de travailler correctement. Michel DHEILLY Nous n’accélérons pas les réunions. C’est un calendrier. Le calendrier a commencé au mois de décembre. Mickael WAMEN Cela étant, nous avons mandaté des personnes pour travailler sur un projet de SCOP qui sera présenté à l’Etat, aux salariés et aux organismes spécifiques qui représentent les SCOP en France pour le faire valider par ces mêmes organismes et ensuite nous le présenterons au groupe Goodyear. Vous aurez tout le loisir de dire ou pas si ce projet vous convient. Cela étant, aujourd’hui, il est prématuré de dire : « on ne peut pas accepter votre projet de SCOP » ou « on ne sait pas de quoi il s’agit. » Michel DHEILLY Nous vous alertons sur le fait que si le projet de SCOP est basé sur une activité qui consisterait à sous-traiter de la production, Goodyear vous a écrit clairement que de toute façon, aujourd’hui, il n’y avait plus d’activité FARM au sein d’EMEA. L’ensemble des activités, qu’elles soient de production ou commerciales, a été arrêté. Mickael WAMEN Nous allons demander une suspension de séance. Nous avons une délibération à faire voter. Nous vous demanderons s’il vous plaît de respecter l’instance. Michel DHEILLY Je vais y venir, ne vous inquiétez pas. Je pense que ce qui est important, c’est que vous compreniez les termes du courrier qui vous a été communiqué. En disant : « vous refusez le moratoire, vous vous basez sur… »… Mickael WAMEN La seule chose qui vous obsède aujourd’hui, c’est comment vous allez vous débarrasser de l’outil de travail. Michel DHEILLY Le projet de SCOP, c’est celui de 2012… Mickael WAMEN Non. Vous ne pouvez pas savoir. Michel DHEILLY Ce que je vous dis… Mickael WAMEN Aujourd’hui, vous êtes en train de parler d’un projet de SCOP qui existait en 2012, qui était parti sur une base précise. En face, il y avait un projet de reprise par un repreneur. Aujourd’hui, ce projet n’existe plus. Michel DHEILLY Attendez, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN Laissez-nous le temps de finaliser le projet de SCOP, de le présenter aux salariés, de le présenter aux organismes qui valident les projets de SCOP dans notre pays – et il en existe un certain nombre –, à l’Etat français et ensuite à Goodyear. Mais de toute façon, le projet de SCOP ne sera absolument pas le même que celui de 2012 pour la simple et bonne raison que nous ne sommes pas du tout dans la même situation. Nous parlons là du démantèlement d’un outil de travail. Nous parlons d’un redémarrage de l’outil de travail et nous savons pertinemment que nous ne pourrons pas avoir les mêmes partenariats que nous avions exigés à l’époque. En 2012, quand vous avez retoqué le projet de SCOP en moins de 24 heures – même pas, vous l’aviez déjà retoqué avant même qu’on y réponde –, il y avait deux éléments que vous mettiez en évidence, c’était, premièrement, de dire « vous ne garantissez l’avenir des salariés » – trois ans après, franchement, ça me fait doucement marrer de voir l’état dans lequel vous avez mis les salariés et quel est leur sort aujourd’hui –, et deuxièmement, de dire « on ne peut pas vendre à la CGT ni aux salariés à travers un projet de SCOP quelque chose qui est en cours de négociation avec un repreneur. » Aujourd’hui, je sais pertinemment, d’après vos propos, que le repreneur n’existe plus. Pour autant, notre projet de SCOP existe toujours. Il est sur la table. Nous sommes en train d’y travailler. Nous allons le présenter le 12 aux salariés. A partir de là, nous ferons derrière les démarches nécessaires auprès de tout un tas d’organismes pour le présenter à ces organismes pour qu’ils le valident. Il existe aujourd’hui un organisme en France qui valide les SCOP et nous sommes en contact avec eux pour les rencontrer en début de semaine prochaine afin d’analyser avec eux la faisabilité de notre projet, la viabilité de notre projet, le sérieux ou pas de notre projet, et à partir de là nous le présenterons au groupe Goodyear. Je sais pertinemment que la réponse du groupe Goodyear va être de dire : « il n’est pas suffisamment étoffé, il ne correspond pas à la réalité, il ne garantit pas l’avenir des salariés ». Moi, ça me fait doucement marrer, parce que l’avenir des salariés est assuré aujourd’hui par quel groupe ? Certainement pas par le groupe Goodyear. Vous avez viré 1 000 personnes. Elles ont un avenir qui est plus qu’incertain et aujourd’hui vous passez à une phase de démantèlement. Je vous le dis très clairement : tant que nous n’aurons pas présenté notre projet de SCOP et tant que nous n’aurons pas de réponse officielle de tous les organismes qui viendraient dire qu’il n’est pas viable, nous ne travaillerons pas avec vous sur un projet de démantèlement. Je suis également dans la même ligne que ce je vous disais la dernière fois. Nous avons demandé un moratoire que vous avez refusé. Ce n’est pas parce que vous l’avez refusé qu’on ne le prendra pas. Je considère que la période actuelle est une période de moratoire dans lequel nous devons, nous, travailler à l’efficacité d’un retour d’un emploi ici même sur le site pour un certain nombre de salariés. Il semblerait qu’aujourd’hui, vous ne reteniez qu’une seule chose, c’est de dire que quel que soit le projet de SCOP, de toute façon il ne sera pas bon. Michel DHEILLY Ce n’est pas ce que je suis en train de dire. Mickael WAMEN Le projet n’existe pas aujourd’hui. Vous ne pouvez pas condamner un projet qui n’existe pas. Je pense avoir été assez clair avec vous. En ce qui concerne la CGT aujourd’hui au CHSCT, nous avons fait une demande de moratoire que vous avez refusée. Il faut prendre les étapes. Michel DHEILLY Monsieur WAMEN, je vous écoute. Mickael WAMEN Pour quelles raisons le moratoire a-t-il été refusé ? On ne connaît pas les raisons exactes du refus du moratoire. On entend dire que le groupe Goodyear n’est pas spécialement pressé à démanteler l’outil industriel, notamment l’outil agricole, mais maintenant vous voulez passer à la vitesse supérieure. On ne comprend pas trop pourquoi. Michel DHEILLY Mais non, nous ne passons pas à la vitesse supérieure. Cela fait des mois que nous parlons… Mickael WAMEN Depuis le mois de décembre. La dernière réunion c’était le 7 janvier, ici même, le CHSCT. Le 7 janvier, j’ai demandé un moratoire de 6 mois. Michel DHEILLY Attendez, cela fait un mois. Je pense que c’est raisonnable en termes de délai pour que vous ayez l’information. Mickael WAMEN Cette demande a été suivie d’un courrier. Si vous faites référence au courrier de Jean-Philippe CAVAILLE, je l’ai reçu la semaine dernière. Il a donc fallu plus d’un mois pour me répondre non. Michel DHEILLY Votre courrier officiel est arrivé le 21 janvier. Courrier reçu le 21 janvier et courrier renvoyé en fin de semaine. Mickael WAMEN Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas vrai. Michel DHEILLY Bon, peu importe. Mickael WAMEN Le lendemain du 7, nous avions une réunion au siège et j’ai tenu les mêmes propos à la Direction au siège et j’ai dit que nous ferions une demande de moratoire. Michel DHEILLY Monsieur WAMEN, ce que je veux mettre en avant… Mickael WAMEN Laissez-moi terminer, après je vous laisserai parler. Cela veut dire quoi ? Pour nous, vous n’avez pas accepté le moratoire, mais le moratoire existe parce que nous allons prendre le temps nécessaire pour élaborer un projet. Vous ne pouvez pas aujourd’hui arguer des éléments pour dire que nous n’essayons pas de faire ce qu’il faut. Nous essayons de trouver une solution que vous n’avez pas été capables de trouver. Vous argumentez avec des éléments du 1224-1 du Code du travail qui est à mon avis un problème de fond, puisque le 1224-1 du Code du travail est essentiellement lié au transfert des machines. D’accord ? Les machines, qu’elles soient transférées à travers un projet de SCOP ou à travers une reprise, ou qu’elles soient transférées par un démantèlement, vous aurez le même problème du 12.24. Le simple fait de prendre une machine d’Amiens Nord et de la transférer sur un autre établissement ou dans une autre entreprise vaut transfert des contrats de travail. La seule chose qui puisse vous faire échapper réellement, d’après ce que vous dîtes, au 12.24, c’est le ferraillage de l’ensemble des équipements. Or, aujourd’hui, dans votre projet, le peu que j’en ai lu, ce n’est pas certainement pas le cas. Il y a un certain nombre de machines qui partent d’un point A vers un point B. Le simple fait de prendre les machines et de les transférer, vous transférez avec les contrats de travail. Michel DHEILLY Je pense que nous avons largement débattu dans la réunion précédente du 1224-1. Mickael WAMEN Parce que le 1224 n’est pas lié au contrat de travail mais aux équipements. Ce sont les équipements. Lorsque vous vendez les équipements à un repreneur, vous considérez que le 1224 s’applique. Quand vous transférez les équipements et que vous les revendez à quelqu’un d’autre, les contrats de travail sont transférés avec. Le 1224 ne va pas que dans un sens. Il va dans tous les sens. Michel DHEILLY Je ne vais pas argumenter sur le 1224. Mickael WAMEN Si le 1224 s’applique effectivement car cela reste encore à prouver. Michel DHEILLY Je vais rester sur l’argumentation… Mickael WAMEN Nous avons demandé une suspension de séance. Pour faire notre travail, nous avons besoin d’un PC et d’une imprimante. Michel DHEILLY Oui, Monsieur WAMEN. Vous m’avez dit que vous me laisseriez faire deux-trois remarques que je souhaitais faire par rapport à ce vous disiez. Mickael WAMEN Faites vos remarques. Ce n’est pas parce que vous les faites que j’en tiens compte. Michel DHEILLY Ça, j’en suis intimement persuadé. Pour autant, je pense que cela va mieux en le disant. Quand aujourd’hui, concernant le projet de SCOP ou le courrier qui a été mentionné, ce que nous vous faisons remarquer c’est que, par rapport au dernier projet de SCOP dont nous avions eu connaissance, il y avait un certain nombre d’éléments qui ne nous permettaient pas d’identifier les leviers qui permettraient de trouver un redressement de l’activité agraire qui est d’ailleurs très largement déficitaire et je sais que, sur ce point-là, vous allez me dire que c’est faux. Mais pour autant, elle peut le devenir à partir du moment où vous n’avez pas intégré l’ensemble des coûts dans votre projet de SCOP. Mickael WAMEN Pour l’instant, vous ne le savez pas. Vous ne connaissez pas notre projet. Michel DHEILLY Dans le projet de SCOP d’il y a deux ans. Mickael WAMEN Attendez que nous finalisions un projet. Ensuite, vous pourrez prendre toute la latitude et le plaisir nécessaires à le démonter. Michel DHEILLY Je vous mets en garde. Je ne suis pas en train de dire… Mickael WAMEN Aujourd’hui, vous êtes en train de parler d’un projet qui ne sera pas le même que celui de 2012 puisque nous ne sommes pas dans la même situation. Michel DHEILLY Oui, mais je vous mets en garde. Vous nous dîtes que nous avons balayé d’un revers de main notre projet de SCOP. Attendez, l’ensemble des coûts n’était pas intégré : le coût matières premières, le coût logistique… Mickael WAMEN Monsieur DHEILLY, vous oubliez un élément essentiel. Dans le livre I qui a été présenté aux représentants du personnel, il est clairement indiqué que l’activité agricole dans la zone EMEA ne sera pas arrêtée totalement, qu’il resterait des résidus de production notamment dans les pays où il y a encore des besoins, notamment la Turquie et la Pologne. C’est exactement ce qu’il y a dans le livre I. Je l’ai paraphé. J’ai sous les yeux le livre I. Il nous a été appris lors du dernier CCE par Monsieur LANDOLFI – je ne sais pas comment s’appelle le financier... Michel DHEILLY Marcello LANDOLFI, le directeur financier. Mickael WAMEN … qu’à partir du 1er janvier 2015, nous aurons arrêté toutes les activités… Michel DHEILLY L’ensemble des activités agraires. Mickael WAMEN Laissez-moi terminer. Ce n’était pas le cas dans le livre I. C’est une nouveauté. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que dans le projet de SCOP, ces activités qui restaient à Dębica et en Turquie sont des activités qui vont amener du chiffre d’affaires supplémentaire au projet SCOP, puisque ce n’est pas parce que vous les avez arrêtées qu’il n’y a pas de parts de marché. Or, aujourd’hui, dans le rapport de notre expert, que constate-t-on ? Selon les données économiques du groupe Goodyear, selon les données économiques du monde du pneumatique et notamment du pneumatique agricole, on s’aperçoit qu’il n’y a pas eu d’érosion aussi significative que Goodyear voulait nous le faire entendre des parts de marché du groupe Goodyear. A aucun moment donné, la direction du groupe Goodyear n’a dit lors du CCE que notre expert racontait des conneries. D’ailleurs, ils ne pouvaient pas dire le contraire puisque c’est la liasse fiscale de Goodyear et les données économiques du groupe Goodyear. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu’aujourd’hui, il y a une part de marché qui est encore importante, qui peut permettre le développement et la redistribution de pneumatiques agricoles – que ce soit VIAS ou conventionnel dans la zone euro puisque, que ce soit en Pologne ou en Turquie, il y a encore des besoins dans ces catégories de pneus –, que les équipements qui sont là-bas peuvent être transférés ici pour apporter encore plus de volume d’activité, donc encore plus d’emploi, et aujourd’hui, quand on regarde, il y a une évidence… Michel DHEILLY A aujourd’hui, je ne peux pas vous laisser dire ça puisque les équipements sont arrêtés. Mickael WAMEN Laissez-moi terminer. Michel DHEILLY Ils sont en démantèlement. Mickael WAMEN Non, pas en Turquie ni en Pologne. Ce n’est pas vrai. Il n’y a pas eu de GEICF pour annoncer ça donc c’est du pipeau ce que vous racontez. Ce que je veux dire par là, c’est qu’effectivement, quand on regarde la situation, elle est simple à comprendre. Quand vous avez un groupe comme Goodyear qui dit qu’il arrête définitivement toute activité de pneumatique agricole dans la zone EMEA, avec une part de marché qui était conséquente à la fin de l’arrêt de la production, qui est un peu moins conséquente aujourd’hui mais qui l’est tout de même encore, parce que, quand on parle de 10 à 14 % de parts de marché restante aujourd’hui – si, ce sont exactement les données économiques du groupe Goodyear… Michel DHEILLY En 2015, on ne peut pas dire qu’on a des parts de marché, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN Bien sûr que si. Michel DHEILLY Bien sûr que non. Mickael WAMEN Les parts de marchés ne demandent qu’à être prises. Je vais vous expliquer pourquoi. Michel DHEILLY Nous n’avons pas de pneus. Le stock est à zéro. Mickael WAMEN Laissez-moi finir ! Nous aurions pu penser aujourd’hui une chose : quand Goodyear a annoncé l’arrêt des activités et de la vente des activités de pneumatiques agricoles, les deux concurrents directs du groupe Goodyear (Michelin et Continental) auraient pu en profiter. Or, je me suis fait livrer les éléments nécessaires qui me permettent aujourd’hui de dire – et d’ailleurs l’expert l’a largement souligné lors du CCE à juste titre – que ni Michelin ni Continental n’ont pris les parts de marché que Goodyear a laissé vacantes. Michel DHEILLY Ce n’est peut-être pas Michelin ni Continental mais c’est quelqu’un d’autre. Nous n’avons pas livré un pneu en premier équipement depuis mi 2013. Mickael WAMEN Attendez, laissez-moi terminer ! Michelin fait -2 et Continental fait -1. Cela veut dire que les parts de marché n’ont été prises ni par Continental ni par Michelin. Cela veut dire quoi ? On voudrait nous laisser croire que le mec qui montait du Goodyear va passer sous une gamme encore inférieure à celle qu’il avait avant ? Non. Ce que je crois surtout aujourd’hui, la réalité de tout cela – mais je pense que l’avenir nous donnera raison –, c’est que ces parts de marché existent. Michel DHEILLY Mais la réalité, c’est que nous n’avons pas vendu un pneu en premier équipement depuis un an et demi. Mickael WAMEN Il y a un deal international qui a été passé entre les grands pneumaticiens, qui est de dire : « laissez-moi le temps nécessaire pour flinguer le site d’Amiens Nord et démanteler, et bientôt vous aurez sur le marché des pneus Goodyear qui vont revenir en force, qui seront des Goodyear estampillés autrement, faits par quelqu’un d’autre, puisque nous avons vendu nos parts de marché. » Dans ces conditions-là, cela explique pourquoi il n’y a pas eu autant de progression ni chez Michelin ni chez Continental qui viennent absorber les 14 ou 15 % de parts de marché qu’on avait. Michel DHEILLY Arrêtez de dire ça. Je sais que vous ne voulez pas m’entendre, mais pour autant, nous avons arrêté l’activité agraire. Mickael WAMEN Je vais vous donner un exemple. Vous avez une usine située du côté de Marseille. Le groupe avait décidé d’arrêter l’activité complète. Pendant deux ans de lutte, pas un seul sachet de thé fabriqué dans cette usine n’a été vendu par le groupe. Le groupe a dit aux salariés : « c’est impossible, Messieurs. Vous n’allez quand même pas fabriquer des sachets de thé pour des parts de marché que nous n’avons plus puisque cela fait deux ans que nous n’en vendons plus. » Sauf qu’ils ont fait une étude de marché et ils se sont aperçus que le marché n’avait pas repris ce qu’ils avaient perdu. Cela veut dire que même s’il n’y avait pas de produit fini, même s’il n’y avait pas de produit disponible dans le circuit de vente, ce n’est pas pour autant que le consommateur n’attendait pas de produit. Ils ont redémarré un projet de SCOP. C’est l’usine qui appartient au groupe Unilever qui est à Marseille. Ces salariés ont démarré un projet de SCOP et aujourd’hui ils ont un business plan 2015 à 400 tonnes de produits finis dans l’année, c’est-à-dire quasiment autant que quand le groupe Unilever les a lâchés. Ça s’appelle Fralib. Les salariés de Fralib ont fait un projet de SCOP. Il leur a fallu deux ans de lutte acharnée pour dire : « un, vous ne démantèlerez pas l’outil et deux, on fera un projet de SCOP ». Unilever a fait des pieds et des mains pour dire que ce n’était pas possible, ce que ça ne marcherait pas, que de toute façon il n’y avait pas d’avenir garanti aux salariés. Je rappellerai quand même une chose, Monsieur DHEILLY. Là où vous faites une erreur fondamentale dans le groupe Goodyear, c’est que les salariés viennent dans un projet de SCOP parce qu’ils y adhèrent. Ils savent très bien qu’ils prennent un risque initialement, dès le départ. Sauf que lorsque vous regardez le chiffre d’affaires moyen des SCOP, les SCOP fonctionnent très bien dans notre pays. Il n’y a pas une SCOP aujourd’hui qui s’est craché la gueule, notamment dans des grands groupes, après avoir repris une grande marque comme Goodyear, comme Unilever, comme ailleurs. Cela veut dire quoi ? Vous n’avez pas à vous soucier du devenir des salariés, parce que même si je ne peux pas croire un seul instant que le devenir des salariés est votre souci premier – vous n’en avez strictement rien à foutre –, il faut savoir une chose : on adhère à une SCOP ou on n'y adhère pas. Je ne peux pas vous garantir que si demain nous faisons une SCOP, il y a 200 ou 300 personnes qui y adhèreront. Il se peut qu’il y en ait 150 ou 200. Il se peut aussi que le projet de SCOP présenté aux salariés ne retienne l’attention que d’une trentaine d’entre eux. Dans ces conditions-là, le projet devient obsolète. Ce n’est pas au groupe de Goodyear de se soucier aujourd’hui du devenir des salariés puisque vous les avez licenciés. Aujourd’hui, le vrai problème de fond est de savoir si le projet de SCOP que nous allons présenter aux salariés va obtenir leur adhésion. Si les salariés décident d’adhérer à la hauteur de ce dont nous avons besoin pour redémarrer l’outil de travail. A partir de ce moment-là, le projet de SCOP deviendra viable. Or, aujourd’hui, vous dites : « vous ne garantissez pas l’avenir dans le projet 2012, on ne peut se soucier du projet que vous allez présenter maintenant. » Cela ne vous regarde en rien. Michel DHEILLY Ce qui nous regarde, c’est la pérennité de l’emploi, quand même, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN La pérennité de l’emploi, ça vous regarde ? Vous êtes en train de vous foutre de la gueule du monde. C’est scandaleux d’entendre ça ! C’est scandaleux d’entendre ça venant de votre part. C’est de la provocation. Michel DHEILLY Que vous le vouliez ou pas, je ne serai pas le seul à vous dire que cela sera exigé au travers de votre projet de SCOP. Mickael WAMEN Je vais vous dire quelque chose. Nous allons présenter le projet de SCOP à l’Etat et aux organismes. Michel DHEILLY Bien sûr que vous allez le présenter. Mickael WAMEN Nous allons leur dire : « voilà, 300 personnes doivent adhérer pour un montant de X millions d’euros. » Michel DHEILLY Il va falloir trouver du financement. Mickael WAMEN Il y a deux types de financement, Monsieur, mais ça, ce n’est pas votre problème. Qu’est-ce que ça peut vous foutre ? Je ne vais pas vous demander un seul centime. Je ne vais même pas vous demander de laisser tomber vos 35 euros par jour. Michel DHEILLY Je ne suis pas en train de vous dire que c’est mon problème. Je suis en train de vous dire que vous vous appuyez sur une organisation de Goodyear… Mickael WAMEN Ce n’est pas votre problème. Ce n’est pas votre problème. Michel DHEILLY Attendez ! Mickael WAMEN Ce n’est pas vous le patron dans la SCOP. Michel DHEILLY Je n’ai pas dit que j’étais le patron. Je dis que si c’est bâti sur une structure telle qu’était Goodyear… Mickael WAMEN Je termine de vous expliquer. Patrice SZYROKI Il y a quand même une chose… Mickael WAMEN Je termine de vous expliquer. Votre sentiment sur le devenir des salariés, je m’en branle royalement parce que, quand je vois ce que vous en avez fait des salariés, laissez-nous au moins essayer de faire autre chose avec eux. S’il y a 300 personnes qui adhèrent, elles devront mettre une contribution personnelle financière. C’est le premier point. Le deuxième point est qu’il y a des aides spécifiques aux SCOP qui permettent de dégager des millions d’euros – des fonds français et des fonds européens. J’ai déjà pris contact avec des gens qui ont des fonds en Picardie, qui ont des fonds à Paris qui représentent la France, pour savoir quels sont les fonds disponibles pour un projet de SCOP à hauteur d’une reprise de 300 salariés dans le cadre d’un chiffre d’affaires. Que faut-il que nous fassions ? Il faut que nous établissions un business plan. Si nous n’avons pas de business plan, cela ne sert à rien. Sans les salariés, cela ne sert à rien. Mais qui va devenir responsable de la gestion du personnel ? C’est plus Goodyear, vous n’en avez plus rien à foutre. La seule chose que nous allons vous demander, c’est de faire place nette, de vous barrer, de nous laisser l’usine, qu’on la reprenne et qu’on la fasse tourner. Maintenant, il y a deux choses : soit la SCOP, on se gaufre… Michel DHEILLY Enfin, il faut penser au développement des produits, à la co-distribution… Mickael WAMEN Ne vous inquiétez pas ! Ce n’est pas un problème. Michel DHEILLY Ce sont des choses qui n’existaient pas dans l’ancien projet. Mickael WAMEN Ne vous inquiétez pas. La différence que nous avons avec vous, c’est que pour laisser les gens sur un site à rien foutre, on ne leur donnera pas en plus 35 euros par jour. Ça, c’est un gouffre financier. Nous éviterons effectivement de gaspiller de l’argent qui ne sert à rien. Nous ferons vraiment attention aux dépenses. Richard JOUHANNET Y compris les syndicats. Mickael WAMEN Cela veut dire quoi ? Il n’y a pas de hiérarchie dans les salaires dans une SCOP. Vous avez un salaire moyen pondéré qui s’applique à l’ensemble du personnel et ensuite la rétribution financière excédentaire est faite par les salariés au moment voulu. La responsabilité du site dans le cadre d’une SCOP est remise en jeu tous les ans lors d’assemblées générales des salariés. C’est-à-dire que ce sont les salariés qui décident de leur devenir. Je vais vous dire très clairement : on prend l’usine en SCOP. On présente un projet qui a l’adhésion des salariés. L’Etat dit : « ok, je finance à hauteur de tant » – parce qu’il y a une partie de financement de l’Etat. Les salariés sont prêts à y mettre tant de pour cent de leur prime de départ. D’accord ? C’est exactement comme ça que ça fonctionne. L’Etat a gagné quoi dans cette affaire ? L’Etat a tout de suite à gagner le fait de dire que même si cela ne dure que 24 mois – le projet Titan, tiens –, ce sont 24 mois où il n’aura pas à indemniser les salariés au chômage puisqu’ils auront un emploi et une fiche de paye. Ils ne passeront pas par la case chômage. Ces 24 mois, il faut aussi les monnayer pour les remettre dans la balance. C’est tout cela qu’on est en train de discuter avec un certain nombre de personnes. Quand je dis « on », il n’y a pas que moi qui suis en train de discuter de tout cela. Nous avons un avocat aux Etats-Unis spécialisé dans les SCOP qui est en train de travailler là-bas. Il a fait tout un tas de projets de SCOP en France dans des multinationales qui voulaient fermer leur entreprise. Je vous garantis – et vous pouvez aller le voir sur les sites internet – que les SCOP fonctionnent très bien. Pourquoi cela fonctionne bien ? Parce qu’il n’y a pas d’interférence. Parce qu’entre le plus petit salaire et le plus haut salaire, il n’y a pas un coefficient multiplicateur de 20 ou 40. Il y a un coefficient multiplicateur de 1.5 ou 1.2 maximum. C’est-à-dire que quand vous gagnez 2 000 euros au plus bas niveau, vous gagnez 2 300, 2 400 au plus haut niveau. Et ça, ce sont les assemblées des salariés et donc des gens de la coopérative ouvrière qui décident d’un certain nombre de règles du jeu. Maintenant, nous sommes soumis au droit français. Nous sommes soumis aux règles françaises. Il y a des obligations sur les aspects sécuritaires au travail, etc. Il y a donc des dépenses. Michel DHEILLY C’était plus sur la partie des fonds. Mickael WAMEN Je regardais la dernière fois une émission très intéressante : ils étaient en train de fermer une fonderie. Les salariés étaient 80. Sur les 80, 33 ont adhéré au projet. Je vous parle de ça il y a deux ans. Deux ans après, cette fonderie a retrouvé du chiffre d’affaires, a du résultat net et dégage même des primes excédentaires pour chaque adhérant à la SCOP. Vous savez aujourd’hui ce qui se passe ? Les 50 personnes qui n’ont pas adhéré se bouffent les couilles parce qu’ils sont au chômage aujourd’hui. Ils n’avaient pas de congé de reclassement de 24 mois, de 12 mois, de machin, ils étaient dans la merde. Ceux qui n’ont pas adhéré sont ceux qui souffrent le plus aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’ils ont effectivement peut-être gardé leur fric, mais en attendant ils s’aperçoivent aujourd’hui que s’ils avaient mis un peu de leurs billes dans une affaire collective, ils s’en seraient peut-être sortis beaucoup mieux. Michel DHEILLY Le point numéro un, c’est de rassembler les fonds. Mickael WAMEN Mais attendez, ça, ce n’est pas votre problème. Laissez-nous faire. Michel DHEILLY Ce n’est pas mon problème. Mickael WAMEN Quand vous dites qu’il faut quand même garantir l’avenir et la pérennité des salariés, cela me donne franchement envie de gerber. Michel DHEILLY Il faut un projet… Mickael WAMEN Vous vous foutez de ma gueule. Ce n’est pas votre problème. Michel DHEILLY Je dis que le projet… Mickael WAMEN Si les salariés adhèrent, c’est parce qu’ils y croient, d’accord ? Michel DHEILLY Le projet sera regardé sous cet angle-là. C’est ça que je suis en train de vous dire. Mickael WAMEN Si les salariés y adhèrent, ils y croient. A partir de là, quand vous dites Goodyear ne va pas pouvoir donner un certain nombre de choses. Michel DHEILLY Il faut que l’activité et le marché puissent le permettre. Aujourd’hui, on note une dégradation des marchés. Vous dites que ce n’est pas vrai. Mickael WAMEN Ce n’est pas ce que Taylor disait la semaine dernière. Quand vous dites que Goodyear ne va pas pouvoir nous céder ceci ou cela, à un moment donné, ce n’est pas pouvoir ou pas, il vous sera fait obligation par l’état français et par un certain nombre précis de règles du travail et notamment dans la reprise par SCOP de fournir aux salariés qui veulent reprendre l’usine dans le cadre d’une coopérative ouvrière de leur fournir un certain nombre de brevets et d’obligations. Michel DHEILLY Je laisserai les gens en décider. Mickael WAMEN Maintenant, sur l’achat de la gomme, on peut très bien faire des partenariats avec d’autres pneumaticiens. Qu’est-ce qui vous dit qu’aujourd’hui – je n’en dirai pas plus parce que de toute façon cela ne vous regarde pas – un partenariat avec un grand pneumaticien français ne serait pas effectivement une solution pour les salariés ? Vous n’en savez strictement rien. Michel DHEILLY La dernière fois, ce n’était pas intégré. 300 euros en moyenne de coûts de matières premières n’étaient pas intégrés. Mickael WAMEN Qu’est-ce qui vous dit que nous n’avons pas à l’heure où je vous parle des contacts très intéressants avec un des plus grands pneumaticiens français ? Vous n’en savez rien. Alors, qu’est-ce que ça peut vous foutre ? Je vous dis un truc : je ne suis pas venu dans cette réunion discuter avec vous du projet de démantèlement. Michel DHEILLY Je le regrette. Mickael WAMEN Vous n’avez rien à regretter, vous inquiétez pas. D’abord, je ne vous permettrai pas, ni à vous ni à personne de la Direction, de vous soucier du devenir des salariés. Quand je vois l’état dans lequel vous les avez mis, laissez-nous faire, parce que la seule chose que vous avez su faire, c’est les foutre dans la merde. Voilà ce que vous avez fait. Vous avez licencié et ces gens-là n’ont pas de solution. Michel DHEILLY Cela n’empêche que le projet sera regardé sous cet angle. Mickael WAMEN Nous, on vient. On a peut-être une solution. On ne jette pas l’éponge. Ce n’est pas à vous, Monsieur DHEILLY, de vous soucier du devenir des salariés. C’est à nous devoir avec eux. Ils sont assez grands pour savoir si demain… Michel DHEILLY Au nom de la direction Goodyear, je me soucierai du projet. Mickael WAMEN Cela ne vous regarde pas. Vous ne serez pas Goodyear, vous n’aurez plus rien à voir là-dedans. Ce n’est pas votre problème. Patrice SZYROKI Si je peux – j’essaie depuis tout à l’heure. Il y a quand même une chose importante qui a changé – tel que je le disais dans certaines réunions, que cela soit à Rueil ou à Amiens –, c’est que nous étions contre le premier projet SCOP, oui, pourquoi ? Parce qu’il y avait des repreneurs, des professionnels du pneumatique qui devaient soi-disant reprendre l’usine. Ce n’est plus le cas actuellement. Cela va être une friche industrielle. La deuxième chose, quand on parle de pérennité de l’emploi, il faut effectivement regarder la pérennité de l’emploi. Quelle est la pérennité de l’emploi maintenant sur Amiens ? Rien. Est-ce qu’il vaut mieux un contrat intérim à la SODIE de 6 mois pour pouvoir se casser du congé de reclassement ou avoir une SCOP qui vaut ce qu’elle vaut – on n'en sait rien pour l’instant –, qui durera 24, 30 ou 40 mois ? Mickael WAMEN On s’en fout de ça.

Richard JOUHANNET C’est toujours ça de pris. Patrice SZYROKI La pérennité de l’emploi est là-bas. Mickael WAMEN Ce n’est pas votre problème. Ce n’est plus votre problème. Vous avez licencié du personnel. D’ailleurs, aujourd’hui, vous êtes le directeur d’un établissement dont les seules personnes qui restent – une vingtaine de personnes – sont attelées au démantèlement. D’ailleurs, depuis le mois de décembre, le démantèlement tourisme est fini. Les gens sont dans l’usine et sont payés 35 euros, pour quoi ? Puisqu’il n’y a pas de démantèlement FARM. Michel DHEILLY Nous avons quand même un certain nombre de choses à préparer dans le cadre du projet de démantèlement agraire. Mickael WAMEN Bien sûr, mon cul. Les amis de mes amis étant mes amis, on sait très bien comment cela fonctionne. Ensuite, en ce qui concerne le projet, vous ne pouvez entériner un projet qui n’existe pas encore, qui en est à ses balbutiements. Nous avons demandé un moratoire de six mois que vous refusez. Je trouve cela complètement stupide parce que vous nous laissez que peu de moyens de travail, mais nous allons quand même travailler sans votre feu vert. Je vous demanderai juste une chose : par respect des gens, arrêtez de parler de pérennité de leur emploi. Parce que pour le moment, la pérennité de leur emploi, comme l’a dit Patrice SZYROKI, c’est une réalité, leur projet d’avenir c’est le pôle emploi, d’accord ? Michel DHEILLY Attendez, si ce n’est pas moi qui vous le dis, il y en a d’autres qui vont vous le demander. Mickael WAMEN Qui va nous le demander ? Qui ? Michel DHEILLY Vous verrez. Mickael WAMEN Les salariés en premier. Et quand vous allez dire à un mec « tu mettras 10 000 euros de ta prime de départ dans un projet de SCOP », il va falloir lui en donner des garanties. Ça, ce n’est pas votre problème. Michel DHEILLY Je suis prêt à écouter… Mickael WAMEN Vous n’écoutez rien du tout parce que ça ne vous regarde pas. Nous irons le présenter à des gens qui viendront l’imposer à vous, Goodyear. Et vous quitterez les murs, avec vos bureaux et vos bagnoles. Vous dégagerez et nous reprendrons les murs. Michel DHEILLY Ce que je regrette… Mickael WAMEN Je voudrais demander juste une chose, c’est de bien faire attention à l’outil de travail. L’outil de travail est hyper-important. Michel DHEILLY Nous avons une réunion aujourd’hui, dans laquelle vous avez demandé un point sur le projet de reprise de l’activité agraire dans le cadre de la SCOP présentée par les salariés licenciés. C’est vous qui avez demandé que l’on rajoute ça à l’ordre du jour. Aujourd’hui, vous dites : « de toute façon, je ne dirai rien. » Je ne vois pas l’intérêt d’avoir mentionné cela dans un ordre du jour. Mickael WAMEN Nous n’allons rien vous dire. Vous savez pourquoi, Monsieur ? Parce que cette réunion-là, nous aurions dû la faire quand le projet était finalisé. Vous ne nous avez pas laissé le temps et vous accélérez. CE exceptionnel le 12. CHSCT aujourd’hui. Vous voulez aller très vite, pourquoi ? Parce que votre objectif est de commencer de mettre des clés à molette au cul des bécanes et à les démonter avant même que nous ne puissions rendre un projet, parce que le projet de SCOP vous met dans la merde. Michel DHEILLY Non, pas du tout. Mickael WAMEN Le groupe est dans la merde. Bien sûr. Parce que la seule chose que vous voulez répondre, c’est : « ce que la CGT présente, ce n’est pas sérieux, il n’y a pas d’avenir pour les salariés ». Michel DHEILLY Non ! Mickael WAMEN Mais qu’est-ce que ça peut vous foutre ? Vous avez foutu dehors les gens. Ce n’est plus votre problème. Michel DHEILLY Laissez-moi quand même répondre sur le calendrier. Mickael WAMEN Les gens sont des parents, des pères de famille pour la plupart, et ils savent très bien que s’ils mettent des billes dans un dossier, c’est que le dossier tient la route et qu’ils y croient. Et quand les gens croient en quelque chose, ils le font vivre. La seule chose qui pourrait empêcher de faire la SCOP, c’est vous. C’est vous, Goodyear ! Michel DHEILLY Pourquoi voulions-nous faire une réunion début février ? Parce que nous voulons donner la possibilité à chacun des membres de pouvoir poser des questions sur le projet de démantèlement avant que la consultation ne puisse prendre effet trois mois après la présentation. Dans le courant du mois de mars, nous reviendrons vers vous pour vous consulter et vous allez dire : « attendez, vous ne nous avez même pas donné l’opportunité de poser des questions, de faire des réunions, vous ne nous avez rien expliqué. » Mickael WAMEN Dans le courant du mois de mars, nous aurons peut-être un projet de SCOP. Michel DHEILLY Lorsque nous sommes en réunion pour partager les informations dont on dispose et qu’on voudrait partager avec vous pour éventuellement compléter et apporter des éléments de réponse qui peuvent vous soucier, vous dites : « allez vous faire foutre avec votre documentation. » Mickael WAMEN D’abord j’ai été poli, je ne vous ai pas dit ça. Michel DHEILLY « On en a rien à faire. » Mickael WAMEN Est-ce que je vous ai dit « allez vous faire foutre » ? Michel DHEILLY Vous avez dit que vous ne vouliez pas l’entendre. Mickael WAMEN Est-ce que je vous ai dit « allez vous faire foutre » ? Michel DHEILLY Non. Mickael WAMEN Alors pesez vos mots. Vous me faites suffisamment parler pour des choses que je n’ai pas dites. Ne dites pas que je vous ai dit : « allez vous faire foutre ». Je suis plus poli que ce que vous venez de dire. D’accord ? Michel DHEILLY C’est bien la première fois, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN D’abord, un, votre propos est gratuit. Ce n’est pas la première fois. Si j’avais voulu vous dire « je vous emmerde », je vous l’aurais dit en face. Michel DHEILLY Reprenez les PV. Mickael WAMEN Est-ce que je vous ai dit « je vous emmerde » depuis ce matin ? Michel DHEILLY Aujourd’hui, non. Mickael WAMEN Bon alors. Michel DHEILLY Je vous le dis : c’est bien la première fois. Mickael WAMEN Et puis arrêtez de vous plaindre, on dirait Caliméro. Vous savez quoi, vous avez besoin de vous ressourcer aussi. Michel DHEILLY Lorsque nous allons vous consulter, vous direz : « attendez, vous n'avez pas fait de réunion. » Et aujourd’hui, nous faisons des réunions… Mickael WAMEN Arrêtez un peu Harry Potter. Vous savez déjà ce qui va se passer à la prochaine réunion. Attendez un peu, soyez calme. Michel DHEILLY Je suis calme, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN Et respectez un peu les demandes des élus. Je vous ai demandé une suspension de séance. Ce n’est pas possible. Michel DHEILLY Je vous ai écouté sur ce que vous aviez à dire sur le projet de SCOP. Mickael WAMEN Nous n’allons pas nous énerver. Michel DHEILLY Je ne m’énerve pas. Mickael WAMEN Nous avons l’opportunité de proposer à des salariés le redémarrage de l’outil industriel. Avant même que vous puissiez dire non, laissez-nous l’opportunité de travailler là-dessus. Nous sommes en cours d’élaboration. Il y a tout un tas de gens qui travaillent dessus. J’attendais la réponse de la Direction. Pour tout vous dire, je n’allais pas démarrer réellement les travaux parce que je pouvais aussi m’attendre à ce que vous disiez « oui » pour un moratoire de six mois. Malheureusement, vous avez dit non. Maintenant, il faut que nous accélérions la cadence. Ce que j’ai dit aux gens qui travaillent sur le dossier, c’est que je veux quelque chose de fini, sérieux et très peu contestable. Par contre, si la seule contestation que vous allez mettre en évidence c’est de dire : « on a besoin, et moi en tant que directeur, de savoir ce que vont devenir les gens ». Il n’y a pas un mec aujourd’hui qui vous fait encore confiance. Vous les avez licenciés. Les seuls qui peuvent vous faire encore confiance, c’est ceux que vous avez pistonnés chez DUNLOP, notamment vos copains. Notamment un. Enfin bref. Cela étant, ce que je constate, c’est que nous sommes dans un établissement où l'on continue, en petits groupes, à s’octroyer des petits droits, des petits ceci, des petits cela, parce que tant qu’on fait cela, ça arrange tout le monde. Pendant ce temps-là, il y a des gens qui sont chez eux, dans l’incertitude la plus complète, qui vont à la SODIE, qui ressortent sans rien et qui voient le Pôle emploi arriver. Nous arrivons en disant que, puisque Taylor et Goodyear n’ont pas été capables de se mettre d’accord parce que c’est des manches et qu’ils sont incapables de discuter ensemble, nous allons arriver avec un nouveau projet qui n’est pas le même que la dernière fois parce qu’il prend d’autres critères et d’autres obligations en compte. Michel DHEILLY Heureusement. Attendez, vous ne voulez pas écouter les raisons pour lesquelles nous avons aujourd’hui mentionné un refus. Quand on n’intègre pas le développement… Mickael WAMEN Je les connais les motifs de refus. Je les ai eus par courrier vingt fois. Michel DHEILLY Il y avait 300 euros de matières premières qui n’étaient pas pris en compte, vous vendiez vos pneus 150 euros au-dessus du barème dans le projet de SCOP d’il y a deux ans. Mickael WAMEN Monsieur ! Je ne suis pas là pour savoir pourquoi vous avez refusé en 2012. Je suis là pour vous dire : « nous avons un projet de SCOP ». Michel DHEILLY Moi, je dis aujourd’hui qu’il n’y a pas de projet de SCOP. Mickael WAMEN Vous avez accepté le point. Michel DHEILLY Je suis prêt à l’entendre votre projet de SCOP ! Mickael WAMEN Ce que j’aurais aimé vous entendre dire aujourd’hui, c’est : « Monsieur WAMEN, on attend que vous le finalisiez, vous nous le présenterez et nous l'étudierons avec vous. » C’est ça que je veux entendre. Michel DHEILLY Vous ne voulez pas le présenter. Mickael WAMEN Vous n’êtes même pas en train de dire ça. Laissez-nous le finaliser. Michel DHEILLY Nous l’avons mis à l’ordre du jour, avec toutes les réserves que l’on connaît. Mickael WAMEN Le seul projet que vous avez, c’est de flinguer le site une dernière fois. Michel DHEILLY Non. Mickael WAMEN Ça, on ne vous laissera pas faire ! Nous avons un projet en cours d’élaboration. Michel DHEILLY Ce que je ne veux pas, c’est laisser encore de l’espoir. Mickael WAMEN Il vous a fallu cinq ans pour soi-disant trouver un accord avec Titan qui s’est voué être un échec. Nous, il nous faut trois à quatre mois. Patrice SZYROKI Mais c’est normal. Michel DHEILLY Oui, c’est normal Monsieur SZYROKI. Vous allez nous rappeler pourquoi, je pense. Patrice SZYROKI Mais si c’est normal, voyons. Il est normal qu’une société telle que Titan ne veuille plus du groupe Goodyear lorsque l’action passe de 25 dollars à 8,94 actuellement. Titan a des problèmes financiers et tout le monde le sait. Michel DHEILLY Ce n’est pas ce que vous disiez il y a encore quelques mois. Vous avez radicalement changé de discours. Mickael WAMEN Sauf que la bourse ne change pas de cours. Patrice SZYROKI J’ai radicalement changé de discours, c’est vrai, parce qu’il y a quelques mois, on croyait tous en Titan ici. Mais maintenant qu’il n’y a plus de Titan, on croit en quoi ? Uniquement une friche industrielle. Michel DHEILLY Quand vous donniez les raisons pour lesquelles Titan n’est pas venu, ce n’était pas tout à fait les mêmes que celles que vous mentionnez aujourd’hui. Patrice SZYROKI Peut-être à l’époque, bien sûr. Michel DHEILLY Vous pouvez peut-être les rappeler. Cela serait de l’honnêteté. Patrice SZYROKI Vous non plus, vous n’êtes pas honnête. Michel DHEILLY Bien sûr que si, je suis honnête, parce que je suis en train de dire qu’il y a un faux débat sur le projet de SCOP. C’est mon sentiment. On va continuer à laisser croire aux gens… Mickael WAMEN C’est parfait, continuez à parler comme ça dans le PV, cela m’arrange bien. Michel DHEILLY On va laisser croire aux gens qu’il y a des possibilités aujourd’hui, que l’activité agraire est florissante alors que c’est complètement faux. Mickael WAMEN C’est vrai. Patrice SZYROKI Ce n’est pas laisser croire, c’est essayer de voir s’il est possible de croire. Mickael WAMEN L’activité agricole Amiens Nord aujourd’hui n’est pas florissante parce que vous l’avez arrêté. Par contre, l’activité agricole en Europe et dans le monde est florissante, Monsieur, parce que vous avez un mec qui s’appelle Taylor qui aujourd’hui cherche une usine en Russie, et va l’acheter. Michel DHEILLY Continuez à le croire. Mickael WAMEN Il n’achète pas une usine pour faire des roues de bagnoles. Il fait bien des roues de tracteurs. Quand vous avez un site industriel à Beauvais qui a multiplié par deux ses capacités de production, c’est bien parce qu’ils vendent des tracteurs, et sur les tracteurs, on met bien des pneus. L’activité pneumatique agricole se porte bien. Michel DHEILLY C’est bien de nous rappeler que cela fait un an et demi que nous n’avons pas livré un pneu à Beauvais et que pour autant, les tracteurs ont des pneus. Mickael WAMEN Mais c’est normal ! Dans dix ans, vous serez chez vous en train de vous faire chier, en disant : « mais ouais, effectivement, j’avais raison, parce que même aujourd’hui on en vend plus des pneus Goodyear ». C’est ça que je veux vous interdire de faire. Nous voulons redémarrer l’activité. Nous voulons vendre des pneus Goodyear. Nous n’en vendrons peut-être pas autant que Goodyear en a vendu au début, mais il faut nous laisser redémarrer tranquillement, reprendre les parts de marché que vous avez laissé perdre tout doucement. Cela étant, quand on peut imager qu’aujourd’hui, le marché ne s’est pas effondré de 14 ou 15 % en Europe ni dans le monde du pneumatique agricole, il s’est effondré de deux points. Quand vous perdez 14 % de parts de marché ou que vous les laissez à la concurrence, on peut très bien imaginer qu’il y a forcément un concurrent qui, à un moment donné, a augmenté sa part de marché de 14 %. Aucun ! Ils sont tous soit en stagnation, soit en diminution. Cela veut dire que les parts de marché du groupe Goodyear sont toujours existantes. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que je reste persuadé que si demain ça redémarre, des gens vont racheter du pneu Goodyear parce qu’on avait la performance, qu’on avait des pneus qui étaient bons, qui avaient une bonne image de marque. Maintenant, il va falloir un système de recherche et développement, il va falloir un service commercial. Vous avez licencié des commerciaux avec qui je suis en contact actuellement, qui sont prêts à aller redémarcher leurs clients – je parle pour la France, mais après il y a l’Europe. Effectivement, il y a un certain travail à faire. Cela ne va pas se faire en claquant des doigts, mais laissez-nous l’opportunité de le faire. Maintenant, quand vous essayez de faire dire à Patrice SZYROKI que l’échec des négociations avec Taylor incombe uniquement à la CGT et notamment à Mickael WAMEN et à Fiodor RILOV, leur avocat, je trouve ça lamentable de votre part, parce que je vais vous dire quelque chose, Monsieur. Quand je vous ai alerté pendant des années, avant que vous ne soyez directeur du site, quand j’allais voir SMITH, toute la clique bien avant vous, je disais : « effectivement, nous avons un vrai problème aujourd’hui. Nous sommes sur un marché et nous ne sommes pas capables d’alimenter ce marché parce que nous ne sommes pas bons en investissements. » On me disait : « mais si, on est bons, on est ceci, on est cela. » On n’a pas fait le nécessaire. Quand Taylor est arrivé en France et a proposé son projet de reprise, j’ai été le premier à dire : « nous ne sommes pas défavorables à un projet de reprise dès lors qu’on garantit l’emploi. » Michel DHEILLY C’est peut-être pour ça que vous l’avez assigné alors. Mickael WAMEN Vous ne connaissez pas tout le dossier, c’est pour ça. Vous n’en connaissez quelques paragraphes. Michel DHEILLY C’est vrai que cela fait très peu de temps que je suis dans la compagnie. Mickael WAMEN Mais c’est normal, vous venez d’arriver comme directeur, vous ne pouvez pas tout savoir. Ce que je veux dire par là, c’est que contrairement à vous, Monsieur DHEILLY, nous on s’est dit : « nous pouvons croire à un projet de reprise ». Mais à partir du moment où les salariés avaient cœur à un emploi, contrairement à aujourd’hui, on s’est dit : « ne vaut-il pas mieux essayer de conserver son emploi dans le groupe Goodyear, avec un élément prioritaire, qui était de dire que si demain, Goodyear fermait son site, les gens partiraient avec des indemnités assez conséquentes. » Parce que Goodyear était côté en bourse, avait non seulement un site en France mais aussi des valeurs financières en France avec ce qu’on appelle le siège social. Or, si Taylor achetait dans les conditions de 2012, et qu’il n’avait aucune plus-value financière en France ni en Europe, pas de site industriel hors celui français et qu’il n’avait pas de siège social en Europe ni France, si les salariés avaient été licenciés par Taylor au bout de 24 mois, les gens étaient licenciés sans aucune indemnité. Ça, c’est le vrai problème, et c’est ce que la justice française a dit. Ce n’est pas la CGT, ce n’est pas WAMEN, c’est la justice française qui a dit à Taylor : « votre projet est squelettique. Refaites un projet et à partir de ce moment, nous analyserons. » Quand j’ai demandé à Taylor, que j’ai rencontré une deuxième fois, de nous refaire un business plan sur cinq ans, il m’a dit : « hors de question ». Je suis retourné voir la Direction – je vous redis ce que j’ai dit la dernière fois et j’espère que cette fois-ci vous allez comprendre. Nous étions en réunion à Paris et j’ai dit à DUMORTIER et à son avocat, Joël GRANGE : « faites-nous donc un courrier dans lequel vous vous engagez à verser les indemnités à la hauteur d’un PSE Goodyear si le repreneur est défaillant, puisque vous nous dites qu’il n’y a pas de risque et qu’au-delà des deux ans, il restera parce qu’il ne vient pas en France pour se barrer au bout de deux ans. » DUMORTIER s’est levé et s’est barré. Ça veut dire ce que ça veut dire. Aujourd’hui, après coup, je me dis la chose suivante : « si en 2012, il y avait eu le PDV et la reprise par Titan à la fois, aujourd’hui il y aurait 537 personnes qui auraient été licenciées par un Américain, sans aucune indemnité. » La différence aujourd’hui est de taille : c’est qu’à l’heure où je vous parle, les gens sont encore payés par Goodyear. Ils ont un système de protection sociale qui est encore à la hauteur de ce que nous avons négocié et que s’ils avaient été licenciés par Taylor en 2014, aujourd’hui ils seraient tous en fin de droit et certainement dans la misère, ce qui n’est heureusement pas encore le cas et j’espère que nous gratterons encore quelques mois dans les jours à venir. Nous nous disons aujourd’hui la chose suivante : « nous avons l’opportunité de faire un projet de SCOP. Nous y travaillons sur des bases totalement différentes. Nous n’avons pas la pression d’avoir un repreneur. On sait pertinemment que Goodyear ne va pas redémarrer la recherche et développement sur le site d’Amiens Nord. Mais on a trouvé, nous, des gens qui veulent faire de la recherche et développement en France, parce qu’il existe des écoles qui mettent à disposition des gens de recherche et développement qui vous coûtent peau de zob, Monsieur. Et ça, vous ne le savez pas, mais moi je vous le dis. Et tout cela vous sera présenté. Nous allons vous faire un projet clair, net, précis et détaillé. Bien évidemment, si vous venez et que vous dites : « on ne peut pas l’accepter parce que vous ne garantissez pas l’avenir des salariés. », ça va nous faire marrer, mais surtout nous mettre en colère. Vous l’avez vu tout à l’heure. Quand vous essayez de jouer à ce jeu-là, il n’y en a pas un dans l’instance qui peut vous dire qu’on peut être d’accord avec vous. Ne parlez pas d’avenir des salariés avec ce que vous êtes en train d’en faire. Arrêtez de nous prendre pour des cons. Maintenant, il faut effectivement plusieurs éléments. Il faut d’abord l’adhésion des salariés. Une SCOP n’a pas lieu d’exister si les salariés n’y adhèrent pas. Si nous n’avons pas 300 mecs qui se lèvent en disant : « oui, on y croit à tout projet. Oui, il est bon et on y met des billes. » Michel DHEILLY Oui, parce qu’il faut des fonds. Mickael WAMEN On avance. Une fois que c’est fait, nous allons le présenter. A qui allons-nous le présenter ? Aux organismes d’Etat qui aujourd’hui travaillent dans l’intérêt des SCOP. C’est eux qui valident ou pas un projet de SCOP. Ils vous mettent au cul quelqu’un qui est spécialisé dans les SCOP, qui regarde si le projet est viable ou pas, les parts de marché, la croissance, les perspectives d’avenir, le projet en tant que tel, la recherche et développement, les équipements, etc. Il y a une visite de site qui se fait. Une fois que c’est fait, vous avez derrière des choses à faire valider par des experts financiers, des espèces de comptables à très haut niveau qui viennent dire : « voilà, votre projet est viable ou il n’est pas viable ». Une fois que vous avez franchi ces étapes-là, vous revenez voir celui qui met en vente – puisqu’aujourd’hui, quand vous dites « on démantèle et on va abandonner le site », on peut considérer qu’à travers la loi Florange, vous avez obligation de regarder toutes les offres, et nous allons vous faire une offre. Après, elle sera rejetée ou pas, je m’en fous, mais aujourd’hui vous me dites : « oui mais Monsieur WAMEN, vous me mettez « projet de SCOP » à l’ordre du jour ». Moi, ce que je veux entendre, c’est la position du groupe Goodyear sur un nouveau projet de SCOP. Parce qu’aujourd’hui, je ne peux pas vous dire qu’il va y avoir 300, 400, 500 personnes. Je ne peux pas vous dire combien de pneus nous allons fabriquer par jour. Je sais aujourd’hui – et je le sais depuis le dernier CCE –, c’est que le volume d’activité que nous aurions dû faire ici, il a été vachement augmenté du fait de l’arrêt définitif de toute activité agricole du groupe Goodyear dans la zone EMEA. Michel DHEILLY Sous réserve que les équipements peuvent faire les pneus BIAS qui étaient fabriqués en grande majorité. Mickael WAMEN Ça se transfère, les équipements. Et puis nous avons fait ici du BIAS pendant des années. Nous avons même fait ici du pneu génie civil. Eux, nous en avons fait 714 en 2013. Donc nous en avons fait. Cela veut dire que l’outil de travail est non seulement adapté, mais que les salariés s’adaptent très vite. Richard JOUHANNET Bien sûr. Michel DHEILLY J’ai des réserves techniques quant à la possibilité de faire des pneus BIAS avec les machines. Mickael WAMEN A partir du moment où nous aurons franchi toutes ces étapes, cela demandera un certain temps. Vous comprenez bien que nous n’allons pas vous donner aujourd’hui un avis ou même aller dans le détail d’un démantèlement alors que nous en sommes aux balbutiements d’un projet de SCOP, qui prend effet, dans lequel nous avons mandaté un certain nombre de personnes qui prennent à temps plein ce dossier. Ce que nous voulons également faire – ça aussi, c’est une nouveauté –, c’est que, contrairement au premier projet SCOP où nous avions les parts de marché et les clients, nous avons une personne, un ancien salarié de Goodyear qui a été viré et qui est chez lui, qui travaille donc à plein-temps pour nous, dont le travail unique va être de rappeler tous les revendeurs de pneumatiques pour leur demander quel est leur envie sur la marque Goodyear : est-ce qu’ils sont prêts à racheter de la marque Goodyear ? Si oui, sous quel pourcentage, etc. A partir de là, ce que nous souhaitons faire, c’est une trame complète de la France, pour regarder sur un marché potentiel combien de revendeurs de pneus Goodyear, c’est-à-dire de gens qui nous achetaient des quantités assez astronomiques de pneumatiques, sont prêts à en reprendre, et faire à partir de là un business plan sur cinq ans. Michel DHEILLY Quand vous parlez de revendeurs, ce sont des revendeurs au marché de remplacement ou première monte ? Mickael WAMEN Le marché le plus rentable, c’est le remplacement. Nous allons d’abord essayer de travailler sur le remplacement. Michel DHEILLY En termes de volumes, c’est la première monte. Mickael WAMEN En première monte, si vous avez aujourd’hui des pneumatiques qui correspondent à ce que Michelin était capable de faire, à ce que Taylor est capable de faire – parce que je vois les pneumatiques fabriqués par Taylor au Brésil, ils sont quand même très proches des pneumatiques que nous fabriquions ici. Au Brésil, contrairement à ce qui nous avait été dit, Taylor fabrique du pneu radial. Il ne fait pas que du conventionnel. C’est complètement faux. Sur les derniers événements en date dans le monde du pneumatique agricole, Taylor a reçu une vingtaine d’awards sur des pneumatiques radiaux nouvelle génération. Cela veut dire qu’aujourd’hui, il a la technologie et la capacité pour faire. Il ne veut pas venir en France mais par contre, il fait l’acquisition d’une usine en Russie. Je pense que vous le savez mieux que moi, la Russie fait partie de la zone EMEA. A partir du moment où vous avez une usine en Russie qui fait partie de la zone EMEA, vous avez peut-être aussi besoin de parts de marché. A ce que je sache, ce que vous êtes en train de nous reprocher, vous pouvez très bien le reprocher demain à Titan. Vous êtes en train de nous dire, Monsieur DHEILLY : « Monsieur WAMEN, Messieurs de la CGT, vous espérez faire un projet de SCOP alors que de toute façon aujourd’hui nous n’avons pas la part de marché, nous n’avons même plus la marque Goodyeard, etc. » C’est exactement pareil pour Taylor. Taylor arrive aujourd’hui sur un marché qui est soi-disant mature en Europe et où tous les pneumaticiens se partagent 100 % du business. La part de marché, c’est 100 %, et chaque pneumaticien prend une part des 100 % : Michelin, Continental, Trelleborg. Là, vous avez Goodyear qui se retire. Mais Titan n’existe toujours pas en zone EMEA. On est bien d’accord ? Cela veut dire que Taylor va arriver avec une usine russe et va d’un seul coup se frayer un chemin phénoménal dans un marché qui est soi-disant saturé et mature, alors que nous, avec notre projet de SCOP, nous ne pourrions pas faire la même chose ? Attendez, c’est complètement incohérent ce que vous dites. Nous avons un avantage, c’est que si nous achetons l’usine, nous sommes obligés aussi d’acheter les brevets Goodyear, c’est-à-dire d’être dépositaires de la marque Goodyear. Elle a un prix. Ce qui va coûter le plus cher aux salariés, ce n’est pas l’outil de travail ou le site – le site aujourd’hui, si je retire le coût de la dépollution que vous n’aurez pas à faire, si l’Etat retire les 24 mois de chômage qu’il n’aura pas à payer, etc., je pense que le site nous reviendra à un euro symbolique. Par contre, ce qui va nous coûter un peu de blé, c’est l’utilisation de la marque Goodyear. Pourquoi ? Parce que tous les mois, nous allons être obligés, comme Titan – et vous n’aurez pas d’autre solution –, de vous verser des royalties. Tant de pour cent sur chaque pneu vendu reviendront au groupe Goodyear. Taylor va avoir un sérieux problème aujourd’hui. Taylor va se pointer en Europe avec une usine en Russie pour venir alimenter son marché de pneus non pas de Goodyear made by Titan, mais de pneus Titan, puisqu’il ne pourra plus faire de Goodyear made by Titan puisque nous aurons eu la marque. Il va arriver avec des pneus Titan sur un marché mature soi-disant saturé et il aura beaucoup plus de difficultés que nous puisqu’autant vendre du Titan, c’est très compliqué parce qu’il n’a jamais été présent sur le marché de l’Europe, autant vendre du Goodyear, c’est relativement simple parce que les gens connaissent la marque Goodyear. Vous voyez, quand je vous dis qu’on y travaille, croyez-moi qu’on y travaille. Vendredi encore, j’étais à Paris avec des gens pour bosser sur ce projet, d’accord ? Michel DHEILLY Je ne suis pas en train de dire que vous ne travaillez pas dessus. Mickael WAMEN Je ne peux pas vous dire qu’il sera prêt semaine prochaine. Je ne peux pas vous dire qu’il sera certainement prêt fin février, parce que je n’ai pas envie de présenter quelque chose qui ne ressemble à rien et que vous balayez d’un revers de main. Nous allons présenter un projet qui sera validé par des organismes d’Etat très sérieux, pour qu’il soit le moins possible démontable. Michel DHEILLY C’est ce que j’ai compris dans le process. Il y a un certain nombre de validations à faire avant d’arriver chez nous. Mickael WAMEN Maintenant, aujourd’hui, vous me dites : « Monsieur WAMEN, je vous confirme qu’on va faire une information/consultation dans le cadre du démantèlement. » Non, Monsieur, je ne peux pas. Il est hors de question. C’est pour cela que je vous demande une suspension de séance, pour que nous puissions sortir une délibération et la voter. Je vous le dis très clairement : nous ne resterons pas dans cette réunion aujourd’hui parce que notre objectif n’est pas d’aller vers un consensus sur un démantèlement, il est d’essayer de trouver une solution qui redonne une possibilité d’emploi à plusieurs centaines de personnes, avec leur adhésion. Vous savez, je vais vous dire quelque chose. Quand vous avez fait adhérer des gens à un projet, quand vous dites aux gens que le billet d’entrée est de tant... Ce n’est pas nous qui allons définir de combien sera le billet d’entrée parce que ce qui va définir le montant du billet d’entrée, ce sera d’abord les allègements de charges que nous pourrons obtenir, les fonds de l’Etat, les fonds de l’Europe, etc. A partir de là, il va bien falloir que nous ayons un fonds de roulement, une caisse de trésorerie, pour que nous puissions acheter les matières premières, payer les salariés, etc. Cela veut dire que quand le mec va adhérer, il sait pertinemment qu’il prend un risque, parce que personne ne va pouvoir signer un document disant : « il n’y a aucun risque ». Quand vous voyez que sur dix SCOP créées en France – c’est la moyenne des dix dernières années –, aucune aujourd’hui n’est fermée. Cela veut dire que tous les projets de SCOP sont viables. Tous. Michel DHEILLY Pas forcément dans une industrie aussi compliquée que le pneumatique… Je ne suis certainement pas expert dans les SCOP mais... Mickael WAMEN Vous devriez vous y intéresser. Vous verrez, c’est très intéressant. Quand vous êtes dans la métallurgie, dans une entreprise donc le concurrent direct s’appelle MITTAL, je peux vous garantir que Lakshmi MITTAL, ce n’est pas Michelin. Lakshmi MITTAL, c’est un mec qui a les dents longues, et vous savez ce qu’il a fait à Florange et ce qu’il va faire ailleurs. Les gens travaillaient indirectement pour Lakshmi MITTAL puisque c’était entre autres des sous-traitants du site de Florange. L’activité étant ce qu’elle était parce que MITTAL a décidé de délocaliser toute une partie de son activité, ils ont décidé de reprendre l’activité en créant une SCOP, tout en s’adaptant au potentiel du marché initial. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas vu les parts de croissance sur les cinq ou dix années à venir. Ils se sont dits : « Voilà, le marché nous dit aujourd’hui : 33 salariés. » Ils ont repris 33 volontaires. Les 33 volontaires ont tous signé une feuille d’engagement dans laquelle ils disent très bien qu’ils savent pertinemment que les cinq ou dix mille euros qu’ils mettent peuvent être perdus dans six mois ou dans un an. Michel DHEILLY Ce que je veux dire, c’est que là, vous parlez d’une SCOP avec 30 personnes. Là, on parle d’une SCOP de 300 personnes. Mickael WAMEN Quand vous avez des chèques déjeuners – vous n’en avez pas besoin, vous avez tous les jours du fric, vous –, chaque chèque déjeuner est édité par un salarié d’une SCOP. Les chèques déjeuners sont une SCOP. Ce sont des centaines de salariés de France qui travaillent dans une coopérative. Les chèques déjeuners, c’est un dépôt de bilan d’une multinationale. Michel DHEILLY Ce n’est pas comparable. Mickael WAMEN Bien sûr que si, tout est comparable. Michel DHEILLY Le fonds de roulement n’est pas comparable. On parle d’industrie lourde qui nécessite de la distribution, du développement. Mickael WAMEN Taylor n’est pas un débile. Taylor va acheter une usine en Russie, dans une zone qui est géopolitiquement est l’une des plus incertaines de ce monde. Quand vous êtes industriel de ce niveau, vous calculez le risque géopolitique. Vous n’avez pas d’autre solution. Si j’étais en Russie, je vous garantis que je ne verrais pas pour faire une SCOP. D’abord, je n’aurais pas le droit, on me couperait les couilles, et je crois que je ne serais pas syndicaliste en plus. Cela n’empêche pas que Taylor, lorsqu’il arrive en Russie en disant « je veux acheter une usine pour arroser le marché européen », c’est qu’il sait deux choses : un, la situation géopolitique est quand même assez dangereuse. C’est instable. Michel DHEILLY C’est le moins que l’on puisse dire en ce moment. Mickael WAMEN Demain, Poutine pète un plomb, serre les vannes et dit : « allez, tout pour moi, rien pour les autres. » Ça peut être réglé du jour au lendemain. Il ne va pas jouer au kéké avec le père Poutine. Sauf que Poutine, comme c’est un magouilleur de première, il va l’arroser de quelques millions de dollars et l’affaire sera réglée. Sauf que Taylor est quand même tout sauf con. Soit Taylor sait qu’il a dans son portefeuille clients les parts de marché que Goodyear lui a vendu en 1998 en même temps que l’acquisition des usines aux Etats-Unis. Vous pouvez rire mais c’est ce que je pense. Ce n’est pas parce que je le pense que j’ai raison. Soit Taylor sait pertinemment que vous ne lui avez pas vendu les parts de marché, mais que vous lui laissez une place nette. Mais il va avoir un énorme problème. Je continue à le dire. Parce que s’il fait des pneus Titan, il ne les vendra pas. Vous avez le reportage sur France 2 ? Complément d’enquête ? Vous avez vu les pneus ? C’est Goodyear en énorme et made by Titan en tout petit. Cela veut dire ce que ça veut dire. Ça veut dire qu’il est pas con, le mec. Il sait pertinemment que ce qui fait vendre son pneu, c’est la marque Goodyear. Si c’était que du Titan, il n’en vendrait pas. Aujourd’hui, il a besoin de la notoriété de la marque et du savoir-faire de la marque. Quand vous arrivez chez un revendeur de pneus – en tout cas, c’est ce que les mecs qui ont été licenciés, notamment un mec à Lyon qui a été viré comme une merde et qui d’ailleurs est au tribunal contre Goodyear, me disent : « quand on arrivait chez les gros revendeurs en remplacement, on avait en face Michelin, certainement pas Telleborg ni les plus petits, ni Pirelli. » Les deux concurrents directs de Goodyear, c’est Michelin et Continental, dans les mêmes gammes, sauf que Michelin est un peu plus haut niveau tarifaire, et a surtout un avantage, c’est l’avantage du cœur. Les agriculteurs sont français, ils achètent des produits Michelin. Cela n’empêche pas qu’il y avait des partenariats qui étaient faits de telle sorte que quand vous êtes en équipement d’origine sur Goodyear, généralement vous avez une chance sur deux de reprendre un Goodyear, surtout s’ils étaient satisfaits du produit. Cela veut dire que l’image de marque et la notoriété de Goodyear existent encore. Il faudra – et ça, c’est statistique – à peu près dix ans, si demain il n’y avait plus de pneus Goodyear sur le marché, pour que les gens oublient cette marque. L’expert l’a dit à la Direction. Florent PERODIN a raison. D’ailleurs, il y avait une expertise qui avait été faite là-dessus et qui était intéressante. Dans le monde du pneu, quelle était la marque qui était mise en avant aujourd’hui en France ? Michelin et ensuite Goodyear. C’est comme par exemple sur les sodas. Qui est mis en avant ? On dit Coca-Cola. Vous croyez que si demain Coca-Cola arrête de vendre du Coca-Cola en France pendant 5 ans, ils reviennent dans 5 ans, ils ne vont plus vendre de Coca ? Mais tout le monde va se jeter sur la bouteille de Coca. Nous pourrions avoir en plus un effet d’aubaine et un effet nouveau, qui consiste à dire que Goodyear a arrêté des pneumatiques pour X raisons. Nous, on redémarre, et en plus on améliore la technicité du pneu Goodyear et on fait mieux que Michelin. Effectivement, cela va demander des efforts. Il y a énormément de travail. Il faut des gens motivés, des gens disciplinés. Il faut des gens qui y croient. Mais quand vous demandez à des gens d’intégrer financièrement quelque chose qui leur appartient dans un projet, c’est comme si vous demandez à quelqu’un d’hypothéquer sa baraque parce son gamin a un projet d’avenir. Vous n’hypothéquez pas votre baraque uniquement parce que vous avez envie de le protéger. Vous hypothéquez votre baraque parce que vous croyez aussi en son projet. Là, c’est exactement la même chose. Aujourd’hui, pour moi, je vous le dis très clairement : il est totalement prématuré de parler avec vous d’un projet de démantèlement de l’outil industriel parce que, pour moi, l’outil industriel n’a pas à être démantelé. Je ne sais pas si le projet aura votre adhésion ou pas. Tout ce que je sais, c’est que le projet sur lequel nous sommes en train de travailler, doit avoir – votre adhésion, à la limite, je m’en fous – d’abord et en priorité l’adhésion des salariés. S’il n’a pas l’adhésion des salariés, ce n’est même plus la peine d’en parler. Vous comprenez bien qu’il faut que nous soyons percutants et pertinents, et pour être percutants et pertinents, nous devons avoir tous les éléments. Quand nous allons avoir, par exemple, un retour des entretiens téléphoniques ou des mails échangés avec tous les revendeurs de pneumatiques agricoles en France dans un premier temps et qui nous disent à 80 % qu’ils sont sûrs de reprendre des Goodyear dans les mêmes conditions, cela veut dire que les parts de marché sont là et qu’il y a des perspectives d’avenir importantes. Nous ne partons pas sans rien. Nous ne sommes pas sur une terre où il n’y a rien. Le terreau est fertile. Vous avez pendant des années mis de l’engrais. L’activité agricole est une activité qui a permis à Goodyear d’avoir une image de marque… Michel DHEILLY C’est une activité déficitaire et vous ne voulez pas l’entendre. Mickael WAMEN Je m’en fous. Monsieur DHEILLY, écoutez-moi bien. L’activité agricole est déficitaire pour Goodyear parce qu’elle fait partie d’un contexte global. L’activité agricole seule dans un contexte seul avec des coûts limités de recherche et développement à cette seule et unique activité, avec des salariés qui sont employés uniquement à cette seule et unique activité, est bénéficiaire, parce que le groupe Michelin en fait une activité bénéficiaire, parce que le groupe Michelin a un site dédié à l’activité agricole en France pour l’ensemble de l’Europe et que le groupe Michelin, aujourd’hui, a fait monter cette usine en puissance à un tel point que la recherche et développement – parce que qu’est-ce qui fait qu’une activité peut être déficitaire ? Michel DHEILLY Je ne peux jamais répondre. Mickael WAMEN C’est quand vous avez tout un tas d’activités qui gravitent autour. Quand vous avez quatre banburys qui travaillent pour des activités mixtes et que vous n’en faites plus tourner que deux, vous avez effectivement des coûts fixes pour rien. Quand vous avez des effectifs pour faire tourner sur deux activités où vous n’en faites tourner qu’une, et encore à sa sous-capacité de production, vous faites exploser vos coûts de production. Nous, aujourd’hui, ce que nous voulons, c’est une rationalisation de l’outil de travail. Il n’est pas rationalisé. Michel DHEILLY Il y a les coûts de recherche et développement, les coûts de distribution. Mickael WAMEN Monsieur DHEILLY, il manquait énormément d’investissements pour rationaliser l’outil de travail parce que l’outil de travail n’est pas assez performant. Il faut rationaliser l’outil de travail et il faut que chaque poste de travail soit étudié de telle façon à ce que l’on sache qu’un poste corresponde à un salarié et pas à un salarié et demi, pas à un salarié trois quarts. Nous n’allons pas, par exemple, avoir des gens au service achats pour deux activités. Michel DHEILLY Vous allez développer la polyvalence. Mickael WAMEN Nous n’allons pas avoir des gens qui vont travailler ici au service achats de matières premières pour d’autres activités mais uniquement pour notre activité. Cela veut dire qu’effectivement, il n’y aura certainement pas une personne dans chaque bureau. Il y aura peut-être aussi une rationalisation dans les bureaux, mais de toute façon il va bien falloir qu’on démarre avec quelque chose, et notre objectif est que ce quelque chose soit le plus cohérent possible. Il faut que chaque personne soit sûre d’être payée – c’est une évidence –, payée comme nous allons le décider ensemble, mais que sa paye lui permette aussi de durer dans le temps. Après, il y aura certainement des avantages, des acquis, si jamais demain cela fonctionne bien. Vous savez, parfois il faut savoir démarrer petit pour terminer grand. Nous, aujourd’hui, nous avons cet avantage-là : nous avons un projet. Michel DHEILLY J’émets un certain nombre de réserves par rapport à ça, sur le matériel, sur l’organisation… Mickael WAMEN Vous pouvez émettre un certain nombre de réserves, mais je pense que cela fait une demi-heure que je m’époumone avec des éléments qui démontrent clairement que nous sommes partis dans un vrai projet. Je vous dis que les 14, 15 ou 16 % de parts de marché qui ne seront peut-être plus là – et là vous avez raison, et c’est pour ça qu’il y a urgence à avancer et c’est en ça que j’en veux aussi au groupe Goodyear, parce que si vous aviez dit à la fermeture de l’usine en 2014 qu’il n’y avait plus de projet avec Taylor, nous aurions démarré tout de suite le projet de SCOP. Parce qu’effectivement, là où vous avez raison, c’est qu’il n’y a rien de pire que de laisser des parts de marché vides. Et là vous avez raison. Cela attire la concurrence.  Michel DHEILLY C’est ce que je vous disais l’autre jour. Je n’ai jamais vu de tracteur qui restait sur les jantes. Il y a des pneus qui sont sur les tracteurs. Mickael WAMEN Ça me va très bien ce que vous dites, vous allez voir. On peut très bien imaginer que Michelin, aujourd’hui, sait pertinemment que Goodyear a arrêté ses activités. Mais je ne peux pas comprendre une seule seconde que Michelin n’ait pas pris toutes vos parts de marché. Michel DHEILLY Je n’ai pas dit que Michelin a pris toutes les parts du marché. Je dis qu’aujourd’hui, il y a une dégradation du marché. Mickael WAMEN Monsieur DHEILLY, vous avez une part de marché qui est de 100. Elle se dégrade, elle descend à 80. La perte des 20 % est généralement équilibrée entre tous les pneumaticiens. D’accord ? Donc, effectivement, l’érosion des parts de marché de Goodyear est liée en partie – et là, vous avez raison –, à la dégradation du marché en tant que tel. Ensuite, une autre partie de la dégradation des parts de marché de Goodyear est liée au fait que nous n’avons pas sur le marché des produits qui permettent de redémarrer les ventes. Mais pour autant, la part de marché qui existe, même si elle était de 5 % – 5 % d’un marché européen, ce n’est quand même pas rien. Vous êtes malade ? Michel DHEILLY Un petit peu. Mickael WAMEN Il faut vous soigner. 5 % ce n’est pas rien. Vous imaginez ? 5 %, cela permet de démarrer. Et nous avons tout à démontrer. Nous avons un avantage, si nous redémarrons cette usine. Nous démontrerons avec des produits Goodyear que nous avons redémarré quelque chose, que le made in France existe, que la qualité du produit est là. Nous pouvons travailler en partenariat avec un groupe comme Michelin par exemple. Vous savez qu’aujourd’hui le groupe Michelin cherche des partenaires dans la recherche et développement sur le FARM pour optimiser ses coûts de production, parce qu’aujourd’hui Michelin estime qu’il a besoin de signer sur l’agricole des accords de partenariats avec de petites et moyennes entreprises qui sont dans le même domaine que lui au travers des syndicats UCAPLAST notamment et le SNCP. Ils recherchent des partenariats pour dire : « j’ai optimisé aujourd’hui tous mes coûts de production, mais j’ai un vrai problème, c’est sur la recherche et développement. » Si, sur la recherche et développement, je peux travailler en collaboration avec y compris des gens qui soi-disant sont des concurrents, pourquoi pas. Ils partagent les frais de ces recherches et de ces collaborations avec d’autres personnes qui pourraient reprendre une activité. Cela veut dire quoi ? Ce que je vous dis depuis tout à l’heure, c’est que sincèrement, je crois que nous avons la possibilité de faire quelque chose, que ce quelque chose s’inscrit dans un cadre qui est largement différent de ce qui avait été fait en 2012 puisque nous ne sommes pas sous la pression d’une éventuelle reprise et d’un PDV. Aujourd’hui, la situation est simple. Il y a 1 147 personnes qui se sont vues notifié leur licenciement – enfin pas 1 147, mille personnes. Ces mille personnes vont toutes partir avec une prime supra-conventionnelle que nous avons négociée et qui est largement supérieure à ce qu’il y avait dans le PSE – trois fois supérieure pour certains salariés. Ces salariés ont toujours une indemnité qui est payée par Goodyear et au minimum dans un premier temps pour six mois et je pense sincèrement, sans trop m’avancer, jusqu’à la fin de l’année – je pense qu’on va arriver à se battre pour ça. Les salariés ne sont pas dans une situation de précarité extrême. C’est pour ça que j’avais dit, puisqu’il n’y a pas d’urgence en la matière à transférer l’outil de travail, laissez-nous un peu de temps. Nous ferons autant de réunions qu’il le faut, vous n’aurez pas d’avis. Michel DHEILLY Je vous ai répondu sur le sujet. La consultation est encadrée dans trois mois. Mickael WAMEN Si demain il n’y a pas 300 mecs qui se lèvent en disant : « On veut bien adhérer au projet de SCOP, on y croit et on veut le faire avancer »… Michel DHEILLY Quand vous dites demain, c’est quand, c’est le 12 ? Mickael WAMEN Le 12, nous allons présenter aux salariés un peu plus dans le détail ce que je suis en train de vous expliquer. Je ne peux pas tout vous dire. Je ne suis pas complètement débile. A partir de là, nous aurons un premier ressenti. Je voulais quand même vous dire autre chose, à vous et à la Direction général.e Je le dirai aussi à – comment il s’appelle – Daniel GUICHARD. Je vais le voir, il vient le 12. Michel DHEILLY Hervé GUICHARD. Il vous rencontre le 12. Mickael WAMEN Je vais quand même vous expliquer quelque chose. Ce n’est pas parce qu’il y a 250 ou 300 personnes à 9 heures 30 le matin devant l’usine qu’il n’y a que 300 ou 350 personnes qui croient encore à l’avenir. Vous avez à peu près 300 personnes qui sont en formation longue et qui n’ont pas pu s’absenter. Ces gens-là seraient venus. Vous allez vite en avoir la preuve puisque le 12 nous allons aussi leur annoncer une nouvelle journée d’action – pas ici, ailleurs, vous allez voir ça va être sympa. Vous allez voir que cette fois-ci nous allons faire largement mieux pour la simple et bonne raison que ceux qui pensent une seule seconde que les gens de chez Goodyear sont affaiblis et ont suffisamment baissé les bras pour accepter l’inacceptable, font une énorme connerie. Si telles sont vos convictions, vous faites une énorme connerie. Je peux vous le dire. Ce n’est pas à vous que je vais le raconter. Quand on a pris l’usine au mois de janvier 2014, nous n’étions pas 300. Nous étions beaucoup moins que 300. Nous avons réussi à bloquer la zone industrielle à 13. A 13 Goodyear, on bloque une zone industrielle. Imaginez à 250 ou 300 ce que cela pourrait faire. Et je vous le dis : vous êtes très loin du compte, car il y en a largement plus que ça qui attendent réellement que je leur dise : « cette fois-ci, on y va, on met tout ou on a plus rien ». Cela dépendra des prochaines réunions que je vais avoir avec GUICHARD et toute la clique. Je vous le dis très clairement. Ça aussi, il faut que vous en teniez compte, si vous pensez que les gens vont accepter l’inacceptable, et ce n’est pas parce qu’ils ne viennent pas à un rassemblement qu’ils ont accepté. Les gens ne viennent pas un rassemblement pour une simple et bonne raison : c’est qu’il y en a à peu près 300 aujourd’hui qui sont en formation. Je ne peux pas vous dire le nombre de mails et de SMS que j’ai reçu de gens qui me disaient : « mon connard de responsable de stage ne veut pas me laisser partir parce que si je m’en vais, il me dit que je suis viré du congé de reclassement. » Michel DHEILLY Nous essayons d’être objectifs par rapport au déroulement du congé de reclassement, Monsieur WAMEN. Aujourd’hui, nous savons pertinemment que nous avons consommé un an du congé de reclassement pour une grande majorité et que les échéances arrivent. De la même façon, il y a un certain nombre de mesures qui sont en train d’être discutées et je sais que vous avez des commissions locales. Mickael WAMEN Trois mois plus trois mois qui ne sont plus chargés à 25 % comme c’était prévu mais qui ne sont chargés que par la CSG-CRDS. Michel DHEILLY Quand vous dites que nous sommes pressés ou pas pressés pour démanteler le FARM, je pense que nous prenons le temps nécessaire pour la consultation des instances et que j’ai pris le temps d’écouter sagement vos informations. Mickael WAMEN Si vous n’êtes pas pressés, pourquoi n’avez-vous pas accepté notre moratoire ? Michel DHEILLY Parce que, tout simplement, c’est un faux débat. Aujourd’hui, pour la base de la discussion, vous nous dites : « de toute façon, vous ne pouvez pas vous baser sur ce que vous nous avez répondu il y a deux ans étant donné que ce n’est pas le même projet de SCOP ». Aujourd’hui, vous nous dites : « je ne peux pas vous le présenter parce qu’il n’est pas peaufiné. » J’ai juste rappelé un certain nombre d’éléments qui laissaient penser que si on part sur la même configuration de projet de SCOP, très honnêtement… Mickael WAMEN Vous avez reçu des réponses cette fois-ci. Michel DHEILLY J’ai précisé quels étaient les points qui montrent que, contrairement à ce que vous avez mentionné au début de la réunion – comme quoi cela a été rejeté d’un revers de main –, cela a été analysé. Mickael WAMEN Ce que je veux, c’est qu’il n’y ait personne chez les salariés qui puisse nous dire que nous n’avons pas tout tenté. Nous aurons tout tenté. Michel DHEILLY Attendez, il y avait une structure qui était associée à de la sous-traitance de fabrication de pneus et que Goodyear gardait les équipes d’achat matières premières, les équipes de développement, les équipes de commercialisation, les équipes de distribution. On vendait les pneus 150 euros au-dessus du prix moyen de vente. On n’avait pas les 300 euros de prix de matières premières dans les coûts de transformation d’un pneumatique. Ce sont toutes les raisons qui, à un moment donné, laissent penser qu’objectivement, ce n’est pas quelque chose qui amène de la pérennité. Mickael WAMEN Laissez-nous faire. Vous savez, mon rêve, c’est qu’un jour Damien DEBRIL adhère à la SCOP et qu’il soit utilisé non pas à vouloir démanteler, mais à continuer à regarder l’état de l’outil industriel et de lui donner une certaine performance. Ce qui est vrai pour lui est vrai pour d’autres techniciens. Bien sûr, ils n’auront plus les 35 euros par jour. Je lui dis tout de suite. Si c’est avec ça qu’il vit, tant pis pour lui, il vivra moins bien, mais ils n’auront pas les 35 euros. Michel DHEILLY Nous avons précisé pourquoi il y avait les 35 euros. Mickael WAMEN Oui, bien sûr. Pour les gens qui sont à la SODIE, qui sont RH, c’est pareil ? C’est normal ? C’est lié à quoi ? Au démantèlement ? Michel DHEILLY Les 35 euros sont liés aux jours de travail qui sont opérés pour des gens qui sont en dispense d’activité, pour lesquels nous avons fait une suspension de dispense. Mickael WAMEN Et bien nous ? J’ai reçu un courrier de votre part. J’ai regardé les documents pour aller voir le Ministère du travail. Je suis convoqué le 25. J’ai tout sorti. J’ai reçu une lettre de la part de Michèle SEPREZ : « dispense d’activité ». Michel DHEILLY Oui. Vous êtes en dispense d’activité. Eux, nous avons demandé de suspendre la dispense d’activité. Mickael WAMEN Ah oui, putain. Vous rebossez, les mecs. Vous pointez ? Ils pointent ? Michel DHEILLY Evidemment qu’ils sont notifiés comme l’ensemble des salariés. Mickael WAMEN Donc ce n’est plus pour le démantèlement. Vous avez encore modifié les règles. Michel DHEILLY C’est pour le projet de démantèlement, évidemment. Ce sont des jours de travail effectif. Mickael WAMEN Un salarié a eu le courage de me donner son avenant concernant les 35 euros. Ce n’est pas du tout stipulé comme ça. Dans l’avenant que les salariés ont signé individuellement pour les 35 euros, il est stipulé noir sur blanc que les 35 euros sont liés au fait que les salariés vont être employés au démantèlement du site industriel d’Amiens Nord. Michel DHEILLY Oui, au projet de démantèlement. Mickael WAMEN Les gens qui sont par exemple à la SODIE et qui ont 35 euros par jour, ils ne sont certainement pas pour le démantèlement. Aujourd’hui, ils sont surtout à démerder la merde avec les problèmes de notes de frais pour les salariés qui vont en formation, etc. Je ne vois pas en quoi les gens qui sont partis chez Dunlop ont droit aux 35 euros alors qu’ils touchent les 35 euros. Il y a quand même des choses qui sont assez inquiétantes. Votre secrétaire, Madame LEPRETRE, touche 35 euros par mois. Michel DHEILLY Elle est intérimaire. Elle n’est pas concernée. Mickael WAMEN Elle a les 35 euros. Ils sont dans son contrat de travail. Michel DHEILLY Vous le savez mieux que moi. Mickael WAMEN Elle est concernée par le démantèlement ? Michel DHEILLY Jusqu’à preuve du contraire, si vous me dites qu’elle touche les 35 euros, c’est nouveau. Mickael WAMEN Elle les touche. Michel DHEILLY Bien sûr que non. Mickael WAMEN Si, elle les touche. Michel DHEILLY Puisque vous le dites. Moi, je vous dis que non. Mickael WAMEN Bien sûr que si. Vous les touchez, vous ? Michèle SEPREZ Oui. Mickael WAMEN Pour quelle raison ? Vous faites quoi au démantèlement ? Vous avez des clés à molette chez vous ? C’est vous qui démontez les machines ? Vous êtes payée à quoi dans le cadre du démantèlement ? Michel DHEILLY L’encadrement des opérations sécurité et RH. Michèle SEPREZ Posez-vous la question, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN C’est à vous que je pose la question. Répondez-moi. Vous êtes responsable ressources humaines. Vous devriez montrer l’exemple. Alors c’est quoi, votre boulot ici, dans le cadre du démantèlement ? Michel DHEILLY Ressources humaines et sécurité. Michèle SEPREZ C’est bien dommage, Monsieur WAMEN, que vous ne le sachiez pas. Mickael WAMEN Je ne le sais pas parce que, tout simplement, vous êtes complètement inopérante. Michèle SEPREZ D’accord, Monsieur WAMEN. Quand vous vous occupez de nos notes de frais, vous êtes toujours dans le cadre du démantèlement ? Michel DHEILLY Nous ne sommes complètement hors sujet. Je ne répondrai pas sur ce sujet, Monsieur WAMEN. Mickael WAMEN Je sais que c’est quelque chose qui vous chagrine. Les copains des copains. Michel DHEILLY Non, non, il n’y a pas d’histoires de copains. Mickael WAMEN Après, vous pouvez me faire appeler par CAVAILLE, par qui vous voulez, je ne changerai pas mes tracts. Je ferai toujours les mêmes. Je vous pointerai tous du doigt autant que vous êtes. Michel DHEILLY Je ne vous fais pas appeler par Monsieur CAVAILLE. Mickael WAMEN Là, aujourd’hui, vous dites que les gens sont payés dans le cadre du démantèlement. Mes collègues, ce matin, me faisaient remarquer à juste titre – et ils ont raison –- que les gens qui sont dans l’usine ont fini le démantèlement du tourisme depuis le mois de décembre et ont quand même les 35 euros. Ils ont raison de le dire. Ce n’est pas normal. Pourquoi les gens, aujourd’hui, ont toujours les 35 euros ? Michel DHEILLY Parce que nous avons suspendu leur dispense d’activité jusqu’à la fin du mois de mars, puisque le projet de démantèlement du tourisme s’étalait jusqu’à la fin de mars et qu’il y a un certain nombre de documentation à préparer dans le cadre du projet de démantèlement qui s’opère et qui continue à se faire. Mickael WAMEN Et les gens qui sont à la SODIE pour Goodyear ? C’est le démantèlement aussi ? Michel DHEILLY Attendez, l’ensemble des gens qui, aujourd’hui, ont une activité… Mickael WAMEN Ce sont les copains des copains. Michel DHEILLY Non, ce ne sont pas les copains des copains. Ce sont ceux qui, aujourd’hui, ont une activité et ne bénéficient pas de la dispense d’activité. Mickael WAMEN Je vois la chose suivante. Par exemple, Madame SEPREZ touche aujourd’hui 35 euros pour du démantèlement. Je ne l’ai jamais vue ses pattes dans du cambouis à retirer des boulons sur des machines pour les enlever. Michel DHEILLY Il ne suffit pas d’avoir les mains dans le cambouis et démonter des boulons avec des clés à molette, Monsieur WAMEN. Je vous rappelle que pour présenter un certain nombre de projets de démantèlement… Mickael WAMEN Attendez, on refuse actuellement à des gens en congé de reclassement de nouvelles tenues de travail pour qu’ils puissent accéder à des stages. On leur refuse parce qu’on dit que cela n’a pas de lien direct avec leur travail. Je suis en bataille là-dessus. Vous, c’est 700 euros de plus par mois que vous vous foutez dans les fouilles chacun. 700 euros de plus par mois ! Il y a des gens qui sont en couple, ici. Cela fait 1 400 euros par mois. Vous multipliez par douze, ça fait plus d’une brique, une brique et demi par an de plus qui leur tombe. Qu’est-ce qu’ils viennent faire de plus qu’avant ? Moins, parce qu’il y a moins d’activité. C’est fort de café, quand même. Je vais vous dire un truc. Vous êtes bien au diapason par contre. Il y a un truc sur lequel vous êtes balèzes, c’est quand vous partez à la cantine – c’est à se plier de rire –, vous êtes bien en rang d’oignon, il n’y en a pas un qui manque à l’appel. Vous vous donnez bien rendez-vous à telle heure. Là-dessus, vous êtes débordés. Arrêtez de nous dire que vous êtes débordés. Arrêtez de nous prendre pour des cons. Michel DHEILLY Maintenant que vous avez fait vos commentaires… Mickael WAMEN Avant vous gagniez X milliers d’euros, maintenant c’est X milliers d’euros plus 700 euros par mois. Pour quel motif ? Il n’y a aucune raison valable. Sur quels critères objectifs avez-vous retenu certains salariés par rapport à d’autres ? En professionnels de maintenance, par exemple ? J’ai rencontré comme Frank LECLAIR, j’ai rencontré des gens qui sont aujourd’hui en demande d’emploi, j’ai rencontré des mécaniciens, des électromécaniciens, des gens qui sont chez eux avec des charges de famille. Ils me disent : « putain, c’est quand même fort de café d’apprendre que, par exemple, on a fait revenir SAVIGNY alors qu’il s’était barré chez TATAOUINE. Il est revenu. » On a dit : « Toi, plus qu’un autre ». On a pris d’autres personnes. Michel DHEILLY On a pris l’ensemble des gens qui encadraient les opérations. Mickael WAMEN Non. Ce n’est pas vrai. Dans les encadrants, il y a des gens qui n’ont pas été pris. Michel DHEILLY Tous les spécialistes de maintenance et tous les spécialistes équipements. Mickael WAMEN Non, ce n’est pas vrai. Des gens sont venus me voir et m’ont dit qu’ils avaient les compétences pour le faire. Vous savez, ce que font aujourd’hui BLIN et DA SILVA, les techniciens d’atelier sont tout à fait capables de le faire parce qu’ils ont le statut de technicien d’atelier. Et des techniciens d’atelier, il y a en avait un paquet avec des charges de famille. Michel DHEILLY C’est ce que vous dites. Mickael WAMEN Je vais prendre le cas de Monsieur DA SILVA Manuel. Je donne son nom. J’en ai rien à foutre, je dis ce que je veux. Tu ne pourras pas m’en empêcher, je m’en branle. Monsieur DA SILVA Manuel touche 35 euros par jour et sa femme pareil. Ils touchent 1 400 euros de plus par mois à deux. C’est quand même pas les gens qui avaient le plus à se plaindre, et c’est eux qu’on choisit. C’est quand même fort de café, non ? Que Agnès touche 35 euros, que Myriam LEPRÊTRE touche 35 euros, je trouve que c’est largement justifié par rapport à vous parce qu’eux, au moins, ils se bougent les doigts du cul. Alors que vous, franchement, vous méritez comment vos 35 euros ? Comment vous octroyez-vous 35 euros ? Vous arrivez encore à vous lever le matin en disant : « je suis propre sur moi, c’est bien, c’est correct » ? Quand je vois Madame SEPREZ toucher 35 euros, alors que son seul boulot aujourd’hui est d’aller éplucher les notes de frais de certains élus de la CGT, je trouve ça fort de café. Michel DHEILLY Allez, suspension de séance. Michèle SEPREZ Vous êtes pathétique. J’ai pitié à vous écouter. Mickael WAMEN Gardez votre calme. Cela ne sert à rien de dire que vous avez pitié de moi. Vous croyez que je n’ai pas pitié de vous, moi ? Quand vous arrivez à gruger 700 euros de plus par mois que ce vous gagnez déjà ? Mais la finalité vous la connaissez comme moi. Vous serez foutue dehors au final. Parce que Goodyear a embauché tellement de gens comme vous qu’aujourd’hui il ne sait plus quoi en faire. Sauf que Goodyear ne va pas vous garder avec 700 euros de plus par mois. Ça, c’est fini. Terminé. Partout où vous irez travailler, vous aurez des règles précises, qui s’imposent à vous comme à d’autres. Vous ne pourrez pas vous octroyer à vous ce que vous refusez à d’autres. Que cela soit bien clair. Maintenant, que vous étiez pitié de moi ou pas, je m’en tape comme de l’an 40, Madame SEPREZ. Madame SEPREZ On partage. Michel DHEILLY Je souhaitais que nous partagions un certain nombre de documentations dans le cadre de l’information et la consultation sur le projet de démantèlement. Maintenant, vous ne voulez pas l’entendre. On accède à votre demande d’il y a une heure de suspension de séance. Mickael WAMEN Quand même. Et vous ne m’avez toujours pas donné les éléments qui correspondent au fait que vous ayez un statut de responsable sécurité. Vous m’aviez promis de me les donner, vous ne me les avez jamais donnés. Michel DHEILLY Nous reprendrons dans 15 minutes. Mickael WAMEN Attendez. Madame est RH du site Amiens Nord. Je vous rappelle que dans l’accord qui est ici dans le Code du travail, il est prévu que tous les mois, en CE, soit examinées les commissions de suivi locales et nationales du PSE. C’est dans l’accord. J’aimerais bien que vous portiez cela à l’ordre du jour de chaque réunion mensuelle. Et respectez l’accord en vigueur. Cela fait partie de votre boulot. A partir du moment où vous commencerez à avoir du travail, vous aurez peut-être le droit de dire : « j’ai droit à mes 35 euros ». Que maintenant, vous trouviez que ça soit pathétique ou que vous ayez pitié, vous pouvez penser ce que vous voulez de moi, Madame, vous ne m’empêcherez pas de dire ce que je pense de vous. Vous avez une différence par rapport à moi, c’est que vous êtes responsable dans un établissement et vous devez garder votre garde et votre flegme. Je vois que chaque fois que je vous touche là-dessus, vous m’attaquez. Vous pouvez m’attaquer comme vous voulez, j’en ai rien à foutre. Parfois, je viens spécialement rien que pour vous voir. Vous voyez ? Rien que pour vous voir. Michel DHEILLY Nous sommes complètement hors sujet. Mickael WAMEN Nous ne sommes pas hors sujet. C’est un problème entre elle et moi, entre moi et Madame SEPREZ, RRH par intérim. Michel DHEILLY Cela n’a aucun intérêt dans cette réunion. Mickael WAMEN J’ai connu des gens comme Jean LESPIAU, j’ai connu des gens comme Evelyne MESLIER, j’ai connu des gens ici qui avaient la responsabilité de 2 000 personnes et ils arrivaient à s’en sortir avec 2 000 personnes. Ils n’avaient pas 35 euros par jour. Ils n’attendaient pas leurs copains à 12 heures 15 pour aller bouffer à la cantine. Michel DHEILLY Nous reprenons à 13 heures ? Mickael WAMEN Avant. Il me faut un PC et une imprimante le plus rapidement possible. Ah, ça vous fait chier. Je vous ferai chier jusqu’au bout. Michel DHEILLY Nous allons surtout regarder pourquoi cela ne fonctionne pas en bas. Mickael WAMEN Donnez-moi un PC et une imprimante. Il y en a plein là-haut qui servent à rien. Michel DHEILLY Nous reprenons à midi. La séance est interrompue de 11 heures 45 à 12 heures 10. Michel DHEILLY Nous pouvons reprendre la réunion. Vous aviez une délibération. Mickael WAMEN Je voudrais quand même rajouter deux-trois petits mots. Pendant la suspension de la réunion, Monsieur Patrice SZYROKI ici présent m’a fait part que Madame SEPREZ lui avait dit lors d’une réunion en présence de Monsieur GUICHARD que j’avais tenu des propos contre Monsieur SZYROKI qui ne sont absolument pas vrais. Quand j’ai quelque chose à dire à Monsieur SZYROKI ou à quelqu’un d’autre, je ne me gêne pas pour le faire. Cela m’a valu quelques emmerdes dans ma vie. Je m’inscris donc en faux. Par contre, je trouve lamentable la façon d’utiliser les uns et les autres pour essayer de les monter les uns contre les autres. Je pense que cela ne prendra pas parce qu’il y a un certain niveau d’intelligence aujourd’hui de notre côté, qui prévaut et qui fait que nous ne tomberons pas dans ce piège grotesque et malsain. Je parle bien sûr de Madame SEPREZ. Je ne sais pas jusqu’où vous voulez aller, ni quel est le mandat qui vous a été confié par le groupe Goodyear, mais si le groupe Goodyear vous a confié comme mandat de vous occuper expressément de mon cas, vous faites fausse route. Michel DHEILLY C’est complètement hors sujet. Mickael WAMEN Je n’ai pas fini. Je veux que cela soit dans le PV. D’abord, un, je ne me laisserai pas faire. Ce n’est pas dans mes habitudes. Et, deux, je ne vous permettrai pas de continuer ce que vous êtes en train de faire. C’est scandaleux. Parce que dire à Monsieur SZYROKI que j’avais eu des propos contre lui, ce qui est complètement faux, pour essayer… Michel DHEILLY On vous a répondu toute à l’heure de vous adresser directement à Bernard GLESSER puisque c’est avec lui que vous avez eu ces propos-là. Mickael WAMEN Attendez, ce n’est pas Monsieur GLESSER qui a dit ça à Monsieur SZYROKI. Si Monsieur GLESSER était là, je lui dirais exactement la même chose. Si la Direction, une fois encore, tombe dans le pipi caca, pour dire : « attention, Monsieur SZYROKI, quand vous n’êtes pas là, Monsieur WAMEN dit si, dit ça » et « attention, Monsieur WAMEN, quand vous n’êtes pas là, Monsieur SZYROKI dit si, dit ça. » Michel DHEILLY On peut vous dire que les propos sont entre vous et Monsieur GLESSER. Je ne ferai pas plus de commentaires par rapport à ça. Mickael WAMEN A un moment donné, il faut élever le niveau. Michel DHEILLY Justement, élever le niveau, cela veut dire que nous revenons au sujet initial. Mickael WAMEN Dans ces conditions-là, je tenais à dire que la délégation CGT ne sera pas présente à la réunion du 12, en ce qui concerne le protocole électoral, si tout du moins il y a la présence de Madame SEPREZ. Il est hors de question que je négocie un protocole électoral et indirectement l’avenir des salariés en présence d’une personne qui ne fait que mentir à tout le monde et qui en plus est d’une provocation extrême. Je n’ai pas pour habitude de siéger à la table de ces gens-là. Michel DHEILLY Je vous réponds clairement que Madame SEPREZ sera à la réunion du 12. Mickael WAMEN Eh bien, nous n’y serons pas. Michel DHEILLY C’est votre choix. Mickael WAMEN Il n’y aura pas de protocole électoral, vous passerez par l’administration. Vous vous démerderez, j’en ai rien à foutre. Michel DHEILLY Je vous confirme qu’en tant que RH du site, elle sera évidemment présente à la réunion du 12. Mickael WAMEN Nous n’y serons pas. C’est elle ou nous. Michel DHEILLY Le choix est fait. Mickael WAMEN Vous prenez votre décision, j’ai pris la mienne. Michel DHEILLY Vous passez à la délibération ? Mickael WAMEN La délibération est la suivante : « Délibération du CHSCT le 9 février 2015 En août 2014, la Direction refusait d’informer le Comité d’établissement sur la destination des machines agraires, qui demeuraient à l’arrêt dans l’usine, pendant qu’elle transférait les machines tourismes sur d’autres sites. Aujourd’hui, Goodyear déclenche soudainement dans la précipitation le démantèlement des outils industriels agricole alors que plusieurs projets de reprise existent notamment celui sous forme de SCOP porté par de nombreux salariés licenciés. Or, au lieu de tout mettre en œuvre afin de favoriser l’arrivée d’un repreneur, en proposant par exemple une réunion de toute urgence des pouvoirs publics et les représentants du personnel, Goodyear a décidé de délocaliser au plus vite les machines agraires de l’usine d’Amiens nord. Non seulement, cette tentative de délocalisation de l’outil agraire n’a aucun sens s’il est vrai que Goodyear a décidé de se retirer du marché du marché du pneumatique agricole en Europe, mais en outre si la Direction voulait compromettre toute possibilité de reprise de l’usine d’Amiens nord, elle ne s’y prendrait pas autrement. Le CHSCT exige donc : que Goodyear maintienne sur le site les machines agraires pendant que les démarches en vue de trouver une solution de reprise, en particulier celle portée par la SCOP, sont en cours ; que si comme il l’a affirmé au cours de la réunion de ce jour Goodyear estime inévitable l’application de l’article L.1224-1 du Code du travail à toute entreprise vers laquelle les éléments d’actifs d’Amiens nord permettant la production de pneumatique agraire seraient transférés, la Direction doit impérativement informer et consulter le CHSCT sur la destination des machines agricoles et leurs conditions de transfert. » Il faut que les deux conditions soient réunies. Vous pouvez rappeler le nom des votants ? Michèle SEPREZ Peuvent voter : M. JOUHANNET, M. GACQUIERE, M. LANOY, M. QUANDALLE, M. LUPO, M. MARCHAL et M. HAREUX. Les deux autres sont absents. Pour un avis favorable ? Sébastien LUPO Un avis favorable à quoi ? Michel DHEILLY Sur la délibération. Le CHSCT émet à l’unanimité un avis favorable sur la délibération. Mickael WAMEN Madame la RH, vous n’avez pas stipulé pour quoi il fallait donner un avis. Cela serait quand même bien de rappeler pourquoi on donne un avis. Monsieur LUPO a raison. On vous fait tellement peu confiance, maintenant. C’était bien un avis donné sur la délibération. Michel DHEILLY Par rapport à la délibération, c’est ce que j’ai répondu. J’émets un grand nombre de réserves sur votre délibération puisque lorsque vous mentionnez l’expertise de mi-2014, je pense qu’à un moment donné il faut quand même se rappeler un certain nombre de choses qui seront intéressantes à regarder de très près, au travers des échanges que nous avons pu avoir dans ce cadre-là. J’émets également beaucoup de réserves par rapport à la pertinence de ce que vous mentionnez, étant donné que nous sommes restés dans le cadre de ce qui s’était pratique dans le cadre du projet du démantèlement tourisme et que nous appliquons et transposons de la même façon les mesures qui ont été prises et expérimentées sur le projet de démantèlement agraire. Je déplore qu’une fois encore, pour des prétextes fallacieux à mon sens, nous n’ayons pu les notes et les documents associés à ce projet de démantèlement alors que nous n’avions déjà pas pu nous exprimer sur le sujet lors de la première réunion. Vous refusez d’écouter l’ensemble des informations relatives au projet de démantèlement lors de cette seconde réunion. Pour autant, en ce qui nous concerne, nous restons à votre disposition pour répondre à toutes les questions éventuelles et prenons note que le CHSCT n’en a aucune à ce stade. Mickael WAMEN Si, nous avons beaucoup de réserves. Michel DHEILLY Aucune question, j’ai dit… Mickael WAMEN Nous avons beaucoup de questions. Michel DHEILLY … sur le projet de démantèlement. Mickael WAMEN Sur le projet de démantèlement, nous allons réitérer ce que nous avons dit, c’est-à-dire que pour nous, aujourd’hui, il est prématuré de parler d’un projet de démantèlement puisque nous avions demandé une période de temps supplémentaire nous permettant à travers un moratoire de travailler à un projet de reprise de SCOP. Ce projet, néanmoins, a démarré. Malheureusement, vous accélérez la cadence des réunions. Cela nous laisse très peu de temps pour bosser sur un vrai projet de reprise de l’activité. Cela étant, nous présenterons un projet, que vous soyez d’accord ou pas, et nous le ferons par les salariés en priorité et avant tout, par les organismes de l’Etat, et ensuite nous viendrons vous revoir avec ce projet. Maintenant, vous connaissez très bien notre position : sans notre consentement, il n’y a pas une machine qui sortira de l’établissement. Richard JOUHANNET Ça, c’est hors de question. Mickael WAMEN On ne peut pas être plus clair. Michel DHEILLY En tout cas, nous reviendrons vers vous pour acter d’une prochaine réunion, en sachant que notre prochaine réunion concernant le projet de démantèlement est la réunion de CE le 12. Pas d’autre question ? Bon appétit. Merci. La séance est levée à 12 heures 20. Index

Nous vous informons que nous n’avons pas été en mesure de vérifier l’orthographe des noms suivants : Evelyne MESLIER 49 Florent PERODIN 36 Jean LESPIAU 49 Myriam LEPRÊTRE 47

vendredi 27 février 2015

Ils continuent de se goinfrer !!!

Après les 35€ une prime de 500 euros ....

En laissant traîner les oreilles dans certains endroits on apprend de belles choses, alors que nous avons dénoncé, lors du dernier CCE, la honte d'une prime de 35€ versée à ceux qui démantèlent le site ou qui ne démantèlent rien mais qui sont amis avec certains décideurs .....

Nous venons d'apprendre qu'à amiens Nord, à la SODIE, ceux qui ont déjà 35€ par jour pour faire moins qu'avant viennent d'avoir une prime de 500€ appelée prime extra de démantèlement .....

Ce n'est même plus de la provocation à ce niveau là, la RH Amiens Nord, lors des DP de ce matin ne savait même pas quoi répondre, elle a juste demandé comment avions nous eu cette information !!!!!!

Résumons, ces gens là ne sont pas licenciés et donc retardent leurs droits, ils ont 35€ par jour plus 17.40€ de repas, ce qui fait plus de 800 € mois en plus de la paye et là une prime de 500€ !!!!!

La direction du groupe qui se permet de dire que sur notre blog nous sommes insultants alors que jamais nous n'avons insulté qui que ce soit mais juste dit la vérité, cette même direction qui ne sait pas quoi dire en CCE devant notre démonstration de cette prime de 35€ par jour en rajoute une couche !!!!

L'injustice sociale est énorme, y a plus de 1000 personnes virées , plus de 800 se rapprochent de la misère sociale et en interne ça arrose grave, des primes à gogo, du dirlo à la RH aux secrétaires .....

Goodyear a multiplié par 400 sa rentabilité, plus de 2 milliards de profits, tout roule pour le groupe mais alors ça roule beaucoup moins pour les pauvres salariés virés et pour corser le tout, des plaintes maintenues histoire de bien nous démontrer que Goodyear ne lâche rien, deux plaintes individuelles mais sur ordre de GDTF, une stratégie qui vise à faire passer des messages et pendant ce temps ceux qui s'arrosent copieusement continuent à harceler les élus CGT , mails de menaces, de propos diffamants, de propositions malhonnêtes ....

Il y a donc ceux qui se protègent entre amis et qui retardent au maximum leur licenciement et qui au passage se mettent un paquet de blé dans la poche et pendant ce temps il y a les autres une très large majorité qui crève, mais chut il ne faut rien dire, rien dénoncer sinon les menaces tombent, le harcèlement se fait quotidien, on cherche à retirer 25€ à un élu pour des frais liés à son mandat et on se met au passage 700€ par mois mini et une tite prime de 500€ ....

Alors ceux qui pensent que nous allons fermer les yeux sur de telles méthodes rêvent debout bien au contraire nous les dénoncerons comme toujours, honte à ceux qui agissent ainsi, honte à ceux qui les laissent faire .....

Ils continuent de se goinfrer !!!

Après les 35€ une prime de 500 .....

En laissant traîner les oreilles dans certains endroits on apprend de belles choses, alors que nous avons dénoncé, lors du dernier CCE, la honte d'une prime de 35€ versée à ceux qui démantèlent le site ou qui ne démantèlent rien mais qui sont amis avec certains décideurs .....

Nous venons d'apprendre qu'à amiens Nord, à la SODIE, ceux qui ont déjà 35€ par jour pour faire moins qu'avant viennent d'avoir une prime de 500€ appelée prime extra de démantèlement .....

Ce n'est même plus de la provocation à ce niveau là, la RH Amiens Nord, lors des DP de ce matin ne savait même pas quoi répondre, elle a juste demandé comment avions nous eu cette information !!!!!!

Résumons, ces gens là ne sont pas licenciés et donc retardent leurs droits, ils ont 35€ par jour plus 17.40€ de repas, ce qui fait plus de 800 € mois en plus de la paye et là une prime de 500€ !!!!!

La direction du groupe qui se permet de dire que sur notre blog nous sommes insultants alors que jamais nous n'avons insulté qui que ce soit mais juste dit la vérité, cette même direction qui ne sait pas quoi dire en CCE devant notre démonstration de cette prime de 35€ par jour en rajoute une couche !!!!

L'injustice sociale est énorme, y a plus de 1000 personnes virées , plus de 800 se rapprochent de la misère sociale et en interne ça arrose grave, des primes à gogo, du dirlo à la RH aux secrétaires .....

Goodyear a multiplié par 400 sa rentabilité, plus de 2 milliards de profits, tout roule pour le groupe mais alors ça roule beaucoup moins pour les pauvres salariés virés et pour corser le tout, des plaintes maintenues histoire de bien nous démontrer que Goodyear ne lâche rien, deux plaintes individuelles mais sur ordre de GDTF, une stratégie qui vise à faire passer des messages et pendant ce temps ceux qui s'arrosent copieusement continuent à harceler les élus CGT , mails de menaces, de propos diffamants, de propositions malhonnêtes ....

Il y a donc ceux qui se protègent entre amis et qui retardent au maximum leur licenciement et qui au passage se mettent un paquet de blé dans la poche et pendant ce temps il y a les autres une très large majorité qui crève, mais chut il ne faut rien dire, rien dénoncer sinon les menaces tombent, le harcèlement se fait quotidien, on cherche à retirer 25€ à un élu pour des frais liés à son mandat et on se met au passage 700€ par mois mini et une tite prime de 500€ ....

Alors ceux qui pensent que nous allons fermer les yeux sur de telles méthodes rêvent debout bien au contraire nous les dénoncerons comme toujours, honte à ceux qui agissent ainsi, honte à ceux qui les laissent faire .....

COURRIER DIRECTION ET INSPECTION DU TRAVAIL

Messieurs,

Je reprend le travail lundi 2 mars 2015, contre avis de mon médecin apres près de 3 semaines d'arrêt de travail qui font suite à un harcèlement non stop mis en œuvre par Goodyear à l'encontre de la CGT amiens Nord et plus particulièrement ma personne depuis des années.

Je suis sous traitement mais les salariés ont besoin de ma présence dans les instances car il y a encore d'énormes problèmes à régler.

J'ai reçu durant mon arrêt de travail des mails plus que limites notamment un de monsieur guichard qui c'est permis de remettre en question mon arrêt de travail parlant de situation inventée de ma part.....

Je vous demande de bien vouloir m'indiquer quelles sont les mesures que vous avez prises afin de m'assurer mon intégrité mentale au sein des instances représentatives du personnel

Je sais que la direction du moins une large partie doit être satisfaite de ma situation puisque c'est le but recherché .

Je vous demande donc de programmer une réunion afin de nous exposer les mesures prises pour que le harcèlement à mon encontre cesse conformément à vos obligations légales .

Vous devez me permettre d'exercer mes mandats sans que je sois exposé à des méthodes de harcèlement qui n'ont que le seul but de me mettre hors circuit .

Comptant sur une position claire et une reunion rapide, veuillez agréer mes salutations distinguées.

Wamen Mickael

mardi 24 février 2015

Déclaration de l'UD CGT Somme et de l'UL CGT Amiens Zone Industrielle

Goodyear Amiens

Halte à la répression

Oui à une solution

Il y a moins d'une semaine, des salariés et des élus CGT de Goodyear Amiens étaient en garde à vue dans le cadre d'une enquête judiciaire en lien direct avec l'occupation du site en janvier 2014.

Cette deuxième garde à vue illégitime, car la direction dans l'accord de fin de conflit s'était engagée à renoncer à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l'encontre des salariés, est le symbole de l'acharnement répressif d'un patronat sous le protectorat d'un gouvernement voué à la défense des plus fortunés comme le démontre l'utilisation du 49-3 pour la loi Macron.

Au delà de l'émotion suscitée par cette procédure que l'on croyait réservée aux grands délinquants, il y a lieu de s'interroger sur les raisons de cet entêtement.

Il ne peux s'agir uniquement d'une vengeance exercée par un groupe se croyant tout puissant. Cela va au delà.

Dans un contexte marqué par la recrudescence des luttes (VALEO, UNITHER, Service de Nettoiement de la Mairie d'Amiens...), il faut y voir la volonté de faire taire toute contestation qui ne cesse de s'exprimer.

De plus, celle qui espérait que la signature de l'accord de fin de conflit puisse enterrer définitivement Goodyear Amiens n'admet pas la poursuite des actions pour obtenir justice et la possibilité de la reprise de l'activité sous la forme d'une Scop.

Les salariés et la CGT refusent de tourner la page et l'inefficacité des mesures d'accompagnement alors que dans le même temps les bénéfices de cette multinationale sont en forte croissance.

Pour la CGT, cet acharnement doit cesser immédiatement. Le gouvernement et la direction doivent utiliser leur énergie à créer les conditions d'une négociation pour : ~ une relance de l'activité industrielle sur le site, ~ une reclassement pérenne des salariés.

Pour la CGT, cela est possible. L'argent existe. Il manque la volonté politique.

L'action déterminée des salariés avec la CGT dans les prochaines semaines doit permettre la prise en compte de ces choix indispensables au développement la zone industrielle nord d'Amiens et de notre département.

Amiens, le 23 février 2015

mercredi 18 février 2015

GOODYEAR SE GOINFRE !!!

Pendant que Goodyear lynche les élus CGT du site amiens Nord les actionnaires continuent à se goinfrer et la justification économique au massacre d'Amiens n'a jamais été et n'est pas prête d'exister, plus 48% à la Bourse en une journée !!!!

Voici un extrait d'un journal économique d'aujourd'hui :

"Goodyear gonfle ses bénéfices. En 2014, le fabricant de pneumatiques américain voit ses bénéfices s’envoler à 2,45 milliards de dollars, soit quatre fois plus que l’année précédente, où ils s’établissaient à 600 millions de dollars.."

2ème COURRIER ENVOYÉ AU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES

Destinataire: Hervé Guichard

Objet: Rép : Comportement madame seprez

Re monsieur,

J'ai pris le temps d'analyser votre réponse, elle n'est qu'une provocation dans son intégralité ...

Je suis plus que navré de constater que vous ne traiter absolument pas du harcèlement dont je suis victime, le code du travail pourtant vous oblige à veiller à l'intégrité mentale et physique du personnel.

J'ai été victime d'une agression verbale sur le site amiens Nord et en réponse vous ne faites qu'accentuer le harcèlement.

Qui êtes vous pour vous permettre de terminer vos propos en me parlant de projet personnel ???

Dois je vous rappeler que je ne suis pas allé a la rencontre de monsieur Glesser qui a falt des propositions aux autres élus !!!!

Je n'ai aucun projet personnel, le seul projet que j'ai est celui de pouvoir mener à bien la mission que m'ont confié plus de 85% des salariés, ni plus ni moins !!!!!

De plus qui êtes vous pour inventer sur ma situation personnelle ???

Le seul problème dans ma vie, vient du harcèlement que je subit en ma qualité de sécrétaire de la CGT Goodyear et ce depuis des années, faut il que je vous éduque à ce niveau là ??

Vous n'avez semble t'il pas pris connaissance du dossier, j'ai été mis en examen après 5 mensonges énormes et la justice m'a déclaré innocent à 5 reprises ....

Le nombre de mises à pieds est hallucinant et démontre lui aussi l'acharnement de la part de GDTF, jai des témoignages très nombreux de salariés qui ont été interpellé par un ancien RH qui demandait aux salariés de témoigner contre moi contre des faveurs .... Une mise à pied à titre conservatoire avec refus de la DIRECCTE de me licencier .....

Vous parlez ensuite de la reunion de la commission nationale ou seuls les élus CGT auraient quitté la salle, c'est une fois encore un mensonge de plus, toutes les organisations syndicales ont attesté de leur solidarité au vu de ma situation en signant la délibération et en quittant la salle, il serait donc utile pour vous d'avoir les bonnes informations ....

Votre courrier est une insulte de plus, vous me provoquez, comme l'ont fait pendant des années vos prédécesseurs....

Je ne suis pas du genre a me suicider, si c'est votre objectif vous n'y arriverez pas, par contre il y a un moment ou à force de harcèlement, menaces et courriers dans ce genre je dois me protéger pour pouvoir continuer à œuvrer dans l'intérêt unique des salariés que je représente.

Je suis non pas déçu, mais plutôt écœuré de votre réponse qui démontre totalement votre mépris et votre acharnement envers un syndicat et à travers ce syndicat son secrétaire.

Je reconnais que vos méthodes pourraient pousser au suicide certaines personnes, mais c'est justement parce que à titre personnel, tout va très bien que j'écarte cette possibilité ....

Je vais donc me rétablir de cette nouvelle épreuve très difficile à vivre, je vais continuer à trouver des solutions pour les salariés, mais sachez que rien ne sera laissé sans réponse sociale ou juridique.

Vous trouvez plaisir à vous acharner, vous êtes une poignée à travailler non stop pour avoir la tête du secrétaire de la CGT, je suis au regret de vous annoncer que je ne suis pas mort, juste atteint pas un harcèlement et des propos honteux.

Wamen mickael

DÉCLARATION DE LA CGT MONTLUÇON

Une fois encore nos camarades d’Amiens GOODYEAR sont victime d’acharnement judiciaire. Il s’agit d’une exécution sociale. Ces hommes et ces femmes se sont battu pour l’emploi pendant 7 ans. Pendant 7 ans, rien ne leur a été épargné. L’accord de fin de conflit a été appliqué par la CGT, toute la CGT.

Nous nous opposons à la criminalisation du mouvement syndical dans notre pays. La CGT, la FNIC, notre fédération, les syndicats CGT du groupe réaffirme avec force leurs soutiens et solidarités envers nos camarades d’Amiens.

En conséquence la CGT exige le respect de l’accord de fin de conflit et ne participera pas au groupe de négociation.

La coordination CGT du groupe exige la tenue d’une table ronde tripartite (Etat, direction et syndicat). Nos camarades ne sont pas des délinquants mais des syndicalistes courageux qui doivent vivre sans crainte du lendemain et appréhender leur futur.

DÉCLARATION DE LA CGT MONTLUÇON

Une fois encore nos camarades d’Amiens GOODYEAR sont victime d’acharnement judiciaire. Il s’agit d’une exécution sociale. Ces hommes et ces femmes se sont battu pour l’emploi pendant 7 ans. Pendant 7 ans, rien ne leur a été épargné. L’accord de fin de conflit a été appliqué par la CGT, toute la CGT.

Nous nous opposons à la criminalisation du mouvement syndical dans notre pays. La CGT, la FNIC, notre fédération, les syndicats CGT du groupe réaffirme avec force leurs soutiens et solidarités envers nos camarades d’Amiens.

En conséquence la CGT exige le respect de l’accord de fin de conflit et ne participera pas au groupe de négociation.

La coordination CGT du groupe exige la tenue d’une table ronde tripartite (Etat, direction et syndicat). Nos camarades ne sont pas des délinquants mais des syndicalistes courageux qui doivent vivre sans crainte du lendemain et appréhender leur futur.

RÉPONSE DU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES DU 11 FÉVRIER À MICKAEL WAMEN

Objet: Rép : Comportement madame seprez

Bonjour Monsieur Wamen,

Nous ne pouvons vous laisser écrire de telles affirmations concernant notre responsable Ressources Humaines du site d'Amiens Nord, Madame Seprez.

En aucun cas, nous ne pouvons accepter vos propos insinuant un quelconque harcèlement de Madame Seprez envers vous, ce d’autant plus que cette déclaration intervient après la mise en cause publique de Madame Seprez, au cours de la suspension de séance intervenue en marge de la réunion de CHSCT de l'établissement d'Amiens Nord du 9 février.

La violence des propos tenus à son encontre est d’ailleurs illustrée par la publication sur le blog de la CGT Amiens Nord de propos insultants la concernant et encore confirmée dans la déclaration de la délégation CGT à la réunion de la Commission centrale de suivi du 10 février 2015, qui se permet d’utiliser des termes dégradants concernant Madame Seprez, au-delà de la licence tolérée dans le cadre de l’action syndicale.

En tout état de cause, en aucun cas les propos prêtés à Madame Seprez et rapportés par un tiers, ne justifient le flot de menaces et d’insultes que vous avez proférées à son égard.

Une telle violence verbale s’est déjà cependant produite dans différentes réunions soit du Comité central d'entreprise, soit du Comité d’établissement ou encore du CHSCT, à plusieurs reprises, à l’égard de différents membres de la Direction de GDTF, ou encore d’autres représentants du personnel qui manifestaient leur désaccord avec vos positions, et a déjà fait l’objet de nombreux rappels à l’ordre de notre part.

Nous ne pouvons donc qu’à nouveau déplorer ces incidents répétés car, contrairement à la tentative de harcèlement que vous osez systématiquement invoquer dans ces circonstances, croyant ainsi pouvoir renverser la réalité des faits, le respect mutuel doit s’instaurer peu important les divergences d’opinion, dans l’esprit de l’accord de fin de conflit du 22 janvier 2014 que la déclaration de la délégation CGT à la Commission centrale de suivi n’a pas craint de citer.

Nous souhaitons en tout état de cause que les prochaines réunions de nos instances représentatives du personnel ou de négociation puissent se dérouler dans un climat apaisé et respectueux des personnes.

Concernant à cet égard les réunions prévues le 12 février 2015, nous regrettons que vous envisagiez de ne pas y participer, alors même que ces réunions ont pour objectif d'affirmer notre volonté de travailler ensemble. Nous maintenons néanmoins la programmation de ces réunions. Nous regrettons également que vous ayez choisi de ne pas participer à la réunion de la Commission centrale de suivi du plan de sauvegarde de l'emploi du 10 février, ce qui a, semble-t-il, incité les autres membres de la délégation CGT à quitter cette réunion pourtant particulièrement importante pour les salariés d’Amiens Nord actuellement en congé de reclassement.

En ce qui vous concerne plus personnellement, nous entendons les difficultés que vous vivez actuellement et vous rappelons qu’un dispositif spécifique d’assistance des salariés d’Amiens Nord a été mis en place. Il vous est naturellement ouvert. Nous sommes également ouverts aux discussions concernant vos projets.

Cordialement,

Hervé Guichard HR Director Manufacturing &Social Relations France

COURRIER DU 9 FÉVRIER DE MICKAEL WAMEN ÀU DIRECTEUR DES RELATIONS SOCIALES

Monsieur,

Çe jour lors d'une suspension de séance j'ai demandé à madame seprez de venir s'expliquer sur le fait qu'elle colporte et le fait porter des propos envers un élu de la CGC dans l'unique but de créer une situation de conflit .

Je trouve déjà çe comportement indigne de la part d'une RH et de plus elle n'assume pas ces propos les faisant porter à une autre personne .

L'élu CGC a bien confirmé que c'est madame seprez qui lui a indiqué.

Tout cela démontre un manque total de professionnalisme de la part de madame seprez et démontre si besoin en est son harcèlement non stop me concernant !!!!

Pourquoi madame seprez passe t'elle son temps à vouloir coûte que coûte me déstabiliser professionnellement comme personnellement ???

Elle indique à certaines personnes avoir des ordres venant de sa hiérarchie !!!!

Je ne peu tolérer plus longtemps un tel acharnement contre ma personne ...

Je ne suis pas du genre à démontrer des faiblesses morales mais cela commence a faire beaucoup ....

Malgré mes nombreux mails d'alerte à mon sujet la direction n'a pris aucune mesure, pire encore madame seprez qui est RH agit en tout impunité çe qui démontre bien le caractère délibéré de ces actions et des ordres pour agir ainsi .

Je suis délégué CGT est je n'accepte plus çe harcèlement, madame seprez aujourd'hui devant témoins m'a indiqué que je n'avais aucun avenir et que pour elle y en été tout autre !!!

Comment dois je interpréter cette énième attaque???

Je sais pertinemment que mon avenir professionnel n'est pas mirobolant mais pas besoin de me l'entendre dire devant plus de 10 personnes .

Çe courrier par a l'inspection du travail çe jour a qui je demande Audience .

Je sais que je suis actif dans le syndicat et que je fait le maximum pour le droits des salariés mais pour autant je mérite réspect, les agissements répètes de harcèlement dont je suis victime, commence largement à agir sur ma santé mentale.

Madame seprez et le groupe Goodyear seront sûrement ravis de me Voir atteint mentalement mais me harceler ne regèlera en rien la situation des ex Goodyear bien au contraire .

C'est pour cela que j'ai indiqué lors de la réunion de çe jour que je ne serai pas présent à la réunion de Jeudi 12 février car me voir attaquer sans cesse de la part de la RH amiens Nord ne me permet plus de tenir des réunions dans les conditions réunies par la loi.

Je suis victime d'un harcèlement constat qui a débuté il y a plusieurs années et la cette fois ci entendre la RH me dire devant plusieurs salariés que mon avenir personnel est très sombre, je ne peu supporter plus d'atteintes à ma santé morale .

J'espère que la direction GDTF aura bien conscience que meme si je ne suis pas de son bord pour autant je ne mérite pas d'être traité comme de la mèrde !!!

Je pense meme consulter mon médecin traitant pour pouvoir être assisté dans cette épreuve qui n'ai que la continuité d'un travail démarré depuis plusieurs années .

Wamen mickael

RÉPONSE DE MICKAEL WAMEN AU DIRECTEUR RH FRANCE

Monsieur Je prend juste une minute pour vous indiquer que vos propos sont totalement une fois encore une provocation, GDTF pouvait, car il en a les moyens démander aux deux plaignants de retirer leurs plaintes, au lieu de cela vous avez au contraire insister pour qu'ils les maintiennent .

La parade est malhonnête et de plus grossière.

Wamen mickael

LETTRE DU DIRECTEUR RH FRANCE A MICKAEL WAMEN

Monsieur,

Je vous confirme que GDTF s'est effectivement désistée l'année dernière des plaintes déposées en lien avec l'occupation de l'usine, conformément au protocole de fin de conflit. Comme la CGT ne pouvait renoncer à toute action des salariés à l'encontre de Goodyear, GDTF ne pouvait évidemment s'engager à un désistement des victimes, personnes physiques. De même, GDTF n'est pas maître de la décision d'enquêter que peut prendre le Procureur de la République indépendamment des plaintes déposées.

Comme d'ordinaire, je resterai à votre disposition pour échanger plus largement avec vous lors de votre retour.

Cordialement,

Jean-Philippe CAVAILLE HR Director France

mardi 17 février 2015

GARDE À VUE SALARIÉS ET ÉLUS GOODYEAR

Depuis ce matin des salariés et des élus Goodyear sont en garde à vue au commissariat central dans le cadre d'une enquête judiciaire en lien direct avec " l'occupation de l'usine avant le 22 janvier 2014".

L'accord de fin de conflit prévoit dans son article 8 que GDTF renonce à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l' encontre des salariés Amiens nord du fait des actes commis en lien avec la restructuration et à se désister auprès de Monsieur le procureur de ses plaintes déposées suite à l'occupation de l'usine. Nous avons un accord qui indique que toutes les actions juridiques liées à la restructuration et la période d'occupation faisaient l'objet d'un désistement. Cette façon de maintenir la pression et de plus une démonstration de plus du fait que Goodyear ne respecte pas ses engagements.

Nous devons dénoncer cet acharnement fait à la CGT goodyear.

lundi 16 février 2015

Goodyear veut maintenir la pression

Demain, le 17 février 2015, des salariés Goodyear sont convoqués par la Police, dans le cadre des besoins d'une enquête judiciaire.

Cette convocation a un lien direct avec " l'occupation de l'usine avant le 22 janvier 2014", un accord de fin de conflit prévoit dans son article 8 que GDTF renonce à toutes poursuites judiciaires et disciplinaires à l' encontre des salariés Amiens nord du fait des actes commis en lien avec la restructuration et à se désister auprès de Monsieur le procureur de ses plaintes déposées en lien avec l'occupation de l'usine.

Nous avons un accord qui indique que toutes les actions juridiques liées à la restructuration et la période d'occupation faisaient l'objet d'un désistement.

Cette façon de maintenir la pression et de plus une démonstration de plus du fait que Goodyear ne respecte pas ses engagements.

À suivre

La CGT

vendredi 13 février 2015

DÉCLARATION DE LA CGT LORS DE LA RÉUNION DU 12-02

Déclaration de la CGT GOODYEAR - Le 12 février 2015

Lors de la réunion de commission centrale qui s'est tenue le 10 février à Rueil, une déclaration a été lue par la CGT Goodyear et tous les élus toutes organisations syndicales confondues, ont quitté la réunion suite au harcèlement dont est victime le secrétaire de la CGT, dans cette déclaration la CGT a demandé à la direction de se positionner suite aux agissements répétés de Mme Seprez envers Mickael Wamen.

La direction a rapidement pris position en affirmant que la seule responsabilité venait de Mickael Wamen prétextant des insultes sur le blog CGT à l'encontre de la RH d'Amiens nord, ce qui est totalement faux et facilement vérifiable sur le blog.

Ce que ne dit pas la direction dans sa réponse adressée à Mickael Wamen c'est la violence des propos de cette RH : "J'ai un avenir professionnel alors que vous n'en avez aucun" et d'ailleurs la direction aurait beaucoup de mal à s'expliquer sur un tel comportement.

Cette même direction qui dit ne pouvoir accepter un quelconque harcèlement de Madame Seprez envers Mickael Wamen dit "la déclaration de la RH intervient au cours de la suspension de séance intervenue en marge de la réunion de CHSCT de l'établissement d'Amiens Nord du 9 février", doit-on comprendre que le fait de harceler un élu ne peut s'opérer que lors de réunions et pas devant plusieurs élus dans un couloir ?

Pour rappel, le code du travail est clair (L1152-1) "Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel."

En l'occurrence, plusieurs salariés élus CGT ont eu à subir du harcèlement moral de la part de la direction Goodyear et notamment Mickael Wamen, absent aujourd'hui en raison d'atteintes répétées et ce depuis de nombreuses années, quant à compromettre son avenir professionnel, non seulement il l'est mais Mme Seprez le rappelle à Mickael Wamen de manière violente et ce devant plusieurs élus.

Dans la première déclaration, la CGT demandait à la direction si les façons de faire de la RH du site faisaient partie d'une stratégie de la direction toute entière en vue de déstabiliser la CGT ou s'il s'agissait d'un excès de zèle de la part de Mme Seprez. Nous avons la réponse aujourd'hui avec le courrier envoyé à Monsieur Wamen.

La CGT décide donc de ne plus participer aux réunions tant que les conditions respectueuses de l'intégrité morale de tous ne seront pas respectées car à travers le harcèlement subit par Mickael Wamen, ce sont tous les élus qui sont visés.

DÉCLARATION DE LA CGT LORS DE LA RÉUNION DE COMMISSION CENTRALE DU 10-02-2015

Voici la déclaration de la CGT suite aux multiples attaques et harcèlement dont est victime la CGT, toutes les organisations syndicales (Cfdt - Cfe Cgc) l'ont signé et ont quitté la réunion.

Déclaration de la CGT GY le 10 février 2015

Je tiens a dénoncer l'acharnement moral que le petit personnel RH continue d'exercer sur les syndicalistes CGT.

Alors que la haute direction du groupe, à travers la signature d'un accord de fin de conflit a renoncé en partie à ses provocations, les petits sbires locaux s'accrochent à leur misérable petite parcelle de pouvoir.

L'absence de Mickael Wamen à notre réunion de ce jour en est le résultat directe puisqu'il m'a informé dés hier qu'il n'était pas en état d'assumer son mandat suite au harcèlement moral qu'il subit depuis un certain temps.

Qui peut supporter le mépris d'une soi-disant responsable des ressources humaines qui pavoise et affirme qu'elle a un avenir professionnel contrairement à notre délégué syndical ?

Propos d'autant plus humiliants qu'ils ont été tenus en public.

A travers Mickael c'est bien l'ensemble des élus qui est visé.

Si cette dame ne dispose pas de suffisamment de vocabulaire pour répondre à nos questions ça ne l'autorise pas à user d'une telle violence morale.

La CGT interroge officiellement la direction de Goodyear pour savoir s'il s'agit d'une stratégie pour nous déstabiliser ou s'il s'agit d'un excès de zèle d'une personne isolée qui se veut plus qu'elle n'est ; à savoir rien de plus ni de moins qu'une salariée comme nous.

Nous restons solidaires et sommes convaincus que nous ne valons pas moins que ces petits chefs auto-proclamés toujours empressés de ressembler pour plaire à cette direction qui a décidé de sacrifier notre avenir.

Dans l'immédiat, cette réunion est déclarée nulle et non avenue et doit être reportée à une date ultérieure et seulement après que nous ayons l'assurance qu'elle puisse se tenir dans des conditions respectueuses de l'intégrité morale de tous.

Petite victoire de la RH Amiens Nord (comptable en chef d'elle même) : cela va lui faire économiser des frais de déplacement concernant Mickael Wamen.

mercredi 11 février 2015

DÉCLARATION DE LA CGT GOODYEAR - SIGNÉE PAR TOUTES LES ORGANISATIONS SYNDICALES

Déclaration de la CGT GY le 10 février 2015

Je tiens a dénoncer l'acharnement moral que le petit personnel RH continue d'exercer sur les syndicalistes CGT.

Alors que la haute direction du groupe, à travers la signature d'un accord de fin de conflit a renoncé en partie à ses provocations, les petits sbires locaux s'accrochent à leur misérable petite parcelle de pouvoir.

L'absence de Mickael Wamen à notre réunion de ce jour en est le résultat directe puisqu'il m'a informé dés hier qu'il n'était pas en état d'assumer son mandat suite au harcèlement moral qu'il subit depuis un certain temps.

Qui peut supporter le mépris d'une soi-disant responsable des ressources humaines qui pavoise et affirme qu'elle a un avenir professionnel contrairement à notre délégué syndical ?

Propos d'autant plus humiliants qu'ils ont été tenus en public.

A travers Mickael c'est bien l'ensemble des élus qui est visé.

Si cette dame ne dispose pas de suffisamment de vocabulaire pour répondre à nos questions ça ne l'autorise pas à user d'une telle violence morale.

La CGT interroge officiellement la direction de Goodyear pour savoir s'il s'agit d'une stratégie pour nous déstabiliser ou s'il s'agit d'un excès de zèle d'une personne isolée qui se veut plus qu'elle n'est ; à savoir rien de plus ni de moins qu'une salariée comme nous.

Nous restons solidaires et sommes convaincus que nous ne valons pas moins que ces petits chefs auto-proclamés toujours empressés de ressembler pour plaire à cette direction qui a décidé de sacrifier notre avenir.

Dans l'immédiat, cette réunion est déclarée nulle et non avenue et doit être reportée à une date ultérieure et seulement après que nous ayons l'assurance qu'elle puisse se tenir dans des conditions respectueuses de l'intégrité morale de tous et il en ira de même pour toutes les réunions à venir.

Petite victoire de la RH Amiens Nord (comptable en chef d'elle même) : cela va lui faire économiser des frais de déplacement concernant Mickael Wamen.

mercredi 4 février 2015

A VOIR DEMAIN SUR FRANCE 2 - COMPLÉMENT D'ENQUÊTE

Demain jeudi 5 février 2015 à partir de 22h20, complément d'enquête

vendredi 30 janvier 2015

CHOIX DANS LA DATE !!!

On arrête plus le progrès ....

En décembre vous aviez été des centaines à avoir reçu des courriers de la SODIE en AR qui coûtent une fortune et ces courriers vous invitaient à des réunions pour 4 jours avant l'envoi .....

Jusque là rien d'anormal la SODIE est au top,on met le paquet pour dénoncer une erreur aussi grosse la SODIE accuse le coup enfin fait semblant et elle dit que cela ne se reproduira plus jamais ......

Hier, des salariés reçoivent un nouveau courrier de convocation à une réunion qui indique qu'ils sont conviés à une réunion qui se tiendra le ..................

SODIE innove, ils viennent d'inventer la convocation à choix multiples, les gars décident de la date !!!!!

Cette même SODIE qui a touché plus de 6.5 millions d'euros en 2014 et en plus une location de bureau pour 650.000 € !!!!!

Putain ca tape, ils sont une tripotée de pour envoyer des courriers même pas foutus d'indiquer les dates et c'est à eux que les salariés doivent confier leur avenir

Ca fout grave les boules de voir de telles anomalies.....

Les gars qui attendent l'allocation temporaire dégressive depuis des mois, la DIRRECTE qui n'en branle pas une, Goodyear qui traine au maximum les dossiers .....

La nouvelle du jour, un mec nous appelle " j'ai eu ma paye il me manque 400€" il se renseigne, nous aussi, résultat : la paye a rueil lui a retiré une saisie sur salaire sauf qu'ils ce sont juste trompé de salarié.....

Ah, c'est vrai la paye a rueil est débordée, celui qui tutoie tout le monde qui dit tout le temps " je m'en occupe " met un bordel monstre dans les dossier s!!!

Il n'a pas accepté que lors d'une réunion, la CGT ait dit qu'il était incompétent, depuis il boude, plus de bonjour, nous sommes très tristes qu'il ne nous parle plus.... C'est une blague nous nous en tapons royalement de son bonjour, qu'il fasse son Taff, il multiplie les conneries, c'est une photocopieuse a erreurs ce mec !!!!

On est bien lotis avec de pareille vedettes, entre la SODIE qui n'est même pas capable envoyer un courrier avec la bonne date et l'autre artiste qui fait n'importe quoi, il est clair que la CGT a encore du Taff pour un sacré moment !!!!!

A bientôt pour une prochaine reunion, nous, nous vous communiquerons une date lol

La CGT GOODYEAR

mercredi 28 janvier 2015

ACHARNEMENT CONTRE LES ÉLUS CGT QUI NE VEULENT PAS TUTOYER LA RH DU SITE

Copie mail envoyé ce jour à

Mme Seprez M. Crussy

Madame,

Je reviens vers vous concernant les notes des élus CGT que vous traitez plus que lentement.

Madame Lepretre est venue me voir pour m'indiquer que je devais lui fournir les notes de frais à l'avance car les virements avaient lieu une fois par semaine : le jeudi, ce que nous savions déjà car cela fait des années que le service finance fonctionne ainsi mais je ne m'attendais pas à ce que cela vous occasionne tant de travail car auparavant la secrétaire chargée des notes de frais (entre autres) acceptait qu'on lui fournisse le jeudi matin pour un virement le jeudi même !!! Et je ne pense pas qu'elle était surhumaine. Il est vrai que depuis la fermeture vous avez beaucoup de travail : entre choisir et effectuer vos commandes de repas payés par Goodyear et l'épluchage de notes de frais pour en retirer quelques centimes.

C'est pourquoi je vous indique que je viendrai vous déposer les notes de frais des derniers déplacements des élus CGT et que j'espère qu'entre 2 commandes de salades et de fromage blanc, vous aurez le temps de les traiter pour le virement de demain.

Je vous rappelle également que vous ne pouvez de manière unilatérale effectuer des corrections de votre propre chef, le fonctionnement des notes de frais étant régit par un accord.

Alors que la situation des salariés que vous avez licenciés est catastrophique et que nous faisons tout pour l'améliorer, nous sommes obligés lors de réunions importantes au siège de nous réunir avec Monsieur Crussy (afin de ne pas être pénalisés lors de l'exécution de nos mandats) pour empêcher votre diktat sur le paiement des frais que nous avançons : nous avons d'autres sujets importants à régler et vous également, notamment répondre aux demandes de certains salariés a qui vous avez refusé des demandes que vous avez accepté pour d'autres !!!

Salutations

Evelyne Becker-Quignion

LA PRIME DE LA HONTE

Il y a des choses, des principes qui donnent la nausée, des mesures prises incompréhensibles qui donnent envie de péter un plomb, comme cela fut encore le cas lors du CCE du 27 janvier.....

Alors que nous avions depuis le matin entendus des données économiques qui démontrent que Goodyear n'avait pas et n'aura jamais de justification économique au massacre d'Amiens Nord, nous avons indiqué à la direction qu'il fallait en plus ajouter à cette honte une autre honte qui venait ajouter à une sensation amère un dégoût total....

Ce dégoût s'appelle prime de démantèlement, la direction a décidé unilatéralement de verser en plus des 17.40€ par jour de frais de repas une prime de 35 euros par jour pour ceux qui ne sont pas licenciés....

Non seulement ils ne sont pas notifiés et en plus ils bénéficient de 52.40 € par jour, si Goodyear veut ajouter encore plus de colère il y arrive !!!!

Cette prime est versée depuis près d'un an à tous les salariés non notifiés, sauf aux élus CGT !!!!! : tous les jours ils perçoivent 35 euros en récompense d'avoir accepté de ne pas être licenciés et concernant leurs repas ils sont offerts par Goodyear.

Nous n'aurions de toute façon jamais accepté cette prime de la honte, car c'est une honte....

Car déjà celle-ci est versée à des salariés dans le cadre du démantèlement et que cela n'a aucune justification, nous apprenons que cette prime est versée à tous les salariés soi-disant dédiés au démantèlement même ceux qui sont occupés à l'administratif, sur le site, à la SODIE, chez GDTF .....

Mais comment la direction peut-elle justifier une telle différence de traitement, car non seulement plus de 900 salariés sont sans emploi mais de plus, ils apprennent que Goodyear octroie une prime à ceux qui ont encore leur Taff (sauf les élus CGT).

Nous avons calculé et les chiffres sont encore plus hallucinants et honteux, par an cela représente un total de 12000€ par salarié en incluant les avantages en nature, sans compter que ces salariés reculent d'autant leur date de licenciement !!!

Devant une telle infamie, on ne peut qu'être choqué et la CGT ne laissera pas faire une telle injustice.

Prenons l'exemple de la RH amiens Nord, embauchée pour fermer l'usine, elle n'a plus rien ou peu à gérer (surtout faire chier la CGT), il reste 50 personnes a gérer, cette RH n'est absolument pas concernée par le démantèlement, pas plus que d'autres, comme la secrétaire intérimaire celle du dirlo amiens Nord qui bénéficie également de 52,40 euros par jour, ces gens là ont encore moins de Taff qu'avant.

Ils ne sont pas notifiés et en plus ils touchent 12000€ de plus par an, c'est vraiment beau le protectionisme ..... Leur plus gros travail de la journée est de commander leur repas et pour ça il n'y a pas de retard, ils ont créée des tableaux pour que ça aille plus vite et quand on arrive dans leurs bureaux pour des sujets importants : des cas graves où les salariés qui ont été licenciés se retrouvent dans la merde à cause de leur incompétence, ils se demandent s'ils vont prendre un fromage ou dessert ou les deux !!! Ça pourrait faire rire mais lorsque l'on voit comment ils traitent le dossier de plusieurs salariés, on ne peut que hurler de colère !!!

Cette prime est à ajouter au partage de divers petits cadeaux, distribution de iphone 5 pour tous juste après la fermeture....alors que pour certains salariés qui n'avaient pas eu droit à leur cadeau anniversaire il avait fallu se battre comme des chiens pour récupérer un stylo.

Cette même RH qui s'amuse à faire chier des pauvres salariés pour leur droit au pneus gratuits car elle n'a plus que cela à faire et c'est en plus avec plaisir qu'elle le fait....

12000 € par an pour ceux qui n'ont pas été notifiés : un cadeau royal entre amis : UNE HONTE, UN SCANDALE....

Ce fric est le nôtre, nous devons exiger la même chose pour tous les salariés et pas seulement pour une poignée dont des cadres qui en brassent encore moins qu'avant....

C'est cette même équipe qui s'est organisée un petit repas de noël à la cantine avant les fêtes, nous avons là aussi péter un plomb pour dire que nous trouvions cela plus qu'indécent ....

Et après ils se permettent de donner des leçons, les magouilles sont encore plus importantes qu'avant, ils sont en petite bande de copains/copines, ils se protègent, se servent un maximum, s'octroient des primes sur le dos des licenciés.....

Le dirlo qui se prend pour le plus grand patron de tous les temps, il est dirlo d'une friche, le résultat de son acharnement, lui qui passait sont temps a critiquer SMITH pour le dézinguer et prendre sa place, il joue au caïd, tel un coq dans une basse-cour !!!

Leur plus gros Taff est de s'organiser pour que chaque jour, ils arrivent ensemble à la cantine prendre leur repas payés : La prime de la honte ....

OUI nous dénoncerons toutes les magouilles, OUI cela nous file la gerbe, certains chez Goodyear continuent à être aussi irrespectueux et c'est eux qui se disent offusqués quand nous leur disons qu'ils sont nuls et qu'ils profitent à mort de la situation, ils n'ont pas fini de nous entendre et nous ferons tout pour que cette prime soit versée à tous les salariés.....

A bon entendeur.....

LA CGT GOODYEAR

mardi 27 janvier 2015

DONNÉES ÉCONOMIQUES CCE

Données économiques CCE Goodyear va très très bien ....

Le cash flow (liquidité) est de 8.2 milliards de $, soit 3,4 FOIS LA DETTE !!!!

Goodyear peut quand il le veut rembourser la dette, qui comme l'expert l'indique n'est pas un surendettement mais juste une dette entretenue.....

La redistribution de l'enveloppe servira pour :

1. Financement restructuration 600 millions d'euros (pour info la restructuration amiens nord c'est 160 millions euros), reste à savoir pour qelles usines et quels pays

2.les actionnaires vont se répartir la petite bagatelle de 900 millions de $ pour 450 millions de rachats de dividendes...

La revitalisation a été de 1.911.000 € pour Goodyear, ou sont les 6 millions annoncés ? et de plus Goodyear a touché plus de 1.900.000 € de CICE !!!

Au total le coût de la fermeture c'est 161.469.000 € en 2013, ce chiffre est scandaleux mais démontre à lui seul l'excellente santé financière du groupe Goodyear qui met près de 200 millions d'euros à détruire des emplois et une Région, avec à peine la moitié nous aurions eu du travail pour plus de 20 ans !!!!

Pour votre information :

En 2009 richard J KRAMER président du groupe monde avait en 2009 : 5.553 millions de dollars de rémunération et en 2013 : sa rémunération est de 19.191 millions de dollars !!!!!

Le groupe va très bien car une telle augmentation démontre que Goodyear a énormément de moyens, mais comme toujours pour les plus hauts gradés !!!!

Et dire que certains qui ne connaissent rien au dossier parlent de tout et de rien, la réalité n'est même pas interprétable Goodyear se porte à merveille et il ne cesse d'augmenter ses capacités de production dans les pays à bas coûts au détriment des autres pays, la question réelle est la suivante :

Après amiens Nord a qui le tour

Quand une multinationale provisionne pour restructuration en Europe plus de 600 millions d'euros c'est qu'elle a bien une stratégie de délocalisation qui va se poursuivre et ce n'est pas une invention de notre part mais juste un constat alarmant, d'autres diront tout va bien, nous, nous affirmons que des Millers d'emplois vont encore disparaître en Europe de l'ouest et notamment en France .....

La CGT GOODYEAR

dimanche 25 janvier 2015

ET SI ON CHANGEAIT TOUT ?

Nous sommes en lutte et à vrai dire un peu seuls....mais l'espoir est à notre porte !!!!

Alors que la situation de notre Pays est plus que jamais propice à un énorme rassemblement des salariés, privés d'emplois, jamais nous n'avons été aussi peu actifs ....

Ce paradoxe est bien orchestré par tous ceux qui devraient justement être à l'appel d'un énorme mouvement, les confédérations syndicales toutes autant qu'elles sont ne jouent absolument pas leur rôle, la CGT en premier, engluer dans des problèmes à sa tête, elle est plus préoccupée à se soucier de son nombril que de l'avenir de millions de français ....

Il y a bien quelques mouvements à gauche et droite mais rien qui mette un terme aux attaques menées par le MEDEF et un gouvernement qui mènent la pire guerre contre le monde du travail, la loi MACRON est sûrement la loi la plus agressive contre nos droits et tout se passe sans qu'une réaction soit mise en œuvre, réaction à la hauteur de l'attaque, les médias annoncent tranquillement que 1% des plus riches de cette planète détiennent plus que le reste du monde et là aussi aucune réaction, chacune et chacun n'acceptent sûrement pas cette situation mais pour le moment aucune réaction d'ampleur pour enrayer d'urgence cette situation honteuse !!!!

MACRON et sa bande au service de la finance n'est en réalité que la continuité d'un programme qui vise à culpabiliser les plus démunis au profit des plus puissants.

Que restera t'il des épreuves que notre démocratie a dû affronter en ce début d'année ???

Moins de liberté, plus de contrôles, d'obligations, est ce cela la seule réponse que des millions de français attendaient

Bien évidement que non, entendre le premier ministre parler de ghettos, d'apartheid, c'est surtout attendre une vraie politique du changement, redonner au peuple les vrais valeurs du mot avenir, mais comment avancer alors que jamais les associations qui sont la pour justement aider au mieux les quartiers n'ont jamais connues autant de coupes sombres dans leurs financements, certaines ont même purement et simplement disparues....

Tout cela n'est que de la démagogie, savoir si le président va mieux sans les sondages les français s'en tapent, nous, ce que nous voulons c'est que ce monde change et aucune annonce faite depuis quelques semaines n'est de nature à nous laisser croire à cela ....

La banque européenne va faire tourner la planche à billets, 60 milliards d'euros par mois d'effacement de dette mais uniquement pour les banquiers et on continue de marcher sur la tête, ces millions de milliards, les millions de chômeurs ne savent même pas à quoi cela correspond, mais ils savent qu'ils seront encore pour un long moment chômeurs parce que les entreprises qui ont bénéficié, elles aussi, de milliards d'allègements n'ont aucune contrepartie obligatoire et elles continuent à délocaliser, à externaliser leurs bénéfices dans des paradis fiscaux, rien ne change ou si tout change et cela s'accélère, la France sous un gouvernement socialiste donne plus de pouvoir à ceux qui détruisent notre pays .....

La politique d'austérité va dans ce sens, des peuples entiers sont sacrifiés et quand certains sont au bord d'un changement de cap, l'Europe se met en marche, celle du fric pour faire peur, il serait dangereux pour ces milliardaires au pouvoir de voir apparaître une nouvelle politique, une politique qui dise non à la misère et l'exclusion de millions d'européens. Les élections en Grèce font peur à ceux qui depuis des années n'ont cessé de mener une politique au service de la finance, les grecs ont été massacré pour et par le fric, une poignée de professionnels de la politique qui continuent de produire la même situation dans d'autres Pays et qui ont comme contrat celui de satisfaire les plus Riches quitte à faire crever des millions de personnes !!!!

Nous avons chez Goodyear un goût très amer de çe que nous subissons, si il y avait eu une réaction syndicale nationale et de même une réaction politique à la hauteur nous aurions encore un emploi, mais il est plus facile de se cacher derrière certains médias et même appuyer pour trouver comme unique coupable un syndicat de boîte et des salariés ....

Goodyear depuis plus de 15 ans a délocaliser toute sa finance nous n'avons cesse de le dénoncer, cette pratique lui permet de fermer là ou il le veut les usines, mais le pire encore c'est que les politiciens de notre pays l'ont aidé à fermer notre usine, entre magouilles et mensonges ....

Magouilles quand l'ancien ministre du redressement productif indique que l'état a permis à Goodyear de faire table rase sur Amiens nord et mensonge quand ce même gouvernement laisse croire à une reprise et fait tout le contraire ....

Des Goodyear il y en a beaucoup en France, mais nous sommes très peu à nous lever pour dénoncer la situation actuelle ....

Les confédérations syndicales sont sûrement plus occupées à gérer les soucis du financement de leurs structures plutôt que de venir soutenir ceux que la finance achève, en plus de 7 ans pas un seul responsable confédéral n'est venu sur notre site, les confédérations ont totalement oublié leur rôle, elle accompagne la déchéance du monde du travail et font semblant d'être à l'offensive ...

Jamais le MEDEF n'a été aussi arrogant, jamais il n'a obtenu autant mais jamais il n'a été aussi peu inquiété !!!!

Pendant que la lutte de la CGT est une lutte interne et que dans les autres confédérations c'est se planquer pour éviter d'être éclaboussé, le patronat avance à l'allure d'un TGV ( transformation générale victorieuse).

Combien reste t'il de médias libres et indépendants

Car il est plus que difficile de pouvoir obtenir des informations qui ne soient pas éditées par le pouvoir, une large partie des médias sont à la solde du pouvoir sous toutes ses formes.

Bref, nous ne souhaitons pas pleurer sur cette situation mais juste la dénoncer, il nous faudra tôt ou tard regarder l'avenir, car au delà de la situation actuelle il nous faudra dans quelques années expliquer à nos enfants que ce qu'ils subiront viendra du fait de notre laxisme à laisser une poignée de nantis détruire leur avenir....

Nous avons décidé de continuer à nous battre, nous continuerons à dénoncer non seulement notre situation mais au delà la situation de notre pays et au delà de tout un continent.

Ce que nous voyons et entendons nous donne la gerbe, mais nous ne sommes pas résignés bien au contraire ....

Des signes démontrent que des peuples veulent un Monde meilleur, cela nous encourage, il faudra qu'un jour et le plus tôt possible, ceux qui font de la politique un métier quittent leurs postes et laissent le pouvoir à ceux qui veulent une politique pour les peuples et non la Finance.

Tous ceux qui actuellement occupent des responsabilités sont coupables et responsables, y compris ceux qui ont des discours très engagés et qui accueillent à la fête de l'humanité un trader qui est l'exemple meme de la déréglementation du tout fric contre l'humain ....

À suivre .....

La CGT GOODYEAR

samedi 24 janvier 2015

UNE PREMIÈRE JOURNÉE QUI EN APPELLE D.AUTRES ...

Contrairement à ce qu'écrit le courrier Picard hier nous n'avons pas mis en œuvre la dernière action des Goodyear mais une première d'une longue série à venir, nous l'avions pourtant bien dit et répété !!!!

De même, comment un journaliste peut il dire qu'il n'y avait que 200 salariés à 9 heures au rdv alors que d'autres ont comptabilisé le double !!!!

Faut il voir dans ces écrits totalement inventés une réaction du fait que lors de la dernière réunion nous les avons invité à sortir de la salle, ils ne changeront décidément jamais de comportement....

Bref, nous savons bien qu'une partie des médias, une large partie même, ne fait plus depuis longtemps du journalisme mais du clientélisme.

Nous étions il est vrai pas 800 mais 400 sur le parking pour ce premier et non dernier rdv !!!

Nous avons ensuite décidé de partir en cortège plus de 150 véhicules vers la cellule de reclassement SODIE, nous avons été reçu et des engagements ont été pris, une première reunion se tiendra le 29 janvier 2015 matin dans les locaux de la SODIE en présence de salariés, nous souhaitons lever un à un les points importants qui ne permettent pas aux salariés, après plus de 11 mois de congé de reclassement, de pouvoir bénéficier de leurs droits. Il y a encore énormément de problèmes qui génèrent des troubles importants pour les salariés, des formations inadaptées, des conseillers qui ne connaissent pas leurs sujets, des courriers inutiles, la SODIE a reconnue qu'il y avait de gros problèmes maintenant elle doit agir ....

Nous allons très bientôt vous convoquer de nouveau pour une réunion et arrêter une date du prochain mouvement.

Beaucoup d'entre vous nous on appelé pour nous dire qu'ils ne pouvaient pas venir cette fois ci, nous comptons donc sur votre présence au prochain rdv pour être plus de 400 et nous sommes fiers d'avoir été si nombreux un an après la fermeture du site et si certains journalistes locaux se font plaisir à minimiser les chiffres nous allons leur démontrer qu'ils sont dans le faux une fois encore !!!!!

A très bientôt

La CGT GOODYEAR

jeudi 22 janvier 2015

JOURNÉE D'ACTION DU 23/01/2015

Rendez-Vous à 9.00 h Parking Goodyear Première journée d'actions

TOUS ENSEMBLE

mercredi 21 janvier 2015

COURRIER À LA DIRECTION

​​​​​​M CAVAILLE J PHILIPPE DRH GDTF COPIE A M TYS MARC DG GDTF

Monsieur,

Le 19 janvier 2015, la CGT Goodyear après avoir échangé avec de très nombreux salaries lors d’une réunion collective à Amiens le 15 janvier 2015, vous a adressé une lettre afin de vous demander une période de 6 mois de moratoire dans le but de ne pas maintenir un processus de réunions information /consultation en vue du démantèlement de l’activité agricole à Amiens nord.

Mois de 24 heures après la direction GDTF indique qu’elle refuse cette demande, car aucun projet ne permet une reprise du site, et vous indiquez que vous préférez maintenir les efforts aux reclassements des ex salariés…..

Nous constatons une fois encore que vous avez une sacrée conception du dialogue social, vous agissez toujours de la même façon, vous communiquez par les médias, jamais vous n’adressez de réponses aux IRP mais seulement par médias interposés, voilà qui en dit long sur votre respect des élus qui représentent le personnel.

Maintenant, nous tenons à vous indiquer que notre demande de moratoire est et elle restera, l’activité agricole sur le site de Goodyear Amiens nord a un avenir, nous en sommes convaincus et donc nous voulons du temps pour étudier toutes les possibilités pour sauver du chômage des centaines de salariés, car seuls vous représentants du groupe GDTF êtes satisfaits du taux de reclassement, faut-il vous rappeler qu’un an après la fermeture du site il reste plus de 80% de salariés sans aucune solution !!!!

Et vous vous permettez d’indiquer que vous préférez concentrer vos efforts sur le reclassement et la revitalisation

Si la cellule de reclassement s’avère être plus qu’un échec, en ce qui concerne la revitalisation dont plus de 85% des fonds proviennent du PSE et pour les 15% restants du CICE 2014 (1.900.000 euros de CICE pour GDTF en 2014) , vous ne pouvez quand même pas dire que la revitalisation est une source d’avenir, car depuis septembre il n‘y a qu’une vingtaine d’emplois prévus et pour les 3 années à venir !!!!

Nous parlons de 800 personnes qui à ce jour n’ont aucun avenir social sauf le chômage, vous, vous parlez de solutions qui n’ont même pas permis de trouver des solutions pour 100 personnes , vous êtes loin de la réalité, même en maquillant au mieux celle-ci.

La CGT Goodyear croit en une solution pour permettre à plusieurs centaines d’ex salariés de retrouver un emploi, VOUS, vous préférez croire à une friche industrielle, nous ne pouvons pas comprendre un tel comportement, sauf si bien sûr il y a beaucoup de choses qui nous ont été caché pendant les dernières années, nous les découvrirons surement bientôt !

Nous maintenons notre demande de moratoire et c’est en ce sens que nous avons formulé une demande de réunion au ministère de l’économie et pour laquelle nous sommes en attente d’une réponse.

Nous croyons aux pneus agricoles made in France à Amiens et de plus lors d’une réunion le 7 janvier le représentant de la direction GDTF à Amiens nord a indiqué que ce projet de démantèlement n’était pas urgent, donc il n’y a pas de raison à ne pas accepter notre demande qui peut permettre de trouver une solution afin de créer des centaines d’emplois….

De plus, nous vous indiquons qu’aucun accord ne vous permet de mettre en œuvre le démantèlement d’une activité viable et profitable, de retirer du site d’Amiens des outils performants et modernes pour les transférer, le protocole de fin de conflit du 23 janvier 2014 ne prévoit pas cette possibilité bien au contraire.

Nous espérons que vous reveniez à la raison, que vous acceptiez notre demande, que vous nous laissiez le temps de travailler à une reprise du site Amiens nord et du redémarrage de l’activité agricole et ainsi créer plusieurs centaines d’emplois là ou vous en avez détruit plus de mille !!!!

Sachez enfin, que les salariés n’accepteront jamais de voir leur usine finir en friche, de voir des outils performants partir sur d’autres sites, d’être sacrifiés alors qu’une solution existe, aucun accord ne permet cela, des promesses ont été faites par GDTF, pendant des mois nous avons sans cesse posé la question du devenir du FARM, jamais Goodyear n’a indiqué qu’il y avait une obligation légale de reprendre 672 salariés de ce fait des centaines de salariés ont attendu cette reprise évoquée par Goodyear et titan, le ministre de l’économie indiquant lui même en septembre 2014 que des discussions étaient en cours entre les deux groupes….

Cette obligation selon vos allégations existait depuis des années, cet article du code du travail selon vos propos était une obligation depuis le début, inventer cela en novembre 2014 pour opérer à un démantèlement et non seulement scandaleux mais est un énorme mensonge de plus…..

Et ce chiffre de 672 que Titan aurait indiqué, chiffre qui ne sort de nulle part, nous rappelons que la dernière annonce de Titan était une reprise à 333 salariés dans un premier temps après signature d’un accord mettant un terme aux conflits collectifs.

Alors, non seulement les annonces sur l’obligation d’appliquer le L1224.1 du code du travail sont un énorme mensonge mais de plus le chiffre de 672 n’a jamais été évoqué avec qui que ce soit, sauf chez les dirigeants Goodyear pour mettre en place une énième stratégie pour continuer dans un mensonge démarré il y a 7 ans !!!!

Nous allons travailler à un projet pour un redémarrage de cette usine à Amiens nord, faire des pneus agricole made in France, les vendre, puis payer des impôts en France contrairement à Goodyear qui n’en paye plus depuis des années et qui en plus veut faire supporter à la collectivité Française un drame social et humain, car la cellule de reclassement n’a pas réussi à reclasser plus de 10% d’ex Goodyear en 1 an et que la revitalisation ne fera aucun miracle, vous n’avez pas le droit de nous empêcher de travailler à trouver une solution.

Les salariés sont très motivés et vont donc dès cette semaine se mobiliser, nous sommes au regret de constater que vous ne respectez aucun engagement, 1 an après l’accord de fin de conflit nous allons devoir y entrer de nouveau !!!!

L’activité et l’outil de travail agricole à Amiens nord est et elle restera, voici ce que les ex Goodyear ont décidé le 15 janvier 2015.

A suivre….

LA CGT GOODYEAR

DEMANDE DE TABLE RONDE AUPRÈS DU MINISTRE DE L'ÉCONOMIE ET DE L'INDUSTRIE

​​​​​​​​ M MACRON EMMANUEL MINISTRE DE L’ECONOMIE DE L’INDUSTRIE ET DU NUMERIQUE

Monsieur le Ministre,

Le 19 janvier 2015, la CGT Goodyear demandait à la direction la mise en place d’un moratoire pour la mise en place d’un processus permettant d’étudier et travailler à tous les projets d’un redémarrage de l’outil industriel du site Goodyear Amiens nord.

Moins de 24 heures après cette demande la direction via les médias répond par la négative, peu importe, nous la maintenons et nous la confirmons, car nous sommes persuadés qu’il existe un projet permettant de produire des pneus agricoles made in France à Amiens, la direction préfère tout mettre en œuvre pour démanteler un outil performant et créer ainsi une nouvelle friche industrielle dans notre pays et dans une région déjà très touchée par des méthodes similaires par d’autres groupes….

La direction de Goodyear indique dans sa réponse qu’elle va poursuivre les efforts de reclassements des salariés, vous connaissez surement la situation des ex salariés Goodyear un an après la fermeture du site d’Amiens.

Il n’y a que 55 salariés qui ont retrouvé un CDI et 46 ont trouvé un emploi précaire !!!!

Le nombre de solutions identifiées en y ajoutant les départs en retraites est inférieur à 21%, c’est-à-dire qu’il reste près de 80% des salariés sans aucune solution d’avenir.

La direction de Goodyear a comme seul et unique projet de laisser sur le carreau des centaines de salariés, allez-vous la laisser faire sans réagir

Ou alors allez-vous nous aider à la mise en œuvre d’un projet permettant le redémarrage de l’outil de production, permettant à plusieurs centaines de d’ex salariés de retrouver un emploi

Nous vous demandons la mise en œuvre d’une table ronde avec les acteurs principaux de ce dossier, vous êtes un ministre important dans un gouvernement qui ne cesse de dire qu’il fait de la lutte contre le chômage sa priorité, nous vous demandons donc de nous convoquer au plus vite afin que nous puissiez échanger avec vous des possibilités de sauvetage de l’activité agricole a Amiens.

La direction veut aller vite pour opérer au démantèlement du site, nous devons donc aller aussi vite à la mise en œuvre d’une proposition lui interdisant de mettre en friche une usine qui a un potentiel d’avenir. Nous vous remercions à l’avance pour l’attention que vous allez porter à notre demande et nous sommes bien sûr en attente d’une réunion dans les jours à venir.

POUR LA CGT WAMEN Mickael

mardi 20 janvier 2015

DEMANDE DE MORATOIRE DE LA CGT GOODYEAR

La CGT a décidé de tout mettre en œuvre pour trouver une solution au redémarrage de l'activité agricole sur le site Amiens nord.

Cette démarche va dans l'intérêt de tous y compris de GOODYEAR, elle exige un climat apaisé. Pour cela il est nécessaire que le démantèlement de l'outil de travail soit provisoirement suspendu jusqu'à ce que toutes les voies de continuation de l'activité agraire aient pu être explorées.

C'est pourquoi nous proposons un moratoire de 6 mois.

Pendant ce moratoire nous souhaitons tout faire pour lever les points de blocages qui n'ont soit disant pas permis au groupe titan de reprendre le site.

Ensuite si cette solution s'avère réellement caduque nous avons décidé de réexaminer avec les salariés la possibilité d'une SCOOP, que GOODYEAR avait refusé en 2012 en indiquant qu'il ne pouvait pas nous céder ce qu'il avait déjà prévu de céder au groupe titan.

D'après GOODYEAR ce problème justement ne se pose plus.

Tous ces efforts ne peuvent être accomplis tant que la direction cherche à multiplier les réunions sur le démantèlement de l'outil agricole.

C'est pourquoi nous demandons aux multinationales concernées, aux pouvoirs publics et aux collectivités territoriales de prendre toutes leurs responsabilité afin que ce moratoire permettent de sauver le site d'Amiens nord.

Fait à Amiens le 19 janvier 2015.

POUR LA CGT WAMEN Mickael

lundi 19 janvier 2015

Compte-rendu commission centrale de suivi du 10 décembre 2014 - Rueil Malmaison

Commission Centrale de Suivi Goodyear Dunlop Tires France Plan de Sauvegarde de l’Emploi relatif à la fermeture de l’établissement d’Amiens Nord Compte-rendu de la 9 ème réunion de la Commission de suivi centrale du 10 décembre 2014 Étaient présents : Jean-Philippe CAVAILLE, DRH France Bernard GLESSER, DRH Amiens Nord Pour la CGT : Evelyne BECKER-QUIGNION Cyril CARON Reynald JUREK Mickael WAMEN Pour la CFDT : Franck ALVES Jean-Pierre BOBKO Olivier MULLER Pour la CFE-CGC : Peter FROST Jean-Claude JUDLIN Jacques MARTIN Sophie BOQUET, Responsable de la mission GDTF chez Sodie Commission Centrale de Suivi Goodyear Dunlop Tires France

Ordre du jour I. Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) consécutif à la fermeture de l'établissement d'Amiens Nord 3Commission Centrale de Suivi Goodyear Dunlop Tires France

La séance est ouverte à 10 heures 15. I. Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) consécutif à la fermeture de l'établissement d'Amiens Nord Madame BOQUET Je rappelle que nous devons nous retrouver le 17 décembre. Depuis le 12 novembre 2014, le nombre de notification n’a pas évolué, soit 1 008 adhésions au congé de reclassement et 1 044 salariés notifiés. Différentes observations avaient été formulées, notamment sur les créations d’entreprise. Il avait en outre été convenu de faire en sorte de consacrer une partie du budget liée à la convention de revitalisation pour s’assurer du niveau de financement requis pour ces créateurs d’entreprise. Ce dispositif n’évoluera pas. 11 salariés sont concernés par cette disposition, comme cela est confirmé dans le document qui vous est diffusé. La procédure changera quelque peu pour ces personnes, puisque le projet devrait être présenté en Comité d’engagement. Si nécessaire, je participerai à ces réunions organisées avec Monsieur CAZORLA pour m’assurer du respect des engagements pris. Certains salariés bénéficient d’opportunités d’emploi et hésitent à les accepter en raison de la période d’essai. Jusqu’à présent, la rupture était acquise lorsque le salarié retrouvait un emploi. S’il en fait la demande, le salarié pourra suspendre son congé de reclassement pendant la période d’essai initiale. Si cette dernière trouve une issue favorable, le versement des primes et la rupture du congé seront mis en œuvre. Sinon, le salarié retrouvera le bénéfice de la mesure de congé de reclassement. Monsieur MARTIN Qu’en est-il du renouvellement de la période d’essai ? Madame BOQUET Généralement, nous savons ce qu’il en est au terme de la période d’essai initiale. Au cas par cas, nous pourrions étudier les éventuelles situations spécifiques. Monsieur GLESSER Ces deux dispositions font partie des assouplissements que nous pouvons apporter au PSE pour favoriser et sécuriser le retour à l’emploi des salariés. Des améliorations pratiques seront apportées autant que possible. Le PSE doit coller aux réalités des salariés. Madame BOQUET Depuis mi-février 2014, date du démarrage de l’EMF, 7 428 entretiens ont été réalisés, alors que l’on a dénombré 5 449 participations aux ateliers. Depuis le 12 novembre, 455 entretiens individuels supplémentaires ont été réalisés, ainsi que 145 participations aux ateliers. Les ateliers réalisés au mois de novembre portent notamment sur le parcours de dynamisation de la recherche d’emploi. Cette session, organisée en quatre séances, avait pour objectif d’apprendre aux salariés à cibler et à identifier les entreprises qui les intéressent, à savoir se présenter en trois minutes, à se préparer aux entretiens de recrutement, à adapter leur CV, à utiliser SAP (sachant que la majorité des entreprises à proximité d’Amiens travaillent avec ce logiciel) et à utiliser les réseaux sociaux dans le cadre de la recherche d’emploi. Madame BECKER Cet atelier ne concerne pas les agents de production. Madame BOQUET Non, une telle disposition concerne essentiellement les agents de logistique et les cadres. Des modules de production, des modules RH et des modules de comptabilité sont proposés, en fonction du métier du salarié. Un atelier sur l’utilisation des réseaux sociaux est proposé dans le cadre de la recherche d’emploi. Les salariés concernés peuvent en effet être exposés à un risque en termes d’image. Monsieur WAMEN Je suis bien placé pour le savoir. J’ai passé plusieurs heures en garde à vue. Madame BOQUET Désormais, il existe des moyens permettant à la personne de faire disparaître certains éléments, afin de nettoyer son image. Il s’agit également d’aider les salariés à postuler aux offres d’emplois détectées par l’EMF. Madame BECKER De nombreux salariés m’ont affirmé que les propositions de postes qui leur ont été faites n’étaient pas cohérentes avec leur diplôme. Par exemple, des agents de dépôt se sont vu proposer des postes de niveau bac + 4, alors que des offres de postes d’électricien ont été transmises à des ouvriers de production. Monsieur WAMEN Ces offres ont été transmises sans formation. Madame BOQUET Je vous explique pourquoi. Monsieur WAMEN On sait pourquoi. Madame BOQUET Des offres d’emploi sont collectées par Sodie tant au niveau d’Amiens qu’au niveau national. Lorsqu’un salarié est enregistré dans la base Sodie, il l’est avec un projet professionnel, qui retranscrit ce qu’il sait faire. Il dispose ainsi d’un code ROM. Or des codes ROM sont également associés aux offres d’emploi. A partir de ce code, une comparaison est effectuée, ce qui permet d’envoyer sur la boîte mail les offres d’emploi correspondantes. Cependant, les codes ROM englobent des familles de postes très élargies. Il en résulte que certains postes ne correspondent pas aux compétences ou aux projets du salarié. Madame BECKER La solution consiste à ne pas faire signer au salarié le refus du poste. Madame BOQUET Les salariés sont appelés pour leur proposer les postes correspondant à leur projet professionnel et à leurs qualifications. Ils peuvent alors donner une réponse de vive voix. Je rappelle qu’il faut que le poste proposé corresponde à l’aire géographique définie dans le PSE et que le contrat corresponde à un CDI ou à un CDD d’au moins six mois. Ce sont les offres valables d’emploi, qui sont nécessairement soumises aux salariés. Les propositions ne répondant pas à ces critères n’ont pas de conséquences sur les salariés. Nous avons fait le choix de proposer le plus grand nombre de postes à chacun, ce qui n’est pas discriminant à nos yeux. Madame BECKER Ce n’est pas perçu comme ça. C’est plutôt perçu comme un foutage de gueule, car le salarié ne dispose d’aucun diplôme. Monsieur WAMEN J’ai demandé aux gens de m’envoyer des mails. Le Président de la Société Alpha Conseil, Monsieur FERRACCI, voulait me voir. Je l’ai envoyé chier. J’ai demandé aux salariés recevant des offres d’emploi de me les transmettre. Bizarrement, j’ai constaté qu’un poste avait été proposé à tout le monde, un poste de magasinier à Abbeville dans les espaces verts. Ce poste a été proposé à de nombreux salariés. Je comprends bien la stratégie appliquée. En tout cas, on ne va pas parler 107 ans. On va passer à l’action. Je n’ai plus rien à vous dire. Les salariés viendront ici, comme prévu. Les 7 429 entretiens réalisés ne veulent rien dire, puisque le résultat est catastrophique. Je ne vois pas ce que signifient les 5 449 participations aux ateliers. On pourrait rajouter des zéros au bout, ça ne changerait. Au final, seuls 94 emplois ont été créés, dont 52 emplois en CDI et 42 emplois en CDD. Pour ce qui est des 40 créations d’entreprises, dont acte. Nous voulons bien intégrer les 91 départs à la retraite, mais il est hors de question de prendre en compte les 254 personnes en formation. C’est hors de question. Ce ne sont pas 500 personnes pour lesquelles une solution a été identifiée. Il ne faut pas se foutre de notre gueule. Madame BOQUET Les personnes en formation ne sont pas prises en compte. Monsieur WAMEN La réalité est que nous sommes confrontés à une catastrophe sans nom. Pour les créateurs d’entreprise, le financement de 20 000 euros pour les gens en formation dans le but de créer une entreprise était déjà acté la dernière fois. Lorsque les gens sont venus chercher leur cadeau au CE, ils ont exprimé des craintes sur leur avenir. Je souhaite revenir sur quelques cas individuels. Monsieur Sébastien HERISSON a un problème pour créer sa structure. A la date du 14 janvier, il n’aura pas trouvé son local et son aménagement. Il n’a pas pu créer son entreprise, ce qui pose un problème. Monsieur Cédric FRUITIER demande une aide car il a perdu sa maman. Il a appelé trois fois la SODIE, mais n’a pas eu de retour. Monsieur GLESSER J’ai répondu positivement à Monsieur FRUITIER. Monsieur WAMEN La réponse donnée par Agnès n’était peut-être pas la bonne. Monsieur GLESSER Agnès recueille les dossiers, dès qu’ils sont constitués, puis me les communiquent. Monsieur FRUITIER a demandé à me rencontrer, car il demande une avance, suite au décès de sa maman. J’ai répondu positivement à sa demande. J’ai transmis le dossier au siège, sachant que les virements sont réalisés tous les jeudis. Monsieur WAMEN Ca c’est du concret. Sur le reste, que vous voulez que je vous dise ? L’usine est fermée depuis un an. Depuis, 94 personnes ont retrouvé un emploi, dont 52 en CDI. Il faut y ajouter une quarantaine de créations d’entreprises. La Direction de Goodyear attend peut-être un bras de fer. Nous ne céderons pas. Une assignation est partie au tribunal de Nanterre. Pour les salariés, il y aura soit un allongement du congé de reclassement, soit un allongement du congé de reclassement. La situation actuelle est une catastrophe. Partant de là, que voulez-vous dire ? Si vous aviez présenté des chiffres indiquant que près de 500 personnes bénéficiaient d’une solution identifiée, je l’aurais accepté. Ce n’est pas le cas. C’est une catastrophe. Monsieur GLESSER Si vous ne comptez pas les personnes en formation de longue durée, nombre d’entre eux trouveront un emploi à la sortie de ce congé de formation. J’en veux pour preuve que 22 des 28 personnes récemment sorties ont trouvé un emploi, dont la moitié en CDI. Monsieur WAMEN Toutes ne trouveront pas un emploi. Ce n’est pas vrai. Monsieur GLESSER Une soixantaine de personnes sortiront bientôt de cette période de formation. Monsieur WAMEN Depuis que la Direction a décidé de violer l’article 11 de l’accord du 23 janvier 2014, 330 personnes pouvaient espérer un retour à l’emploi sur le site, mais Goodyear a anéanti leurs chances. Ces personnes n’auront pas la possibilité de retrouver un emploi, contrairement à ce que prévoyait l’article 11. Démanteler une usine, c’est bien. Envoyer les machines à la ferraille, c’est bien. Je vous assure cependant que l’année 2015 ne sera pas l’année 2014. Madame BOQUET 264 personnes se sont engagées dans une période de formation, dans le but d’une reconversion. Nous poursuivons la présentation aux salariés des métiers porteurs, par le biais d’entreprises et d’organismes de formation, de sorte que les salariés puissent se projeter et augmentent leur employabilité. Cette démarche est essentiellement nécessaire pour les métiers techniques (chaudronnier,soudeur, chimie…). La difficulté du secteur de la chimie est que la majorité des entreprises sont implantées à 70 kilomètres d’Amiens, ce qui peut poser un problème en termes de mobilité aux salariés. Il faudra envisager les modalités liées à la mobilité professionnelle. Il faut ajouter les formations proposées dans le secteur des métiers de bouche (pâtisserie,boucherie). Monsieur WAMEN Effectivement, c’est une boucherie, un carnage même. L’ambiance au CE n’est certainement pas à la rigolade. Nous sommes passés à un stade de colère supérieur à 2013. Monsieur JUREK Les gens anticipent ce qu’il va se passer dans quelques mois. Monsieur WAMEN Nous n’allons pas leur mentir. Le chômage entraîne une baisse de rémunérations. Il va en résulter des difficultés financières pour les familles concernées. Monsieur JUREK Je connais les rémunérations proposées dans les métiers de bouche. Ce n’est pas mirobolant. Madame BOQUET Les salariés ont choisi ces formations en toute connaissance de cause. On ne leur a pas menti sur les rémunérations et sur le rythme de travail qui est difficile dans ces métiers. Monsieur CARON Le rythme de travail est tout aussi difficile en usine. Madame BOQUET L’objectif est aussi de permettre aux salariés de supporter progressivement les baisses de rémunération. Monsieur CARON Je m’aperçois que les documents ne sont pas communiqués avant la réunion, comme nous l’avions demandé. Ce n’est pas normal. Par ailleurs, les représentants de pôle Emploi et de la DIRECCTE ne sont pas présents. Ils ne sont jamais là. Monsieur GLESSER Je ne peux pas les contraindre à venir, mais je vous assure que nous les invitons et que nous leur avons envoyé la convocation. Monsieur CARON Trouvez-vous normal par rapport à la situation du site d’Amiens ? Vous devez les faire venir. Monsieur GLESSER J’ai rappelé à Monsieur BESSIER qu’il était invité. Il m’a dit qu’il viendrait, mais il n’est pas là. Monsieur CARON Il n’en a rien à faire. Monsieur WAMEN Ne t’emmerde pas Cyril. Il sera présent le 17 décembre. Monsieur GLESSER Les représentants de Pôle Emploi sont cependant invités. Madame BOQUET Je les ai invités à nous rencontrer pour évoquer les conséquences de la nouvelle convention UNEDIC sur les salariés. En effet, certains messages ne sont pas rassurants, s’agissant notamment du délai de carence. Après la notification de licenciement, le salarié est soumis à un délai de carence, qui est passé de 75 à 180 jours. L’augmentation du délai de carence ne concerne pas les licenciements pour motif économique. Cela signifie que les salariés impactés par le PSE seront toujours concernés par un délai de carence de 75 jours. Tout salarié doit ouvrir des droits et s’inscrire à Pôle Emploi, même s’il crée une entreprise ou obtient un CDD, afin de préserver les droits acquis. Un tableau de suivi sera communiqué à Pôle Emploi, de sorte que les personnes soient orientées et que l’information soit bien transmise sur les modalités d’indemnisation. L’objectif est de veiller à ce que la législation et les modalités de la convention soient bien connues. Pour les invalides de deuxième catégorie, nous avons demandé à Pôle Emploi des précisions sur le fonctionnement pratique de l’institution sur ce sujet. Comment faire pour inscrire le salarié ? Le salarié est reçu et doit répondre à des questions, afin d’évaluer sa capacité à rechercher un emploi. Si le salarié, dans le cadre de l’entrevue, explique qu’il ne peut plus travailler en raison de son état de santé, Pôle Emploi n’est pas en mesure de prendre en compte l’inscription du salarié, qui perd le bénéfice de la portabilité des droits. Monsieur CARON Je crois que la question portait plutôt sur la portabilité de l’APGIS. Madame BOQUET Non. Nous avons convenu que ces salariés bénéficieront de cette inscription et de la portabilité des droits, y compris auprès de l’APGIS par ricochet. Monsieur GLESSER Toutes les populations particulières (invalides de deuxième catégorie, créateurs d’entreprise), dont nous transmettrons la liste à Pôle Emploi, bénéficieront d’un accueil spécifique. Monsieur CARON Ces salariés devront en quelque sorte passer devant le tribunal de Pôle Emploi. On leur dira que s’ils ne peuvent pas travailler, ils n’auront rien. Un avis sera donné pour faire perdre à ces salariés ce à quoi ils ont droit, dont la portabilité des droits et la retraite. Madame BOQUET Le dispositif proposé dans le cadre du congé de reclassement constitue potentiellement un avantage pour les salariés. Monsieur WAMEN Il devrait être valable pour tous les gens, pendant les 24 mois de chômage. Cela pourrait être une avancée importante. Madame BOQUET L’objectif est de permettre à ces gens de conserver leur statut social. Monsieur CARON J’ai une question sur les impôts. Des primes ont été versées aux personnes de Montluçon. De votre côté, avez-vous reçu un courrier des impôts pour les salariés d’Amiens ? Monsieur WAMEN La question a été posée pour tout le monde, y compris pour les salariés partis à Amiens Sud, dans le cadre d’une mutation interne. Monsieur GLESSER Nous avons interrogé le centre des impôts, dont la réponse s’applique partout en France, y compris à Amiens. Les dispositions prévues s’appliquent partout en France. Vous nous prêtez des pouvoirs que nous n’avons pas. Nous n’avons pas la possibilité de modifier les règles de Pôle Emploi concernant les invalides, les règles fiscales, les salaires dans le secteur de la boucherie ou de faire venir quelqu’un qui ne le souhaite pas. Monsieur CAVAILLE La réponse nous a été transmise par le centre des impôts de Montluçon. Monsieur CARON Que se passera-t-il pour ces salariés ? La somme de 10 000 euros sera-t-elle imposable ? Monsieur GLESSER Cette somme est effectivement imposable. Monsieur CARON Elle est imposable, mais ces salariés ne changent pas de tranche. Ils doivent en être informés. Le courrier communiqué par les impôts est très complexe. Le salarié qui le recevra ne saura pas quoi faire. Votre réponse, telle qu’elle est écrite, posera problème. Monsieur GLESSER On peut demander à Marjorie de transcrire cette réponse dans un français correct. Monsieur CAVAILLE Une réponse compréhensible par chaque salarié sera rédigée. Monsieur CARON Vous inscrivez sur la convocation des personnes qui ne sont pas présentes. Or nous payons des impôts. Monsieur GLESSER Nous n’avons pas ce pouvoir. Monsieur CARON Votre rôle est de faire avancer les choses. C’est à vous d’intervenir, considérant le nombre d’emplois que vous foutez par terre. Monsieur GLESSER Je le fais tous les jours. Un élu Ce n’est pas Batman non plus. Monsieur JUREK Prenez vos responsabilités. Monsieur WAMEN C’est honteux. Je ne vais pas péter un plomb pour rien. C’est à vous, Monsieur CAVAILLE, que je n’ai plus rien à dire. Nous avons atteint à un seuil de malhonnêteté que je n’avais jamais vu. Je n’ai plus rien à vous dire en Commission de Suivi. La seule solution repose sur la mobilisation des salariés. Monsieur CAVAILLE Je considère que j’agis pour les salariés. Monsieur WAMEN Vous n’avez rien à considérer. C’est un fiasco sans nom, dont vous êtes les seuls et uniques responsables. Tous les mois, nous vous avons posé la question sur le projet Titan. Vous avez répondu que la loi l’obligeait à reprendre les 632 salariés. C’est un mensonge sans nom. Je ne vais pas passer 107 ans à vous expliquer des choses que vous ne comprenez pas. Arrêtez de nous dire que nous sommes des partenaires. Vous essayez de nous enculer à tour de bras. Madame BOQUET Une présentation de formations par l’AFPA de l’Oise a été réalisée sur les métiers de la chimie, ainsi qu’une présentation de formations par l’AFPOLS sur les métiers de gardiens d’immeuble (18 participants). Des forums sont programmés en janvier. Monsieur WAMEN Pour faire le métier de gardien d’immeuble, il faut passer une ceinture noire de karaté. Ce métier présente des risques élevés dans les quartiers populaires. Madame BOQUET Des résidences privées peuvent également recruter, mais à court terme, ce sont les bailleurs sociaux qui recrutent. Le principe est que le gardien d’immeuble réside dans l’immeuble. Je peux comprendre que cela pose problème. Monsieur WAMEN Je ne vais pas perdre mon temps à expliquer certaines choses à des gens qui ne comprennent pas un dixième de ce qui est dit. Vous allez voir comment la colère va s’exprimer. La situation des salariés est claire. La misère sociale les attend. Les responsables de la SODIE essaient de se protéger, de la CGT selon ce qui m’a été dit. Monsieur CAVAILLE C’est ridicule. Monsieur WAMEN Arrêtez avec votre air. Vous êtes de menteurs. En 2012, vous avez dit que l’échec des négociations était lié à la CGT. Monsieur CAVAILLE Oui. Monsieur WAMEN Pour ma part, je n’ai pas de problème. Vous pouvez penser ce que vous voulez de moi. J’ai pris rendez-vous avec des gens pour agir comme il faut. Monsieur CAVAILLE Laissez Sophie BOQUET continuer son propos. Monsieur WAMEN Je n’ai rien contre elle, mais globalement, c’est un fiasco. Nous ne sommes pas satisfaits, mais écoeurés. Tout est entrepris pour vous aider, mais ce sont les salariés qui paient les pots cassés. Seule la réponse de ces derniers sera efficace. Vous n’avez pas fait plus que ce vous pouviez faire. Madame BOQUET 94 salariés ont retrouvé un emploi, dont 52 en CDI et 42 en CDD. Il faut y ajouter 40 créations d’entreprises, 264 formations longues et 91 retraites à date, soit 489 solutions identifiées (22,5 % des salariés). Monsieur CARON Ces résultats intègrent-ils les salariés du site de Montluçon ? Madame BOQUET Les chiffres représentent les résultats en interne. Monsieur CARON Qu’en est-il de l’accompagnement des conjoints ? Madame BOQUET Je ne vois pas d’inconvénient à évoquer ce point, mais cela ne m’avait pas été demandé. Monsieur CARON Le cabinet SODIE n’intervient jamais en local. Le représentant de la SODIE ne participe pas aux réunions en local. Dans le cadre du plan social, des démarches doivent se faire. Une personne de la SODIE doit intervenir au niveau local. Ce n’est pas le cas. Madame BOQUET Le lui avez-vous signalé ? Monsieur CARON Bien sûr. Nous lui avons versé de l’argent. Il doit donc être présent. Monsieur WAMEN Ce n’est pas Géo Trouvetout, mais « Géo Je Découvre Tout ». A mon avis, un point devrait être fait chaque mois en CE. Madame BOQUET La diapositive suivante porte sur le détail des créations d’entreprise. Je vais vous présenter la mise en œuvre de l’action de revitalisation. Les projets devaient être présentés lors d’une réunion le 18 décembre, mais la Préfète ne pouvait pas être présente. Le premier projet concerne une PME de 25 salariés dans le secteur de l’agroalimentaire, qui va mener un projet de développement de ses activités afin de satisfaire les demandes de la Grande et moyenne Distribution. Ce projet porte en partie sur la production et la vente de produits bio. Il va en résulter la création de 20 emplois, dont 14 postes de manutentionnaires et d’un poste d’électromécanicien. Le montant de l’intervention de Sémaphore pourrait être de 200 000 euros, sous réserve de la décision in fine du Comité d’engagement de la convention. Le deuxième projet consiste également en un investissement de 200 000 euros, dans une PME du secteur médical. L’effectif de la société sera porté de 7 à 15 CDI en trois ans. Le montant de l’intervention pourrait être de 80 000 euros pour le projet de développement de cette PME. Le troisième projet concerne une PME de 30 salariés, spécialisée dans la fabrication de produits à ossature en aluminium. L’intervention de Sémaphore pourrait représenter un montant de 50 000 euros. Monsieur WAMEN 80 000 euros pour créer 7 à 15 CDI en trois ans : c’est fort. C’est impressionnant. Je n’en reviens pas. La revitalisation, ce sera la même merde que le reste. Monsieur MARTIN Il faudra a minima bénéficier d’une formation médicale ou scientifique pour pouvoir être recruté à ces postes. Madame BOQUET L’antenne emploi et la revitalisation se déroulent concomitamment, pour renforcer l’efficacité de la convention de revitalisation. Les démarches doivent se superposer pour favoriser la formation des salariés et leur donner accès aux emplois créés via la convention de revitalisation. Monsieur WAMEN Ce n’est pas la démarche de revitalisation qui va donner du boulot aux gens. Monsieur GLESSER Vous avez demandé qu’on fasse un point sur la revitalisation. Monsieur WAMEN J’ai dit qu’il ne fallait pas se focaliser là-dessus. Cette enveloppe est si réduite qu’elle ne servira à rien. Monsieur CAVAILLE Son montant est de six millions d’euros. Monsieur WAMEN Ce montant sera prélevé sur le PSE. Monsieur CAVAILLE On peut tout voir en noir, si vous voulez. Avez-vous d’autres questions ? Monsieur WAMEN J’ai une déclaration à faire. Il reste 800 personnes sur le carreau à la date d’aujourd’hui, pour lesquelles aucune solution n’a été trouvée. Elles se rapprochent dangereusement d’une situation personnelle et familiale dramatique. Selon nous, c’est inadmissible. La seule solution est de réunir les salariés et de faire énormément de bruit. La SODIE n’a pas fait son boulot. Elle ne pouvait pas faire mieux. On nous a menti depuis le début. On nous a affirmé que nous avions été débiles de ne pas accepter le PSE depuis des années. La revitalisation est également un fiasco sans nom et un mensonge supplémentaire. Vous pouvez dire que nous voyons tout en noir, mais il n’y a pas de raison de le voir autrement. La situation est catastrophique. J’ai la responsabilité de représenter au mieux les salariés. J’ai fait le maximum pour améliorer un certain nombre de processus individuels. Nous sommes arrivés au maximum de ce que nous pouvions obtenir dans l’amélioration du processus collectif. La seule solution reste la mobilisation des salariés. Vous aurez l’obligation de prendre en considération la détermination et la force de frappe de cette mobilisation. Ce n’est pas Goodyear qui fait la loi en France. Monsieur CAVAILLE Je ne suis pas d’accord avec votre constat. Monsieur WAMEN Tout est mauvais. Vous ne savez pas comment vivent les gens. Vous ne les avez jamais rencontrés. Pourquoi ne pas réunir les gens pour leur parler ? Monsieur CAVAILLE Le taux de solution des cas individuels atteint en trois mois ne me semble pas mauvais (25 %). Il faut voir d’où nous venons. Monsieur WAMEN Pourquoi parlez-vous de trois mois ? Sommes-nous au mois de mars ? Ou au mois de décembre ? Monsieur CAVAILLE Laissez-nous travailler. Votre constat est que cela ne va pas. Monsieur WAMEN Apportez-moi la preuve du contraire. Je ne demande qu’à être convaincu par votre action. Je rappelle qu’il a fallu six mois aux salariés pour faire le deuil de leur poste. Vos propos se retrouvent dans les procès-verbaux. Monsieur CAVAILLE Les recherches d’emploi et les formations longues ne se font pas du jour au lendemain. Je ne m’attendais pas à une explosion des résultats en trois mois. Monsieur GLESSER Les démarches mises en œuvre commencent à payer. Monsieur WAMEN Dans deux mois, cela fera un an. Nous avons largement dépassé les trois mois évoqués. Monsieur GLESSER Le processus a réellement commencé en avril/mai, puisqu’il fallait tenir compte des deux mois de préavis. Monsieur CAVAILLE Vous n’arrêtez pas de tout peindre en noir. Monsieur WAMEN Vous faîtes semblant de vous fâcher, mais je rappelle que depuis dix mois, les salariés sont au chômage. Monsieur CAVAILLE Je vais finir par me fâcher. Monsieur WAMEN Vous ne me faîtes pas peur. Il est anormal qu’une multinationale comme Goodyear laisse 800 personnes sur le carreau. Monsieur CAVAILLE Je suis en désaccord avec vos propos. Monsieur WAMEN Vous dressez un tableau merveilleux, mais c’est du pipeau. L’avenir des salariés s’assombrit de jour en jour. Ils vont subir une perte de rémunération significative. Mon rôle est de défendre ces gens. Je prendrai donc les risques nécessaires pour eux, car leur situation est dramatique. Le PSE est un fiasco sans nom. Vous brisez les gens mentalement. De plus, vous avez violé l’article 11 de l’accord de 2014. Nous irons dès lors au tribunal et ne vous laisserons pas reprendre les machines. Nous allons faire une nouvelle proposition de SCOP dans les prochains jours. Vous allez comprendre que si la CGT ne s’est pas exprimée pendant cette réunion, c’est qu’elle a autre chose à faire. Monsieur CAVAILLE Vous en parlerez en local. Monsieur WAMEN Je n’ai pas fini. Votre gestion du dossier est une catastrophe sans nom, sur le plan social et humain. C’est l’un des dossiers les plus dramatiques sur le plan social pour la région Picardie, après celui de Continental. On leur avait promis monts et merveilles, mais au final, ces salariés n’auront rien, puisque Continental va en cassation. Vous êtes motivés uniquement par la soif du fric. Votre comportement est odieux. Monsieur CAVAILLE L’information a été donnée à tous les représentants du personnel au même moment. Monsieur WAMEN C’est le Courrier Picard qui m’a contacté. Monsieur CAVAILLE Le courrier a été envoyé directement. Monsieur WAMEN C’est Madame CHARRIER qui nous l’a envoyé. Vous continuez à faire tout et n’importe quoi. Madame BECKER Il aurait été plus simple de nous en informer lors de la réunion. Monsieur BOBKO Pourquoi Titan ne reprend pas le site ? Il en va de l’avenir des emplois. Monsieur CAVAILLE Je n’ai rien de plus à dire que ce que j’ai dit dans la presse. Monsieur BOBKO La presse raconte ce qu’elle veut. Monsieur WAMEN Taylor a affirmé que la loi française l’aurait contraint à reprendre 672 postes, mais ce n’est pas vrai. C’est un mensonge. Ne vous inquiétez pas. Nous allons les baiser. Ce sont des exécutants. Monsieur CAVAILLE Il y a des exécutants à tous les niveaux. Monsieur WAMEN De votre côté. Monsieur BOBKO Je ne comprends pas que l’information ait été communiquée par la presse. Monsieur CAVAILLE Nous avions envoyé un courrier à ce sujet. Monsieur WAMEN C’est faux ! Vous avez monté un buzz pour nous « casser ». Monsieur CAVAILLE Je n’ai pas dit ça. Vous le savez très bien. Monsieur WAMEN Vous êtes responsables de la situation. Je ne laisserai pas 800 salariés dans la merde. On plantera des tentes Quechua devant le siège, avec les femmes et les enfants, qui ne boufferont pas. Vous ferez moins les malins. Vous allez voir comment je vais écorner votre image. On vous prépare une action dont vous vous souviendrez. A mon avis, vous commettez une erreur fondamentale. Monsieur CAVAILLE Merci. Bon retour à tous. Monsieur WAMEN A très bientôt, au tribunal de Nanterre. Nous allons nous retrouver au tribunal. Nous allons nous expliquer. Vous n’imaginez pas la détermination des gens. La séance est levée à 11 heures 25.

vendredi 16 janvier 2015

Procès-verbal de la réunion ordinaire du CHSCT GOODYEAR du 7 janvier 2015

Etaient présents :

Pour la Direction

Michel DHEILLY Michèle SEPREZ Membres du CHSCT

Gérard GACQUIERE Philippe DUFAUX Sébastien LUPO Christian HAREUX Hervé MARCHAL Richard JOUHANNET Jean-François QUANDALLE

Mickael WAMEN, Représentant Syndical CGT Patrice SZYROKI, Représentant Syndical CFE-CGC Invités

Damien DEBRIL, responsable maintenance Etaient absents :

Michaël SEMEDO Nicolas LANOY Ludovic LEROY, Représentant Syndical SUD Chimie

Ordre du jour

I.​Information et consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité​3

La séance est ouverte à 10 heures 40, sous la présidence de Michel Michel DHEILLYEILLY.

. Information et consultation du CHSCT sur les conséquences du projet de démantèlement des équipements mixtes et de l’activité agricole de l’établissement Amiens Nord sur les conditions de travail, l’hygiène et la sécurité Michel DHEILLY

Bonjour à tous et merci d’être là. Monsieur le Secrétaire, pouvons-nous commencer la réunion ?

Richard JOUHANNET

L’inspection du travail n’est pas là ? C’est important. Ils ne seront pas de trop.

Michel DHEILLY

L’inspection du travail n’est pas là et ce n’est pas moi qui gère son agenda, mais elle a été prévenue et a eu la même documentation que vous.

Nous tenons aujourd’hui notre première réunion dans le cadre du processus d’information et de consultation sur le projet de démantèlement des équipements agricoles mixtes d’Amiens Nord et ses conséquences sur les conditions de travail, la santé et la sécurité. Nous avons donc adressé à chacun d’entre vous avec la convocation à cette réunion l’ensemble de la documentation, un dossier complet précisant les conditions dans lesquelles nous envisageons les opérations de démantèlement des équipements sur le site ainsi qu’une analyse précise des risques envisagés établie sur le même modèle que celle que nous avions pratiqué dans le cadre du processus d’information/consultation sur le projet de démantèlement des équipements passagers. La méthodologie suivie au sein de l’établissement d’Amiens Nord pour l’évaluation du risque et la mise en œuvre des mesures de prévention est donc strictement la même. Comme nous l’avons écrit en juin dernier, les informations qui en sont issues permettent de caractériser l’ensemble des risques, qui sont des risques chimiques auxquels les salariés pourraient être exposés durant les opérations de démantèlement sur la base du référentiel connu et scientifique. La règlementation est une règlementation précise. Cela correspond, je crois, à l’annexe 7 qui a été joint à la note de consultation.

Mickaël WAMEN

Si vous permettez, en ce qui nous concerne, nous allons demander une suspension de séance parce que nous avons des délibérations à sortir, que nous soumettrons au vote. J’ai reçu les documents. J’ai regardé. Je n’ai rien compris, comme d’habitude.

Michel DHEILLY

Le but de la réunion, M. WAMEN, est d’expliquer l’ensemble des informations.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas parce que vous allez expliquer que je vais comprendre. Vous savez, je suis assez bête.

Michel DHEILLY

Non, je ne pense pas.

Mickaël WAMEN

Cela étant, nous allons demander une suspension de séance parce que nous avons des délibérations à sortir et à faire voter.

Richard JOUHANNET

De toute façon, expliquer… Quand on voit le document, il n’y a rien dedans.

Michel DHEILLY

Attendez, avant de dire qu’il n’y a rien dedans, je pense que nous pouvons…

Mickaël WAMEN

Une assignation va partir aujourd’hui en ce qui concerne le projet de démantèlement. Je pense que vous ne pouvez pas omettre le fait que la situation actuelle du site d’Amiens Nord met les salariés dans une situation de précarité encore plus extrême, puisque pendant maintenant plus de dix mois, depuis le mois de janvier, nous posons la question du repreneur et on nous a laissé croire qu’il y aurait éventuellement des discussions off mais qu’il était trop tôt pour en parler. Vous arrivez avec des déclarations fracassantes à grands coups de renforts médiatiques pour dire que cette fois c’est terminé, que le Code du travail selon un article qui de toute façon serait arrivé au moins de novembre si j’ai bien compris et qui n’était pas connu par GOODYEAR depuis des années et qui était l’ancienne L122-12, obligeait le repreneur à prendre non pas 537 personnes, non pas 333, mais – coup de baguette magique – 672. Vous nous avez expliqué en long, en large et en travers que c’était les demandes faites par la demande du marché, qu’il y avait des perspectives de croissance importantes qui faisaient qu’il fallait aller au-delà des 537 salariés qui avaient été arrêtés par GOODYEAR et par TITAN en 2012.

Michel DHEILLY

Non, non…

Mickaël WAMEN

En 2012, nous ne cessions de dire : « cela ne peut pas être 537, cela ne sera pas suffisant. » Vous nous disiez : « cela sera 537 maximum ».

Michel DHEILLY

M. WAMEN, je pense que nous avons fait une réunion de CE le 11 décembre. J’ai apporté un grand nombre d’éléments à ce sujet, d’accord ?

Mickaël WAMEN

D’un seul coup, c’est 672. Aujourd’hui, la problématique n’est pas de savoir dans quelles conditions va se dérouler le démantèlement parce que, pour nous, il ne peut pas y avoir de démantèlement. La problématique est simple à comprendre : nous n’allons pas entrer aujourd’hui dans un débat avec vous sur comment cela va être démantelé, où est-ce que vont aller les machines, est-ce qu’il y a un risque chimique ou pas. Tout cela, on s’en fout royalement parce que pour nous, la problématique ne se pose pas en ces termes. Pour nous, avant tout, il faut sauvegarder l’outil de travail industriel sur Amiens Nord.

Il y avait des projets qui avaient été mis sur la table. Il y avait le projet de TITAN. Il y avait d’autres projets. Il y avait par exemple le projet d’une Scop, que vous avez refusé à l’époque en disant qu’il y avait un repreneur. Aujourd’hui, le projet de Scop a peut-être tout à fait sa place. On ne sait pas. On verra bien, on en reparlera. La loi Florange existe dès lors que des salariés ont un projet viable, intéressant, permettant la reprise d’un outil industriel – cela a été le cas par exemple chez FRALIB et dans d’autres entreprises en France qui fonctionnent très bien aujourd’hui au travers de Scops. Vous ne pouvez pas savoir ce qui va se passer dans les semaines ou les mois à venir. L’assignation dont nous avions fait part fin décembre – nous avions dit qu’elle partirait début janvier – est partie. Enfin, elle part du moins aujourd’hui, pour avoir une date en référé heure par heure, au tribunal d’Amiens il me semble.

Partant de là, je ne vois pas en quoi je vais tenir aujourd’hui une réunion de CHSCT pour développer avec vous des arguments ou des éléments pour savoir comment va se dérouler le démantèlement de l’activité agricole. Pour moi, il est hors de question que nous parlions du démantèlement de l’activité agricole. C’est en ce sens que je vous demande une suspension de séance le temps nécessaire à ce que nous puissions travailler à l’élaboration et à la mise en place des deux délibérations que nous devons voter aujourd’hui. Mais je vais être très clair avec vous : nous n’allons pas palabrer 107 ans dans une réunion qui, j’estime, n’a pas lieu d’être parce que pour le moment toutes les pistes éventuelles à la reprise de l’activité agricole n’ont pas été étudiées et n’ont pas été mises en œuvre. Il y a la piste Taylor qui semble-t-il de votre côté est tombée à l’eau. Ce n’est pas ce que sembleraient dire des membres du gouvernement actuel. Ce n’est pas ce que semblerait dire le cabinet d’avocats nouveaux du groupe TITAN. Il semblerait qu’il y ait des discussions qui seraient encore sur la table. Et nous ne permettrons pas à GOODYEAR de ne pas laisser leur chance à un certain nombre de salariés de retrouver un emploi ici-même.

Il existe donc diverses façons de faire redémarrer une activité industrielle. L’outil industriel d’Amiens en FARM est un outil performant. Vous l’avez suffisamment dit et redit dans les PV des derniers CE, CCE et CHSCT durant ces longues années où nous nous sommes battus et dans lesquels vous disiez qu’il fallait absolument sauvegarder l’outil de travail agricole puisque c’est un outil sur lequel on a investi massivement. Jeffrey Smith le disait de longue date. Et comme le disait Richard toute à l’heure, et il a tout à fait raison, je me souviens des propos de Jeffrey Smith qui disait : « nous on la prendra », « GOODYEAR gardera l’activité ». Il y a tous ces éléments sur la table. Maintenant, la justice va être saisie dans les jours ou les semaines à venir. Cela étant, tant que la justice n’aura pas pris une position claire, nous n’avancerons pas dans le débat. Et même si la justice venait à dire que vous ne violez pas l’article 7 – parce que pour nous, l’objectif premier est de dire que vous violez l’article 7 de l’accord de fin de conflit –, même si la justice ne nous donnait pas raison là-dessus, ce n’est pas pour autant que nous ne pourrions pas envisager avec un groupe de salariés que nous allons réunir le 15 janvier 2014 salle Valentin Haüy à Amiens à 17 heures la possibilité éventuelle de reprendre cette usine sous forme de Scop. Vous ne pouvez pas nous en empêcher.

Michel DHEILLY

C’est une invitation ?

Mickaël WAMEN

Vous ne pouvez pas nous empêcher de déposer un projet auprès du tribunal administratif d’Amiens et de proposer un projet de reprise de l’outil industriel et de redémarrage de l’outil industriel. Tout cela va être mis sur la table. J’estime qu’aujourd’hui, comme je vous l’ai dit en réunion de CE et je ne change pas mes propos – et au moins vous ne pourrez pas me contredire là-dessus par rapport au 11 décembre –, vous avez essayé en long, en large et en travers de nous expliquer pourquoi nous en étions arrivés là et pourquoi la discussion entre les deux groupes GOODYEAR et TITAN, qui pour moi aujourd’hui font partie de la même société, qu’on le veuille ou pas – il y a deux numéros de série différents, mais cela étant, ce sont quand même deux sociétés qui travaillent dans le même sens puisqu’un verser des royalties à l’autre parce qu’on lui pète son outil de travail, son process, ses salariés pour produire des pneumatiques et l’autre les vend, les mets sur un marché et en contrepartie des ventes verse des royalties à l’autre groupe, donc qu’on le veuille ou pas il y a quand même une forte alliance entre les deux groupes – et vous dîtes aujourd’hui que ce qui a fait achoppé les discussions et les négociations entre GOODYEAR et TITAN, ça serait que vous vous seriez aperçus au mois de novembre qu’il y avait une obligation du Code du travail de reprendre 672 salariés parce que le Code du travail vous l’imposez.

Or, en 2012, cet article qui existait déjà dans le Code du travail, n’imposait pas la reprise de 672 personnes mais de 537. En 2013, nous n’étions plus du tout dans cette optique-là puisque le gouvernement, TAYLOR et GOODYEAR disaient : « faisons table rase de toutes les négociations en cours, de toutes les batailles juridiques. Trouvons un accord de fin de conflit le plus rapidement possible pour permettre de licencier tous les salariés. TAYLOR viendra ensuite et prendra 333 salariés. »

Nous avons été plus que surpris, et agréablement surpris, parce que je vais vous dire une chose : si vous voulez un allié de poids aujourd’hui pour défendre les 672, nous sommes ok. Nous n’avons aucun problème pour venir dire : « s’il en faut 672, d’accord, nous allons nous battre avec vous pour qu’il y ait 672 embauches. » Par contre, il va falloir quand même nous expliquer à un moment ou à un autre comment vous faîtes la différence entre les 672 et les 537 de l’époque, parce que je me souviens pertinemment – je ne suis pas le seul ici et je pense que la CFE-CGC tenait les mêmes propos le 11 décembre – qu’à aucun moment donné il n’a été fait état de plus de 537 personnes. On nous avait dit que c’était 537 personnes parce qu’on avait estimé que l’activité mixte et l’activité FARM représentaient 537 salariés tous services confondus, et ne parlez pas uniquement des salariés de production parce que nous avons encore aujourd’hui l’organigramme dans les documents officiels qui avaient été donnés par GOODYEAR à l’époque des CHSCT, des CE et des CCE et nous nous apercevons bien qu’un travail avait été fait. C’était Vincent SMOLDERS qui était le RH du site d’Amiens nord à l’époque mais il n’empêche qu’il parlait au nom de la Direction GOODYEAR. Quand j’allais en CCE, c’était Henry DUMORTIER qui parlait au nom de GOODYEAR. Qand j’allais au Comité de groupe européen, c’était Olivier ROUSSEAU qui parlait au nom de GOODYEAR et quand j’allais en CHSCT c’était Jean LEBON au nom de GOODYEAR. Cela n’empêche que chaque fois que j’avais un intervenant au nom de GOODYEAR, on me disait clairement que toutes les études qui avaient été faites démontraient très clairement qu’il ne fallait pas plus de 537 personnes. On s’en était arrêté à ça.

Nous n’étions pas spécialement d’accord mais nous nous étions dit que bon, allez, il faut 537 personnes, peut-être qu’ils s’apercevront qu’ils font une connerie. Jamais nous n’avons parlé de 672 personne et comme l’a dit la CFE-CGC la dernière fois, et j’abonde dans ce sens, si nous avions accepté en 2012 le deal qui nous avait été proposé – et nous savons tous pourquoi il a capoté mais je tiens à le rappeler parce qu’il est important que cela soit dans les PV. Je rappellerai donc quand même que le PDV et le projet TITAN ont capoté sur un seul et unique point : lors de la dernière réunion de discussion que nous avons eu avec la Direction de GOODYEAR et les avocats, j’ai posé les conditions telles quelles au groupe GOODYEAR, dans ces termes : puisqu’il nous disait qu’il n’y avait pas de risque au-delà des deux ans, j’ai demandé à Henry DUMORTIER de nous signer un document et de s’engager à ce que GOODYEAR prenne en charge les frais de licenciement des salariés, c’est-à-dire à la poursuite du PSE dans les mêmes conditions de licenciement que les salariés du tourisme, si les salariés étaient licenciés par TITAN au bout de deux ans et un jour. On n’a jamais voulu nous signer ce document, ce qui nous a poussés à dire qu’il y avait quand même un risque énorme. On nous disait : « c’est n’importe quoi. TITAN ne veut pas s’engager au-delà de deux ans mais vous savez pertinemment qu’il ne va pas mettre des billes dans un établissement pour se barrer demain. » Cela n’empêche que le jour où c’est parti en sucette, TAYLOR a pété un plomb. Il est venu dire que son intérêt n’était certainement pas de rester en France, parce qu’il pouvait avoir des usines en Inde, notamment, pour faire travailler des gens à moins de un euro par jour. Ça, c’est la réalité. Voilà ce qu’il a dit. Il y a eu ensuite les épisodes que nous connaissons tous. Le 31 décembre 2012, Henry DUMORTIER dit : « les négociations continuent avec Maury TAYLOR. » Et Maury TAYLOR, le 1er janvier 2013, dit au journal Le Monde : « Non, ce n’est pas vrai, nous avons rompu toutes discussions avec le groupe GOODYEAR ». Nous ne savions plus qui disait vrai, qui disait faux. Il y a eu tout l’épisode de 2013 avec ce qu’on connait : un coup je t’aime, un coup je t’aime plus, la lettre honteuse qui a été envoyée au gouvernement français en disant « vous êtes tous des faignants, un pays de merde, rétrograde, communiste. Il faut foutre ces syndicalistes-là en prison, etc., etc. » Effectivement, cela ne donnait pas envie aux gens de travailler pour lui. Cela étant, ce dont on a envie et les obligations que l’on a dans la vie sont deux choses.

Je me suis quand même rendu compte tout de suite que dès que les licenciements ont eu lieu, un certain nombre de volumes de salariés et effectivement bien au-delà des 333, ont attendu bien sagement, qui se rendaient mensuellement au niveau de la SODIE pour pointer pour pouvoir bénéficier des indemnités qui leur sont dues, mais cela étant – et c’est dans les PV des commissions nationales et locales –, que ce soit Jean-Philippe CAVAILLE, que ce soit Sophie BOCQUET, que ce soit à l’époque Mme LE COUEDIC ou Laurent DUSSUCHALES, tout le monde s’est accordé à dire qu’un volume de salariés a attendu, malheureusement en vain, qu’un repreneur vienne, et ils n’ont pas fait d’effort de formation, d’effort de recherche d’emploi, d’efforts divers parce qu’ils étaient persuadés d’une chose, c’est qu’il allait y avoir une reprise. Et nous en étions persuadés aussi, parce je suis assez bête et discipliné : quand j’ai devant moi une multinationale représentée certes par des gens pas toujours cohérents et très intelligents – cela n’empêche que la multinationale est représentée –, et quand je pose la question en janvier, février, mars, avril, juin, juillet, août, septembre, octobre, et qu’on me dit « M. WAMEN, de toute façon il est trop tôt pour vous dire ce qui va se passer ». Je dis : « j’ai besoin de le savoir », parce que j’ai besoin de dire aux salariés que je reçois régulièrement dans une salle avec mes collègues de la CGT quelle est la situation de la reprise de l’agricole d’Amiens Nord et on ne vient pas…

Michel DHEILLY

C’est bien pour cela que nous avons clarifié la position au mois de novembre.

Mickaël WAMEN

On ne vient pas nous dire, à nous, au mois de novembre, ce qui se passe. On vient dire aux médias : « ça a capoté parce que le Code de travail français exige de la part du repreneur qu’il reprenne 672 salariés selon l’article L. 1224-1 du Code du travail. Or…

Michel DHEILLY

Nous avons répondu clairement…

Mickaël WAMEN

Je termine. Or, l’article L. 1224-1 du Code du travail n’est pas arrivé au mois de novembre. Il est arrivé bien avant et même avant cet article-là, il y avait le L. 122-12. Ce Code du travail-là n’explique rien du tout pour la simple et bonne raison que sur l’intégralité des salariés qui éventuellement pourraient être repris, vous auriez peut-être effectivement eu un petit problème pour ceux qui ne sont pas encore notifiés. Tous les salariés ont été notifiés et en plus ont fini leur préavis.

Michel DHEILLY

M. Mickaël WAMEN, nous vous avons laissé un temps de parole qui est très copieux.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas indigeste. Ce n’est pas parce que c’est copieux que c’est indigeste.

Michel DHEILLY

J’aimerais quand même pouvoir mentionner le fait que si à un moment donné ça a capoté comme vous dîtes, c’est qu’à un moment donné, le fait d’annoncer qu’il n’y a pas de repreneur est issu du fait que nous n’avons pas d’offre de l’activité agraire. Après, que vous disiez aujourd’hui que c’est à cause de l’article L. 1224-1, cela n’engage que vous.

Mickaël WAMEN

C’est vous qui dîtes ça ! C’est vous qui avez dit ça en CE toute la matinée. Vous parliez même d’une entité économique autonome.

Michel DHEILLY

Attendez. Je tiens à préciser quand même que l’ensemble des discussions que nous avons aujourd’hui, en tout cas depuis le début de la réunion, émanent non pas d’une instance CHSCT mais plutôt d’une instance CE. Pour autant, comme un certain nombre de personnes n’étaient pas là dans l’instance CE, je tiens à rappeler brièvement…

Christian HAREUX

90 % des gens étaient en CE.

Michel DHEILLY

… que le 1224-1 nous amène à dire qu’il y a un risque et que les salariés et les 672…

Mickaël WAMEN

Maintenant, ce n’est plus une obligation, c’est un risque.

Michel DHEILLY

C’est exactement les propos que j’ai tenu lors de la réunion de CE.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas vrai.

Michel DHEILLY

Les avocats de TITAN, tout comme les nôtres, considèrent qu’il y a un risque de pouvoir utiliser cet article de loi pour les 672 salariés – et je réexplique la différence entre les 537 et les 672 : les 672 sont les salariés ayant travaillé totalement ou partiellement pour l’activité agraire dans la structure que nous connaissions.

Mickaël WAMEN

D’accord. Et en 2012, c’était 537. Arrêtez, vous dîtes n’importe quoi. Il n’y a aucune cohérence et aucun suivi dans vos explications.

Michel DHEILLY

Et les 537 correspondaient à une organisation pour produire un nombre de pneus qui était de l’ordre de 450 pneus si vous vous rappelez bien.

Mickaël WAMEN

C’était beaucoup plus dans l’offre que nous faisions.

Michel DHEILLY

Non, ce n’était pas beaucoup plus.

Mickaël WAMEN

Bien sûr que si, d’après ce que vous avez dit lors de la dernière réunion de CE du 11 décembre. Je vous ai bien entendu. J’ai relu le PV avec attention.

Michel DHEILLY

Nous nous devons de donner l’ensemble des informations relatives aux salariéx pour que puisse faire sa décision un éventuel repreneur et en particulier TITAN.

Mickaël WAMEN

Nous avons une différence fondamentale, M. DHEILLY. Entre les représentants du personnel en CHSCT et la Direction, nous avons deux vues complètement différentes. Vous avez acté le fait qu’il n’y aura pas de reprise de l’activité agricole et qu’il faut maintenant procéder à des réunions d’information en vue de la consultation du CHSCT pour un démantèlement qui devrait se faire dans les meilleures conditions possibles. Ça, c’est votre point de vue. En ce qui nous concerne, dans notre organisation syndicale dans cette instance du CHSCT, nous avons bien entendu ce que le CE a dit. Le CE n’a pas voulu discuter du document parce que pour le CE, comme pour le CHSCT, il y a encore des possibilités de reprise de l’activité agricole, parce que tout n’a pas été mis en œuvre, parce que l’article L. 1224-1 du Code du travail n’est pas une obligation en soi et que vous parlez d’un risque et non plus d’une obligation, et là effectivement nous sommes dans deux points de vue différents : le risque est une chose, l’obligation en est une autre.

Après, vous avez un risque qui peut être réduit à néant par des accords avec des organisations syndicales majoritaires qui disent que les salariés non-repris ne pourront pas exiger un emploi de la part du repreneur, etc. Tout cela peut être compris dans des accords.

Michel DHEILLY

M. WAMEN, aujourd’hui c’est TITAN qui décide de faire une offre ou pas.

Mickaël WAMEN

De toute façon, les efforts convenus aujourd’hui par GOODYEAR sont simples : c’est d’arriver au final au démantèlement d’un outil de travail alors que cet outil de travail est performant, que le marché est demandeur et qu’il y a des perspectives de croissance intéressantes. Quand je vois que dans les plus grandes entreprises de la région, celle qui arrive numéro un est une entreprise située à Beauvais et qui s’appelle AGCO, qui fabrique des tracteurs, qui se targue d’avoir un carnet de commandes qui explose et c’est tant mieux pour les salariés de la région, mais à ce que je sache, on ne met pas des roues de brouette sur des tracteurs.

Michel DHEILLY

A ce que je sache, il n’y a pas de tracteurs qui restent sans roues.

Mickaël WAMEN

Il y a une demande forte de pneumatiques agricoles. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu’il y a des perspectives positives. Vous savez, la stratégie du groupe UNILEVER pour fermer le site des camarades à Marseille qui s’appelait FRALIB a été exactement la même : aller expliquer à des gens avec des mots qui ne veulent généralement rien dire que le marché n’était pas bon alors que dans le même temps, le groupe UNILEVER, au niveau du monde, informait les salariés du monde et les salariés économiques, que sa santé financière était mirobolante parce que le marché se portait très bien.

Michel DHEILLY

Nous avons évoqué en 2013 le taux d’endettement du groupe.

Mickaël WAMEN

Nous sommes exactement dans la même situation.

Michel DHEILLY

Le groupe a annoncé son taux d’endettement.

Mickaël WAMEN

Attendez, vous avez regardé le cours en bourse de GOODYEAR, encore hier soir ? Toutes les bourses dans le monde s’effondrent par rapport au problème de la Grèce – un problème qui est davantage pour les Grecs, à mon avis – et le groupe GOODYEAR annonce aujourd’hui qu’il se porte encore très bien et que même PIRELLI et même BRIDGESTONE aimeraient bien avoir le taux de croissance que GOODYEAR va annoncer. Les annonces vont être faîtes dans les jours à venir.

Michel DHEILLY

Mais probablement !

Mickaël WAMEN

L’année 2014 a été la meilleure année de profitabilité du groupe GOODYEAR monde. Jamais autant l’action avait vécu un tel rebond.

Michel DHEILLY

Cela n’explique pas que son taux d’endettement est loin d’être comparable aux autres.

Mickaël WAMEN

Je vais vous dire quelque chose. Quand vous avez sept milliards de liquidités avec une dette de quatre milliards et que vous pouvez rembourser la dette en une seule fois et que vous ne le faites pas, c’est pour une simple et bonne raison : c’est que ça vous arrange.

Michel DHEILLY

La décision a été discutée.

Mickaël WAMEN

Le taux d’endettement du groupe GOODYEAR a été mis en œuvre volontairement pour obtenir des taux de remboursement.

Michel DHEILLY

Dans les différences instances de 2013, vous vous rappelez bien quand même…

Mickaël WAMEN

Quelle entreprise peut rembourser presque deux millions et demi d’euros par jour de dette ? Quelle entreprise ? Et encore verser des dividendes aux actionnaires. Aucune, sauf une entreprise qui se porte très bien. Maintenant, le problème n’est plus de savoir ce que GOODYEAR fait ou ne fait pas. Le problème est de savoir quelle est la possibilité d’une reprise. Je ne parle même pas du groupe GOODYEAR, je n’en ai plus rien à foutre.

Michel DHEILLY

M. MWAMEN, je voudrais que nous fassions une distinction entre les instances. Aujourd’hui, vous êtes en train d’évoquer un sujet et un problème…

Mickaël WAMEN

Le problème aujourd’hui n’est pas de savoir ce que GOODYEAR va faire ou pas. Nous disons simplement que l’activité agricole redémarrera, que ce soit avec un repreneur qui s’appelle TITAN, avec des salariés qui s’appellent Scop, peu importe, nous verrons bien.

Michel DHEILLY

Oui, M. WAMEN, je vous entends bien. Sauf qu’à aujourd’hui…

Mickaël WAMEN

En tout état de cause, l’activité agricole a un devenir sur notre site.

Michel DHEILLY

Ce que je vous dis c’est qu’aujourd’hui GOODYEAR n’a aucune offre.

Mickaël WAMEN

Il est hors de question dans ces conditions que j’analyse avec vous et mes camarades un document, un document qui est d’ailleurs truffé de conneries, en plus.

Michel DHEILLY

Attendez ! Vous dîtes qu’elle va redémarrer, mais le groupe GOODYEAR n’a pas eu une seule offre durant toute l’année 2014, d’accord ? Aujourd’hui, nous ne pouvons pas dire qu’elle va redémarrer. C’est la raison qui nous pousse à consulter.

Mickaël WAMEN

Le groupe GOODYEAR a tout fait pour ne pas que ça se passe.

Michel DHEILLY

Non.

Mickaël WAMEN

Vous avez violé l’article du Code…

Michel DHEILLY

C’est ce que vous pensez.

Mickaël WAMEN

Vous violez tous les articles du Code du travail.

Michel DHEILLY

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’engager l’information et la consultation sur le démantèlement des équipements FARM et mixtes.

Mickaël WAMEN

L’article L. 1224-1 du Code du travail n’existe pas que depuis 2014. Expliquez-moi comment il se fait qu’en 2012 vous n’avez pas évoqué cet article.

Patrice SZYROKI

La seule chose que je tiens à dire, que cela soit en 2012 ou en 2014, c’est qu’en 2012, c’était 537 personnes, et donc s’il y avait eu reprise, il y aurait eu 135 personnes qui auraient été lésées. C’est la première chose. La deuxième chose, c’est qu’en 2014, peut-être qu’il n’y a pas eu de demande de reprise ou autre…

Mickaël WAMEN

C’est faux.

Patrice SZYROKI

… mais on a laissé croire à des gens qui sont à la SODIE qu’il y avait reprise et ces personnes sont restées en stand-by. Tout ça pour quoi ? Pour être repris par TITAN dans cette entreprise.

Michel DHEILLY

Je ne peux pas approuver. La Direction n’a pas laissé croire.

Richard JOUHANNET

Elle n’a toujours pas démenti.

Michel DHEILLY

La Direction a dit qu’elle laissait la possibilité à un repreneur de faire une offre. D’accord ?

Richard JOUHANNET

Elle a même dit qu’il y avait une négociation.

Michel DHEILLY

Sauf que nous n’avons pas eu d’offre et en novembre, en absence d’une offre formelle, nous avons décidé d’engager la procédure d’information/consultation sur le démantèlement.

Mickaël WAMEN

M. DHEILLY, vous avez bien un service de communication ?

Michel DHEILLY

Nous avons étudié et communiqué l’ensemble des informations qui nous étaient demandées. Aujourd’hui, elles se sont limitées à un seul repreneur potentiel qui était TITAN. Que vous considériez aujourd’hui qu’il va y avoir une multitude d’offres dans les jours et les semaines à venir…

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas ce que nous avons dit. Ne dites pas tout et n’importe quoi. Je n’ai pas parlé d’une multitude d’offres.

Michel DHEILLY

Vous me dites qu’aujourd’hui, il y a plein d’autres solutions.

Mickaël WAMEN

Je vous dis simplement qu’aujourd’hui GOODYEAR a sciemment fait capoter les négociations avec un repreneur qui s’appelle TAYLOR pour la simple et bonne raison que vous ne voulez pas que cette usine redémarre.

Michel DHEILLY

Nous n’avons rien fait capoter.

Mickaël WAMEN

L’article L. 1224-1 du Code du travail existait depuis longue date. Maintenant, je vais vous expliquer autre chose, Monsieur. Je suis terre-à-terre. Quand M. MACRON, début septembre 2014, a annoncé qu’il y avait des reprises de discussions entre le groupe GOODYEAR et le groupe TITAN, j’étais le premier à dire « ok, dont acte ». Dont acte. Pas de problème. C’était dans des réunions ici, c’était en CCE, c’était partout.

Michel DHEILLY

Nous n’avions pas de problèmes non plus.

Mickaël WAMEN

Il y a un service de communication du groupe GOODYEAR. J’ai demandé à la Direction par mail à M. Jean-Philippe CAVAILLE de répondre si oui ou non il avait des informations concomitantes avec le fait qu’il y avait des reprises de discussions entre l’Etat, TITAN et GOODYEAR. Il m’a répondu que pour le moment, il y avait des discussions en off, et qu’il reviendrait vers nous. La dernière fois qu’il est revenu vers nous, c’était au travers des médias pour dire qu’il n’y avait plus de discussion possible. Vous dîtes qu’en 2014 il n’y a pas eu de discussion sur des reprises.

Michel DHEILLY

En 2014, nous n’avons pas eu d’offre de reprise.

Mickaël WAMEN

Attendez, à moins que je sois complètement con, quand en novembre Taylor ressort du bois, que dit-il ? L’offre de GOODYEAR était valable jusqu’à ce que GOODYEAR me dise que le Code du travail français exigeait que je reprenne 672 personnes. Il a bien dit que son offre était valable jusqu’à tant qu’on lui dise cela. C’est lui qui le dit. Il dit bien qu’il y avait des discussions et un projet de reprise. Quand vous dîtes qu’il n’y avait pas d’offre, c’est faux.

Michel DHEILLY

Il y avait un projet de reprise, sauf qu’à l’analyse…

Mickaël WAMEN

Il y avait une offre de Taylor qui disait : « vous fermez la lourde. Vous licenciez tout le monde. Moi, j’arrive et j’en reprends 333. »

Michel DHEILLY

Je ne vais pas parler à la place des avocats de Taylor.

Mickaël WAMEN

Il a repris les négociations – et M. DHEILLY nous allons être très clairs – à partir du moment où la CGT et la Direction se sont entendus, au travers des cabinets d’avocats, sur le fait de faire abstraction de toutes les actions juridiques en cours qui concernait des collectifs de salariés à travers le CE, le CCE et le CHSCT. La dernière en date était un litige que nous avions avec le cabinet CIDECOS, qui se passait à Lyon. Le cabinet CIDECOS, la CGT, GOODYEAR et leurs avocats ont décidé d’un commun accord de laisser tomber ce litige qui tombait non plus sur l’expertise mais sur le fait que GOODYEAR demande 20 000 euros de dommages et intérêt au cabinet CIDECOS. Ça, ça s’est arrêté juste avant la période de congés.

A partir du moment où ce dernier litige est tombé, des discussions se sont remises autour d’une table, sur un projet de reprise avec effectivement le seul et unique qui s’était fait connaître, c’est-à-dire TAYLOR. A partir du moment où TAYLOR s’est remis dans la boucle et vient en disant : « la première partie du job a été réalisée, nous sommes zéro en effectif. Maintenant je vais reprendre l’usine et je vais en reprendre 333 avec ma façon de voir les choses. » Et là, qu’est-ce qu’on lui a dit ? « Il y a un risque. » « Ah bon, c’est quoi le risque ? » « Le risque, c’est que l’article L. 1224-1 du Code du travail t’oblige à reprendre 672 personnes. » Je peux le comprendre : « comment ça se fait, 672, alors qu’en 2012 vous me disiez 537 maximum ? J’avais été clair : je ne reprendrais qu’à la condition sine qua non où cela sera dans un premier temps 333. » Quand vous dîtes qu’il n’y avait pas de projet de reprise, c’est faux. Bien sûr qu’il y a toujours eu ce projet de reprise. Là où effectivement il n’y a plus eu de projet de reprise, c’est à partir du mois de novembre, quand la Direction de GOODYEAR et TAYLOR ont dit : « nous ne sommes pas tombés d’accord ».

Michel DHEILLY

Vous confondez une organisation de travail à 537 ou 333 pour faire un nombre de pneus défini avec une liste de personnes qui ont travaillé partiellement ou totalement qui correspond à 672 salariés.

Mickaël WAMEN

Non. Vous savez, si jamais on prend la liste des gens qui ont travaillé au FARM, on était 3 000. On peut aussi remonter 40 ans en arrière et prendre les retraités dans l’effectif. Ne dîtes pas tout et n’importe quoi.

Michel DHEILLY

Vous confondez une offre que nous n’avons pas avec une étude de marché.

Mickaël WAMEN

Allons, M. DHEILLY, vous savez mieux que moi que pendant ces deux dernières années, vous avez, sans même consulter et valider avec le CHSCT, rationnalisé les deux activités tourisme et FARM pour faire en sorte que l’usine continue à fonctionner avec un effectif de 350 salariés en moins que ce qui était initialement prévu. C’est une réalité. N’allez pas me dire qu’aujourd’hui, il y avait un mec autour de la table, et qu’il y avait un risque majeur de voir des gens venir dire « moi, je veux que ça soit 672 ». C’est du pipeau, tout ça. On peut toujours trouver des allégations. On peut toujours faire dire tout et n’importe quoi à des articles du Code de travail, surtout quand on ne les maîtrise pas, ce qui est vraiment votre cas.

Michel DHEILLY

Autant que le vôtre.

Mickaël WAMEN

Je peux vous dire que le Code du travail est bien plus clair que cela. Vous n’avez pas aujourd’hui d’obligation de reprendre qui que ce soit. Cela vouvdrait dire que demain – on va faire très clair –, un projet de Scop, quel qu’il soit, aura pour obligation de reprendre 672 personnes, ce qui est complètement faux, vous le savez pertinemment. Aujourd’hui, la réalité est que tant que les salariés étaient en préavis et qu’ils étaient encore dans l’effectif inscrit de GOODYEAR, il y avait effectivement des obligations légales à hauteur de 537 personnes parce que le chiffre arrêté, qui a été validé par GOODYEAR, par des experts et par TITAN, c’était 537.

Michel DHEILLY

A un moment donné, je crois que nous sommes en train de refaire le débat dans une instance CHSCT qui a été fait en réunion de CE.

Mickaël WAMEN

Non, non. C’est hyper important. Nous sommes en début d’année. Nous devons nous entendre sur le climat dans lequel nous allons travailler en 2015. Ce que je veux dire par là, c’est que je ne suis pas complètement con et dénué de bon sens. Si vous aviez dit depuis le début que c’était 672, j’aurais effectivement pu comprendre. Mais je trouve que, dans l’intérêt des salariés et de ce que je représente dans la CGT, le chiffre de 672 est exceptionnel car il va falloir que votre avocat vienne se débattre à la barre pour bien expliquer ces 672. J’espère – et en tout état de cause je les y invite –l’organisation CFE-CGC à se joindre à nous au tribunal pour venir dire que dans les réunions et dans les instances – et nous avons tous les PV puisque depuis quinze jours ou trois semaines le cabinet d’avocats travaille à fond, quasiment à 100 %, sur ce dossier, et que l’assignation est prête – mais cela étant, quand vous allez voir que votre avocat devra expliquer que c’était 672, il faudra qu’il explique pourquoi. Ou bien dans les 537, il y avait des gens qui étaient dans des activités et vous ne vouliez pas les embaucher en 2012 et là effectivement, ce qu’a dit Patrick SZIROCKI est très grave parce que quand vous avez 537 et 672, c’est grave.

Michel DHEILLY

537 correspondaient à un nombre de personnes dans une organisation. C’est la même chose que 333. Vous pouvez faire une organisation à 333 mais vous ne faîtes pas le même nombre de pneus. Arrêtez de faire exprès de ne pas comprendre.

Mickaël WAMEN

C’était même pire que cela, parce que je me souviens que c’était Jérémie PIERI qui tenait la baraque et il disait « M. WAMEN, 537 postes ».

Michel DHEILLY

Arrêtez de faire exprès de ne pas comprendre.

Mickaël WAMEN

Demandez aux camarades qui étaient en négociations avec moi quand M. PIERI a annoncé 537. J’ai dit : « 537 postes, c’est cinq équipes. ».

Michel DHEILLY

537 postes correspondaient à une organisation pour sortir un nombre de pneus défini.

Mickaël WAMEN

Cela fait plus de 2 500 personnes. Il est donc revenu en disant : « nous allons réinscrire dans les documents que c’est 537 salariés ». Ce n’est pas la même chose. On ne peut pas d’un coup de baguette magique essayer de trouver un nouvel artifice.

Michel DHEILLY

Nous ne trouvons pas de nouvel artifice. Nous aurions préféré trouver une offre. Ça, c’est clair, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

C’est un artifice supplémentaire qui me donne plus que raison. Je vais vous dire pourquoi cela me donne plus que raison. Si, en 2012, nous avions validé le projet de Taylor, l’usine serait aujourd’hui définitivement fermée.

Michel DHEILLY

Est-ce que nous pouvons revenir sur le projet qui nous intéresse ?

Mickaël WAMEN

Je termine ce que je suis en train de dire parce que c’est dans le prolongement des discussions.

Michel DHEILLY

Cela fait trois quarts d’heures que nous sommes en train de discuter. C’est un débat…

Mickaël WAMEN

C’est très intéressant. C’est pour vous expliquer pourquoi nous ne tiendrons pas la réunion aujourd’hui sur le fond du document. Je vais vous expliquer.

Michel DHEILLY

Attendez, vous me l’avez déjà expliqué le 11 décembre.

Mickaël WAMEN

Mais je m’en fous, je continuerai à expliquer autant qu’il le faudra, ou tout du moins jusqu’à tant que vous compreniez.

Michel DHEILLY

Je ne peux pas vous comprendre parce que nous ne parlons pas de la même chose. Vous confondez les mots et les termes.

Mickaël WAMEN

Ce que je voulais vous dire, c’est que ce qui se serait passé en 2012 si nous avions accepté le PDV et l’arrivée de TITAN, c’est qu’aujourd’hui les 537 personne qui seraient restés au FARM auraient été licenciés début 2014 ou dans l’année 2014-2015.

Michel DHEILLY

C’est vous qui le dîtes !

Mickaël WAMEN

Ces gens-là auraient eu qui pour les représenter ? Personne ou tout du moins pas nous parce qu’ils ne voulaient pas de nous.

Michel DHEILLY

M. WAMEN, nous avons assez de soucis pour traiter des sujets concrets pour débattre sur des projets qui n’ont pas abouti.

Mickaël WAMEN

Deuxièmement, quelles indemnités auraient-ils perçus d’un groupe qui n’avaient ni de fonds propres en France, ni de fonds propres en Europe, et qui ne voulaient pas surtout pas créer…

Michel DHEILLY

Attendez, ils n’ont pas abouti, ils n’ont pas abouti. Nous n’allons pas refaire le passé. Vous aviez de bonnes réponses qui ont été actées à l’époque.

Mickaël WAMEN

Vous allez me laisser terminer ? Vous allez me respecter deux secondes ?

Michel DHEILLY

Je vous respecte, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Je vous demande de me laisser terminer.

Michel DHEILLY

Vous êtes en train de ressasser des sujets…

Mickaël WAMEN

Vous n’avez pas le droit de faire entrave à mon droit de parole. Laissez-moi terminer.

Michel DHEILLY

Je vous laisse parler depuis tout à l’heure. Le PV va retraduire tout ce que vous dîtes, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Le cheminement du fait que nous soyons aujourd’hui dans une réunion de CHSCT sur un démantèlement remonte à une date largement avant 2012. Je pourrais même remonter à 2005 lorsque le groupe GOODYEAR Taylor Dunlop Monde a décidé de vendre son activité agricole à un groupe qui s’appelle TITAN.

Michel DHEILLY

M. WAMEN, vous pouvez reprendre tout le passé. Aujourd’hui, objectivement, il n’y a plus d’activité et il n’y a pas d’offre de reprise. C’est ça que vous ne voulez pas entendre.

Mickaël WAMEN

Laissez-moi terminer. J’ai des choses à dire et je vais les dire.

Richard JOUHANNET

Nous avons fait une offre.

Michel DHEILLY

Si vous venez avec une offre…

Mickaël WAMEN

Vous ne pouvez pas m’interdire de dire ce que j’ai à dire dans une réunion.

Michel DHEILLY

Je ne vous interdis pas.

Mickaël WAMEN

Même si vous ne voulez pas m’entendre, c’est comme ça. Je vais dire ce que j’ai à dire.

Michel DHEILLY

Ce n’est pas que je ne veux pas vous entendre…

Mickaël WAMEN

Je le redirai autant de fois qu’il le faut parce que c’est hyper important pour la suite des événements. Je pense – vous m’avez mis la puce à l’oreille – que ce n’est pas en 2012 qu’il faut que j’aille, c’est en 2005. En 2005, le groupe GOODYEAR Taylor Dunlop Monde décide d’un commun accord de vendre sa branche d’activité agricole pour se concentrer essentiellement sur deux marchés : le tourisme et le camion. Il a cédé depuis un certain nombre d’années, bien avant que vous n’arriviez dans le groupe GOODYEAR Dunlop, toutes les activités annexes, avec notamment pour la partie Dunlop les balles de tennis, les matelas, j’en passe et des meilleures, et pour la partie GOODYEAR, notamment sa branche chimie, GOODYEAR Chemical. Nous avions notamment une usine au Havre qui a été vendue pour une bouchée de pain une fois encore pour éviter une dette ou je ne sais quoi. Cela étant, la poursuite de tout ça a été la fusion-absorption du groupe Dunlop à travers la joint venture. Derrière arrive 2005.

Michel DHEILLY

C’est la vie d’un groupe, tout cela. Se recentrer sur son activité, c’est la vie d’un groupe.

Richard JOUHANNET

C’est une belle connerie.

Michel DHEILLY

Attendez, vous pouvez juger que c’est une connerie. Pour autant, c’est la vie d’un groupe que de restructurer ses activités et de recentrer ses investissements sur une activité. Cela met en avant ses capacités limitées en termes de financement.

Mickaël WAMEN

En 2005, le groupe décide donc de vendre. Il cherche un repreneur et il trouve le groupe TITAN. Or, en réalité, cela n’a pas d’effet en 2005 puisque cela commence en 2007 par les USA, où il n’y a un accord de vente mais un accord de cession entre les deux groupes.

Michel DHEILLY

C’est bien, parce que vous êtes en train de démontrer que GOODYEAR avait des problèmes financiers qu’il a essayé de résoudre en restructurant non pas sur Amiens Nord mais sur l’ensemble du groupe.

Mickaël WAMEN

Ne parlez pas pour moi. Laissez-moi finir.

Michel DHEILLY

Attendez, je commente vos propos comme vous commentez les miens.

Mickaël WAMEN

C’est bien, c’est bien. Laissez-moi finir. En 2007, le groupe GOODYEAR arrive à vendre non pas son activité mais ses parts de marché au groupe TITAN. Un accord est signé entre les deux grands groupes qui dit qu’en Amérique du Sud et en Amérique du Nord des accords de partenariats feront que GOODYEAR continuera de détenir son activité agricole mais en cèdera une partie à travers la commercialisation, le process, l’engineering et la fabrication puis la distribution et reversera des royalties au groupe GOODYEAR à hauteur de tant de pourcents par pneu fabriqué et vendu sur le marché.

Michel DHEILLY

Il cède son activité mais la marque subsiste.

Mickaël WAMEN

On s’arrête à cela. J’interpelle Olivier ROUSSEAU en 2008 ou 2009 et je lui demande si le projet est le même pour l’Europe. Il me dit très clairement : « Non, M. WAMEN, ce n’est pas absolument pas prévu. Nous avons une activité qui est très profitable. Le groupe GOODYEAR a un taux de profitabilité important sur son marché. »

Michel DHEILLY

C’est quelle année ça ?

Richard JOUHANNET

Il est dissipé.

Mickaël WAMEN

Il essaye de jouer un jeu malsain parce qu’on lui a dit de faire ça, sauf que ça ne marchera pas avec moi. Je dirai ce que j’ai à dire.

Michel DHEILLY

Pas du tout, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Si vous continuez à entraver mon droit de parole, Monsieur, je le ferai valoir là où il le faut. Je vous demande d’arrêter immédiatement votre jeu malsain.

Michel DHEILLY

Je ne joue pas un jeu malsain, je vous demande de repréciser à quel moment…

Mickaël WAMEN

Je vous demande de me laisser audience, notamment pour que cela soit dans le PV, et d’arrêter de me couper systématiquement.

Michel DHEILLY

Je sais bien que vous êtes en train de refaire l’histoire.

Mickaël WAMEN

Vous savez, parfois il faut refaire l’histoire.

Michel DHEILLY

On la connaît, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Vous savez, dans le monde actuel, et notamment en France, si on ne refaisait pas l’histoire tous les jours, et si on ne réexpliquait pas aux gens ce qui s’est passé dans notre monde, je vous garantis qu’il y aurait de sérieux problèmes.

Michel DHEILLY

Attendez, si vous pensez qu’aujourd’hui l’histoire GOODYEAR n’est pas connue…

Mickaël WAMEN

Comment ?

Michel DHEILLY

Si vous pensez que l’histoire GOODYEAR n’est pas connue… excusez-moi.

Mickaël WAMEN

Apparemment non, puisqu’il faut que je vous la réexplique.

Michel DHEILLY

Non, je vous demande juste de repréciser une date.

Mickaël WAMEN

Cela n’empêche que vous ne m’empêcherez pas de parler. Moi, je suis nostalgique, d’accord ? Je suis nostalgique d’une époque et c’est comme ça, d’accord ? Cela ne m’empêche pas d’avancer. Au contraire, j’avance parce que je suis justement nostalgique. Vous feriez mieux d’en faire autant. Je rappellerai que l’an dernier, à la même époque, vous n’étiez pas dans la même situation non plus.

Michel DHEILLY

J’étais à la même place.

Mickaël WAMEN

Mais pas dans la même situation.

Michel DHEILLY

Mais pas dans la même situation.

Mickaël WAMEN

Vous n’en êtes pas nostalgique par contre. Pourtant vous devriez.

Michel DHEILLY

Je vous laisse juger la situation.

Richard JOUHANNET

Et puis bien accompagné.

Mickaël WAMEN

Cela étant, ce que je voulais dire par là, c’est que nous sommes en 2007 dans une situation où GOODYEAR cède ses parts de marché au groupe TITAN en Amérique du Nord. Nous posons la question en 2009. On nous dit que ce n’est pas à l’ordre du jour. Fin 2009, cela vient à l’ordre du jour. En Comité de groupe européen, on nous dit que GOODYEAR va aller plus loin et veut céder l’intégralité de son marché en Europe. TITAN dit que grâce à cela, il va devenir leader mondial. On regarde un petit peu l’échiquier international des pneumaticiens FARM qui mettent en vente leurs activités. Il y a deux-trois produits à mettre en vente. TAYLOR fait d’ailleurs l’acquisition de deux ou trois autres usines d’un autre grand groupe mais cela ne lui permet pas d’acquérir suffisamment de puissance pour devenir leader mondial pour autant. Pour devenir leader mondial c’est simple, il faut prendre la part de marché du premier, à savoir MICHELIN, et faire un point de croissance de plus que lui. Le seul qui est en capacité de permettre à TITAN de devenir leader mondial, à travers ses unités de production, c’est GOODYEAR – parce que nous savons tous que, et c’est là la différence entre TITAN et un autre repreneur, TITAN n’a pas pour vocation de créer des usines neuves et de redémarrer des productions neuves. C’est-à-dire que TITAN reprend des usines qui ont déjà existé avec un groupe qui s’est fait une belle image de marque. Il surfe sur cette image de marque pour se faire des parts de croissance supplémentaires. TITAN a toujours travaillé comme cela. Il n’a jamais créé de structure neuve, il n’a jamais démarré de produit neuf, il n’est jamais intervenu sur un marché nouveau. Il a toujours été sur les anciens produits, des anciennes usines et des marchés à forte valeur ajoutée qui existaient déjà, ce qui est le cas de l’agricole.

Les négociations démarrent donc. Nous nous apercevons tout de suite qu’il n’y a pas de garanties de pérennité d’avenir pour les salariés qui restent, parce que lorsque vous êtes syndicaliste – et ça vous ne pouvez pas comprendre, c’est là la différence entre vous et moi…

Michel DHEILLY

Probablement.

Mickaël WAMEN

Oui, vous ne pouvez pas comprendre.

Michel DHEILLY

A quel moment intervient l’assignation de TITAN ?

Mickaël WAMEN

Attendez deux minutes. Nous arrivons dans une situation où nous nous apercevons rapidement qu’il ne faut pas laisser entrer le loup dans la bergerie. A deux reprises, Maury TAYLOR veut venir sur le site et il en est empêché par un certain nombre de salariés parce que nous estimons qu’il y a un danger réel, jusqu’à tant que nous ayons des explications franches et directes avec ce monsieur. Ces discussions franches et directes interviennent. Nous le rencontrons à plusieurs reprises. Je l’ai rencontré. Je l’ai rencontré avec Jean-François QUANDALLE une fois à Paris. Je l’ai rencontré à Amiens avec d’autres de mes collègues. Je l’ai rencontré avec Jérémie PIERI. Je l’ai rencontré plein de fois. Je l’ai même rencontré en Comité de Groupe européen. C’est quelqu’un qui est certes farfelu, mais dont on sent qu’il a le sens du business quand il parle et qu’il sait un petit peu de quoi il parle. Son projet, si on regarde dans un premier plan, n’est pas un projet qui peut être refusé parce qu’il consiste à développer un outil industriel, à maintenir des actions au moins pendant un certain nombre d’années, et à accroitre ses parts de croissance et ses parts de marché. Effectivement, à moins d’être complètement débile, on ne peut pas refuser cela.

Sauf que quand on gratte un petit peu plus loin, on s’aperçoit que son business plan ne prévoit pas d’augmentation significative des parts de marché, pas d’augmentation significative du volume de production, et donc un risque à court terme. C’est pourquoi on peut comprendre que Maury TAYLOR, dans ces conditions-là, ne peut pas faire un business plan supérieur à deux ans. Nous essayons de discuter avec lui et la direction de GOODYEAR, et nous arrivons dans une situation un peu en forme de queue de billard où nous apercevons très vite que de toute façon, cela ne pourra pas le faire. Dans le cadre des assignations contre la fermeture du site, nous décidons donc d’assigner le groupe de Maury TAYLOR, TITAN, au tribunal de grande instance de Rueil-Malmaison. Que dit la justice ? Elle dit très clairement : « en ce qui concerne GOODYEAR, je vous demande de stopper immédiatement votre PSE parce que vous faites tout et n’importe quoi. » Je vous rappellerai quand même que nous avons tenus quand même sept ans uniquement sur des vices de forme, pour dire quand même le niveau d’intelligence intellectuelle que vous avez et le niveau de compétences. Peut-être pas vous, parce que vous êtes arrivé après. Peut-être que vous êtes la matière grise éminente qui manquait à l’époque. Cela étant, vous trouverez rarement dans le monde un groupe qui s’est fait tenir par les couilles pendant sept ans par une équipe CGTiste quelle qu’elle soit uniquement parce qu’il y a eu des vices de procédure. Nous n’avons jamais attaqué sur le fond, nous avons attaqué sur la forme et systématiquement nous avons gagné. Vous pouvez ensuite dire ce que vous voulez mais ça, c’est la réalité.

Et que dit la justice en ce qui concerne le groupe TITAN ? Elle dit : « effectivement, il y a un projet de reprise. J’ai bien vu le business plan. Cela me va très bien. Mais puisque le business plan prévoit des investissements massifs, etc., je demande au groupe Maury TAYLOR de faire, non pas un plan squelettique, mais un plan d’avenir, donc sur minimum cinq ans. » Ce n’est pas WAMEN, ce n’est LUPO, ce n’est pas QUANDALLE, ce n’est pas HAREUX, ce n’est pas JOUHANNET, c’est la justice française qui dit : « je n’autorise pas la présence du groupe TITAN sur une reprise tant qu’il ne garantira pas au moins cinq ans les emplois. » Dont acte, pas de problème. Dans ces conditions, TAYLOR dit : « je retire mes billes et je me casse ».

Je vais les voir et je dis : « pourquoi tu veux te barrer puisque tu dis que c’est un plan d’avenir ? »

« Ouais, pas question ».

Je dis : « Ne vous inquiétez pas, M. TAYLOR, j’ai une autre solution. Puisque vous ne voulez pas supporter le coût éventuel d’une fermeture d’usine, ce que je peux comprendre. »

Mais il me dit : « Moi, M. WAMEN, je n’en suis pas là, ce n’est pas mon usine ».

Je dis : « Ok, ok, ne vous inquiétez pas. Nous allons demander au groupe GOODYEAR – puisque GOODYEAR nous dit que nous sommes complètement cons et qu’il faut arrêter de faire capoter les négociations pour un avenir industriel pour de longues années sur un site –, d’écrire, puisqu’il n’y a pas de risque, tout simplement un truc qui dit que si Taylor ferme le site dans la durée de cinq ans, c’est nous qui raquons. »

GOODYEAR dit : « mais ça ne va pas la tête ! Vous ne croyez tout de même pas que je vais prendre un risque ».

« Je croyais qu’il n’y avait pas de risque. »

Voilà. On en arrive à quoi ? A de nouveaux épisodes, à une bataille un petit peu stérile. D’un côté GOODYEAR dit que les négociations continuent. Taylor dit que c’est hors de question et écrit cette fameuse lettre où il insulte la France dans son ensemble et d’ailleurs je pense que vous auriez dû lui répondre que c’était une lettre un peu monstrueuse parce que c’est un peu trop raccourci d’entendre la Direction GOODYEAR dire « les gens travaillent trois heures par jour, ils sont payés huit heures ». C’est un peu raccourci. Je rappelle que les gens ne venaient pas pour travailler trois heures par jour. Les gens venaient travailler huit heures par jour. S’ils n’avaient que trois heures de boulot, ce n’était quand même pas de leur fait. Cela aussi, il faut quand même le rappeler. Il faut mettre cela au crédit de la Direction GOODYEAR encore une fois, parce que cela aussi est très important. Dans le déroulé de tout cela, que dit-on ?

Michel DHEILLY

Je pense qu’ils ne travaillent pas forcément huit heures mais que le niveau d’activité était bien différent selon les postes.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas de notre faute non plus.

Michel DHEILLY

Non, non.

Mickaël WAMEN

Pourtant, à une époque, on disait que c’était de notre faute parce que le CHSCT avait demandé de baisser le volume de production. C’était nous qui faisions le business plan !

Richard JOUHANNET

Je ne savais pas qu’on avait autant d’importance, d’ailleurs.

Mickaël WAMEN

Bon, peu importe. Cela étant, je continue mon cheminement – vous allez voir, c’est intéressant. Un certain nombre d’actions juridiques arrivent jusqu’au jour où on nous dit : « c’est fini, il n’y a pas discussions, il n’y a plus rien. » Boum ! Voilà Arnaud Montebourg qui nous convoque à trois reprises dans son cabinet, là-haut à Bercy, et qui me dit : « c’est simple, pour tes camarades et pour l’avenir industriel du site, j’ai un document – marqué TAYLOR dessus. Tu vois, cela va être simple. Je vais pas passer par trois chemins. Qu’est-ce qu’ils veulent, les gars, maintenant, tout de suite ? »

Je dis qu’ils en ont tellement plein le cul que je pense qu’à un moment donné un virage va être pris vers des indemnités.

« Ah ouais, tu crois ? »

« Oui. » Mais ça, c’était en octobre 2013. Il me dit donc : « ça va être simple. Nous allons faire en sorte qu’il y ait un maximum d’indemnités pour les salariés, ou tout du moins ce que nous pouvons, et à partir de ce moment-là, moi ce dont j’ai besoin parce que TAYLOR me le dit, il faut faire table rase de cette usine et TAYLOR la reprendra avec 333 personnes. Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Moi, je suis ouvert à toute discussion. » D’ailleurs, les déclarations que j’ai faites en sortant de Bercy ce jour-là sont très claires : « la CGT ne fera obstacle à une reprise de l’outil industriel d’Amiens nord dès lors qu’on s’entend sur le nombre de salariés, les conditions, etc. Tout reste à négocier. » Voilà les propos que nous avons tenus. S’engagent donc les discussions. L’épisode du mois de janvier se passe. Suivent la poursuite, la négociation en Préfecture, l’accord de fin de conflit de fin janvier 2014 qui disent très clairement que les salariés vont être licenciés dans les mesures et les conditions prévues à l’article machin de l’accord de fin de conflit plus le PSE. Au mois de janvier, au cours de la première réunion de la Commission de suivi, je pose la question tout naturellement : « vous avez notifié x salariés, 400 dans un premier temps pour en arriver aujourd’hui à 90 % voire 95 % des salariés, qu’en est-il des salariés qui éventuellement pourraient retrouver un avenir industriel sur un site qu’ils connaissent déjà et qui n’ont pas spécialement envie d’aller se faire chier à faire autre chose ? ». On me dit : « ne vous inquiétez pas, des discussions sont en cours mais il est encore trop tôt pour vous en parler. » A chaque fois, on nous dit ça. Le mois de juin arrive finalement. Au mois de juin, Jean-Philippe CAVAILLE, Laurent DUSSUCHALE, Sophie BOCQUET, en Commission de suivi nationale – et c’est sur notre blog – disent dans le PV : « vous avez raison M. WAMEN. Il y a des gens qui ont mis non seulement six mois à faire le deuil de la perte de leur boulot mais il y a aussi des gens qui attendent depuis six mois. » M. Bernard GLESSER dit même dans cette instance : « vous avez raison, M. WAMEN. A un moment donné, nous allons devoir clarifier la situation. » C’est oui ou c’est non, et c’est ce que je demande. D’ailleurs, je ne suis pas le seul parce que la CFE-CGC commençait à revenir vers nous à l’époque en disant : « oui, effectivement, nous avons fait beaucoup de conneries mais en attendant ils avaient raison. » Ils nous donnent donc raison à ce moment-là. Arrivent juin, juillet, août. Au mois de septembre, nouveau virage : dans le Courrier picard, dans le journal Le Monde, dans tous les endroits où on peut l’entendre – il me semble que c’était une interview nationale puisqu’il venait rendre visite aux salariés de l’aérospatiale à Méaulte –, le Ministre aujourd’hui de l’économie qui remplace tout le monde et personne vient dire : « j’ai bon espoir pour le site d’Amiens Nord puisque des contacts ont été renoués entre la direction de GOODYEAR Monde et la direction de TITAN. Effectivement, des discussions sont en cours et je pense qu’il devrait concrètement se passer quelque chose. » Je demande donc par mail à la direction de GOODYEAR ce qu’il en est. « Laissez faire, M. WAMEN. Pour le moment, il est trop tôt pour en parler. Qu’est-ce qui se passe ? Cette lettre du mois de novembre qui vient tout mettre à terre. Je vais vous dire un truc : nous ne sommes pas d’accord. Nous, représentants des salariés, ne sommes pas d’accord. Nous ne laisserons pas faire. Quand vous me dîtes « M. WAMEN, vous refaites l’historique », c’est hyper important de refaire l’historique. Nous ne sommes pas arrivés là, ce jour, le 7 janvier 2015, à une réunion de ce type, par hasard. Il y a quand même un historique. Vous ne pouvez pas faire fi de l’historique sans penser à l’avenir. Il faut d’abord s’imprégner de l’histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs.

Sauf que vous faites pire que ça : nous seulement vous répétez les mêmes erreurs, mais en plus vous nous donnez des éléments nouveaux, dans un dossier dont on pensait qu’il était définitivement clos. Je vais vous expliquer comment je voyais les choses : GOODYEAR et TITAN ne s’entendent pas.

Michel DHEILLY

Vous pensez que j’aurai le droit de faire quelques commentaires ?

Mickaël WAMEN

Oui, je vous ai dit après. GOODYEAR et TITAN ne s’entendent pas. C’est tout à fait possible. Il n’y a aucune obligation légale à ce que deux grands groupes se serrent la main en disant qu’ils vont continuer l’échange qui s’est fait entre eux au Brésil, aux Etats-Unis, etc. Il n’y a pas d’obligation, et je comprends bien cela. Il n’empêche quand même que l’intention numéro une du groupe TITAN est de devenir leader mondial. Il y a eu quelques déconvenues, notamment Maury TAYLOR qui n’a plus une part prépondérante dans le groupe – c’est une évidence, il s’est fait quasiment jeté du Conseil d’administration depuis par rapport à un certain nombre de problématiques, notamment la problématique liée à la France et ses sorties de route qui n’ont pas été en faveur de cette industrie là-bas aux Etats-Unis. J’ai eu aussi un événement important dans ma vie, même si pour vous cela ne paraît pas important : j’étais en congé, et on m’a interpelé pour aller sur le plateau de Canal + dans une grande émission qui s’appelle Le Supplément, dans laquelle on mettait en parallèle la situation du site d’Amiens Nord et la vie de M. Maury TAYLOR. Maury TAYLOR a répété tout au long de ce documentaire qui ne date pas d’il y a si longtemps que cela – quelque mois – qu’il était toujours très intéressé par l’usine d’Amiens Nord mais qu’en aucun cas il ne voudrait d’un Mickaël WAMEN dans son établissement. Le dernier événement en date était que Maury TAYLOR dise : « moi, je prendrais bien l’usine mais que l’on soit très clair : je ne la prendrai pas avec les élus CGT ». Qu’est-ce qu’on fait ? Pour éviter d’être les seuls et uniques responsables du fait qu’ils ne reprennent pas l’usine, nous faisons une lettre dans lequel nous disons : « puisque la problématique – puisqu’il y a une nouvelle problématique, un nouvel obstacle – est que les élus CGT seraient gênants parce qu’il serait peut-être obligé de nous reprendre, nous allons faire une lettre – et nous irons même plus loin en allant faire signer un accord chez les notaires et nous ferons tout ce qu’il faut pour ne pas que cela se passe pas –, qui dit que chaque représentant de la CGT dit clairement qu’il ne voudra pas travailler pour Maury TAYLOR. En tout état de cause, nous ne voudrons pas être ceux qui empêchent que 333 salariés puissent avoir un boulot – parce que nous parlions de 333 à l’époque. » Moi je m’attendais à ce que vous disiez : « malgré tout cela, ce n’est pas possible, puisqu’il ne peut pas prendre les 333 parce que le marché s’est effondré, etc. » Cela aurait été plus cohérent. Sauf que j’entends la Direction qui dit que ce n’est pas possible avec Maury TAYLOR mais c’est tout. Vous arrêtez là de votre côté. Qui vient remettre de l’huile sur le feu ? Qui vient dire de nouvelles choses ? C’est pas GOODYEAR, parce que dans la presse et dans le communiqué de presse de GOODYEAR – qui est d’ailleurs dans les mains de notre avocat –, à aucun moment donné vous ne faites référence au fait que les négociations ont échoué parce que l’article L. 1224-1 du Code du travail vous obligeait à reprendre 672 personnes. Jamais vous ne marquez cela. Vous marquez que, malgré les efforts depuis des années pour trouver un repreneur, vous constatez que cela n’est pas possible et que vous actez un démantèlement du site.

Michel DHEILLY

Mais…

Mickaël WAMEN

Je termine et après vous pourrez parler autant que vous voulez.

Michel DHEILLY

Merci.

Mickaël WAMEN

Qui vient dire à la presse « c’est parce qu’on a imposé 672 personnes » ? Et heureusement qu’il est là ! C’est le futur peut-être patron du site d’Amiens Nord dans les mois ou les années à venir, Maury TAYLOR, qui dit : « je ne suis pas content, parce que la CGT c’est des communistes, ils sont timbrés, parce que le Code du travail français et la CGT c’est la même chose, et que si je viens ils vont m’obliger, parce que GOODYEAR me dit qu’ils vont m’obliger à le faire, à prendre 672 personnes. » Là je me dis, Eureka !, ca y est, nous avons trouvé. Ils ont encore fait n’importe quoi. A la limite, vous auriez dit – une boulette de plus mais moins grave – 537, j’aurais dit : « ok, c’est cohérent, c’est ce qu’ils disent depuis le début. 672, vous pouvez dire tout ce que vous voulez. Vous pouvez le retourner dans tous les sens, le mélanger avec ce que vous voulez, mettre de la dorure dedans, des truffes, je m’en branle, c’est un chiffre qui ne veut rien dire, tout comme le code L. 1224-1 du Code du travail et le fait que vous avez répété pendant de longues minutes à la réunion du 11 décembre qu’il y avait une entité économique autonome à part qui était le FARM et que je vous ai dit que ce n’était pas vrai – et je continue à dire que ce n’est pas vrai et j’apporterai la preuve que ce n’est pas vrai. Voilà. Que voulez-vous que je vienne faire aujourd’hui, M. DHEILLY ? Que je vienne dans votre réunion, que je vous démonte votre document qui n’a le sens de rien, en long, en large et en travers ?

Je vais vous faire une promesse – et je tiens mes promesses. Je vous promets que, si un jour, tout ce que nous tentons échoue et que nous sommes dans l’obligation de discuter avec vous du démantèlement du FARM, nous rentrerons dans la discussion avec vous. Je ne dis pas que nous voterons pour, ni qu’on ne sera favorables. Nous amenderons un certain nombre de choses parce qu’il y a effectivement des coquilles énormes là-dedans – on ne sait même pas ce que cela veut dire – mais c’est normal, c’est un premier document sur lequel il va falloir travailler. Mais je vais vous dire un truc : ne comptez pas sur la CGT aujourd’hui en ce qui vous concerne très clairement pour discuter d’un projet de démantèlement alors qui pour nous, aujourd’hui, n’a pas lieu d’exister. Il y a eu tout un tas d’erreurs qui ont été commises par GOODYEAR et certainement par le groupe TITAN. L’Etat a certainement aussi une grande partie de responsabilités dans tout ce qui se passe. Nous n’avons qu’une seule et unique responsabilité. Peu importe le taux d’endettement de GOODYEAR – qu’il existe ou qu’il n’existe pas –, ce qui s’est passé avec TITAN, que vous inventiez des chiffres. A la limite, nous avons dépassé ce stade-là. C’est la justice qui va trancher. Notre seul et unique objectif, c’est l’intérêt des salariés. L’intérêt des salariés est double aujourd’hui. Il est d’abord que l’on fasse abstraction de tout ce qui a pu nous emmerder pendant des années parce qu’il y a le congé de reclassement qui se termine pour un bon nombre de salariés et nous ferons le nécessaire pour que vous soyez dans l’obligation d’améliorer le quotidien des salariés, parce qu’il est hors de question que dans un mois ou deux, il y en a ait 800 d’entre eux qui se retrouvent dans leur ménage avec une perte de revenus de 20 à 25 %. Ce n’est même pas la peine d’y penser.

C’est d’ailleurs pour cela que nous multiplions les demandes de réunion et que cette après-midi, d’abord, nous avons une première réunion avec l’inspection du travail, la préfecture la semaine prochaine, la DIRECCTE la semaine d’après et certainement au ministère ensuite. Mais ne croyez tout de même pas que nous allons rester les bras croisés à attendre. Ce n’est pas parce que l’usine a été fermée il y a bientôt un an que pour autant nous sommes morts. Nous allons continuer à nous battre.

Michel DHEILLY

Cela fait partie des sujets des Commissions de suivi.

Mickaël WAMEN

Il y a la lutte sociale et maintenant il y a la lutte humaine. La lutte humaine, pour moi, est simple : vous avez fait une promesse. GOODYEAR et TITAN ne l’ont pas respectée. Il y a des gens qui ont attendus chez eux pendant des semaines, des mois, à se dire : « je reviendrai ». J’ai toujours dit aux gens : « il n’y en aura pas 600. Il n’y en aura pas 500. Dans un premier temps il en prendra 333. Quoi, quoi, comment, je n’en sais rien. C’était d’ailleurs ce qui me faisait le plus peur : comment il va choisir ces 333 mecs. Il va bien en avoir un qui va venir dire : « pourquoi pas moi ? ».

Michel DHEILLY

Voilà. Puisqu’il y en avait 672 qui étaient impliqués de près ou de loin dans les activités agraires.

Mickaël WAMEN

Oui, c’est ça, mon cul. Enfin bref, c’est ma manière de vous répondre.

Michel DHEILLY

Vous aviez tout à fait raison de vous inquiéter. Et c’est la même raison pour laquelle aujourd’hui un certain nombre de personnes et d’avocats qui accompagnent…

Mickaël WAMEN

Même à 672, la problématique reste entière. Quand vous avez 800 personnes sur le carreau, vous en avez 800 qui veulent revenir. Il faudra bien trier, que cela soit 333 ou 672. Vous voyez, vous répondez à quelque chose tout en oubliant que le problème n’est pas de savoir si c’est 672 ou 333.

Michel DHEILLY

Je dis que la reprise est axée sur l’activité agraire.

Mickaël WAMEN

Le problème, pour moi, est de savoir pourquoi ça ne s’est pas fait alors que c’est faisable. Aujourd’hui, il reste des possibilités de reprise de cette activité. Tant qu’il restera des possibilités, quelles qu’elles soient, je ne participerai pas avec mes camarades de la CGT sur un projet de démantèlement.

Michel DHEILLY

Je regrette, M. WAMEN, je regrette.

Mickaël WAMEN

Vous pouvez regretter tout ce que vous voulez.

Michel DHEILLY

Je voudrais quand même mentionner deux ou trois points par rapport au document.

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas très gênant. La vie est souvent faite ou de remords ou de regrets. Je préfère certainement avoir des regrets mais pas de remords. Vous voyez ce que je veux dire ? Les regrets, cela se gère. Les remords, c’est différent parce que cela nous concerne directement.

Michel DHEILLY

Attendez, ce que je veux dire c’est que les actions que vous faîtes empêchent que nous puissions discuter aujourd’hui sur une documentation.

Mickaël WAMEN

Mais bien sûr que non. C’est comme si demain, je venais chez vous – vous avez une super baraque – et je vous disais : « tiens tu es en train de faire des travaux, tu vas la vendre. » Vous allez me dire : « mais tu es malade WAMEN, je ne vends pas ma maison. » Je dis : « si, on va se mettre au tour d’une table et on va discuter du nombre de mètres carrés, de ceci… » Vous allez me dire : « mais non, M. WAMEN, ma maison n’est pas à vendre ». Et je vais vous dire : « si, si, je te dis qu’on va discuter du prix de ta maison. Tu vas dégager de là-dedans puis moi je vais la prendre. » Non, Monsieur ! Vous allez me dire : « mais M. WAMEN, ce n’est pas parce que je fais des travaux d’embellissements de ma maison que je veux vendre. » Vous allez me dire : « ce n’est pas un luxe avec les petits moyens que j’avais pendant des années, là j’ai profité d’être licencié pour faire des travaux ». Parce que vous serez licencié un jour ou l’autre ou en tout cas je l’espère. Vous allez toucher vos indemnités, très conséquentes par rapport à nous, c’est une évidence. Ou alors vous resterez peut-être dans le circuit du groupe GOODYEAR s’il y a encore d’autres usines à fermer. Je pense que vous allez traverser la route d’ici peu de temps parce que le prochain boulot sera fait là-bas, ou peut-être à Riom. Cela sera plus simple, il n’y a plus que 100 personnes. Cela étant, effectivement, il y a des choses qui vont se passer dans le groupe GOODYEAR Dunlop Tires France.

Michel DHEILLY

Merci de vous inquiéter de ma carrière.

Mickaël WAMEN

Mais je me suis toujours inquiété de votre carrière. Quand je vous ai mis en évidence devant tous les médias de France, c’était pour montrer que vous étiez un martyr. Rien de mieux qu’un martyr pour lui faire profiter sa carrière. Vous pensiez qu’on voulait vous nuire ? Moi, j’ai toujours voulu vous faire grandir dans l’Entreprise, parce que je vous rappellerai quand même – et c’est dans les PV de CE – que je suis le premier qui s’est lancé dans ça en disant que le prochain directeur qui serait bien, c’est Michel DHEILLY. Cela a été fait. Le premier qui s’est levé en disant « il est hors de question qu’on supprime un business team dans le centre A. Il faudrait mettre BEAUVISAGE. Cela a été fait. Ce sont les deux paroles que j’ai le plus regretté ensuite, parce que BEAUVISAGE et vous, franchement, c’est une catastrophe. Et d’ailleurs, je n’en veux pas à Jean-François BEAUVISAGE d’être parti chez Dunlop parce qu’il a le droit de travailler. Je lui en veux d’avoir oublié aussi vite l’ancienne personne avec qui il a collaboré tant d’années, à savoir M. Patrice SZYROCKI. Parce que dès qu’il était avec Patrice, il vous en mettait plein la gueule, parce que c’est ce genre de personnage. Et dès que vous étiez arrivé, c’était « SZYROCKI ceci, SZYROCKI cela, l’homme à abattre ». Et quand vous êtes arrivé business team manager, vous vouliez le poste de SMITH.

Michel DHEILLY

Je voulais le poste de SMITH ?

Mickaël WAMEN

Comme nous étions un peu cons encore à l’époque et que nous étions très terre-à-terre, nous en voulions à mort à M. Alain MACREZ – je veux que cela soit dans le PV. Nous avons dit : « jamais MACREZ ne sera directeur du site donc nous allons proposer Michel DHEILLY » et vous êtes arrivé à la place. Ne dites donc pas que nous vous voulons du mal. Tout ce qui vous est arrivé dans votre carrière depuis que vous êtes là, c’est grâce à nous et ça vous le savez pertinemment. Maintenant, si vous êtes licencié, cela ne sera pas de notre faute.

Michel DHEILLY

Bon. M. WAMEN, est-ce que j’ai fait preuve d’un dialogue social de qualité en essayant d’être réellement à l’écoute et est-ce que je peux maintenant mentionner quelques points complémentaires à tout ce que vous avez pu dire ?

Mickaël WAMEN

Attendez. Je voudrais quand même rajouter – parce que le débat va être long parce que ça me tient à cœur autant qu’à vous – qu’il est hors de question que j’aille discuter avec vous du démantèlement du FARM parce que je reste persuadé que nous allons, nous, trouver une solution que vous n’avez certainement pas su trouver.

Michel DHEILLY

M. WAMEN, j’ai compris.

Mickaël WAMEN

Vous me le dites souvent, quand vous êtes dans une forme d’honnêteté intellectuelle. Quand nous sommes bien souvent à deux ou à trois hors-PV, je vous trouve plus dans votre rôle à vous, Michel DHEILLY, que j’ai connu à une époque que quand vous êtes dans des réunions où il faut faire attention à ce qu’on dit et où il faut que cela soit cadré pour pas que cela soit retenu contre nous. A la différence près que je dis ce que je pense, même si ça peut me valoir des emmerdes. Je n’en ai rien à branler, d’accord ?

Michel DHEILLY

Je dis clairement, et je peux même le répéter ici, regretter ne pas avoir trouvé de solution autre que celle que nous avons mis en œuvre aujourd’hui.

Mickaël WAMEN

Mais vous me dites souvent : « M. WAMEN, vous avez des solutions que nous n’avons pas et vous avez des informations que nous n’avons pas. » Vous le dîtes souvent et c’est une vérité.

Richard JOUHANNET

C’est vrai.

Mickaël WAMEN

Je reste persuadé d’une chose, c’est qu’il y aura une issue favorable à cette situation et qu’il est beaucoup trop prématuré de commencer à discuter d’un démantèlement. Par contre, si un jour on doit discuter d’un démantèlement, je voudrais juste que vous nous fassiez une promesse en tant que directeur du site : c’est que vous ne fassiez pas comme vous avez fait pour le tourisme. Parce que j’ai trouvé la manière scandaleuse, que c’était se foutre éperdument de notre gueule. Que nous participions à des réunions avec des propositions, avec des comportements que vous pouvez trouver parfois plus ou moins douteux, pas tout à fait clairs, etc., c’est une chose. Cela n’empêche que je suis un représentant du personnel, que j’estime faire mon travail comme je dois le faire. Nous faisons tous des erreurs. Cela étant, je me donne à 100 % pour ce que j’ai à faire dans l’intérêt des salariés. Quand je viens à une réunion où il est inscrit à l’ordre du jour « information en vue de la consultation », si je ne donne pas d’avis et que je dis que j’ai encore besoin d’informations complémentaires, cela ne sert à rien de passer en force comme vous l’avez fait pour le tourisme. Parce que moi, ce que je sais aujourd’hui, c’est que vous avez l’obligation de convoquer une, deux, trois fois grand maximum le CE et le CHSCT. Vous allez le faire. Au final, avis ou pas avis, vous allez commencer à démanteler le FARM. A la différence près – et je vais terminer sur ces propos – que vous ne ferez pas avec le FARM ce que vous avez fait avec le tourisme.

Richard JOUHANNET

Ça, c’est clair.

Mickaël WAMEN

Parce que le tourisme n’avait plus d’avenir pour nous sur Amiens nord. C’est en cela que nous nous étions engagés à discuter un plan de départ volontaire et l’arrêt progressif du tourisme.

Michel DHEILLY

C’était l’une des conditions pour faire revenir l’un des éventuels repreneurs.

Mickaël WAMEN

Et en plus, j’ai clairement dit aux camarades que nous n’allions pas nous foutre devant avec des pneus et bloquer le tourisme parce qu’on va nous dire : « tant que le tourisme ne sera pas démonté, Taylor ne veut pas venir. » On a mis notre (Inaudible) en disant : « On n’est pas contents parce qu’ils passent au-dessus de notre jambe en disant « avis, pas avis, on s’en branle, on démantèle ». » Je suis allé voir l’inspection du travail qui m’a dit : « nous sommes un petit peu embarrassés parce qu’il y a effectivement l’affaire TITAN derrière ». J’ai écouté tout le monde. J’ai compris. Nous avons laissé partir les machines. Dont acte : c’est quasiment terminé. Pour le FARM, cela ne sera pas la même limonade, je vous le dis clairement.

Michel DHEILLY

D’accord, M. WAMEN, mais nous avons respecté la procédure.

Mickaël WAMEN

Je termine là-dessus. Ecoutez-bien, et vous irez répéter ça au nouveau directeur général. Comment s’appelle-t-il ?

Michel DHEILLY

Mark THYS.

Mickaël WAMEN

Vous irez dire à Mark THYS que si demain, tout ce que nous essayons de faire capote et qu’il n’y a effectivement pas de projet de reprise, le démarrage du démantèlement et le retrait des équipements vaudra un nouvel accord de fin de conflit. Vous vous mettez bien ça dans votre tête. Un nouvel accord de fin de conflit, ok ?

Michel DHEILLY

Nous vous avons bien compris.

Mickaël WAMEN

C’est clair ? Il n’y a pas une machine qui partira sans un nouvel accord de fin de conflit. Parce que nous allons redémarrer un nouveau conflit au mois de janvier et nous ne l’arrêterons qu’à la fin d’un nouvel accord de fin de conflit ou d’une reprise d’activité agricole. Cela ne sera pas l’un ou l’autre. Cela sera et l’un et l’autre.

Michel DHEILLY

Bon, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Que cela soit bien compris. Vous pouvez avoir le feu vert de qui vous voulez : de la DRIRE, de la CRAM, de l’ASMIS, du SDIS, rien à branler. Il n’y aura pas une machine agricole qui partira du site d’Amiens Nord tant que nous ne l’aurons pas décidé ou tout du moins tant que nous n’aurons pas un nouvel accord de fin de conflit qui nous donne des droits nouveaux pour les salariés parce que j’estime que le préjudice est au moins aussi important qu’avec l’arrêt du tourisme. Vous devrez au moins mettre la même chose.

Michel DHEILLY

Attendez, M. WAMEN, des menaces…

Mickaël WAMEN

Que ce soit bien clair.

Michel DHEILLY

J’ai compris.

Mickaël WAMEN

Attention, aujourd’hui vous avez un avantage. Durant les deux-trois mois qui restent avant la fin du congé de reclassement officiel, faites en sorte qu’il y ait un maximum de mecs qui retrouvent du boulot. Plus vous aurez de gens qui retrouveront du boulot, moins vous aurez de gens à indemniser à la fin du conflit. Je vous le dis tout de suite aussi.

Michel DHEILLY

En tout cas, cela fait partie des sujets qui sont traités non pas dans l’instance CE ni même dans l’instance CHSCT mais dans la réunion Commission de suivi. D’accord ?

Mickaël WAMEN

Non mais je sais que vous allez faire remonter l’information, c’est pour ça que je vous le dis. Il n’y a pas une machine agricole qui partira d’ici tant que nous ne l’aurons pas décidé.

Michel DHEILLY​

Je voudrais mentionner le fait que nous avons respecté, contrairement à ce que vous avez mentionné, la procédure d’information/consultation sur le démantèlement des équipements passagers.

Mickaël WAMEN

Non. Je n’ai pas été consulté convenablement.

Richard JOUHANNET

Non.

Michel DHEILLY

De la même façon, nous nous engageons systématiquement à faire en sorte, s’il y a des nouveaux projets, que les instances CHSCT soient consultées comme nous l’avons toujours fait tout comme nous procédons aujourd’hui – c’est notre première réunion de CHSCT, c’est vous qui l’avez mentionné toute à l’heure, après la première réunion de CE sur le démantèlement des équipements FARM et mixtes qui a eu lieu le 11 décembre – à cette réunion qui a été planifiée. Il y en aura d’autres, la prochaine probablement avant la fin janvier. Il y en aura certainement deux autres dans le courant du mois de février. A un moment donné, nous viendrons consulter les instances CHSCT et CE sur le projet de démantèlement et vous le savez pertinemment.

Mickaël WAMEN

Je rappellerai quand même une chose. Vous parlez d’information/consultation.

Michel DHEILLY

Attendez, quand je commence à prendre la parole, à chaque fois, vous n’acceptez pas que je puisse répondre sur l’ensemble des points que vous avez mentionné.

Mickaël WAMEN

Juste un dernier point sur l’information/consultation sur le tourisme. Nous avons été clairs : la vraie problématique qui se posait sur le tourisme n’était pas tant liée que cela au démantèlement du tourisme. Elle était surtout liée à la reprise ou non de l’activité agricole puisque depuis le début, lorsque vous avez parlé du démantèlement du tourisme, nous vous avons tous demandé quel était le devenir de l’activité agricole. Pendant toute la procédure, vous nous avez répondu : « M. WAMEN, nous ne pouvons pas vous en dire plus. Pour le moment, nous ne savons pas. »

Michel DHEILLY

Je peux répondre ?

Mickaël WAMEN

Si vous aviez dit : « M. WAMEN, il y aura un démantèlement du FARM », vous auriez eu un avis pour le tourisme.

Michel DHEILLY

M. WAMEN…

Mickaël WAMEN

Vous n’avez pas eu d’avis sur le tourisme parce que vous n’avez pas clarifié la situation sur le FARM.

Michel DHEILLY

Vous savez pertinemment que lorsque nous avons fait la consultation sur le passager, nous avons répondu à l’ensemble des questions qui étaient évoquées.

Mickaël WAMEN

Non, pas sur le FARM.

Michel DHEILLY

J’ai répondu particulièrement à cette question en vous disant que de toute façon, démanteler les équipements passagers était une étape – et vous l’avez mentionné il y a quelques minutes – indispensable à une proposition éventuelle de reprise de l’activité agraire.

Mickaël WAMEN

C’est pour cela que nous ne nous sommes pas opposés physiquement au démantèlement.

Michel DHEILLY

Nous avons donc consulté les instances exclusivement sur le démantèlement des équipements 100 % passagers et que nous avons préservé l’ensemble des équipements mixtes ainsi que forcément les équipements agraires.

Mickaël WAMEN

Ouvrez-bien vos petites oreilles, M. DHEILLY : c’est pour cela que la CGT n’a pas demandé aux salariés de venir s’opposer au retrait des équipements touristes.

Michel DHEILLY

Bien. Je voulais juste repréciser quelque chose par rapport au différents propos que vous avez eu sur la recherche d’un repreneur pour l’activité agraire. Je pense que la démarche n’a pas eu lieu sur la dernière semaine ni les derniers mois. Elle a lieu depuis un certain nombre d’années et en particulier avec les efforts de pas mal d’entrepreneurs et en particulier l’initiative auprès d’INVEST IN FRANCE qui nous a permis de contacter un certain nombre d’entreprises dans différents pays pour savoir quels seraient les éventuels repreneurs. A défaut d’offre concrète et en particulier de la dernière que nous aurions pu espérer, qui était l’offre de reprise par TITAN, je suis contraint de vous rappeler que nous n’avons pas d’offre. Nous ne pouvons pas obliger quelqu’un à faire une offre de reprise sur une activité ou sur un site à partir du moment où lui juge qu’il y a un risque à la reprise. Alors que le risque soit, comme vous le mentionnez, uniquement fixé ou basé sur des textes de lois L. 1224-1, que lui juge que les prévisions de vente ou que les parts de marché…

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas vrai. Je ne peux pas vous laisser dire ça sans réagir.

Michel DHEILLY

Attendez, M. WAMEN.

Mickaël WAMEN

Moi, mon père m’a toujours dit que le mensonge, ce n’était pas bien, donc ce n’est pas vrai. Je ne peux pas vous laisser dire tout et n’importe quoi. Le repreneur lui-même dit qu’il est empêché par le groupe GOODYEAR de reprendre le site parce qu’on veut lui imposer le L. 1224-1.

Michel DHEILLY

Merci de démontrer votre écoute, votre capacité de dialogue social et de nous reprocher après de ne pas être en mesure de créer un dialogue social.

Mickaël WAMEN

D’abord, nous allons arrêter de parler de dialogue social chez GOODYEAR. Il n’y en a jamais eu. Il n’y a jamais eu de dialogue social. Je ne suis pas partenaire social avec vous. Je suis syndicaliste. Vous êtes patron. Chacun son boulot.

Michel DHEILLY

Attendez, M. WAMEN, vous m’avez demandé tout à l’heure de me taire pour pouvoir retracer l’ensemble des points.

Mickaël WAMEN

Je ne peux pas vous laisser dire qu’il n’y a pas de repreneur, c’est faux. Il y a un repreneur qui est empêché par GOODYEAR de reprendre l’usine, point.

Michel DHEILLY

Il y a plein de choses que vous avez mentionné qui sont fausses.

Mickaël WAMEN

Vous violez l’article 7 de l’accord de 2014. C’est tout, terminé, basta.

Michel DHEILLY

Je vous ai laissé vous exprimer.

Mickaël WAMEN

Pour faire clair, on n’ouvrira pas le fond du débat en CHSCT.

Michel DHEILLY

J’aimerais quand même que vous puissiez écouter jusqu’à la fin et je regrette que toutes les discussions aujourd’hui soient…

Mickaël WAMEN

Je vous écoute puisque je vous réponds et je vous dis que vous dîtes des âneries.

Sébastien LUPO

Chacun son tour.

Mickaël WAMEN

Non, on n’est pas au collège ici.

Michel DHEILLY

Pour autant, je vais considérer les débats qui sont d’ailleurs davantage orientés sur une instance CE plutôt qu’une instance CHSCT.

Mickaël WAMEN

Non, non.

Michel DHEILLY

Attendez, c’est comme la façon de traduire le L. 1224-1 : pour certains, il n’est certainement pas applicable, mais d’autres considèrent que le risque de l’application de l’article existe. Voilà, ce sont des débats et c’est à un moment donné d’autres personnes que moi qui pourront considérer qui a raison.

Mickaël WAMEN

D’accord.

Michel DHEILLY

Sur le document et la présentation du contenu, je vais juste, puisque que vous ne voulez pas…

Mickaël WAMEN

Ce n’est pas ça. Nous allons vous laisser terminer ce propos et nous demanderons une suspension de séance.

Michel DHEILLY

Je vous accorderai bien évidemment la suspension de séance juste après. Il n’y a pas de problèmes. Je voulais juste rappeler le contenu de la documentation qui est motivait la réunion de CHSCT de ce jour.

Dans la note d’information, vous avez la présentation des modifications envisagées de l’organisation. C’est un rappel que l’organisation est globalement la même que celle que nous avons mise en place dans le cadre du démantèlement des équipements passages. Vous avez un deuxième point qui me paraît important à mentionner, à savoir la présentation des principales opérations qui sont déclinées pour chacun des chantiers, avec la méthodologie concernant la coactivité et la présentation des chantiers et organisations de la circulation sur le site par rapport à la coactivité qui pourrait y avoir entre le démantèlement des équipements passagers même si ceux-ci sont quasiment terminés ou que nous pouvons considérer qu’ils le seront au moment où pourrait démarrer le démantèlement du FARM.

Vous disposez d’un calendrier prévisionnel des opérations de démantèlement qui sera forcément actualisé au cours des réunions d’information/consultation. Et vous avez également une affection prévisionnelle des équipements mixtes et FARM. Le dernier point est la présentation de l’évaluation des risques, qui a été effectuée de la même façon que dans le cadre des équipements passagers, et des mesures de protection renforcées qui permettent de travailler dans des conditions hygiène et sécurité qui sont conformes à ce que l’on nous demande.

Vous avez le rappel du diagnostic amiante et plomb. C’était un des points que nous avons intégré directement avant même le début des réunions d’information/consultation sur ce projet-là dans la mesure où cela faisait partie des points qui avaient été demandés lors de notre première réunion d’information/consultation sur le projet de démantèlement tourisme. Pour ce qui est des données, vous avez l’ensemble des informations. Le diagnostic amiante n’a pas été communiqué de par sa taille. Il reste à disposition et vous verrez dans la note qu’il est indiqué que vous pouvez venir le consulter. Si, par contre, à un moment donné, vous considérez que cela n’est pas suffisant, vous pourrez toujours nous solliciter sur le sujet.

Nous avons également identifié les chantiers prioritaires et la mise en œuvre de mesures de protection adaptées pour l’ensemble de ces opérations de démantèlement. Le dernier point est le rappel de l’évaluation du risque chimique résiduel sur les produits restants et des mesures de protection qui sont précisées dans cette évaluation. Cela veut dire que nous avons bien intégré l’ensemble des produits qui étaient utilisés et qui pourraient être déposés sur l’ensemble des équipements qui restent aujourd’hui à demeure sur le site.

Voilà les points que je tenais à préciser. Nous restons bien évidemment à votre disposition pour répondre à vos éventuelles questions ou pour rentrer plus précisément dans le détail aujourd’hui – mais j’ai compris que vous ne le souhaitiez pas et je le regrette – des informations qui vous sont communiquées aujourd’hui dans le projet de note d’information sur ce projet de démantèlement. Pour autant, s’il y a des questions, je reste bien évidemment prêt à y répondre. Je reste également ouvert à toute discussion sur le sujet.

Patrice SZYROKI

J’en ai une : avant 2012, avec TITAN, il y avait deux autres sociétés qui avaient pointé leur nez pour pouvoir racheter l’entité FARM. Il y avait une holding et une société basée en Inde qui était spécialisée dans les pneumatiques forestiers. Ces sociétés ont été écartées parce qu’il avait été dit que TITAN était le plus à même, par rapport au produit, à racheter l’entité FARM de GOODYEAR Amiens. Plutôt que de voir une friche industrielle ici, est-ce que ces sociétés ont été relancées ?

Michel DHEILLY

Toutes ces sociétés ont été relancées en particulier par INVEST IN FRANCE dans le courant de l’année 2013. Je ne peux pas confirmer aujourd’hui que ces sociétés ont été relancées sur l’année 2014 toute en sachant que de toute façon, toutes les démarches ont été entreprises et l’offre de reprise pouvait arriver de n’importe qui et de n’importe où. Il n’y a pas eu de rejet d’étude, etc. Il n’y a pas eu d’autres échanges hormis les demandes qui nous ont été faites pour une reprise éventuelle. La seule entreprise qui a fait une demande d’information complémentaire, c’est l’entreprise TITAN. Pour autant, les sociétés qui sont mentionnées ont fait partie des sujets qui ont été traités, et sont des sociétés identifiées par INVEST IN FRANCE en 2013.

Mickaël WAMEN

Nous allons demander une suspension de séance le temps de récupérer les éléments nécessaires.

Michel DHEILLY

Nous faisons une suspension de séance.

La séance est suspendue de 11 heures 45 à 12h 20.

Michel DHEILLY

Nous allons reprendre. Je voulais savoir si la suspension aurait pu vous amener à nous autoriser à réellement traiter du sujet.

Mickael WAMEN

Ben tu rêves.

Michel DHEILLY

Non, je souhaite réitérer ma demande de pouvoir dérouler l’ordre du jour et proposer d’échanger sur la note qui vous a été remise et la documentation associée à la convocation. Si c’est en accord avec tout le monde, qu’on puisse procéder à la lecture du document.

Mickael WAMEN

Le problème, je vais vous répondre pour la CGT, il faudra poser la question à Patrice SZYROKI, mais nous, en ce qui nous concerne, je pense qu’on a été suffisamment clairs sur le pourquoi du comment, aujourd’hui on est arrivé à ne pas regarder avec vous dans le détail les documents que vous nous avez remis. Cela étant, je le dis clairement, on n’écarte pas qu’à un moment donné, en fonction de ce qui va se passer dans un futur proche, on sera amenés à le regarder, ce n’est pas pour autant qu’on acceptera la mise en œuvre du démantèlement et ce n’est pas pour autant qu’on acceptera qu’un seul équipement sorte de l’usine.

Maintenant, j’ai une question à vous poser avant qu’on passe aux délibérations : pourquoi tant d’empressement au démantèlement Farm ?

Michel DHEILLY

Il n’y a pas d’empressement, on a toujours dit qu’on procéderait au démantèlement Farm à partir du moment où il n’y avait pas de solution de reprise.

Mickael WAMEN

Donc il n’y a pas d’urgence.

Michel DHEILLY

Attendez, je vais finir l’expression de la réponse quand même. Il interviendrait dans la continuité du démantèlement passager. Vous savez comme moi que la situation du démantèlement passager arrive à son terme, puisqu’il nous reste le nettoyage de la zone cuisson et la fin des travaux de démantèlement sur la zone de finition, ce qui devrait aboutir entre fin janvier et courant février, ce qui nous laisse la possibilité, sur cette période-là, de prendre le temps d’informer, de consulter sur le projet de démantèlement Farm, qui reste dans la continuité de ce que l’on fait aujourd’hui.

Mickael WAMEN

Je pense que vous pouvez attendre, dans ces conditions-là puisqu’il n’y a pas de mesure d’urgence, les décisions de justice, pour programmer les prochaines réunions.

Michel DHEILLY

De toute façon, les prochaines réunions, je vous inviterai à signer les ordres du jour, forcément, je reviendrai vers vous, conformément à ce que je vous ai dit tout à l’heure, proposition, CHSCT…

Mickael WAMEN

Sans surprise, je vous le dis très clairement, M. JOUHANNET ne signera pas l’ordre du jour de la prochaine réunion tant qu’on n’aura pas une position claire et définitive sur le devenir de l’activité industrielle agricole, à travers différentes possibilités : soit une possibilité via la justice, qui vient contredire ce que vous dites depuis le début, notamment le mois de décembre et ce jour sur les articles du Code du travail, les obligations en matière de reprise, ou alors à travers un projet de reprise par les salariés eux-mêmes, sur un projet SCOP qu’on a déjà présenté, qui avait été refusé d’un revers de main par Goodyear parce que Goodyear disait qu’il avait un repreneur potentiel et qu’il ne voulait pas le donner à nous, qu’il l’avait promis à quelqu’un d’autre en gros. Je schématise, mais en gros, c’était cela. En partant de là, je ne vais pas redire ce que je dis depuis tout à l’heure, mais ce que je voulais vous dire très clairement aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas de notre part, une volonté délibérée de ne pas discuter avec vous du document en tant que tel, mais on estime que, un, c’est prématuré, qu’il faut laisser le temps d’aller chercher, ou par l’action juridique, et les réponses du tribunal, les réponses que nous attendons, ou alors à travers un projet qui sera mis en œuvre par les salariés et validé ou pas par la justice. Pour le moment, c’est beaucoup trop tôt. Le CHSCT ne peut pas, M. DHEILLY

Michel DHEILLY

M. WAMEN On parle des conditions de travail et de sécurité. Cela peut se faire en parallèle des actions judiciaires.

Mickael WAMEN

Le problème n’est pas de savoir les conditions de travail ou pas. Bien évidemment, le CHSCT, son rôle, c’est d’étudier avec vous toutes les possibilités qui empêchent de nuire à l’intégrité mentale et physique des salariés. Cela a toujours été notre travail et on le fera à l’instant où il faudra le faire. Pour nous, c’est totalement prématuré. Point. On ne va pas discuter plus longtemps que cela. Vous nous avez demandé si on était prêts, si on avait changé de position pendant la suspension de séance.

Michel DHEILLY

Oui, parce que je pars du principe qu’aujourd’hui, c’est une obstruction au bon déroulement de la réunion.

Mickael WAMEN

Vous, vous voyez cela comme cela. Vous ferez valoir vos droits là où il faut. Pour nous, il n’y a pas d’obstruction.

Michel DHEILLY

Cela ne nous empêche pas de discuter du document et en même temps, en parallèle, de faire les démarches que vous souhaitez faire sur l’aspect judiciaire, qui sont d’avantage axées sur des sujets proches d’une instance CE plus que d’une instance CHSCT.

Mickael WAMEN

Qu’est-ce qui fait M. SZYROKI, vous l’appelez ?

Michel DHEILLY

Nous n’avons pas réussi à le joindre. Peut-être qu’il a décidé de ne pas rejoindre…

Mickael WAMEN

Il n’a pas dit qu’il ne reviendrait pas.

Michel DHEILLY

On va appeler Jacques MARTIN pour savoir s’il est avec lui.

En attendant, on peut quand même regarder le document.

Jean-François QUANDALLE

Oh non, cela fait trois fois qu’on vous dit non.

Là, ça devient « casse-couilles ».

Mickael WAMEN

Reste zen.

Michel DHEILLY

Je regrette que dès la première réunion, il y ait obstruction quand même.

Mickael WAMEN

Il ne faut pas rester sur des regrets. Je pense que l’avenir nous donnera raison.

Michel DHEILLY

Je ne sais pas. Je ne suis pas devin. Je ne peux pas statuer.

Mickael WAMEN

Moi non plus, mais je pense que l’avenir nous donnera raison. Je n’affirme pas. Je mets tout au conditionnel ;

Michel DHEILLY

On essaie de trouver un mode d’échange basé sur le bon sens, même si vous avez les actions souhaitées.

Mickael WAMEN

Je pense qu’on n’a pas été agressifs. On vous dit aujourd’hui très clairement que ce n’est pas le moment d’intervenir. D’abord, un, vous nous dites qu’il n’y a pas de mesure d’urgence concrète, donc je ne vois pas il faudrait revenir sans cesse à la charge avec un document qu’on n’a pas dit qu’on ne veut pas étudier.

Michel DHEILLY

Parce que je sais très bien qu’aujourd’hui, on ne va pas consulter sur le document. Il peut y avoir un certain nombre…

Mickael WAMEN

On ne veut pas être informés d’un projet qui, pour nous, n’a pas lieu d’être. Il faut que vous compreniez cela, Monsieur.

Michel DHEILLY

Si vous avez des questions,

Mickael WAMEN

M. DHEILLY, demain, vous allez voir votre médecin. Il ne va pas commencer à vous parler d’un traitement de chimio pour un cancer que vous n’avez pas. C’est exactement pareil. Votre médecin va dire « voilà, tu as une grippe », il ne va pas dire « en vue d’un éventuel cancer, on va commencer ton traitement ».

Michel DHEILLY

C’est en vue d’un démantèlement puisque c’est un projet.

Mickael WAMEN

M. DHEILLY, on va rester sur le bon ton qui a été mis en place depuis le début de cette réunion. Je pense que d’un côté et de l’autre, on a fait preuve d’intelligence, de construction et de dialogue. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord qu’on ne peut pas dialoguer. On vous en a apporté la preuve une fois de plus aujourd’hui. Moi, je vous demande simplement de ne plus revenir à la charge. On vous a dit qu’on ne rentrera pas, aujourd’hui, dans l’étude et le partage du document avec vous. Pour nous, c’est prématuré. Laissez du temps au temps puisque de toute façon, il n’y a pas d’urgence en la matière. Vous voyez, M. DHEILLY, je pourrais comprendre qu’il y ait une urgence si, dans les équipements qui vont partir, il y a quelqu’un qui les attend pour produire des pneus. Je pourrais comprendre. C’est le cas ?

Michel DHEILLY

Non, à aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

Mickael WAMEN

Donc vous n’êtes pas pressés. A aujourd’hui ? C’est-à-dire que cela peut être le cas quand ?

Michel DHEILLY

Attendez, à un moment donné, on va quand même entreprendre des démarches, puisque si vous avez lu le document, vous savez qu’il y a un certain nombre de possibilités de transferts pour valoriser le matériel, soit dans le Groupe ou en externe.

Jean-François QUANDALLE

Quel menteur !

Michel DHEILLY

Non, je ne suis pas menteur. C’est ce qu’on vous a écrit dans les documents. Vous pourriez avoir un certain nombre de questions par rapport à cela et aujourd’hui, je regrette qu’il n’y ait aucune question sur laquelle on puisse à un moment donné, nous aussi, peut-être avoir à étudier des points pour vous répondre.

Mickael WAMEN

Par exemple, vous marquez dans un document, parce que j’ai quand même paraphé vite fait entre Noël et l’An, même si j’avais beaucoup d’autres choses à faire, vous dites que des machines pourraient être transférées vers d’autres Groupes. Est-ce que vous considérez que Titan est un autre Groupe ?

Michel DHEILLY

Il n’est pas de notre Groupe.

Mickael WAMEN

Aujourd’hui, pour vous, Titan n’est pas un autre Groupe.

Michel DHEILLY

Quand je dis que cela pourrait être valorisé dans un autre Groupe, en externe, cela pourrait être un Groupe qui viendrait démanteler les équipements, parce que cela existe et qui ensuite procède à la revente des équipements. C’est dans ce sens-là.

Mickael WAMEN

D’accord, une société qui vient pour démanteler, qui stocke et qui revend ensuite les pièces. C’est ce que vous me dites. C’est ce qui s’est passé à Sièges de France, mais quand vous gratter un peu plus loin, parce que c’est quand même un peu fort de café, vous n’êtes pas sans savoir que l’avocat des Sièges de France, c’est le même que le nôtre et que j’ai beaucoup travaillé étroitement, même si c’est la CFDT là-bas, vous savez ce n’est pas l’étiquette syndicale qui fait le syndicaliste, c’est généralement la personne qui fait le syndicat, mais c’est un problème de fond, mais cela, vous ne pouvez pas le comprendre tant que vous n’adhérez pas à un syndicat. Vous êtes adhérent MEDEF ? Non pas encore ? Aucune appartenance syndicale quelle qu’elle soit, ni politique ?

Michel DHEILLY

Ni politique.

Mickael WAMEN

D’accord, je respecte votre choix. Politiquement, vous avez raison. Syndicalement, vous n’avez pas raison. Enfin, bref, vous verrez bien. Quand vous en aurez besoin, vous irez les chercher.

Cela étant, Sièges de France, c’est un exemple tout con, il est à côté de chez nous. Il y a eu une vente aux enchères. Il y a plein de gens qui ont levé les mains, plus, moins, plus moins. Ils sont partis avec une machine. Personne ne s’inquiète de rien jusqu’au jour où les délégués CFDT de Sièges de France décident de prendre une bagnole et d’aller alerter leurs camarades d’une autre entreprise en France des dangers d’une délocalisation imminente. Le Groupe leur pique tous leurs équipements. Qu’est-ce qu’ils disent aux élus ? Un mec est venu et les a revendus. Ce n’est pas Sièges de France, c’est un mec à part qui les a revendus, qui fait de la vente comme cela, aux enchères. On peut très bien imaginer, parce que vous n’êtes pas complètement con à ce point ou stupide à ce point-là, que cela ne sera pas indiqué que ce sera vendu directement à l’entreprise indirectement concernée par Goodyear, donc l’entreprise de Titan. Cela ne lui sera pas vendu, mais on peut très bien imaginer qu’ils disent « tiens, le mec qui habite là-bas a acheté une machine, on peut peut-être l’appeler » et on peut la retrouver dans une usine de Sao Paulo au Brésil ou peut-être dans l’usine de Debica en Pologne, quelques équipements tourisme, Farm de chez nous par exemple. On peut très bien l’imaginer.

Michel DHEILLY

Cela fait partie des transferts qui peuvent être faits au Groupe, d’accord, mais pas dans la zone puisque tout n’a pas été fixé. Pour preuve, dans le document qui vous a été remis aujourd’hui, rien n’a été arrêté. Pour autant, l’ensemble des options envisagées pour valoriser les équipements y figurent. Ce qui est quand même le signe, quand on parle de transferts d’équipements et pas de transferts d’activité, il faut bien faire la différence entre les deux, vous pourrez noter quand même, dans le document, que l’ensemble des équipements, des moules, en particulier, sont détruits.

Mickael WAMEN

Ce n’est pas grave, parce qu’on ne va quand même pas donner à Titan des moules estampillés Goodyear. Cela est un autre problème. Vous n’avez pas le moule. Vous avez la structure de moule et ce qui est à l’intérieur, c’est-à-dire les segments. On peut détruire les segments tout en gardant le moule. C’est ce qui coûte le plus cher, le moule, ce ne sont pas les segments. Vous le savez très bien. Enfin bref, c’est un autre débat.

Michel DHEILLY

Il ne faut pas confondre les moules passagers et les moules Farm. On rentre dans le domaine technique.

Mickael WAMEN

En tant qu’élu titulaire du CE, je vous ferai une autre demande pour la prochaine réunion CE, puisqu’il y aura aussi une prochaine réunion de CE, il me semble, dans ce champ d’application du projet de démantèlement. C’est en ce qui concerne les ventes de pneus agricoles de la marque Goodyear, de la marque Titan dans la zone Nord, sur l’année 2014 et les perspectives 2015. Je vous ferai la demande. Vous allez certainement refuser. Vous allez certainement me dire que pour Goodyear, il n’y en a pas. Vous allez certainement refuser les pneus importés par le Groupe Titan. A partir de là, on saisira la justice, on demandera à la justice de nous autoriser à nommer un expert.

Michel DHEILLY

Dans le cadre de la procédure, on continuera à proposer de se réunir, autant dans les instances CE que dans les instances CHSCT.

Mickael WAMEN

Délibération numéro 1 du CHSCT du 7 janvier 2015 : « La société Titan, candidate à la reprise de l’usine d’Amiens, a expliqué qu’elle était empêchée d’arriver sur le site à cause d’une supposée obligation de reprendre 672 salariés parmi le personnel licencié par Goodyear. Constatant le blocage d’un projet de reprise de l’établissement, le Comité a rappelé à la Direction que pour envisager l’application de l’article l124-1 du Code du travail, après la rupture des contrats de travail pour motif économique de la quasi-totalité des salariés de l’établissement d’Amiens Nord, il lui faudrait établir que leur licenciement a été décidé par Goodyear à l’occasion du transfert d’une entité économique autonome, c’est-à-dire que la fermeture de l’usine et la fin de tous les contrats de travail trouveraient leur cause première et déterminante dans la volonté de Goodyear d’évincer l’application de l’article l124-1 du Code du travail dans le cadre d’une cession à venir du site. Il revient donc à la Direction de déclarer sans aucune équivoque que les licenciements qu’elle a prononcés à l’égard des salariés n’ont, en aucun cas, été décidés par Goodyear à l’occasion d’un transfert de l’entité économique autonome à Titan, laquelle d’ailleurs n’a toujours pas eu lieu.

Le CHSCT considère, par la présente délibération, que l’article l124-1 du Code du travail n’est pas applicable et que les transferts des contrats de travail vers Titan ne peuvent avoir lieu. Force est donc de constater que la Direction n’exécute pas l’article l1 du protocole de fin de conflit par lequel Goodyear s’est engagé à ne faire aucun obstacle à l’arrivée de toute entreprise qui viendrait à proposer une reprise du site.

En conséquence, le CHSCT d’Amiens Nord se réserve la possibilité de mettre en œuvre toute démarche en vue d’obtenir l’exécution par Goodyear des obligations qui lui incombent en l’application du protocole de fin de conflit, en particulier dans son article 11. »

Vous pouvez rappeler le nom des titulaires, s’il vous plaît ?

Michèle SEPREZ

M. JOUHANNET, M. QUANDALLE, M. LUPO, M.GACQUIERE, M. DUFAUX, M. MARCHAL et M. HAREUX.

M. JOUHANNET

On va passer au vote.

Michèle SEPREZ

Pour la délibération, sept voix favorables, à l’unanimité des présents

La délibération numéro 1 est adoptée à l’unanimité.

Mickael WAMEN

Seconde délibération du CHSCT du 7 janvier 2015 : « En août 2014, la Direction a refusé d’informer le CHSCT sur la désignation des machines agraires, c’est ce qu’on expliquait tout à l’heure, parce que depuis le 23 janvier 2014, ni le tourisme ni l’agricole n’ont redémarré. Pendant qu’elle transférait les machines tourisme sur d’autres sites. Aujourd’hui, Goodyear déclenche soudainement et dans la précipitation le démantèlement des outils industriels agricoles alors que plusieurs projets de reprise existent et notamment, celui du Groupe Titan, qu’il convient d’essayer de débloquer. C’est ce que nous allons nous affairer à essayer d’obtenir, à savoir le déblocage de la situation. Or au lieu de tout mettre en œuvre afin de tenter de lever des difficultés qui empêchent l’arrivée du repreneur, en proposant, par exemple, une réunion avec lui, les pouvoirs publics et les représentants du personnel, Goodyear engage au contraire la destruction de l’appareil de production agraire au sein de l’usine d’Amiens Nord. Si la Direction voulait compromettre toute possibilité de reprise, elle ne s’y prendrait pas autrement. Conséquence, le CHSCT constate par la présente délibération que Goodyear n’exécute pas intentionnellement l’article 11 de la procédure de fin de conflit, au terme duquel le Groupe doit tout mettre en œuvre pour ne pas empêcher l’arrivée d’un repreneur sur le site. Le CHSCT exige donc que la Direction exécute ces engagements en maintenant sur le site les machines agraires pendant que les démarches en vue de trouver une solution de reprise sont en cours. » Donc, ce qu’on va faire aussi, on va voter cette délibération. Je vous demanderai de procéder au vote pour la deuxième, s’il vous plaît.

Michèle SEPREZ

Tout à fait. Donc je rappelle les noms :

M. JOUHANNET, M. QUANDALLE, M. LUPO, M.GACQUIERE, M. DUFAUX, M. MARCHAL et M. HAREUX.

Pour la délibération, sept voix pour, à l’unanimité des présents.

La délibération numéro 2 est adoptée à l’unanimité.

Mickael WAMEN

Ce qu’on fera aussi, je vais voir avec notre avocat et on fera un courrier qui sera adressé à Goodyear et à l’Etat français, notamment à son ministre, M. MACRON, de faire une lettre pour demander un moratoire d’environ six mois sur l’année 2015, qui prendra effet début février jusqu’en juillet. Ce moratoire aura pour but que vous cessiez toute démarche de continuité à vouloir démanteler l’activité agricole et nous laisser encore au moins six mois pour mettre sur table et mettre en œuvre une ou plusieurs propositions de reprise de l’activité agricole, soit dans le cadre d’une reprise par un tiers, à savoir la société Titan et voir avec cette société, comment on peut lever toutes les obligations qui soi-disant l’empêche de reprendre cette activité du site d’Amiens Nord, soit au travers d’un projet de coopérative ouvrière, ce qu’on appelle une SCOP, qui serait présentée aux salariés, proposée, y compris à l’Etat et validée avec l’Etat moyennant un certain nombre de finances européennes, françaises et autres, ou alors redémarrer des démarches dans le but de donner un nouvel avenir industriel au site, peut-être pas au travers de l’activité pneumatique agricole, par exemple, il y a peut-être des solutions alternatives, puisque vous n’êtes pas sans savoir que le Code du travail nouveau permet aux représentants du personnel de proposer un certain nombre de démarches pour aller au-delà d’une fermeture définitive d’un site industriel.

Notre proposition va dans l’intérêt des salariés, c’est-à-dire nous laisser du temps pour qu’on puisse avance. Je souhaite que ce soit bien noté dans le PV et qu’une fois encore, on puisse avoir le PV au plus tôt, la semaine prochaine, lundi ou mardi, parce que la dernière fois, vous nous l’avez fait en une semaine à peu près. Donc j’insiste lourdement sur le fait que la CGT Goodyear va demander et à Goodyear et à l’Etat un moratoire d’environ six mois pour que nous puissions remettre tout le monde autour de la table, notamment le repreneur éventuel pour bien lui indiquer qu’en ce qui nous concerne, syndicat majoritaire, nous ne ferons pas obstacle à son arrivée, dès lors que les conditions de reprise permettent, socialement parlant que les gens s’y retrouvent. En tout état de cause, pour nous, il n’y aura pas d’obstacle du Code du travail qui l’empêche de venir. C’est notre position. Ce n’est pas la vôtre, il semblerait. On le fera trancher par la justice. Mais peut-être aussi que si on avait un peu de temps pour remettre tout le monde autour d’une table pour discuter, on pourrait peut-être s’en sortir mieux. Nous, aujourd’hui, très clairement, il est hors de question qu’on s’engage dans un processus d’information-consultation de quelque instance dès lors qu’on n’a pas mis en œuvre toutes les possibilités de reprise d’un site, qui à mon avis, a un avenir industriel, avec des salariés dedans et des gens qui souffriraient beaucoup moins que de se retrouver directement au Pôle emploi. Cela ne sauvera pas tout le monde. C’est une évidence. Mais même si demain, on peut en sauver 400, 300 ou 573, ce sera toujours mieux que rien. En tout cas, c’est notre boulot. On va s’y affairer. On va demander ce moratoire, je pense, dès la fin de semaine. Vous répondrez peut-être par oui ou peut-être par non. En tout état de cause, vous ne pourrez pas reléguer et continuer à dire partout que la CGT Goodyear est un syndicat qui ne veut absolument rien comprendre, rien débattre. Pour nous, il y a une possibilité de solution. Il faut la trouver. Si aujourd’hui Goodyear n’a pas été capable d’amener un repreneur autour de la table, parce qu’un certain nombre d’ambiguïtés n’ont pas été levées, je peux comprendre aussi que discuter avec vous, cela lui fait peur parce que je me rappelle du temps où on discutait avec CAMPBELL et moi avec TAYLOR, il disait que la façon de communiquer que vous avez n’était pas toujours la bonne et qu’il y a des choses qu’il ne comprenait pas. Il y avait des interférences quelque part. Laissez-nous au moins la chance de les recontacter, de voir avec eux comment redonner une dynamique nouvelle à cet établissement, moyennant tout un tas de débats dans lesquels l’Etat devra prendre toute sa part. Je pense que, pour qu’on puisse travailler dans ces conditions-là, je vous le demande, au nom des salariés que je représente en tant que non seulement RS au CHSCT, mais Secrétaire de CE et au nom de tous les élus CGT, un moratoire de six mois qui nous permette d’aller jusqu’au bout de la démarche pour essayer vraiment, cette fois-ci, de savoir si oui ou non, il y a une possibilité ou pas.

Michel DHEILLY

OK, vous permettrez que je fasse un certain nombre de réserves par rapport aux éléments qui figurent dans vos délibérations, puisque cela fait partie des sujets sur lesquels on a longuement échangé et que je considère, aujourd’hui, comme non recevables par rapport à ce que vous mentionnez.

Je ne vais pas réitérer l’ensemble des éléments qui motivent mon point de vue par rapport aux éléments de la délibération.

Je peux poser une dernière fois la question puisque Patrice SZYROKI nous a rejoints dans la salle, je demande de pouvoir dérouler l’ordre du jour de cette réunion et en particulier, l’ensemble de la documentation qui était associée, en sachant qu’aujourd’hui, les membres de la CGT ont réitéré leur volonté de ne pas poursuivre la réunion.

M. JOUHANNET

Non, ce sont les membres du CHSCT et non la CGT.

Michel DHEILLY

Enfin, les élus CGT au CHSCT. Si par contre, on peut commencer un certain nombre d’échanges sur le sujet et la documentation transmise, ce ne serait que bienvenu.

Patrice SZYROKI

Si les membres du CHSCT ne restent pas dans la salle pour parler du contenu du démantèlement Farm, la CFE-CGC ne restera pas dans la salle.

Jean-François QUANDALLE

Voilà, au moins le débat est clair.

Mickael WAMEN

Moi, je voudrais juste terminer sur une chose, c’est que je rappelle à Patrice SZYROKI notre position, puisque notre position est claire, elle n’a pas changé depuis la suspension de séance. Je pense qu’on est venu quand même avec une nouvelle proposition en fin de réunion, qui est quand même, il me semble, de bon sens. On nous a souvent taxés de syndicalistes extrémistes, jusqu’au-boutistes, n’écoutant pas les propositions de la Direction. Vous savez, moi, je pars du principe qu’écouter, je suis prêt, mais dès lors que les propositions, quelles qu’elles soient, de où qu’elles viennent, peu importe que ce soit du gouvernement, de vous, de Pierre, Paul ou Jacques, si elles nuisent à l’intérêt des salariés, il est hors de question que je m’y intéresse.

Par contre, moi, je vous fais une proposition. Elle va être établie par courrier, adressé à tous les partenaires de ce dossier, dans lequel, il est clair qu’il nous faut du temps et pour discuter sereinement et prendre du recul sur la situation, je ne vois pas pourquoi Goodyear nous refuserait un moratoire de six mois puisque ce n’est pas une question de délai. Vous n’êtes pas pressés pour faire l’opération de démantèlement sauf si effectivement les équipements vont trouver assez rapidement une place dans une nouvelle usine pour faire des pneumatiques.

Michel DHEILLY

Le fait de ne pas pouvoir avancer sur le projet de consultation sur le sujet, vous savez pertinemment qu’à un moment donné, on ne peut pas répondre à la question ou aux propos que vous venez de tenir, c’est de dire ils vont trouver ou ils ne vont pas trouver. Aujourd’hui, on rentre dans un processus de recherche en parallèle.

Mickael WAMEN

Avec tout le respect que j’ai pour vous, M. DHEILLY, peu importe votre position. On va faire notre demande. On va appuyer notre demande sur des faits très étoffés. Il y a deux délibérations qui me semblent de bon sens. Les deux délibérations, je m’étais engagé à la dernière réunion, en CCE, auprès de M. Mark THYS, pour ceux qui étaient en CCE, on avait fait voter une délibération parce que le cabinet d’expert a été entravé dans sa mission puisqu’il n’a pas présenté son rapport trimestriel à date comme c’était prévu. On a eu de longs échanges. Deux délibérations ont été votées à la majorité écrasante des membres du CCE. Pour autant, parce que j’ai bien compris que Mark THYS, le nouveau DG ne savait pas de quoi il retournait et qu’il nous a demandé un temps d’adaptation. J’ai demandé une suspension de séance, j’ai vu ceux qui avaient voté et ensemble, on a décidé de ne pas mettre en application ces délibérations. J’ai bien fait parce que dans la foulée, l’expert m’appelle en me disant « je rencontre Mark THYS une seconde fois et cette fois-ci, j’ai tous les éléments ». Cela veut dire que dès lors qu’on vote une délibération, ce n’est pas pour autant qu’on va engager l’instance. Ce que je suis en train de vous dire, il y a des délibérations qui sont votées à la majorité, à l’unanimité du CE ou à l’unanimité du CHSCT. Elles ont pour vocation d’obtenir par la justice des réponses qu’on n’a pas de votre part. Vous avez votre position. Je ne dirais pas que je la comprends, mais vu de votre siège, c’est tout à fait normal que vous ne partagiez pas notre position. Dont acte. Cela étant, aujourd’hui, je ne vois pas comment le Groupe Goodyear va pouvoir me dire « je n’autoriserai pas un moratoire de six mois ou on peut l’appeler autrement, je m’en fous, moratoire, cela fait peut-être un peu morbide, un temps supplémentaire pour vous permettre d’aller chercher une solution que nous, on n’a pas été capable de trouver ». On vous a apporté la preuve régulièrement qu’on avait trouvé des solutions où vous, vous n’avez pas été capables d’en trouver. On vous a aussi apporté la preuve régulièrement qu’on était des interlocuteurs privilégiés d’un certain nombre d’organismes externes où vous n’aviez plus votre place. Et je pense aujourd’hui, très sincèrement, M. DHEILLY, je vous le dis comme je le pense, la Direction de Goodyear a une image de marque qui est plus mauvaise que ce que vous n’imaginez au niveau du Groupe. Pour la simple et bonne raison que même si certaines fois, les organismes externes n’ont pas toujours été sympas avec les salariés, pour autant, ils n’oublient jamais de me dire à chaque fois que je les vois, que vous n’avez jamais été transparent avec eux, qu’à chaque fois, c’est un coup d’épée qu’ils prennent. Quand ils posaient les mêmes questions que je vous posais, que ce soit l’ancienne Mairie d’Amiens, que ce soit le Conseil général, que ce soit le Conseil régional, la DIRECCTE, tous les gens qui gravitent autour du dossier, les ministres, par exemple, tout le monde disait « Goodyear n’est pas clair avec nous. Goodyear nous dit oui un jour et non le lendemain ». Quand vous arrivez devant des gens pour discuter pour trouver une solution alternative pour le site, ce n’est pas facile pour vous parce que les portes se ferment plutôt qu’elles s’ouvrent. Nous, on n’est pas dans cette configuration-là. On n’a pas eu le même rôle que vous. On a souvent été critiqués, y compris par certains médias disant que ce n’est pas normal d’en arriver à se bastonner avec les forces de l’ordre, etc., mais vous savez, les exaspérations, il faut qu’elles s’expriment tôt ou tard. Moi, je pense que et dramatiquement, contrairement à ce que je pouvais croire, je me suis planté parce que je m’étais dit « quand l’annonce va tomber que vous ne reprenez pas le site, des mecs vont péter un plomb devant le site, etc. ». Rien de tout cela ne s’est passé parce que les gens attendent quoi ? Ils attendent de savoir quelle est notre position. Nous, notre position est claire. On fera tout pour que ce site redémarre. Avec ou sans vous.

Michel DHEILLY

M. WAMEN.

Mickael WAMEN

Vous oubliez une chose, c’est qu’à partir du moment où vous avez un projet de vous barrer d’Amiens Nord définitivement, vous ne serez plus responsables de la poursuite ou pas de l’activité. Les salariés ont le droit, par rapport à un certain nombre de nouveaux textes du Code du travail de reprendre la possibilité de faire tourner cette usine. Ce n’est plus vous qui allez décider. C’est l’Etat qui va mettre les moyens et quand vous aurez, face à vous, contrairement à ce que certains financiers peuvent penser, la force de l’Etat qui viendra vous dire « ah bon, parce que vous empêchez en plus que des salariés motivés de reprendre l’usine alors que votre objectif est de reprendre les bécanes, les broyer, les vendre ». Alors que les gens disent « on veut qu’il y ait de la plus-value en France, retrouver un boulot, payer des impôts » et vous empêchez ces gens-là de le faire ? Vous allez l’expliquer.

Michel DHEILLY

Vous ne pouvez pas dire qu’on refuse parce qu’il n’y a pas…

Mickael WAMEN

Autant vous pouviez l’expliquer à l’époque où Arnaud MONTEBOURG était un partenaire privilégié de Maurice TAYLOR en disant « tu mets de l’eau dans ton vin, je mets du vin dans mon eau et à la fin, on trinquera ensemble et on va voir les belles filles à Paris » parce que c’est ce qu’il disait en gros, c’était cela. Sauf qu’ils n’ont jamais pu le faire parce que MONTEBOURG a été débarqué avant. La réalité, c’est que TAYLOR, c’est une chose, les salariés, c’en est une autre. Moi, j’estime que quand je vais aller voir les salariés le 15 janvier et que je vais leur dire que puisque TAYLOR veut le reprendre et que Goodyear veut fermer cette usine définitivement et qu’elle ne lui appartient plus à partir du moment où il n’y a plus d’investissement financier qui est fait. On va reprendre les salariés, on va mettre ensemble les machines. On va demander des parts de marché à Goodyear qui ne pourra pas nous les refuser et on dira à Goodyear chaque euro fabriqué en France, vendu par notre usine à des clients, dans chaque euro, vous trouverez forcément des impôts qui seront payés en France, parce que nous, contrairement à Goodyear, on n’ira pas dans une holding financière, ni à Amsterdam, ni à Bruxelles. Vous croyez qu’ils ne vont pas se faire écho de cela ? Vous croyez que les médias ils ne vont pas arriver à grand renfort en disant « vous avez un projet de SCOP ». Notre projet de SCOP, c’est de dire que ce que vous avez refusé en 2012, qui était inadmissible quand on voit ce qui se passe en 2015, parce que nous, depuis 2012, on en a refait du boulot ici, que ce soit moi, Christian, Sébastien, peut-être qu’on n’est pas dans l’atelier, mais on sait comment les gens fonctionnent. Qui mieux que les salariés peut faire tourner l’usine ? Bien évidemment, je ne suis pas complètement débile et je pense que les responsables de la SCOP, ce ne sera certainement pas moi. Mon objectif, c’est de remettre les gens dans une dynamique de travail, même si c’est eux qui en deviennent les gestionnaires. Vous seriez surpris de voir le nombre de SCOP en France qui fonctionne très bien. Vous achetez, tous les jours des produits dans des sites industriels qui sont des SCOP et cela fonctionne à merveille. Pourquoi ? Parce que vous avez une participation active des salariés parce que quand vous y mettez des billes, vous n’avez certainement pas intérêt que cela capote.

Par contre, aujourd’hui, je suis assez satisfait de voir la situation en réalité, parce que vous êtes en train de nous expliquer qu’il faut qu’on fasse l’information d’un document pour faire fermer l’usine et moi, je suis en train de vous expliquer que cette usine ne fermera pas, que ce soit avec un repreneur ou par nous. Maintenant, vous expliquerez aussi, au tribunal, à l’Etat, à tous ceux qui sont autour du dossier, que WAMEN, la CGT, les salariés qu’on a rencontrés, on est tous en train de se battre pour dire « cette usine, elle a un avenir, on ne veut pas que ce soit démantelé, on veut vendre nos pneus, de la gomme, nos produits finis, on veut créer une force de vente ». Parce que vous avez licencié les revendeurs, mais moi, je suis en contact avec eux toutes les semaines parce qu’ils sont au tribunal contre vous. Ces gens-là, si demain, on crée une SCOP, ils viennent travailler pour nous. Ils connaissent leurs clients, les produits, etc. Donc quand Goodyear va arriver avec toute sa puissance financière, sa puissance des marchés économiques en disant « hors de question d’acheter un pneu pour ces gens-là », vous irez devant le tribunal pour expliquer qu’il ne faut pas qu’il donner 250 000 euros d’indemnité pour salarié licencié parce que non seulement, ils ont été licenciés abusivement par une entreprise qui fait du profit et en plus, vous les empêchez de remettre en route le boulot. Vous irez l’expliquer aux patrons de chez Sarenza. Vous savez combien les patrons de Sarenza ont touché en tout ? 400 millions aujourd’hui et ce n’est pas fini. Vous savez pourquoi ? Parce que les gens voulaient reprendre l’usine et qu’on les en a empêchés. Et vous allez faire la même erreur.

Patrice SZYROKI

Je pense qu’il est préférable de trouver une solution alternative à un repreneur ou autre plutôt que hâter un démantèlement qui ne donnera qu’une friche industrielle et rien d’autre. Si solution, il peut y avoir, pourquoi pas ?

Mickael WAMEN

Hé, Patrice, moi je te demande encore une fois une chose. En réunion à la CGC, on va faire une charte qu’on va proposer à tout le monde. Si la CFE-CGC d’Amiens Nord est d’accord, on peut indiquer que cette demande émane de la CGT appuyée par la CFE-CGC. Plus on sera nombreux à dire qu’il faut aller dans ce sens.

Maintenant, vous savez, M. DHEILLY, la différence entre vous et moi, elle sera à vie. Je dis ce que j’ai envie de dire et ce que je pense. Vous, vous pensez des choses et on vous fait dire autre chose. C’est tout. Et pour faire cela, vous êtes payé différemment de moi. OK, dont acte, je n’ai pas de problème. Si ce n’est pas vous, ce sera un autre.

Michel DHEILLY

Je ne peux pas vous laisser dire cela, dans la mesure où aujourd’hui factuellement, il n’y a pas eu de refus.

Mickael WAMEN

Bien sûr que si. Ce n’est pas Michel DHEILLY qui décide de ce qu’il y a à faire.

Michel DHEILLY

On n’a pas eu besoin de refuser des offres. Vous me promettez qu’il va y avoir des offres d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui et depuis pratiquement un an que cette usine est fermée, ne produit plus, il n’y a pas eu une seule offre de reprise de l’activité.

Mickael WAMEN

M. DHEILLY, vous oubliez juste une chose : de janvier à novembre, je ne pouvais pas interférer dans les négociations entre Goodyear et Titan parce que même quand je demandais à notre avocat de voir ce qui se passait, on me disait « tu restes en dehors du champ d’action parce que c’est entre Granger et l’avocat de Titan en France ». On n’avait pas le droit d’intervenir, mais à partir du moment où toutes les négociations sont arrivées à une fin et que ce n’a pas abouti à un accord, c’est moi qui prends le relais. La différence est là. Quand je dis « moi », c’est la CGT et les salariés. Donc on va vous faire les demandes, je me fous. Je vous dis simplement « voilà la feuille de route qu’on va mettre en place ». C’est tout. Vous allez essayer de trouver un autre argument. Vous allez essayer de trouver plein de choses. A chaque fois, vous mettez un argument, on va systématiquement le lever. Moi, je vous dis, M. DHEILLY, je ne sais pas si on va y arriver, je ne détiens pas la puissance financière du Groupe machin, etc. cela n’empêche que le Code du travail peut nous aider. Des salariés sont motivés et on n’a pas envie que cette usine termine comme cela. Ce n’est pas possible. Soit on arrive à convaincre le repreneur en lui disant clairement, en signant des accords avec lui y compris au ministère, scellé d’huissier, qu’aucun salarié ne viendra réclamer l’application du L124-1 s’il n’est pas dedans, etc. Ce sont des possibilités que nous offre le Code du travail et on peut le faire. On va essayer de rassurer le Big Boss qui voudrait venir. On va lui expliquer une deuxième fois, et je pense que, Sébastien l’a dit une fois, il faut que chaque élu signe un document dans lequel il s’engage à ne pas venir, on va le faire. Ce sera une nouvelle étape, puisqu’on nous pousse à le faire, on va le faire. A partir de là, s’il ne vient toujours pas, cela voudra dire que vous ne voulez vraiment pas de nous, mais pour autant, on ne baissera pas les bras. Il y a le projet de SCOP. Mais pour travailler sereinement, j’ai besoin d’un temps. Je ne vais pas aller dans le même temps me battre pour l’avenir du site et dans le même temps, aller dans des réunions où je vais parler du démantèlement. Je vous demanderai officiellement à Goodyear, à l’Etat, un moratoire. Chacun décidera en son âme et conscience de ce qui doit faire.

Michel DHEILLY

C’est le gros point de divergence aujourd’hui.

Mickael WAMEN

Je sais pertinemment ce qui va se passer. Je sors d’ici. Je ne suis pas encore arrivé là-bas que vous êtes en conf call. Cela va durer quatre heures votre bordel, je vous le dis tout de suite. Plus fort que la moyenne parce que vous ne vous y attendiez pas, à celle-ci. Vous pensiez que vous alliez arriver aujourd’hui avec votre bordel. Manque de bol, ce n’est certainement pas dans cette optique-là qu’on va travailler. Quand il faut foutre le bordel, on le fait. Aujourd’hui, je n’avais aucun intérêt à le faire, je ne le ferai pas. Cela étant, aujourd’hui, ceux qui seront dans la merde, ce n’est certainement pas de ce côté-là, c’est vous, moi, je vous le dis, parce que quand vous devrez expliquer, à des salariés, à la France entière, au monde économique, à tous ceux qui gravitent autour du dossier qu’il y avait un projet de reprise et que votre unique intérêt, c’est de reprendre les machines, de les broyer, de les ventiler et de mettre encore plus de gens au chômage dans un pays où aujourd’hui, quand on crée dix emplois dans une PME, cela fait la une du journal… Je suis désolé, ce n’est pas de dix emplois qu’on parle, c’est peut-être 300, 400 ou 500. Et si je m’en réfère à vos propos, ce sont 672. Vous ne m’empêcherez pas, contre vents et marées, Monsieur, avec l’équipe que j’ai à la CGT, de me battre pour au moins aller chercher 333 emplois. Vous ne m’en empêcherez pas. Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais cela, vous ne m’en empêcherez pas.

Sur ce, pour moi, la réunion, elle est close.

Michel DHEILLY

Je n’ai pas cherché à vous en empêcher.

Mickael WAMEN

Vous ne m’en empêcherez pas, je vous le garantis.

Michel DHEILLY

Je regrette, une fois encore, que nous ne puissions….

Mickael WAMEN

Vous ne tenez pas compte de mes propos, qui sont, pour une nouvelle fois, de très bon sens et de valeur humaine.

Michel DHEILLY

Je tiens compte de vos propos.

Mickael WAMEN

Vous n’êtes plus le Directeur d’un site industriel, Monsieur. Vous êtes le liquidateur d’un site industriel. La différence est là. Votre statut n’a pas changé, mais vos fonctions ont changé. Vous n’êtes plus le Directeur d’un site industriel, Monsieur. Vous êtes le liquidateur d’un site industriel.

Michel DHEILLY

Pour moi, cela reste, comme vous le savez, un regret de ne pouvoir discuter de ce projet.

La séance est levée

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